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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-08T20:32:41+02:00</dc:date>
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   <title>"Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi</title>
   <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 20:04:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pièce librement inspirée du procès de Bobigny et du livre relatant celui-ci, Barbara Lamballais et Karina Testa en dressent un tableau historique en y mêlant, pour Gisèle Halimi, un portrait à la fois de femme et d'avocate, autant des causes féministes que des indépendantistes algériens.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95291702-66684638.jpg?v=1773342398" alt=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" title=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" />
     </div>
     <div>
      Le procès de Bobigny est resté dans les annales judiciaires et le retentissement en France fut majeur. Il s'est tenu d'octobre à novembre 1972 et a servi de prémices à la loi contre l'interruption volontaire de grossesse portée par Simone Veil en 1975.       <br />
              <br />
       L'entame de la pièce le contextualise. Avant même que le rideau ne s'ouvre, elle débute dans le public avec cinq femmes, dont Gisèle Halimi (Clotilde Daniault) et Simone de Beauvoir (Jeanne Arènes), qui interpellent l'assistance. Nous sommes dans une &quot;Assemblée générale des femmes&quot;, comme stipulé sur le rideau de scène. L'une des protagonistes lit le &quot;Manifeste des 343&quot; (avril 1971), pétition appelant à la légalisation de l'avortement en France, signée, entre autres, par un ensemble de personnalités dont Gisèle Halimi.       <br />
              <br />
       Une énumération de leurs noms s'effectue quand débute sur scène le plaidoyer de celle-ci qui déclare : <span style="font-style:italic">&quot;Je ressens avec une plénitude jamais connue à ce jour un accord parfait entre mon métier qui est de plaider, qui est de défendre et ma condition de femme. Je ressens donc, au premier plan, au plan physique, il faut le dire, une solidarité fondamentale avec ces quatre femmes et avec les autres&quot;</span>, et ce, à l'inverse du serment des avocats qui stipulait un devoir d'obéissance aux lois et aux institutions, ainsi que le respect des &quot;bonnes mœurs&quot; et de l'État. En 1982, grâce à elle et à Robert Badinter (1928-2024), le serment a évolué pour stipuler : <span style="font-style:italic">&quot;Je jure, comme avocat, d'exercer la défense et le conseil avec dignité, conscience, indépendance et humanité&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95291702-66684642.jpg?v=1773342431" alt=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" title=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" />
     </div>
     <div>
      Son argumentaire s'est articulé contre la loi de 1920 (loi Bérard-Clément). Hors contexte scénique, elle retournait la position des victimes d'accusées, bien que violée pour l'une, Marie-Claire Chevalier (Maud Forget), 16 ans à l'époque des faits, et pour ses trois comparses (Jeanne Arènes, Karine Testa et Déborah Grall) avec sa mère (Céline Toutain) de l'avoir aidée à avorter, en accusatrices de cette loi qui occultait la responsabilité du violeur, la femme violée devant justifier son avortement en cas de danger. L'avocate dénonçait aussi le manque d'éducation sexuelle de la société par les pouvoirs publics et l'impunité des personnalités du &quot;Manifeste des 343&quot;, les condamnations n'étant à l'encontre que des &quot;Madame Marie-Claire&quot;, de condition sociale fragile.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Je me souviens toujours de ce que je disais à mon père quand j'avais 10 ans : Je veux être avocate, car je veux me défendre&quot;</span>, comme le racontera plus tard Gisèle Halimi dans une interview. &quot;Procès d'une vie&quot; en fait écho, parce que sont mêlées dans de courtes scènes, ses vies privée et professionnelle où, pour cette dernière, on la voit préparer ses audiences et ses plaidoiries. Deux jalons essentiels dans ses combats sont présentés, le premier avec Djamila Bouchapa, militante indépendantiste algérienne qui a été torturée et violée par l'armée française pendant plus d'un mois et accusée d'avoir posé une bombe, qui n'a pas explosé grâce aux artificiers, à la &quot;Brasserie des facultés&quot; à Alger (1959). Le second avec Marie-Claire Chevalier pour le procès de Bobigny.       <br />
              <br />
       L'objectif était de <span style="font-style:italic">&quot;faire de ce procès un événement pour populariser les injustices que subissaient les femmes en n'étant pas maîtresses de leur propre corps (...) quelqu'un qui n'est pas maître ou maîtresse de son propre corps est esclave&quot;</span> comme Gisèle Halimi le racontera dans une interview beaucoup plus tard. Aussi, elle a fait venir des personnalités de notoriété publique, telles que Simone de Beauvoir (1908-1986) et Michel Rocard (1930-2016), ou des scientifiques de renom comme Jacques Monod (1910-1976) et François Jacob (1920-2013).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95291702-66684649.jpg?v=1773342451" alt=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" title=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Barbara Lamballais et Karina Testa est aussi une plongée, toujours rapide et furtive, dans sa vie où on la voit reprocher à sa mère Fritna (Déborah Grall) son éducation traditionnelle et sexiste en clamant son refus de faire le ménage pour ses frères. Hors contexte scénique, elle avait donc entamé une grève de la faim durant trois jours, &quot;sa première victoire&quot; comme elle le dira plus tard.       <br />
              <br />
       La création est superbe dans sa conception dramaturgique. Clotilde Daniault (Gisèle Halimi) fait osciller sa voix dans un large spectre qui va de la puissance de la déclamation, pour sa plaidoirie, à un timbre posé pour ses entretiens avec Marie-Claire Chevalier et Djamila Boupacha. Il y a plusieurs recoupements entre le judiciaire et le privé, entre les faits historiques et le quotidien. Gisèle Halimi est appréhendée dans ces deux versants, montrant ainsi, sous sa robe d'avocate, la femme dans un cadre familial.       <br />
              <br />
       Alternent des moments de vie qui se chevauchent avec, à différents instants, une scène qui débute, côté cour, pour ensuite être reprise par une autre, côté jardin. Le plateau est souvent découpé en deux aires distinctes délimitant deux intimités différentes qui alternent toujours avec des jeux de lumières où quand une pièce s'allume, l'autre reste dans l'ombre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95291702-66684650.jpg?v=1773342473" alt=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" title=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" />
     </div>
     <div>
      La création se découpe en quatre temps forts dans quatre lieux différents. Il s'agit du cabinet de l'avocate où elle prépare ses audiences avec Marie-Claire Chevalier et Djamila Boupacha. La scénographie découvre aussi son chez-soi ainsi que celle de la famille Chevalier, ainsi que la boîte de nuit, avec la rencontre fatale de Marie-Claire avec son violeur (Julien Urrutia), seul moment comique lors des danses frénétiques. Ce décentrage, autant scénique que temporel, montre nos protagonistes hors de tout contexte judiciaire, permettant de les rendre plus proches.       <br />
              <br />
       La pièce est très bien construite avec de courtes scènes rapides, qui s'enchaînent, brassant dans le passé des moments sous la coupe du présent ou se projetant dans le futur. Ce va-et-vient crée une dynamique permettant ainsi de donner à la représentation un volume dramaturgique dans une échelle de temps bousculée, les faits se faisant écho les uns aux autres sous couvert de l'Histoire.       <br />
              <br />
       Le soir de la représentation (le 25 février), il y avait dans le public une dame de 92 ans qui était présente au procès de Bobigny. Époque lointaine et pourtant actuelle, car jamais définitivement gagnée, les propos sexistes et racistes tapissent en effet très et trop dangereusement les discours de nos politiques.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le procès d'une vie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95291702-66684654.jpg?v=1773342505" alt=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" title=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" />
     </div>
     <div>
      Texte : Barbara Lamballais et Karina Testa.       <br />
       Oeuvre librement inspirée de la vie de Gisèle Halimi et de &quot;Le procès de Bobigny - Choisir La Cause Des Femmes&quot; aux Éditions Gallimard.       <br />
       Mise en scène : Barbara Lamballais, assistée de Armance Galpin.       <br />
       Avec Jeanne Arènes, Clotilde Daniault, Maud Forget, Déborah Grall, Karina Testa, Céline Toutain, Julien Urrutia.       <br />
       Scénographie : Antoine Milian.       <br />
       Lumières : Rémi Saintot.       <br />
       Son et musique : Benjamin Ribolet.       <br />
       Costumes : Marion Rebmann.       <br />
       Perruques : Julie Poulain.       <br />
       Tout public, à partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 31 mai 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h.       <br />
       48, rue du Faubourg Saint-Martin, Paris 10ᵉ.       <br />
       Tél. : 01 42 08 21 93.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie-lesplendid.tickandlive.com/evenement/le-proces-dune-vie" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lesplendid.com/" target="_blank">&gt;&gt; lesplendid.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95291702-66684638.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-proces-d-une-vie-L-hommage-a-une-grande-dame-l-avocate-Gisele-Halimi_a4501.html</link>
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   <title>"Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes</title>
   <pubDate>Tue, 17 Feb 2026 14:16:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   20 septembre 1973, Billie Jean King, championne détentrice de 39 titres du Grand Chelem, bat en deux sets Bobby King, ancien n°1 mondial, à l'Astrodome de Houston (Texas). C'est ainsi la rencontre d'une figure active du féminisme américain, s'inscrivant dans les mouvements générés par la deuxième vague du féminisme apparue à la fin des années soixante dans le monde occidental, et d'un tennisman à la retraite, exhibitionniste sportif, misogyne invétéré, portrait type macho à l'état brut dont la vocation est de remettre les femmes à leur place… c'est-à-dire, selon les phallocrates de tous pays, dans la cuisine, au ménage, à la "fabrication" et à l'élevage des enfants !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94558522-65998296.jpg?v=1771334438" alt=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" title=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" />
     </div>
     <div>
      Si #metoo, du fait de l'actualité, tire un peu la couverture à lui (à juste titre), le féminisme prend en réalité ses racines, il y a plusieurs décennies, dans les actions et les plaidoyers de femmes qui osèrent affronter le pouvoir masculin en place et s'attaquer à des fondements de la société machiste pour l'obtention, à l'époque, de l'égalité salariale, la fin de la guerre au Vietnam, l'émancipation politique, etc. Liste non exhaustive, bien sûr, puisque ce n'était qu'un début… ou plus exactement la suite de la première vague (fin XIXᵉ aux années trente)<span style="font-style:italic">(1)</span> axée, elle, autour des droits civils et civiques… droit de vote, égalité juridique… période marquée par le combat des suffragettes !       <br />
              <br />
       La seconde vague débute dans les années soixante où de nombreuses féministes entendent renverser l'oppression patriarcale, revendiquant ainsi l'égalité sociale (égalité de salaire, droit à un compte bancaire, droit à une éducation égale) et luttant pour obtenir le droit des femmes à disposer de leurs corps (&quot;droit de contrôler leur utérus&quot; et médiatisation autour des violences patriarcales). Pour mémoire, parmi les événements marquants… retenons en 1961, le &quot;Women Strike for peace and liberty&quot; qui rassemble plus de 50 000 femmes dans soixante villes des États-Unis. Cette mobilisation est considérée comme la plus importante manifestation nationale des femmes pour la paix au XXᵉ siècle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94558522-65998304.jpg?v=1771334516" alt=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" title=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" />
     </div>
     <div>
      Suivront la création de la National Organization for women (NOW) en 1966 – dont l'un des combats fut contre la discrimination à l'emploi –, du Women's Lib, du NARAL (droit à l'avortement pour toutes) devenu la Reproductive Freedom for All… et bien d'autres nouvelles organisations et événements dans le monde entier. Côté sport, c'est dans le foot et le tennis où cela commence à prendre forme. En 68, c'est à Reims qu'est créée la première équipe de footballeuses professionnelles… <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Feminines-Le-foot-en-version-feminine-pour-une-etonnante-aventure-humaine_a3501.html" target="_blank">voir &quot;Féminines&quot; de Pauline Bureau</a>. Pour le tennis, tout va se jouer avec la rencontre historique entre Billie Jean King et Bobby Riggs, connue sous le nom de &quot;Guerre des sexes&quot;, qui représenta un enjeu incroyable pour l'égalité dans le sport.       <br />
              <br />
       C'est de cette &quot;Battle of the sexes&quot;, événement exceptionnel qui a bouleversé le sport féminin et la société américaine, dont nous parle Léa Girardet dans sa nouvelle pièce. Elle y adjoint, dans la même temporalité, la vie d'un bureau de surveillance secret<span style="font-style:italic">(2)</span> chargé de répertorier toutes les actions féministes susceptibles de provoquer une guerre des sexes. Entremêlant théâtre documentaire et science-fiction, &quot;Balle de match&quot; est le dernier volet d'une trilogie sportive, après &quot;Le syndrome du banc de touche&quot; et &quot;Libre arbitre&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94558522-66001203.jpg?v=1771339895" alt=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" title=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" />
     </div>
     <div>
      Ici, l'autrice nous propose un récit à double-face. D'un côté, un bureau dans lequel le fonctionnaire répertoriant tous les actes supposés féministes frise le ridicule, le clownesque, tout en apparaissant un peu gauche face à l'arrivée d'une jeune et jolie collègue. De l'autre, des lieux imprécis où Billie Jean et Bobby se confrontent, principalement verbalement, où l'on assiste aussi à des discussions téléphoniques avec le président des États-Unis (Nixon en l'occurrence) qui donnent la température de ce que l'Amérique ressentait, craignait à ce moment-là, appréhendant déjà tous les bouleversements pouvant naître du fait de l'avancée de l'émancipation des femmes.       <br />
              <br />
       &quot;Balle de match&quot; est une petite forme (1 h 10) bien ficelée entre théâtre documentaire (bien documenté) et pièce de café-théâtre (par la légèreté, la dose de burlesque et la fluidité des répliques) un rien déjanté. Léa Girardet évite la facilité d'un conflit ouvert, bagarreur, entre les deux protagonistes. Dans cette mise en scène bien séquencée, sans temps mort, où chaque scène est clairement identifiable (celles se déroulant dans le bureau de surveillance et celles concernant les échanges entre Billie et Bobby), comédienne et comédien (Flore Babled et Julien Storini) arrivent bien à dissocier leurs personnages (usant avec talent d'une palette émotionnelle variée), avec souvent une pointe d'humour savamment dosée côté &quot;fonctionnaires&quot; et une forme de complicité batailleuse intelligente entre la féministe (toujours combative) et le machiste, souvent caricaturale, voire ayant une tendance à &quot;s'auto-caricaturer&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94558522-66001289.jpg?v=1771339932" alt=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" title=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" />
     </div>
     <div>
      Finalement, l'autrice et metteuse en scène réussit à faire du passé un récit présent qui met en lumière l'importance que peut avoir une véritable reconnaissance des athlètes féminines. Sous des apparences de divertissement (appuyé par de sérieuses recherches documentaires), Léa Girardet parle d'un machisme décomplexé qui, aujourd'hui, se réfugie sous la bannière du masculinisme et met en péril les acquis obtenus grâce aux luttes féministes de ces dernières décennies.       <br />
              <br />
       Cela est d'autant plus flagrant avec les dernières élections américaines qui incitent à une violence confrontation genrée entre le mouvement #MeToo et les discours réactionnaires &quot;masculinistes&quot;. Même si nous avons connu des avancées féministes majeures, celles-ci sont de plus en plus fragilisées. N'oublions pas qu'aujourd'hui, en 2026, on assiste à de violents &quot;retours de bâton&quot; comme la remise en question du droit à l’avortement aux États-Unis.        <br />
       &quot;Balle de match&quot; nous rappelle l'importance de ne jamais baisser les bras et de jouer tous les revers de l'adversaire !       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Malgré quelques précurseuses (Christine de Pisan au XIVᵉ siècle, Marie de Gournay au XVIᵉ, Olympe de Gouges au XVIIIᵉ, etc.), on ne peut parler de &quot;vague&quot; qu'à partir de la révolution industrielle du XIXᵉ siècle.       <br />
       (2) 1 377 pages de documents publiés par le FBI en février 1977 révèlent un espionnage massif contre le mouvement féministe depuis la fin des années soixante.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Balle de match"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94558522-66001298.jpg?v=1771339962" alt=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" title=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" />
     </div>
     <div>
      Conception et texte : Léa Girardet.       <br />
       Mise en scène : Léa Girardet.       <br />
       Assistante mise en scène : Clara Mayer.       <br />
       Avec : Julien Storini et Flore Babled.       <br />
       Collaboration artistique et dramaturgie : Gaia Singer.       <br />
       Scénographie : Aurélie Lemaignen.       <br />
       Son : Lucas Lelièvre.       <br />
       Lumières : Claire Gondrexon.       <br />
       Costumes : Floriane Gaudin.       <br />
       Régie générale &amp; lumière : Emma Schler ou Titiane Barthel ou Rose Harel.       <br />
       Régie son &amp; vidéo : Nicolas Maisse ou Théo Lavirotte.       <br />
       Production Le Grand Chelem.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">13 et 24 février 2026 :</span> Théâtre Le Reflet, Vevey (Suisse).       <br />
       <span class="fluo_jaune">10 mars 2026 :</span> Espace Sarah Bernhardt (avec PIVO - Scène       <br />
       Conventionnée), Goussainville (95).       <br />
       11 mars 2026 : Théâtre Victor Hugo (avec le Théâtre des Sources de Fontenay-aux-Roses), Bagneux (92).       <br />
       12 mars 2026 : Centre culturel Jean Vilar, Champigny-sur-Marne (94).       <br />
       1ᵉʳ avril 2026 : Espace culturel Robert Doisneau, Meudon (92).       <br />
       28 avril 2026 : TCM, Charleville-Mézières (08).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/94558522-65998296.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Balle-de-match-Recit-d-une-bataille-des-sexes-ou-comment-une-confrontation-sportive-devint-une-etape-fondatrice-dans-l_a4481.html</link>
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   <title>"The Aborrrtion Ship" Une seule-en-scène rock and roll pour parler du droit des femmes à disposer de leurs corps</title>
   <pubDate>Wed, 17 Dec 2025 14:15:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Trois R comme les 3 R des "Riot Grrrl" ou comme le "grrr" de colère et de rage dans le titre de "The Aborrrtion Ship" – Le Bateau de l'Avorrrtement (ou de l'IVG dans le langage aseptisé de la loi) –, c'est dire ! Mais rien n'est aseptisé dans ce spectacle qui s'empare d'un sujet viscéral pour de plus en plus de pays dans ce monde en récession démocratique. Un sujet qui fait des vagues, on peut le dire, pour un bateau de l'espoir. Car il est question ici de l'avortement voulu, suivi par des structures médicales saines et attentives au bien-être de la femme, capable de s'occuper de son trouble lors et après cet acte qui est tout sauf neutre, une IVG légalisée et pratiquée dans des conditions d'aseptisation, elles, nécessaires et simplement vitales.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93245717-65218462.jpg?v=1765977444" alt=""The Aborrrtion Ship" Une seule-en-scène rock and roll pour parler du droit des femmes à disposer de leurs corps" title=""The Aborrrtion Ship" Une seule-en-scène rock and roll pour parler du droit des femmes à disposer de leurs corps" />
     </div>
     <div>
      Seule en scène, Juliette Fribourg incarne une gynécologue dans une structure hospitalière, une maternité, lieu d'accueil des femmes enceintes. Tout un univers médical constitue cette structure faite pour accueillir : du bloc opératoire aux chambres, de la section sophrologie à celle de psychologie, des salles de préparation prénatale au secteur de soins post-natal. C'est une ruche de bienveillance et d'écoute que nous dévoile la gynécologue, faite de collègues épatants, investis dans leur choix professionnels et dotés d'une empathie sans limites pour leurs patientes, qu'elles soient parturientes ou en détresse.       <br />
              <br />
       Mathilde Wind écrit et met en scène un spectacle qui clame l'amour de l'humanité, mais surtout la nécessité que cette société humaine le reste, humaine, pour toutes et pour tous, pour que l'intégrité de chaque individu soit respectée, et en particulier celui de toutes les femmes lorsqu'il s'agit de choisir de donner naissance ou pas. On ne peut obliger personne à donner.       <br />
              <br />
       La vie resplendit sur scène dans le personnage lumineux de cette doctoresse interprété par Louise Fribourg, qui, dans la seule journée que parcourt le spectacle, fait rugir sa moto, éclater les sons de sa guitare et ses riffs jubilatoires, rire avec ses collègues, faire ses interventions au bloc et répondre comme elle peut aux appels de la mère de son enfant que son implication totale dans sa mission d'accueil, d'écoute et de soin, force à laisser au second plan.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93245717-65218474.jpg?v=1765977470" alt=""The Aborrrtion Ship" Une seule-en-scène rock and roll pour parler du droit des femmes à disposer de leurs corps" title=""The Aborrrtion Ship" Une seule-en-scène rock and roll pour parler du droit des femmes à disposer de leurs corps" />
     </div>
     <div>
      Elle est une héroïne. Elle donne tout son temps à son taf, tout à l'hôpital public, mais surtout tout à toutes celles qui préfèreront mourir plutôt que porter à terme un embryon qu'elles ne veulent pas transformer en enfant parce que cet enfant n'a pas un gramme de désir dans le cœur de sa mère. Sans compter les violences des hommes qui sont parfois à l'origine de ces grossesses non voulues.       <br />
              <br />
       Mais cette héroïne a un modèle encore plus héroïque : Rebecca Gomperts, gynécologue néerlandaise, créatrice de l'ONG Women on Waves qui, depuis le début du XXIᵉ siècle, parcourt le monde au large des pays où l'avortement reste illégal et sauve des milliers, des dizaines de milliers de femmes tentées par des avortements sauvages dignes du Moyen Âge en les embarquant à bord de son navire/bloc opératoire et les opère en haute mer ou les sauve en leur envoyant discrètement des pilules abortives.       <br />
              <br />
       Le navire du personnage interprété par Juliette Fribourg est cette structure hospitalière qui, comme le navire de Rebecca Gomperts, ne navigue pas en eaux calmes. Les services hospitaliers et spécialement ceux qui prennent en charge les IVG subissent depuis des années des attaques sournoises faites de restrictions budgétaires qui causent la fermeture de certains services, le manque de personnel et la surcharge de travail pour toutes et tous. Un univers en faiblesse dont Mathilde Wind s'est inspirée grâce à une dizaine d'entretiens avec des gynécologues, en prévision de l'écriture de ce texte, initié après une commande du Théâtre de Bretigny pour le festival La Beauté du Geste.       <br />
              <br />
       Mais elle a choisi intelligemment de mettre l'accent sur le caractère intrépide, frondeur et rock and roll de son personnage et son humeur hyper-dynamique. Un caractère capable de défoncer tous les obstacles, un personnage qui se dope à la caféine, la cigarette et l'ivresse de la vitesse au guidon de sa grosse Suzuki. Bref, il n'y a rien de pessimiste ni de compassé dans ce seule-en-scène vif et musical, qui porte pourtant avec intensité le danger dans lequel se trouve le droit des femmes à disposer de leurs corps dans la majorité des régions du monde et jusque dans nos contrées.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"The Aborrrtion Ship"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93245717-65218483.jpg?v=1765977492" alt=""The Aborrrtion Ship" Une seule-en-scène rock and roll pour parler du droit des femmes à disposer de leurs corps" title=""The Aborrrtion Ship" Une seule-en-scène rock and roll pour parler du droit des femmes à disposer de leurs corps" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Mathilde Wind.       <br />
       Assitante à la mise en scène : Amel Richard.       <br />
       Avec : Juliette Fribourg.       <br />
       Costumes et scénographie : Constant Chiassai-Polin.       <br />
       Création sonore : Arthur Chrisp.       <br />
       Création lumières : Zoë Robert       <br />
       Écrit à partir d'entretiens avec des gynécologues et le visionnage du documentaire &quot;Vessel&quot; réalisé par Diana Whitten.       <br />
       Crédits musique : Tôle Froide.       <br />
       Crédits vidéo : Diana Whitten, Vessel.       <br />
       Production : Compagnie Stadios.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 novembre au 18 décembre 2025.</span>       <br />
       Dans le cadre du Festival Impatience 2025/26.       <br />
       Mardi, jeudi et samedi à 21 h.       <br />
       Théâtre La Reine Blanche - Scène des Arts et des Sciences, 2 bis, passage Ruelle, Paris 18ᵉ.       <br />
       Réservation : 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       5 janvier 2026 : Lycée Jules Le Cesne (hors-les-murs Cité Éducative du Havre), Le Havre (76).       <br />
       17 et 18 mars 2026 :  : Théâtre de l'Étincelle, Rouen (76).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93245717-65218462.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/The-Aborrrtion-Ship-Une-seule-en-scene-rock-and-roll-pour-parler-du-droit-des-femmes-a-disposer-de-leurs-corps_a4430.html</link>
  </item>

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   <title>"Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique</title>
   <pubDate>Fri, 12 Dec 2025 07:46:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Rien ne sera plus comme avant… avant le procès d'une toute jeune fille, Marie-Claire Chevalier, 16 ans, violée et appelée à comparaître en 1972 devant le tribunal des hommes pour avoir avorté. Elle sera défendue par l'avocate féministe Gisèle Halimi, transformant le procès de "la jeune-fille indigne" et des femmes qui l'ont aidée à interrompre sa grossesse, en celui des lois iniques prohibant l'avortement… Émilie Rousset, adepte d'un théâtre documentaire recyclant l'archive en s'appuyant sur l'enquête et la mise en abyme (cf. "Affaires familiales", Festival IN - Avignon 2025), s'empare de cette matière hautement combustible pour la faire (re)vivre dans un dispositif des plus originaux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138414.jpg?v=1765439554" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Douze postes répartis équitablement dans la salle Vauthier du tnba où, tour à tour, une vingtaine de participants, casque aux oreilles et groupés en cercle autour d'une actrice ou d'un acteur, vont revivre &quot;en direct&quot; pendant une quinzaine de minutes un fragment de la reconstitution du Procès de Bobigny. Libres à chacune et chacun de choisir ses postes successifs, sachant que les deux heures et demie de &quot;Reconstitution&quot; lui permettront d'entendre huit à neuf de ces témoignages.       <br />
              <br />
       Les comédiennes et comédiens, oreillette branchée, auront pour rôle de &quot;mixer&quot; de manière la plus naturelle qui soit la parole des participantes et participants de ce procès ayant fait date dans l'histoire de ce combat exemplaire des femmes pour disposer librement de leur corps. Il y aura aussi à entendre la parole d'un militant anti-avortement, esseulé parmi les témoignages d'une sociologue (fondatrice du MLF), d'une chargée du Planning familial, d'un obstétricien-gynécologue, d'une féministe activiste polonaise, d'une professeure de droit public, d'une philosophe professeure de science politique, d'un historien, d'une spécialiste du contrôle des naissances à La Réunion, d'une journaliste (Claude Servan-Schreiber) et d'une actrice (Françoise Fabian) témoins l'une et l'autre pour avoir elles-mêmes eu recours à l'avortement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138419.jpg?v=1765439584" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Avec la même force, celle d'une authenticité non spoliée par les aprioris conventionnels, ces propos reconstitués et retransmis avec un naturel bluffant par des artistes porte-paroles nous replongeront dans le vif du sujet. Un sujet brûlant pour le droit à l'IVG pour toutes les femmes, un droit conquis de haute lutte contre une lourde tradition patriarcale &quot;ancrée&quot; dans les mentalités des gouvernants, mais aussi du peuple asservi.       <br />
              <br />
       Gisèle Halimi, avocate de Marie-Claire Chevalier et membre co-fondatrice de l'Association &quot;Choisir&quot; (comme l'étaient notamment la journaliste Claude Servan-Schreiber, les actrices Delphine Seyrig et Françoise Fabian, l'écrivaine Simone de Beauvoir, appelées toutes à témoigner de leur propre avortement), a eu l'intuition lumineuse de montrer, contre un Procureur des plus empressés à exclure du débat toute tentative à vouloir l'élever, que les vraies accusées n'était pas celles appelées à comparaître, mais la loi de 1920 réprimant l'avortement… En effet, ce qui était exposé par l'avocate sous les projecteurs des médias, c'étaient les prérogatives que s'arrogent de tout temps les hommes (les puissants surtout, mais aussi ceux pris dans la globalité du genre) pour dominer le corps des femmes, et au-delà de l'assignation à la maternité désirée ou pas, asservir le genre féminin soumis sexuellement et économiquement (travail domestique non rémunéré) à n'être que… des sous-hommes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138430.jpg?v=1765439637" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Élever le débat en faisant comparaître des femmes libres ayant pu avorter dans des cliniques sécurisées grâce à leurs moyens financiers et à leur statut social les rendant &quot;intouchables&quot;, et à leurs côtés des médecins dont les travaux sur le vivant conféraient une légitimité scientifique, ébranlait dans ses fondements une loi s'appuyant sur des archaïsmes à consonance religieuse. En effet, comment prétendre qu'un fœtus de quelques semaines est une personne humaine – <span style="font-style:italic">&quot;une absurdité du point de vue biologique&quot;</span> – après avoir entendu la déposition du Professeur Jacques Monod, prix Nobel de physiologie et de médecine ?        <br />
              <br />
       Comment pouvoir prétendre qu'en réprimant l'avortement, on était du côté de la vie, alors que de très nombreuses jeunes filles et femmes modestes, contraintes d'y recourir clandestinement, mouraient chaque année sous l'effet de pratiques barbares ? Comment ne pas penser qu'en légalisant l'avortement, non seulement on permettait aux femmes d'y recourir dans des conditions satisfaisantes de sécurité médicale et de sérénité morale, mais aussi de faire reconnaître que <span style="font-style:italic">&quot;la femme est un homme comme un autre&quot;</span>, responsable de l'entièreté de son corps qui n'appartient qu'à elle ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138437.jpg?v=1765439676" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Tout ce questionnement insufflé par les témoins étant encore enrichi par l'apport d'une spécialiste du contrôle des naissances, rappelant comment un député de la droite française, partisan farouche en Métropole du combat contre la contraception et l'avortement, s'est fait adepte de ces pratiques quand il s'est agi de régir la &quot;démographie galopante&quot; de l'île de l'Océan Indien dont il était député. Que dire alors de sa récupération de la politique du Planning Familial pour généraliser le Depo Provera injecté aux Réunionnaises comme contraceptif à longue durée d'action ? Ou encore des ligatures des trompes imposées à leur insu à ces mêmes femmes, sous prétexte d'appendicite aiguë à opérer ? La &quot;morale catholique&quot; serait-elle à géométrie variable et exclurait-elle – au nom bien sûr de l'intérêt supérieur de la lutte contre la pauvreté et pour favoriser le bien des gens – certaines populations de sa doctrine ? <span style="font-style:italic">&quot;Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà&quot;</span> (Blaise Pascal).       <br />
              <br />
       Autre contribution, celui d'un historien mettant en perspective les différentes étapes de cette lutte pour la libération des femmes au travers du droit à l'IVG… Du dépôt des fleurs disposées en 1970 sur &quot;la tombe de la femme du Soldat inconnu&quot; par quelques femmes du MLF, en passant en 1971 par &quot;le manifeste des 343 salopes&quot; – signé entre autres par Delphine Seyrig, Catherine Deneuve, Gisèle Halimi – publié dans Le Nouvel Observateur et appelant à la légalisation de l'avortement, à la loi Veil de 1974 rendant légal l'avortement (uniquement dans trois cas précis) jusqu'à l'inscription en mars 2024 du droit à l'avortement (sans conditions à réunir et élargi aux mineures) dans la constitution française (article 34), c'est toute une épopée courageuse qui nous est contée, celle dont Gisèle Halimi fut incontestablement l'une des héroïnes.       <br />
              <br />
       Spectacle vivant s'il en est, servi superbement par des comédiennes, comédiens et une metteuse en scène – Émilie Rousset – mettant en jeu les documents d'archive du Procès de Bobigny, pour se les approprier afin de servir sur un plateau de théâtre &quot;la cause des femmes&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 26 novembre 2025, Salle Vauthier du tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine) à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Reconstitution : le Procès de Bobigny"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138438.jpg?v=1765439717" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Création octobre 2019 au T2G – Théâtre de Gennevilliers dans le cadre du Festival d'Automne à Paris.       <br />
       Conception et écriture : Émilie Rousset et Maya Boquet.       <br />
       Mise en scène et dispositif : Émilie Rousset.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Élina Martinez.       <br />
       Pièce pour quinze interprètes, avec (en alternance depuis la création) : Véronique Alain, Renaud Bertin, Aymen Bouchou, Hélène Bressiant, Antonia Buresi, Barbara Chanut, Rodolphe Congé, Suzanne Dubois, Stéphanie Farison, Thomas Gonzalez, Anaïs Gournay, Nan Yadji Ka-Gara, Emmanuelle Lafon, Anne Lenglet, Mélanie Martinez Llense, Olivier Normand, Aurélia Petit, Gianfranco Poddighe, Lamya Régragui, Ghita Serraj, Anne Steffens, Nanténé Traoré, Kevin Tussidor, Manuel Vallade, Margot Viala, Jean-Luc Vincent.       <br />
       Dispositif vidéo : Louise Hémon.       <br />
       Dispositif lumière : Laïs Foulc.       <br />
       Dispositif son : Romain Vuillet.       <br />
       Dramaturgie : Maya Boquet.       <br />
       Montage vidéo : Carole Borne.       <br />
       Régie son et vidéo : Romain Vuillet en alternance avec Cristián Sotomayor.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138507.jpg?v=1765440433" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Régie générale et lumière : Jérémie Sananes et Ludovic Rivière.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 25 au vendredi 28 novembre 2025 au tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       22 janvier 2026 : L'Atelier à spectacle, Vernouillet (28).       <br />
       28 janvier 2026 : Théâtre, Corbeil-Essonnes (91).       <br />
       5 et 6 février 2026 : La Grange, Lausanne (Suisse).       <br />
       27 février et 1er mars 2026 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93134504-65138414.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Reconstitution-le-Proces-de-Bobigny--un-kaleidoscope-reflechissant-ou-l-on-assiste-in-situ-a-la-condamnation-d-une-loi_a4425.html</link>
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   <title>Retour en forme de comédie sur l’histoire sociale de la femme en France depuis 1945</title>
   <pubDate>Wed, 17 Sep 2014 08:33:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Humour]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Simone Veil peut veiller tranquille. Sur scène, de façon comique, trois femmes retracent l’évolution sociale et politique de la femme en France de 1945 à aujourd’hui. Ici nul drapeau, seul comme étendard le rire pour dénoncer certains traits d’époques, pas si lointaines, où les femmes étaient bien peu considérées.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6994042-10697663.jpg?v=1410936490" alt="Retour en forme de comédie sur l’histoire sociale de la femme en France depuis 1945" title="Retour en forme de comédie sur l’histoire sociale de la femme en France depuis 1945" />
     </div>
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      Dès le début du spectacle, une femme (Bonbon) habillée d’une veste jaune et flanquée d’une perruque de serpillière se porte caution culturelle et historique de ce qui va se dérouler sur scène. Le ton humoristique de la pièce est très rapidement donné. Pourtant, au premier abord, le sujet ne prête pas à rire. Il concerne l’évolution sociale de la femme au sortir de la guerre jusqu’à nos jours.        <br />
              <br />
       Des histoires se jouent entre trois femmes (Karina Marimon, Hélène Serres, Vanina Sicurani) situées à trois époques différentes et retracent les évolutions sociales et politiques des femmes en France, juste après la guerre, dans les années soixante-dix, quatre-vingt-dix puis en 2014. De la considération sociale et politique des femmes à certaines de ces périodes, un Moyen-âge de l’esprit ne reste pas très loin.        <br />
              <br />
       L’écriture de la pièce est ponctuée de jeux de mots et est portée par le jeu très marqué des comédiennes qui, sans jamais frôler la caricature, donne, avec talent, toute l’envergure à la pièce. Le jeu de Bonbon est incarné de mimiques, d’une gestuelle et d’une élocution très marquées. Karina Marimon, Hélène Serres, Vanina Sicurani plantent chacune un personnage différent pour chaque période, truculente d’humour et de vérité historique.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6994042-10697665.jpg?v=1410942258" alt="Retour en forme de comédie sur l’histoire sociale de la femme en France depuis 1945" title="Retour en forme de comédie sur l’histoire sociale de la femme en France depuis 1945" />
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      Chaque scène laisse place à trois points de vue croisés d’une même époque. C’est celui de Bonbon, &quot;caution culturelle et historique&quot; de la pièce et d’une cohabitation idéologique entre deux femmes qui ont les mêmes idéaux et une troisième qui a un point de vue différent, celui d’être en retrait ou en contestation. La pièce pour autant est très claire dans son déroulé avec une scénographie simple où les trois femmes sont assises sur un canapé et où Bonbon est située à une table côté cour.        <br />
              <br />
       Les rappels historiques comiques de Bonbon, toujours à bon escient, entrecoupent, sans bousculer l’histoire, la pièce. C’est frais et léger. Les jeux de mots, les situations décalées, autant du côté de l’histoire proprement dite que du côté historique, sont saupoudrés d’humour. Un humour qui se nourrit de finesse et de jeux de mots où les comédiennes jouent d’imitations et de personnages très marqués. À l’exception de Bonbon, elles incarnent des modes de pensées qui s’habillent d’un état d’esprit d’époque pas aussi lointain. Ce qui donne lieu à réfléchir sur notre société qui, encore aujourd’hui, est conservatrice dans le regard social et politique qu’elle a, entre autres, de la femme.       <br />
              <br />
       Ce sont des histoires qui cohabitent avec l’Histoire qui cohabitent avec l’humour qui cohabitent avec finesse !
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     <div><b>"Et pendant ce temps Simone veille !"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6994042-10698197.jpg?v=1410942648" alt="Retour en forme de comédie sur l’histoire sociale de la femme en France depuis 1945" title="Retour en forme de comédie sur l’histoire sociale de la femme en France depuis 1945" />
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      Une pièce de Corinne Berron, Bonbon, Hélène Serres, Vanina Sicurani et Trinidad.       <br />
       Sur une idée folle de Trinidad.       <br />
       Avec : Bonbon, Karina Marimon, Hélène Serres et Vanina Sicurani.       <br />
       Collaboration artistique : Corinne Berron.       <br />
       Texte des chansons : Trinidad.       <br />
       Arrangements musicaux : Michaël Lapie.       <br />
       Costumes : Marc Clément.       <br />
       Création Lumière : Rosemay Lejay.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 septembre au 3 janvier 2015.</span>       <br />
       Mardi au samedi à 21 h, séance supplémentaire le samedi à 17 h, dimanche à 17 h.       <br />
       Comédie Bastille, Paris 11e, 01 48 07 52 07.       <br />
       <a class="link" href="http://www.comedie-bastille.com/appert/" target="_blank">&gt;&gt; comedie-bastille.com</a> 
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Retour-en-forme-de-comedie-sur-l-histoire-sociale-de-la-femme-en-France-depuis-1945_a1199.html</link>
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