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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-12T15:37:40+01:00</dc:date>
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   <title>"La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun</title>
   <pubDate>Wed, 09 Oct 2024 19:01:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans un bar à matelots d'Amsterdam, le Mexico-City, un homme interpelle un autre homme. Une longue conversation s'initie entre eux. Jean-Baptiste Clamence, le narrateur, exerçant dans ce bar l'intriguant métier de juge-pénitent, fait lui-même les questions et les réponses face à son interlocuteur muet.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83385676-59711561.jpg?v=1728496528" alt=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" title=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" />
     </div>
     <div>
      Il commence alors à lever le voile sur son passé glorieux et sa vie d'avocat parisien. Une vie réussie et brillante, jusqu'au jour où il croise une jeune femme sur le pont Royal à Paris, et qu'elle se jette dans la Seine juste après son passage. Il ne fera rien pour tenter de la sauver. Dès lors, Clamence commence sa &quot;chute&quot; et finit par se remémorer les événements noirs de son passé.       <br />
              <br />
       Il en est ainsi à chaque fois que nous prévoyons d'assister à une adaptation d'une œuvre d'Albert Camus : un frémissement d'incertitude et la crainte bien tangible d'être déçue nous titillent systématiquement. Car nous portons l'auteur en question au pinacle, tout comme Jacques Galaud, l'enseignant-initiateur bien inspiré auprès du comédien auquel, il a proposé, un jour, cette adaptation.       <br />
              <br />
       Pas de raison particulière pour que, cette fois-ci, il en eût été autrement… D'autant plus qu'à nos yeux, ce roman de Camus recèle en lui bien des considérations qui nous sont propres depuis toujours : le moi, la conscience, le sens de la vie, l'absurdité de cette dernière, la solitude, la culpabilité. Entre autres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83385676-59711562.jpg?v=1728496570" alt=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" title=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" />
     </div>
     <div>
      Un autre point nous interpelle aussi : celui du processus créatif en lui-même. Par quelles forces créatrices particulières un comédien est-il poussé à s'approprier une œuvre de Camus ? Comment s'en empare-t-il sans en dénaturer sa veine essentielle, si fine et si philosophico-existentielle ? Songe-t-il, véritablement, à ce que Camus lui-même penserait de cette entreprise commune ?       <br />
       Autant de questions qui nous taraudent à chaque fois.       <br />
              <br />
       Cette fois-ci, c'est une adaptation de Jacques Galaud à laquelle nous avons assisté dimanche 29 septembre au Théâtre Essaïon à Pais, interprétée dans un seul-en-scène par le comédien Jean-Baptiste Artigas, également pianiste, chanteur, compositeur et diplômé de musicologie en spécialité jazz et en musiques actuelles.       <br />
              <br />
       Dès les premiers instants de la représentation, la magie opère, car entrer dans cette petite salle du Théâtre de l'Essaïon de Paris, aux murs en pierres blanches et aux allures d'une cave de Saint-Germain-des-Prés, pour le spectateur, c'est se sentir comme happé. On pense d'emblée à la grotte de Platon, propice à l'isolement et à la réflexion profonde. Cette dimension opère doublement ici, car il s'agit d'un seul-en-scène dont on sent que la confidence et l'introspection seront les maîtres d'œuvre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83385676-59711574.jpg?v=1728496591" alt=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" title=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" />
     </div>
     <div>
      Assis sur le plateau exigu, pieds nus dans des sandales de cuir (qui ne sont pas sans nous rappeler un certain dénuement presque monacal), une élégante chevalière à un doigt, le comédien attend que les spectateurs prennent place, et manipule de façon répétitive un yoyo, symbole, peut-être, de sa part d'enfance et d'innocence à jamais perdue. Ou de sa conscience en berne, ou mieux, en trop grande mouvance.       <br />
              <br />
       Puis la parole arrive et ne s'arrêtera pas, telle une logorrhée envoûtante, comme organiquement vitale pour le personnage, Jean-Baptiste Clamence, alias Jean-Baptiste Artigas.       <br />
              <br />
       Doit-on voir dans cette similitude des prénoms une raison intrinsèque à la création ? Peut-être ! Mais <span style="font-style:italic">&quot;c'est un peu court, jeune homme, on pourrait dire, Ô Dieu, bien des choses en somme&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Tenez, par exemple : que l'écriture de cette adaptation fut un long processus créatif, mouvant et bardé d'interrogations, notamment quant aux choix des passages de l'œuvre à conserver ou à retirer.       <br />
              <br />
       Ne jamais perdre l'attention du spectateur… Ou que cette création a répondu à un souhait de longue date pour le comédien : jouer un seul-en-scène. Ou encore, que la référence très probable au Jean-Baptiste, le prophète de la Bible, n'est pas loin, et que Camus y a, bien entendu, pensé !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83385676-59711596.jpg?v=1728496653" alt=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" title=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" />
     </div>
     <div>
      &quot;Vox clamentis in deserto&quot;. Crier dans le désert, parler à un inconnu ou à soi-même, convoquer sa conscience, armé du fameux miroir qui instaure la mise en abyme de celui ou celle qui s'y contemple ! Voilà ce que font les Jean-Baptiste ici, en scène.       <br />
              <br />
       Le texte de Camus est dense, très dense, comme envoûtant, mais Jean-Baptiste Artigas n'y faillit pas un seul instant, bien au contraire, tant son talent d'interprète nous fait brillamment entendre le texte, lui donnant corps jusqu'à le magnifier, à de nombreux moments.       <br />
              <br />
       Les trois passages au piano interprétés par le comédien lui-même, et constituant de ce fait cinq parties distinctes à la représentation, apportent incontestablement un supplément d'âme à l'écriture de Camus, mais aussi à l'atmosphère du Zeedijk, ce bar du nord, bien loin du sud où se déroulent la plupart des autres romans de Camus. Les notes de Thelonious Monk, de Duke Ellington, de Fats Waller, ou encore de Prévert et Kosma irradient bien joliment cette chute à laquelle nous assistons.       <br />
       C'est beau. Tout simplement.       <br />
              <br />
       Les passages du suicide de la jeune femme ou encore celui des &quot;crachats&quot; sont interprétés de façon virtuose par Jean-Baptiste Artigas, et sont dignes du jeu des plus grands comédiens en vie, ou disparus.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83385676-59711602.jpg?v=1728496690" alt=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" title=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" />
     </div>
     <div>
      Le personnage clame à un moment que <span style="font-style:italic">&quot;nous sommes à peu près en toutes choses&quot;.</span> Probablement, en effet. En revanche, Jean-Baptiste Artigas ne l'est pas, &quot;à peu près&quot;. C'est la prestation d'un comédien, tout entier à son jeu, d'une force organique hors du commun, qui entre à la fin comme dans une dimension presque christique. Les lumières de Caroline Calen associées à la dramaturgie de Sophie Nicolas y participent très largement.       <br />
              <br />
       Si jamais vous êtes passés à côté de ce remarquable roman d'Albert Camus, quelles qu'en soient les raisons, ne ratez pas en revanche ce seul en scène virtuose d'une qualité d'interprétation sans failles aucune.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Chute"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83385676-59711735.jpg?v=1728497450" alt=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" title=""La Chute" Une adaptation réussie portée par un jeu d'une force organique hors du commun" />
     </div>
     <div>
      D'après l'œuvre d'Albert Camus.       <br />
       Adaptation : Jacques Galaup.       <br />
       Mise en scène : Jean-Baptiste Artigas.       <br />
       Avec : Jean-Baptiste Artigas.       <br />
       Collaboration artistique : Guillaume Destrem.       <br />
       Dramaturgie : Sophie Nicollas.       <br />
       Lumières : Caroline Calen.       <br />
       Production La Belle Équipe.       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       Du 1ᵉʳ septembre 2024 au 6 janvier 2025.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 avril au 24 mai 2025.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi, samedi à 21 h.       <br />
       Relâche : 10 et 16 mai 2025.       <br />
       Théâtre Essaïon, Paris 4e, 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…</title>
   <pubDate>Tue, 11 Jun 2024 07:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour sa trente-deuxième édition, le Festival du Carré-Colonnes prend ses quartiers dans le cadre verdoyant du Parc Fongravey à Blanquefort. Durant quatre jours (les deux premiers étant consacrés au public scolaire) et après une inauguration circassienne de haut vol ("Clan Cabane" de la Cie La Contrebande), les festivaliers sont invités à découvrir des formes balayant un large spectre de la création. Toutes ces propositions se conjuguent pour faire entendre la petite musique festive des arts partagés en familles et groupes d'amis. Parmi les vingt-trois performances, quelques-unes vues au hasard de la déambulation…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58310307.jpg?v=1718045504" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"PSG4EVER"</strong></span> de la Cie du Terrain (de foot). Un one man show footballistique mettant en jeu les rapports d'une famille ordinaire avec l'équipe star parisienne rachetée par le Qatar en 2011. Au travers de la mémoire vive de ce supporter lambda, se rejouent (maillot et short enfilés) les heurs et malheurs de ce club mythique ayant brillé dans toutes les épreuves, sportives et autres… et se joue parallèlement leur impact sur un clan familial, soudé à la vie à la mort autour du destin de ses idoles, objets d'un culte inconditionnel. Quelques moments (Sócrates, le capitaine brésilien qui n'hésita pas à tacler la dictature militaire de son pays… mais a-t-il joué au PSG ? ) échappent aux attendus d'un récit qui s'essouffle trop vite, les passes – téléguidées à notre goût – manquant d'inventivité dramaturgique pour pouvoir susciter "for ever" la ferveur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58310308.jpg?v=1718045554" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Couleur bitume"</strong></span> de la Cie La tendresse du Gravier, la bien nommée tant sa performance théâtrale allie la douceur des sentiments à l'aspect rugueux d'une critique sans concession… Deux pauvres hères aux allures clownesques nous font partager de manière joyeusement colorée leurs anecdotes de vie passée à la rue… La rue, leur territoire peuplé d'inventions de survie où se laver, faire ses besoins, mobilise des trésors d'imagination… Ainsi abrités par un parapluie faisant office de toit et d'un caddy servant de carriole, drapés dans leurs costumes en haillons et accompagnés de leur fidèle chien monté sur roulettes, ils vont parcourir de manière immobile leur rêve le plus fou : Aller voir la mer !       <br />
              <br />
       Un "sur place" émaillé d'épisodes hauts en couleur composés de tubes entonnés gaiement et de sacs plastiques attachés les uns aux autres afin de créer une robe d'Ariel haute couture… Mais aussi un voyage statique traversé par des remarques (im)pertinentes sur l'accueil réservé aux SDF : <span style="font-style:italic">"Pour faire disparaître la misère, il suffit de ne pas la regarder… ou de la déplacer"</span> (commentaire résonnant avec l'actualité av. J-O annonçant le "nettoyage social" de l'Île-de-France). D'autres réflexions, empreintes, elles aussi, de bonne humeur clownesque, fusent comme des balles à blanc : <span style="font-style:italic">"Je remercie ma mère qui se battait pour l'avortement, alors qu'elle me portait"</span>, ou encore des jeux de rôle où le couple de déshérités s'amuse à singer les mimiques maniérées, le phrasé pointu et les réflexions hors sol des gens ordinaires.       <br />
              <br />
       Et puis, foin de la bêtise environnante, la colère rentrée de ces deux illuminés sans domicile finira par éclater au grand jour, libérant le trop-plein accumulé face à la superbe affichée par "le monde qui va bien". Emprunter les codes du grotesque clownesque pour, en déclenchant les rires, percuter sans en avoir l'air nos (bonnes) consciences de gens (bien) installés… tel est le ressort dramaturgique de cet éblouissant numéro d'artistes accomplis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58310443.jpg?v=1718045610" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Ce que les dieux nous ont laissé"</strong></span> du Collectif Kahraba propose une parenthèse enchantée… Celle où deux hommes, l'un jouant divinement de la flûte libanaise, l'autre dansant au rythme des notes suaves libérées par son complice, s'adonnent à une cérémonie envoûtante… Un hymne à l'apesanteur des corps et des âmes. Un éloge de la lenteur… Transportés loin de nous-mêmes dans un espace-temps animé par le seul bruit du vent ou de la mer, bercés par la douceur enivrante qui en émane, nous vivons une expérience sensible de nature à nous faire oublier – un instant – l'agitation du monde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58317613.jpg?v=1718097995" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les conférences de poche/Les mondes possibles"</strong></span> de la Cie Nokill. Un drôle de conférencier, Léo Lenclos, échappe à son nom pour libérer, de la manière la plus sérieuse qui soit (donc hilarante), ses visions du monde sous-tendues par des logiques implacables. Telle l'illusion de l'impossible générée par la célèbre lithographie "Relativité" de l'artiste néerlandais Escher, crayon à la main, le conférencier nous embarque dans des "dé-lires" du monde réel propres à faire vaciller notre raison biberonnée au cartésianisme réducteur de sens.       <br />
              <br />
       Construire des ponts entre mondes possibles et impossibles, réinterroger le concept de mensonge à la lumière de celui de vérité est pour le moins aussi déboussolant… qu'exaltant ! Sous nos yeux écarquillés, un empilement de traits donne ainsi naissance à la locomotive des frères Lumière déboulant en gare de La Ciotat sans pour autant effrayer les badauds (ça c'est du cinéma et ils le savaient les bougres de 1895 !), tout le reste étant une légende urbaine transformée en vérité consensuelle…       <br />
              <br />
       De même de la Guerre des mondes racontée en direct sur les ondes en 1938 par un certain Orson Welles à partir d'une adaptation du roman éponyme de l'écrivain H. G. Wells. Pour savourer en frissonnant ce canular génial, une suspension de l'incrédulité s'impose tout en sachant que ce que l'on entend n'est pas réel. Et ainsi de suite… À l'heure de l'IA fabriquant des vraies fake news, une immersion hilarante dans les dédales d'une logique apparemment absurde est plus que rafraichissante… pour ne pas dire salutaire !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58317630.jpg?v=1718098142" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Mirage (Un jour de fête)"</strong></span> de la Cie Dyptik. Huit danseurs (quatre hommes et quatre femmes) animés d'une énergie fulgurante vont au rythme de musiques, toutes autant débridées, occuper le centre de l'espace circulaire à la périphérie duquel se presse un public captif… et captivé. Adeptes d'un hip-hop acrobatique, les artistes de haut vol parcourent en 3D l'espace, utilisant les agrès comme des tremplins les soustrayant à la loi de la pesanteur. Quant aux musiques électroniques à fond la caisse, elles prennent corps au travers des soubresauts transperçant de part en part. Un moment super énergisant, tissé autour d'une narration extraite de l'univers festif. À recommander aux adeptes, sans modération aucune.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58317635.jpg?v=1718098182" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les Misérables"</strong></span> de la Cie Les Batteurs de Pavés. Brandissant à bout de bras deux épais volumes de la collection Folio regroupant l'intégrale de l'œuvre de Victor Hugo, l'un des acteurs de rue interpelle malicieusement le public massé à ses pieds… <span style="font-style:italic">"Tous les personnages sont là, mis à plat dans les pages. Au début on est deux, après…"</span>. Après, effectivement, au fur et à mesure du déroulement de l'action, des spectateurs judicieusement choisis sont invités à les rejoindre. Figurants d'un casting improvisé, ils viendront compléter avec grand bonheur la "distribution"…       <br />
              <br />
       L'épopée des "Misérables" prend ainsi corps de manière totalement débridée… Une adorable petite fille toute frêle deviendra l'affreux garde national, tirant le bras dressé devant elle sur les insurgés lors des barricades de juin 1832. Un motard en combinaison noire incarnera lui l'affreux inspecteur Javert disposant de deux seuls mots répétés à l'envi : <span style="font-style:italic">"Police ! Prison !"</span>. Le tout aussi affreux tenancier Thénardier grognera lui dès que son nom sera cité…       <br />
              <br />
       Ainsi incarné par des figurants en liesse et passé à la moulinette par les deux complices très en verve, le récit progresse jusqu'à l'épiphanie de son dénouement, voyant Jean Valjean rendre l'âme (qu'il a bonne) sous le regard empli de bonté filiale de Cosette et de Marius unis grâce à lui… Cette fin mélodramatique en diable nous étant délivrée par la lecture d'une spectatrice ayant récupéré au passage le folio du début… Une fête des sens, ludique et intelligente, dynamitant l'idée répandue par certains que la saga monumentale de près de mille cinq cent pages serait de nos jours indigeste… Les deux compères suisses nous ont fait la démonstration in vivo que ces misérables-là se fourrent le doigt dans l'œil jusqu'au coude…       <br />
              <br />
       <b>Vu samedi 1er juin 2024 lors du festival Échappée Belle, dans le Parc de Fongravey à Blanquefort (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58318678.jpg?v=1718105242" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"PSG4EVER"</strong></span>       <br />
       La Compagnie du Terrain - Île-de-France.       <br />
       Écriture et jeu : Julien Prevost.       <br />
       Co-mise en scène : Mathilde Carreau.       <br />
       Aide à l’écriture : Alexis Nys.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Couleur bitume"</strong></span>       <br />
       La Tendresse du Gravier - Nouvelle-Aquitaine (Blanquefort).       <br />
       De et avec : Eve Martin et Luc Auriol.       <br />
       Regard extérieur, écriture et mise en scène : Louis Grison, Cie L'Arbre à Vache.       <br />
       Création costumes : Anne Vergeron.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Ce que les dieux nous ont laissé"</strong></span>       <br />
       Le Collectif Kahraba - Liban.       <br />
       Conçu et interprété par Aurélien Zouki et Éric Deniaud.       <br />
       Durée : 15 minutes.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les conférences de poche/Les mondes possibles"</strong></span>       <br />
       Nokill - Occitanie.       <br />
       Auteur et interprète : Léon Lenclos       <br />
       Production NOKILL       <br />
       Créations : "Comment ça va", créée en octobre 2023 sur invitation du Trédunion (GEM de Gaillac) et de la ville de Gaillac dans le cadre des SISM ;       <br />
       "De ce qui provoque l’étonnement à ce que l’étonnement provoque", créée en septembre 2023 sur invitation des Scènes Croisées de Lozère ;       <br />
       "Le changement climatique", créée en mai 2024 sur invitation du PNR Millevaches.       <br />
       Durée : 20 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58319077.jpg?v=1718105303" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Mirage (Un jour de fête)"</strong></span>       <br />
       Compagnie Dyptik - Auvergne-Rhône-Alpes.       <br />
       Direction artistique et chorégraphie : Souhail Marchiche et Mehdi Meghari.       <br />
       Interprétation : Anabella Pirosanto, Alexandra Jezouin, Carla Munier, Yohann Daher, Charly Bouges, Camilla Melani, Konh Ming Xiong, Santiago Codon Gras.       <br />
       Création musicale : Patrick De Oliveira.       <br />
       Scénographie : Charles Boinot.       <br />
       Costumes et univers visuel : Julie Cherki.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les Misérables"</strong></span>       <br />
       Les Batteurs de Pavés - Suisse.       <br />
       D'après Victor Hugo.       <br />
       Conception et jeu : Emmanuel Moser et Laurent Lecoultre       <br />
       Production, administration : Julie Bloch.       <br />
       Graphisme : Alex-B.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Festival Échappée Belle</b>       <br />
       A eu lieu du 30 mai au 2 juin 2024 à Blanquefort Bordeaux Métropole (33).       <br />
       <a class="link" href="https://www.carrecolonnes.fr/festivals/programme.htm" target="_blank">>> carrecolonnes.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80880661-58317630.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Echappee-belle-Quand-une-scene-nationale-se-met-au-vert_a3939.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…</title>
   <pubDate>Mon, 05 Jun 2023 07:11:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Pitchouns]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   S'il est un domaine où l'imaginaire est roi, c'est bien celui du conte, chacun étant invité à s'emparer des propositions initiales pour inventer - comme on invente un trésor - ses propres découvertes. Julien Duval, riche d'une âme d'enfant frondeur, s'empare avec envie du conte de Perrault afin de lui redonner d'éclatantes couleurs contemporaines, l'architecture de l'ensemble restant la même, mais le rapport entre les personnages étant lui profondément remanié.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73285522-50997768.jpg?v=1685905482" alt=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" title=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" />
     </div>
     <div>
      Exit le personnage hautement repoussant de la brute sanguinaire du conte originel pour laisser place à une Barbe Bleue beaucoup plus humaine… Certes cette Barbe Bleue est toujours atteinte d'un trouble obsessionnel compulsif, un charmant TOC consistant à collectionner dans un placard secret ses anciennes épouses occises par ses soins… ce qui ne l'empêche aucunement d'être &quot;follement&quot; amoureuse de sa Belle… Et si l'épousée de fraîche date, son forfait de curiosité accompli, tremble d'effroi, elle est tout autant fortement éprise de son homme… Quant à l'environnement, il a lui aussi &quot;sérieusement&quot; subi un coup de jeune : ici, plus de fougueux destrier, mais un hélicoptère ou une Ferrari rutilante…       <br />
              <br />
       Dans un décor minimaliste tout de bleu tendu et aisément transportable dans les salles des fêtes ou de classes, les trois acteurs aux allures déjantées vont rejouer devant nous le drame de Charles Perrault paru à la fin du XVIIe siècle. Mais, comme depuis ces temps anciens beaucoup d'eau a coulé sous l'Arche du déluge des maux libéraux, les enjeux ont &quot;gagné&quot; en bling-bling… La Barbe Bleue a obtenu la timide jeune fille des voisins en exhibant sa Ferrari et, pourtant, l'instant d'après, miracle du coup de foudre, les deux créatures hautement dissemblables tombent dans les bras l'une de l'autre pour échanger un baiser d'anthologie. Comme quoi on peut se détester et s'aimer sans transition logique. Comme quoi, dans les contes, on peut aimer et trucider dans le même élan ludique sans avoir à y justifier la moindre légitimation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73285522-50997928.jpg?v=1685905515" alt=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" title=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" />
     </div>
     <div>
      Il faut dire - outre son ignoble barbe &quot;dégoûtante&quot;… qui le fait aimer d'autant plus - que cette Barbe Bleue est plutôt brave. Lorsqu'elle doit partir en voyage, ne confie-t-elle pas à sa bien-aimée les clefs donnant accès à ses fabuleuses richesses afin qu'elle puisse en jouir à sa guise ? Tout son trousseau, sauf la plus petite d'entre les clefs qui ne lui sera remise qu'après négociation et assortie d'une injonction catégorique : durant son absence la Belle ne devra l'utiliser sous aucun prétexte, sinon la colère de la Barbe Bleue sera terrrrrible !!! Et voilà le bonhomme de s'envoler dans les airs avec son hélicoptère personnel (là aussi, on ne prend pas en compte son empreinte carbone délétère : on est dans un conte !), laissant à l'usage de sa dulcinée sa Ferrari dernier cri.       <br />
              <br />
       Comme dans &quot;Les Ailes du désir&quot; de Wim Wenders, un ange gardien tombé des cintres et affublé de grandes ailes commentera en direct la situation, se demandant - nous demandant - ce que la Belle fera de sa liberté. Jouera-t-elle au train électrique avec sa fratrie ou ouvrira-t-elle la fameuse lourde porte en chêne de la bibliothèque ?  Invisible et inaudible pour la Belle, il commentera de manière savoureuse le désir de curiosité conduisant la Belle à commettre l'irréparable inscrit dans l'ADN du conte.       <br />
              <br />
       Tout se précipitera alors… Le retour joyeux de la Barbe Bleue, la découverte épineuse du pot aux roses, le châtiment incontournable comme manifestation du fatum latin, les jérémiades du bourreau victime de lui-même, la parodie des chants sacrés… et le commentaire dépité de l'ange - qui n'a décidément pas la langue dans sa poche - traitant d'imbécile celui qui a tué la seule femme qui l'aimait… et qu'il aimait… Mourant de chagrin, la Barbe Bleue, souffrant d'un atroce mal lui brûlant le crâne, ira jusqu'à retrouver les accents shakespeariens d'un Richard III  héroïque : <span style="font-style:italic">&quot;Mon palais pour une bassine d'eau… froide !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Et comme, c'est bien connu, <span style="font-style:italic">&quot;en amour tout s'arrange&quot;</span> (petit clin d'œil complice du comédien jouant la mère), contrairement aux <span style="font-style:italic">&quot;histoires d'amour qui finissent mal en général&quot;</span> chantées naguère par les Rita Mitsouko, le conte proposera un éclatant bouquet final de nature à redonner vie aux protagonistes de cette mythique histoire à tiroirs (et placard), lesquels, comme il se doit, seront appelés à vivre longtemps, longtemps, et… etc.       <br />
              <br />
       À l'image de ce happy end enjoué, le conte cruel revisité avec humour procure, au travers des fantaisies interprétatives des trois acteurs dont la bonne humeur irradie, un plaisir goûté par les plus jeunes, embarqués par les facéties en cascade, mais tout autant par les adultes, amusés par les références décalées.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 23 mai 2023, au Studio de création du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Barbe Bleue"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73285522-50998023.jpg?v=1685905542" alt=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" title=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean-Michel Rabeux.       <br />
       Mise en scène : Julien Duval, artiste compagnon.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Lucas Chemel, Carlos Martins.       <br />
       Avec : Julien Duval, Zoé Gauchet, Jonathan Harscoët.       <br />
       Production Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine.       <br />
       Tout âge à partir de 6 ans.       <br />
       Durée : 50 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73285522-50998046.jpg?v=1685905572" alt=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" title=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73285522-50997768.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Barbe-Bleue--version-remasterisee-ou-l-on-voit-la-bete-humaine-tomber-raide-amoureuse_a3595.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !</title>
   <pubDate>Tue, 27 Dec 2022 12:15:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Conte revisité par Marcos Morau dans lequel sont présentées, dans une scénographie moderne, une attente et une solitude de belles au bois dormant, seules, mais en groupe et sans prince charmant. D'un amour inexistant se détache des individualités qui cassent la figure pantomime d'un personnage passif et sans caractère qui finit par déployer une force et liberté enfin retrouvées.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69789594-48755353.jpg?v=1672141608" alt=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" title=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" />
     </div>
     <div>
      C'est un drame dansé qui se joue. Assises côte à côte, au nombre de quatorze, nos belles au bois dormant ont toutes les atours d'automates. Les regards sont vides, comme animés d'aucune vie. Aucun prince charmant dans les parages. Elles sont bien seules, même ensemble. Nous nous retrouvons comme devant une vitrine avec ses robots. La fable a perdu sa poésie. Du conte, il ne reste que des pantomimes. À dessein. Comme des objets de consommation en articles de foire présentés au public en attente. Mais de quoi ? Du prince ou d'une liberté à acquérir et qui viendra les quérir.       <br />
              <br />
       En groupe, serrées, les unes contre les autres, elles tournent leurs têtes vers la droite et vers la gauche, dans un mouvement quasi hypnotique. Des gestuelles, de même allure, gagnent tous nos protagonistes, femmes et hommes habillés en femmes. La belle au bois dormant a tous les sexes et pas de personnalité. Car c'est celle d'une pantomime avec des gestuelles hachées à dessein, comme portées par un influx électrique que l'on devine un moment quand l'une des interprètes ouvre une armoire électrique où apparaissent différents boutons actionnables. Elles sont comme des robots commandés à distance et qui souhaiteraient se libérer du joug d'un conte qui les emprisonne dans une position docile. Celle de l'attente d'un prince charmant trop bien peigné sans doute.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69789594-48755355.jpg?v=1672141641" alt=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" title=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" />
     </div>
     <div>
      Les interprètes ne se touchent pas, ne se regardent pas. Ensemble, mais séparés, comme si aucune solidarité entre eux n'existait. Différentes séquences s'enchaînent avec des déplacements, rapides ou lents, le long de la scène. Nos artistes semblent rouler sur les planches. Puis ce sont des lumières vives qui les baignent dans une atmosphère de modernité. Il y a de beaux tableaux avec des bouquets portés par eux dont un final avec une danseuse nue qui prend dans ses bras un vieillard, baignés par une lumière qui tombe sur eux comme le rideau.       <br />
              <br />
       La scénographie se dénude de ses éléments. On entend par deux fois une voix féminine qui ordonne, avec vivacité et politesse, de retirer un rideau. Les pantomimes deviennent humaines. Elles se dénudent et courent. Elles défilent côté jardin vers cour en démontant le décor. Les formes deviennent plus libres et moins hachées. Ce qui était mouvement saccadé devient course. Il y a aussi un mannequin, habillé comme nos protagonistes, jeté brutalement au-dessus des escaliers. Cette violence semble exorciser toute docilité passive, créant une rupture de jeu.       <br />
              <br />
       Les danses sont de groupe avec des mouvements en cœur ou légèrement décalés. Les gestiques sont très robotiques, nulle once d'humanité chez elles. Deux artistes s'en détachent à tour de rôle et créent un solo d'une énergie qui déborde d'automatisme avec des membres inférieurs et supérieurs qui se déhanchent largement et de façon rapide comme pris de soubresauts. Le corps est animé d'un trop-plein d'énergie, comme pris par un influx nerveux qui coulerait dans les veines de nos deux interprètes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69789594-48755446.jpg?v=1672141673" alt=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" title=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" />
     </div>
     <div>
      L'opéra monté par Marcos Morau montre, sous un aspect des plus modernes, une figure de la belle au bois dormant esseulée. Ce qui fait fable devient presque objet de consommation superbement interprété dans des mouvements au combien mécaniques, telles des marionnettes, devenues objets d'attention du public, portées par des chorégraphies qui montrent la dépossession d'un conte par la modernité d'un temps qui robotise et mécanise un personnage dont l'attente est sans fin et qui trouve sa liberté en s'en échappant. La fable est ainsi mise à l'envers. Nul mot, nulle réplique. Ce qui fait rapports et relations sont des gestes marqués d'automatisme, reflet d'un monde moderne où le mouvement ne s'arrête pas comme embarqué par un temps qui coure.        <br />
              <br />
       De nos caractères, il ne reste que leur silence, leur mutisme et leur attente. D'une position assise, elles se lèvent. De pantomimes, elles deviennent des êtres humains qui courent sur la scène dans une scénographie qu'elles font disparaitre, le démontant, arrachant les rideaux et déshabillant l'escalier. De ce qui faisait une somme d'individualités, nous découvrons enfin un groupe. D'objets quasi inanimés, elles courent à pleine jambe pour retrouver une liberté qu'elles se refusent à abandonner. L'opéra de Marcos Morau est très original et surprenant par son approche bousculant un conte pour le plonger dans l'actualité d'une époque qui fait émerger les voix plurielles du genre et de l'indépendance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La belle au bois dormant"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69789594-48755465.jpg?v=1672141760" alt=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" title=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie et mise en scène : Marcos Morau.       <br />
       Musique : Piotr Illitch Tchaïkovski, Juan Cristóbal Saavedra.       <br />
       Assistants chorégraphiques : Ariadna Montfort, Shay Partush, Marina Rodriguez.       <br />
       Avec : Marie Albert, Kristina Bentz, Caelyn Knight, Maeva Lassere, Yan Leiva, Albert Nikolli, Lore Pryszo, Raul Serrano Nuñez, Giacomo Todeschi, Paul Vezin, Merel Van Heeswijk, Katrien De Bakker, Anna Romanova, Noëllie Conjeaud, Edi Blloshmi.       <br />
       Scénographie : Max Glaenzel.       <br />
       Costumes : Silvia Delagneau.       <br />
       Dramaturgie : Roberto Fratini.       <br />
       Éclairagiste collaborateur lumière : Mathieu Cabanes.       <br />
       Conception sonore : Juan Cristóbal Saavedra.       <br />
       Directrice du Ballet : Julie Guibert.       <br />
       Maîtresse de Ballet Amandine : Roque De La Cruz.       <br />
       Régisseur du Ballet : Alexandre Mesta.       <br />
       Régie technique : Guillaume Ponroy.       <br />
       Régie son/vidéo : Jean-Pierre Barbier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69789594-48755466.jpg?v=1672141818" alt=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" title=""La belle au bois dormant" Hypnotique et pluriel !" />
     </div>
     <div>
      Régie lumière : Yohann Fourcade, Jeremy Stenou.       <br />
       Habilleuse : Valérie Spery.       <br />
       Production Opéra national de Lyon.       <br />
       Déconseillé aux moins de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       Le spectacle a eu lieu du 15 au 18 décembre 2022 à la Grande Halle de la Villette à Paris.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       6 et 7 avril 2023 : MC2, Grenoble (38).       <br />
       14 au 16 avril 2023 : Opéra de Reims, en coréalisation avec le Manège, Reims (51).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/69789594-48755353.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-belle-au-bois-dormant-Hypnotique-et-pluriel-_a3481.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-65361137</guid>
   <title>Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure</title>
   <pubDate>Tue, 14 Jun 2022 07:44:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour son trentième anniversaire, "L'échappée belle", initiée par la Scène nationale du Carré-Colonnes, (ré)invitait plus de vingt compagnies réunissant toutes les facettes des arts vivants. Du hip-hop à l'acrobatie, en passant par le théâtre, sans parler d'autres ovnis (objets volontairement non identifiés), c'est à un cartel de découvertes tous azimuts que le public intergénérationnel déambulant dans le parc arboré de Fontgravey était convié.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65361137-46653786.jpg?v=1655137864" alt="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" title="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" />
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      S'adressant aux plus jeunes (dès 4 ans) et aux moins jeunes réunis là dans le même esprit de partage - et ce n'est pas là un détail anodin quand on sait l'importance des découvertes précoces dans les addictions futures - le festival invite chacun à composer le menu de son choix. Parmi les vingt-deux propositions, cinq ont "occupé" notre temps de présence… ce qui est bien peu, et évidemment frustrant, au regard des autres spectacles à l'affiche.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Barbe Bleue assez bien raconté(e)"</strong></span> de la Compagnie Caus'Toujours, la bien nommée… Un conteur, Tristan Faucher, sachant fort bien compter sur son sens de l'humour digressif, embarque à sa suite petits et grands dans un "dé-lire" époustouflant du Conte de Perrault. Sont ainsi évoqués d'une voix d'ogre les terrrrrribles secrets -  mis au placard de l'Histoire - pour les entrelarder de remarques interprétatives à entendre comme des mises en abyme cocasses de l'univers du conteur. S'autorisant toute licence, en fin limier du théâtre de tréteaux dont il maîtrise tous les codes, il inclut le public dans une narration débridée allant jusqu'à l'émailler de références contemporaines (Marc Dutroux, Émile Louis ou autre Michel Fourniret, ne seraient, à l'aune du légendaire Barbe Bleue, que d'"innocents enfants de chœur"), références trashs volontairement "inaudibles" pour des oreilles enfantines…       <br />
              <br />
       Ayant recours à différents objets utilisés comme partenaires - tuyau pour le fouet de l'affreux barbu ou la longue-vue de "sœur Anne ne vois-tu rien venir", ou encore crécelle pour faire entendre les atroces grincements émis par l'ouverture et la fermeture (bis repetita) de la porte fatidique - il joue de tous les ressorts de la bouffonnerie pour séduire un public déjà conquis. De digression en digression, variant à merveille sa voix (voix rauque de l'ogre bleu et chevrotante du loup du chaperon rouge), superposant sciemment les contes, on chemine fatalement vers une chute… mortelle. Chacun y trouvant merveilleusement "son conte".
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65361137-46654232.jpg?v=1655137902" alt="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" title="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Essai Néoromantique"</strong></span> de la Compagnie 100 issues ouvrant délibérément la voie à des prouesses circassiennes… ayant, pour le moins que l'on puisse ressentir, "le vent en poupe". Armé d'un souffleur de feuilles brandi avec maestria, l'un des trois circassiens "sculpte" littéralement le corps de son alter ego, qui, sous l'effet apparent de l'air propulsé, se contorsionne au rythme du clavier d'un troisième comparse. Autour du mât chinois, les figures chorégraphiées s'enchainent, donnant lieu à des écritures aériennes.       <br />
              <br />
       Mais l'humour, chevillé au corps, n'est pas pour autant exempt de cette poésie en mouvement. Ainsi d'une ribambelle de rouleaux hygiéniques se dévidant au gré des notes musicales égrenées, pour venir royalement s'inviter au milieu du ballet. Et comme les histoires d'amour (en général) ne finissent pas toujours mal, dans un final pailleté de confettis de papier toilette, un slow unissant les comparses faisant corps avec leur mât - objet de leur désir - offre un dénouement des plus (néo)romantiques à cette histoire sans parole, mais non sans souffle.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65361137-46654369.jpg?v=1655138369" alt="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" title="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Deux secondes !"</strong></span> de la Compagnie du Petit Monsieur n'économisant pas sa peine - et notre plaisir - pour montrer, et démontrer aux vrais sceptiques que nous ne manquons pas d'être pour en avoir fait l'amère expérience, les vertus d'une invention technique ayant révolutionné l'art du camping : la toile montée et repliée (?) en deux petites secondes… Serré à l'étroit dans son costume de cadre aérodynamique, il va se livrer avec grand sérieux à une lutte à l'issue très improbable… du moins si l'on en croit les facéties délurées de l'objet bondissant et rebondissant à l'envi, pour tout dire rebelle à tout domptage humain.       <br />
              <br />
       La servitude volontaire n'est visiblement pas à son programme, elle qui n'éprouve aucune tentation de s'y soumettre, rendant caduques les efforts herculéens déployés par le Petit Monsieur n'ayant aucune prise sur cette volonté tentaculaire… Ainsi, cette lutte burlesque opposant une toile de tente (et même plusieurs quand lui vient la fantaisie de faire des petits) et un homo sapiens en costume ne pourra se résoudre sans l'intervention d'une jeune spectatrice zélée. Présentant "déplié" le mode d'emploi de ladite tente, elle sert d'assistante à l'Auguste qui, après moult efforts clownesques et la multiplication de l'objet de sa détresse, arrivera enfin… à ses fins. L'artiste s'étant plié en quatre, la tente en fera de même.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65361137-46654521.jpg?v=1655139816" alt="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" title="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Il y a quelque chose de pourri, variation hamlétique"</strong></span> de la Compagnie Elvis Alatac part à l'attaque (c'est inscrit dans son ADN) de "la pièce des pièces", la plus jouée et commentée du Grand Shakespeare… Et quelles sont donc, saperlipopette, ses armes pour affronter un tel défi ? Un castelet branlant et ses rideaux de velours d'un rouge passablement passé, sur le rebord duquel attendent d'entrer en scène une fourchette trident, une théière ventrue, un litron de rouge, une pelote de laine, une roulette à pizza, une fleur en plastique, et autres objets du même acabit promus pour l'occasion au grade de personnages de tragédie.       <br />
              <br />
       Sans oublier, pour compléter ce "Palais des miracles" - on est à la Cour du Roi ! - un(e) comparse faire-valoir assurant côté cour les bruitages musicaux et autres fioritures à base de fausse hémoglobine, aussi impassible que le personnage-titre débordera de commentaires "en tous sens". Le décor étant planté, après un prologue où Hamlet en personne - Prince de Danemark ! - accueille tout sourire le bon peuple en lui proposant un vestiaire (Y aurait-il une machination là-dessous ? N'est-il pas déjà en train de fomenter sa vengeance ?), la machinerie s'emballe…       <br />
              <br />
       Multipliant les assauts burlesques, Hamlet se  débat comme un beau diable, endossant tous les personnages via les objets susnommés, se heurtant bruyamment la tête à la dure réalité d'un surmoi impitoyable (voir les grondements du toit en tôle le surplombant), passant au fil de l'épée le litron (euh… le chambellan) avec forte effusion de plasma, pour parcourir à grands renforts de fantaisies clownesques les cinq actes d'une vengeance à jamais épique… Ainsi la folie (feinte) du personnage shakespearien trouve-t-elle là son réel objet théâtral. De même, en introduisant par le truchement d'un castelet, le théâtre dans le théâtre jusqu'à l'issue grand-guignolesque (vraiment) mortelle, la Compagnie Elvis Alatac joue-t-elle à merveille du spectaculaire… pour faire spectacle vivant  de "LA" tragédie élisabéthaine.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65361137-46654590.jpg?v=1655140044" alt="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" title="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"GIC - Groupe d'intervention Chorégraphique"</strong></span> de la Cie Rêvolution, livrant un millésime 2022 qui fera, sans nul doute, date… En effet, avancer qu'il s'agirait-là d'une performance touchant à l'essence même du hip-hop ferait (presque) figure d'euphémisme tant, à bien des égards, on semble transporté sur les hauts sommets de cette danse contemporaine issue des quartiers.       <br />
              <br />
       Imaginez… Un skatepark sur les flancs duquel les spectateurs ont pris place quand surgissent de la foule cinq danseurs tous aussi déterminés les uns que les autres à en découdre avec l'asphalte. Leur énergie transcende le commun pour en exalter la force inaltérable portée à son incandescence. Et, ce qui touche d'emblée, c'est que chacun affirme son jeu libertaire au sein d'un collectif soudé comme les doigts de la main. Arriver à faire autant corps collectif, en valorisant l'autonomie de chacune de ses composantes, est résoudre… la quadrature du cercle. Une épiphanie aux effets sidérants.       <br />
              <br />
       En quatre tableaux résonnant en nous comme des manifestes poétiques et/ou rageurs, inscrits les uns et les autres dans la réalité des émotions subordonnées à aucun diktat autre que la vérité du ressenti, les interprètes livrent d'époustouflants paysages humains dessinés en chorégraphies de feu.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65361137-46654591.jpg?v=1655140101" alt="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" title="Festival "L'échappée belle" Une pléiade de formes artistiques (ré)créatives, bols d'oxygène au cœur d'un parc de verdure" />
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      Comment ne pas être séduit par la beauté fascinante de ces corps incroyablement toniques exaltant le besoin d'une infinie tendresse à partager ? Comment ne pas ressentir au fond de soi la rage de leur regard déterminé face à la violence exercée par le monde contemporain ? Comment n'être pas éclaboussé par autant de figures dont les prouesses techniques hors normes &quot;prennent sens&quot; en se mettant au service, corps et âme fondus dans la même entité, des émotions subliminales  qu'elles charrient ?       <br />
              <br />
       Clin d'œil malicieux au &quot;GIGN - Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale&quot;, spécialisé lui aussi dans la gestion des missions dangereuses, le &quot;GIC - Groupe d'intervention Chorégraphique&quot; s'engage avec fougue et ardeur, à corps perdu, dans une lutte délibérément raisonnée. En inscrivant ainsi dans l'espace urbain d'une piste de skate-board &quot;graffée&quot; ces chorégraphies solaires, Anthony Egéa et ses danseurs rayonnent d'une énergie propre à réenchanter un monde - notre monde - qui crève sous les assauts incessants des violences ordinaires. Non en le contournant ce monde délétère, mais en l'affrontant de plain-pied, pour, en toute urgence, entrer résolument dans le &quot;vif du sujet&quot;.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Le Festival &quot;L'échappée belle&quot; (30e anniversaire cette année) a eu lieu du 2 au 5 juin 2022, au Parc de Fongravey à Blanquefort (33), une initiative de la Scène nationale Carré-Colonnes.</b>
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