<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-10T19:17:50+01:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-10633794</guid>
   <title>"Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes</title>
   <pubDate>Tue, 22 Nov 2016 09:26:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les artistes en résidence à l'Académie de l'Opéra de Paris ont choisi, pour cinq représentations, un opéra trop rare de Benjamin Britten, le superbe "Owen Wingrave", jusqu'au 28 novembre 2016. Une nouvelle production chambriste et percutante qui exalte le génie du compositeur britannique et, grâce à l'orchestre, ses mystères ambigus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10633794-17506406.jpg?v=1479812430" alt=""Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes" title=""Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes" />
     </div>
     <div>
      Avant-dernier opéra du plus grand compositeur anglais du XXe siècle, &quot;Owen Wingrave&quot; est une commande de la BBC, un opéra (le premier du genre) conçu pour la télévision et qui sera diffusé en eurovision à partir du 16 mai 1971 en Europe. Sur un livret de Myfanwy Piper, tiré d'une nouvelle d'Henry James parue à la fin du XIXe siècle - qu'il a lue dans les années cinquante - Britten (qui mourra cinq ans plus tard) règle ses comptes avec son passé et tresse les motifs de ses obsessions de toujours.       <br />
              <br />
       Avec Henry James, dont l'œuvre est aussi à l'origine de &quot;The Turn of Screw&quot;, Britten partage le goût des relations ambiguës, des non-dits et des interstices des psychés et des demeures propices aux événements les plus troublants, basculant dans le fantastique. Il met souvent en scène dans ses opéras l'innocence bafouée par les hommes (&quot;Billy Budd&quot; d'après Melville, 1951) et la confrontation tragique d'individus face à la société, celle des traditions absurdes, des intolérances et de la violence toujours prête à blesser, derrière les mirages de la sociabilité (&quot;Peter Grimes&quot;, 1945). Le fils révolté qu'est Owen Wingrave est de ceux-là.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10633794-17508164.jpg?v=1479812677" alt=""Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes" title=""Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes" />
     </div>
     <div>
      Owen, &quot;le dernier des Wingrave&quot;, refuse de perpétuer la tradition militaire familiale en annonçant, dès l'ouverture, sa volonté de ne pas devenir un de ces officiers qui emmènent ses hommes à la boucherie. Véritable &quot;soldat&quot; du pacifisme, il brisera le cercle fatal d'un destin tout tracé, au prix de la haine de sa famille, de sa fiancée Kate et de l'incompréhension de tous, par un sacrifice final énigmatique dans la chambre hantée de la demeure paternelle – où, par le passé, un de ses ancêtres avait tué son fils qui refusait de se battre.       <br />
              <br />
       Une histoire de rébellion actualisée dans une mise en scène, qui nous fait signe, par Tom Creed, un artiste irlandais*, avec un mur barrant la scène faisant référence à tous les murs construits ou à construire de notre époque, pour faire frontière. Si le choix de recentrer le propos sur l'éloge du pacifisme, à l'époque des faucons néo-conservateurs de tous poils, est pertinent (Britten partit d'ailleurs aux USA en 1939 comme objecteur de conscience), la relation peut-être trouble qu'entretient le directeur de l'école militaire, Spencer Coyle, avec le jeune, beau et brillant Owen Wingrave est écartée dans cette proposition.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10633794-17508224.jpg?v=1479812703" alt=""Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes" title=""Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes" />
     </div>
     <div>
      Tom Creed résout brillamment la difficulté que pose l'œuvre conçue pour l'écran - que Britten voulait telle une succession de monologues ou de dialogues, montrant les réactions de chacun des membres de la communauté. Il utilise tout l'espace de l'amphithéâtre de Bastille (escaliers, accès, galerie y compris) et choisit d'isoler chacun des protagonistes par un trait de lumière aux moments idoines. Le père d'Owen est mort à Kandahar. Soit. Le jeune homme, quant à lui, abandonne l'académie militaire et sera déshérité par son grand-père, un de ces oiseaux de proie impitoyables qui ont envahi la scène. Une histoire de fantômes aussi, que soulignent les ombres inquiétantes de la vidéo.       <br />
              <br />
       Les cordes de l'Académie de l'Opéra de Paris, avec l'Orchestre-Atelier Ostinato, quinze musiciens dirigés par Stephen Higgins, déploient un beau tissu sonore riche des multiples et subtils climats qui se succèdent dans l'œuvre. Un tissu ici ramené à la trame, qui fait entendre quasi analytiquement une partition (ici) contemporaine, mais fidèle à son esprit. Une vraie plongée dans les mystères de l'inconscient (réduite dans la mise en scène à l’utilisation d’une scène <span style="font-style:italic">&quot;ténébriste&quot;</span>) avec le rôle extraordinaire dévolu aux percussions (dont le gamelan balinais), le langage parfois dodécaphonique ou tonal, les références à l'écriture de Purcell. Ce refus du spectaculaire voulu par Britten n'empêche pas un lyrisme pathétique et introspectif, qui culmine avec les interventions du Chanteur de rue (ou Narrateur) et l'aria d'Owen à l'acte II : <span style="font-style:italic">&quot;Dans la paix, j'ai trouvé mon image, je me suis trouvé moi-même&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10633794-17508229.jpg?v=1479812736" alt=""Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes" title=""Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes" />
     </div>
     <div>
      Le baryton polonais Piotr Kumon (qui faisait annoncer au début du spectacle une laryngite) est un Owen juvénile, déchirant mais déterminé. Les sept autres chanteurs choisis impressionnent aussi : citons la Miss Wingrave (à la voix parfois un peu stridente) d'Elisabeth Moussous, Le Coyle de Mikhail Timoshenko, le Lechmere de Jean-François Marras et l'irradiante Kate de Farrah El Dibany. On ne saurait rater cet opéra donné trop rarement, et défendu par une si belle équipe.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Le spectacle est coproduit avec l'Irish Youth Opera.</span>       <br />
              <br />
       Prochaines soirées : <span class="fluo_jaune">22, 24, 26 et 28 novembre 2016 à 20 h.</span>       <br />
       Opéra Bastille, Amphithéâtre, place de la Bastille, Paris 12e.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/saison-16-17/opera" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Owen Wingrave&quot; (1971).</b>       <br />
       Opéra en deux actes.       <br />
       Musique de Benjamin Britten (1913 - 1976).       <br />
       Livret de Myfanwy Piper.       <br />
       En anglais, surtitré en français.       <br />
       Durée : 2 h avec un entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10633794-17508402.jpg?v=1479813794" alt=""Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes" title=""Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes" />
     </div>
     <div>
      Stephen Higgins, direction musicale.       <br />
       Tom Creed, mise en scène.       <br />
       Aedin Cosgrove, scénographie et lumières.       <br />
       Catherine Fay, costumes.       <br />
       Eoghan Carrick, dramaturgie.       <br />
       Jules van Hulst, Wieger Stennhuis, vidéo.       <br />
              <br />
       Piotr Kumon, Owen Wingrave.       <br />
       Mikhail Timoshenko, Spencer Coyle.       <br />
       Jean-François Marras, Lechmere.       <br />
       Elisabeth Moussous, Miss Wingrave.       <br />
       Sofija Petrovic, Mrs Coyle.       <br />
       Laure Poissonnier, Mrs Julian.       <br />
       Farrah El Dibany, Kate Julian.       <br />
       Juan de Dios Mateos Segura, Général Sir Philip Wingrave, Le Narrateur.        <br />
              <br />
       Musiciens en résidence à l'Académie : Jeanne Bonnet, Marc Desjardins, Annabelle Gouache, Gerard McFadden, Marion Stienne, Hanna Zribi, Ben-San Lau, Yoann Héreau.       <br />
       Orchestre-Atelier Ostinato.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10633794-17506406.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Owen-Wingrave-a-Bastille-l-adieu-aux-armes_a1709.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-9023942</guid>
   <title>Mariage de raison entre le Festival d'Aix-en-Provence et le Beijing Music Festival</title>
   <pubDate>Mon, 29 Feb 2016 09:01:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Alors que Bernard Foccroulle entame son avant-dernière saison comme directeur général du Festival d'Aix, il vient de conclure avec le festival de Pékin un accord de collaboration de cinq ans. En patron avisé, il contribue ainsi au développement d'un des plus réputés festivals lyriques au monde avec ce mariage qui jette un pont entre cultures occidentale et orientale.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9023942-14331248.jpg?v=1456596493" alt="Mariage de raison entre le Festival d'Aix-en-Provence et le Beijing Music Festival" title="Mariage de raison entre le Festival d'Aix-en-Provence et le Beijing Music Festival" />
     </div>
     <div>
      Cet accord avec le Beijing Music Festival, un des plus importants de l'Empire du Milieu, débutera en octobre 2016 avec la présentation, au Poly Theatre de Pékin, de la fameuse production aixoise de Robert Carsen du &quot;Songe d'une nuit d'été&quot; de Benjamin Britten. Totalement enthousiasmant, ce spectacle est régulièrement repris dans le monde (dont Aix l'an dernier) depuis sa création.        <br />
              <br />
       L'autre grande réussite en 2012 du Festival d'Aix, sous le mandat de Bernard Foccroulle, le &quot;Written on Skin&quot; de George Benjamin, mis en scène par Katie Mitchell, sera programmé en 2017 pour les vingt ans du festival chinois. Les chefs Steuart Bedford (pour le Britten) et Franck Ollu (pour le Benjamin) seront à la tête du China Philharmonic Orchestra à Pékin.       <br />
              <br />
       Le Beijing Music Festival, dirigé par le chef Long Yu <span style="font-style:italic">(1)</span> depuis sa création en 1998, reprendra également en 2018 la très prometteuse production du &quot;Pelléas et Mélisande&quot; de Debussy que l'anglaise Katie Mitchell propose cette année à Aix. Ce sera sans doute une première en Chine pour le drame créé à l'Opéra Comique en 1902 à Paris. Partageant valeurs et objectifs communs, les deux festivals s'allient donc en vue de favoriser de nombreux échanges dans divers domaines. Deux commandes d'œuvres sont d'ores et déjà prévues à l'horizon 2019-2020 - dont une à un compositeur chinois.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9023942-14337969.jpg?v=1456733285" alt="Mariage de raison entre le Festival d'Aix-en-Provence et le Beijing Music Festival" title="Mariage de raison entre le Festival d'Aix-en-Provence et le Beijing Music Festival" />
     </div>
     <div>
      Rappelons que l'édition 2016 du plus emblématique festival d'art lyrique français met à l'affiche cinq nouvelles productions sur six opéras et oratorios. Outre le &quot;Pelléas&quot;, dirigé par Esa-Pekka Salonen avec Stéphane Degout et Barbara Hannigan, sont prévus un nouveau Mozart revisité par le cinéaste Christophe Honoré (&quot;Cosi fan tutte&quot;) et un &quot;Oedipus Rex&quot; d'Igor Stravinsky vu par le grand Peter Sellars <span style="font-style:italic">(2)</span>.       <br />
              <br />
       Plus rares, des œuvres de Haendel (&quot;Il Trionfo del Tempo e del Disinganno&quot;, sorte de psychomachie opératique avec Sabine Devielhe et Franco Fagioli)) et de Jean-Philippe Rameau (&quot;Zoroastre&quot;, dirigé par Raphaël Pichon à la tête de son Ensemble Pygmalion) seront proposées à la curiosité du public. Sans oublier une création mondiale, &quot;Kalîla wa Dimna&quot; de Moneim Adwan (chanté en arabe et parlé en français), qui réunira heureusement en ces temps troublés les deux bords de la Méditerranée.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Le chef Yong Lu, formé au conservatoire de Shanghaï et à la Hochschule der Kunst de Berlin, est directeur musical du China Philharmonic Orchestra et du Guangzhou Symphony Orchestra.        <br />
       (2) À l'oratorio co-écrit avec Jean Cocteau seront adjoints des extraits de &quot;Antigone&quot; de Sophocle et la &quot;Symphonie des Psaumes&quot; du compositeur russe.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Festival d'Aix-en-Provence </b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 30 juin au 19 juillet 2016.</span>       <br />
       Palais de l'Ancien Archevêché, Aix-en-Provence (13).       <br />
       Renseignements : 08 20 922 923 (12 cts €/min) dès le 5 janvier 2016.       <br />
       <a class="link" href="http://festival-aix.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; festival-aix.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/9023942-14331248.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Mariage-de-raison-entre-le-Festival-d-Aix-en-Provence-et-le-Beijing-Music-Festival_a1556.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-6238778</guid>
   <title>"The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice</title>
   <pubDate>Fri, 17 Jan 2014 09:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L’Athénée reprend une mise en scène de Stephen Taylor (de 2007) du "Viol de Lucrèce", l’opéra de Benjamin Britten, avec une distribution renouvelée. C’est l’occasion de retrouver les brillants solistes de l’Atelier Lyrique accompagnés de l’ensemble Le Balcon jusqu’au 19 janvier 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6238778-9321905.jpg?v=1389948962" alt=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" title=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" />
     </div>
     <div>
      Miracle du chant et de l’opéra. Que se passe-t-il en nous quand soudain un chanteur (ici une chanteuse : la superbe Lucretia du mezzo soprano polonais Agata Schmidt) nous émeut jusqu’aux larmes par son interprétation ? D’autres beaux moments transcendent la partition d’un opéra assez difficile où on passe volontiers, en des états divers, de l’ennui au complet bouleversement.        <br />
              <br />
       L’argument est bien connu : le viol de Lucrèce raconté par Tite-Live dans son &quot;Histoire romaine&quot;. Cet événement fondateur pour l’avènement de la république romaine est au centre de la pièce d’André Obey en 1931. Celle-ci est le point de départ du livret de Ronald Duncan. Ce sera le premier &quot;opéra de chambre&quot; de Benjamin Britten qui deviendra le plus grand compositeur anglais du XXe siècle (presque malgré lui : en tant qu’homosexuel, il est un criminel alors au regard de la loi). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6238778-9321953.jpg?v=1389948962" alt=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" title=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" />
     </div>
     <div>
      Créé en 1946 sur fond de ruines de la seconde guerre mondiale pour la réouverture du Festival de Glyndebourne, l’opéra se signale par son épure tant par les moyens modestes qu’il nécessite (huit chanteurs, treize à quinze musiciens) que par son langage musical très personnel (et encore tonal). Après les charniers et autres horreurs perpétrées en Europe, l’austérité d’une musique au lyrisme sévère souvent contenu s’impose à Britten.        <br />
              <br />
       Une œuvre sans concession qui retrace en moins de deux heures, en une condensation dramatique remarquable (quand même), les circonstances de la profanation de l‘épouse fidèle de Collatinus par Sextus Tarquin. Une bête brutale et sensuelle qui va utiliser sa force et profiter de la solitude de Lucrèce. Depuis Shakespeare, on connaît l’issue de l’histoire : la chaste épouse violée se suicide. Le contexte historique de sa création par Britten en fait une allégorie pour tous les désastres : les guerres, les égoïsmes assassins, la domination éternelle de la force et la fragilité de l’amour vrai. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6238778-9321957.jpg?v=1389949170" alt=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" title=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" />
     </div>
     <div>
      L’originalité de cet opéra consiste surtout à proposer deux personnages chrétiens (et anachroniques au Ve siècle avant JC) comme chœurs : un rôle de soprano interprété lors de la première par une grande Andreea Soare et un ténor, le russe Oleksiy Palchykov, convaincant (mais son articulation de l’anglais est perfectible). Commentant et explicitant les actions et pensées des protagonistes, ils suggèrent la prééminence malgré tout de l’amour-charité sur l’amour-pulsions, d’Agapè (cette &quot;philia&quot; ou amour désintéressé des Anciens) sur un Éros mortifère.        <br />
              <br />
       Loin d’être un message lénifiant - comme il a été souvent dit - destiné à adoucir une histoire atroce, cette méditation chrétienne sur le sens du sacrifice de Lucretia est au cœur de l’œuvre. Dédicacée à son amant le ténor Peter Pears, créateur du rôle du chœur masculin, elle exprime aussi sans doute les plus profondes hantises du compositeur. Seul Agapè sauverait le monde et notre humanité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6238778-9321962.jpg?v=1389949172" alt=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" title=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Stephen Taylor rappelle les circonstances de la création de l’opéra. Ambiance RAF anglaise 1940 et vignettes façon &quot;Blake et Mortimer&quot; ne convainquent guère et nuisent à l’universalité du propos. Taylor veut-il signifier l’impuissance de la charité dans l’Histoire ? Peut-être. Heureusement les solistes de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris sont toujours excellents - et quelle chanteuse Agata Schmidt décidément ! L’ensemble Le Balcon en résidence à l’Athénée est de très bonne tenue grâce à son directeur Maxime Pascal. Une mention spéciale pour le pianiste Alphonse Cemin et la harpiste Clara Izambert qui ont, il est vrai, le beau rôle dans la partition.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Spectacle vu le 14 janvier 2014</span>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Jeudi 16, vendredi 17, samedi 18 janvier 2014 à 20 h. Dimanche 19 janvier à 16 h.</span>       <br />
       Athénée Théâtre Louis-Jouvet, 01 53 05 19 19.       <br />
       Square de l’Opéra Louis-Jouvet, Paris 9e.       <br />
       <a class="link" href="http://www.athenee-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; athenee-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6238778-9321969.jpg?v=1389949326" alt=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" title=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Le Viol de Lucrèce&quot;(1946).</b>       <br />
       Musique : Benjamin Britten.       <br />
       Livret : Ronald Duncan.       <br />
       En anglais surtitré en français.       <br />
       Durée : 2 h 20 avec entracte.       <br />
              <br />
       Direction musicale : Maxime Pascal.       <br />
       Mise en scène : Stephen Taylor.       <br />
       Scénographie : Laurent Peduzzi.       <br />
       Costumes : Nathalie Prats.       <br />
       Lumières : Christian Pinaud.       <br />
              <br />
       Ensemble Le Balcon.       <br />
       Les Solistes de l’Atelier Lyrique en alternance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6238778-9322021.jpg?v=1389949565" alt=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" title=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Les 16 et 18 janvier :</span>       <br />
       Agata Schmidt, Lucretia.       <br />
       Piotr Kumon, Tarquinius.       <br />
       Andriy Gnatiuk, Collatinus.       <br />
       Tiago Matos, Junius.       <br />
       Cornelia Oncioiu, Bianca.       <br />
       Armelle Khourdoïan, Lucia.       <br />
       Oleksiy Pachykov, le chœur masculin.       <br />
       Andreea Soare, le chœur féminin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6238778-9322036.jpg?v=1389949462" alt=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" title=""The Rape of Lucretia"... Une méditation chrétienne sur le sens du sacrifice" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Les 17 et 19 janvier :</span>       <br />
       Aude Extrémo, Lucretia.       <br />
       Vladimir Kapshuk, Tarquinius.       <br />
       Pietro Di Bianco, Collatinus.       <br />
       Damien Pass, Junius.       <br />
       Cornelia Oncioiu, Bianca.       <br />
       Olga Seliverstova, Lucia.       <br />
       Kevin Amiel, le chœur masculin.       <br />
       Élodie Hache, le chœur féminin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/6238778-9321905.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/The-Rape-of-Lucretia-Une-meditation-chretienne-sur-le-sens-du-sacrifice_a1044.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
