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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-21T03:27:22+02:00</dc:date>
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   <title>Quand deux comédiens conjuguent leurs talents pour livrer une version jubilatoire de "Bouvard et Pécuchet"… qui confine au sublime !</title>
   <pubDate>Thu, 04 Dec 2025 10:30:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Flaubert consacra les huit dernières années de sa vie à la rédaction de cette œuvre improbable, devenue l'objet d'une écrasante recherche, exigeant de lui la lecture de plus de 1 500 livres ! Mais comment venir à bout d'une telle œuvre ? Et comment l'adapter à la scène ? Un pari fou, relevé aujourd'hui avec brio par Jean-Paul Farré, Marc Chouppart et Géraud Bénech qui en signe la mise en scène.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93001163-65074675.jpg?v=1764841438" alt="Quand deux comédiens conjuguent leurs talents pour livrer une version jubilatoire de "Bouvard et Pécuchet"… qui confine au sublime !" title="Quand deux comédiens conjuguent leurs talents pour livrer une version jubilatoire de "Bouvard et Pécuchet"… qui confine au sublime !" />
     </div>
     <div>
      Deux hommes, déboulant chacun d'un côté de la salle, entrent d'un pas énergique sur le plateau et s'arrêtent, face au public. Leurs tenues les inscrivent d'emblée dans une autre époque : élégants costumes sombres avec vestes à queue de pie et gilets, montres à gousset, cravates, chapeaux, guêtres… Tels, au cirque, le &quot;clown blanc&quot; et &quot;l'Auguste&quot;, les deux font la paire, se complétant à merveille : le chapeau claque est un gaillard de haute taille (Marc Chouppart), le chapeau melon, un petit à la silhouette plus arrondie (Jean-Paul Farré). Les deux compères s'apprêtent à nous raconter l'histoire de &quot;Bouvard et Pécuchet&quot;.       <br />
              <br />
       Habile mise en abyme du théâtre dans le théâtre. Le roman ayant connu d'innombrables versions, ils n'arrivent pas à se rappeler le titre exact et additionnent les supputations, se reprenant l'un l'autre : &quot;Dubolard et Bécuchet&quot;, &quot;Bolard et Manichet&quot;, &quot;Polar et Manuchet&quot;… Le ton est donné. Celui de la farce.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Comme il faisait une chaleur de 33 degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert…&quot;</span>, commence l'un. Alors qu'ils ne s'entendent pas non plus sur la température qu'il faisait le jour de leur rencontre, les comédiens se glissent peu à peu dans la peau des personnages flaubertiens. L'histoire va pouvoir commencer. Projection d'un carton sur le mur du fond, un joli intertitre comme on en faisait au temps du cinéma muet, annonçant &quot;Au début du début&quot;.       <br />
       Et les personnages rejouent leur rencontre, alternant dialogues et narration.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93001163-65074677.jpg?v=1764841475" alt="Quand deux comédiens conjuguent leurs talents pour livrer une version jubilatoire de "Bouvard et Pécuchet"… qui confine au sublime !" title="Quand deux comédiens conjuguent leurs talents pour livrer une version jubilatoire de "Bouvard et Pécuchet"… qui confine au sublime !" />
     </div>
     <div>
      Mais de quoi s'agit-il exactement ? Rappelons l'intrigue en quelques mots : Paris, 1840. Deux petits employés, copistes de leur état, se rencontrent par hasard. Dès les premiers instants, la bonne entente s'avère évidente. Tous deux proches de la cinquantaine, l'un veuf (Bouvard), l'autre célibataire – et même puceau – (Pécuchet), ils se découvrent des points communs et deviennent amis. Un héritage providentiel reçu par Bouvard leur permet de réaliser leur rêve : se retirer à la campagne afin de se consacrer entièrement au savoir. Les deux compères s'installent alors à Chavignolles, en Normandie, et s'escriment à mettre en pratique leurs nouvelles connaissances.       <br />
              <br />
       Dans leur frénésie d'apprendre, ces néophytes pleins d'enthousiasme dévorent ouvrages de vulgarisation sur ouvrages de vulgarisation, et tentent de les appliquer avec un insuccès constant. Loin de se décourager, ils enchaînent les fiascos ainsi que leurs champs d'expérimentation. Toutes les disciplines y passent : agriculture, anatomie, médecine, planétologie, géologie, archéologie, littérature, art, politique, amour, philosophie, religion, éducation… La liste semble sans fin. D'ailleurs, Flaubert mourut subitement alors qu'il entreprenait le chapitre dix sur l'échec éducatif de Bouvard et Pécuchet, laissant son roman inachevé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93001163-65074793.jpg?v=1764841499" alt="Quand deux comédiens conjuguent leurs talents pour livrer une version jubilatoire de "Bouvard et Pécuchet"… qui confine au sublime !" title="Quand deux comédiens conjuguent leurs talents pour livrer une version jubilatoire de "Bouvard et Pécuchet"… qui confine au sublime !" />
     </div>
     <div>
      Tout comme les jolis intertitres ponctuant l'avancée du récit, des extraits de la correspondance de Flaubert nous parviennent de temps à autre en voix off – dits, il va sans dire, par un comédien ; en l'occurrence, Stanislas de la Tousche – au sujet de l'énorme entreprise littéraire à laquelle il s'est attelé. Ainsi l'auteur confie-t-il à sa nièce Caroline de Commanville :        <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Je suis effrayé de ce que j'ai à faire pour Bouvard et Pécuchet. Je lis des catalogues de livres que j'annote. Mes deux bonshommes m'épouvantent ! Sais-tu à combien se montent les volumes qu'il m'a fallu absorber ?       <br />
       - À plus de 1500. Mon dossier de notes a huit pouces de hauteur.        <br />
       - Je ne suis pas au bout de mes courses, ni de mes tracas.       <br />
       - Enfin, à la grâce de Dieu ! (…)&quot;</span>       <br />
              <br />
       Tout comme Flaubert ne semblait pas pouvoir venir à bout de son œuvre, les deux comédiens interprétés par Chouppart et Farré se demandent à leur tour comment se sortir de ce projet pharaonique alors que le spectacle est supposé durer 1 h 15. Et c'est là que la mise en abyme confine au sublime ! Nous n'en dirons pas davantage.       <br />
              <br />
       Si Flaubert a voulu fustiger la vanité et la bêtise de son temps, avouons que les deux érudits imaginaires nous sont bien sympathiques, et touchants dans leur naïveté et leur enthousiasme inébranlable. S'ils vont de ratages en recommencements, ils étalent une réjouissante bêtise. Jean-Paul Farré et Marc Chouppart sont tous deux irrésistibles. La dimension burlesque bien connue de Farré fait ici merveille. À la dimension clownesque des personnages viennent s'ajouter de savoureux dialogues et la virtuosité de la prose flaubertienne.       <br />
              <br />
       Saluons également la remarquable mise en scène de Géraud Bénech qui a su, sur une scène grande comme un mouchoir de poche, démultiplier les possibilités scéniques. Un spectacle en tous points plaisant, à ne rater sous aucun prétexte !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bouvard et Pécuchet"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93001163-65074794.jpg?v=1764841518" alt="Quand deux comédiens conjuguent leurs talents pour livrer une version jubilatoire de "Bouvard et Pécuchet"… qui confine au sublime !" title="Quand deux comédiens conjuguent leurs talents pour livrer une version jubilatoire de "Bouvard et Pécuchet"… qui confine au sublime !" />
     </div>
     <div>
      Adaptation : Marc Chouppart et Géraud Bénech.       <br />
       Mise en scène : Géraud Bénech.       <br />
       Avec la complicité de Cathy Castelbon.       <br />
       Avec : Jean-Paul Farré et Marc Chouppart.       <br />
       Lumières : Dorian Mjahed-Lucas.       <br />
       Voix : Stanislas de la Tousche et Sophie Carrier.        <br />
       Durée : 1 h 15.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 novembre 2025 au 8 janvier 2026.</span>       <br />
       Mardi, mercredi et jeudi à 19 h.       <br />
       Relâches le 20 novembre, le 25 décembre et 1ᵉʳ janvier.       <br />
       Théâtre de Poche-Montparnasse, 75, boulevard du Montparnasse, Paris 6ᵉ.       <br />
       Réservation : 01 45 44 50 21.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0424/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0424&amp;EventId=341&amp;request=QcE+w0WHSuBTF1VfBRtBznd8NWWi14M/ha9fOTk/sMIyX22CZ7KPUMU1JQLZjGqu6EsswH5NNvWZTUA8Skd2GA==" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredepoche-montparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredepoche-montparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93001163-65074675.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Quand-deux-comediens-conjuguent-leurs-talents-pour-livrer-une-version-jubilatoire-de-Bouvard-et-Pecuchet-qui-confine-au_a4419.html</link>
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   <title>"Le Bourgeois Gentilhomme" Quand l'une des œuvres phares de Molière prend une cure de jouvence !</title>
   <pubDate>Tue, 01 Apr 2025 13:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Un Molière aux petits oignons… en version augmentée d’un pur grain de folie, d’une audace clownesque frisant le burlesque déjanté, habillé de créations costumières lumineuses et chamarrées, propulsées sur des musiques aux allants tant baroques, latinos que "musetto-festives", toutes aux tournures incontestablement réussies de comédie musicale. Voici enfin "Le Bourgeois Gentilhomme" collection haute-couture 2025 !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87598821-62120991.jpg?v=1743507187" alt=""Le Bourgeois Gentilhomme" Quand l'une des œuvres phares de Molière prend une cure de jouvence !" title=""Le Bourgeois Gentilhomme" Quand l'une des œuvres phares de Molière prend une cure de jouvence !" />
     </div>
     <div>
      Molière a fait porter au sieur Jourdain tous les caractères physiques et moraux propices à engendrer un comique taquin… aux forts potentiels clownesques. Conçu comme une comédie-ballet musicalement nourrie par Lully, l'auteur favori du Roi-Soleil s'empare d'un sujet d'actualité à l'époque : la fascination des bourgeois pour les façons et les pratiques des nobles telles que la danse, la musique, la philosophie et le maniement des armes… le tout traité dans une manière de burlesque farceur.       <br />
              <br />
       Bastien Ossart s'empare de cette comédie &quot;musicale&quot; avec jubilation, jovialité et enthousiasme et nous plonge immédiatement dans un univers bigarré et rutilant, nous emmenant dans un récit aux phrasés enjoués. Celui-ci commence par une exposition déclamatoire et guillerette des personnages et des situations générales de la farce, puis d'une présentation chantée par l'ensemble des comédiens.       <br />
              <br />
       Tout d'orange et d'originale inflorescence vêtus, Monsieur Jourdain apparaît ainsi dans une manière très florale, portant visage clownesque blanc et élocution accentuée – finale des mots appuyée et prononciation de la dernière lettre à chaque fois (z, s, etc.) –, ces deux dernières caractéristiques étant l'apanage de l'ensemble des personnages.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87598821-62120995.jpg?v=1743507243" alt=""Le Bourgeois Gentilhomme" Quand l'une des œuvres phares de Molière prend une cure de jouvence !" title=""Le Bourgeois Gentilhomme" Quand l'une des œuvres phares de Molière prend une cure de jouvence !" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène, la scénographie, les costumes, le jeu, tous les éléments constituant le parti-pris du metteur en scène et de la compagnie Les Pieds Nus pour cette version proposée du &quot;Bourgeois Gentilhomme&quot; sont à l'unisson, comme une harmonie réussie de l'extrême audace, du &quot;déjantage&quot; absolu et de la fantaisie jubilatoire… le tout dans un cocktail alliant l'univers circassien, la comédie musicale et le théâtre baroque.       <br />
              <br />
       Si, pour certains, la représentation de pièces classiques a pu paraître longue et fade… ici, il n'en est rien tant le rythme est effréné, construit sur des enchaînements vifs et débridés, avec des musiques entraînantes et enlevées impliquant légèreté et cadences soutenues des tirades. Cela génère, amplifie l'humour des situations exagérées. Dans des formes de pauses éphémères, l'ensemble est ponctué de tableaux &quot;figés&quot;, poses photographiques composées et graphiques, des plus réussies.       <br />
              <br />
       Toutes les comédiennes et comédiens y vont de leur énergie, sans retenue, avec une grande vivacité de jeu et beaucoup de fraîcheur. La créativité de ce spectacle est présente à tous les étages, tant dans leurs interprétations que dans les trouvailles gestuelles, sonores, musicales, chorégraphiques… si riches que notre attention est en permanence sollicitée. Nous allons de surprises en surprises. Costumes, coiffures et chapeaux extravagants semblent tout droit sortis d'une BD aux graphismes baroques et loufoques. Collision des couleurs, tant dans les assemblages vestimentaires que dans les motifs des tissus choisis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87598821-62121001.jpg?v=1743507285" alt=""Le Bourgeois Gentilhomme" Quand l'une des œuvres phares de Molière prend une cure de jouvence !" title=""Le Bourgeois Gentilhomme" Quand l'une des œuvres phares de Molière prend une cure de jouvence !" />
     </div>
     <div>
      Dans une partition réglée au millimètre, les effets comiques (démarches, mimiques, tonalités et dictions exagérées, etc.) sont parfaitement bien calculés et maîtrisés. C'est joué magistralement, c'est souvent proche du virtuose, avec une grande rigueur et beaucoup d'inventivité, ce qui renforce le côté vivifiant du théâtre baroque et celui kaléidoscopique de la folie visuelle, et donne aux séquences &quot;comédie musicale&quot; beaucoup de légèreté et d'espièglerie.       <br />
              <br />
       Enfin ! On peut à nouveau s'amuser avec Molière. C'est une vraie cure de jouvence qui ainsi est administrée au classique &quot;Bourgeois Gentilhomme&quot; qui prend des couleurs plus actuelles. L'ensemble emprunte aux codes de jeu du théâtre classique tout en mettant allégrement un pied dans l'expression contemporaine du clown avec quelques digressions modernes, sans que le texte originel ne soit en rien dénaturé.       <br />
              <br />
       C'est frais, sautillant et pétillant à souhait ! Un moment joyeux de théâtre, revigorant et réconfortant, bienvenue dans nos époques troubles, un spectacle essentiel aujourd'hui !       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Bourgeois Gentilhomme"</b></div>
     <div>
      D'après Molière       <br />
       Adaptation : Bastien Ossart.       <br />
       Mise en scène : Bastien Ossart.       <br />
       Avec : Bastien Ossart, Nicolas Quelquejay, Benoît Martinez, Iana Serena de Freitas ou Joyce Franrenet, Liwen Liang-Gelas ou Lauren Chekman et Mathilde Guêtré-Rguieg ou Marine Lansman.       <br />
       Lumières : Florian Derval.       <br />
       Costumes : Théâtre Les Pieds Nus.       <br />
       Production : Théâtre Les Pieds Nus.       <br />
       Coproduction : Théâtre du Chêne Noir, Avignon.       <br />
       À partir de 7 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 février au 18 mai 2025.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 18 h.       <br />
       Théâtre Le Lucernaire, Théâtre Rouge, Paris 6e, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87598821-62120991.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Bourgeois-Gentilhomme-Quand-l-une-des-oeuvres-phares-de-Moliere-prend-une-cure-de-jouvence-_a4184.html</link>
  </item>

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   <title>"Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…</title>
   <pubDate>Wed, 17 Apr 2024 16:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "La cérémonie", c'est ainsi que Solange et Claire, les deux bonnes inventées par Jean Genet, dénomment ce qui les fait échapper à leur condition de domestiques, cloîtrées dans une maison bourgeoise sans autre horizon d'attente que celui offert par leurs fantasmes. En effet, dans ce lieu vécu comme carcéral, leur seule évasion possible prend la forme d'un jeu exaltant : le meurtre – projeté sur l'écran de leurs jours sans fin – de Madame, leur patronne, qu'elles haïssent autant qu'elles l'envient…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57620928.jpg?v=1713365943" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Pour incarner au plateau cet enfermement physique et mental, Mathieu Touzé a confié à son complice à l'identité troublante, Yuming Hay (l'Herculine d'&quot;Herculine Barbin&quot; vu sur cette même scène du TnBA) le soin d'orchestrer dans le rôle de Madame les identités elles-mêmes flottantes de Solange et Claire, les deux sœurs fondues dans la même problématique.       <br />
              <br />
       Mais qu'on ne s'y trompe pas… Lorsque la scène s'éclaire, baignant d'une aveuglante lumière violette une estrade accueillant en parfaite symétrie deux coiffeuses et leurs fauteuils, une commode semblant flotter dans l'air et, en arrière-plan, un portique où les robes de Madame sont accrochées comme des peaux à enfiler, nos yeux sont d'emblée dessillés : on est bien au théâtre… mais pas dans un théâtre bourgeois qui se repaitrait à l'envi d'une réalité sordide. Ce qui va être joué, n'est pas un drame à la papa ourdi d'une morale d'avance convenue, mais bien un conte déjanté où la fantaisie débridée le dispute à la cruauté humaine.       <br />
              <br />
       D'ailleurs la traversée du plateau par le laitier, nu comme un ver et prenant tout son temps pour exhiber au passage ses attributs, rajoute une touche supplémentaire au tableau ci-dessus : exit toute représentation académique qui, a fortiori, détonnerait avec la personnalité de Jean Genet, auteur de cette pièce écrite en 1947 pour sa première version, et en 1968 pour sa forme définitive.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57620936.jpg?v=1713365980" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Quant aux deux sœurs, mues l'une et l'autre par un ressort mécanique empruntant au vivant ses mouvements stéréotypés consistant à vouloir, coûte que coûte, échapper à leur condition en développant un imaginaire façonné par des rêves de pacotille, elles vont se lancer dans des jeux de rôles à faire douter de qui elles sont le nom.       <br />
              <br />
       Claire &quot;est&quot; d'abord Madame, se pomponnant devant sa coiffeuse en vilipendant Solange, ayant gardé, elle, son statut de servante, mais pas son identité puisqu'elle &quot;est&quot; devenue sa sœur, Claire… Tandis que Solange-Claire dispose au pied du petit autel de la vierge et aux pieds de Madame des ribambelles de fleurs et de buis béni, Claire-Madame, ayant parfaitement intégré son nouveau rôle de bourgeoise hautaine, égraine un chapelet de remarques fleuries sur les gants de cuisine qui souillent sa chambre, sermonne crûment sa servante d'avoir osé cracher sur ses escarpins vernis pour les faire briller, bref brosse un portrait en 3D de leur maîtresse absente.       <br />
              <br />
       D'ailleurs, Claire-Madame se prend si magnifiquement au jeu qu'elle ira jusqu'à s'embrouiller en disant à Solange-Claire qu'elle a dénoncé Monsieur à la police, mélangeant son rôle de Madame avec sa réalité de bonne rêvant de l'assassiner… Comme si les identités se floutaient en se recouvrant dans un fondu-enchaîné de cinéma, le jeu théâtral n'étant pas encore suffisamment intégré pour subvertir les je identitaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57620996.jpg?v=1713366011" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Ce psychodrame grandeur nature, joué de manière fort appuyée, aura pour effet de libérer chez Solange-Claire des paroles venues du tréfonds de leur position de servantes haïssant ce qui leur est refusé : l'objet de leur désir incarné superbement par leur maîtresse dépositaire de la beauté et de la grâce des riches oisives. Crachant sur la robe rouge revêtue par sa sœur, elle tonitrue alors : <span style="font-style:italic">&quot;Je hais votre poitrine pleine de souffles embaumés. Votre poitrine d'ivoire ! Vos cuisses d'or ! Vos pieds d'ambre ! Je vous hais !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Tout en étant &quot;en représentation&quot;, les deux sœurs se tendent en effet un miroir effrayant, un miroir sans tain où elles se voient telles qu'elles ne peuvent souffrir d'être : des bonnes réduites à être des souillons, des méprisables pouilleuses… <span style="font-style:italic">&quot;Pour vous servir Madame… Je retourne à ma cuisine. J'y retrouve mes gants, le rot silencieux de l'évier. Vous avez vos fleurs, j'ai mon évier. Je suis la bonne&quot;.</span> Perspective insupportable qui a pour effet de déclencher chez Solange-Claire la pulsion meurtrière de mimer (?) l'étranglement du cou fragile de Claire-Madame… lorsque la sonnerie du réveil l'interrompt, annonçant le retour de la vraie Madame et, avec elle, la fin du jeu de rôles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57621007.jpg?v=1713366036" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Claire enfilant alors sa robe noire informe de servante, rendues à elles-mêmes, elles creuseront non sans une certaine délectation ce qui les &quot;travaille&quot; le plus chez Madame… Ce n'est pas sa morgue… mais l'amour qu'elle dit leur porter, <span style="font-style:italic">&quot;Elle nous aime comme la faïence rose de ses latrines, comme son bidet… C'est facile d'être bonne, et souriante, et douce quand on est belle et riche ! Mais être bonne quand on est une bonne !&quot;.</span> Tout est dit de cette &quot;ran-cœur&quot; mortelle, mâtinée des élans d'Éros les faisant divaguer (outre le laitier entrevu) sur les attraits de Monsieur envoyé derrière les verrous suite à leurs lettres de dénonciation… dans le dessein de pouvoir, le soir venu dans leur obscure chambrette, fantasmer le suivre au bagne dans un voyage sans retour.       <br />
              <br />
       Les deux comédiennes, l'une criarde, l'autre pas, rêvant d'être ce couple éternel du criminel et de la sainte cher à Jean Genet, exulteront. Tombant dans les bras l'une de l'autre, chantant joyeusement – car <span style="font-style:italic">&quot;l'assassinat est une chose inénarrable&quot;</span> – elles se lancent à corps perdus dans un numéro de music-hall débridé, la salle entière sous les spots clignotant étant transformée en cabaret.       <br />
              <br />
       Quant à l'arrivée de Madame, hystérique magnifique incarnée superbement par Yuming Hay surjouant à l'envi les faux pleurs, réelles minauderies et rires surfaits de cette bourgeoise puante de vanité, exhibant en tenue légère surhaussée de talons aiguilles sa supériorité de classe (à défaut d'en avoir), elle fera littéralement sensation…. En effet, le parti pris affiché par Mathieu Touzé de convoquer tous les attraits du voguing parodiant les postures et manières d'une certaine prétendue élite, éclate ici de vérité… théâtrale.       <br />
              <br />
       Madame qui les tue avec sa douceur (affectée), ses fleurs (fanées) qu'elle leur offre, ses robes (dont elle ne veut plus) et sa bonté (simulée) qui les empoisonne, distille chez les deux sœurs le poison entêtant qu'en tant que domestiques elles n'appartiennent pas à l'humanité… leur devoir étant alors d'empoisonner &quot;pour de vrai&quot; Madame, unique objet de leur attraction-répulsion. D'où le meurtre joué et rejoué à l'envi, allant même jusqu'à nous faire croire que Solange tue de ses mains Claire-Madame avec enterrement, discours et jouissance de la criminelle à la clef. Jusqu'à la chute où le jeu morbide ne se suffisant plus, &quot;la vie&quot; prendra le pas sous la forme d'une tasse de mixture mortelle bue sciemment par l'une des sœurs faisant – enfin – corps avec le désir d'être celle qu'elles ont détesté faute de pouvoir être elle.       <br />
              <br />
       Le parti-pris de Mathieu Touzé de s'entourer de comédiens complices de sa propre &quot;représentation des Bonnes&quot; pour, dans une scénographie à l'unisson, créer une comédie grinçante aux allures déjantées, peut irriter (côté outrancier d'un boulevard de seconde zone)… ou au contraire séduire par un second degré de haut vol pour peu que l'on se laisse prendre par la charge subversive de sa proposition. Pour notre part, nous avons été de ceux sous le charme.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 9 avril dans la Salle Vauthier du TnBA de Bordeaux (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Bonnes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57621423.jpg?v=1713367539" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Genet (aux Éditions Gallimard).       <br />
       Mise en scène et scénographie : Mathieu Touzé.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Hélène Thil.       <br />
       Avec : Yuming Hey, Élizabeth Mazev, Stéphanie Pasquet, Thomas Dutay.       <br />
       Chorégraphie et costumes : Mathieu Touzé.       <br />
       Éclairagiste : Renaud Lagier.       <br />
       Régisseur général : Jean-Marc L'Hostis.       <br />
       Production : Collectif Rêve Concret.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 9 au vendredi 12 avril 2024 au TnBA à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 14 au 16 mai 2024 : Théâtre de la Manufacture - CDN Nancy Lorraine, Nancy (54).       <br />
       30 mai 2024 : Maison de la Culture, Nevers (58).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79588129-57620928.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Bonnes-Une-ceremonie-tres-theatrale-aux-identites-e-mouvantes_a3883.html</link>
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   <title>"J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"</title>
   <pubDate>Wed, 20 Apr 2022 08:59:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Dubitatif, en un seul mot…", comme tenait à le préciser Pierre Desproges, humoriste à l'esprit acéré. Après avoir subi le flot de saynètes à la mords-moi le nœud, le doute suscité par ces morceaux choisis effectivement "m'habite"… En fait, non… Aucun doute à avoir : "J'habite ici" de Jean-Michel Ribes est à classer au rang des mièvres et sans intérêt productions boulevardières, voulant péter encore plus haut que les flatulences de l'un des personnages-clefs peuplant cet immeuble de lieux communs caricaturés à l'envi. Affligeant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45965967.jpg?v=1650439545" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Et pourtant cette soirée théâtrale avait fort bien commencé… En lever de rideau, deux comédiens du Collectif OS'O, compagnonne et compagnon du TnBA, interprètent un écrit incisif disant le drame vécu par les naufragés de &quot;Mare nostrum&quot;, notre mer, la mer Méditerranée, tombeau liquide de celles et ceux qui pour fuir l'horreur et la mort ont tenté dans des embarcations de fortune de rejoindre les côtes européennes. Texte percutant, bannissant tout usage de langue de bois, qui prend soin d'énoncer un à un les noms des peuples martyrs pour se conclure par l'obligation politique d'&quot;accueillir d'où qu'ils viennent, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs religions, toutes celles et ceux qui subissent guerres, répressions, tortures, discriminations, misères, famines, viols, mariages forcés&quot;.       <br />
              <br />
       Certains s'étonneront peut-être d'un long paragraphe consacré ici à une intervention initiale n'ayant rien à voir avec le spectacle… Certes. Mais à l'aune de l'intérêt de cette soirée, il aurait été plus équitable de consacrer un espace plus important encore à la mobilisation pour les réfugiés de tous les pays qui, du 2 avril au 3 mai à Bordeaux et en Gironde, se traduit par nombre de performances regroupées sous l'étendard de &quot;Bienvenue&quot;… activisme humaniste qui s'est invité avec bonheur ce soir sur le plateau du CDN, en plein accord avec sa direction.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45965968.jpg?v=1650439577" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Aux antipodes de cet engagement sans fard, le spectacle faussement engagé prétendant - l'auteur-metteur en scène se présente lui-même comme &quot;fantaisiste subversif&quot; - &quot;faire rire quand même !&quot; des obscénités de notre époque en les projetant sur scène dans un chassé-croisé de saynètes pimentées (ersatz de la série &quot;Scènes de ménages&quot;, vu à la télé…). En effet, n'est pas Feydeau ou Molière qui veut… Si le fondateur de L'illustre Théâtre avait le don de réfléchir les travers de son temps en mettant en jeu une typologie de personnages porteurs de travers singuliers, il le faisait avec un art consommé de l'écriture dramaturgique et de l'humour infusé. Tout comme d'ailleurs Jérôme Deschamps quand il crée son &quot;Bourgeois gentilhomme&quot;, la comédie-ballet de Molière et de Jean-Baptiste Lully, comédie-mascarade du Grand Siècle faisant grand effet dans ses habits neufs retissés par le truculent ex-Deschiens, dont la verve haute en couleur réjouit par ses saillies.       <br />
              <br />
       Ici, rien de cela… Tout n'est que resucée de clichés lourdingues se complaisant à extraire du fonds de commerce des idées reçues, du racisme ordinaire, des orientations sexuelles, une réserve toute trouvée à ce qui peut prêter à s'esclaffer où, du bourgeois installé dans ses certitudes, en passant par le bobo satisfait, jusqu'au beauf à l'esprit épais, tout ce petit monde enfin réuni sous le patronage du rire à bon compte pourra délicieusement se gausser des travers communs… sans aucunement les remettre en cause, se remettre en cause. Le second degré - revendiqué implicitement par les appartenances de leur auteur valant à ses yeux caution - n'est qu'une farce… et attrape. Rien de ce qui est présenté sur le plateau n'est de nature à créer les conditions d'un humour &quot;issue de secours&quot;. L'Empereur est, magnifiquement, mis à nu… par lui-même.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45966009.jpg?v=1650439609" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Aucun risque n'est pris. On est loin de l'engagement corrosif des Chiens de Navarre ou encore d'un Rodrigo García, artiste libre s'il en est, qui, inspiré par Nietzche, donna à son CDN le nom d'&quot;Humain trop humain&quot;. Ici l'humain prend triste figure, non pas celle du &quot;Chevalier à la Triste Figure&quot;, &quot;L'Homme de La Mancha&quot; de Cervantès, mais celle qui nourrit les news people de &quot;Voici !&quot;, images du monde selon Jean-Michel Ribes.       <br />
              <br />
       Qu'on en juge sur pièces… Un brave flic, raciste, black et gay, tombera raide amoureux d'un jeune homme de bonne famille rencontré - forcément - au cœur d'une manif. Dans une scène d'anthologie érotique, chacun juché sur une trottinette et ailes de libellule accrochées au dos, unira sa langue gourmande à celle de son amant, exercice plein d'émotions ayant pour bel effet de faire dresser tout droit le corps caverneux des deux demoiselles libellules. Auparavant, on aura assisté au numéro tout aussi hilarant du beauf à la casquette rouge anti-vert déclarant sa haine pour les arbres urbains. Il n'a tout de même pas quitté la campagne, eh ben non, pour être emmerdé maintenant par les chiures d'oiseaux ! Quant aux vaches, s'il venait aux écolos de les réintroduire en ville, il les tuerait sur le champ et les ferait manger à des végans (très drôle…), du persil dans les narines pour qu'ils respirent encore plus bio (encore plus drôle !).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45966010.jpg?v=1650439651" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Un père de famille fort respectable et plein de flatulences aux détonations flagrantes dès que le nom de &quot;gauche&quot; est prononcé, sera viscéralement chamboulé par le changement de nom d'une rue à la gloire du Général Bugeaud, héros de l'Algérie française, rebaptisée du nom de Jean Cocteau (pets sonores en ponctuation, humour à la hauteur de l'organe qui le produit). Son épouse, une belle blonde aux horizons d'attente allant jusqu'au sommet de sa chevelure, pouffera de joie à l'idée que son cher fils contestataire ait rompu avec un dénommé Jean-Robert pour filer le parfait amour… avec le représentant de l'ordre (cf. plus haut).       <br />
              <br />
       Mais le comble du comble de l'humour reste à venir… Un obscur employé de Ministère, triste comme un scribouillard de Maupassant, prendra soudain la lumière en excellant dans l'art du cunnilingus appliqué d'abord à Madame La Responsable de l'Europe de l'Est, avant que ses talents ébruités l'amènent à &quot;branler&quot;, non pas du chef mais Le Directeur en personne. Un succès vite apprécié par tout le Ministère qui lui vaudra la promesse de la médaille du Meilleur Ouvrier de France… Pour s'esclaffer encore et encore… Le même employé, dévoué corps et âme à son ministère, partant à son bureau attaché-case fièrement à la main, ouvrira les pans de son imperméable pour dévoiler à la concierge éblouie sa tenue de travail : nu comme un ver sous sa panoplie en latex noir, l'équipement SM Bondage à faire rêver. No comment.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45968347.jpg?v=1650452404" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Passons sur le plombier et le bourgeois au racisme très primate, ou encore les deux couples d'intellectuels snobs à la bouche emplie de Proust, les bouddhistes sanctuarisant leur anus comme &quot;bouche arrière&quot; et élevant leurs intestins à la hauteur de leur cerveau… Autant de caricatures au trait gras comme le sont les rires faussement dénonciateurs qu'elles prétendent susciter. Seul échapperait peut-être à cette galerie Musée Grévin du mauvais goût érigé en art le personnage de la tragédienne-autrice contrariée - n'ayant pu écrire du théâtre, elle écrit sur le théâtre (mais là encore le poncif se renifle à plein nez) - se pâmant en entendant les alexandrins raciniens la faisant littéralement s'envoler au septième ciel (délire poétique à la Chagall)… avant de s'aplatir sur le plateau, comme un oiseau blessé, dégommée en plein vol par l'hurluberlu anti-nature flanqué de l'auteur outragé par la critique &quot;alexandrine&quot;.       <br />
              <br />
       Est-ce à dire que la marque de fabrique du magazine créé naguère par Cavanna et le Professeur Choron - l'iconoclaste &quot;Hara-kiri&quot; - qui se targuait d'être &quot;bête et méchant&quot;, puisse s'appliquer ici ? Non, ce serait là &quot;totalement&quot; injuste… La cruauté manque.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 13 avril au TnBA - Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine. Les représentations se sont déroulées du 13 au 16 avril 2022.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"J'habite ici"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45968348.jpg?v=1650452498" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean-Michel Ribes (publié aux Éditions Actes Sud-Papier).       <br />
       Mise en scène : Jean-Michel Ribes.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Olivier Brillet.       <br />
       Avec : Didier Benureau, Manon Chircen, Romain Cottard, Charly Fournier, Annie Grégorio, Jean Joudé, Alice de Lencquesaing, Philippe Magnan, Marie-Christine Orry, Stéphane Soo Mongo.       <br />
       Scénographie : Emmanuelle Favre.       <br />
       Costumes : Juliette Chanaud.       <br />
       Lumière : Hervé Coudert.       <br />
       Son : Guillaume Duguet.       <br />
       Maquillage et coiffure : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Construction accessoires : Antoine Plischke.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">21 avril 2022 :</span> Monaco (98).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/63894718-45965967.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/J-habite-ici-Une-farce-et-attrape-qui-laisse-dubitatif-le-doute-m-habite_a3227.html</link>
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   <title>•Off 2021• Pièce en plastique Rififi chez les bobos, du plastic qui fait long feu…</title>
   <pubDate>Fri, 30 Jul 2021 22:37:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2021]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Et pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour créer une comédie grinçante, voire explosive fustigeant les travers d'une catégorie dont on ne se lasse pas de voir - au théâtre ou au cinéma - épingler les ridicules… Plaisir de voir moquer les travers du voisin, projetés sur scène, pour s'en sentir soi-même dans la vraie vie en partie dédouanée… C'est, depuis Molière, le bénéfice attendu de la représentation et le public d'Avignon présente sociologiquement les caractéristiques pour rire de lui-même dans le miroir tendu de la boboïsation des comportements…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/58019405-42897087.jpg?v=1627681774" alt="•Off 2021• Pièce en plastique Rififi chez les bobos, du plastic qui fait long feu…" title="•Off 2021• Pièce en plastique Rififi chez les bobos, du plastic qui fait long feu…" />
     </div>
     <div>
      Sauf que là, au-delà des intentions sans conteste louables, le projet semble ne pas atteindre son objectif. En effet, si la caricature a pour intérêt de grossir le trait sans en déformer l'esprit, c'est pour mieux donner à voir les caractéristiques d'un personnage ou d'une situation. Lorsque la caricature déborde de partout, accumulant les clichés empilés les uns sur les autres, on arrive vite à une saturation de l'espace rendant peu propice l'émergence de la moindre réflexion critique. Un peu comme dans certaines séries télévisées des années anciennes où les rires enregistrés ponctuaient l'enchaînement effréné des gags…       <br />
              <br />
       Les personnages, on en accepte l'augure, sont sans exception des stéréotypes, caricatures de leur caricature. D'abord, le couple de bobos confortablement installé dans leur existence et ayant envie d'émotions plus excitantes… Lui est médecin et aurait rêvé d'être &quot;sans frontières&quot; ; elle, faisant du crochet à la maison, aurait rêvé être artiste, aussi héberge-t-elle par procuration un cynique fat voulant révolutionner l'art à partir d'un concept domestique éminemment grotesque. Ensuite, le fils de la maison, un gentil bonhomme bourré d'hormones en gestation faisant qu'il n'a pas encore choisi s'il était garçon ou fille (oui la case est bien cochée, l'identité genrée trouve sa place), se baladant avec une perche à selfie dont il fait un usage &quot;ciblé&quot;, toujours coiffé du même inénarrable bonnet Disneyland à oreilles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/58019405-42897089.jpg?v=1627681848" alt="•Off 2021• Pièce en plastique Rififi chez les bobos, du plastic qui fait long feu…" title="•Off 2021• Pièce en plastique Rififi chez les bobos, du plastic qui fait long feu…" />
     </div>
     <div>
      Enfin l'artiste (cf. plus haut) gardant à sa sortie de burn out - c'est très mode, voyez-vous, quand on est artiste d'être &quot;surbooké torturé&quot; - une suffisance à toutes épreuves pour délivrer à tout va des leçons existentielles, c'est à lui qu'échoit naturellement le rôle du vrai faux philosophe embarqué. Et, cerise sur le gâteau, Éros étant comme chacun sait la clef de voûte de l'énergie créatrice, ce cynique nique tout ce qui passe à sa portée y compris, on l'aura compris, la femme de son hôte.        <br />
              <br />
       Heureusement, une nouvelle femme de ménage (l'autre, dénommée Fatou et de surcroît malienne, une très gentille fille au demeurant, ayant dû être congédiée par Madame pour insuffisance d'image dommageable à l'image de la maisonnée, à contrecœur certes, tout le monde doit avoir sa chance) fait son entrée dans ce panier de névrosés haut de gamme… et sa présence va rebattre les cartes - qui l'eût cru !       <br />
              <br />
       De situations présentant autant de surprises que de voir la &quot;bourge&quot; bio sur le retour donner &quot;habilement&quot; à la femme de ménage ses robes offertes par son amant artiste lors de voyages à l'étranger pour &quot;vernissâges&quot; - ce qui ne plaît guère ni à l'artiste, ni au mari cocu -, le père s'emparer du téléphone portable du fils ayant filmé nue la femme de ménage se douchant dans la salle de bains (oui, les pauvres puent, c'est connu !), prenant tout son temps, lui le pater familia, pour se rincer l'œil, l'artiste partir dans un discours de haut vol sur la production de merde du système capitalo-machin chose, etc., etc., etc. - tout ça évidemment étant à prendre &quot;au-se-cond-de-gré&quot; (clin d'œil appuyé) -, on chemine cahin-caha vers la délivrance représentée par l'effondrement systémique de ce beau monde…
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/58019405-42897090.jpg?v=1627681814" alt="•Off 2021• Pièce en plastique Rififi chez les bobos, du plastic qui fait long feu…" title="•Off 2021• Pièce en plastique Rififi chez les bobos, du plastic qui fait long feu…" />
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      … Le bouquet final de l'exposition culinairo-plastiquo-sociétal où, saouls comme pas un, tous &quot;s'endorment&quot; sous l'œil amusé de la femme de ménage n'étant pas pour rien dans cette hécatombe… Et encore, a-t-on fait grâce dans cet exposé rapide de procédés hilarants mâtinés de pincées de vulgarité gaillarde - il faut bien un peu s'encanailler comme les bourgeois de l'autre siècle, cher public averti - de l'artiste posant en pied, nu comme un ver sous son peignoir ouvert, si ce n'est le sexe et ses contrepoids naturels entourés de gros scotchs avec inscrit en gros - belle intention en direction des myopes - &quot;Censure&quot;. Le même artiste décidément coquin, inscrira par la suite sur sa ceinture le nom de &quot;Zemmour&quot;, on n'en revient pas devant un public &quot;bogo&quot;, bourgeoisie gauchiste, d'avoir pu oser une telle hardiesse politique fustigeant le polémiste extrême droitier…       <br />
              <br />
       &quot;Et pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour créer une comédie grinçante, voire explosive fustigeant…&quot;, etc. Faute d'avoir suffisamment approfondi sa &quot;note d'intention&quot;, la compagnie s'est sans doute laissé déborder là par sa fougue oubliant un peu trop vite que le boulevard (sic) n'est pas un art aisé, sous peine de tomber dans un autre registre de programmation, dont deux théâtres pour le moins sur Avignon ont l'exclusivité (les deux commencent par les mêmes lettres, Pa pour les distraits). Ceci n'est donc aucunement une mise au pilori, mais une modeste invitation à revoir sa copie. Peut (sans nul doute) mieux faire que cette &quot;ode à l'art qui se regarde elle-même, et se regardant, disparaît&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 27 juillet au Théâtre Le 11 à Avignon.</b>
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     <div><b>"Pièce en plastique"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/58019405-42897100.jpg?v=1627681895" alt="•Off 2021• Pièce en plastique Rififi chez les bobos, du plastic qui fait long feu…" title="•Off 2021• Pièce en plastique Rififi chez les bobos, du plastic qui fait long feu…" />
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      Texte : Marius von Mayenburg.       <br />
       Traduction : Mathilde Sobotche.       <br />
       Mise en scène : Adrien Popineau.       <br />
       Avec : Constance Carrelet, Julien Muller, Charles Morillon, Alexiane Torres, Auguste Yvon.       <br />
       Scénographie : Fanny Laplane.       <br />
       Création lumière : François Leneveu.       <br />
       Création vidéo : Colin Bernard.       <br />
       Création musicale : James Champel.       <br />
       Régie : Léo Delorme.       <br />
       Par la Compagnie Les messagers.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2021•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 7 au 29 juillet 2021.</b>       <br />
       Tous les jours à 13 h 20, relâche les 12, 19 et 26 juillet.       <br />
       Théâtre Le 11, Salle 3, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 20 10 .       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; 11avignon.com</a>
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/58019405-42897087.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2021-Piece-en-plastique-Rififi-chez-les-bobos-du-plastic-qui-fait-long-feu_a3040.html</link>
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