<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-13T18:51:29+02:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-84697178</guid>
   <title>"Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…</title>
   <pubDate>Tue, 03 Dec 2024 20:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand on a treize ans, la tête pleine du rêve fabuleux de devenir actrice, et que l'on rencontre sur une plateforme de jeux vidéo l'avatar bien réel d'un séducteur en faisant profession, on devient une proie… rêvée ! Entre jeux et réalités virtuelles, les personnages – tout droit sortis de l'imaginaire documenté de l'autrice metteuse en scène Marion Siéfert – se cherchent, se trouvent, s'affrontent, brouillant les frontières entre deux mondes : le monde dit réel et son double, le metaverse. Reflets troublants d'un miroir à facettes nous faisant perdre nos propres repères dans un "dé-lire" du monde comme il va.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84697178-60458252.jpg?v=1733254602" alt=""Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…" title=""Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…" />
     </div>
     <div>
      Dans &quot;Jeu et réalité&quot;, le psychanalyste britannique Winnicott annonçait en son temps l'importance pour la construction du petit d'homme d'un &quot;espace intermédiaire entre le dehors et le dedans&quot;. Un espace où le potentiel virtuel de chacun(e) pourrait librement s'exprimer sans être assujetti aux diktats des jeux réglés. De nos jours, le succès phénoménal des jeux de rôle en ligne où, chacune et chacun &quot;à l'abri&quot; derrière son écran, casque vissé aux oreilles et manette en mains, s'invente de toutes pièces un personnage pour le faire vivre (et mourir) au risque du contact avec d'autres avatars, ne peut qu'accréditer cette vision.       <br />
              <br />
       Ainsi de Mara, cette toute jeune fille qui, comme beaucoup d'autres, ressent le besoin vital de faire craquer les coutures trop étriquées du monde qu'elle habite. Une échappatoire ressentie comme salutaire lui permettant d'expérimenter dans le monde virtuel ce que le quotidien ne peut lui offrir, une évasion &quot;sur mesure&quot; dans l'univers fantastique d'un Role Play sur le Net… Là, comme par miracle, elle va rencontrer &quot;pour de vrai&quot; le prince charmant – version gourou du double de son âge – un avatar bien réel qui la prend sous son aile, usant de tous les artifices de la séduction afin de la modeler en star du jeu vidéo dont il est le promoteur : elle ne sera pas actrice, c'est dépassé dans le monde d'aujourd'hui, mais superstar d'un jeu vidéo, un produit à vendre sur le net en pièces détachées… et, en ce qui le concerne, à &quot;consommer&quot; en direct.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84697178-60458255.jpg?v=1733254647" alt=""Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…" title=""Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, nous sommes immergés dans le monde explosif des jeux vidéo en découvrant - sur grand écran - une poursuite à tirs nourris, commentée en simultané par les deux protagonistes. Du virtuel au réel, d'entrée les frontières se floutent, les avatars sortant du jeu pour, champ contre champ, s'exposer l'un et l'autre dans un échange évocateur de la candeur de la jeune fille livrée à son rêve de devenir comédienne et de la fourberie manipulatrice du concepteur de &quot;Daddy&quot;, ce jeu destiné à le rendre lui riche et célèbre.        <br />
              <br />
       Et si dans le monde du metaverse, les personnages vivent et meurent au gré de leur créateur (ainsi de l'habilleuse, ancienne jeune star tombée en désuétude), dans ses coulisses les rapports réels de domination entre les deux sexes perdurent. Ainsi de l'emprise de Julien sur Mara ; il n'aura de cesse de passer sans transition d'une valorisation sans limites à une humiliation sans limites aucune, en en faisant, entre autres, son objet sexuel.       <br />
              <br />
       D'autres personnages crèveront l'écran pour faire irruption dans le réel. Lena, la concurrente directe de Mara, la petite nouvelle qui va l'évincer, elle ayant pourtant bénéficié du fait ses origines plus aisées de cours de théâtre… Lena, bannie sur le champ du monde virtuel, explosant littéralement et montrant in situ (elle déserte l'écran et la scène pour bondir dans la salle) tout ce que sa nature généreuse de femme accomplie peut très concrètement offrir aux spectateurs mâles…        <br />
              <br />
       Mais aussi la super show girl en robe lamée à sequins chantant &quot;Daddy&quot; de Marilyn Monroe, avatar à s'y méprendre de son modèle, et s'élevant vers les cintres, hissée par des filins… avant de subir le destin commun aux anges déchus. Un univers où &quot;les règles du jeu&quot; échappent à toute valeur humaine, où seul le profit tient lieu de boussole. Ainsi du superviseur de &quot;Daddy&quot;, le concepteur du jeu dont Julien est le maître d'œuvre (artistique).       <br />
              <br />
       Cependant, les créatures formatées par Julien-Daddy – lequel, dénué de tous scrupules et branché sur ses seuls intérêts, en &quot;tue&quot; allègrement une pour gagner l'instant d'après les faveurs de l'autre – gardent envers et contre tout, dissimulé en elles, un fond de rébellion (est-on dans le jeu ou dans le réel ?) amenant l'héroïne à régler son sort au prédateur monstrueux. Même dans le metaverse les happy ends existent… dans une coloration ici des plus trashes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84697178-60458339.jpg?v=1733255091" alt=""Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…" title=""Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…" />
     </div>
     <div>
      Dans une scénographie &quot;tombe la neige&quot; (cf. le tube sirupeux de Salvatore Adamo) en contrepoint avec la violence des liens de domination &quot;mis en jeu&quot;, se vivent les rapports aux autres jusqu'à en mourir… pour de faux ou pour de vrai ? De même que le décor dans lequel la neige est récurrente, matière neigeuse liquide et solide à la fois, les limites entre réalité et virtualité se floutent pour faire entendre que le monde des jeux numériques n'est que l'interface de notre monde, une porte d'entrée d'autant plus sensible qu'elle se pare des habits du ludique… Est-ce la raison pour laquelle, on sort quelque peu déstabilisé de ses trois heures de &quot;projection&quot; ? Échapper à sa zone de confort, douter… un effet redoutable autant que salutaire.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 27 novembre 2024, dans la Grande salle Vitez du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Daddy"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84697178-60458384.jpg?v=1733255130" alt=""Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…" title=""Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…" />
     </div>
     <div>
      Créé le 9 mars 2023 au Centre national de danse contemporaine – Angers.       <br />
       Texte : Marion Siéfert et Matthieu Bareyre.       <br />
       Le texte d'Ayla est tiré d'un écrit d'Anna Jammes Etcheto.       <br />
       Mise en scène : Marion Siéfer.       <br />
       Assistante mise en scène : Mathilde Chadeau.       <br />
       Avec : Émilie Cazenave, Lou Chrétien-Février, Jennifer Gold, Lila Houel, Lorenzo Lefebvre ou Louis Peres (en alternance), Charles-Henri Wolff.       <br />
       Conception scénographie : Nadia Lauro.       <br />
       Lumière : Manon Lauriol.       <br />
       Création sonore : Jules Wysocki.       <br />
       Vidéo, Antoine Briot.       <br />
       Création costumes : Romain Brau (pour les robes de Lila Houel et les tenues de Jennifer Gold), Chloé Courcelle (pour le top de Lorenzo Lefebvre), Anne Pollock, Valentine Solé.       <br />
       Création maquillages : Dyna Dagger, LouThonet.       <br />
       Création perruques : Kevin Jacotot.       <br />
       Collaboration aux chorégraphies comédie musicale : Patric Kuo.       <br />
       Collaboration aux castings : Leila Fournier, Laetitia Goffi.       <br />
       Chorégraphie de combat : Sifu Didier Beddar.       <br />
       Musicienne : Sigolène Valax.       <br />
       Production : Ziferte Productions.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 3 h 05.       <br />
              <br />
       Représenté du mercredi 27 au vendredi 29 novembre 2024 au TnBA, Théâtre national Bordeaux Aquitaine.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">11 et 12 décembre 2024 :</span> CDNO - CDN, Orléans (45).       <br />
       11 et 12 mars 2025 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       Du 27 au 29 mars 2025 : Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne (Suisse).       <br />
       Du 22 au 25 mai 2025 : Grande Halle de la Villette, Paris (75).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84697178-60458396.jpg?v=1733255171" alt=""Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…" title=""Daddy", Game and reality : Mara au péril des merveilles…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/84697178-60458252.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Daddy--Game-and-reality-Mara-au-peril-des-merveilles_a4094.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-7575433</guid>
   <title>"Zigmund Follies" de Philippe Genty, un carnaval de la conscience des plus désopilants</title>
   <pubDate>Mon, 16 Mar 2015 17:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'aventure dure depuis trente-deux ans et reste éblouissante. Dans "Zigmund Follies", Philippe Genty réécrit la loi des avatars à la force du babil et de la main. Son passage à Paris est un événement. "Zigmund Follies" ? C'est l'histoire d'un conteur qui travaille tellement du chapeau qu'il se rend compte que sa main gauche lui fait sa poche, et que pour remettre de l'ordre seul l'inspecteur Félix Nial, suspicieux et plein d'allant, peut lui venir en aide.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7575433-11693509.jpg?v=1426534745" alt=""Zigmund Follies" de Philippe Genty, un carnaval de la conscience des plus désopilants" title=""Zigmund Follies" de Philippe Genty, un carnaval de la conscience des plus désopilants" />
     </div>
     <div>
      Enfin, si l'on veut. Dans une traversée désopilante de l'autre côté du miroir, le conteur, sous l'influence maligne de ce personnage et les chausse-trapes du langage, est pris dans les rets de sa propre histoire qui devient un labyrinthe où tout prend forme et s'interprète au pied de la lettre, ce qui ne manque pas d'R. Une intonation de la voix, une posture de l'index et de l'auriculaire suffisent pour installer un caractère plus surement qu'un traité savant : celui de la créature débordant son créateur.       <br />
              <br />
       Comme dans &quot;Alice au pays des merveilles&quot;, au rythme d'un music-hall digne des &quot;Ziegfeld Follies&quot;, un jeu de mots, une image impromptue imposent une frénésie de représentation, libèrent les forces fantasques, les besoins de gags qui agitent le cœur de l'homme. Nial enquête, saute de noyaux d'histoires en noyaux d'histoires, réinterprète, réorganise, réoriente, réarrange dans une logique implacable et continue. <span style="font-style:italic">Va ! La nave va ! The show must go on.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7575433-11693543.jpg?v=1426534814" alt=""Zigmund Follies" de Philippe Genty, un carnaval de la conscience des plus désopilants" title=""Zigmund Follies" de Philippe Genty, un carnaval de la conscience des plus désopilants" />
     </div>
     <div>
      Et le spectateur en reste ébahi, rempli de joie de voir comment il se fait tirer par le bout du nez, comment la parole dominante du narrateur s'impose au conteur &quot;qui n'en peut mais&quot;*. &quot;Zigmund Follies&quot;, dans une forme spectaculaire miniature, est une ode au génie de l'homme à transformer son monde. Celui des rêves.       <br />
              <br />
       Le théâtre de Philippe Genty, plus que de marionnette, est un théâtre de doigts, un théâtre de mains… de maître qui défie les lois de la métamorphose. Virtuose de la métaphore et de la métonymie, de la métaphore métonymique et de la métonymie métaphorique, il renvoie les burlesques du gag et le divan de la psychanalyse au rang d'accessoire.       <br />
              <br />
       Il y a là un carnaval de la conscience des plus désopilants.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Formule peu usitée signifiant : &quot;qui ne peut rien&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Zigmund Follies"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7575433-11693554.jpg?v=1426534843" alt=""Zigmund Follies" de Philippe Genty, un carnaval de la conscience des plus désopilants" title=""Zigmund Follies" de Philippe Genty, un carnaval de la conscience des plus désopilants" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Philippe Genty, assisté de Mary Underwood.       <br />
       Avec : Eric de Sarria et Philippe Richard.       <br />
       Cie Philippe Genty.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 30 mars au 5 avril 2015.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Le Grand Parquet, Paris 18e, 01 40 05 01 50.       <br />
       <a class="link" href="http://www.legrandparquet.net/" target="_blank">&gt;&gt; legrandparquet.net</a>       <br />
              <br />
       Jeudi 9 avril 2015 : Cosne-sur-Loire (58).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7575433-11693509.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Zigmund-Follies-de-Philippe-Genty-un-carnaval-de-la-conscience-des-plus-desopilants_a1308.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-3321019</guid>
   <title>Le cinéma, en chair et en vie</title>
   <pubDate>Sat, 01 Oct 2011 08:20:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gérard Biard</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Coin de l’œil]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Parce qu’il se déroule sur un écran et non sur une scène, le cinéma est toujours privé du qualificatif de "spectacle vivant". Une injustice qu’il est urgent de réparer.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3321019-4764812.jpg?v=1317624216" alt="Le cinéma, en chair et en vie" title="Le cinéma, en chair et en vie" />
     </div>
     <div>
      Dans la grande famille multiformes des arts du spectacle, le cinéma est victime d’un curieux paradoxe : alors que, depuis sa création, il n’a de cesse de reproduire le plus fidèlement possible la réalité - voir l’actuelle et ridicule mode du relief mis à toutes les sauces -, il n’est toujours pas considéré, plus d’un siècle après sa naissance, comme un spectacle &quot;vivant&quot;. Et tant pis si les spectateurs de l’<span style="font-style:italic">Arrivée d’un train en gare de la Ciotat</span> des frères Lumière, reculant effrayés car convaincus que la locomotive leur arrivait directement dessus, n’étaient déjà pas de cet avis en 1896. Quant aux millions de fans d’<span style="font-style:italic">Avatar</span> qui, lunettes de glacier sur le nez, essayent aujourd’hui d’attraper les insectes luminescents qui volètent autour des schtroumpfs géants de James Cameron, quel sans cœur osera aller leur révéler qu’ils ne sont pas dans la &quot;vraie vie&quot; de la planète Pandora ?       <br />
              <br />
       Parce que l’image en mouvement est en prise directe avec l’œil, parce qu’il n’est pas question de &quot;quatrième mur&quot;, parce que la grammaire cinématographique, avec ses gros plans, sa caméra subjective, ses panoramiques, ses plans séquences, permet une identification et une immersion immédiates, le cinéma est le spectacle le plus vivant qui soit. C’est d’autant plus vrai que nous vivons à l’ère de l’image absolue. Un enfant regarde la télévision parfois même avant de savoir parler. D’internet en <span style="font-style:italic">smartphones</span> divers, la communication et les échanges passent aujourd’hui tout autant, sinon plus, par l’image que par le verbe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3321019-4764860.jpg?v=1317625195" alt="Le cinéma, en chair et en vie" title="Le cinéma, en chair et en vie" />
     </div>
     <div>
      Certains diront que le cinéma n’a pas la noblesse de son plus proche parent, le théâtre. D’abord, c’est une &quot;industrie&quot;, qui est un vilain mot - mais on peut en dire autant de la musique ou de la chanson. Surtout, au cinéma, tout n’est que faux semblants, les acteurs peuvent rejouer la même scène, voire la même phrase, à l’infini, jusqu’à ce que le réalisateur tienne la bonne prise. Le montage, les truquages, désormais numériques - donc imperceptibles pour peu qu’ils soient correctement exécutés - la post-synchronisation, le doublage, tout est &quot;tricherie&quot;. C’est vrai. Le cinéma, c’est l’illusion érigée en système. À chaque art sa spécificité, son vocabulaire, ses instruments. Ceux du cinéma reposent sur la triche.       <br />
              <br />
       Mais n’en déplaise aux préférences avouées de Jouvet, qui disait ne faire du cinéma que pour nourrir sa troupe de théâtre, il est plus que probable qu’il ne serait aujourd’hui qu’une légende floue, un souvenir nostalgique, s’il n’avait pas fixé son talent sur pellicule. Quel spectateur, ému ou hilare devant ses performances dans <span style="font-style:italic">Knock</span>, <span style="font-style:italic">la Fin du jour</span>, <span style="font-style:italic">Quai des orfèvres</span>, <span style="font-style:italic">Hôtel du Nord</span>, n’a pas un jour regretté d’être né trop tard et de n’avoir pu admirer le bonhomme sur scène ? Ces regrets n’existeraient pas sans ces films. Sans le cinéma, Louis Jouvet ne serait qu’une Sarah Bernhardt de plus, un mythe figé et poussiéreux qui, dit-on, avait du talent…        <br />
              <br />
       C’est le cinéma qui a rendu immortel les grands comédiens du théâtre moderne. C’est lui qui a maintenu en vie les morts du spectacle vivant. Il serait temps de lui reconnaître, enfin, cette qualité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/3321019-4764812.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-cinema-en-chair-et-en-vie_a342.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
