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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-22T17:54:47+02:00</dc:date>
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   <title>"Écorces, Polar forestier" Un moment de théâtre d'une grande poésie écologique hautement nécessaire</title>
   <pubDate>Thu, 15 Jan 2026 12:45:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au moment de la disparition de son père, Alba hérite de parcelles de forêts en Haute-Loire dont elle n'avait jamais entendu parler. En examinant ses affaires, elle découvre une carte forestière portant de mystérieux symboles. La voici lancée sur la piste des coupes sauvages et de reforestations massives en vue de l'exploitation intensive. Au même moment, Matéus Borja, un garde-forestier, engagé pour la préservation des écosystèmes, disparaît.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93709726-65449531.jpg?v=1768477811" alt=""Écorces, Polar forestier" Un moment de théâtre d'une grande poésie écologique hautement nécessaire" title=""Écorces, Polar forestier" Un moment de théâtre d'une grande poésie écologique hautement nécessaire" />
     </div>
     <div>
      C'est le début de cette enquête polar menée par deux gendarmes hauts en contrastes, au cœur des bois et sur les routes de l'agro-industrie. Retrouveront-ils trace de ce garde-forestier ?       <br />
              <br />
       Très engagée dans la création scénique contemporaine, Alice Carré, autrice et metteuse en scène, n'a pas dérogé, ici, à sa ligne de conduite : s'intéresser à des questions sociales, historiques et politiques, notamment celles des amnésies coloniales, des mémoires collectives ou encore des récits enfouis.       <br />
              <br />
       À ce titre, on se souvient de &quot;Brazza-Ouidah-Saint-Denis&quot; en 2021, consacré à la mémoire des tirailleurs africains ayant combattu pour la France contre le nazisme. Ou encore &quot;Kap o' mond&quot; en 2022, coécrit avec le chercheur Carlo Handy Charles autour d'Haïti et de deux jeunes hommes, l'un français, l'autre haïtien.       <br />
              <br />
       En cette nouvelle année, &quot;Écorces, Polar forestier&quot; ne déroge pas à la règle maîtresse de l'autrice-metteuse en scène ! Loin de là ! &quot;Choisir, c'est renoncer&quot; pourrait bien être son adage fétiche, s'il en est. Choisir d'être engagée, et d'avoir l'honneur, le bonheur et la grande opportunité de passer par la scène théâtrale pour crier ses inquiétudes et sa révolte. Renoncer, probablement, à d'autres choses pour sa passion du théâtre et de l'écriture, pour dire ce que beaucoup pensent tout bas en mettant les mots et les maux en fiction.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93709726-65449533.jpg?v=1768477835" alt=""Écorces, Polar forestier" Un moment de théâtre d'une grande poésie écologique hautement nécessaire" title=""Écorces, Polar forestier" Un moment de théâtre d'une grande poésie écologique hautement nécessaire" />
     </div>
     <div>
      Ici, il est probable qu'&quot;Écorces&quot; résonne et raisonne encore davantage pour Alice Carré, car le point de départ est une histoire familiale intime, mais à bien y regarder collective aussi.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;J'aime cette phrase du poète portugais Miguel Torga : &quot;L'universel, c'est le local sans les murs&quot;. J'ai dû gérer la succession de mon père à sa mort et ça m'a ouvert à un monde dont j'ignorais l'existence : la propriété, la gestion et l'exploitation forestière.&quot;</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;J'ai appris que 80 % des forêts françaises sont privées et que les propriétaires confient l'exploitation de leurs parcelles à des entreprises dont les pratiques sont catastrophiques pour l'environnement ! Le documentaire de François-Xavier Drouet, &quot;Le Temps des forêts&quot;, m'a beaucoup aidée dans ce projet et a même été une révélation&quot;</span>, confie-t-elle.       <br />
              <br />
       Il fallait y penser au schéma d'une enquête policière pour dénoncer l'exploitation forestière, les coupes rases, l'extractivisme, l'enrésinement des forêts – consistant à remplacer les feuillus par des conifères comme les Douglas par exemple –, ou encore pour rendre hommage aux gens qui luttent pour une autre exploitation forestière. Ici, Alice Carré le fait brillamment, non sans aborder la chose par le biais de l'humour, lequel lui a paru essentiel pour affronter le réel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93709726-65449567.jpg?v=1768477869" alt=""Écorces, Polar forestier" Un moment de théâtre d'une grande poésie écologique hautement nécessaire" title=""Écorces, Polar forestier" Un moment de théâtre d'une grande poésie écologique hautement nécessaire" />
     </div>
     <div>
      &quot;Écorces, Polar forestier&quot; est une belle réussite en ce début d'année au chiffre rond et au cours de laquelle on espère fortement que les choses du vivant le soient aussi : douces, et toutes en courbes délicates. Une réussite ronde comme une pomme de pin, oscillant entre revendications affichées par le biais de six comédiennes et comédiens investis(es) et virevoltants(es). Une mention toute particulière à Marie Dèmes dans le rôle d'Alba, juste et très convaincante, et Paul Delbreil aux multiples rôles qui séduisent le public avec humour et talent conjugués. Ses divers &quot;tours de chemises&quot; allègent le propos de la pièce globalement anxiogène. Tous deux très convaincants(es) sont bardés(es) d'une fougue notoire dans leurs interprétations respectives.       <br />
              <br />
       Josué Ndofusu n'est pas en reste, loin de là, qui s'imprègne, lui aussi, de ses différents rôles avec une grande élégance et de façon très habitée. Gageons que Manon Combes saura gagner en moins d'énergie débordante au fil des représentations à venir afin que son jeu soit encore plus convaincant, notamment dans son rôle de la policière. Le stress de la Première, probablement, en est certainement la raison.       <br />
              <br />
       Dans ce spectacle, à la croisée du thriller écologique et du théâtre documentaire, dans lequel les tableaux s'enchaînent de manière fluide avec changements de décors à vue et projections poétiques de vidéos sylvestres sous la houlette de Victor Lepage, le choix d'une narratrice musicienne apporte une véritable légèreté à la dramaturgie. C'est la musicienne, comédienne et compositrice Lymia Vitte qui est convoquée dans ce rôle très original, instaurant ainsi un dialogue avec la narratrice et l'ensemble des protagonistes, en mettant en avant leur part inconsciente et toute omnisciente face à la situation. Choix dramaturgique et scénique tout à fait pertinent, appuyé par la voix de Lymia, harmonieuse et toute organique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93709726-65449570.jpg?v=1768477893" alt=""Écorces, Polar forestier" Un moment de théâtre d'une grande poésie écologique hautement nécessaire" title=""Écorces, Polar forestier" Un moment de théâtre d'une grande poésie écologique hautement nécessaire" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;J'aimerais que le public garde de cette représentation un souvenir à la fois sensoriel et sensible, mais adopte aussi une réelle prise de conscience nécessaire. Je ne souhaite pas traiter le sujet de l'exploitation forestière de façon binaire, mais au contraire en donnant à voir la complexité des choses, les contradictions, mais aussi les douleurs de ceux qui travaillent dans la forêt&quot;, </span>précise Alice Carré (propos recueillis par Aurélien Péroumal en novembre 2025).       <br />
              <br />
       Pari largement gagné. &quot;Écorces, Polar forestier&quot; est un hymne à cette forêt qui nous entoure, hors tout didactisme et manichéisme. Cette forêt, architecture du vivant, patiemment édifiée par le temps, qui a précédé l'homme et qui lui survivra peut-être. Un lieu de relations invisibles basées sur l'interdépendance et le silence. Si seulement l'être humain pouvait en prendre racines et écouter son silence bruissant afin de se montrer plus humble !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Écorces, Polar forestier"</b></div>
     <div>
      Texte : Alice Carré.       <br />
       Mise en scène : Alice Carré.       <br />
       Collaboration à la mise en scène : Pierre-Angelo Zavaglia.       <br />
       Avec : Yassine Aït Benhassi, Manon Combes, Paul Delbreil, Marie Demesy, Josué Ndofusu, Lymia Vitte.       <br />
       Composition musicale : Benjamin James Troll et Lymia Vitte.       <br />
       Scénographie : Caroline Frachet.       <br />
       Lumières : Madeleine Campa.       <br />
       Costumes : Anaïs Heureaux.       <br />
       Vidéo : Victor Lepage.       <br />
       Complicité dramaturgique : Claire Barrabès.       <br />
       Conseil forestier : Association Recrue d'essences (Cunlhat, 63).       <br />
       Stagiaire mise en scène : Rose Étienne.       <br />
       Stagiaire costumes : Olga Roubieu.       <br />
       Compagnie Eia ! Le Bureau des Filles.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 au 24 janvier 2026.</span>       <br />
       Lundi et mardi à 20 h, jeudi et vendredi à 19 h, samedi à 18 h.       <br />
       Théâtre de la Cité Internationale, 17, bd Jourdan, Paris 14ᵉ.       <br />
       Réservation : 01 85 53 53 85.       <br />
       <a class="link" href="https://theatredelacite.notre-billetterie.com/billets?spec=1431&amp;kld=2526" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelacite.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelacite.com</a>       <br />
              <br />
       Jeudi 22 janvier : bord de plateau, à l'issue de la représentation.       <br />
       Samedi 24 janvier, de 14 h à 19 h, atelier d'écriture avec Claire Barrabès.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       30 mai 2026 : Création forme en extérieur dans la forêt d'Évreux, Festival Les Anthroposcènes, Théâtre Le Tangram, Évreux (27).       <br />
       Tournée 26-27 : Théâtre des Gémeaux (Date à déterminer).       <br />
       Juillet 2026 : Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93709726-65449531.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Ecorces-Polar-forestier-Un-moment-de-theatre-d-une-grande-poesie-ecologique-hautement-necessaire_a4452.html</link>
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   <title>•Off 2024• "Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse</title>
   <pubDate>Fri, 31 May 2024 18:35:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Alceste est atrabilaire jusqu'au bout des ongles. Il hait la nature humaine en tous points, surtout celle de la Cour et de la société mondaine, et épingle plus que tout les mœurs de son temps. Sa misanthropie fait finalement de lui le plus droit des hommes et le plus loyal, mais il lui manque une vertu : l'indulgence pour la conduite de ses semblables. Cela le pousse dans un rigorisme et une franchise extrêmes. S'il reçoit un compliment, il n'y verra que mensonge et hypocrisie, imposture, intérêt, trahison ou fourberie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80662480-58189518.jpg?v=1706018661" alt="•Off 2024• "Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" title="•Off 2024• "Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" />
     </div>
     <div>
      Paradoxalement, il est follement amoureux de Célimène, une femme, toute récemment veuve qui est l'égérie de cet univers qu'il hait tant : celui de la Cour où tout n'est que frivolité, apparences, faux-semblants, trahisons. Mais pas question pour lui de se plier aux compromis de cette société mondaine.       <br />
              <br />
       Parviendra-t-il à la faire quitter ce monde d'apparat, à lui pardonner en espérant qu'elle le suive dans sa retraite et ce qu'il appelle &quot;son désert&quot; ?       <br />
              <br />
       On se souvient que la soirée fut belle ce mercredi 22 juin à l'occasion de la première représentation de la pièce aux Écuries de Versailles dans le cadre de la 26ᵉ édition du &quot;Mois Molière&quot; en 2022, un mois de théâtre et de musique en plein cœur de la ville. Un fort joli lieu qui nous avait donné un avant-goût d'Avignon. Une représentation en plein air, sous le soleil, devant une salle comble et enthousiaste qui nous avait déjà totalement comblée.       <br />
              <br />
       De cette pièce, où Molière peint avec brio le cœur et l'âme humaine, Thomas Le Douarec a su en préserver la substantifique moelle et ne garder que l'essentiel des intentions de l'auteur : tendre coûte que coûte vers la vérité humaine et chercher un sens profond à l'existence, alors qu'à la Cour, tout pousse aux grimaces et au port du masque ! Encore lui… Déjà !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80662480-58189519.jpg?v=1706018701" alt="•Off 2024• "Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" title="•Off 2024• "Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" />
     </div>
     <div>
      Nous n'avons pas pu rater la nouvelle programmation de la pièce au Théâtre de l'Épée de Bois à la Cartoucherie de Vincennes et c'est à nouveau avec un énorme plaisir que nous l'avons redécouverte.       <br />
              <br />
       Pas de soleil en ce samedi frisquet, mais de la neige sur les pelouses de la Cartoucherie de Vincennes et, surtout, un autre espace tout aussi majestueux : celui de la salle en pierre de l'Épée de Bois.       <br />
              <br />
       Dans cette adaptation par la Compagnie Thomas Le Dourec, la majesté des alexandrins est respectée et interprétée avec brio par l'ensemble des comédiens et comédiennes de la distribution. Une mention toute particulière, tout de même, pour la puissance et l'interprétation magistrale de Jean-Charles Chagachbanian dans le rôle d'Alceste. La passion de Thomas Le Douarec pour cette pièce a été secondée très largement par la force de conviction de son ami comédien qui voue depuis longtemps son amour pour ce personnage de Molière. À n'en point douter, la magie de leur complicité et de leur amitié œuvre toujours efficacement, et ce, pour le plus grand bonheur des spectateurs.       <br />
              <br />
       Le résultat est époustouflant de maîtrise, notamment dans la juste répartition du comique et du tragique. Cela dit, pas de parti pris ostentatoire. Dans la mise en scène de Thomas Le Douarec, rien d'inutile ne dépasse et le parti pris du basculement contemporain de l'histoire sonne extrêmement juste : les téléphones portables jonglent harmonieusement entre les mains des comédiens, leurs images projetées sur le vaste mur en pierre de fond de scène sont justement bienvenues, sans compter la musique d'introduction électro de Thylacine qui irradie le tout…       <br />
              <br />
       Tout est taillé au cordeau, tant dans le jeu des huit comédiens et comédiennes que dans la scénographie sobre, mais suffisamment efficace pour rappeler que même 400 ans après son écriture, <span style="font-style:italic">&quot;la pièce est toujours à l'image du monde d'aujourd'hui : une pièce qui illumine ma vie de comédien et de metteur en scène. L'histoire de cet homme qui recherche sa vérité dans un monde perverti et hypocrite. Pour Molière, le constat est amer : la bonté et l'amour ne sauveront jamais le monde et la vérité encore moins…&quot;,</span> Thomas Le Douarec.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80662480-58189520.jpg?v=1706018741" alt="•Off 2024• "Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" title="•Off 2024• "Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" />
     </div>
     <div>
      Vu sous cet angle particulier, on peut se demander qui est finalement le plus misanthrope ! Molière lui-même ? Alceste ? Ou finalement un peu chacun et chacun d'entre nous qui, tout compte fait, sommes un peu toujours des Don Quichotte, nous battant contre des moulins à vent en œuvrant le mieux possible dans nos petites vies afin de trouver notre juste place dans la société ? Ou cherchant à la fuir sans y parvenir tout à fait… Le débat autour de cette pièce restera longtemps ouvert tant que des metteurs en scène, à l'image de Thomas Le Douarec, oseront s'y coller. Pour le plus grand bien de tous !       <br />
              <br />
       Les choix scénographiques de ce metteur en scène prolixe (qui a déjà à son actif plus d'une cinquantaine de productions) n'occultent en rien le texte du célèbre dramaturge. Bien au contraire. Encore une fois, ils subliment avec justesse le texte en alexandrins qui est porté haut et fort par les comédiens et les comédiennes, sans excès ni volonté ostentatoire d'être dit juste pour être dit !       <br />
              <br />
       Les décors nous plongent d'emblée dans une réalité contemporaine affichée : deux fauteuils en PVC transparents, une guitare électrique, une rangée de néons fluorescents pointés vers le ciel, des seaux à champagne remplis de bouteilles. Ceux-ci embrassent une action scénique ponctuée de deux morceaux de musique à la guitare électrique juste à leur place, d'entrées et de sorties rigoureuses et flamboyantes des comédiens et comédiennes, tous très beaux et très belles à plusieurs égards…       <br />
              <br />
       Jean-Charles Chagachbanian et Jeanne Pajon, interprétant respectivement les rôles d'Alceste et de Célimène, gardent tout au long de la représentation une ampleur virevoltante et fine dans leurs interprétations. Philippe Maymat dans le rôle de Philinte (qui scelle avec bonheur, à l'occasion de cette pièce, ses retrouvailles avec Thomas Le Douarec) parvient par son jeu et à son charisme à tempérer les excès d'Alceste.       <br />
              <br />
       Cette nouvelle mise en scène de Thomas est un délice. <span style="font-style:italic">&quot;Je souhaite que le spectateur soit ébranlé par ce qu'il a vu : une vision sans compromis de notre époque contemporaine&quot;,</span> Thomas Le Douarec.       <br />
              <br />
       Nous l'avons été à nouveau, quant à nous, conquise, en ce samedi janvier où, fidèle à lui-même face à l'enthousiasme du public conquis, Thomas Le Douarec a pris la parole lors des applaudissements et a salué chaque comédien et chaque comédienne de façon un peu nostalgique… Pourquoi cette tradition au théâtre a-t-elle disparu ?       <br />
       Chapeau bas, Thomas ! Et merci ! Merci !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Misanthrope"</b></div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Adaptation, mise en scène : Thomas Le Douarec.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Caroline Devismes et Virginie Dewees.       <br />
       Avec : Jean-Charles Ghagachbanian, Philippe Maymat, Thomas Le Douarec, Jeanne Pajon, Justine Vultaggio, Rémi Johnsen ou Théo Lima, Valérian Béhar-Bonnet ou Jules Fabre, Caroline Devismes.       <br />
       Lumières : Stéphane Balny.       <br />
       Costumes : Marlotte.       <br />
       Musique : Valérian Béhar-Bonnet.       <br />
       Décors : David Lionne et Jérôme Lebertre.       <br />
       Par la Compagnie Thomas Le Douarec.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 55.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 23 juin 2024.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, samedi et dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, Salle en pierre, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12ᵉ, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/un-spectacle/le-misanthrope/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h 50. Relâche les 1er et 2 juillet.       <br />
       Théâtre Les Lucioles, Salle Mistral, 10, Rempart Saint-Lazare, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 05 51.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('lucioles.resa@gmail.com')" >lucioles.resa@gmail.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeslucioles.com/misanthrope24" target="_blank">&gt;&gt; theatredeslucioles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80662480-58189518.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Le-Misanthrope-ou-une-revisite-contemporaine-epoustouflante-de-justesse_a3925.html</link>
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   <title>"Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine, certes cruelle mais résolument jouissive</title>
   <pubDate>Thu, 01 Feb 2024 16:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il était une fois une bûche qu'un brave menuisier en désir d'enfant transforma en pantin de bois. Sauf qu'ici nous ne sommes pas dans le monde merveilleux et sirupeux de Disney et Pinocchio, puisque c'est de lui dont il s'agit, tue d'emblée et sans précaution le grillon moralisateur et perturbateur de conscience ; et se tire illico de chez son créateur pour voir si la vie de Patachon n'est pas ailleurs et pour se soustraire à ses devoirs d'écolier.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78123397-56732150.jpg?v=1602490145" alt=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine, certes cruelle mais résolument jouissive" title=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine, certes cruelle mais résolument jouissive" />
     </div>
     <div>
      Après nous avoir surpris, régalé et enthousiasmé avec &quot;Don Quichotte&quot; en 2016 (créé au château de Grignan dans le cadre des Fêtes Nocturnes) et en 2018/2019 avec &quot;Hamlet&quot; (créé au Théâtre de Châtillon et ayant connu un grand succès au Off Avignon 2019), la Compagnie des Dramaticules et son directeur artistique, Jérémie Le Louët, sont de retour avec cette nouvelle création où un pantin de bois désobéissant rêve de devenir &quot;un petit garçon comme il faut&quot;. Mais avant d'accéder à cet état de petit d'homme &quot;sage&quot;, cette tête de bois égoïste et cruelle se confrontera avec une implacable constance à un monde impitoyable où toutes ses failles, ses frustrations, ses défauts, ses désirs fantasmés et ses rêves illusoires de liberté idéale seront mis à rude épreuve.       <br />
              <br />
       Pinocchio est une fable aventureuse qui est à la fois un condensé sombre réunissant tous les contes et leurs parcours d'initiation devant mener l'enfant à l'âge adulte et une synthèse de ceux-ci en y concentrant la complexité de leurs étonnantes noirceurs - souvent occultée dans certaines fables, et Disney n'a pas fait que du bien dans ce domaine, par quelques facilités fantasmagoriques -, une forme d'émanation d'énergie négative constructive, mais menant toujours à un final libérateur, comme l'acquisition d'une maturité obligatoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78123397-56732151.jpg?v=1602490174" alt=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine, certes cruelle mais résolument jouissive" title=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine, certes cruelle mais résolument jouissive" />
     </div>
     <div>
      Dans sa mise en scène et dans son jeu (Jérémie Le Louët interprétant lui-même le personnage de Pinocchio), celui-ci associe avec beaucoup de subtilité et d'intelligence la noirceur du &quot;héros&quot; de Collodi, son impertinence, sa rébellion juvénile à l'enthousiasme jovial, à la détermination volontaire du quêteur parcourant son chemin initiatique. Devenir un véritable enfant est un lourd, long et pénible labeur. Jérémie excelle dans ce rôle confit d'impertinence où il jubile dans l'exécution de ses actes négatifs.       <br />
              <br />
       Le reste de la distribution n'est pas en reste puisque cinq acteurs prennent en charge la ribambelle de personnages présents au générique du roman de Collodi. Ceux-ci ont à leur disposition, pour assurer leurs travestissements, nombre de costumes variés, chamarrés ainsi que des accessoires tout aussi colorés et nourris d'imaginaire. Ils apportent énergie et dynamisme, vivacité et malice à chacun des rôles, avec un plaisir de jouer évident, communicatif, emportant à chaque instant l'adhésion de la salle, enfant ou adulte.       <br />
              <br />
       Jérémie Le Louët use de tous les artifices que lui offre la machinerie théâtrale, dans une forme foraine et colorée, une des marques de fabrique de son approche scénique, et de sa capacité adaptative aux multiples univers théâtraux en les signant toujours de ses propres représentations imaginaires bigarrées… Ici très bien accordé à l'imagerie &quot;Pinocchio&quot;, collant aux souvenirs de notre enfance qui furent faits de jouets en bois, de livres s'ouvrant en décors fabuleux, de castelets où jaillissaient Guignol, Gnafron et autres marionnettes aux allures de commedia dell'arte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78123397-56732152.jpg?v=1602490203" alt=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine, certes cruelle mais résolument jouissive" title=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine, certes cruelle mais résolument jouissive" />
     </div>
     <div>
      Dans cette féérie foraine maîtrisée, l'action se déploie en une multitude de séquences imagées : mer, campagne, forêt, petit théâtre de marionnettes, ventre d'un squale, etc. Celles-ci se succèdent avec vélocité, dans une jubilation et une espièglerie permanentes. Jérémie et son équipe proposent un spectacle singulier et imaginatif avec une grande variété de techniques utilisées.       <br />
              <br />
       Placée sous le signe des arts forains, multicolores et richement dessinés, apparaissent devant nos yeux émerveillés de nombreux éléments scénographiques : décors sur roulettes en 2 D, toiles peintes, portants et malles de costumes à portée de main. Mais aussi en fond de scène un écran pour des projections vidéo (paysages, effets miroir). Tout est réalisé à vue mais sans trahir la magie de la représentation, grâce notamment à des transitions très rapides.       <br />
              <br />
       Jérémie Le Louët retrouve avec cette création ses thèmes de prédilection favoris que sont, la quête d'identité, la transgression, le rapport à la loi, le libre-arbitre, le désir, l'éducation formatée, nous offrant une nouvelle fois son art conceptuel de l'imaginaire, son insolence du rêveur épris de liberté et une expression théâtrale affranchie de tout formatage !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pinocchio"</b></div>
     <div>
      Féérie d'après &quot;Les Aventures de Pinocchio (Le avventure di Pinocchio)&quot; écrit en 1881 par le journaliste et écrivain italien Carlo Collodi.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Jérémie Le Louët.       <br />
       Avec : Pierre-Antoine Billon, Julien Buchy, Anthony Courret, Jonathan Frajenberg, Jérémie Le Louët, Dominique Massat.       <br />
       Scénographie : Blandine Vieillot.       <br />
       Costumes : Barbara Gassier, assistée de Noémie Reymond.       <br />
       Stagiaire costumes : Marion Thomasson.       <br />
       Vidéo : Jérémie Le Louët.       <br />
       Lumière : Thomas Chrétien.       <br />
       Son : Thomas Sanlaville.       <br />
       Construction décor : Guéwen Maigner.       <br />
       Factrice de marionnette : Manon Dublanc.       <br />
       Regard extérieur : Noémie Guedj.       <br />
       Régie : Thomas Chrétien et Théo Pombet.       <br />
       Production La Compagnie des Dramaticules.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
       À partir de 8 ans.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">2 février 2024 :</span> Théâtre André Malraux, Gagny (93).       <br />
       <span class="fluo_jaune">16 février 2024 :</span> Théâtre de Gascogne, Mont-de-Marsan (40).       <br />
       <span class="fluo_jaune">22 février 2024 :</span> Théâtre L'Hermine, Saint-Malo (35).       <br />
       27 février 2024 : Moustier, Thorigny-sur-Marne (77).       <br />
       1er et 2 mars 2024 : Théâtre Alexandre Dumas, Saint-Germain-en-Laye (78).       <br />
       Du 10 au 12 mars 2024 : Centre des bords de Marne, Le Perreux-sur-Marne (94).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78123397-56732151.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse</title>
   <pubDate>Wed, 24 Jan 2024 07:29:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Alceste est atrabilaire jusqu'au bout des ongles. Il hait la nature humaine en tous points, surtout celle de la Cour et de la société mondaine, et épingle plus que tout les mœurs de son temps. Sa misanthropie fait finalement de lui le plus droit des hommes et le plus loyal, mais il lui manque une vertu : l'indulgence pour la conduite de ses semblables. Cela le pousse dans un rigorisme et une franchise extrêmes. S'il reçoit un compliment, il n'y verra que mensonge et hypocrisie, imposture, intérêt, trahison ou fourberie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77961871-56622991.jpg?v=1706018661" alt=""Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" title=""Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" />
     </div>
     <div>
      Paradoxalement, il est follement amoureux de Célimène, une femme, toute récemment veuve qui est l'égérie de cet univers qu'il hait tant : celui de la Cour où tout n'est que frivolité, apparences, faux-semblants, trahisons. Mais pas question pour lui de se plier aux compromis de cette société mondaine.       <br />
              <br />
       Parviendra-t-il à la faire quitter ce monde d'apparat, à lui pardonner en espérant qu'elle le suive dans sa retraite et ce qu'il appelle &quot;son désert&quot; ?       <br />
              <br />
       On se souvient que la soirée fut belle ce mercredi 22 juin à l'occasion de la première représentation de la pièce aux Écuries de Versailles dans le cadre de la 26ᵉ édition du &quot;Mois Molière&quot; en 2022, un mois de théâtre et de musique en plein cœur de la ville. Un fort joli lieu qui nous avait donné un avant-goût d'Avignon. Une représentation en plein air, sous le soleil, devant une salle comble et enthousiaste qui nous avait déjà totalement comblée.       <br />
              <br />
       De cette pièce, où Molière peint avec brio le cœur et l'âme humaine, Thomas Le Douarec a su en préserver la substantifique moelle et ne garder que l'essentiel des intentions de l'auteur : tendre coûte que coûte vers la vérité humaine et chercher un sens profond à l'existence, alors qu'à la Cour, tout pousse aux grimaces et au port du masque ! Encore lui… Déjà !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77961871-56623023.jpg?v=1706018701" alt=""Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" title=""Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" />
     </div>
     <div>
      Nous n'avons pas pu rater la nouvelle programmation de la pièce au Théâtre de l'Épée de Bois à la Cartoucherie de Vincennes et c'est à nouveau avec un énorme plaisir que nous l'avons redécouverte.       <br />
              <br />
       Pas de soleil en ce samedi frisquet, mais de la neige sur les pelouses de la Cartoucherie de Vincennes et, surtout, un autre espace tout aussi majestueux : celui de la salle en pierre de l'Épée de Bois.       <br />
              <br />
       Dans cette adaptation par la Compagnie Thomas Le Dourec, la majesté des alexandrins est respectée et interprétée avec brio par l'ensemble des comédiens et comédiennes de la distribution. Une mention toute particulière, tout de même, pour la puissance et l'interprétation magistrale de Jean-Charles Chagachbanian dans le rôle d'Alceste. La passion de Thomas Le Douarec pour cette pièce a été secondée très largement par la force de conviction de son ami comédien qui voue depuis longtemps son amour pour ce personnage de Molière. À n'en point douter, la magie de leur complicité et de leur amitié œuvre toujours efficacement, et ce, pour le plus grand bonheur des spectateurs.       <br />
              <br />
       Le résultat est époustouflant de maîtrise, notamment dans la juste répartition du comique et du tragique. Cela dit, pas de parti pris ostentatoire. Dans la mise en scène de Thomas Le Douarec, rien d'inutile ne dépasse et le parti pris du basculement contemporain de l'histoire sonne extrêmement juste : les téléphones portables jonglent harmonieusement entre les mains des comédiens, leurs images projetées sur le vaste mur en pierre de fond de scène sont justement bienvenues, sans compter la musique d'introduction électro de Thylacine qui irradie le tout…       <br />
              <br />
       Tout est taillé au cordeau, tant dans le jeu des huit comédiens et comédiennes que dans la scénographie sobre, mais suffisamment efficace pour rappeler que même 400 ans après son écriture, <span style="font-style:italic">&quot;la pièce est toujours à l'image du monde d'aujourd'hui : une pièce qui illumine ma vie de comédien et de metteur en scène. L'histoire de cet homme qui recherche sa vérité dans un monde perverti et hypocrite. Pour Molière, le constat est amer : la bonté et l'amour ne sauveront jamais le monde et la vérité encore moins…&quot;,</span> Thomas Le Douarec.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77961871-56623033.jpg?v=1706018741" alt=""Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" title=""Le Misanthrope" ou une revisite contemporaine époustouflante de justesse" />
     </div>
     <div>
      Vu sous cet angle particulier, on peut se demander qui est finalement le plus misanthrope ! Molière lui-même ? Alceste ? Ou finalement un peu chacun et chacun d'entre nous qui, tout compte fait, sommes un peu toujours des Don Quichotte, nous battant contre des moulins à vent en œuvrant le mieux possible dans nos petites vies afin de trouver notre juste place dans la société ? Ou cherchant à la fuir sans y parvenir tout à fait… Le débat autour de cette pièce restera longtemps ouvert tant que des metteurs en scène, à l'image de Thomas Le Douarec, oseront s'y coller. Pour le plus grand bien de tous !       <br />
              <br />
       Les choix scénographiques de ce metteur en scène prolixe (qui a déjà à son actif plus d'une cinquantaine de productions) n'occultent en rien le texte du célèbre dramaturge. Bien au contraire. Encore une fois, ils subliment avec justesse le texte en alexandrins qui est porté haut et fort par les comédiens et les comédiennes, sans excès ni volonté ostentatoire d'être dit juste pour être dit !       <br />
              <br />
       Les décors nous plongent d'emblée dans une réalité contemporaine affichée : deux fauteuils en PVC transparents, une guitare électrique, une rangée de néons fluorescents pointés vers le ciel, des seaux à champagne remplis de bouteilles. Ceux-ci embrassent une action scénique ponctuée de deux morceaux de musique à la guitare électrique juste à leur place, d'entrées et de sorties rigoureuses et flamboyantes des comédiens et comédiennes, tous très beaux et très belles à plusieurs égards…       <br />
              <br />
       Jean-Charles Chagachbanian et Jeanne Pajon, interprétant respectivement les rôles d'Alceste et de Célimène, gardent tout au long de la représentation une ampleur virevoltante et fine dans leurs interprétations. Philippe Maymat dans le rôle de Philinte (qui scelle avec bonheur, à l'occasion de cette pièce, ses retrouvailles avec Thomas Le Douarec) parvient par son jeu et à son charisme à tempérer les excès d'Alceste.       <br />
              <br />
       Cette nouvelle mise en scène de Thomas est un délice. <span style="font-style:italic">&quot;Je souhaite que le spectateur soit ébranlé par ce qu'il a vu : une vision sans compromis de notre époque contemporaine&quot;,</span> Thomas Le Douarec.       <br />
              <br />
       Nous l'avons été à nouveau, quant à nous, conquise, en ce samedi janvier où, fidèle à lui-même face à l'enthousiasme du public conquis, Thomas Le Douarec a pris la parole lors des applaudissements et a salué chaque comédien et chaque comédienne de façon un peu nostalgique… Pourquoi cette tradition au théâtre a-t-elle disparu ?       <br />
       Chapeau bas, Thomas ! Et merci ! Merci !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Misanthrope"</b></div>
     <div>
      &quot;Le Misanthrope&quot;       <br />
       Texte : Molière.       <br />
       Adaptation, mise en scène : Thomas Le Douarec.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Caroline Devismes et Virginie Dewees.       <br />
       Avec : Jean-Charles Ghagachbanian, Philippe Maymat ou Emmanuel Rehbinder, Thomas Le Douarec, Jeanne Pajon, Justine Vultaggio, Rémi Johnsen, Valérian Béhar-Bonnet et Caroline Devismes.       <br />
       Lumières : Stéphane Balny.       <br />
       Costumes : Marlotte.       <br />
       Musique : Valérian Béhar-Bonnet.       <br />
       Décors : David Lionne et Jérôme Lebertre.       <br />
       Par la Compagnie Thomas Le Douarec.       <br />
       Durée : 1 h 55.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 janvier au 4 février 2024.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, samedi et dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Epée de Bois, Salle en pierre, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e,        <br />
       01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/un-spectacle/le-misanthrope/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77961871-56622991.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Misanthrope-ou-une-revisite-contemporaine-epoustouflante-de-justesse_a3796.html</link>
  </item>

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   <title>"Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine un peu cruelle mais résolument jouissive</title>
   <pubDate>Mon, 09 Jan 2023 17:26:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il était une fois une bûche qu'un brave menuisier en désir d'enfant transforma en pantin de bois. Sauf qu'ici nous ne sommes pas dans le monde merveilleux et sirupeux de Disney et Pinocchio, puisque c'est de lui dont il s'agit, tue d'emblée et sans précaution le grillon moralisateur et perturbateur de conscience ; et se tire illico de chez son créateur pour voir si la vie de Patachon n'est pas ailleurs et pour se soustraire à ses devoirs d'écolier.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70018667-48879804.jpg?v=1602490145" alt=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine un peu cruelle mais résolument jouissive" title=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine un peu cruelle mais résolument jouissive" />
     </div>
     <div>
      Après nous avoir surpris, régalé et enthousiasmé avec &quot;Don Quichotte&quot; en 2016 (créé au château de Grignan dans le cadre des Fêtes Nocturnes) et en 2018/2019 avec &quot;Hamlet&quot; (créé au Théâtre de Châtillon et ayant connu un grand succès au Off Avignon 2019), la Compagnie des Dramaticules et son directeur artistique, Jérémie Le Louët, sont de retour avec cette nouvelle création où un pantin de bois désobéissant rêve de devenir &quot;un petit garçon comme il faut&quot;. Mais avant d'accéder à cet état de petit d'homme &quot;sage&quot;, cette tête de bois égoïste et cruelle se confrontera avec une implacable constance à un monde impitoyable où toutes ses failles, ses frustrations, ses défauts, ses désirs fantasmés et ses rêves illusoires de liberté idéale seront mis à rude épreuve.       <br />
              <br />
       Pinocchio est une fable aventureuse qui est à la fois un condensé sombre réunissant tous les contes et leurs parcours d'initiation devant mener l'enfant à l'âge adulte et une synthèse de ceux-ci en y concentrant la complexité de leurs étonnantes noirceurs - souvent occultée dans certaines fables, et Disney n'a pas fait que du bien dans ce domaine, par quelques facilités fantasmagoriques -, une forme d'émanation d'énergie négative constructive, mais menant toujours à un final libérateur, comme l'acquisition d'une maturité obligatoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70018667-48879805.jpg?v=1602490174" alt=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine un peu cruelle mais résolument jouissive" title=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine un peu cruelle mais résolument jouissive" />
     </div>
     <div>
      Dans sa mise en scène et dans son jeu (Jérémie Le Louët interprétant lui-même le personnage de Pinocchio), celui-ci associe avec beaucoup de subtilité et d'intelligence la noirceur du &quot;héros&quot; de Collodi, son impertinence, sa rébellion juvénile à l'enthousiasme jovial, à la détermination volontaire du quêteur parcourant son chemin initiatique. Devenir un véritable enfant est un lourd, long et pénible labeur. Jérémie excelle dans ce rôle confit d'impertinence où il jubile dans l'exécution de ses actes négatifs.       <br />
              <br />
       Le reste de la distribution n'est pas en reste puisque cinq acteurs prennent en charge la ribambelle de personnages présents au générique du roman de Collodi. Ceux-ci ont à leur disposition, pour assurer leurs travestissements, nombre de costumes variés, chamarrés ainsi que des accessoires tout aussi colorés et nourris d'imaginaire. Ils apportent énergie et dynamisme, vivacité et malice à chacun des rôles, avec un plaisir de jouer évident, communicatif, emportant à chaque instant l'adhésion de la salle, enfant ou adulte.       <br />
              <br />
       Jérémie Le Louët use de tous les artifices que lui offre la machinerie théâtrale, dans une forme foraine et colorée, une des marques de fabrique de son approche scénique, et de sa capacité adaptative aux multiples univers théâtraux en les signant toujours de ses propres représentations imaginaires bigarrées… Ici très bien accordé à l'imagerie &quot;Pinocchio&quot;, collant aux souvenirs de notre enfance qui furent faits de jouets en bois, de livres s'ouvrant en décors fabuleux, de castelets où jaillissaient Guignol, Gnafron et autres marionnettes aux allures de commedia dell'arte.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70018667-48879806.jpg?v=1602490203" alt=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine un peu cruelle mais résolument jouissive" title=""Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine un peu cruelle mais résolument jouissive" />
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      Dans cette féérie foraine maîtrisée, l'action se déploie en une multitude de séquences imagées : mer, campagne, forêt, petit théâtre de marionnettes, ventre d'un squale, etc. Celles-ci se succèdent avec vélocité, dans une jubilation et une espièglerie permanentes. Jérémie et son équipe proposent un spectacle singulier et imaginatif avec une grande variété de techniques utilisées.       <br />
              <br />
       Placée sous le signe des arts forains, multicolores et richement dessinés, apparaissent devant nos yeux émerveillés de nombreux éléments scénographiques : décors sur roulettes en 2 D, toiles peintes, portants et malles de costumes à portée de main. Mais aussi en fond de scène un écran pour des projections vidéo (paysages, effets miroir). Tout est réalisé à vue mais sans trahir la magie de la représentation, grâce notamment à des transitions très rapides.       <br />
              <br />
       Jérémie Le Louët retrouve avec cette création ses thèmes de prédilection favoris que sont, la quête d'identité, la transgression, le rapport à la loi, le libre-arbitre, le désir, l'éducation formatée, nous offrant une nouvelle fois son art conceptuel de l'imaginaire, son insolence du rêveur épris de liberté et une expression théâtrale affranchie de tout formatage !       <br />
              <br />
       <b>Vu en octobre 2020 au Théâtre de Châtillon (92).</b>
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     <div><b>"Pinocchio"</b></div>
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      Féérie d'après &quot;Les Aventures de Pinocchio (Le avventure di Pinocchio)&quot; écrit en 1881 par le journaliste et écrivain italien Carlo Collodi.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Jérémie Le Louët.       <br />
       Avec : Pierre-Antoine Billon, Julien Buchy, Anthony Courret, Jonathan Frajenberg, Jérémie Le Louët, Dominique Massat.       <br />
       Scénographie : Blandine Vieillot.       <br />
       Costumes : Barbara Gassier, assistée de Noémie Reymond.       <br />
       Stagiaire costumes : Marion Thomasson.       <br />
       Vidéo : Jérémie Le Louët.       <br />
       Lumière : Thomas Chrétien.       <br />
       Son : Thomas Sanlaville.       <br />
       Construction décor : Guéwen Maigner.       <br />
       Factrice de marionnette : Manon Dublanc.       <br />
       Regard extérieur : Noémie Guedj.       <br />
       Régie : Thomas Chrétien et Théo Pombet.       <br />
       Production La Compagnie des Dramaticules.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
       À partir de 8 ans.
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      <span class="fluo_jaune">Du 26 au 28 janvier 2023 :</span> Les Passerelles, Pontault-Combault (77).       <br />
       2 février 2023 : Théâtre Guy Sabatier - Maison des Arts et Loisirs, Laon (02).       <br />
       7 mars 2023 : Le Théâtre - Scène conventionnée d’intérêt national art et création, Chartres (28).
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   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Pinocchio-Les-aventures-d-un-pantin-de-bois-en-version-feerie-foraine-un-peu-cruelle-mais-resolument-jouissive_a3486.html</link>
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