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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-11T10:16:14+02:00</dc:date>
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   <title>Exploration de la jeunesse de Camille Claudel, femme créatrice au destin tragique</title>
   <pubDate>Wed, 14 Mar 2018 09:26:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Toute la jeunesse de la géniale artiste est exposée ici, presque à nu. Son ambition artistique, ses luttes pour imposer la place des femmes dans la sculpture et plus largement dans la société française ; et ses heurts et conflits avec l'esprit étriqué de sa famille sont le fond de trame principal de l'histoire qui nous est tricotée ici.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20839850-24137053.jpg?v=1521017708" alt="Exploration de la jeunesse de Camille Claudel, femme créatrice au destin tragique" title="Exploration de la jeunesse de Camille Claudel, femme créatrice au destin tragique" />
     </div>
     <div>
      Une manière de semer tous les indices capables d'expliquer, d'une part, sa &quot;folie&quot;, d'autre part, la condamnation au silence et à l'isolement qu'elle subira les trente dernières années de sa vie.       <br />
              <br />
       C'est finalement une histoire prise entre les hommes comme si ceux-ci étaient les deux parenthèses d'une vie qui finira brisée. Elle commence par la rencontre avec Auguste Rodin et se termine avec la mort de son père. Les deux hommes qui crurent en elle, qui l'aimèrent et la soutinrent.       <br />
              <br />
       La pièce commence par la rencontre de Camille et de son mentor dans l'atelier où elle pratiquait son art. Dans un décor de toiles tâchées par l'argile et le plâtre, on découvre la jeune femme de vingt ans en plein travail, avec deux de ses camarades. Protégées de la sécheresse par d'autres toiles, les statues d'argile sur lesquelles elles travaillent dissimulent en fait deux danseuses et un danseur qui, tout au long de la pièce, vont poser, le corps nu recouvert de collants et poudrés de blanc.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20839850-24137081.jpg?v=1521017755" alt="Exploration de la jeunesse de Camille Claudel, femme créatrice au destin tragique" title="Exploration de la jeunesse de Camille Claudel, femme créatrice au destin tragique" />
     </div>
     <div>
      C'est la grande force de ce spectacle que de donner vie à la recherche fondamentale de Camille : outre son obsession de l'exactitude de la représentation des corps, c'est à l'expression des sentiments humains que s'attachaient ses recherches. Et c'est cela qu'elle a réussi à transmettre à la matière inerte : l'émotion, l'instant palpitant de vie, le mouvement créé par l'impulsion plus que la pose esthétique de la statuaire classique.       <br />
              <br />
       L'interprétation de Célia Catalifo dans le rôle-titre est portée par l'émotion. Elle a la fraîcheur, la sensibilité et le talent d'actrice nécessaire à l'incarnation de ce rôle. Les autres interprètes façonnent avec efficacité leurs personnages, la mère de Camille, Auguste Rodin, aux caractères moins complexes. Quant au tortueux frère, Paul Claudel, il est interprété avec beaucoup d'habileté et d'invention par Clovis Fouin.       <br />
              <br />
       Le petit point faible du spectacle est la structure du texte écrit par Wendy Beckett. Écrite en scènes courtes, un peu à la manière d'un biopic destiné au cinéma, la pièce insiste sur l'époque, fin du XIXe, début du XXe, avec force robes à faux-culs et autres costumes comme une reconstitution. Cette construction et ces choix de mises en scène donnent un rythme mécanique au spectacle qui le ralenti.       <br />
              <br />
       Mais ce détail est vite gommé par la forte conviction des interprètes qui nous font vivre avec intensité et esthétisme le destin tragique et le début du chemin de croix de Camille Claudel, martyr de son époque, de l'esprit bourgeois de sa famille, et de la douleur infligée par sa grande déception amoureuse et la violence faite à son corps à cause de l'esprit bien-pensant de l'époque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Claudel - Camille Claudel de l'ascension à la chute"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20839850-24137088.jpg?v=1521017804" alt="Exploration de la jeunesse de Camille Claudel, femme créatrice au destin tragique" title="Exploration de la jeunesse de Camille Claudel, femme créatrice au destin tragique" />
     </div>
     <div>
      Écrit et mis en scène : Wendy Beckett.       <br />
       Avec : Célia Catalifo, Marie-France Alvarez, Marie Brugière, Swan Demarsan, Sébastien Dumont, Audrey Evalaum, Clovis Fouin, Christine Gagnepain, Mathilde Rance.       <br />
       Chorégraphies : Meryl Tankard.       <br />
       Traduction : Park Krausen, Christof Veillon.       <br />
       Scénographie : Halcyon Pratt.       <br />
       Projections : Régis Lansac.       <br />
       Costumes : Sylvie Skinazi.       <br />
       Lumière : François Leneveu.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 24 mars 2018.</span>       <br />
       Mardi à 19 h, du mercredi au samedi à 20 h, dimanche 16 h.       <br />
       Athénée Théâtre Louis-Jouvet, Paris 9e, 01 53 05 19 19.       <br />
       <a class="link" href="http://www.athenee-theatre.com/index.htm" target="_blank">&gt;&gt; athenee-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/20839850-24137053.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Exploration-de-la-jeunesse-de-Camille-Claudel-femme-creatrice-au-destin-tragique_a2069.html</link>
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   <title>"Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre</title>
   <pubDate>Mon, 12 Mar 2018 05:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La papauté est à la recherche de l'image pieuse de la personne de son pape pour la diffuser aux quatre coins de la chrétienté. L'huissier en queue de pie a convoqué le photographe vite aveuglé par l'apparition de Sa Sainteté. Pendant que frétille le cardinal qui se prépare pour prendre la suite. Jean Genet écrit la pièce "Elle" (1) sous le pontificat finissant de Pie XII qui fut bien silencieux pendant la barbarie nazie…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20768859-24099234.jpg?v=1520860469" alt=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" title=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" />
     </div>
     <div>
      &quot;Elle&quot; révèle les dessous pas forcément évangéliques de la pose papale, en exploitant les ressources de la farce, de la satire et du brocard. En posant cette ancienne et toujours actuelle question : l'habit, la posture, le geste font ils le moine ? Le pape en l'espèce ?       <br />
              <br />
       Et ce, bien avant le défilé de mode ecclésiastique de &quot;Fellini Roma&quot;.       <br />
              <br />
       Alfredo Arias qui met en scène et joue le rôle principal s'en donne à cœur joie, exploitant toutes les ressources de la langue et de la situation. &quot;Elle&quot; est celle d'un vieil homme sénile, infantile, abruti par le rôle et la puissance qu'on lui assigne. Plein de bonne volonté pour trouver un rôle, dont il est le jouet conscient. Le pape est à jamais voué, oint, très oint, à jamais contraint à la componction et ne sait pourquoi. Dépositaire de pouvoir et ne sait pourquoi. Au centre de tout et rencontrant le vide. Sacrifié en quelque sorte. À bien y réfléchir perdu comme un enfant. Telle est Sa Sainteté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20768859-24099244.jpg?v=1520788959" alt=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" title=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" />
     </div>
     <div>
      Ou plutôt devrait-on dire Sa Suavité tant l'homme en blanc est objet de désir. Et la solution de son problème d'image passe par une dissolution de son Être. Comme un morceau de sucre tout blanc qui disparaîtrait dans une tasse de café. Ainsi vont les métamorphoses et les instantanés rêvés. La métaphore de Genet est dévastatrice à fort pouvoir comique et provocateur.       <br />
              <br />
       Dans le spectacle proposé, la pièce de Genet est encadrée par deux textes qui l'éclairent et le renforcent. En guise de prologue, Marcos Montes porte un texte de Sade extrait de &quot;Juliette ou les prospérités du vice&quot;, par lequel son Héroïne s'adresse au pape Pie VI <span style="font-style:italic">(2)</span> pour mieux le séduire et le pervertir. Dans la scène finale, Alejandra Radano fait éclater la rage de Pasolini qui crie et interpelle Pie XII totalement insensible au sort d'un miséreux tué par un tramway à quelques pas de la place Saint Pierre.       <br />
              <br />
       Assurément, l'histoire qui est racontée par Alfredo Arias file de Pie en Pie, va de Mal en Pis. Du Stupre à l'Injustice, le vice prospère. La parabole sous la fable en devient aveuglante. Genet nous montre comment ils voient et ne voient pas. Ils entendent et n'entendent pas. Combien tout est simulacre et mensongère l'image. La pièce de Genet en décrypte l'emprise comme commence à le faire son contemporain Guy Debord.        <br />
              <br />
       Dans cette trajectoire, Alfredo Arias affirme les tensions de la pièce . Elle miroite dans tous ses effets. Le jeu avance sans appuis forcés, ni concessions au public. Il développe dans sa rigueur et sa plastique, son esthétique, une grâce joyeuse, toute argentine. Les excès de la farce sont maîtrisées et les effets dramatiques sont projetés, (rejetés) sur un grand écran immaculé. Ces avatars dédoublent les scènes comme autant d'ombres démoniaques de soi-même dont on ne peut se défaire. Et les paillettes et les noirceurs.       <br />
              <br />
       Le plateau, lui, est le lieu de l'humaine condition. Stylisée ou intime. L'Homme, dans sa fragilité, trouve en effet son incarnation sous les habits de pape. Un pape qui comme tout un chacun se sait grotesque, ressent le besoin du sublime, sent passer la grâce et ne peut la saisir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20768859-24109173.jpg?v=1520861042" alt=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" title=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" />
     </div>
     <div>
      Assurément, les comédiens, eux, en tiennent le fil fermement. Comme un souvenir, une trace des Fratellini.        <br />
              <br />
       Alfredo Arias saisit les instants fugaces que lui font valoir ses partenaires et en fait son miel pour le bonheur du spectateur. Son pape quand il apparaît et s'esquive en habit d'un carnaval argentin est bien une image des Comédiens, le Roi des Fous, débarrassé de tous les oripeaux sacramentels. Tout en majesté et humilité, amour et gravité. Il atteint les sommets de la béatitude. La vraie. Fugace et éphémère. Celle de l'éternité du Théâtre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Courte et inachevée, elle est le creuset des grandes pièces de Jean Genet. &quot;Elle&quot; ne fut créée qu'en 1989 par Maria Casarès.       <br />
       (2) Dont le goût du faste fut critiqué par ses contemporains.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Elle"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/20768859-24109176.jpg?v=1520861065" alt=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" title=""Elle"… atteint les sommets de la béatitude, fugace et éphémère, celle de l'éternité du Théâtre" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Genet.       <br />
       Mise en scène : Alfredo Arias.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Olivier Brillet, Luciana Milione.       <br />
       Avec : Alfredo Arias, Marcos Montes, Adriana Pegueroles, Alejandra Radano.       <br />
       Scénographie : Alfredo Arias.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Elsa Ejchenrand.       <br />
       Costumes : Pablo Ramirez.       <br />
       Lumière : Jacques Rouveyrollis.       <br />
       Assistante lumière : Jessica Duclos.       <br />
       Vidéo : Alejandro Rumolino.       <br />
       Son : Thierry Legeai.       <br />
       Musique : Diego Vila       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 24 mars 2018</span>       <br />
       Mardi à 19 h, du mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Athénée théâtre Louis-Jouvet, Grande Salle, Paris 9e, 01 53 05 19 19.       <br />
       <a class="link" href="http://www.athenee-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; athenee-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/20768859-24099234.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée</title>
   <pubDate>Wed, 01 Mar 2017 08:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Adapté d'une nouvelle de Dostoïevski, le nouvel opus du compositeur Sébastien Gaxie et du librettiste et metteur en scène Volodia Serre se veut un "spectacle électro-onirique", une expérience sensorielle et théâtrale unique. L'opéra nous laisse pourtant à quai, malgré une équipe artistique de qualité sur le plateau.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11278428-18771556.jpg?v=1488354779" alt=""Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée" title=""Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée" />
     </div>
     <div>
      À quoi tient ce sentiment d'inachèvement quand on sort d'un spectacle ? On aurait pourtant voulu davantage l'aimer, d'autant plus que le projet semblait passionnant sur le papier et que l'œuvre et sa réalisation scénique témoignent en plusieurs endroits de fort belles idées. La nouvelle de Fédor Dostoïevski, &quot;Le Rêve d'un homme ridicule&quot; <span style="font-style:italic">(1)</span>, peut-elle fournir la matière d'un opéra ? Tenter une fois de plus d'adapter l'œuvre romanesque de l'écrivain russe ? Un défi rarement réussi : on ne saurait recenser tous ces artistes qui s'y sont cassé le nez, au cinéma ou ailleurs.       <br />
              <br />
       D'un monologue &quot;logorrhéique&quot; (du propre aveu du librettiste et metteur en scène), Volodia Serre imagine une fable qui retrace les affres de l'homme dostoïevskien, suicidaire, hanté par son double (chantant ici) et qui va rejoindre une autre planète où il aimerait se faire une place au sein d'une humanité primitive et innocente, vivant dans la joie d'un éternel premier matin du monde. Cet homme &quot;ridicule&quot; - parce que ne se résignant pas tout à fait à son nihilisme - n'apportera que conscience malheureuse et péchés aux habitants de cette planète idéale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11278428-18771594.jpg?v=1488354824" alt=""Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée" title=""Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée" />
     </div>
     <div>
      De retour sur terre, notre antihéros décidera alors de prêcher pour témoigner de cette innocence qui fut à l'origine. L'opéra, c'est aussi ce prêche adressé à nous, spectateurs. Passons sur la teneur du message, laissé à l'appréciation de chacun. Volodia Serre affirme s'être inspiré de trois films de la &quot;Trilogie des Qatsi&quot; de Godfrey Reggio, mise en musique par Philip Glass dans les années soixante-dix <span style="font-style:italic">(2)</span>. Il y a pourtant loin de l'épopée de Reggio au service d'un message philosophique et écologique toujours pertinent à cet opéra &quot;da camera&quot;, qui doit naviguer (à ses risques et périls) entre farce grotesque et voyage onirique.        <br />
              <br />
       Sébastien Graxie, dont la large expérience se nourrit aussi bien du jazz que de la création contemporaine (et de l'ethnomusicologie), a cherché à intégrer la voix parlée à l'opéra avec les moyens modernes disponibles aujourd'hui. Il fait se superposer voix des instruments et voix parlée. C'est peut-être ce mariage qui semble ici déséquilibré, parfois au détriment du chant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11278428-18771600.jpg?v=1488354857" alt=""Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée" title=""Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée" />
     </div>
     <div>
      Après un prologue théâtral assez ennuyeux, malgré le talent du comédien Lionel Gonzalez, les tableaux s'enchaînent. La proposition scénique se fait convaincante et même souvent belle, alors qu'on suit le &quot;héros&quot; sur cette exoplanète utopique. Vidéo, lumières, scénographie, tout est plutôt très réussi. De même que la partition bruitiste, offrant un paysage musical synthétisant divers courants compositionnels (et dopé à l'électroacoustique), se fait plus lyrique alors qu'on quitte la farce ironique pour le rêve : les excellents musiciens de l'Ensemble 2e2m (comme toujours parfaits sous la direction de Pierre Roullier) apparaissant alors de part et d'autre du plateau.        <br />
              <br />
       Le travail sur la voix, sa hauteur, son timbre, qui intéresse tant le jeune compositeur, acquiert son supplément d'âme au-delà de l'expérimentation pure, grâce au talent de l'ensemble Musicatreize et du baryton Lionel Peintre, double bondissant et sarcastique du personnage principal. Pourtant le spectateur reste en deçà de cette envolée cosmique qui s'échoue dans la noirceur et de lancinantes répétitions. Si l'ironie passe la rampe et fait sourire, la dimension onirique lui reste en partie étrangère.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Une des nouvelles du &quot;Journal d'un écrivain&quot; de F. Dostoïevski, 1877.       <br />
       (2) Disponible en DVD (&quot;Koyaanisqati&quot;, &quot;Powaqqatsi&quot;, &quot;Naqoyqatsi&quot;).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11278428-18771604.jpg?v=1488354892" alt=""Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée" title=""Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 25 février au 4 mars 2017 à 20 h.</span>       <br />
       Athénée Théâtre Louis-Jouvet.       <br />
       Square de l'Opéra Louis-Jouvet, 7 rue Boudreau,, Paris 9e.       <br />
       Tel : 01 53 05 19 19.       <br />
       <a class="link" href="http://www.athenee-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; athenee-theatre.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Je suis un homme ridicule&quot; (2017).</b>       <br />
       Opéra de Sébastien Graxie.       <br />
       Livret et mise en scène de Volodia Serre.       <br />
       Direction de Pierre Roullier.       <br />
       Durée : 1 h 10. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11278428-18771660.jpg?v=1488355377" alt=""Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée" title=""Je suis un homme ridicule", une fable musicale inaboutie à l'Athénée" />
     </div>
     <div>
      Marc Lainé, Stephan Zimmerli, scénographie.       <br />
       Benoît Simon, Stéphane Lavoix, vidéo.       <br />
       Hanna Sjödin, costumes.       <br />
       Kevin Briard, lumières.       <br />
       Étienne Graindorge, son.       <br />
       Roland Hayrabedian, Chef de chœur.       <br />
       André Markowicz, traduction.       <br />
              <br />
       Lionel Gonzalez, comédien, chanteur.       <br />
       Lionel Peintre, chanteur.       <br />
       Ensemble 2e2em.       <br />
       Ensemble vocal Musicatreize.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/11278428-18771556.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Je-suis-un-homme-ridicule--une-fable-musicale-inaboutie-a-l-Athenee_a1753.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-7238775</guid>
   <title>"Et le coq chanta…", c'est Bach à l'Athénée</title>
   <pubDate>Thu, 04 Dec 2014 22:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La Compagnie Manque Pas d'Airs est de retour. Son nouveau spectacle "Et le coq chanta…", inspiré des "Passions" de Jean-Sébastien Bach, s'arrête pour cinq dates au Théâtre de l'Athénée* dès le 11 décembre 2014, avant de partir en tournée sur les routes de France.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7238775-11116000.jpg?v=1417728906" alt=""Et le coq chanta…", c'est Bach à l'Athénée" title=""Et le coq chanta…", c'est Bach à l'Athénée" />
     </div>
     <div>
      Nous connaissons la Compagnie Manque Pas d'Airs et son passionnant travail en faveur de l'art lyrique pour tous depuis 2007, et sa production de &quot;Orphée et Eurydice&quot; de Gluck - dans laquelle se fit connaître une certaine Julie Fuchs. En résidence à la Villa Mais d'Ici à Aubervilliers (93), la compagnie poursuit sa quête obstinée d'autres chemins pour l'exploration des grandes œuvres du répertoire. Nouvelle étape en 2011-2012, la scénographe et metteur en scène Alexandra Lacroix rencontre le jeune ténor François Rougier autour du &quot;Mondo della Luna&quot; de Haydn. Un nouveau projet prend forme : donner à voir et à entendre autrement les oratorios de Jean-Sébastien Bach sur la Passion du Christ.        <br />
              <br />
       De ces &quot;Passions&quot;, deux nous sont parvenues intégralement. Il s'agit des fameuses &quot;Passions&quot; selon Saint-Jean et Saint-Matthieu. De la &quot;Passion selon Saint-Marc&quot;, créée en 1731, ne nous est parvenu que le livret de Picander (car la partition est perdue). Quant à une éventuelle &quot;Passion selon Saint-Luc&quot;, elle fut probablement composée mais est aujourd'hui totalement disparue - si on en croit le spécialiste de Bach, Gilles Cantagrel. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7238775-11116001.jpg?v=1417728945" alt=""Et le coq chanta…", c'est Bach à l'Athénée" title=""Et le coq chanta…", c'est Bach à l'Athénée" />
     </div>
     <div>
      Que nous propose donc la Compagnie Manque Pas d'Airs ? Sortir de la forme traditionnelle de l'oratorio (et de sa solennité pour ce qui est du concert) pour mieux restituer le caractère théâtral des &quot;Passions&quot; de Bach, ces véritables drames liturgiques. Treize interprètes qui sont chanteurs, comédiens et danseurs vont composer une famille d'aujourd'hui, rejouant à partir des représentations artistiques de la Cène les motifs de la trahison, du règlement de comptes et des déchirements dans une communauté qui vit ses dernières heures.        <br />
              <br />
       Dans une tentative pluridisciplinaire qui ambitionne de nous faire entendre un autre Bach plus incarné, plus actuel, les artistes entendent faire dialoguer le texte, la musique, l'espace et les corps. À la direction musicale : Christophe Grapperon. Chef associé de Laurence Equilbey pour le chœur Accentus, il dirigera une partition composée à partir d'un découpage inédit dans l'œuvre de Bach. En ce qui concerne les &quot;Passions&quot; perdues, ce sont les textes de Marc et Luc qui seront donnés à entendre en allemand et en français. Quatre points de vue pour quatre évangélistes sur un même drame, la trahison du Christ, voilà qui devrait scéniquement faire entrer en résonance spiritualité et chair, et nous interpeller.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">*Le spectacle a été créé le 12 novembre à Meudon.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7238775-11116015.jpg?v=1417728995" alt=""Et le coq chanta…", c'est Bach à l'Athénée" title=""Et le coq chanta…", c'est Bach à l'Athénée" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Spectacle les 11, 13, 14, 16 et 17 décembre 2014 à 20 h.</span>       <br />
              <br />
       Théâtre de l'Athénée-Louis Jouvet, 01 53 05 19 19.       <br />
       7 rue Boudreau 75009.       <br />
       <a class="link" href="http://www.athenee-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; athenee-theatre.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       19 décembre 2014 : Théâtre de Chelles (77).       <br />
       20 mars 2015 : Centre des Bords de Marne, Perreux-sur-Marne (94).       <br />
       26 mars 2015 : Salle Gramont du Conservatoire de Puteaux, Puteaux (92).       <br />
       28 mars 2015 : L'Orange Bleue, Eaubonne (95).       <br />
       2 avril 2015 : La Coursive Scène nationale, La Rochelle (17).       <br />
       4 avril 2015 : Théâtre, Fontainebleau (77).       <br />
              <br />
       <b>&quot;Et le Coq chanta…&quot;</b>       <br />
       Théâtre musical en trois tableaux.       <br />
       Musique : J. S. Bach.       <br />
       Livret en français et en allemand.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       Conception et adaptation : Alexandra Lacroix et François Rougier.       <br />
       Mise en scène : Alexandra Lacroix.       <br />
       Direction musicale : Christophe Grapperon.       <br />
       Scénographie : A. Lacroix, Mathieu Lorry-Dupuy.       <br />
       Lumières : Anne Vaglio.       <br />
       Costumes : Céline Perrigon.        <br />
       Travail corporel : Francesca Bonato, Nicolas Hubert, Natalia Jaime Cortez, Sylvain Riéjou.        <br />
              <br />
       Morgane Bucher, soprano.       <br />
       Théophile Alexandre, alto.       <br />
       François Rougier, ténor.       <br />
       Mathieu Dubroca, baryton.       <br />
       Mathieu Lécroart, baryton-basse.       <br />
       Julie Dumas, comédienne.       <br />
       Simon Pitaqaj, comédien.       <br />
       Sharman Plesner, premier violon.       <br />
       Ion Olaberria, hautbois.       <br />
       Patrick Oliva, violon, alto.       <br />
       Alice Coquart, violoncelle.       <br />
       Camille Delaforge, clavecin, orgue.       <br />
       François Leyrit, contrebasse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7238775-11116000.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Et-le-coq-chanta--c-est-Bach-a-l-Athenee_a1244.html</link>
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   <title>Chants d'amour... Quand les chœurs touchent les cœurs et les tréfonds de l'âme humaine</title>
   <pubDate>Sat, 27 Sep 2014 11:35:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ariane a perdu le sens de sa vie après le départ de son héros grec Thésée et se lamente. Ni sa beauté ni son rang ni les divertissements de toutes natures ne la ravissent. Les lamentations d'Ariane de Monteverdi sont des chants de l'amour blessé où se lisent et se lient le désir de vengeance et d'oubli, la permanence de la douleur tout autant que la douceur du souvenir.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7026491-10751660.jpg?v=1411834543" alt="Chants d'amour... Quand les chœurs touchent les cœurs et les tréfonds de l'âme humaine" title="Chants d'amour... Quand les chœurs touchent les cœurs et les tréfonds de l'âme humaine" />
     </div>
     <div>
      De l'œuvre (l'opéra) &quot;Arianna&quot; créée en 1608 ne subsistent que la partition du rôle-titre (le manuscrit a été détruit dans l'incendie de la bibliothèque de Mantoue). Réunies par le compositeur dans le sixième livre de ses madrigaux, les lamentations sont écrites pour des voix graves de mezzo-soprano ou contralto.       <br />
              <br />
       Le Muziektheater Transparant, composé de jeunes chanteurs et musiciens rigoureux dans l'expression musicale baroque, s'empare avec vitalité et fraîcheur de la partition. L'orchestre et le chant donnent la couleur, la brillance dramatique et la puissance émotionnelle.       <br />
              <br />
       Dans la fosse d'orchestre, la musique cascade, cavalcade, dramatique et tragique. À l'imitation du sentiment, elle est fortement contrastée, elle réunit les contraires. Bien visible, la tête de la viole de gambe comme un rêve musical à elle toute seule frappe la mesure, scande et danse, caresse, embrasse l'espace, amplifie les effets de tout l'orchestre, fait le lien avec la scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7026491-10752963.jpg?v=1411834695" alt="Chants d'amour... Quand les chœurs touchent les cœurs et les tréfonds de l'âme humaine" title="Chants d'amour... Quand les chœurs touchent les cœurs et les tréfonds de l'âme humaine" />
     </div>
     <div>
      Les tableaux mouvants qui enchâssent les moments musicaux ne s'embarrassent pas d'une reconstitution hasardeuse pour les scènes perdues. Ils sont de sensibilité toute contemporaine à la sobriété presque timide et composent une œuvre hybride qui trouve un équilibre visuel, évite le kitsch, les anachronismes outranciers. Leur expressivité ne fait point dissonance. Les placements des chanteurs y forment chorégraphie et conduisent naturellement à ce point nécessaire d'accrétion et de concrétion, autant d'acmé d'actions disparues qui servent le chant et son accès au sublime.       <br />
              <br />
       Les chœurs se fondent, les solos en jaillissent. Ariane est bien sur scène. Ses lamentations approchent ce qu'il faut bien appeler les tréfonds de l'âme humaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Canti d'amor"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7026491-10752974.jpg?v=1411834816" alt="Chants d'amour... Quand les chœurs touchent les cœurs et les tréfonds de l'âme humaine" title="Chants d'amour... Quand les chœurs touchent les cœurs et les tréfonds de l'âme humaine" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en italien surtitré en français.       <br />
       Musique : Claudio Monteverdi.       <br />
       Direction musicale : Nicolas Achten.       <br />
       Mise en scène : Wouter Van Looy.       <br />
       Ensemble des jeunes Chanteurs et Musiciens du Muziektheater Transparant       <br />
       Durée : 1 h 30.        <br />
       Costumes : Adriana Parra.       <br />
       Scénographie et vidéo : Pepa Ivanova.       <br />
       Lumières : Anne Van Es, Janneke Donkersloot.       <br />
              <br />
       25 au 28 septembre 2014.       <br />
       jeudi, vendredi et samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Athénée Théâtre Louis-Jouvet, Grande Salle, Paris 9e, 01 53 05 19 19.       <br />
       <a class="link" href="http://www.athenee-theatre.com/index.cfm" target="_blank">&gt;&gt; athenee-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7026491-10751660.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Chants-d-amour-Quand-les-choeurs-touchent-les-coeurs-et-les-trefonds-de-l-ame-humaine_a1209.html</link>
  </item>

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