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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-12T20:39:20+01:00</dc:date>
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   <title>Suites absentes… présences tout en décalé</title>
   <pubDate>Fri, 26 May 2023 10:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans une création qui mêle compositions de Bach, danse et mime, l'absurde trône en présence d'un bouc. D'un récital de musique classique, la situation échappe à son interprète qui la reprend en la détournant de son but initial. Tout est ainsi décalé et le chorégraphe-danseur Pierre Rigal nous invite dans un voyage de déconstruction où les convenances sociales sont bousculées et où le paraître trébuche pour laisser libre cours à l'être.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862024.jpg?v=1685092622" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Avec Pierre Rigal, l'originalité et la surprise sont toujours frères créateurs dans ses spectacles. Face à un piano automatique qui joue de lui-même quelques œuvres de Bach (1685-1750), le défi artistique d'habiter un vide, un rien, une absence ou plutôt une présence, celle d'un musicien qui ne fait pas de musique, n'est pas de tout repos. Le lien entre instrument et interprète se pose et c'est dans ce rapport inversé où le premier est, ici, maître du second que les relations entre l'un et l'autre s'établissent et évoluent en prenant une tournure où le pianiste se doit d'exister en dehors de son outil artistique. C'est par ce contexte décalé que le spectacle débute.       <br />
              <br />
       Un descriptif succinct de la vie du protagoniste et de ce qui se joue sur scène est surtitré, à quelques moments, en arrière-scène. C'est l'artiste qui s'exprime par ce biais, la parole étant remplacée par le silence et la danse. Les expressions faciales sont aussi un élément des plus importants où le visage devient le repère initial où toutes les émotions, interrogations défilent au travers de regards perdus, de moues de bouche, de fronts plissés et de sourcils relevés. Puis au fil de la représentation, c'est le corps qui prend le relais. Les attitudes deviennent des plus expressives où celui-là prend de plus en plus de volume et ses aises alors que le visage était porte-parole, au démarrage du spectacle, de surprises, de gêne et de contrariété.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862028.jpg?v=1685092732" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Nous retrouvons Pierre Rigal dans un terrain de jeu qu'il avait déjà pratiqué dans &quot;Même&quot; avec, un moment, un bout de scène de quelques secondes qui revient plusieurs fois pour rejouer la même chose, de façon rapide et répétée. Nous basculons ainsi dans un univers qui rappelle le mime, comme dans ces anciens films muets où la répétition fait le comique de situation.       <br />
              <br />
       Le chorégraphe comble la distance autant physique que symbolique qui existe entre lui et son outil artistique de manière corporelle pour la distance physique. Les bras, les jambes entrent en jeu dans des proportions des plus mesurées pour ensuite s'étendre de plus en plus durant la représentation. D'une position assise, elle devient debout et parfois diagonal, alternant par intermittence entre équilibres et déséquilibres. Les déplacements sont aussi de la partie où, côtés cour et jardin, l'interprète s'aide d'entrées et sorties pour incarner un questionnement, une mise en situation énigmatique, et aussi amener d'autres éléments.       <br />
              <br />
       Pour la distance symbolique qui incarne l'absence de relation musicale entre le pianiste et son instrument, le chorégraphe danseur utilise une gestuelle où les accessoires, tel le banc de piano, sont utilisés. Celui-ci devient un accessoire de gymnastique. La veste queue-de-pie est aussi déviée de sa source pour devenir un costume loufoque dans lequel se découvre un tee-shirt de motard. Tout est détourné dans un contexte où rien n'est dans un état de normalité. Pierre Rigal n'accompagne pas cette absurdité de situation. Il l'exploite pour aller dans les retranchements presque ubuesques de celle-ci.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862029.jpg?v=1685092828" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Il s'agit de quoi après tout ? De lever le couvercle d'une apparence trompeuse d'un homme dont on sait, entre autres et grâce aux surtitres, qu'il ne sait pas jouer du piano. S'enchaînent de façon automatique prélude, fugue, chaconne et autres compositions de Bach face à un pianiste qui n'en est pas un. Est-ce le signe d'une révolte ou de l'indépendance musicale déclarée d'un instrument face à un manque de compétence de son interprète ? Le spectacle va vers une autre direction. Est construit tout un ensemble de tableaux où, entre autres, le pianiste devient motard, transforme sa veste queue-de-pie en costume loufoque, joue du banc de piano pour faire quelques figures d'équilibriste.       <br />
              <br />
       Présence énigmatique, un bouc vient aussi sur scène pour bêler, lâcher quelques crottins et bousculer, presque en les mangeant, quelques partitions. Sur ces différents terrains, le piano, qui était l'élément central du spectacle, finit par donner une place à part entière à l'interprète qui devient le clou du spectacle. Il réussit à exister en dehors de son instrument comme ce dernier l'avait fait initialement avec lui. Le rapport devient inversé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862344.jpg?v=1685093917" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Ce qui se joue est un condensé de ce qu'est un être humain qui déconstruit autant physiquement, un contexte dont il ne maîtrise pas les tenants, que socialement, une représentation que le monde, à savoir le public, pouvait avoir de lui. Les faux-semblants sont ainsi biffés d'un geste. De l'image policée et timide qui apparaissait au début, c'est un homme au visage enfariné avec une perruque bouffante grise et habillé d'un tee-shirt Yamaha sans manche qui clôt le spectacle.       <br />
              <br />
       Le caché devient visible. Ce qui n'était pas osé montrer le devient faisant de ce lieu, non plus une scène de musique classique, mais un endroit où le bouc et l'artiste prennent leurs aises en prenant le pouvoir sur Bach. Presque une analyse psychanalytique où la partie consciente laisse émerger le désir et son inconscient. Dans un dernier joli tableau, le chorégraphe danseur s'immisce entre le meuble, la table d'harmonie et le couvercle pour s'allonger dans une lumière tamisée, comme dans un lit.       <br />
              <br />
       <b>Ce spectacle s'est joué du 15 au 17 mai 2023.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Suites absentes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862346.jpg?v=1685093981" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Danse, conception : Pierre Rigal         <br />
       Musique de Johann Sebastian Bach jouée en direct par un piano automatique.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Programme musical</b>       <br />
       Johann Sebastian Bach : Capriccio sopra la lontananza del suo fratello dilettissimo BWV 992,       <br />
       Suite Anglaise n°3 en sol mineur BWV 808.       <br />
       Johann Sebastian Bach, Franz Liszt : Prélude &amp; Fugue BWV 543.       <br />
       Johann Sebastian Bach : Praeludium &amp; Fuga VIII* en mi bémol mineur (BWV 853).       <br />
       Johann Sebastian Bach, Ferruccio Busoni : Chaconne en ré mineur BWV 1004.        <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://philharmoniedeparis.fr/fr" target="_blank">&gt;&gt; Philharmonie de Paris</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73095095-50862024.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Suites-absentes-presences-tout-en-decale_a3589.html</link>
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   <title>"Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !</title>
   <pubDate>Mon, 06 Dec 2021 09:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si, pour leur premier spectacle, les énigmatiques Rejetons de la Reine - collectif issu de la troisième promotion de l'éstba (École supérieure de théâtre de Bordeaux Aquitaine) - ne prennent pas un risque… c'est celui de passer inaperçus. Le moins que l'on puisse dire, c'est que leur proposition perturbe les attendus d'une représentation assise confortablement dans son fauteuil, nous projetant tout de go sur l'avant-scène d'un "théâtre de l'absurde", initié naguère par un autre enfant terrible, un certain Eugène Ionesco.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60813194-44457270.jpg?v=1634832299" alt=""Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" title=""Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" />
     </div>
     <div>
      L'ombre du &quot;Rhinocéros&quot;, né en 1959 de l'imaginaire du dramaturge franco-roumain, plane ce soir-là sur le plateau du studio de création du TnBA sous les traits d'un mystérieux bouc, apparaissant tour à tour aux membres d'une famille très ordinaire réunie à l'occasion d'un déjeuner dont la suite s'avèrera moins ordinaire. Sous le vernis culturel, toujours prêt à se fissurer au moindre coup de canif (de poignard en l'occurrence), l'animal cornu associé au diable (cf. &quot;Le Sabbat des sorcières&quot; de Francisco Goya) pointera inopinément son mufle pour faire symptôme du monstre tapi en chacun.       <br />
              <br />
       Tout commence dans l'univers réaliste d'une première invitation à déjeuner conviant la petite amie de la fille chérie d'un couple lambda pour, de manière circulaire, terminer autour de la même table… après que le plateau eut été le théâtre de phénomènes abracadabrantesques orchestrés par de jeunes comédiens mus par le désir collectif de rendre intranquille la scène.       <br />
              <br />
       Faisant face au public, deux parents de notre temps, interchangeables sous tous rapports, attendent fébrilement… Curieux comme pas deux de découvrir l'heureuse élue et tout autant soucieux de bien la recevoir - faut vous dire madame monsieur que chez ces gens-là, on connaît les bonnes manières -, la mère a été chargée de préparer un agneau au basilic dont les tribulations à elles seules mettront en appétit… Jusque-là, on pourrait se croire invité aux prémices d'une scène boulevardière chez de quelconques petits bourgeois que l'on devine transparents. Sauf que, à d'infimes détails, on pressent qu'il n'en est rien, un discret parfum de &quot;La Noce chez les petits bourgeois&quot; de Bertolt Brecht flottant dans l'air.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60813194-44457271.jpg?v=1634832327" alt=""Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" title=""Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" />
     </div>
     <div>
      Et dès que l'impétrante se présentera, le doute ne sera plus de mise. Chef de projet - entendre : meneuse anarchiste activiste… - elle va introduire dans ce milieu ultra normé le grain de folie enrayant la mécanique des conventions cultivées comme viatique. Catalysant par sa présence décalée les désirs et frustrations, ce petit monde va voler en éclats. Interchangeant alors rôle et place, faisant taire tout surmoi oppressif pour donner voix aux fantasmes, les protagonistes &quot;déchainés&quot; - au sens littéral - découvrent des territoires qui leur étaient interdits, territoires où rôde le monstrueux indompté.       <br />
              <br />
       Le premier symptôme du dérèglement généralisé des &quot;sens&quot; est à repérer dans les &quot;dé-cadences&quot; du langage pris à son propre piège. Dans ces phrases d'une banalité confondante répétées en boucle et avançant sur place en trébuchant, les mots creux se prennent les pieds l'un dans l'autre pour mieux tomber dans le vide qu'ils énoncent. Comme si le temps chahuté voulait en vain par le truchement des mots de tous les jours s'ancrer à une réalité rassurante alors que par ailleurs le plateau est mis à feu et à sang sous l'effet de la folie furieuse qui l'embrase.       <br />
              <br />
       Inanité du langage reliée à l'absence de caractères des personnages. Aucune psychologie singulière, tous étant des clones sans autre existence que celle que leur confère le titre qu'ils se donnent, et encore celui-ci est-il constamment blackboulé par le jeu des situations. Ainsi l'un se fait roi, l'autre reine, les deux se rejoignant dans l'adage du psychanalyste Jacques Lacan pointant qu'<span style="font-style:italic">&quot;un roi qui se prend pour un roi est un fou&quot;</span>. Et c'est bien une &quot;scène&quot; folie qui souffle, le roi et la reine, visages ensanglantés par le poignard sorti de la poche de l'activiste révolutionnaire, ressuscitant l'instant d'après avoir été saignés à rouge… pour être à nouveau trucidés, avant de reprendre leur place à table comme si de rien n'était.       <br />
              <br />
       Car d'intrigue, il n'y en a pas non plus. Aucune progression, que des digressions &quot;encerclées&quot; par le même schéma de table réunissant, au début comme à la fin de la pièce, les mêmes personnages dans la même disposition. Un point de capiton cependant relie entre elles les scènes &quot;explosées&quot; : l'apparition du mystérieux bouc faisant effraction sous différentes formes, mais portant toujours le même nom : Antoine !       <br />
              <br />
       Mais de qui Antoine est-il au juste le prête-nom ? Tantôt, il est vu comme le bouc des voisins troublant la quiétude et mettant les nerfs à vif des parents. Tantôt, c'est le bouc porté avec tendresse dans les bras de l'activiste déplorant par la suite qu'il soit victime des snipers contre-révolutionnaires. Tantôt c'est encore le bouc enfanté par la mère (&quot;Rosemary'baby&quot; de Roman Polansky ?) et donc frère monstrueux de la fille de la famille. Autant de flashs métaphorisant en chacun le même objet fuyant, celui des peurs ou des désirs inavoués.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60813194-44457272.jpg?v=1634832568" alt=""Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" title=""Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" />
     </div>
     <div>
      &quot;Un poignard dans la poche&quot; peut &quot;déconcerter&quot;… Mais c'est à ce point précis que se noue son intérêt. Celui d'un &quot;antithéâtre&quot; où la parole n'a de sens que pour dire l'effondrement d'un langage seul apte à signifier le rien de nos existences se délitant dans un conformisme mortifère. Ainsi l'agneau au basilic tant de fois sorti du four devient un savoureux plat de spaghettis (écho du surprenant &quot;il est neuf heures&quot; de La Cantatrice chauve tandis que résonne les dix-sept coups de la pendule anglaise…), le bouc jamais représenté mais toujours présent métaphorisant pour sa part le &quot;je-ne-sais-quoi&quot; essentiel.       <br />
              <br />
       Et si l'on rit &quot;absurdement&quot;, c'est que ce comique porte dans ses plis l'intuition de l'absurde, il devient l'arme à portée de mains - &quot;un poignard dans la poche&quot; - pour dire le tragique d'une époque où la communication policée tue le sens et obscurcit tout horizon d'attente. Dans ce contexte, un tantinet désespérant, la proposition de cette jeune troupe &quot;décomplexée&quot; trouve toute sa place et mérite d'être entendue… et saluée !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu au Studio de création du TnBA (Bordeaux), le mercredi 13 octobre 2021 à 20 h dans le cadre du festival FAB 2021.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Un poignard dans la poche"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60813194-44457273.jpg?v=1634832617" alt=""Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" title=""Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" />
     </div>
     <div>
      Création 2021.       <br />
       Mise en scène collective : Les Rejetons de la Reine.       <br />
       Texte : Simon Delgrange.       <br />
       Dramaturgie : Franck Manzoni.       <br />
       Avec : Jérémy Barbier d'Hiver, Clémentine Couic, Alyssia Derly, Julie Papin.       <br />
       Lumière : Arthur Gueydan.       <br />
       Costumes : Jeanne Bonenfant.       <br />
       Remerciements à Gala Ognibene pour ses conseils et son aide précieuse en scénographie.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       A été représenté du 12 au 16 octobre 2021 au TnBA dans le cadre du FAB 2021.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 6 et 7 décembre 2021.</span>       <br />
       À 18 h et 21 h.       <br />
       Dans le cadre du Festival Impatience 2021.       <br />
       Jeune Théâtre National, 13, rue des Lions Saint-Paul, Paris 4e.       <br />
       <a class="link" href="https://www.jeune-theatre-national.com/" target="_blank">&gt;&gt; jeune-theatre-national.com</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.festivalimpatience.fr/" target="_blank">&gt;&gt; festivalimpatience.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60813194-44457270.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-poignard-dans-la-poche-Au-secours-Ionesco-tes-Rejetons-arrivent-_a3121.html</link>
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   <title>FAB 2021 "Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !</title>
   <pubDate>Thu, 21 Oct 2021 17:18:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si, pour leur premier spectacle, les énigmatiques Rejetons de la Reine - collectif issu de la troisième promotion de l'éstba (École supérieure de théâtre de Bordeaux Aquitaine) - ne prennent pas un risque… c'est celui de passer inaperçus. Le moins que l'on puisse dire, c'est que leur proposition perturbe les attendus d'une représentation assise confortablement dans son fauteuil, nous projetant tout de go sur l'avant-scène d'un "théâtre de l'absurde", initié naguère par un autre enfant terrible, un certain Eugène Ionesco.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59700546-43828634.jpg?v=1634832299" alt="FAB 2021 "Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" title="FAB 2021 "Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" />
     </div>
     <div>
      L'ombre du &quot;Rhinocéros&quot;, né en 1959 de l'imaginaire du dramaturge franco-roumain, plane ce soir-là sur le plateau du studio de création du TnBA sous les traits d'un mystérieux bouc, apparaissant tour à tour aux membres d'une famille très ordinaire réunie à l'occasion d'un déjeuner dont la suite s'avèrera moins ordinaire. Sous le vernis culturel, toujours prêt à se fissurer au moindre coup de canif (de poignard en l'occurrence), l'animal cornu associé au diable (cf. &quot;Le Sabbat des sorcières&quot; de Francisco Goya) pointera inopinément son mufle pour faire symptôme du monstre tapi en chacun.       <br />
              <br />
       Tout commence dans l'univers réaliste d'une première invitation à déjeuner conviant la petite amie de la fille chérie d'un couple lambda pour, de manière circulaire, terminer autour de la même table… après que le plateau eut été le théâtre de phénomènes abracadabrantesques orchestrés par de jeunes comédiens mus par le désir collectif de rendre intranquille la scène.       <br />
              <br />
       Faisant face au public, deux parents de notre temps, interchangeables sous tous rapports, attendent fébrilement… Curieux comme pas deux de découvrir l'heureuse élue et tout autant soucieux de bien la recevoir - faut vous dire madame monsieur que chez ces gens-là, on connaît les bonnes manières -, la mère a été chargée de préparer un agneau au basilic dont les tribulations à elles seules mettront en appétit… Jusque-là, on pourrait se croire invité aux prémices d'une scène boulevardière chez de quelconques petits bourgeois que l'on devine transparents. Sauf que, à d'infimes détails, on pressent qu'il n'en est rien, un discret parfum de &quot;La Noce chez les petits bourgeois&quot; de Bertolt Brecht flottant dans l'air.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59700546-43828647.jpg?v=1634832327" alt="FAB 2021 "Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" title="FAB 2021 "Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" />
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      Et dès que l'impétrante se présentera, le doute ne sera plus de mise. Chef de projet - entendre : meneuse anarchiste activiste… - elle va introduire dans ce milieu ultra normé le grain de folie enrayant la mécanique des conventions cultivées comme viatique. Catalysant par sa présence décalée les désirs et frustrations, ce petit monde va voler en éclats. Interchangeant alors rôle et place, faisant taire tout surmoi oppressif pour donner voix aux fantasmes, les protagonistes &quot;déchainés&quot; - au sens littéral - découvrent des territoires qui leur étaient interdits, territoires où rôde le monstrueux indompté.       <br />
              <br />
       Le premier symptôme du dérèglement généralisé des &quot;sens&quot; est à repérer dans les &quot;dé-cadences&quot; du langage pris à son propre piège. Dans ces phrases d'une banalité confondante répétées en boucle et avançant sur place en trébuchant, les mots creux se prennent les pieds l'un dans l'autre pour mieux tomber dans le vide qu'ils énoncent. Comme si le temps chahuté voulait en vain par le truchement des mots de tous les jours s'ancrer à une réalité rassurante alors que par ailleurs le plateau est mis à feu et à sang sous l'effet de la folie furieuse qui l'embrase.       <br />
              <br />
       Inanité du langage reliée à l'absence de caractères des personnages. Aucune psychologie singulière, tous étant des clones sans autre existence que celle que leur confère le titre qu'ils se donnent, et encore celui-ci est-il constamment blackboulé par le jeu des situations. Ainsi l'un se fait roi, l'autre reine, les deux se rejoignant dans l'adage du psychanalyste Jacques Lacan pointant qu'<span style="font-style:italic">&quot;un roi qui se prend pour un roi est un fou&quot;</span>. Et c'est bien une &quot;scène&quot; folie qui souffle, le roi et la reine, visages ensanglantés par le poignard sorti de la poche de l'activiste révolutionnaire, ressuscitant l'instant d'après avoir été saignés à rouge… pour être à nouveau trucidés, avant de reprendre leur place à table comme si de rien n'était.       <br />
              <br />
       Car d'intrigue, il n'y en a pas non plus. Aucune progression, que des digressions &quot;encerclées&quot; par le même schéma de table réunissant, au début comme à la fin de la pièce, les mêmes personnages dans la même disposition. Un point de capiton cependant relie entre elles les scènes &quot;explosées&quot; : l'apparition du mystérieux bouc faisant effraction sous différentes formes, mais portant toujours le même nom : Antoine !       <br />
              <br />
       Mais de qui Antoine est-il au juste le prête-nom ? Tantôt, il est vu comme le bouc des voisins troublant la quiétude et mettant les nerfs à vif des parents. Tantôt, c'est le bouc porté avec tendresse dans les bras de l'activiste déplorant par la suite qu'il soit victime des snipers contre-révolutionnaires. Tantôt c'est encore le bouc enfanté par la mère (&quot;Rosemary'baby&quot; de Roman Polansky ?) et donc frère monstrueux de la fille de la famille. Autant de flashs métaphorisant en chacun le même objet fuyant, celui des peurs ou des désirs inavoués.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59700546-43828698.jpg?v=1634832568" alt="FAB 2021 "Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" title="FAB 2021 "Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" />
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      &quot;Un poignard dans la poche&quot; peut &quot;déconcerter&quot;… Mais c'est à ce point précis que se noue son intérêt. Celui d'un &quot;antithéâtre&quot; où la parole n'a de sens que pour dire l'effondrement d'un langage seul apte à signifier le rien de nos existences se délitant dans un conformisme mortifère. Ainsi l'agneau au basilic tant de fois sorti du four devient un savoureux plat de spaghettis (écho du surprenant &quot;il est neuf heures&quot; de La Cantatrice chauve tandis que résonne les dix-sept coups de la pendule anglaise…), le bouc jamais représenté mais toujours présent métaphorisant pour sa part le &quot;je-ne-sais-quoi&quot; essentiel.       <br />
              <br />
       Et si l'on rit &quot;absurdement&quot;, c'est que ce comique porte dans ses plis l'intuition de l'absurde, il devient l'arme à portée de mains - &quot;un poignard dans la poche&quot; - pour dire le tragique d'une époque où la communication policée tue le sens et obscurcit tout horizon d'attente. Dans ce contexte, un tantinet désespérant, la proposition de cette jeune troupe &quot;décomplexée&quot; trouve toute sa place et mérite d'être entendue… et saluée !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu au Studio de création du TnBA (Bordeaux), le mercredi 13 octobre 2021 à 20 h dans le cadre du festival FAB 2021.</span>
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     <div><b>"Un poignard dans la poche"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59700546-43828702.jpg?v=1634832617" alt="FAB 2021 "Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" title="FAB 2021 "Un poignard dans la poche" Au secours Ionesco, tes Rejetons arrivent !" />
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      Création 2021, première française.       <br />
       Mise en scène collective : Les Rejetons de la Reine.       <br />
       Texte : Simon Delgrange.       <br />
       Dramaturgie : Franck Manzoni.       <br />
       Avec : Jérémy Barbier d'Hiver, Clémentine Couic, Alyssia Derly, Julie Papin.       <br />
       Lumière : Arthur Gueydan.       <br />
       Costumes : Jeanne Bonenfant.       <br />
       Remerciements à Gala Ognibene pour ses conseils et son aide précieuse en scénographie.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       A été représenté du 12 au 16 octobre 2021 au TnBA dans le cadre du FAB 2021.       <br />
              <br />
       <b>FAB - 6e Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er au 23 octobre 2021.</span>       <br />
       9 rue des Capérans, Bordeaux (33).       <br />
       Billetterie : 09 82 31 71 30.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@festivalbordeaux.com')" >contact@festivalbordeaux.com</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://fab.festivalbordeaux.com/" target="_blank">&gt;&gt; fab.festivalbordeaux.com</a>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 6 et 7 décembre 2021.</span>       <br />
       À 18 h et 21 h.       <br />
       Dans le cadre du Festival Impatience 2021.       <br />
       Jeune Théâtre National, 13, rue des Lions Saint-Paul, Paris 4e.       <br />
       <a class="link" href="https://www.jeune-theatre-national.com/" target="_blank">&gt;&gt; jeune-theatre-national.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/59700546-43828634.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/FAB-2021-Un-poignard-dans-la-poche-Au-secours-Ionesco-tes-Rejetons-arrivent-_a3083.html</link>
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