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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-17T15:49:57+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2019• Cherchez la faute ! Histoire d'une liberté à construire ?</title>
   <pubDate>Sat, 06 Jul 2019 15:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2019]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans "Cherchez la faute !", François Rancillac et ses comédiens essaient de comprendre le mythe du jardin d'Éden et de la faute originelle. En auscultant les trois premiers chapitres de la Genèse et des textes de Marie Balmary, ils avancent de surprises en surprises et avec eux le spectateur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35371449-32031460.jpg?v=1513605899" alt="•Off 2019• Cherchez la faute ! Histoire d'une liberté à construire ?" title="•Off 2019• Cherchez la faute ! Histoire d'une liberté à construire ?" />
     </div>
     <div>
      Le dispositif est composé d'un rectangle fermé formé par des tables sur lesquelles des livres et des fonds de dossiers sont déployés. Au centre, un arbre en pot. Il n'y pas de scène. En s'asseyant à l'une des tables, le spectateur comprend vite que la forme influe sur le contenu.       <br />
              <br />
       À chaque extrémité des médianes, quatre interlocuteurs, en vis à vis, s'emploient d'abondance à lire le texte, le déchiffrer. Pas à pas. Lettre à lettre. Mot à mot. Verset à verset. Passionnés, ces exégètes (même le modérateur) ! Qui relient le signe, la chose et l'imagination raisonnable que l'on peut en déduire. Tous enclins à la précision et l'humilité du regard critique. La disposition est propice à l'échange, au dialogue en commun. Assurément, l'histoire de la genèse est contée de manière singulière.       <br />
              <br />
       Le spectateur en apprend de belles et s'émerveille non seulement de la qualité des échanges et de la connaissance (cela est délectable), mais aussi de la beauté et de la justesse de ce poème célébrissime et si peu lu. Des questions lui mordent les lèvres. Mais il est malgré tout au théâtre et écoute religieusement une toute autre histoire que celle qu'il attend.       <br />
              <br />
       Et les dialogues et les disputes entamées, révèlent un monde plein d'humour, de surprises, d'étonnement : un monde à rebours des idées reçues. C'est que le jardin d’Éden, qui abrite cet être de terre glaise fertile comme glèbe nommé Adam, connaît l'altérité. Le paradis abrite en fait Ish et Isha, qui sont des dédoublements au sein d'Adam. C'est apparemment un condition jugée nécessaire par cet Élohim, cette force qui crée un monde à son image et dont l'attribut YHWH, imprononçable, offre, malgré tout, la faculté de tout nommer, de tout faire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35371449-32031461.jpg?v=1513606136" alt="•Off 2019• Cherchez la faute ! Histoire d'une liberté à construire ?" title="•Off 2019• Cherchez la faute ! Histoire d'une liberté à construire ?" />
     </div>
     <div>
      Dans ce jardin, Ish et Isha (Ève n'existe pas encore), face à l'arbre de la connaissance, sont soumis à l'épreuve du signe. Ce signe insidieux qui sera transformé en serpent pour baliser l'aventure de la connaissance mais ne serait pas fatal. Pour en avoir découvert le goût, ces Ish et Isha ne seraient pas chassés du paradis mais simplement conviés à son élaboration ! Ce jardin d’Éden ne connaît pas la faute !       <br />
              <br />
       Le simple spectateur, ou plutôt simple auditeur, car ce spectacle tourne au véritable colloque, en est tout tourneboulé. La genèse raconte l'histoire d'une liberté à construire… Quel superbe renversement de perspective !       <br />
              <br />
       Dans la disposition scénique adoptée, l'attention est soutenue, continue. Tout devient limpide comme source claire. L'espace clos est un espace de réflexion, un espace d'ensemencement, de séminaire. L'arbre au centre est à la fois sujet et objet d'étude. Les comédiens, les spectateurs appartiennent eux à une utopie temporaire. Ils sont tous des Ish et des Isha, à égalité, de même pâte humaine. Le public et les acteurs ont fusionné en une quête commune. Un petit paradis.       <br />
              <br />
       Un dialogue est engagé avec les spectateurs après la représentation. C'est le début d'une autre histoire que chacun est appelé à porter avec lui. Avec beaucoup de finesse, &quot;Cherchez la faute !&quot; décrypte les pouvoirs : le pouvoir du conte, les pouvoirs du théâtre (et peut-être un peu plus). C'est du grand Art.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35371449-32031462.jpg?v=1513606164" alt="•Off 2019• Cherchez la faute ! Histoire d'une liberté à construire ?" title="•Off 2019• Cherchez la faute ! Histoire d'une liberté à construire ?" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">P.S. : Le spectateur attend avec impatience une suite. Celle de la disparition d'Isha et l'apparition d'Ève, par exemple. Ou le sens d'Élohim. Quant à la prononciation d'YHWH, il faudra peut-être attendre… car c'est un défi lancé à la face des linguistes et des phonéticiens. Aux dernières nouvelles, il y aurait quelque chose comme Ya ho… mais cela reste très superficiel.       <br />
              <br />
       Car, avec ce tétragramme, il faut conjuguer des consonnes explosives, fricatives pharyngales, voire glottales, et des voyelles antérieures fermées et postérieures ouvertes, des fricatives latérales, etc.       <br />
              <br />
       Tout ce que l'on peut déduire de cette histoire, c'est que, dans la genèse, il est question d'une conjonction de puissances (Élohim est un pluriel) réunies en un souffle créateur qui a le pouvoir de nommer, de faire donc, de conférer ou de détruire. Et que cette faculté est confiée à une pâte fertile en création et en langage.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cherchez la faute !"</b></div>
     <div>
      D'après &quot;La Divine origine&quot; (Dieu n'a pas créé l'homme) de Marie Balmary (Editions Grasset &amp; Fasquelle/Livre de Poche).       <br />
       Adaptation et mise en scène : François Rancillac.       <br />
       Avec : Danielle Chinsky, Daniel Kenigsberg, Frédéric Révérend, François Rancillac.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2019•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 au 24 juillet 2019.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h 45, relâche les 11 et 18.       <br />
       De 10 h 45 à 12 h 45, trajet en navette compris.       <br />
       <b>La Manufacture, Château de Saint-Chamand</b>        <br />
       2, rue des Écoles.       <br />
       Réservations : 04 90 85 12 71.       <br />
       <a class="link" href="https://lamanufacture.org/" target="_blank">&gt;&gt; lamanufacture.org</a>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/35371449-32031460.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2019-Cherchez-la-faute--Histoire-d-une-liberte-a-construire_a2475.html</link>
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   <title>"Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants</title>
   <pubDate>Thu, 22 Nov 2018 09:09:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Depuis la nuit des temps, on voit les religions (surtout monothéistes) s'affronter, s'opposer et pour finir se faire la guerre avec la volonté de détruire l'autre (ce qui n'est pas vraiment dans leurs discours mais qui est certainement dans la moelle même de leurs existences). Une guerre donc, qui semble frontale, chacun son dieu, sa foi, son camp, ennemis pour toujours !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870677.jpg?v=1542875845" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Comme les conquérants avides qui ne peuvent partager un monde qu'ils considèrent comme leurs propriétés personnelles, c'est à moi, pousse-toi de là ! Mais quand il s'agit des hérétiques, des athées, des marginaux de tous poils qui refusent de porter les habits, les rites et les soumissions aux Lois, alors toutes se liguent miraculeusement contre l'ennemi commun.       <br />
              <br />
       Perdue dans un futur imaginaire qui ressemble comme deux gouttes d'eau (bénites ?) à notre présent, une femme, toute façonnée de laïcité, s'effraie de la montée des intégristes de tous bords. Heurts avec des groupes qui interdisent l'accès à certains théâtres et cinémas (on connaît), pressions diverses sur ses choix vestimentaires, mais aussi instauration d'un arsenal de loi &quot;laïques&quot; visant à cantonner ces excès religieux, un arsenal qui l'atterre au même titre qu'un dérapage autoritaire car il éloigne la république de ses propres valeurs.       <br />
              <br />
       Et cette femme, cherchant son chemin comme un pèlerin dans la nuit profonde, découvre alors l'existence de combattantes qui semblent savoir ce contre quoi elles se battent. Elle les retrouve dans un endroit étrange (une salle de classe désaffectée, envahie par les végétaux morts, symbole encore d'un système éducatif qui semble jeté à la ruine).       <br />
              <br />
       Ce sont des sorcières. Des sorcières revenues des siècles passés où elles furent, à partir de l'inquisition, &quot;bonnes&quot; boucs émissaires pour presque tous les malheurs des hommes : brûlées, noyées, questionnées pour satisfaire le besoin en coupables de ces sociétés anciennes déjà boursouflées de mysticisme et surtout de la peur des autres, des différents, soigneusement entretenus par les dirigeants, soit dit en passant !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870706.jpg?v=1542875885" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Mariette  Navarro répond par cette idée ingénieuse à une commande d'écriture proposée par François Rancillac sur le thème de la laïcité. Il fallait donc mettre en acte les religions pour faire résonner les interrogations que la laïcité (qui accorde par principe la liberté aux personnes de leurs choix religieux) se pose de manière brûlante aujourd'hui : que faire face à la prise de pouvoir des religieux, des sectaires et des morales de plus en plus intolérantes, rien ?       <br />
              <br />
       Un questionnement incarné par cette femme lambda (interprétée par Stéphanie Schwartzbrod) qui rebondit sur les réponses à la fois concernées et gratuites (et libérées) de sorcières victimes de ces mouvements. Apparaît aussi Sainte Blandine (apparition irritante pour les trois sorcières), Sainte Blandine, martyre des Romains, histoire de mettre aussi en jeu les despotismes d'état ordinaires.       <br />
              <br />
       Grâce à ce poudroiement d'imaginaires jeté sur notre réalité, c'est une multitude de questions, de peurs, de délires aussi, de fantaisies qui parviennent à créer le discours de la pièce. Des pensées qui nous ont traversés parfois, face aux violences des actualités. Des doutes aussi que chaque citoyen a eu, a ou aura s'il reste fidèle à ses valeurs. Mais Mariette Navarro suit un axe principal : elle a la volonté d'exposer sans prendre parti. Et c'est peut-être là que son texte a du mal à devenir acte de théâtre polémique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870720.jpg?v=1542875920" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Mais dans ce faux futur qui fait appel à des fantômes de notre civilisation pour voir un peu plus clairement le présent, c'est de lumières qu'il s'agit. Celles, actuelles, à trouver, perdus que nous sommes dans ce labyrinthique monde à chausse-trappes, &quot;fakes&quot;, et guerres comme fièvres purulentes. Celles en passe d'ensevelissement dans l'oubli, les Lumières du XVIIIe. Celle aussi, des feux follets, des feux de Bengale, de joie, des fêtes réconciliatrices qui manquent au monde.       <br />
              <br />
       Armée du prétexte fondamental de la laïcité, Mariette Navarro joue un tour de magie en faisant décoller le sérieux du propos vers l'imaginaire. Et elle prouve de façon incontournable, comme en direct, au fil de la pièce, que la seule force à mettre en œuvre dans ce combat où nous sommes contre l'obscurantisme, l'ostracisme et la béance ouverte à tous les despotes est l'esprit. Voilà en acte un cri doux et sincère qui murmure que ce ne sont pas les lois, ni la force,  ni les frontières, ni les exclusions, ni les peurs à mettre en opposition à tous les fanatismes mais la lumière.       <br />
              <br />
       François Rancillac et ses cinq comédiennes (qui ont créés des personnalités hors normes et magnifiques, tonitruantes, débordante du plaisir d'incarner ces personnages !) jouent habilement de cette partition, et parviennent sans cesse à infuser du rire et de la distance, drôleries et magies scéniques, qui amusent autant qu'ils impliquent.       <br />
              <br />
       Petit pincement au cœur en sachant que ce spectacle sera le dernier monté par François Rancillac en tant que directeur du Théâtre de l'Aquarium. Une pièce qui possède la facture de l'ensemble de ses productions passées : intelligence, finesse, précision et beauté de la mise en scène, et une direction d'acteur toujours excellente et généreuse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Hérétiques"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870730.jpg?v=1542875954" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Texte : Mariette Navarro (Quartett Editions).       <br />
       Commande et résidence d'écriture à l'Aquarium soutenue par la Région Île-de-France.       <br />
       Mise en scène : François Rancillac.       <br />
       Assistante-stagiaire à la mise en scène : Alexandra Maillot.       <br />
       Avec : Andréa El Azan, Christine Guênon, Yvette Petit, Stéphanie Schwartzbrod, Lymia Vitte.       <br />
       Scénographie : Raymond Sarti.       <br />
       Costumes : Sabine Siegwalt.       <br />
       Lumière : Guillaume Tesson.       <br />
       Son : Tal Agam.       <br />
       Travail chorégraphique : Marion Lévy.       <br />
       Illusion et magie : Benoît Dattez.       <br />
       Maquillage et coiffures : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Réalisation des costumes : Séverine Thiébault.       <br />
       Construction du décor : Eric Den Hartog et Mustafa Benyahia.       <br />
       Peinture du sol : Anaïs Ang, assistée de Nathalie Nöel.       <br />
       Durée : 1 h 55.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 novembre au 9 décembre 2018.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de l'Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.net</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée 2019</b>       <br />
       5 au 8 février 2019 : Théâtre Dijon Bourgogne, Dijon (21).       <br />
       26 au 28 février 2019 : La Comédie, Béthune (62).       <br />
       26 mars 2019 : Théâtre Jean Lurçat - Scène nationale, Aubusson (23).       <br />
       16 avril 2019 : La Ferme de Bel Ébat, Guyancourt (78).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/27983769-27870677.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Heretiques-Evoquer-les-intolerances-religieuses envers-les-femmes-et-les-incroyants_a2287.html</link>
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   <title>Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent</title>
   <pubDate>Tue, 27 Mar 2018 06:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le vertueux Victor Hugo jette dans cette pièce de jolis jets d'acide et d'impertinence pour décrire une société dans laquelle l'argent est devenu pouvoir absolu. Difficile de ne pas faire le parallèle avec notre époque qui, plus d'un siècle et demi plus tard, a parfaitement consommé le poison qui lentement fait crever une démocratie de plus en plus impuissante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21155665-24303370.jpg?v=1522124862" alt="Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent" title="Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent" />
     </div>
     <div>
      Sur scène : un homme d'affaires qui devient député, un banquier, des huissiers, un délinquant en désir d'honnêteté, une fille-mère, sa fille, son futur gendre et toute une flopée de fausses identités, de passés et de fautes effacés, de façades ravalées, de mains pas très propres, de chantages et de liasses de billets en forme de sésames… et puis il y a le très tonitruant rire de Victor Hugo qui retentit à travers toute l'écriture de cette comédie aussi légère que corrosive.       <br />
              <br />
       Un rire que l'on ressent dans le choix même des personnages et des situations qui flirtent avec l'excès, la caricature puissante, l'incroyable. C'est une ballade indiscrète au cœur de rouages financiers de l'honorabilité qui nous est offerte là. Notre guide ? Un jeune délinquant mal fait pour l'escroquerie et bien décidé à fuir la marginalité pour se construire une vie de travailleur, personnage magnifiquement interprété par Maxime Atmami qui, fuyant la police qui l'a fiché au fer rouge, se retrouve au cœur du drame dans une maison bourgeoise envahie par les huissiers.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21155665-24303382.jpg?v=1522124929" alt="Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent" title="Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent" />
     </div>
     <div>
      Par son entremise, les secrets, les manipulations et toute une série de scènes épiques vont s'enchaîner devant ses yeux et les nôtres : une découverte du monde des nantis, des affaires, de la politique et de la justice républicaine qui expose la corruption comme mode d'organisation. Pas un pour sauver l'autre, tant et si bien que la seule âme un peu pure est bel et bien ce jeune délinquant qui a fait ses classes en maison de correction et de redressement.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Kheireddine Lardjam prend le texte d'Hugo à bras le corps et l'emporte dans une danse pleine de gourmandise, de rythme et de fantaisie. Les personnages brillent soit par leurs éclats soit par leurs noirceurs, mais ils sont tous hauts en couleurs, dignes de Feydeau ou de Courteline. La scénographie extrêmement modulable, faites de panneaux mobiles sur lesquels les projections inquiétantes se multiplient à mesure que l'action  s'intensifie. Des nuées d'oiseaux de mauvais augures comme une menace sur une société en train de pourrir de l'intérieur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21155665-24303384.jpg?v=1522124956" alt="Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent" title="Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent" />
     </div>
     <div>
      Le tout est dynamique, pertinent, et laisse parler, en contrepoint de la fantaisie éclatante des scènes et des personnages, l'attaque frontale d'Hugo contre une corruption par l'argent qui devient pire que n'importe quelle tyrannie et s'affranchit de toute limite. Un discours qui se lit comme une chronique journalistique de notre époque, sans filtre, copié collé de la force sans âme du libéralisme économique que l'on nomme mondialisation.       <br />
              <br />
       Linda Chaïb - toujours très belle comédienne - crée ici le personnage de la fille-mère victime des huissiers avec l'énergie et le talent qu'on lui connaît, mais rarement dans ce registre excessif où elle montre encore une fois son art, son invention. Azeddine Benamara, dans un autre grand rôle de la pièce, l'homme d'affaires absolument véreux, totalement sans vergogne, ni morale, est crédible des pieds à la tête, et jusqu'au moindre souffle. L'originale création du rôle de l'huissier tient sur les épaules du musicien Romaric Bourgeois (également compositeur des musiques) : guitare et micro HF imposent ses interventions en chansons, rock et rap avec la hauteur et la violence qui incombent à son personnage. Une très belle idée.       <br />
              <br />
       Tout le reste de la distribution se donnent sur scène au même titre que ceux cités ci-dessus. On sent un véritable enjeu sous l'aspect blagueur, cocasse et parfois farce de la pièce. L'investissement de tous sert le spectacle et permet de découvrir ce texte de Victor Hugo, d'en apprécier l'humour, la verve et l'intelligence.  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mille francs de récompense"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21155665-24303389.jpg?v=1522124984" alt="Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent" title="Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent" />
     </div>
     <div>
      Texte : Victor Hugo.       <br />
       Mise en scène : Kheireddine Lardjam.       <br />
       Avec : Maxime Atmami, Azeddine Benamara, Romaric Bourgeois, Linda Chaïb,  Samuel Churin, Étienne Durot, Aïda Hamri, Cédric Veschambre.       <br />
       Collaboration artistique : Cédric Veschambre.       <br />
       Scénographie et collaboration artistique : Estelle Gautier.       <br />
       Lumière : Victor Arancio.       <br />
       Son : Pascal Brenot.       <br />
       Composition musicale : Romaric Bourgeois.       <br />
       Vidéo : Thibaut Champagne.        <br />
       Costumes : Florence Jeunet.       <br />
       Dessinateur : Jean-François Rossi.       <br />
       Chorégraphe : Bouziane Bouteldja.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
       Compagnie El Ajouad.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21155665-24304135.jpg?v=1522134128" alt="Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent" title="Un Victor Hugo politique et loufoque qui jette une parole actuelle sur la société de l'argent" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 22 mars au 8 avril 2018.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 16 h. Relâches les 1er, 2 et 3 avril.       <br />
       Théâtre de l'Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.net</a>       <br />
              <br />
       <b>Autres dates</b>       <br />
       Du 27 au 29 mai 2018 : Festival Théâtre en mai, Théâtre Dijon Bourgogne - CDN, Dijon (21).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/21155665-24303370.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-Victor-Hugo-politique-et-loufoque-qui-jette-une-parole-actuelle-sur-la-societe-de-l-argent_a2081.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Cherchez la faute !"… La genèse qui décrit la création ne serait-elle que l'histoire d'une liberté à construire ?</title>
   <pubDate>Mon, 18 Dec 2017 14:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans "Cherchez la faute !", François Rancillac et ses comédiens essaient de comprendre le mythe du jardin d'Éden et de la faute originelle. En auscultant les trois premiers chapitres de la Genèse et des textes de Marie Balmary, ils avancent de surprises en surprises et avec eux le spectateur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18981666-23032304.jpg?v=1513605899" alt=""Cherchez la faute !"… La genèse qui décrit la création ne serait-elle que l'histoire d'une liberté à construire ?" title=""Cherchez la faute !"… La genèse qui décrit la création ne serait-elle que l'histoire d'une liberté à construire ?" />
     </div>
     <div>
      Le dispositif est composé d'un rectangle fermé formé par des tables sur lesquelles des livres et des fonds de dossiers sont déployés. Au centre, un arbre en pot. Il n'y pas de scène. En s'asseyant à l'une des tables, le spectateur comprend vite que la forme influe sur le contenu.       <br />
              <br />
       À chaque extrémité des médianes, quatre interlocuteurs, en vis à vis, s'emploient d'abondance à lire le texte, le déchiffrer. Pas à pas. Lettre à lettre. Mot à mot. Verset à verset. Passionnés, ces exégètes (même le modérateur) ! Qui relient le signe, la chose et l'imagination raisonnable que l'on peut en déduire. Tous enclins à la précision et l'humilité du regard critique. La disposition est propice à l'échange, au dialogue en commun. Assurément, l'histoire de la genèse est contée de manière singulière.       <br />
              <br />
       Le spectateur en apprend de belles et s'émerveille non seulement de la qualité des échanges et de la connaissance (cela est délectable), mais aussi de la beauté et de la justesse de ce poème célébrissime et si peu lu. Des questions lui mordent les lèvres. Mais il est malgré tout au théâtre et écoute religieusement une toute autre histoire que celle qu'il attend.       <br />
              <br />
       Et les dialogues et les disputes entamées, révèlent un monde plein d'humour, de surprises, d'étonnement : un monde à rebours des idées reçues. C'est que le jardin d’Éden, qui abrite cet être de terre glaise fertile comme glèbe nommé Adam, connaît l'altérité. Le paradis abrite en fait Ish et Isha, qui sont des dédoublements au sein d'Adam. C'est apparemment un condition jugée nécessaire par cet Élohim, cette force qui crée un monde à son image et dont l'attribut YHWH, imprononçable, offre, malgré tout, la faculté de tout nommer, de tout faire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18981666-23032893.jpg?v=1513606136" alt=""Cherchez la faute !"… La genèse qui décrit la création ne serait-elle que l'histoire d'une liberté à construire ?" title=""Cherchez la faute !"… La genèse qui décrit la création ne serait-elle que l'histoire d'une liberté à construire ?" />
     </div>
     <div>
      Dans ce jardin, Ish et Isha (Ève n'existe pas encore), face à l'arbre de la connaissance, sont soumis à l'épreuve du signe. Ce signe insidieux qui sera transformé en serpent pour baliser l'aventure de la connaissance mais ne serait pas fatal. Pour en avoir découvert le goût, ces Ish et Isha ne seraient pas chassés du paradis mais simplement conviés à son élaboration ! Ce jardin d’Éden ne connaît pas la faute !       <br />
              <br />
       Le simple spectateur, ou plutôt simple auditeur, car ce spectacle tourne au véritable colloque, en est tout tourneboulé. La genèse raconte l'histoire d'une liberté à construire… Quel superbe renversement de perspective !       <br />
              <br />
       Dans la disposition scénique adoptée, l'attention est soutenue, continue. Tout devient limpide comme source claire. L'espace clos est un espace de réflexion, un espace d'ensemencement, de séminaire. L'arbre au centre est à la fois sujet et objet d'étude. Les comédiens, les spectateurs appartiennent eux à une utopie temporaire. Ils sont tous des Ish et des Isha, à égalité, de même pâte humaine. Le public et les acteurs ont fusionné en une quête commune. Un petit paradis.       <br />
              <br />
       Un dialogue est engagé avec les spectateurs après la représentation. C'est le début d'une autre histoire que chacun est appelé à porter avec lui. Avec beaucoup de finesse, &quot;Cherchez la faute !&quot; décrypte les pouvoirs : le pouvoir du conte, les pouvoirs du théâtre (et peut-être un peu plus). C'est du grand Art.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18981666-23032907.jpg?v=1513606164" alt=""Cherchez la faute !"… La genèse qui décrit la création ne serait-elle que l'histoire d'une liberté à construire ?" title=""Cherchez la faute !"… La genèse qui décrit la création ne serait-elle que l'histoire d'une liberté à construire ?" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">P.S. : Le spectateur attend avec impatience une suite. Celle de la disparition d'Isha et l'apparition d'Ève, par exemple. Ou le sens d'Élohim. Quant à la prononciation d'YHWH, il faudra peut-être attendre… car c'est un défi lancé à la face des linguistes et des phonéticiens. Aux dernières nouvelles, il y aurait quelque chose comme Ya ho… mais cela reste très superficiel.       <br />
              <br />
       Car, avec ce tétragramme, il faut conjuguer des consonnes explosives, fricatives pharyngales, voire glottales, et des voyelles antérieures fermées et postérieures ouvertes, des fricatives latérales, etc.       <br />
              <br />
       Tout ce que l'on peut déduire de cette histoire, c'est que, dans la genèse, il est question d'une conjonction de puissances (Élohim est un pluriel) réunies en un souffle créateur qui a le pouvoir de nommer, de faire donc, de conférer ou de détruire. Et que cette faculté est confiée à une pâte fertile en création et en langage.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cherchez la faute !"</b></div>
     <div>
      D'après &quot;La Divine origine&quot; (Dieu n'a pas créé l'homme) de Marie Balmary (Editions Grasset &amp; Fasquelle/Livre de Poche).       <br />
       Adaptation et mise en scène : François Rancillac.       <br />
       Avec : Danielle Chinsky, Daniel Kenigsberg, Frédéric Révérend et, en alternance, François Rancillac ou Fatima Soualhia Manet.       <br />
       Durée : 1 h + discussion.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 au 23 décembre 2017 et du 9 au 21 janvier 2018.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de l'Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.net</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       15 janvier 2018 : Le Granit - Scène nationale, Belfort (90).       <br />
       23 et 24 janvier 2018 : Théâtre de la Madeleine, Troyes (10).       <br />
       30 janvier 2018 : Théâtre Francis-Planté, Orthez (64).       <br />
       2 et 3 février 2018 : Maison des Arts du Leman, Thonon-les-Bains (74).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/18981666-23032304.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Cherchez-la-faute--La-genese-qui-decrit-la-creation-ne-serait-elle-que-l-histoire-d-une-liberte-a-construire_a2009.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois</title>
   <pubDate>Mon, 19 Sep 2016 08:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le passage du plein air à la salle constitue pour une mise en scène une véritable épreuve de vérité. Assurément le spectacle de Didier Bezace, qui rassemble trois pièces courtes de Feydeau, renforce à l'Aquarium son unité et atteint une puissance renouvelée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10228593-16697816.jpg?v=1474268668" alt="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" title="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" />
     </div>
     <div>
      Le spectacle stabilise en une fable unique trois histoires qui pointent la guérilla domestique entre époux et qui s'exacerbe à l'arrivée inopinée d'un tiers. Celui-ci parce qu'il rompt l'intimité transforme la perception des événements et révèle les ridicules en imposant une vérité des apparences. Tous, mari et épouse, sage-femme, beaux parents, enfant tyran, serviteurs, tous cherchent à s'extirper d'une mauvaise farce dans laquelle ils sont englués à leur corps défendant.       <br />
              <br />
       L'action se transforme vite en montée au calvaire. À ce jeu le farci, le mari, le pauvre homme, atteint un stade où un rien supplémentaire lui ferait casser la comédie, le ferait plonger en tragédie, entrer en crucifixion.       <br />
              <br />
       En inventant comme fil conducteur un deux ex machina malin, en trouvant un diabolus sortant de la boîte, un Méphistophélès dont les cornes percent sous le front et qui se métamorphose au gré de ses méchancetés, la pièce donne du sens au mot enfer et rend sensible le rêve insaisissable du bonheur paisible d'un cocon petit bourgeois. La réalité se révèle toujours bien trop triviale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10228593-16697825.jpg?v=1474269688" alt="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" title="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" />
     </div>
     <div>
      En sage-femme, en messager de la mort, en enfant tyran Philippe Berodot fournit un éblouissant et monstrueux travail de mise en réalisme de son personnage transgressant tous les codes. Dans le même mouvement les autres comédiens partent du vaudeville et montent en direction de leur part de vérité : la scène atteint un point de concentration et d'ébullition rare au théâtre.       <br />
              <br />
       Les comédiens vont en toute liberté jusqu'au cœur de l'expression. Touchent, dans la proximité avec le public, une part d'évidence (que seul l'Art sait rendre évidente). Dans la traversée du spectacle et du plaisir qui est le leur ils atteignent ce point limite, ce point d'équilibre où les traits appuyés deviennent des éléments de caractères et non des caricatures, où sont précisés et individualisés le personnage et son universalité.       <br />
              <br />
       C'est comme cela que, par ce travail moliéresque minutieux et spectaculaire, le public reconnaît dans le miroir tendu, tous les siens et rit de bon cœur. Sans méchanceté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Quand le diable s’en mêle"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10228593-16697965.jpg?v=1474269709" alt="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" title="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" />
     </div>
     <div>
      D’après trois courtes pièces de Georges Feydeau : &quot;Léonie est en avance&quot;, &quot;Feu la mère de madame&quot;, &quot;On purge Bébé&quot;.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Didier Bezace.       <br />
       Avec : Philippe Bérodot, Jean-Claude Bolle-reddat, Thierry Gibault, Clotilde Mollet, Océane Mozas, Lisa Schuster et Luc Tremblais.       <br />
       Collaboratrice artistique, son et accessoires : Dyssia Loubatière.       <br />
       Chorégraphie : Cécile Bon.       <br />
       Scénographie : Jean Haas et Didier Bezace.       <br />
       Lumière : Dominique Fortin.       <br />
       Costumes : Cidalia da Costa.       <br />
       Maquillage et coiffure : Cécile Kretschmar.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 septembre au 1er octobre 2016.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de l’Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10228593-16697816.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Rendre-sensible-le-reve-insaisissable-d-un-bonheur-paisible-petit-bourgeois_a1676.html</link>
  </item>

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