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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-10-07T05:50:29+02:00</dc:date>
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   <title>"Les Vengeurs - Le Flower Killer" Un retour "théâtralement télévisuel" dans les années quatre-vingt, jouissif et libératoire</title>
   <pubDate>Wed, 02 Oct 2024 07:23:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Un duo, surnommé les Vengeurs, est chargé d'enquêter sur la mort mystérieuse de plusieurs pervenches. Au cours d'une quête haletante, ces vengeurs vont côtoyer des personnages hauts en couleurs (voire totalement barrés) et mettre à jour un gigantesque complot destiné à déstabiliser le pays.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83189120-59596636.jpg?v=1727809074" alt=""Les Vengeurs - Le Flower Killer" Un retour "théâtralement télévisuel" dans les années quatre-vingt, jouissif et libératoire" title=""Les Vengeurs - Le Flower Killer" Un retour "théâtralement télévisuel" dans les années quatre-vingt, jouissif et libératoire" />
     </div>
     <div>
      Il a dû en falloir de l'imagination, de l'inspiration fertile et du temps, à Carlos Lafuente et à Jennifer Moret, pour élaborer une pièce semblable, rendant finalement hommage à la TV des années quatre-vingt, une télé définitivement obsolète, mais non dénuée de potentiel impérissable.       <br />
              <br />
       Inspirée en grande partie par la série &quot;Chapeau Melon et Bottes de cuir&quot; – mettant en scène le personnage de John Steed accompagné de différentes partenaires féminines dont la plus connue est Emma Peel, tous deux nommés ici Emmy Perle et Joe Speed, le couple mythique de la série –, la pièce &quot;Les Vengeurs&quot; est un spectacle délicieusement décalé et régressif, dont on peut dire qu'elle est <span style="font-style:italic">&quot;la seule série policière adaptée au Théâtre&quot;</span> (sic).       <br />
              <br />
       D'aucuns se souviendront aussi, en assistant à cette pièce, de certaines publicités, elles aussi désuètes, du moins celles et ceux les plus adeptes du petit écran ! Ou encore de &quot;Dallas&quot;, &quot;Zorro&quot; ou &quot;L'Homme qui valait trois milliards&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83189120-59596639.jpg?v=1727809101" alt=""Les Vengeurs - Le Flower Killer" Un retour "théâtralement télévisuel" dans les années quatre-vingt, jouissif et libératoire" title=""Les Vengeurs - Le Flower Killer" Un retour "théâtralement télévisuel" dans les années quatre-vingt, jouissif et libératoire" />
     </div>
     <div>
      Pour assister aux &quot;Vengeurs - Le Flower Killer&quot;, il est certes préférable d'aimer la comédie à la folie, et de savoir se laisser porter par elle. Préférable aussi d'aimer les bons jeux de mots frôlant l'absurde, d'aimer rire sans arrière-pensée. De se laisser porter. Juste pour passer un bon moment, simple et divertissant.       <br />
              <br />
       En revanche, il est fort probable – au risque de nous répéter – que l'écriture de la pièce n'a pas dû être aussi fluide. Car la transmission du rire n'est guère chose aisée. Ni celle de la parodie.       <br />
              <br />
       Pourtant, le résultat est probant, les six comédiennes et comédiens revêtent leurs différents costumes respectifs avec sincérité et véracité, portés(es) par un texte dont, par moments, peut-être, nous aurions préféré ne pas percevoir les insertions un peu trop &quot;prévisibles&quot;.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Après plusieurs réécritures, nous avons fait le choix de passer du sourire au rire tout en gardant la structure d'enquête policière solide. Nous avons &quot;poussé les curseurs&quot; en nous inspirant de l'humour déjà bien présent dans la série, pour en faire un divertissement assez potache, sans perdre de vue l'enquête&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Certes, les &quot;curseurs&quot; sont effectivement très haut placés à de nombreuses reprises pour ce qui est de l'humour, mais l'ensemble est en totale adéquation avec la mise en scène, ainsi que le choix des costumes. Une certaine plasticité dans les tenues des comédiennes qui, à bien y regarder, ne sont pas si démodées que cela (les tenues, pas les comédiennes !)… Et qui accordent à leurs silhouettes harmonieuses une élégance certaine.       <br />
              <br />
       Le public ressent une grande complicité entre les deux comédiennes et les quatre comédiens, laquelle apporte à cette comédie policière une jolie couleur ensoleillée malgré le meurtre des pervenches !       <br />
              <br />
       Par ailleurs, une dimension écolo de la pièce est finement ajustée, faisant un clin d'œil approprié à nos &quot;années 2000&quot;, et permet de reconcentrer le public plutôt habilement derrière une impression d'emblée farfelue.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Vengeurs - Le Flower Killer"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83189120-59596691.jpg?v=1727809127" alt=""Les Vengeurs - Le Flower Killer" Un retour "théâtralement télévisuel" dans les années quatre-vingt, jouissif et libératoire" title=""Les Vengeurs - Le Flower Killer" Un retour "théâtralement télévisuel" dans les années quatre-vingt, jouissif et libératoire" />
     </div>
     <div>
      &quot;Les Vengeurs - Le Flower Killer&quot;       <br />
       Texte : Carlos Lafuente et Jennifer Moret.       <br />
       Mise en scène : Jennifer Moret       <br />
       Avec : Thomas Bousquet, Hervé Terrisse, Jennifer Moret, Françoua Garrigues, Mathieu Montbroussous et Julie Bori en alternance avec Aline Parmenon.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 septembre au 24 décembre 2024.</span>       <br />
       Mardis à 21 h 15. Relâche le 29 octobre.       <br />
       Théâtre La Divine Comédie, Paris 9e,  01 42 46 03 63.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredivinecomedie.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredivinecomedie.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque</title>
   <pubDate>Thu, 06 Jun 2024 10:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   D'abord, il y a l'esprit. L'esprit de l'Aventure. Avec un grand "A". L'aventure comme une évidence de vie, comme la vie même que chacun découvre à chaque jour qu'il franchit au travers des déserts, des montagnes, des jungles ou des "salons salles-à-manger", c'est selon… Mais elle est là, c'est ce que nous dit sans préambule le personnage incarné par Lionel Dray, tout équipé qu'il est d'une armure et d'une immense carte dans le dos, sur lequel il semble collé comme une figure panini.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80785578-58259470.jpg?v=1717665330" alt=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" title=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" />
     </div>
     <div>
      Mais avant cette quête bien légitime pour tout être vivant, et en conformité avec tous les mythes qui entourent ce drôle de concept, il y a l'amour, la belle, la dulcinée du Toboso, sur les lèvres de laquelle l'aventurier puise ses forces pour partir. Elle est là, posée comme lui sur un échiquier géant, le visage couvert d'une haute tiare verticale et les pieds chaussés de bottes de drag queen sur lesquelles elle traverse l'espace, case noire après case noire, une démarche malhabile, mais qui la conduit près de lui, le pion, le fou, elle, la tour la reine. Et il part, dans son armure, pour un voyage qui va faire béer toutes les bouches des spectateurs.        <br />
              <br />
       Des pions, des fous, des chevaux, un roi, une reine, c'est bien tout l'attirail des chevaliers du Moyen Âge que représente cet échiquier sur lequel l'aventure commence. Mais hormis ce sol, la scénographie toute entière ressemble plus à une station service abandonnée des années quatre-vingt avec une drôle de carcasse de voiture sur le côté et une construction soutenant un grand rideau de lames de plastique, comme on en voit dans les garages ou les abattoirs, le tout éclairé par un alignement de lampadaires de rocade. Car l'Aventure enjambe les siècles et les époques, et celle qui va nous être racontée par Madame est bien intemporelle. Indéfinissable, même. Mais totale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80785578-58259471.jpg?v=1717665368" alt=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" title=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" />
     </div>
     <div>
      L'idée de départ de Lionel Dray et de Clémence Jeanguillaume tient en quelques mots : imaginer un aventurier qui soit à la fois Don Quichotte et Sancho Pança. Un mélange, une émulsion plutôt, comme l'huile et l'eau, entre l'idéal, le pur, le fou et le pragmatique, le concret, le raisonnable. Entre l'aveuglement de l'héroïsme, et la prudence de la couardise, entre l'absolu et le pratique. Voilà donc cet être étrange, dans son armure étrange, dans ce décor étrange, avec cette &quot;Madame l'Aventure&quot; étrange et qui s'appelle Jean-Pierre.       <br />
              <br />
       Ce sera plus d'une heure d'une folle équipée à laquelle nos deux créateurs vont nous emmener. Une course tragicomique à pied, en voiture, à cheval ou en cheval, dans ce décor qui finira peinturluré de mille couleurs en lieu et place du noir et blanc implacable de l'échiquier. Comme si la vie avait décidé de coloriser cette triste platitude du destin.        <br />
              <br />
       Usant de tous les moyens possibles, visuels, sonores, masques, poudres et fumées, ombres et corps, chants et cascades… Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume jettent aux yeux et aux oreilles des spectateurs une fantaisie débridée qui n'en est pas moins sourcée à une vraie vision du monde et de l'existence aventureuse. Jouant de multiples instruments, de sa voix et de son corps façonné par la danse contemporaine, Clémence Jeanguillaume se glisse sous les masques de multiples personnages.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80785578-58259473.jpg?v=1717665410" alt=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" title=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" />
     </div>
     <div>
      Des masques parfois simplistes, parfois ingénieux, mais toujours terriblement efficaces, créés par Loïc Nebreda, faits de divers matériaux, sourcés à différentes inspirations qui, elles aussi, enjambent les époques. Masques hauts comme des coiffes de grands prêtres, masques de perles de monstres plutôt inspirés de films effrayants…       <br />
              <br />
       Lionel Dray lui aussi crée ses propres masques éphémères avec des poudres colorées ou de l'argile, faisant de son visage une matière malléable et vaguement décrépie, comme si son visage, celui de Jean-Pierre, pouvait prendre la forme de tous les visages, comme celui du chevalier à la triste figure, comme d'aucuns. L'Aventure n'est pas toujours douce pour la chair humaine. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est qu'elle est la seule vraie amour de celui qui est en quête et non pas une simple mortelle, une simple dulcinée.       <br />
              <br />
       Voilà un spectacle dans lequel le jeu assumé des deux interprètes et auteurs exalte la fantaisie la plus débridée, la plus riche, mais aussi la plus poétique qui soit et l'on se demande parfois durant le spectacle si leurs inventions vont avoir une limite ou pas tellement le grain de folie qui les habite les poussent aux excès les plus réjouissants.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Madame l'Aventure"</b></div>
     <div>
      Une création de Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume.       <br />
       Avec : Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume.       <br />
       Création musicale : Clémence Jeanguillaume        <br />
       Scénographie : Jean-Baptiste Bellon        <br />
       Lumière et vidéo : Gaëtan Veber        <br />
       Son : Raphaël Joly        <br />
       Dramaturgie : Julien Vella        <br />
       Construction décor : Daniel Roussel        <br />
       Peinture : Daniel Roussel, Jean-Baptiste Bellon        <br />
       Masques : Loïc Nebreda        <br />
       Costumes : Gwendoline Bouget        <br />
       Illustration : Halim Talahari       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée estimée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 31 mai au 9 juin 2024.</span>       <br />
       Vendredi et samedi à 20 h, dimanche à 17 h.       <br />
       Théâtre des 13 Vents, Domaine de Gramont, Montpellier (34).       <br />
       Créé le 31 mai 2024 au Théâtre des 13 Vents dans le cadre de la 38e édition du Printemps des Comédiens (du 30 mai au 21 juin 2024).       <br />
       <a class="link" href="https://printempsdescomediens.com/" target="_blank">&gt;&gt; printempsdescomediens.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80785578-58259470.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Madame-l-Aventure-Pas-seulement-une-promesse-de-depaysement-mais-un-cadeau-colore-musical-et-clownesque_a3930.html</link>
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   <title>Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin</title>
   <pubDate>Mon, 12 Jul 2021 09:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Peer Gynt" est en lui-même, en actes et en parole, un paradoxe vivant. Durant toute la pièce d'Ibsen, il a l'obstination de fuir toutes les contraintes de l'existence réelle afin de ne se plier à aucun devoir et pour "être soi-même" comme il le clame au long de la pièce. Mais il désire de toutes ses forces devenir roi, empereur ou quoique ce soit d'autre qui soit une réussite éblouissante. En quelque sorte être roi sans que rien ne soit changé en lui, sans qu'il subisse aucune contrainte, aucune déformation. Pris entre ces deux impératifs inconciliables, un destin exceptionnel et tragique se dessine fatalement devant lui.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57648868-42679343.jpg?v=1626077493" alt="Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin" title="Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin" />
     </div>
     <div>
      Et les épreuves qu'il va rencontrer (une vie entière que retrace cette pièce gigantesque qui ne dure ici que trois heures) seront vécues et dépassées à chaque fois par un double motif. Tout est double chez Peer Gynt. Chaque envers a son endroit. Chaque médaille, son revers. Dès les premiers mots de la première scène entre sa mère et lui, cette dualité se met en place : d'un côté le réel, de l'autre l'imaginaire. Et les autres épisodes de la pièce seront également vécus sous deux astres. C'est le signe des âmes poétiques qui ne peuvent se résoudre à un seul motif pour étayer leurs choix.       <br />
               <br />
       Enfant, puis jeune homme, c'est un rien, un moins que rien que ce Peer (diminutif de Peter) élevé par sa mère seule, en pur dénuement, dans un petit village perdu dans les montagnes. Un enfant du peuple, et même du bas peuple, méprisé par les autres villageois. On le découvre dès le début de la pièce s'évadant de sa réalité médiocrissime grâce à son imaginaire et même grâce aux affabulations les plus délirantes et aux désirs les plus irréalisables et aux promesses les plus intenables. Pour cette verve de conteur, d'inventeur, de mythomane capable de mêler sa vraie vie aux contes les plus populaires, les autres le regardent comme on regarde un fou. Il est une victime des moqueries jusqu'à ce qu'il fasse une chose que la morale réprouve : séduire une jeune mariée et la &quot;déshonorer&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57648868-42679354.jpg?v=1626077584" alt="Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin" title="Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin" />
     </div>
     <div>
      Chassé par les villageois, il doit fuir. Mais cette fuite qu'il a provoquée était le seul moyen pour lui de s'échapper de ce village où rien ne l'attend. Fuir pour espérer devenir roi, ou empereur, ou quoique ce soit d'autre de grandiose. Peer Gynt est systématiquement la victime et la cause de ces incessants bonds tout autour de la planète. Une planète qu'on le voit parcourir d'épisodes en épisodes : du pays légendaire des trolls, aux Amériques, au Moyen-Orient, aux Indes et aux Asiles d'Aliénés, jusqu'à revenir dans les fjords glacés de Norvège. Ibsen l'emporte ainsi dans des régions à la fois géographiques, mais aussi chargées de mythologie moderne, de contes, de légendes.       <br />
               <br />
       Anne-Laure Liégeois a fait une adaptation intuitive, intelligente, du long texte d'Ibsen. Elle met ainsi en avant une des thématiques puissantes de la pièce : &quot;il&quot; est Celui qui ne trouve pas sa place, l'exilé perpétuel, même chez lui, celui qui n'en a plus. Sa mise en scène ne masque à aucun moment les côtés noirs, dérangeants et inhumains du personnage. Il possède autant de facettes qu'un être ordinaire, mais la lecture qui est faite ici du personnage fait ressortir le tragique de ce destin qui se bat sans cesse pour soulever des montagnes, mais dont on sait pertinemment que chaque nouveau succès sera suivi d'un nouvel échec, d'une nouvelle fuite, à cause de cet orgueil qui le perd à chaque nouvelle étape, mais qui sauve son identité, son nom, son être.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57648868-42679366.jpg?v=1626077730" alt="Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin" title="Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin" />
     </div>
     <div>
      Ils sont seize au plateau pour interpréter la cinquantaine de personnages qui donnent vie à cette histoire. La scénographie sobre et modulable, sur deux niveaux dans la première partie, leur laisse un vaste espace de jeu où ils inventent avec précision et énergie chaque nouvelle scène, chaque nouveau lieu. Les costumes et les accessoires (masques, grimages) suffisent à nous faire plonger dans l'imaginaire des légendes et les visions d'Ibsen. Rappelons que les distributions du spectacle d'été du théâtre du Peuple sont toujours partagées entre comédiens professionnels et comédiens amateurs. Le travail fait avec eux par Anne-Laure Liégeois réussit à créer une harmonie totale entre tous.       <br />
               <br />
       La représentation dure trois heures, entracte compris, mais la vivacité des tableaux et des scènes fait oublier le temps. La pièce elle-même y contribue, faite à parts égales de fantaisie et de réalisme, dont la belle écriture et la rugosité de certaines scènes fascinent étrangement. On sent que le personnage titre est le double onirique d'Ibsen, pris entre son appétit vertigineux pour le rêve, l'invention, le roman et sa faim inextinguible de réussite réelle et concrète. Comme une lutte avec lui-même, et avec le monde, la société.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57648868-42679431.jpg?v=1626077840" alt="Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin" title="Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin" />
     </div>
     <div>
      Cette création a le grand mérite de moderniser de façon habile les dialogues, les thématiques et surtout les personnages d'Ibsen pour en faire nos contemporains. À noter en particulier les jolies performances des deux comédiens interprétant Peer Gynt (qui sont père et fils à la ville) : Olivier Dutilloy en Peer Gynt de plus de cinquante ans, qui donne une solide, riche et accessible interprétation du rôle, Ulysse Dutilloy, le jeune Peer Gynt, très crédible, développant une impression de très grande aisance et une vitalité d'une fraîcheur totale. Un autre rôle important, la mère du héros, est incarné par Laure Wolf. Elle y démontre une intelligence de jeu et une sensibilité qui modernise totalement son rôle et nous l'attache au cœur.       <br />
               <br />
       Et puis il y a la nature, omniprésente, les montagnes, les déserts, les océans, et même le vent, l'air, les nuages, les animaux, qui parcourent la pièce parmi les humains. Cette nature qui apparaît ici comme un autre monde possible, en plus de l'imaginaire, de la folie, surtout pour cet exilé perpétuel, Peer Gynt, qui raconte tant sur les rêves et les vies brisés des exilés modernes, les migrants, économiques, politiques ou climatiques. L'adaptation d'Anne-Laure Liégeois a cette capacité de nous faire voir, entendre et comprendre ce qui se joue intimement dans ces exils et le combat impitoyable qui existe entre une réalité qui ressemble à une fiction et un imaginaire d'une force à tout dévaster. Écartèlement qu'Ibsen laisse délicatement béant.       <br />
              <br />
       À la fin, la solitude du rêveur disparaît dans une nature qui ne le décevra peut-être pas.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Peer Gynt"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57648868-42679474.jpg?v=1626078208" alt="Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin" title="Le Théâtre du Peuple et Anne-Laure Liégeois offrent à "Peer Gynt" la porte par laquelle s'enfuir enfin" />
     </div>
     <div>
      Texte : Henrik Ibsen.       <br />
       Adaptation libre d'après les traductions de M. Prozor et P. G. La Chesnais.       <br />
       Mise en scène : Anne-Laure Liégeois.       <br />
       Assistante mise en scène : Sanae Assif.       <br />
       Stagiaire mise en scène : Louise de Bastier.       <br />
       Avec : Sanae Assif, Arthur Berthault, Rébecca Bolidum, Thierry Ducarme, Martial Durin, Olivier Dutilloy, Ulysse Dutilloy-Liégeois, Clémentine Duvernay, Juliette Fribourg, Marc Jeancourt, Sébastien Kheroufi, Michel Lemaître, Matteo Renouf, Chloé Thériot, Laure Wolf, Edwina Zajdermann.       <br />
       Lumière : Guillaume Tesson.       <br />
       Costumes : Séverine Thiébault.       <br />
       Stagiaire costume : Anouk Magne.       <br />
       Scénographie : Anne-Laure Liégeois et Aurélie Thomas.       <br />
       Remerciements particuliers à François Corbal et François Leymarie.       <br />
       Régie générale : Cécile Robin et Sylvain Tardy.       <br />
       Régie son : Orane Duclos et Étienne Martinez.       <br />
       Régie lumière : Nicolas Galland et Zacharie Volle.       <br />
       Construction et régie plateau : Clément Breton.       <br />
       Cheffe d'atelier costumes : Florence Demingeon.       <br />
       Costumière et habillage : Marie-Frédérique Fillion.       <br />
       La plupart des musiques du spectacle sont issues de Peer Gynt d'Edvard Grieg.       <br />
       Durée : 3 h environ (avec entracte).       <br />
       Spectacle conseillé à partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 juillet au 1er août 2021.</span>       <br />
       Du jeudi au dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre du Peuple Maurice Pottecher, Grande Salle, Bussang (88).       <br />
       03 29 61 62 47 - info@theatredupeulple.com       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredupeuple.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredupeuple.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57648868-42679343.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Theatre-du-Peuple-et-Anne-Laure-Liegeois-offrent-a-Peer-Gynt-la-porte-par-laquelle-s-enfuir-enfin_a3001.html</link>
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   <title>"L'enfant cachée dans l'encrier"… Une forme d'enfance perpétuelle… et le drame de la vie sous-jacent</title>
   <pubDate>Wed, 31 May 2017 08:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Pitchouns]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Joël Jouanneau est un familier de Thomas Bernhard, de Samuel Beckett et de William Shakespeare. Il écrit patiemment et méthodiquement un répertoire pour la jeunesse. De fables, de contes mêlant gravité et cocasserie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/14150824-20192043.jpg?v=1496211724" alt=""L'enfant cachée dans l'encrier"… Une forme d'enfance perpétuelle… et le drame de la vie sous-jacent" title=""L'enfant cachée dans l'encrier"… Une forme d'enfance perpétuelle… et le drame de la vie sous-jacent" />
     </div>
     <div>
      Le récit de &quot;L'enfant cachée dans l'encrier&quot; (qu'il met en scène) décrit les vacances de l'enfant qu'il était dans le château du père. Du fond d'un grenier réapparaissent les traces de l'enfance, le cahier intime, qui laissent au moment de leur redécouverte transparaître l'empreinte sur l'homme devenu adulte.       <br />
              <br />
       Dans &quot;L'enfant cachée dans l'encrier&quot;, il y a la sœur perdue dans l'encrier, le père grand amiral, les récits d'aventures et de marins, les récits de métamorphose. Il est question de la solitude qui gagne, de l'ennui qui se diffuse et ne doit pas nuire (pas <span style="font-style:italic">ennuire</span>). Qui trouve sa diversion (son divertissement) dans l'imaginaire et l'écriture.       <br />
              <br />
       L'incertitude syntaxique taraude tout le texte. Toute action est exprimée par l'infinitif du verbe. L'intention y est ainsi dans sa toute puissance. D'une certaine façon portée avec aussi puissance et finesse par le comédien Dominique Richard, tous les temps de la représentation se trouvent contaminés par cet infinitif omniprésent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/14150824-20192052.jpg?v=1496211819" alt=""L'enfant cachée dans l'encrier"… Une forme d'enfance perpétuelle… et le drame de la vie sous-jacent" title=""L'enfant cachée dans l'encrier"… Une forme d'enfance perpétuelle… et le drame de la vie sous-jacent" />
     </div>
     <div>
      Le spectacle conduit ainsi un mode qui participe du passé, vit un présent indéfini et dénote une manière de doute lié à l'absence, comme à la présence. Posant ainsi une forme d'enfance perpétuelle et le drame de la vie sous-jacent.       <br />
              <br />
       La mise en scène, rigoureuse, exploite de manière minimaliste les codes du théâtre. Plancher comme un radeau, objets épars, ancre tombant des cintres se balançant. Le comédien, liseur, conteur, fabulateur, acteur remplit l'espace et le temps d'imaginaire. Le public applaudit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'enfant cachée dans l'encrier"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/14150824-20192054.jpg?v=1496211850" alt=""L'enfant cachée dans l'encrier"… Une forme d'enfance perpétuelle… et le drame de la vie sous-jacent" title=""L'enfant cachée dans l'encrier"… Une forme d'enfance perpétuelle… et le drame de la vie sous-jacent" />
     </div>
     <div>
      Texte : Joël Jouanneau.       <br />
       Mise en scène : Joël Jouanneau.       <br />
       Avec : Dominique Richard.       <br />
       Scénographie &amp; costumes : Vincent Debats.       <br />
       Lumières : Thomas Cottereau.       <br />
       Son : Samuel Favart.       <br />
       Collectif Râ, Théâtre en chemin.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 mai au 2 juin 2017.</span>       <br />
       Lundi à 14 h 30 et 19 h 30, mardi à 10 h et 15 h 15, mercredi à 15 h, jeudi à 10 h et 14 h 30, vendredi à 15 h 15 et 19 h 30.       <br />
       Théâtre des Abbesses, Paris 18e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaville-paris.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/14150824-20192043.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-enfant-cachee-dans-l-encrier-Une-forme-d-enfance-perpetuelle-et-le-drame-de-la-vie-sous-jacent_a1817.html</link>
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