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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-15T18:58:28+01:00</dc:date>
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   <title>"L'Araignée" Quand le monde et ses transformations ne tiennent qu'à un fil… arachnéen</title>
   <pubDate>Wed, 22 Mar 2023 06:20:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nous sommes dans la nuit du 17 ou du 18 avril 1521 en Allemagne. C'est la Diète de Worms, assemblée générale du Saint Empire. Le jeune Charles Quint, tout juste 23 ans, a pris les rênes du Saint Empire romain germanique, élu par les princes. L'unité du royaume se trouve soudain menacée par la révolte du moine Martin Luther. Il faudra, entre ces deux hommes, une discussion, une confrontation, à l'abri des regards.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71596404-49871205.jpg?v=1679669565" alt=""L'Araignée" Quand le monde et ses transformations ne tiennent qu'à un fil… arachnéen" title=""L'Araignée" Quand le monde et ses transformations ne tiennent qu'à un fil… arachnéen" />
     </div>
     <div>
      Prudent et mesuré, Charles Quint s'opposera alors au moine Luther combatif et déterminé, docteur en théologie et prêt à tout pour faire triompher son sens de la Vérité et de la Justice. D'autant que sa renommée grandit rapidement. Ils devront, avec acharnement, confronter leurs certitudes et leurs angoisses, tiraillés entre conservatisme et mouvement.       <br />
              <br />
       Boris Vian a dit à propos d'un de ses romans : <span style="font-style:italic">&quot;cette histoire est vraie parce que je l'ai inventée&quot;.</span> Rémi Delieutraz, l'auteur-dramaturge très inspiré de la pièce, s'est-il remémoré à sa manière cette pensée du célèbre romancier afin d'écrire son texte retraçant la probable rencontre nocturne entre Charles Quint, jeune empereur du Saint Empire germanique, et le moine théologien Martin Luther, réformateur d'une église corrompue qu'il condamne d'être assouvie par le pape ?       <br />
              <br />
       Il se pourrait bien que de telles rencontres entre chefs d'État ou autres hommes politiques de haut rang aient toujours lieu ainsi de nos jours pour sceller le destin du peuple, décider de son sort, arbitrer telles ou telles décisions et bouleverser peut-être le cours de l'Histoire ! Qui peut le savoir à part eux-mêmes ?       <br />
              <br />
       Dès le début de ce spectacle exceptionnel, le ton est donné, emprisonnant déjà d'une certaine manière le spectateur dans un huis clos qui grossira au fil de la représentation. Il fait vraiment très sombre, tout le décor est noir et seule une cruche d'époque pourrait nous rappeler que nous ne sommes pas au XXIe siècle. Une brume blanche surnage sur le plateau, laissant apparaître pourtant la fine silhouette d'un homme en costume. C'est le comédien Jean-Nicolas Gaitte sous les traits de Charles Quint dont quelque chose nous laisse deviner que la présence immobile ne le restera pas.       <br />
              <br />
       La suite de la représentation le confirmera. La puissance d'interprétation du comédien est vertigineuse et bouleversante. On peut se demander ce que le vrai Charles Quint penserait de son double contemporain tant il est imprégné dans ses propos de véracité et de force de conviction. Sa performance théâtrale est éblouissante, d'une intensité à couper le souffle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71596404-49871222.jpg?v=1679669645" alt=""L'Araignée" Quand le monde et ses transformations ne tiennent qu'à un fil… arachnéen" title=""L'Araignée" Quand le monde et ses transformations ne tiennent qu'à un fil… arachnéen" />
     </div>
     <div>
      La musique sourde et redondante composée par Soliman Doré associée à la scénographie épurée de Julien Breda plonge le public dans un espace glaçant duquel surgit très vite une sublime voix, franche, posée et déterminée. Il s'agit de Luther, vêtu d'une longue toge, interprété par un Maxime Gleize époustouflant lui aussi.       <br />
              <br />
       Même interrogation de notre part pour ce comédien quant à son imprégnation avec le vrai Martin Luther. Que penserait-il lui aussi de cet acteur contemporain retraçant de façon si engagée et viscérale sa détermination sans failles à sauver le peuple ?       <br />
       Beaucoup de bien probablement…       <br />
              <br />
       Dans cette pièce, quelque chose d'indéfinissable plonge le spectateur directement sur scène, sous les lustres d'un lointain palais royal sous lesquels deux hommes s'affrontent dans une joute verbale vertigineuse, tant du point de vue de l'écriture du texte que de l'interprétation, texte de Rémi Delieutraz d'une puissance troublante. Bien lui en a pris de séjourner quelque temps à Worms en Allemagne et d'avoir imaginé cette confrontation historique, car nous aurions raté là un moment humaniste et théâtral hors norme.       <br />
              <br />
       Les enjeux de cette rencontre nocturne, sous la plume acérée de l'auteur, dépassent le simple cadre historique de l'époque, même si le spectateur ne le réalise pas immédiatement tant le jeu des deux comédiens l'emporte et ne la lâche pas une seconde. Il lui faut un peu de recul pour réaliser à quel point de semblables scénarios se trament certainement encore de nos jours.       <br />
       Là sont la force et la puissance théâtrale quand elle est maîtrisée à ce point…       <br />
              <br />
       La réforme de Luther a mis l'Empire en danger, mais il est déterminé : <span style="font-style:italic">&quot;Ma cause est juste ! Je dois sauver l'église du péché&quot;</span>, dira Martin Luther ! Cela ne nous rappelle pas ce quelque chose qui se joue en ce moment dans notre pays, quand bien même il ne s'agit pas de sauver l'église cette fois-ci, mais une nation tout entière.       <br />
              <br />
       Ce huis clos historique est manié de main de maître par quatre hommes remarquablement brillants et érudits, chacun à sa manière : les deux comédiens, Jean-Nicolas Gaitte et Maxime Gleizes, l'auteur Rémi Delieutraz et le metteur en scène Julien Breda.       <br />
       Puissent ces quatre individus se retrouver un jour prochain et nous proposer encore un moment de théâtre et d'écriture semblable.       <br />
              <br />
       Ne ratez pas &quot;L'Araignée&quot; au Studio Hébertot. Que vous soyez dans la rue en ce moment pour revendiquer vos droits et vos espérances - ou pas -, allez découvrir à quel point le monde et ses transformations peuvent bien souvent ne tenir qu'à un fil !       <br />
       Peut-être tout simplement celui d'une araignée…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Araignée 1521. Achever l'Empire"</b></div>
     <div>
      Texte : Rémi Delieutraz, responsable de la Librairie Théâtrale à Paris.       <br />
       Texte édité aux Éditions L'Œil du Prince.       <br />
       Mise en scène : Julien Breda.       <br />
       Avec : Jean-Nicolas Gaitte et Maxime Gleizes.       <br />
       Création son : Soliman Doré.       <br />
       Lumières : Amélie Mao.       <br />
       Par la Compagnie La Défense.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
        <span class="fluo_jaune">Du 5 février au 4 avril 2023.</span>       <br />
       Lundi et mardi à 19 h, dimanche à 17 h.       <br />
       Studio Hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/71596404-49871205.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Araignee-Quand-le-monde-et-ses-transformations-ne-tiennent-qu-a-un-fil-arachneen_a3538.html</link>
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   <title>"L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé</title>
   <pubDate>Tue, 07 Jun 2022 07:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une très vieille dame et une très jeune fille se rencontrent "accidentellement" dans l'atelier de l'artiste. La première, Louise, est en panne de création et la seconde, Julie, porte le chagrin d'une mère absente. Entre ces deux êtres vulnérables de par leur âge, le grand et le petit, va se (dé)nouer une complicité sans concessions voguant au gré d'un passé revisité. Au cœur de ce voyage immobile, les deux marionnettes et les trois comédiens, unis comme les doigts de la main, accompagnent leur quête d'une infinie délicatesse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65175815-46563009.jpg?v=1654532562" alt=""L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé" title=""L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé" />
     </div>
     <div>
      Ce fut comme une apparition… Celle du pantin de Louise Bourgeois tenu en mains par les deux comédiennes et le comédien. Trouant le silence, la marionnette saisissante de vérité scrute la salle, interloquée par ce qu'elle découvre… un public où les enfants se taillent la part belle. Quand elle ouvre grand la bouche, la stupeur dépassée, c'est pour prononcer des mots sans appel - <span style="font-style:italic">&quot;Qui sont ces gens ? Désolée, je n'aime pas les enfants…&quot;</span> -  qui semblent laisser les trois artistes déconcertés par la rébellion de leur créature. Refusant alors leur assistance, elle les congédie… jusqu'à s'apercevoir que, une comédienne partant avec son bras articulé, elle a - évidemment - besoin de leur aide.       <br />
              <br />
       Cette entrée en matière réjouissante, et ô combien significative du tempérament peu facile de l'artiste, ouvre la &quot;voix&quot; aux souvenirs enfouis… Enfant &quot;manquée&quot; (ses parents désiraient un fils), il n'est pas trop étonnant, qu'à son corps défendant, elle commence par rejeter à son tour la fille de son assistant de vie, un modèle réduit d'elle-même, insupportable ! Mais très vite, le pantin espiègle de Julie va devenir sa meilleure alliée sur le chemin des découvertes à rebours. Pelotes de laine et fils tendus apparaissent pour ce qu'ils sont : les traces erratiques d'une enfance passée dans le giron d'une mère tisserande, restaurant des tapisseries d'art.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65175815-46563015.jpg?v=1654532611" alt=""L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé" title=""L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé" />
     </div>
     <div>
      L'univers personnel de l'artiste se dévoile en faisant irruption sous forme du ballet de trois araignées tissant elles aussi leurs toiles dans la nuit du plateau. Une nuit rappelant celle où son père aimé malgré tout (il imposait une relation extra-conjugale sous leur toit) lui contait des histoires. Ambiguïté d'une relation au père, objet autant d'attirances (elle voulait le séduire comme lui séduisait les femmes) que de rejets violents (<span style="font-style:italic">&quot;Mon père cassait des assiettes et c'est moi qui me sentait cabossée&quot;</span>), tissant un fil ténu pour relier entre elles ses œuvres &quot;déchirées&quot; par ce conflit sans issue. Ambiguïté d'une relation à la mère, femme intelligente et protectrice certes, mais aussi captatrice, l'ayant enserrée dans la toile a priori bienveillante qu'elle tissait autour d'elle. En nommant sa monumentale araignée &quot;Maman&quot;, elle célébrera sa génitrice tout en coupant le fil aliénant.       <br />
              <br />
       Mais sur le plateau, rien n'est dit qui pourrait effrayer… Tout n'est que poésie en actes, propositions ludiques à s'emparer comme un test de Rorschard disant &quot;la vérité&quot; du regardeur. Ainsi l'adorable Julie ne verra que désordre - là où l'artiste revendiquera l'œuvre de sa vie - et s'exclamera : <span style="font-style:italic">&quot;Votre mère était une araignée ? Et votre famille, des immeubles !&quot;</span>, découvrant les yeux écarquillés les constructions de l'évasion new-yorkaise. Ainsi se dit la vérité du monde au travers des regards qui le découvrent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65175815-46563021.jpg?v=1654532656" alt=""L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé" title=""L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé" />
     </div>
     <div>
      Ainsi de l'épisode de la figurine humaine sculptée par le père dans une peau d'orange, veillant à ce que l'entrejambe soit placé à l'endroit exact de la tige de manière à ce que, lors de l'épluchure, jaillisse une protubérance exhibée fièrement devant les invités, hilares. Si l'on peut avec eux rire de la surprise de ce geste (ré)créatif, l'on imagine dans le même temps la gêne, voire l'humiliation ressentie par la petite fille, à jamais blessée psychiquement par cette plaisanterie d'un goût relatif la rejetant sine die dans la sous-catégorie de &quot;la femme privée de phallus&quot;, elle qui aurait dû selon les vœux parentaux naître garçon.       <br />
              <br />
       De tribulation en tribulation, on suivra l'itinéraire onirique des deux complices, étayant mutuellement leur solitude dans un esprit railleur n'excluant pas une gravité latente. Évocation amusée des personnages de mie de pain qu'elle décapitait à l'envi, recherche tragi-comique d'un corps mis à mal par des tiraillements internes définitivement insolubles dans l'eau froide de la rivière coulant sous le pont, elle désormais trop vieille pour en franchir le parapet comme lui fait remarquer malicieusement la petite fille.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65175815-46563027.jpg?v=1654532709" alt=""L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé" title=""L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé" />
     </div>
     <div>
      Fragmenter, rassembler, réparer, tel apparaît le sésame d'une démarche artistique puisant son inspiration dans les plis d'une existence vécue sous le signe du trouble. Détruire, dit-elle, avec énergie pour reconstruire avec frénésie une œuvre trouvant place désormais dans les plus grands musées du monde. Ainsi, la petite fille, sourire en banane, sera-t-elle exhortée à piétiner de ses petits pieds rageurs les éclats d'assiettes brisées par le père. De même &quot;la Femme-Maison&quot; (œuvre symbolique du dilemme vécu entre enfermement et protection familiale) fera-t-elle une apparition remarquée avec sa fumée s'échappant de la cheminée.       <br />
              <br />
       Ainsi la toile de l'araignée salvatrice, réparant avec &quot;père-sévérance&quot; la personne de Louise Bourgeois au fur et à mesure de la menace de sa destruction fantasmée, offre-t-elle la métaphore maternelle d'une résilience vécue in vivo grâce à l'entremise de deux pétulantes marionnettes - humaines, plus qu'humaines - manipulées de mains de maître. Un très beau moment de théâtre, recomposant avec humour le passé d'une grande &quot;dame artiste&quot; pour le faire &quot;entendre&quot; toutes générations confondues.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 31 mai 2022 au TnBA, Salle Vauthier, à Bordeaux. Les représentations se sont déroulées du 31 mai au 4 juin 2022.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'éloge des araignées"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65175815-46565195.jpg?v=1654541229" alt=""L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé" title=""L'éloge des araignées" Louise Bourgeois et son double… ou le passé recomposé" />
     </div>
     <div>
      Texte : Mike Kenny.       <br />
       Traduction : Séverine Magois.       <br />
       Mise en scène : Simon Delattre, assisté de Yann Richard.       <br />
       Avec : Maloue Fourdrinier, Simon Moers, Sarah Vermande.       <br />
       Dramaturgie : Yann Richard.       <br />
       Scénographie : Tiphaine Monroty, assistée de Morgane Bullet.       <br />
       Création marionnettes : Anaïs Chapuis.       <br />
       Lumière et régie générale : Jean-Christophe Planchenault.       <br />
       Construction décor : Marc Vavasseur.       <br />
       Assistante scénographe et régisseuse : Morgane Bullet.       <br />
       Théâtre-marionnette à partir de 8 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
       Production Rodéo Théâtre.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       19 octobre 2022 : L'Agora - Scène nationale de l'Essonne, Évry-Courcouronnes (91).       <br />
       8 novembre 2022 : La Criée - Théâtre national, Marseille (7e).       <br />
       10 novembre 2022 : Théâtre Gérard Philipe CDN, Saint-Denis (93).       <br />
       16 mars 2023 : Théâtre de la Coupe d'Or, Rochefort (17).       <br />
       17 mars 2023 : Le Gallia, Rochefort (17).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65175815-46563009.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-eloge-des-araignees-Louise-Bourgeois-et-son-double-ou-le-passe-recompose_a3271.html</link>
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   <title>"La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !</title>
   <pubDate>Tue, 03 May 2022 07:20:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est fou ce que le théâtre peut réserver de (très bonnes) surprises… Une forme des plus modestes, un tableau conférence (où rien ne sera écrit), un acteur lunaire irradiant sa fantaisie ludique de manière imparable (Jérôme Thibault), une autrice rayonnante détournant poétiquement le réel pour mieux le donner à voir (Myriam Boudenia), de simples chaises pliantes disposées en U (celles de la Salle des Fêtes du Grand Parc de Bordeaux)… et le "miracle" se révèle sous nos yeux éblouis… Grandeur et richesse du "théâtre pauvre".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099595.jpg?v=1651502596" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
     </div>
     <div>
      Le metteur en scène polonais Grotowski définissait ainsi sa théorie d'un théâtre pauvre : <span style="font-style:italic">&quot;Un théâtre qui valorise le corps de l'acteur et sa relation avec le spectateur ; un théâtre qui délaisse les costumes, les décors et la musique&quot;</span>. On ne pourrait mieux dire ici tant l'incarnation de Jérôme Thibault, lumineuse de simplicité et troublante d'efficacité dans le rôle d'un agent gouvernemental recruté et préformé à la hâte - vu l'urgence climatique - constitue le noyau, le &quot;corps du ré-acteur&quot; nucléaire de la performance théâtrale. Quant à son combustible, le &quot;carburant enrichi&quot; de Myriam Boudenia, il se savoure comme le Mistral gagnant de notre enfance.       <br />
              <br />
       Chargé de convaincre des assemblées de citoyens sur la nécessité de décrocher (sic) la lune pour contrecarrer les effets délétères des relations complexes entre le  satellite naturel  de la terre et sa maison mère, il va s'y essayer avec une bonne foi de premier… &quot;communiquant&quot;. C'est qu'on lui donnerait d'emblée le bon dieu sans confession à ce jeune homme décidé, arborant un sourire débonnaire mettant en valeur des rangées de dents impeccablement blanches, bien habillé dans son costume cravate (attention cependant aux baskets aux pieds… même si, il est vrai, elles sont la tenue prisée des cadres dynamiques du &quot;casual Friday&quot;, jour où l'entreprise permet dans sa grande libéralité quelques fantaisies).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099596.jpg?v=1651502633" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
     </div>
     <div>
      Entrée en matière des plus éloquentes, on ne peut plus &quot;naturelle&quot; si l'on considère la sincérité époustouflante dont fait preuve ce chargé de mission, frais émoulu, rendant compte à son public des arcanes de sa formation… Avec une naïveté jouissive, nous prenant comme confidents, il déroule un sourire béat accroché aux lèvres les ressorts du stage de formation l'ayant amené ici, devant nous… Avoir d'abord ressenti l'insigne honneur de représenter la voix du gouvernement… Avoir eu ensuite la faveur d'enregistrer un discours perfusé sous contrôle de superviseurs parfaitement dévoués… Avoir enfin éprouvé qu'on lui avait &quot;lâché la main&quot; lorsque l'on était assuré que la leçon avait bien été apprise… &quot;Génial, non ?&quot;, jubile-t-il, lui qui jusque-là nourrissait quelques doutes sur son estime de soi.       <br />
              <br />
       Précisant le contrat de complicité passé avec le public - choisi avec soin, une inscription préalable ouverte à tous (!) était requise - il confie, ému : <span style="font-style:italic">&quot;Vous êtes mon dernier groupe. Plus besoin de vous faire signer un accord strict de confidentialité. Demain tout va changer. Demain vous serez aux premières loges du grand changement. Ils ont tenu à ce que ce soit moi la bonne personne pour vous annoncer ce rendez-vous avec l'Histoire&quot;</span>. Et, après avoir récapitulé à haute voix les consignes formatives - <span style="font-style:italic">&quot;Ne jamais oublier que l'on est des êtres humains. Parler d'être humain à être humain, c'est quelque chose !&quot;</span>, autant de paroles soulignant en creux le vide abyssal à venir - il se lance…
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099599.jpg?v=1651502662" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
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      &quot;Bonjour !&quot;… suivi de quelques indications à usage pratique (les issues de la salle sont contrôlées par des sentinelles n'ayant pas consigne de… mais…) et d'une information choc… Les chiffres sont irréfutables. Les incitations à réduire drastiquement l'empreinte carbone, l'encouragement volontaire au développement des énergies renouvelables, le véganisme généralisé et autre recyclage systématique des déchets, n'ont abouti sinon à rien, du moins à presque rien. Le logos c'est fini. Il y a urgence à agir. D'où l'accréditation qu'il porte fièrement accrochée à son cou : &quot;Monsieur H. Agent de l'ACI, Agence de Concrétisation de l'Impossible&quot;, autrement dit missionné pour aider à penser l'impensable, pour diffuser &quot;la&quot; solution radicale et durable (on est écolo ou on ne l'est pas) seule susceptible de sauver notre planète…       <br />
              <br />
       Et qu'elle est-elle, saperlipopette, cette solution miraculeuse pouvant redonner à la vie sur la Planète bleue quelque espoir de se survivre ? Là, l'agent s'enflamme comme une allumette craquée… Après un exposé puisant dans la loi de la relativité générale (à ce point du discours savant, une partie importante du public se prend à tirer la langue…), la thèse relativiste de la gravitation, exposée cependant sans gravité aucune, les conclusions s'imposent : pour contrôler l'insolation de la terre, cette nuit, à minuit, on… non ? Si ! Pour de vrai ! Ainsi, elle implosera et ses déchets seront répartis équitablement dans tous les pays. Ainsi le cycle de la Terre sur elle-même sera réduit de plusieurs heures, et nous serons sauvés !!!
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099657.jpg?v=1651502749" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
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      Mais l'enthousiasme quasi orgasmique ressenti à cette annonce, laisse insidieusement place à des doutes venant s'insérer dans le discours sans failles digne de ce communicant formé en express par un cabinet du type McKinsey &amp; Company. L'assurance benoîte de l'Agent H se fissure pour laisser voir… un homme desserrant sa cravate, se débarrassant de ses vêtements ajustés et, au bord de l'apoplexie, en T-shirt déchiré, se remémorer ses rendez-vous avec la lune… et ses rêves d'enfance bercés par l'astre éclairant ses nuits.       <br />
              <br />
       &quot;Le Soleil a rendez-vous avec la Lune&quot; chantait naguère Charles Trenet, un chanteur populaire qui nous parlait d'un temps que les moins de vingt ans (et plus âgés encore) n'ont sans nul doute jamais entendu parler… Peut-être que les enfants qui naîtront demain (ou après-demain, restons résolument optimistes…) n'entendront, eux, plus parler de… la Lune ? À moins que des formes puissamment artistiques et tout autant modestes que &quot;La lune, si possible…&quot; viennent faire effraction dans le réel afin, qu'ensemble, nous puissions encore longtemps et poétiquement  &quot;décrocher la lune&quot; en ayant la tête dans les étoiles…
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099658.jpg?v=1651503573" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
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      Et pour prolonger les spirales de la &quot;voix lactée&quot;, pour continuer à questionner ludiquement le monde comme il dérive, &quot;Les Araignées philosophes&quot; proposent des bandelettes de papier où se découvrent des expressions jouant à l'envi avec le mot lune… Tour à tour, nous, témoins lunaires, nous emparons de leurs sens aussi mobiles que les quartiers de l'astre de la nuit, laissant libre cours à nos imaginaires débridés afin d'inventer - en toute liberté - les contours terriens d'un monde aimable.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 20 avril 2022 dans la Salle des fêtes du Grand Parc de Bordeaux, dans le cadre du Festival Têtes d'Orange du Glob Théâtre, Scène conventionnée d'intérêt national (a été également joué le samedi 16 avril).</b>
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     <div><b>"La lune, si possible"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099659.jpg?v=1651502828" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
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      Texte : Myriam Boudenia.       <br />
       Mise en scène : Myriam Boudenia.       <br />
       Avec : Jérôme Thibault.       <br />
       Médiation : Les araignées philosophes, Aurélie Armellini, Miren Lassus Olasagasti.       <br />
       Par la Compagnie La Volière.       <br />
       Durée : 1 h + 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Autres dates</b>       <br />
       Le spectacle se jouera en juillet - août 2022, lors de l'Été Métropolitain de Bordeaux Métropole.
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-lune-si-possible-Quand-la-fiction-fait-effraction-dans-le-reel-Collision-gagnante-_a3236.html</link>
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