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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-12T17:16:51+02:00</dc:date>
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   <title>"Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires</title>
   <pubDate>Mon, 01 Jun 2026 06:40:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dire d'abord l'affiche choisie par Fanny de Chaillé pour annoncer sa nouvelle création… Une reproduction d'un modeste morceau de carton déchiré où Thomas Hirschhorn – plasticien suisse avec lequel la metteuse en scène chorégraphe présentera prochainement au CAPC de Bordeaux une autre performance – a griffonné, à l'aide d'un simple stylo bic, un cœur accompagné d'un commentaire savoureux : "made by non-artificial intelligence"… Ce soir non plus, sur le plateau d'un théâtre, il ne sera aucunement question de laisser à l'IA le pouvoir de réorganiser et interpréter les vies dont nous sommes dépositaires. Seules les mémoires vives des huit jeunes et talentueux "interprètes" (de leur passé) auront droit de cité pour recomposer leurs "histoires" percutant les nôtres.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67470971.jpg?v=1780253949" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      Dans le droit fil des créations précédentes tramées par les questions de l'archive et du collectif (cf. &quot;Le groupe&quot;, &quot;Les Grands&quot;, &quot;Le Chœur&quot;, &quot;Avignon, une école&quot;), le plateau prend vie au travers de la présence des actrices et des acteurs &quot;faisant corps&quot; avec leurs égo-documents dont ils vont frénétiquement s'emparer, les diffractant au travers de chorégraphies expressives et autres expressions investies. Ainsi, partant d'une situation que &quot;La maison vide&quot; de Laurent Mauvignier n'aurait pas reniée, les membres d'une fratrie fictive vont se confronter aux souvenirs réels ou réinventés exhumés de la cave familiale…       <br />
              <br />
       Reposant là dans le plus grand désordre, paquets de cours soigneusement ficelés, photos de classe, albums de clichés de vacances, vidéos super 8, MP3 et autres témoins d'un passé révolu attendaient que quelqu'un les extirpe de leur léthargie. Et ce sera l'un des fils qui en prendra l'initiative – controversée par d'autres membres de la famille – en voulant mettre un peu d'ordre dans ce fatras d'archives patrimoniales afin de libérer de la place… Un tri des plus arbitraires faisant remonter à la surface les petits bonheurs et malheurs des existences communes. Tel pourrait être présenté le pitch de départ… sachant que là n'est pas la question.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67470972.jpg?v=1780253976" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      En effet, éloignée de toute tentative de narration dont elle se méfie comme une maladie d'un certain théâtre, Fanny de Chaillé s'empare avec ses acteurs et actrices de cette situation initiale pour proposer une suite de tableaux &quot;ultrasensibles&quot;, superbement chorégraphiés en accord ou en contrepoint des paroles énoncées, pour, en dissociant avec à-propos mouvements et propos tenus, libérer l'imaginaire du spectateur happé par sa propre histoire…. Faire de tout un chacun un regardant sensible, recréant à l'aune de ses expériences intimes le parfum de son passé enfoui.       <br />
              <br />
       Comme dans un kaléidoscope géant, se succéderont des séries de tableaux vivants, capturant des instantanés ou/et les animant, dans un maelstrom émotionnel &quot;parlant&quot; de manière singulière à chacun et chacune. Exit un sens univoque, place à des sens pluriels émanant des expériences personnelles vécues par les spectateurs réunis dans des espaces-temps qui ne sont pas les leurs, mais dans lesquels ils se retrouvent jusqu'à s'y fondre. Comme si, dans un test de Rorschach revisité de manière beaucoup plus colorée, il s'agissait d'une fabuleuse invitation à projeter son propre roman en l'extirpant des limbes où il s'ensommeillait.       <br />
              <br />
       Pêle-mêle quelques séquençages d'une &quot;mise en pièces&quot; porteuse d'humour débridé, de révolte violente, de nostalgie heureuse, de souffrance cachée et autres infinies modulations de la gamme émotionnelle déclenchées par les &quot;petits riens&quot; de nos existences.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67470981.jpg?v=1780253997" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      De l'humour débridé de la scène inaugurale chorégraphiant le discours improbable de la mère hystérique, submergée par l'émotion lors du mariage de sa &quot;toute petite&quot;… Au tragique du quotidien libéré par les lettres du grand-père &quot;poilu&quot; écrivant du front les affres des tranchées sous la mitraille ennemie ; lectures sur fond de &quot;tableaux vivants&quot; échappés tout droit de l'univers de Francis Bacon… En passant par la bonne humeur, teintée de nostalgie, irradiant de la photo de la petite fille sur une balançoire, ou encore des inévitables clichés &quot;heureux&quot; de mariage des grands-parents et parents… (sauf que là sur un rush de vidéo, c'est qui cette femme à côté du père ?).       <br />
              <br />
       Ou encore la saynète où les adultes s'ingénient à faire répéter à la petite fille médusée une histoire vieille comme le monde, dont seuls, ils s'amusent… Les vacances à Venise… Les réflexions du tonton barbecue et la colère qu'elles déclenchent a posteriori chez celle qui, hors de ses gonds, a eu à en subir les lourds assauts… Ou encore les confidences émouvantes, champ contre champ, des deux anciens ados, amoureux transis… Les pulsions homosexuelles à dissimuler… Noël, son sapin, ses cadeaux de merde… Le nom de chien d'un prétendant à écarter… La boîte de nuit et ses (dés)illusions…
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67470985.jpg?v=1780254025" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
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     <div>
      Ces moments resurgis de passés archivés, dans lesquels chacun aura l'occasion de se reconnaître, trouvent leur impact autant dans l'interprétation à fleur de peau des actrices et des acteurs faisant chorus (tous ayant participé à une ou plusieurs des créations précédentes) que dans leur mise en jeu subtilement chorégraphiée. Sans omettre de cette &quot;fête des sens&quot;, la musique distillée en live par la contrebassiste accompagnée du guitariste venant nous toucher là où les mots échoueraient. Quant aux jeux de lumières, réellement fascinants, ils sculptent l'espace des émotions, exaltant jusqu'à son incandescence l'approche sensible.       <br />
              <br />
       On l'aura compris, au-delà des anecdotes révélées – dont la teneur aux antipodes du spectaculaire parle à nos existences en créant un réservoir commun d'expériences à partager –, c'est leur &quot;traitement au plateau&quot; qui crée l'épiphanie théâtrale. Dans le droit fil du courant initié par les historiens des sensibilités, comme Clémentine Vidal-Naquet et Hervé Mazurel dont la chorégraphe metteuse en scène se réclame, ce qui importe à son projet, c'est d'ouvrir le champ du sensible… Ainsi au travers de la &quot;surprenante banalité&quot; des égo-archives présentées, au gré de nos affects présents, est libéré un passé (re)composé de sensations ouvreuses de connaissances potentielles.
     </div>
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67470986.jpg?v=1780254057" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
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     <div>
      Que restera-t-il des traces de cette soirée théâtrale lorsque le temps aura passé et que la dématérialisation des égo-documents sera affaire exclusive d'un Cloud drivé par des super technologies ordonnatrices du jeu ? Question de clôture… rouvrant de manière émouvante sur les petits bonheurs, eux bien réels, provoqués par cette représentation garantie sans IA et dont les &quot;personnages&quot; portent – en toute simplicité – les prénoms des acteurs et actrices.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 20 mai 2026, Grande Salle Vitez du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ultrasensibles"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67472781.jpg?v=1780294580" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      Création mai 2026 au tnba.       <br />
       Conception et mise en scène : Fanny de Chaillé.       <br />
       Avec : Margot Alexandre, Maudie Cosset-Chéneau, Luna Desmeules, Pierre Ripoll, Malo Martin, Tom Verschueren, Margot Viala et Valentine Vittoz.       <br />
       Musiciens et musiciennes : Sarah Murcia (contrebasse, clavier) et Gilles Coronado (guitare)       <br />
       Assistant : Christophe Ives.       <br />
       Composition musicale : Sarah Murcia.       <br />
       Lumière : Willy Cessa.       <br />
       Son : Manuel Coursin.       <br />
       Costumes : Marie La Rocca, assistée de Françoise Léger Pirus.       <br />
       Régie générale : Emmanuel Bassibé.       <br />
       Régie son : François-Xavier Vilaverde.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 20 au 22 mai 2026 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>
     </div>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67472795.jpg?v=1780294920" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      7 octobre 2026 : Espaces Pluriels, Pau (64).       <br />
       9 octobre 2026 : Scène nationale Sud Aquitain, Bayonne (64).       <br />
       19 novembre 2026 : TAP - Scène nationale, Poitiers (86).       <br />
       2 au 5 décembre 2026 : MC93 - Maison de la culture (dans le cadre du Festival d'Automne), Bobigny (93).       <br />
       8 au 10 décembre 2026 : Le Lieu Unique - Scène nationale, Nantes (44).       <br />
       12 au 15 janvier 2027 : Nouveau Théâtre - CDN, Besançon (25).       <br />
       27 janvier 2027 : Théâtre, Nîmes (30).       <br />
       17 au 19 février 2027 : Le Quai - CDN, Angers (49).       <br />
       6 au 7 mars 2027 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Ultrasensibles-Nous-sommes-de-l-etoffe-dont-sont-faites-les-emotions-Plongee-au-coeur-de-nos-memoires-ordinaires_a4572.html</link>
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   <title>"Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…</title>
   <pubDate>Mon, 06 Oct 2025 16:40:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Juillet 2023, Festival d'Avignon… Dans le cadre envoûtant de la cour du Cloître des Célestins était donnée la création in vivo de Fanny de Chaillé. Depuis, la Promo M du Bachelor Théâtre de La Manufacture de Lausanne a pris son envol… Et pourtant, même privé de la magie des deux platanes séculaires au feuillage animé par un zeste de mistral, le souffle des quinze jeunes acteurs et actrices loin de s'affaiblir a pris de l'ampleur. S'emparant avec frénésie des archives du Festival initié par Jean Vilar en 1947, mus par la fougue propre à la jeunesse, ils en délivrent ici une nouvelle version mâtinée d'une maturité grandissante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91568173-64338172.jpg?v=1759761904" alt=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" title=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" />
     </div>
     <div>
      Recomposant au gré de leurs fantaisies créatives les grands moments de cette histoire théâtrale unique en son genre, les comédiens les donnent à voir et à entendre sans artifice aucun. Le corps des acteurs, rien que le corps parlant pour traverser quelque quatre-vingts années d'un magma bouillonnant à porter au crédit des directeurs du festival, actrices, acteurs, techniciennes, techniciens du spectacle, spectatrices, spectateurs, tout ce monde confondu dans ce qui constitue Avignon et participe à l'écriture de son histoire.       <br />
              <br />
       Opposant au &quot;Je me souviens&quot; teinté d'une douce nostalgie de Georges Pérec, la parole performative des corps toniques des jeunes comédiens, Fanny de Chaillé compose un pétillant cocktail, relevé de touches d'humour assumé – frôlant parfois une impertinence de bon ton vis-à-vis des illustres aînés désacralisés – où les éclats de la mémoire sélective recomposent comme dans un kaléidoscope géant un paysage… celui d'Avignon revisité à l'aune des regards singuliers de ces jeunes gens fous de théâtre.       <br />
              <br />
       Tout commencera par un extrait d'&quot;Einstein on the Beach&quot;, donné à l'Opéra d'Avignon en 1976, où deux des comédiennes rejoueront avec application la musique de Philip Glass mise en scène par Robert Wilson en énonçant inlassablement en boucle one, two, three… eight, avant d'être rejointes par leurs complices constituant le chœur. La mélodie lancinante opèrera d'emblée comme un charme, ouvrant &quot;la voix&quot; aux tableaux se précipitant à un rythme soutenu. Les plus avertis des spectateurs auront alors le plaisir de repérer dans ce flux incessant quelques scènes mémorables, les novices savoureront celui de les découvrir interprétées par des talents en devenir (cf. distribution en fin d'article).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91568173-64338177.jpg?v=1759761930" alt=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" title=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" />
     </div>
     <div>
      Quant aux jeunes talents d'antan, avant de devenir ces figures de proue du théâtre, ils avaient pour nom, fallait-il le rappeler, Jean Négroni, Germaine Montero, Alain Cuny, Michel Bouquet, Silvia Monfort, Jeanne Moreau, Daniel Sorano, Maria Casarès, Philippe Noiret, Monique Chaumette, Jean Le Poulain, Charles Denner, Jean Deschamps, Georges Wilson et… Gérard Philipe. Leur challenge était, si étonnant cela puisse paraître à des comédiens contemporains, d'avoir pour la première fois à jouer… en plein air, sous le ciel d'Avignon !       <br />
              <br />
       Une jeune comédienne ouvrira le feu en se coulant avec un plaisir palpable dans le corps de son aînée (Silvia Montfort), épousant le phrasé de cette pionnière du théâtre (national) populaire. Avec aplomb et une distanciation jouissive, elle dévidera d'une voix rauque les confidences de l'actrice ayant massacré son texte le jour de la première. Comme quoi le talent à venir n'est pas antinomique de ratés magistraux.       <br />
              <br />
       &quot;Le Prince de Hombourg&quot;, dans une mise en scène de Jean Vilar, renaîtra de ses cendres. Sa couronne (figurée par les deux doigts écartés de chaque main) sera solennellement déposée sur le front princier du comédien jouant Gérard Philipe. Ainsi du &quot;Cid&quot; où l'on retrouvera l'acteur adulé, le problème étant que les jeunes artistes se disputeront vivement le rôle-titre, chacun prétendant qu'il lui revient… L'occasion de rappeler la formidable aura populaire de ce héros romantique, donnant lieu à des anecdotes personnelles rappelant qu'un acteur est une personne comme les autres, dotée d'un ego, et que la rivalité… fait partie du jeu.       <br />
              <br />
       Maria Casarès, incarnant Lady Macbeth de Shakespeare, mise en scène par Jean Vilar dans la Cour d'Honneur, sera non sans malice campée au travers du geste mythique des avant-bras frottés et refrottés à l'excès pour tenter de faire disparaître le sang de l'infamie. Tandis que  &quot;Richard II&quot; donnera lieu au témoignage émouvant d'un jeune homme de milieu populaire, racontant l'éblouissement qui fut le sien pour son certificat d'études de découvrir le théâtre dans le lieu prestigieux du Palais des Papes. Il enchainera en disant comment l'accès à la Cour d'Honneur pour découvrir ensuite &quot;Le Prince de Hombourg&quot;, puis &quot;Le Cid&quot;, a changé sa vie et celle de sa famille tenue jusque-là à l'écart des manifestations culturelles faites pour d'autres qu'eux. Comme un hymne vibrant adressé en direct à Jean Vilar.       <br />
              <br />
       Un tableau vivant présentera les acteurs étendus au sol et Maria Casarès, debout au milieu d'eux, dans le rôle d'une Médée hystérique hurlant face au corps de son frère désarticulé jeté à la mer par ses bons soins. Les comédiens se relèveront alors pour offrir, sur une musique d'enfer, une chorégraphie hip-hop &quot;désarticulée&quot; où une comédienne hurlera à son tour sa difficulté à suivre le rythme… réconfortée aussitôt par ses pairs lui assurant que &quot;l'essentiel est de croire au collectif&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91568173-64338442.jpg?v=1759763129" alt=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" title=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" />
     </div>
     <div>
      Jean-Luc Godard et la pensée marxiste-léniniste de &quot;La Chinoise&quot; de 1967 feront irruption. D'autres tableaux foisonnant de créativité ludique se succéderont, aux rangs desquels &quot;Messe pour le temps présent&quot; de Maurice Béjart, la pantomime de &quot;La Création du Monde&quot; du Prince du Silence Marcel Marceau et l'immanquable &quot;Soulier de Satin&quot; d'Antoine Vitez.       <br />
              <br />
       Il sera aussi question de la 57e édition du Festival – annulée en 2003, première annulation de l'histoire du festival suite à la grève des intermittents du spectacle défendant mordicus leur statut. Les comédiens se feront alors les porte-voix des débats animés opposant ceux qui voulaient jouer &quot;à tout prix&quot; et ceux qui considéraient que si l'on se contentait de lire un texte de protestation avant de monter sagement sur scène, c'était annoncer leur mort.       <br />
              <br />
       Mais &quot;l'événement&quot;, en 1968 – et ce soir idem – sera sans nul doute &quot;Paradise Now&quot; du Living Theatre  de Julian Beck et Judith Malina, promouvant dans les actes un autre rapport à la création, l'acteur et son engagement corporel devenant noyau du réacteur créatif. Quant à la place du spectateur, elle en sera radicalement modifiée : de simple regardant qu'il était, il devient actant à part entière… Ainsi, les comédiens déserteront leur zone de confort – ici le plateau nu du tnba – pour rejoindre les spectateurs. Ils se dénuderont, s'enlaceront, feront mine de se chevaucher, invectiveront le poing en l'air, multiplieront les gestes libertaires… rejouant jusqu'à plus soif le &quot;scandale&quot; ayant défrayé la chronique de l'époque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91568173-64338443.jpg?v=1759763152" alt=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" title=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" />
     </div>
     <div>
      Et point d'orgue, ne pas omettre dans le même temps de rendre justice à Jean Vilar qui, même si cette séquence était manifestement en décalage avec l'esprit du TNP, n'était pour rien dans l'intervention policière dont on l'accusait d'être à l'initiative. Elle émanait d'un ordre du préfet, frappant d'interdit le Living Theatre pour &quot;désordre public&quot; et reconduit, sous escorte policière, à la frontière dès le lendemain de l'unique représentation.       <br />
              <br />
       Plus proche de nous, en juillet 2023, un autre &quot;scandale&quot; est réactivé. Celui déclenché par   &quot;Carte noire nommée désir&quot; de Rebecca Chatillon faisant exploser &quot;en plein vol&quot; les digues des prérogatives que s'accordent les blancs sur les biens et les corps des noir(e)s. Entourée de performeuses afro-descendantes, la performeuse metteuse en scène et ses complices étaient montées dans les gradins pour &quot;emprunter&quot; les sacs des spectateurs, faisant vivre en direct &quot;les bienfaits de la colonisation&quot;… Fusèrent alors des protestations véhémentes accompagnées de commentaires chers aux identitaires : <span style="font-style:italic">&quot;On est chez nous !&quot;</span>… Et les jeunes comédiens, en guise de chute, de s'emparer de cette réflexion excrémentielle en commentant ironiquement : <span style="font-style:italic">&quot;Avignon, un temple de la culture française…&quot;.</span>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91568173-64340937.jpg?v=1759772408" alt=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" title=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" />
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     <div>
      Dotés d'un bel humour ravageur (cf. le tableau inénarrable sur la peur régnant en Avignon, &quot;La Mecque du Théâtre&quot;, suscitée par l'angoisse du &quot;Grand remplacement&quot;… suisse !), ces jeunes comédiens et comédiennes venus(es) de Lausanne rivalisent de savoir-être artistique pour arpenter avec grand bonheur l'histoire fabuleuse de ce Festival. Se saisissant des archives collectées par leur metteuse en scène – Fanny de Chaillé, initiatrice de cette proposition originale méritant à son tour une place dans les archives du Festival –, ils excellent de professionnalisme ardent… Un moment théâtral des plus réjouissants, redonnant des couleurs vives à une création artistique très souvent mise en péril par la politique de régression culturelle &quot;en marche&quot;.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mardi 30 septembre 2025, Grande Salle Vitez du tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine).
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Avignon, une école"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91568173-64340938.jpg?v=1759772439" alt=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" title=""Avignon, une école" Le Théâtre pour (mon) royaume…" />
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     <div>
      Conception et mise en scène : Fanny de Chaillé       <br />
       Avec la Promo M du Bachelor Théâtre de La Manufacture – Haute école des arts de la scène, Lausanne : Martin Bruneau, Luna Desmeules, Mehdi Djouad, Hugo Hamel, Maëlle Héritier, Araksan Laisney, Liona Lutz, Mathilde Lyon, Elisa Oliveira, Adrien Pierre, Dylan Poletti, Pierre Ripoll, Léo Zagagnoni et Margot Viala.        <br />
       Assistants : Grégoire Monsaingeon et Christophe Ives.        <br />
       Conception lumières : Willy Cessa.        <br />
       Conception sonore : Manuel Coursin.        <br />
       Costumes : Angèle Gaspar.        <br />
       Régie générale : Emmanuel Bassibé.        <br />
       Régie son : Amon Mantel.        <br />
       Collaboration à la copie d'archives : Tomas Gonzalez.        <br />
       Durée 1h 40.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 30 septembre au samedi 4 octobre 2025, au tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine), dans le cadre du FAB (Festival International des Arts de Bordeaux Métropole).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 8 novembre 2025 :</span> Chaillot - Théâtre national de la Danse, Paris 16ᵉ.       <br />
       Du 13 au 15 novembre 2025 : Maison Saint-Gervais, Genève (Suisse).
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     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/91568173-64338172.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-une-ecole-Le-Theatre-pour-mon-royaume_a4370.html</link>
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   <title>Page 5 - Anna Baum, "Rumeurs" ou "Murs murs" ?</title>
   <pubDate>Fri, 26 Aug 2011 16:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Archives]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Découverte d'une artiste, d'une voix... comme nous allons en découvrir de nombreuses durant ces 22 dernières années. Et bien sûr, aujourd'hui encore, notre appétit est quasi quotidiennement alimenté. Mais chaque rencontre enthousiaste et passionnée, chaque coup de cœur ne nous disent jamais rien sur ce que sera l'avenir de l'artiste... On y croit, c'est tout... Anna Baum fait partie de ces jeunes chanteuses (ou chanteurs) pour lesquelles nous pensions qu'elles feraient de grandes carrières. Anna a commencé la sienne, riche et intense, passionné et passionnante... Puis un jour, elle a décidé de changé de vie et de pays... C'était son choix. Mais pour moi, elle reste une des très belles voix de la chanson française.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3223034-4612508.jpg?v=1314368672" alt="Page 5 - Anna Baum, "Rumeurs" ou "Murs murs" ?" title="Page 5 - Anna Baum, "Rumeurs" ou "Murs murs" ?" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Page 4 - Barbara : "Je ne suis qu'une femme qui chante"</title>
   <pubDate>Fri, 26 Aug 2011 15:53:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Archives]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une page et des souvenirs que se passent de commentaires. Simplement l'émotion que l'on garde d'une rencontre rare, unique et exceptionnelle...     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3222947-4612384.jpg?v=1314366948" alt="Page 4 - Barbara : "Je ne suis qu'une femme qui chante"" title="Page 4 - Barbara : "Je ne suis qu'une femme qui chante"" />
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     <br style="clear:both;"/>
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