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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>Une rentrée très attendue à l'Opéra de Paris avec Mozart !</title>
   <pubDate>Thu, 24 Sep 2020 07:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Grande émotion à Garnier samedi 19 septembre. Philippe Jordan y dirigeait la grande trilogie mozartienne de l'été 1788, les symphonies 39, 40 et 41 (dite "Jupiter") pour un moment de communion extraordinaire entre un public et des musiciens très heureux d'être à nouveau ensemble. Un concert qui sera redonné le dimanche 27 septembre sous le beau plafond de Chagall.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50050202-38739367.jpg?v=1600928222" alt="Une rentrée très attendue à l'Opéra de Paris avec Mozart !" title="Une rentrée très attendue à l'Opéra de Paris avec Mozart !" />
     </div>
     <div>
      Grands sourires échangés sur scène (une sorte de proscenium construit sur la fosse) et dans la salle (derrière les masques), décidément personne n'a boudé son plaisir le soir du 19 septembre lors du premier concert de l'Orchestre de l'Opéra de Paris d'après confinement. Car il était vraiment très attendu ce concert, après six mois de fermeture de ce lieu prestigieux - et donné en présence du nouveau patron de la maison, Alexander Neef, et de la ministre de la culture, Roselyne Bachelot, lyricomane comme on ne l'ignore pas.       <br />
              <br />
       Le programme de la soirée dédié au divin Mozart a attiré un public nombreux (demi-jauge) qui applaudit avec enthousiasme entre les mouvements des trois symphonies offertes. Nullement décontenancé, le charismatique chef maison, Philippe Jordan, déclare soudainement juste avant d'attaquer la &quot;Jupiter&quot; en troisième partie de soirée que les musiciens et lui sont extrêmement heureux d'accueillir à nouveau le public - la voix manque presque de se briser d'émotion, déchaînant un autre tonnerre d'applaudissements.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50050202-38739369.jpg?v=1600928275" alt="Une rentrée très attendue à l'Opéra de Paris avec Mozart !" title="Une rentrée très attendue à l'Opéra de Paris avec Mozart !" />
     </div>
     <div>
      Il est des soirs comme celui-là, inoubliable, à marquer d'une croix blanche. D'autant plus que l'interprétation, parfaite, sert idéalement le corpus choisi. Les symphonies 39 à 41, composées en deux mois pendant l'été 1788, au cœur d'une période noire pour Mozart, appartiennent de plein droit au panthéon de ses chefs-d'œuvre. Alfred Einstein ne déclare-t-il pas que Beethoven n'aurait jamais établi le concept d'une <span style="font-style:italic">&quot;symphonie monumentale&quot;</span> sans le jalon que constituent la Symphonie de Prague (1786) et la grande trilogie de 1788 dans l'histoire de la musique <span style="font-style:italic">(1)</span> ? Ces trois ultimes symphonies jamais jouées du vivant de son auteur, sont bien selon le mot magnifique d'Einstein <span style="font-style:italic">&quot;un appel lancé à l'éternité&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Des œuvres que le chef suisse dirige sans partition, mais avec la gestique la plus élégante et passionnée qui soit ; n'hésitant pas à plier sa haute taille pour obtenir tel accent ou tel crescendo, établissant avec ses musiciens des yeux et avec le sourire un lien incessant, tangible. Depuis 2009 qu'il travaille avec eux, on sent bien que la cohésion, l'amitié, la confiance, la complicité ne sont pas de vains mots - et les super solistes de l'orchestre le saluent très chaleureusement à la fin du concert.       <br />
              <br />
       Philippe Jordan obtient de tous les pupitres un son chaleureux et noble ; la transparence des timbres le dispute à la vivacité, à la délicatesse, à la virtuosité précise du geste dès la 39e symphonie. Dans la 40e, célébrissime à raison, tant on ne peut prendre plus de plaisir à l'écoute, l'investissement des artistes, leur talent et l'évidente joie de jouer ensemble offrent un pur moment de bonheur intense. Si le chef en accentue clairement l'harmonie classique (le chant pastoral dans l'andante, l'élan serein ailleurs) plutôt que les arrière-plans ténébreux préromantiques, il ne manque pas d'en libérer aussi l'énergie vitale et la puissance émotionnelle.       <br />
              <br />
       L'orchestre, en état de grâce, fait briller dans la 41e, la &quot;Jupiter&quot;, les mille trouvailles de l'écriture mozartienne, la délicatesse des dialogues, la beauté du contrepoint et de l'architecture générale. Héroïques ou d'une gaieté pleine de vitalité, les sentiments se déploient d'un mouvement à l'autre ; les musiciens se montrant là encore maîtres dans l'art des nuances et des phrasés, des climats antagonistes aux multiples voix chantantes. Sommet du génie orchestral mozartien, cette 41e symphonie clôt avec grandeur une soirée délectable. Il reste une année pour jouir encore à Paris de l'énorme talent du chef suisse, en partance pour l'Opéra de Vienne fin 2021.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Concert donné le 19 septembre 2020.        <br />
       <span class="fluo_jaune">Prochaine séance le 27 septembre 2020 à 17 h.</span>       <br />
              <br />
       <b>Spectacles à venir :</b>       <br />
       Concert Johann Sebastian Bach le 26 septembre &amp; le 3 octobre 2020 (direction P. Jordan).       <br />
       Concert Antonio Vivaldi le 4 octobre 2020 à 17 h (direction Frédéric Laroque).        <br />
       Soir de fête à l'Opéra par les Artistes de l'Académie de l'ONP le 1er octobre 2020 à 20 h.        <br />
              <br />
       Réouverture de Bastille le 23 novembre avec le Ring de Richard Wagner en version concert.        <br />
              <br />
       Opéra national de Paris.       <br />
       Salle Garnier, place de l'Opéra, Paris.       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/50050202-38739367.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-rentree-tres-attendue-a-l-Opera-de-Paris-avec-Mozart-_a2793.html</link>
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   <title>Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris… ce n'est qu'un au revoir !</title>
   <pubDate>Fri, 17 Jun 2016 12:28:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le 18 juin 2016, à la Philharmonie, le plus français des chefs estoniens donnera son dernier concert comme directeur musical de l'Orchestre de Paris. Musiciens et public auront sans doute le cœur serré - comme le Maestro lui-même - tant ses six saisons à la tête de la phalange parisienne ont été marquées par une belle réussite.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9696041-15623589.jpg?v=1466160677" alt="Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris… ce n'est qu'un au revoir !" title="Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris… ce n'est qu'un au revoir !" />
     </div>
     <div>
      Six saisons, une belle aventure humaine et artistique que celle vécue par le chef estonien Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris. Six saisons consacrée à remodeler un orchestre revenu au top des formations françaises reconnues au niveau international. En témoignent les échos des nombreuses tournées effectuées sur tous les continents dans des articles élogieux parus un peu partout.        <br />
              <br />
       En France ? Le chef ne fait pas encore l'unanimité. Serait en cause une prétendue &quot;froideur&quot; sans doute inhérente (pour ses détracteurs) à un artiste né à Tallinn ? Pour qui était à son avant-dernier concert à la Philharmonie le 25 mai (comme à tous les autres), le reproche ne tient pas. Il suffisait de voir l'émotion et la gratitude des musiciens de l'orchestre comme celles du public.       <br />
              <br />
       Ce concert portait assurément l'empreinte du chef devenu en quelques années un des plus marquants de la longue histoire de l'orchestre. Il s‘ouvrait par une création commandée au compositeur Richard Dubugnon : un &quot;Caprice II pour orchestre&quot;, mettant à contribution tous les pupitres en un crescendo électrisant. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9696041-15623596.jpg?v=1466160728" alt="Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris… ce n'est qu'un au revoir !" title="Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris… ce n'est qu'un au revoir !" />
     </div>
     <div>
      Puis l'orchestre avait invité le soliste Leonidas Kavakos pour le Concerto pour violon n°2 aussi âpre que virtuose de Béla Bartok, période &quot;Allegro Barbaro&quot;. Enfin, la Symphonie n°6 de Dimitri Chostakovitch (un des compositeurs fétiches de Paavo Järvi) - malheureusement moins donnée que les 5e et 7e - entraînait la ferveur générale avec ses trois mouvements aux climats antagoniques.       <br />
              <br />
       Et en effet, qui mieux que le fils du fameux Neeme Järvi <span style="font-style:italic">(1)</span> pouvait rendre au largo son atmosphère quasi funèbre avec ses longues phrases mélodiques raffinées, la vivacité diabolique des changements de rythme de l'allegro comme la force cosmique du presto final ? Froideur ? Certainement pas… mais le feu sous l'apparent self-control et une vraie passion pour des partitions libérant dangereusement les forces motrices à l'œuvre dans l'univers. Le 18 juin, le programme de son dernier concert comme directeur musical de l'Orchestre de Paris est construit autour de la 3e symphonie de Gustav Mahler - évidemment un autre compositeur de son Panthéon. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9696041-15623643.jpg?v=1466161351" alt="Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris… ce n'est qu'un au revoir !" title="Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris… ce n'est qu'un au revoir !" />
     </div>
     <div>
      Paavo Järvi a annoncé il y a longtemps son départ <span style="font-style:italic">(2)</span>, décidé alors même qu'il déclarait lui-même &quot;adorer&quot; l'orchestre. C'est que d'autres aventures l'attendent ailleurs. Mais nous reverrons toujours avec gratitude l'homme qui ne manquera pas de revenir en France pour nous rappeler son amour du travail bien fait et la haute idée qu'il se fait de sa mission et des orchestres qu'il dirige. Et puis en attendant (pour qui en douterait, ne le connaissant pas), son humour sarcastique et son expertise se vérifieront comme chaque année sur les réseaux sociaux aux prochaines éditions de l'Eurovision. Un des plus grands chefs au monde s'intéressant à l'Eurovision ? Oui, il est comme cela monsieur Järvi, un passionné sans préjugés - tout ce qu'il y a d'aimable.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Paavo Järvi appartient à une famille de musiciens avec les chefs d'orchestre Neeme Järvi et Kristjan Järvi (son frère). Ses répertoires de prédilection sont français, allemand, russe et scandinave.        <br />
       (2) Outre le Deutsche Kammerphilharmonie de Brême (dont il est directeur artistique depuis 2004), Paavo Järvi rejoint l'orchestre symphonique de la NHK à Tokyo.</span>       <br />
              <br />
       <b>Prochains concerts de l'Orchestre de Paris</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">18 juin 2016 à 20 h 30.</span>       <br />
       Philharmonie de Paris, &quot;Grand final de Paavo Järvi&quot;.       <br />
       Gustav Mahler, Symphonie n°3.       <br />
       Paavo Järvi, direction.       <br />
       Michelle DeYoung, alto.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">21 juin 2016 à 22h.</span>       <br />
       Sous la Pyramide du Louvre, &quot;Fête de la musique&quot;.        <br />
       Gustav Mahler, Symphonie n°4.       <br />
       Daniel Harding, direction.       <br />
       Christina Landshamer, soprano.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.paavojarvi.com/" target="_blank">&gt;&gt; paavojarvi.com</a>       <br />
       <a class="link" href="http://www.orchestredeparis.com/fr/accueil" target="_blank">&gt;&gt; orchestredeparis.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Le Paris Mozart Orchestra… le beau jeu d'artistes solidaires</title>
   <pubDate>Thu, 05 Nov 2015 16:13:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'orchestre, créé en 2011 par le chef Claire Gibault, nous propose plusieurs rendez-vous cette saison. Outre les concerts au Musée de la Piscine à Roubaix le 10 novembre et à l'Opéra de Nice le 22, avec Natalie Dessay, le Paris Mozart Orchestra réaffirme son engagement humaniste en jouant régulièrement à la prison de Fresnes ou à l'Hôpital Necker. Claire Gibault fait le point avec nous sur cette belle aventure artistique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8481309-13328427.jpg?v=1446737083" alt="Le Paris Mozart Orchestra… le beau jeu d'artistes solidaires" title="Le Paris Mozart Orchestra… le beau jeu d'artistes solidaires" />
     </div>
     <div>
      Si vous rencontrez des femmes chefs à la tête d'orchestres qu'elles ont créés, vous pouvez être certain qu'à un moment ou à un autre de la conversation, le nom de la pionnière dans ce domaine est cité, celui de Claire Gibault. Il était donc tout naturel de vouloir faire connaissance avec cette élégante brune à la voix posée dont l'accueil souriant ne fait pas oublier la détermination qui lui a été nécessaire pour ouvrir la voie depuis les années soixante-dix. Une anecdote le résume admirablement : en 1969, elle partage la une du quotidien France-Soir avec Neil Armstrong. S'il a fait un grand pas pour l'humanité, elle en a fait un gigantesque pour la parité en étant la première femme à diriger un orchestre de prestige.       <br />
              <br />
       Et son parcours est à l'avenant, exceptionnel, de l'Opéra de Lyon à la Scala, de l'Opéra de Vienne à Covent Garden, entre nombreux autres lieux renommés (elle sera l'assistante de Claudio Abbado et de John Eliot Gardiner), à une époque où l'absence de femmes à la tête d'institutions et d'orchestres est la règle dans le milieu très macho de la musique classique. La présence de femmes à des postes d'importance demeurant encore aujourd'hui marginale, il lui faut créer sa propre phalange pour pouvoir diriger - après une parenthèse politique comme députée européenne <span style="font-style:italic">(1)</span>. Ce sera en 2011 le Paris Mozart Orchestra (formation à géométrie variable de onze à quarante-huit musiciens) conçu sur le modèle du Orchestra Mozart de Bologne, fondé par son ami et mentor Claudio Abbado.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8481309-13328449.jpg?v=1446739080" alt="Le Paris Mozart Orchestra… le beau jeu d'artistes solidaires" title="Le Paris Mozart Orchestra… le beau jeu d'artistes solidaires" />
     </div>
     <div>
      <b>Christine Ducq - Vous avez été une pionnière en France dans de nombreux domaines, la direction, l'engagement artistique féministe citoyen, la création d'un orchestre… mais toujours au nom de l'amour de la musique ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Claire Gibault -</b> Oui, c'est une passion qui remonte à l'enfance. La musique est mon langage. Il faut se donner les moyens de réaliser ses rêves, alors on se bat avec joie. J'ai choisi un métier qui n'était pas et qui n'est toujours pas si facile pour une femme. Les résistances sociologiques sont encore grandes même si nous sommes maintenant plus nombreuses à exercer ce métier et à en éprouver de grandes joies. Ce qui résiste bien sûr ce sont les plus hauts postes. En France aucune femme n'est à la direction musicale d'une grande institution publique  comme chef d'orchestre. En Europe ce sont les États du nord qui sont les plus progressistes. Nos combats ont abouti en partie sans briser un plafond de verre qui demeure impénétrable. En France vous devez encore créer votre propre ensemble pour être directrice artistique.       <br />
              <br />
       <b>L'éducation artistique est par ailleurs un de vos chevaux de bataille.</b>       <br />
              <br />
       <b>Claire Gibault -</b> Nous intervenons dans une quinzaine d'établissements classés en zone sensible des académies de Créteil et Versailles. Des établissements scolaires situés dans des villes dont la population est très éloignée de notre monde musical et même de notre culture. Nous montons des projets avec eux et jouons sur place. Si nous n'allions pas vers ces jeunes, eux ne viendraient pas à nous pensant que ce n'est pas pour eux. Et cela se passe très bien !       <br />
              <br />
       Les jeunes sont passionnés et nos échanges sont très beaux. Avec l'orchestre nous les mettons en position de co-création. Chaque année nous commandons une création à un compositeur - un mélologue <span style="font-style:italic">(2)</span>. Nous travaillons ensemble afin que les élèves aient des portes d'entrée créatives dans ces œuvres : écrire des textes, constituer des jurys littéraires, choisir des œuvres d'art visuel en relation avec elles, chanter. Et leur travail est très intéressant. À la fin d'une journée où nous avons tout partagé nous enfilons notre tenue de concert et nous jouons pour eux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8481309-13328892.jpg?v=1446739716" alt="Le Paris Mozart Orchestra… le beau jeu d'artistes solidaires" title="Le Paris Mozart Orchestra… le beau jeu d'artistes solidaires" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous jouez aussi pour des publics empêchés.</b>       <br />
              <br />
       <b>Claire Gibault -</b> Je tiens à ce que nos activités sociales et humanitaires occupent cinquante pour cent de notre saison. Nous jouons ainsi à la prison de Fresnes pour hommes et pour les enfants de l'Hôpital Necker. Mais nous avons aussi des concerts prestigieux dans notre agenda comme celui du Musée de la Piscine de Roubaix dans quelques jours dans le cadre de l'exposition Chagall.       <br />
              <br />
       <b>Parlez-nous du Paris Mozart Orchestra.</b>       <br />
              <br />
       <b>Claire Gibault -</b> Il est composé de musiciens, toujours les mêmes, de très grande qualité : la crème de la crème ! Ils sont jeunes, très motivés et pleins de désir ! Dans cet orchestre non permanent, les musiciens sont là parce que nous avons non seulement des affinités musicales mais aussi des conceptions similaires de la vie et de l'engagement solidaire. Vous connaissez la charte de l'orchestre <span style="font-style:italic">(3)</span>.       <br />
              <br />
       <b>Vous ne bénéficiez pas d'aides publiques.</b>       <br />
              <br />
       <b>Claire Gibault -</b> Tout à fait. Nous sommes entièrement financés par des entreprises ou des fondations familiales. Nous bénéficions aussi du soutien de la municipalité du IXe arrondissement de Paris - le maire est une jeune femme très dynamique. Nous jouons le premier dimanche de chaque mois Salle Rossini depuis cette année. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8481309-13329069.jpg?v=1446740225" alt="Le Paris Mozart Orchestra… le beau jeu d'artistes solidaires" title="Le Paris Mozart Orchestra… le beau jeu d'artistes solidaires" />
     </div>
     <div>
      <b>Les rencontres ont été importantes dans votre vie ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Claire Gibault -</b> Oui. Avec des compositeurs comme Fabio Vacchi par exemple - dont je viens (à nouveau, Ndlr) de créer une œuvre pour l'Exposition universelle de Milan. Et j'ai eu un mentor, Claudio Abbado <span style="font-style:italic">(4)</span>. Nous étions très proches. La largeur de son répertoire, sa façon de concevoir son métier de chef m'ont beaucoup marquée. Je pourrai aussi citer la chanteuse Natalie Dessay qui fait partie du comité artistique du PMO et qui a fait ses débuts avec moi à Lyon. Elle sera la récitante de notre concert à l'Opéra de Nice et nous allons enregistrer un CD ensemble <span style="font-style:italic">(5)</span>.       <br />
              <br />
       <b>À Nice, vous allez jouer une œuvre de Graciane Finzi &quot;Scénographies d'Edward Hopper&quot;. C'est un mélologue ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Claire Gibault -</b> Oui. Graciane Finzi est une compositrice française à qui j'ai commandé cette œuvre. Nous sommes allées ensemble visiter la rétrospective consacrée au peintre américain. Elle a choisi dix tableaux d'Edward Hopper puis des textes de l'écrivain franco-espagnol Claude Esteban, qui s'est glissé dans la peau des personnages et invente avec humour ce qu'ils pensent, ont fait ou feront avant ou après les moments saisis sur la toile. Il interroge ainsi les raisons de leur silence car on ne communique pas beaucoup dans les tableaux de Hopper. C'est la première œuvre emblématique alliant musique, littérature et arts plastiques que nous avons interprétée.       <br />
              <br />
       O<b>utre la création contemporaine, le cœur du répertoire du PMO se situe dans la période pré-romantique ?</b>       <br />
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       <b>Claire Gibault -</b> En effet. L'orchestre comporte une quarantaine de musiciens - ce qu'on appelle une formation Mozart. Mais nous adaptons aussi la taille de l'orchestre et nos programmes suivant les endroits où nous jouons. La base de l'orchestre, c'est le Quatuor Psophos <span style="font-style:italic">(6)</span> dont fait partie notre violon solo Eric Lacrouts<span style="font-style:italic"> (7)</span> que j'ai rencontré alors que je dirigeais au Châtelet - prémisses d'une grande amitié ! Avec le violoncelliste Guillaume Martigné et lui j'ai pu instituer un principe d'autorité partagée. Nous travaillons et décidons ensemble.
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      <b>Avez-vous encore un rêve à réaliser ?</b>       <br />
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       <b>Claire Gibault -</b> Il faut faire vivre cet orchestre et rallier davantage de soutiens. Je me bats pour cela. Mon bonheur, c'est de diriger cet orchestre avec son style, ses choix éthiques mais il y a encore beaucoup à faire pour que la diversité pénètre dans le monde de la musique classique - tant pour les musiciens que pour le public. J'ai aussi beaucoup de plaisir à être invitée à la tête de grandes formations. Je suis ravie d'aller bientôt diriger au Japon le &quot;Don Quichotte&quot; de Massenet à la tête de l'Orchestre symphonique d'Osaka (en 2016, Ndlr).       <br />
              <br />
       <b>Notes :</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Claire Gibault a été députée européenne de 2004 à 2009 siégeant à la Commission de la culture et de l'éducation et à la Commission du droit des femmes et de l'égalité des genres. Depuis 2010, elle est vice-présidente de la section Culture, Éducation et Communication du Conseil Économique Social et Environnemental.        <br />
       (2) Un mélologue est une œuvre faisant appel à la musique, à la littérature et désormais aux arts plastiques.       <br />
       (3) Égalité des salaires, non-discrimination sociale, laïcité, parité hommes-femmes, vocation sociale de l'orchestre.       <br />
       (4) Un hommage à Claudio Abbado est prévu en novembre à la Philharmonie de Paris (les recettes du concert du 9 novembre seront intégralement reversées à l'Institut Curie pour la recherche contre le cancer).       <br />
       (5) &quot;Scénographies d'Edward Hopper&quot; de Graciane Finzi.        <br />
       (6) Éric Lacrouts, Bleuenn Le Maître, Cécile Grassi, Guillaume Martigné.        <br />
       (7) Éric Lacrouts est par ailleurs violon solo de l'orchestre de l'Opéra de Paris.</span>       <br />
              <br />
       <b>Concerts :</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Dimanche 8 novembre 2015</span> à 17 h, Salle Rossini, Paris 9e.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Mardi 10 novembre 2015</span> à 19 h, Musée de la Piscine, Roubaix (59).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Dimanche 22 novembre 2015</span> à 18 h, Opéra de Nice, Nice (06).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Lundi 7 décembre 2015</span> à 10 h 30, Philharmonie 2, Paris 19e.       <br />
              <br />
       <b>Programmation complète</b> <a class="link" href="http://www.parismozartorchestra.com/" target="_blank">&gt;&gt; parismozartorchestra.com</a>
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