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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-10T19:04:14+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques</title>
   <pubDate>Sat, 16 May 2026 08:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'adaptation resserrée de Maxime d'Aboville porte haut et fort la parole du philosophe. Fondée sur des faits historiques survenus en 1905, la pièce de Camus résonne toujours avec autant d'acuité. Peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause ? Tel est le dilemme cornélien auquel sont confrontés les protagonistes. "Même dans la destruction, il y a des limites", nous dit Camus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329183.jpg?v=1758631932" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Sur la petite scène du Théâtre de Poche, un homme apparaît à l'avant-scène, aux aguets et silencieux – nous apprendrons sous peu que ce quinquagénaire est Boris Annenkov, le chef du parti socialiste révolutionnaire. L'homme attend. Un silence pesant règne dans la pièce, une sorte d'entrepôt désaffecté. La tension est palpable. Une jeune femme blonde prénommée Dora, âgée d'une trentaine d'années, guette avec Annenkov le retour imminent de Stepan, un camarade évadé du bagne. Stepan arrive, puis tous trois sont rejoints par un quatrième compagnon, Kaliayev.       <br />
              <br />
       L'heure est grave. La cellule révolutionnaire prépare un attentat contre le grand-duc Serge, symbole du despotisme tsariste. Kaliayev a été désigné pour lancer la bombe, au grand désespoir de Stepan qui souhaitait s'en charger. Le lendemain, Dora et Annenkov sont à la fenêtre, à l'affût de l'explosion. La bombe doit être jetée au passage de la calèche du grand-duc pendant son trajet au théâtre. L'anxiété est à son comble. Un silence assourdissant règne. Un roulement lointain de calèche se fait entendre. De plus en plus proche, celui-ci finit par disparaître progressivement. Aucune détonation.       <br />
              <br />
       Alors qu'Annenkov et Dora conjecturent sur les faits qui auraient pu mener à l'échec de l'opération, Kaliayev entre, le visage défait. Les neveux du grand-duc se trouvaient avec celui-ci dans la calèche et il n'a pas eu le courage de lancer la bombe. Mais si l'Organisation décide de tuer les enfants, il lui est encore possible de lancer la bombe à la sortie du théâtre…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329184.jpg?v=1758631970" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Au dilemme cornélien auquel sont confrontés ces révolutionnaires – peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause supérieure et juste ? –, Les avis divergent. Stepan, à qui toute empathie est étrangère, s'oppose à Kaliayev et à Dora. Jusqu'au-boutiste, il ne fait pas dans le sentiment. Pour lui, la fin justifie les moyens, et la mort de deux enfants n'est rien si elle permet de bâtir une Russie libérée du despotisme. Kaliayev, lui, se cramponne à sa dignité humaine et à sa conception de l'honneur : <span style="font-style:italic">&quot;(…) tuer des enfants est contraire à l'honneur&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Dora prône un ordre moral et défend une révolution par amour de la vie : <span style="font-style:italic">&quot;Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le discours de Camus (1913-1960) nuance les pensées de chacun, scrute les failles, les exaltations, les contradictions et les doutes. Maxime d'Aboville signe ici l'adaptation et la mise en scène. Il a resserré le texte de Camus à l'extrême et réduit la distribution à quatre interprètes. Le spectacle dure 1 h 15 au lieu des 2 h, voire des 2 h 20, attendues. Et c'est pour le mieux. Ici, point d'abondance de paroles, de répétitions ou de verbiage amoureux entre Kaliayev et Dora. Le texte en ressort plus fort, plus puissant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329185.jpg?v=1758632002" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Pour la mise en scène, Maxime d'Aboville a pris le parti du statisme. Les personnages sont figés dans l'attente, dans la peur, dans l'angoisse. Point d'agitation inutile, de mouvements superflus. Tout comme le texte, les déplacements vont à l'essentiel, dans un raidissement de rigueur. La fièvre est palpable, la situation de péril imminent, glaçante. Cette tension sourde est amplifiée par la création sonore de Jason Del Campo qui rend les silences encore plus lourds, les ruptures, plus nettes.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens, tous excellents, se partagent les sept rôles de la distribution : Marie Wauquier, Dora et la grande-duchesse ; Arthur Cachia, Stepan et le directeur du département de police Skouratov ; Étienne Ménard, Annenkov et le détenu Foka ; et Oscar Voisin, Kaliayev.       <br />
              <br />
       Dans un jeu sobre et incarné, ils font tous preuve d'une grande justesse. Marie Wauquier, stoïque et fragile à la fois, incarne une Dora tiraillée entre son engagement et son désir de vivre. Arthur Cachia campe un Stepan proche du fanatisme, refusant toute concession et toute faiblesse, prêt à mener la révolution jusqu'au bout. Oscar Voisin figure un Kaliayev sensible et courageux, un poète exalté, bousculé dans ses sentiments et dans sa foi en la révolution. Étienne Ménard, en chef de parti, affiche une autorité calme et raisonnée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329186.jpg?v=1758632030" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      La scénographie conçue par Charles Templon répond, elle aussi, à ce désir de sobriété : un espace dépouillé aux murs gris avec, en fond de scène, une toile peinte par Marguerite Danguy des Déserts, déjà utilisée par Maxime d'Aboville dans son seul-en-scène &quot;Je ne suis pas Michel Bouquet&quot; (2019). Un clin d'œil à Michel Bouquet qui fut l'interprète de Stepan, aux côtés de Maria Casarès et de Serge Reggiani, lors de la création de la pièce en 1949 au Théâtre Hébertot. Et, pour tout décor, une chaise. Dans ce cadre minimaliste, seuls importent les voix et les corps. La parole du prix Nobel de littérature n'en est que plus puissante.       <br />
              <br />
       Et c'est sans doute la phrase que lance le directeur du département de police Skouratov à Kaliayev qui résume le mieux la pensée de l'auteur : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi, en ce cas, avez-vous épargné la grande-duchesse et ses neveux ? (…) Je vais vous dire pourquoi. Une idée peut tuer un grand-duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. Voilà ce que vous avez découvert. Alors, une question se pose : si l'idée n'arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu'on tue un grand-duc ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       La pensée de Camus résonne aujourd'hui avec toujours autant d'acuité, alors que, dans plusieurs parties du monde, l'absolu idéologique prime sur toute considération humaine. Un spectacle salutaire !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Justes"</b></div>
     <div>
      Texte : Albert Camus.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Maxime d'Aboville.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Étienne Ménard, Oscar Voisin et Marie Wauquier.       <br />
       Scénographie et costumes : Charles Templon, assisté de Pixie Martin.       <br />
       Lumières : Alireza Kishipour.        <br />
       Création sonore : Jason Del Campo.       <br />
       Toile peinte : Marguerite Danguy Des Déserts.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Gémeaux, Salle du Dôme, 10, rue du Vieux Sextier, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 88 60 72 20.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0700/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0700&EventId=81&request=QcE+w0WHSuDuCZkki2yATaAg5JfRtHo3H4cZag+6wo+9VpWAP/nBkf+kYg2TBFTL" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesgemeaux.com/" target="_blank">>> theatredesgemeaux.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux</title>
   <pubDate>Wed, 04 Feb 2026 06:21:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le metteur en scène israélien Yuval Rozman, né à Tel-Aviv et installé en France où il a créé sa compagnie, clôt sa "Quadrilogie de ma Terre" par ce dernier volet saisissant d'humanité… vue à hauteur d'oiseaux. Impertinents à souhait dans leurs langages fleuris et leurs attitudes volatiles, un Bulbul, une Perroquet Drara et un Martinet Noir vont "survoler" le drame d'un jeune autiste palestinien abattu par un soldat de la police israélienne pour en faire entendre le tragique absolu. Le tour de force étant, qu'entre disputes de potaches et remarques déjantées, ce drame rebattu à longueur d'infos – au risque de nous laisser pétrifiés – reprend… vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94076192-65631574.jpg?v=1770147192" alt=""Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux" title=""Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux" />
     </div>
     <div>
      Si, au siècle de Périclès, Aristophane avait invité en toute (fausse) innocence – dans sa comédie &quot;Les Oiseaux&quot; écrite en pleine guerre du Péloponnèse – la sagesse des volatiles comme recours à la folie guerrière des Grecs et de leurs Dieux avides de sacrifices, les trois spécimens à plumes, auxquels prêtent ici voix Yuval Rozman, ne manquent pas non plus de clairvoyance délicieusement (im)pertinente… Personnages hauts en couleur, dotés d'un franc-parler à faire pâlir les pères de toutes les Confessions, ils saturent de leurs voltiges acrobatiques l'espace du plateau, faisant de cette &quot;comédie noire&quot; un lieu terriblement lumineux.       <br />
              <br />
       Tout commence par une chanson du Bulbul qui, sur un air joyeux et plein de légèreté bonhomme, égrène sur sa guitare les composantes du drame s'étant déroulé sous leurs yeux d'oiseaux… Sa commère Drara, au beau plumage vert, s'embrouille avec lui tant son insouciance enjouée perturbe la lecture de l'écran faisant défiler minute par minute le contexte de la mort d'Iyad al-Hallaq, abattu aux portes de la vieille ville de Jérusalem par un soldat Magav (police israélienne des frontières). Contrastant avec la gravité de la situation terrestre, les volages hôtes vont se livrer à une dispute à hauteur des cours de récréation tant les plaisanteries-invectives du Bulbul farceur &quot;volent bas&quot;, vraiment très très bas, tout comme les répliques de la Drara agacée… Farce grotesque et pure tragédie juxtaposées dans la même unité de temps et de lieu, l'une et l'autre s'étayant, comme en calligraphie les déliés sont là pour faire ressortir les pleins.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94076192-65631575.jpg?v=1770147221" alt=""Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux" title=""Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux" />
     </div>
     <div>
      Duel verbal entre eux qui croisent leurs mots pour tenter de reconstituer ce que chacun peut dire de ce drame, eux qui, alors qu'ils guettaient le précieux jus s'échappant des sacs au-dessus du local à poubelles proche de l'entrée de Jérusalem Est, ont surplombé l'événement de leur poste d'observation… Quant au Martinet Noir, sa nonchalance mélancolique contraste avec la fougue de ses deux jeunes condisciples ailés auprès desquels il trouve réconfort ; un vieux sage sympathique, un peu fêlé du bocal, qui se laissera joyeusement embarquer à l'insu de son plein gré dans un jeu de devinettes plus ou moins scabreuses… Si cette première séquence de charades futiles est à vivre comme une respiration bienvenue (cf. plus haut) dans un récit chargé des actes d'un assassinat en règle, elle pourrait apparaître – pour certains terriens – démesurée dans son contenu et sa longueur… Ce serait là omettre que, chez les oiseaux, toutes les envolées sont permises…       <br />
              <br />
       Endossant tour à tour les rôles de l'assistante de vie du jeune autiste abattu, du policier ayant lancé l'alerte pour avoir confondu les gants noirs et le masque Covid portés par le jeune Palestinien avec l'attirail d'un terroriste, de l'agent de la police des polices interrogeant son collègue, du commandant Magav responsable de la jeune recrue qui a tué Iyad, du gardien du local poubelles, du juge du tribunal aussi rigoureux dans son interrogatoire des prévenus que fantaisiste dans ses remarques annexes, ou encore du jeune soldat israélien ayant tiré les coups mortels, les trois oiseaux vont mener &quot;ailes battantes&quot; l'enquête… où les musiques de western s'inviteront ainsi que les accords en-joués de Georges Brassens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94076192-65631620.jpg?v=1770147253" alt=""Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux" title=""Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux" />
     </div>
     <div>
      Une enquête d'autant plus passionnante à suivre que chacun des représentants à plumes parlera avec sa personnalité propre. Goguenard de banlieue, féministe ne s'en laissant pas conter par son collègue mâle à la gouaille envahissante, vieux sage à la mémoire capricieuse et aux intestins déliés, se succéderont ainsi face à la Justice incarnée… par le Martinet Noir affublé de la perruque solennelle du juge. Quant au bureau de ce même juge trouvant refuge dans une boîte à kébab XXL pour examiner des faits eux à haute valeur tragique, quant à la reconstitution &quot;patte à patte&quot; du mouvement amorcé par le jeune homme pris pour cible et interprété par les volatiles en folie dans un ballet burlesque contrastant avec la mort annoncée, ils participent l'un et l'autre au même dessein : magnifier le burlesque pour mieux faire résonner le tragique à l'œuvre.       <br />
              <br />
       Quand viendra l'heure du verdict et que les chamailleries des oiseaux à &quot;la hauteur de vue&quot; différente s'apaiseront dans un élan d'amour, la conscience hors champ du téléscripteur défilant reconnaîtra l'entièreté de la responsabilité d'un régime qui <span style="font-style:italic">&quot;traite les Palestiniens comme des êtres inférieurs, comme des sous-hommes&quot;</span>. Et quand bien même le Martinet Noir sera-t-il victime d'un caillou perdu jeté par un manifestant en soutien au jeune Iyad, quand bien même la paix rêvée prendra-t-elle ainsi &quot;un plomb dans l'aile&quot; aussitôt qu'énoncée, la chute confiée à une chanson d'Elvis Presley colorera d'une immense note d'espoir l'étendue des terres (in)humaines.       <br />
              <br />
       Merci à ces trois oiseaux – nés de l'envol d'un auteur metteur en scène, lequel, comme Athéna née du crâne de Zeus délivre un message de sagesse et d'espoir en la raison – de nous avoir fait toucher, du bout de leurs ailes fantasques, les réalités sombres de nos passions guerrières transcendées… de manière aérienne.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 21 janvier 2026 dans la Grande salle Vitez du tnba - CDN de Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Au nom du ciel"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94076192-65631626.jpg?v=1770147302" alt=""Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux" title=""Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux" />
     </div>
     <div>
      Quatrième opus de &quot;Quadrilogie de ma terre&quot;, création novembre 2025.       <br />
       Texte : Yuval Rozman (édité chez Les Solitaires Intempestifs, novembre 2025).       <br />
       Mise en scène : Yuval Rozman.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Antoine Hirel.       <br />
       Collaboration à l'écriture : Gaël Sall.       <br />
       Avec : Cécile Fišera, Gaël Sall, Gaëtan Vourc'h.       <br />
       Scénographie et création lumières : Victor Roy.       <br />
       Création sonore : Roni Alter, accompagnée de Jean-Baptiste Soulard.       <br />
       Création costumes : Julien Andujar.       <br />
       Régisseur son : Quentin Florin.       <br />
       Régie Plateau : Nicolas Bignan.       <br />
       Régie générale : Christophe Fougou.       <br />
       Regard chorégraphique : Anna Chirescu.       <br />
       Accompagnement vol : Marc Bizet.       <br />
       Production : Compagnie Inta Loulou.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94076192-65631649.jpg?v=1770147420" alt=""Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux" title=""Au nom du ciel" Vol au-dessus d'un nid de coucou… ou le meurtre d'un Palestinien autiste observé à hauteur d'oiseaux" />
     </div>
     <div>
      <b>A été représenté du 21 au 24 janvier 2026 dans la Grande salle Vitez du tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">27 et 28 février 2026 :</span> deSingel - Centre d'art, Anvers (Belgique).       <br />
       5 et 6 mars 2026 : Grrranit - Scène nationale, Belfort (90).       <br />
       Du 18 et 20 mars 2026 : Théâtre de Liège (Belgique).       <br />
       Du 28 au 30 avril 2026 : Théâtre de la Croix Rousse (avec le Théâtre les Célestins), Lyon (69).       <br />
       Saison 26-27 en cours : Maison de la culture - Scène nationale, Bourges (18) ; Théâtre de l'Union - CDN, Limoges (87) ; Théâtre de Dijon Bourgogne - CDN, Dijon (21).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques</title>
   <pubDate>Tue, 06 Jan 2026 12:54:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'adaptation resserrée de Maxime d'Aboville porte haut et fort la parole du philosophe. Fondée sur des faits historiques survenus en 1905, la pièce de Camus résonne toujours avec autant d'acuité. Peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause ? Tel est le dilemme cornélien auquel sont confrontés les protagonistes. "Même dans la destruction, il y a des limites", nous dit Camus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363359.jpg?v=1758631932" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Sur la petite scène du Théâtre de Poche, un homme apparaît à l'avant-scène, aux aguets et silencieux – nous apprendrons sous peu que ce quinquagénaire est Boris Annenkov, le chef du parti socialiste révolutionnaire. L'homme attend. Un silence pesant règne dans la pièce, une sorte d'entrepôt désaffecté. La tension est palpable. Une jeune femme blonde prénommée Dora, âgée d'une trentaine d'années, guette avec Annenkov le retour imminent de Stepan, un camarade évadé du bagne. Stepan arrive, puis tous trois sont rejoints par un quatrième compagnon, Kaliayev.       <br />
              <br />
       L'heure est grave. La cellule révolutionnaire prépare un attentat contre le grand-duc Serge, symbole du despotisme tsariste. Kaliayev a été désigné pour lancer la bombe, au grand désespoir de Stepan qui souhaitait s'en charger. Le lendemain, Dora et Annenkov sont à la fenêtre, à l'affût de l'explosion. La bombe doit être jetée au passage de la calèche du grand-duc pendant son trajet au théâtre. L'anxiété est à son comble. Un silence assourdissant règne. Un roulement lointain de calèche se fait entendre. De plus en plus proche, celui-ci finit par disparaître progressivement. Aucune détonation.       <br />
              <br />
       Alors qu'Annenkov et Dora conjecturent sur les faits qui auraient pu mener à l'échec de l'opération, Kaliayev entre, le visage défait. Les neveux du grand-duc se trouvaient avec celui-ci dans la calèche et il n'a pas eu le courage de lancer la bombe. Mais si l'Organisation décide de tuer les enfants, il lui est encore possible de lancer la bombe à la sortie du théâtre…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363360.jpg?v=1758631970" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Au dilemme cornélien auquel sont confrontés ces révolutionnaires – peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause supérieure et juste ? –, Les avis divergent. Stepan, à qui toute empathie est étrangère, s'oppose à Kaliayev et à Dora. Jusqu'au-boutiste, il ne fait pas dans le sentiment. Pour lui, la fin justifie les moyens, et la mort de deux enfants n'est rien si elle permet de bâtir une Russie libérée du despotisme. Kaliayev, lui, se cramponne à sa dignité humaine et à sa conception de l'honneur : <span style="font-style:italic">&quot;(…) tuer des enfants est contraire à l'honneur&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Dora prône un ordre moral et défend une révolution par amour de la vie : <span style="font-style:italic">&quot;Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le discours de Camus (1913-1960) nuance les pensées de chacun, scrute les failles, les exaltations, les contradictions et les doutes. Maxime d'Aboville signe ici l'adaptation et la mise en scène. Il a resserré le texte de Camus à l'extrême et réduit la distribution à quatre interprètes. Le spectacle dure 1 h 15 au lieu des 2 h, voire des 2 h 20, attendues. Et c'est pour le mieux. Ici, point d'abondance de paroles, de répétitions ou de verbiage amoureux entre Kaliayev et Dora. Le texte en ressort plus fort, plus puissant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363361.jpg?v=1758632002" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Pour la mise en scène, Maxime d'Aboville a pris le parti du statisme. Les personnages sont figés dans l'attente, dans la peur, dans l'angoisse. Point d'agitation inutile, de mouvements superflus. Tout comme le texte, les déplacements vont à l'essentiel, dans un raidissement de rigueur. La fièvre est palpable, la situation de péril imminent, glaçante. Cette tension sourde est amplifiée par la création sonore de Jason Del Campo qui rend les silences encore plus lourds, les ruptures, plus nettes.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens, tous excellents, se partagent les sept rôles de la distribution : Marie Wauquier, Dora et la grande-duchesse ; Arthur Cachia, Stepan et le directeur du département de police Skouratov ; Étienne Ménard, Annenkov et le détenu Foka ; et Oscar Voisin, Kaliayev.       <br />
              <br />
       Dans un jeu sobre et incarné, ils font tous preuve d'une grande justesse. Marie Wauquier, stoïque et fragile à la fois, incarne une Dora tiraillée entre son engagement et son désir de vivre. Arthur Cachia campe un Stepan proche du fanatisme, refusant toute concession et toute faiblesse, prêt à mener la révolution jusqu'au bout. Oscar Voisin figure un Kaliayev sensible et courageux, un poète exalté, bousculé dans ses sentiments et dans sa foi en la révolution. Étienne Ménard, en chef de parti, affiche une autorité calme et raisonnée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363362.jpg?v=1758632030" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      La scénographie conçue par Charles Templon répond, elle aussi, à ce désir de sobriété : un espace dépouillé aux murs gris avec, en fond de scène, une toile peinte par Marguerite Danguy des Déserts, déjà utilisée par Maxime d'Aboville dans son seul-en-scène &quot;Je ne suis pas Michel Bouquet&quot; (2019). Un clin d'œil à Michel Bouquet qui fut l'interprète de Stepan, aux côtés de Maria Casarès et de Serge Reggiani, lors de la création de la pièce en 1949 au Théâtre Hébertot. Et, pour tout décor, une chaise. Dans ce cadre minimaliste, seuls importent les voix et les corps. La parole du prix Nobel de littérature n'en est que plus puissante.       <br />
              <br />
       Et c'est sans doute la phrase que lance le directeur du département de police Skouratov à Kaliayev qui résume le mieux la pensée de l'auteur : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi, en ce cas, avez-vous épargné la grande-duchesse et ses neveux ? (…) Je vais vous dire pourquoi. Une idée peut tuer un grand-duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. Voilà ce que vous avez découvert. Alors, une question se pose : si l'idée n'arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu'on tue un grand-duc ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       La pensée de Camus résonne aujourd'hui avec toujours autant d'acuité, alors que, dans plusieurs parties du monde, l'absolu idéologique prime sur toute considération humaine. Un spectacle salutaire !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Texte : Albert Camus.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Maxime d'Aboville.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Étienne Ménard, Oscar Voisin et Marie Wauquier.       <br />
       Scénographie et costumes : Charles Templon, assisté de Pixie Martin.       <br />
       Lumières : Alireza Kishipour.        <br />
       Création sonore : Jason Del Campo.       <br />
       Toile peinte : Marguerite Danguy Des Déserts.       <br />
       Durée : 1 h 15.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : 9, 10, 13, 18, 21, 22, 23, 24, 25, 29 et 30 janvier ; 4, 13, 14, 15, 26, 27 et 28 février.       <br />
       Théâtre de Poche-Montparnasse, 75, boulevard du Montparnasse, Paris 6ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 45 44 50 21.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0424/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0424&amp;EventId=319&amp;request=QcE+w0WHSuBTF1VfBRtBznd8NWWi14M/WgLP2pZ84nDXKDobgb2Fyz2miDK5S2arH53Cu1lVlXQ=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredepoche-montparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; https://www.theatredepoche-montparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93555692-65363362.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Les-Justes--Camus-questionne-la-legitimation-du-crime-a-des-fins-politiques_a4444.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques</title>
   <pubDate>Tue, 23 Sep 2025 14:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'adaptation resserrée de Maxime d'Aboville porte haut et fort la parole du philosophe. Fondée sur des faits historiques survenus en 1905, la pièce de Camus résonne toujours avec autant d'acuité. Peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause ? Tel est le dilemme cornélien auquel sont confrontés les protagonistes. "Même dans la destruction, il y a des limites", nous dit Camus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91274284-64196400.jpg?v=1758631932" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Sur la petite scène du Théâtre de Poche, un homme apparaît à l'avant-scène, aux aguets et silencieux – nous apprendrons sous peu que ce quinquagénaire est Boris Annenkov, le chef du parti socialiste révolutionnaire. L'homme attend. Un silence pesant règne dans la pièce, une sorte d'entrepôt désaffecté. La tension est palpable. Une jeune femme blonde prénommée Dora, âgée d'une trentaine d'années, guette avec Annenkov le retour imminent de Stepan, un camarade évadé du bagne. Stepan arrive, puis tous trois sont rejoints par un quatrième compagnon, Kaliayev.       <br />
              <br />
       L'heure est grave. La cellule révolutionnaire prépare un attentat contre le grand-duc Serge, symbole du despotisme tsariste. Kaliayev a été désigné pour lancer la bombe, au grand désespoir de Stepan qui souhaitait s'en charger. Le lendemain, Dora et Annenkov sont à la fenêtre, à l'affût de l'explosion. La bombe doit être jetée au passage de la calèche du grand-duc pendant son trajet au théâtre. L'anxiété est à son comble. Un silence assourdissant règne. Un roulement lointain de calèche se fait entendre. De plus en plus proche, celui-ci finit par disparaître progressivement. Aucune détonation.       <br />
              <br />
       Alors qu'Annenkov et Dora conjecturent sur les faits qui auraient pu mener à l'échec de l'opération, Kaliayev entre, le visage défait. Les neveux du grand-duc se trouvaient avec celui-ci dans la calèche et il n'a pas eu le courage de lancer la bombe. Mais si l'Organisation décide de tuer les enfants, il lui est encore possible de lancer la bombe à la sortie du théâtre…
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91274284-64196410.jpg?v=1758631970" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
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      Au dilemme cornélien auquel sont confrontés ces révolutionnaires – peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause supérieure et juste ? –, Les avis divergent. Stepan, à qui toute empathie est étrangère, s'oppose à Kaliayev et à Dora. Jusqu'au-boutiste, il ne fait pas dans le sentiment. Pour lui, la fin justifie les moyens, et la mort de deux enfants n'est rien si elle permet de bâtir une Russie libérée du despotisme. Kaliayev, lui, se cramponne à sa dignité humaine et à sa conception de l'honneur : <span style="font-style:italic">&quot;(…) tuer des enfants est contraire à l'honneur&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Dora prône un ordre moral et défend une révolution par amour de la vie : <span style="font-style:italic">&quot;Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le discours de Camus (1913-1960) nuance les pensées de chacun, scrute les failles, les exaltations, les contradictions et les doutes. Maxime d'Aboville signe ici l'adaptation et la mise en scène. Il a resserré le texte de Camus à l'extrême et réduit la distribution à quatre interprètes. Le spectacle dure 1 h 15 au lieu des 2 h, voire des 2 h 20, attendues. Et c'est pour le mieux. Ici, point d'abondance de paroles, de répétitions ou de verbiage amoureux entre Kaliayev et Dora. Le texte en ressort plus fort, plus puissant.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91274284-64196422.jpg?v=1758632002" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
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      Pour la mise en scène, Maxime d'Aboville a pris le parti du statisme. Les personnages sont figés dans l'attente, dans la peur, dans l'angoisse. Point d'agitation inutile, de mouvements superflus. Tout comme le texte, les déplacements vont à l'essentiel, dans un raidissement de rigueur. La fièvre est palpable, la situation de péril imminent, glaçante. Cette tension sourde est amplifiée par la création sonore de Jason Del Campo qui rend les silences encore plus lourds, les ruptures, plus nettes.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens, tous excellents, se partagent les sept rôles de la distribution : Marie Wauquier, Dora et la grande-duchesse ; Arthur Cachia, Stepan et le directeur du département de police Skouratov ; Étienne Ménard, Annenkov et le détenu Foka ; et Oscar Voisin, Kaliayev.       <br />
              <br />
       Dans un jeu sobre et incarné, ils font tous preuve d'une grande justesse. Marie Wauquier, stoïque et fragile à la fois, incarne une Dora tiraillée entre son engagement et son désir de vivre. Arthur Cachia campe un Stepan proche du fanatisme, refusant toute concession et toute faiblesse, prêt à mener la révolution jusqu'au bout. Oscar Voisin figure un Kaliayev sensible et courageux, un poète exalté, bousculé dans ses sentiments et dans sa foi en la révolution. Étienne Ménard, en chef de parti, affiche une autorité calme et raisonnée.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91274284-64196426.jpg?v=1758632030" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
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      La scénographie conçue par Charles Templon répond, elle aussi, à ce désir de sobriété : un espace dépouillé aux murs gris avec, en fond de scène, une toile peinte par Marguerite Danguy des Déserts, déjà utilisée par Maxime d'Aboville dans son seul-en-scène &quot;Je ne suis pas Michel Bouquet&quot; (2019). Un clin d'œil à Michel Bouquet qui fut l'interprète de Stepan, aux côtés de Maria Casarès et de Serge Reggiani, lors de la création de la pièce en 1949 au Théâtre Hébertot. Et, pour tout décor, une chaise. Dans ce cadre minimaliste, seuls importent les voix et les corps. La parole du prix Nobel de littérature n'en est que plus puissante.       <br />
              <br />
       Et c'est sans doute la phrase que lance le directeur du département de police Skouratov à Kaliayev qui résume le mieux la pensée de l'auteur : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi, en ce cas, avez-vous épargné la grande-duchesse et ses neveux ? (…) Je vais vous dire pourquoi. Une idée peut tuer un grand-duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. Voilà ce que vous avez découvert. Alors, une question se pose : si l'idée n'arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu'on tue un grand-duc ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       La pensée de Camus résonne aujourd'hui avec toujours autant d'acuité, alors que, dans plusieurs parties du monde, l'absolu idéologique prime sur toute considération humaine. Un spectacle salutaire !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
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      Texte : Albert Camus.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Maxime d'Aboville.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Étienne Ménard, Oscar Voisin et Marie Wauquier.       <br />
       Scénographie et costumes : Charles Templon, assisté de Pixie Martin.       <br />
       Lumières : Alireza Kishipour.        <br />
       Création sonore : Jason Del Campo.       <br />
       Toile peinte : Marguerite Danguy Des Déserts.       <br />
       Durée : 1h15.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 4 janvier 2026. </span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de Poche-Montparnasse 75, boulevard du Montparnasse, Paris 6e.       <br />
       Téléphone : 01 45 44 50 21.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0424/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0424&amp;EventId=319&amp;request=QcE+w0WHSuBTF1VfBRtBznd8NWWi14M/WgLP2pZ84nDXKDobgb2Fyz2miDK5S2arH53Cu1lVlXQ=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredepoche-montparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; https://www.theatredepoche-montparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/91274284-64196400.jpg</photo:imgsrc>
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  <item>
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   <title>"En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !</title>
   <pubDate>Tue, 28 Jan 2025 06:20:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est la 9ᵉ édition du festival "Les singuliers(es)" qui se déroule du 15 janvier au 15 février au CentQuatre-Paris. Théâtre, musique, danse et vidéo sont au programme. Focus sur une pièce dans laquelle Pasolini est rappelé à notre bon souvenir et où l'audace et l'humour font écho à l'acte politique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85955302-61197455.jpg?v=1738010802" alt=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" title=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" />
     </div>
     <div>
      La scénographie laisse découvrir une plage de sable avec une petite haie de bois la longeant en arrière-scène. La trame est l'assassinat de Pasolini (1922-1975) en Italie, à Ostie, qui s'est déroulé dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 novembre 1975. La justice a reconnu officiellement un assassin, Guiseppe Pelosi, condamné à un peu plus de neuf ans et demi de prison pour une affaire de mœurs avec Pasolini ayant causé la mort de celui-ci. Le meurtre reste un mystère, car il y a de grandes zones d'ombres et l'affaire de mœurs semblerait être loin de la réalité, Pelosi étant revenu sur ses déclarations contradictoires et certains témoignages n'auraient pas été pris en compte.       <br />
              <br />
       En 2015, Simona Zecchi, dans &quot;Massacro di un Poeta&quot;, a mené l'enquête qui démonte la supposée affaire de mœurs pour une possible vengeance, le poète, écrivain, réalisateur et scénariste italien s'étant fait par ailleurs, par ses prises de positions et ses écrits, bon nombre d'adversaires politiques d'extrême droite et mafieux.       <br />
              <br />
       &quot;En une nuit - Note pour un spectacle&quot; est une très belle pièce dans laquelle s'articule humour et théâtre dans le théâtre. Très belle, car elle lie la réalité à la fable avec des moments de tension et d'humour souvent déjantés. Entre ces deux aspects se déroule une relation avec l'assistance où celle-ci devient son propre rôle, à savoir celui d'incarner le public d'un spectacle qui se déroule. Nous sommes à la croisée d'une création qui se monte et d'une représentation en cours, comme face à un miroir qui se regarde dans son propre reflet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85955302-61197456.jpg?v=1738010825" alt=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" title=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" />
     </div>
     <div>
      Le public joue son propre rôle en assistant à celle-ci, que les protagonistes présentent comme élément de leur création. Celle-là a une double nature, celle réelle de ce pour quoi les spectateurs ont acheté leur place et une autre, imaginaire, car pensée et projetée scéniquement par les personnages. Cette dualité donne une dimension assez paradoxale à l'assistance, d'être son propre protagoniste, regardant un spectacle à deux faces, entre une réalité et son pendant théâtral, à charge à chacun de faire son choix.       <br />
              <br />
       Le &quot;spect-acteur&quot; est ainsi dans une fable dramaturgique en tant que protagoniste d'une pièce dont il est spectateur. Cette double caractéristique est aussi celle de comédiens qui jouent leur métier de professionnels du 6ᵉ art tout en incarnant par intermittence des caractères théâtraux, créant une passerelle entre gravité et facétie. La réalité est ainsi bousculée autant dans sa représentation que dans son appréhension.       <br />
              <br />
       Celle-ci démarre avec une artiste italienne (Justine Lequette) qui raconte sa rencontre et son travail avec Pasolini. C'est presque une scène de cinéma plongée dans l'obscurité, seul son visage est éclairé par une lumière jaune. C'est en italien surtitré en français, langue revenant à plusieurs reprises dans les tableaux.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85955302-61197468.jpg?v=1738010850" alt=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" title=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" />
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      Il y a différentes ruptures de jeu avec, entre autres, sur la plage, un défilé de mode un peu déluré comme sorti d'une autre fable. Ou ailleurs, les comédiens sont dans le public, jouant avec lui en l'interpellant. Le temps scénique s'étale sur plusieurs années, sans délimitation temporelle précise, avec un Pasolini mort, blessé ou vivant suivant les scènes, autour d'une troupe qui explique son projet au public en exprimant ses doutes et ses audaces.       <br />
              <br />
       Il y a de la tension, de la gaîté et de la gravité. On plonge aussi dans la pensée de l'écrivain, poète et réalisateur italien, à l'aide de ses propos et de ses interviews, ainsi que dans la création théâtrale d'une troupe. Les regards artistiques sont multiples, car ils s'articulent sur ceux du metteur en scène, de chaque comédien et de l'artiste italienne qui a accompagné Pasolini dans son travail. Chacun, à des moments différents, existe par lui-même autour d'une idée, d'un souvenir ou d'un point de vue. L'émotion cohabite avec la pensée, le présent avec le passé, le fait avec l'imagination.       <br />
              <br />
       L'avant-dernier tableau se déroule dans un silence qui dure de longues minutes, avec le corps de Pasolini allongé au sol, inerte. Comme une mise en perspective d'un assassinat qui pose encore question. La dernière scène est politiquement une image puissante et engagée, avec le drapeau de la Palestine allongé au sol en lieu et place du corps du poète italien. Une création audacieuse !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
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     <div><b>"En une nuit - Note pour un spectacle"</b></div>
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      D'après l'œuvre de Pier Paolo Pasolini.       <br />
       Texte : Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette, Eva Zingaro-Meyer.       <br />
       Mise en scène : Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette, Eva Zingaro-Meyer.       <br />
       Avec : Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette, Eva Zingaro-Meyer.       <br />
       Collaboration à la mise en scène et assistant : Orell Pernot-Borràs.       <br />
       Scénographie et création costumes : Elsa Séguier-Faucher.       <br />
       Création lumières : Caspar Langhoff et Lila Ramos Fernandez.       <br />
       Régie générale et son : Antoine Vanagt.       <br />
       Régie lumière : Lila Ramos Fernandez.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Antoine Herbulot.       <br />
       Regard artistique : Nicolas Mouzet-Tagawa.       <br />
       Regard dramaturgique : Nathanaël Harcq.       <br />
       Aide à la création sonore : Laurent Gueuning, Éric Degauquier, John Cooper.       <br />
       Coaching vocal : Brigitte Romano.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>Le spectacle s'est déroulé du 8 au 18 janvier au Cent-quatre, Paris 19ᵉ, dans le cadre du festival Les Singuliers(es).</b>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 janvier au 15 février 2025.</span>       <br />
       <b>9e édition du Festival &quot;Les Singulier-es&quot;</b>       <br />
       Le CentQuatre-Paris, Paris 19ᵉ, 01 53 35 50 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.104.fr/" target="_blank">&gt;&gt; 104.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/En-une-nuit-Note-pour-un-spectacle-Pasolini-a-jamais-_a4137.html</link>
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