<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-19T17:02:07+02:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-81736812</guid>
   <title>•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi</title>
   <pubDate>Tue, 23 Jul 2024 20:09:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Un roi qui se prend pour un roi est un fou". Ainsi le psychanalyste Jacques Lacan, connu pour ses saillies verbales – "ça" travaillait beaucoup dans sa tête – cristallise-t-il sa représentation de la folie. Sans lui faire aucunement concurrence, on serait tenté de dire que ce qui arrive à cet acteur (pas celui qui joue… mais celui qui est joué par lui) qui, ayant végété toute sa vie dans des rôles secondaires, se projette soudain sur l'avant-scène du Théâtre Benoît XII dans le rôle de Richard III, participe en plein de ce (doux) désordre de la pensée… Et ce pour notre bonheur de spectateur sain (?) puisque, nous identifiant alors à l'acteur, etc.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81736812-58824159.jpg?v=1721759813" alt="•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi" title="•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi" />
     </div>
     <div>
      Seul en scène (mais pas dans sa tête), l'acteur catalan Joan Carreras excelle dans ce rôle taillé à sa (dé)mesure. À tel point que, plus le spectacle progresse, plus lui semble régresser de quelques siècles pour se confondre avec le personnage shakespearien. Comme si pour réussir (enfin !) à endosser correctement un rôle, il avait fallu qu'il se découvre des correspondances électives avec ce personnage, relations si fortes qu'il en a perdu les esprits.       <br />
              <br />
       Sa présence sur la scène avant que tout ne commence, le découvre en costume de ville, jouant l'histrion, buvant un thé dans une pause étudiée, battant la mesure négligemment ou encore exerçant les muscles de la bouche afin de délivrer son monologue. Et, soudain, surgissant de lui-même, il se lance dans une déclamation pleine de colère commençant par : <span style="font-style:italic">&quot;Moi Richard d'York, quelque chose sent le pourri…&quot;.</span> Puis, stoppant net sa tirade, reprenant son statut d'acteur, statut acté par une adresse directe au public, il lance : <span style="font-style:italic">&quot;Voici les paroles, elles sont là… Il reste à les manger !&quot;.</span> Submergé par l'excitation qui l'envahit, il part dans une logorrhée vindicative charriant ses failles. Lui, le pas beau, le déshérité sur lequel aucun regard admiratif ne s'est jamais posé, se sent soudain devenir celui que tout le monde va bader tant son interprétation de Richard III sera d'une ressemblance confondante…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81736812-58824163.jpg?v=1721759840" alt="•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi" title="•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi" />
     </div>
     <div>
      Dans sa rage de clown grotesque, il se déboite l'épaule. Se saisit des cordes de la Tour de Londres et se blesse à nouveau. N'importe, l'essentiel n'est-il pas d'être Richard III, d'épouser ses fureurs pour, au travers du personnage, dire des choses encore plus profondes sur l'existence. Et si Richard III est plus que Richard III, il peut donc être lui… Pour ce faire, il lit une note aide-mémoire qu'il a glissée dans sa poche : <span style="font-style:italic">&quot;Jouer avec l'idée du sanglier&quot;</span>. Ainsi l'image de l'animal brutal intégrée, ingérée, il ne jouera pas… mais sera le roi tyran.       <br />
              <br />
       Se mettant à résumer à la vitesse d'une mitraillette enrayée la pièce de Shakespeare, il s'arrête sur &quot;la dispute familiale&quot; initiale mettant en jeu la reine Marguerite, veuve d'Henry VI, revenue à la Cour dont elle est bannie, son époux et son fils étant eux occis par le tyran. La représentant sous la forme d'une perruque-serpillière, il cite ses propos hourdés d'imprécations virulentes contre Richard III, la trouvant cette tirade haineuse… d'une facture merveilleuse… et en profite au passage pour reprendre vertement un spectateur qui semblait douter de la beauté exquise de l'iambe shakespearien… La présentation de la famille royale étant faite, il lui reste à passer à la présentation de sa propre lignée – moins prestigieuse, certes ! – mais non moins valeureuse… Un château familial sera bâti, auquel il donnera tout naturellement le nom de Joan III…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81736812-58824174.jpg?v=1721759869" alt="•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi" title="•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi" />
     </div>
     <div>
      Se prenant au jeu, l'acteur met en scène ses propres &quot;désirs de réparation&quot; en accueillant en lui le tyran, le personnage ignoblement fort qu'il aspire à être. Outre l'absence de sens moral, le cynisme, l'insolence (il s'en prend aux spectateurs !), il va partager son ambition démesurée, personne et personnage ne feront désormais plus qu'un.       <br />
              <br />
       Le problème qu'il rencontrera dans la voie de son ascension irrésistible n'est pas l'adhésion – on l'aura compris – à son personnage… Le problème, c'est la réalité qui lui résiste, celle des subventions qui font défaut, celle de la troupe pas au niveau et celle de ce metteur en scène qui n'a rien compris à Shakespeare… Sortant de ses gonds, il détruira le décor et renverra paître, dans une crise démentielle digne de Richard III, scénographe et metteur en scène. Lui, seul, à l'instar de son double théâtral, sait, a le pouvoir de savoir, ce que théâtre veut dire… Il recherchera alors désespérément dans la salle quelqu'un qui pourrait venir à son secours, un spectateur, un seul, qui le comprenne dans son combat contre l'ignorance généralisée, contre la méconnaissance crasse du théâtre, de son théâtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81736812-58824177.jpg?v=1721759904" alt="•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi" title="•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi" />
     </div>
     <div>
      Son dernier combat, un acteur (lui !) pour un spectateur intelligent… <span style="font-style:italic">&quot;Mon royaume pour un spectateur intelligent !&quot;</span>, telle sera en effet, avant que le noir du théâtre ne l'ensevelisse, la dernière parole de celui qui épousera jusqu'à en mourir (de rire) le destin de son illustre personnage… lequel, se sentant perdu, s'était écrié sur le champ de bataille : <span style="font-style:italic">&quot;Un cheval pour mon royaume !&quot;</span>… Ainsi en va-t-il de l'acteur et de son double, s'épaulant mutuellement pour délivrer, tambour battant et humour en étendard, une fable enjouée sur le théâtre dans le théâtre.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 20 juillet 2024 au Théâtre Benoît XII à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81736812-58824179.jpg?v=1721759965" alt="•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi" title="•In 2024• "Història d'un senglar (o alguna cosa de Ricard)" La vraie fausse histoire d'un acteur… qui se prenait pour Richard III… qui se prenait lui pour un roi" />
     </div>
     <div>
      Uruguay - Espagne (Catalogne).       <br />
       Spectacle en catalan surtitré en français et anglais.       <br />
       D'après &quot;Richard III&quot; de William Shakespeare.       <br />
       Texte : Gabriel Calderón.       <br />
       Mise en scène : Gabriel Calderón.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Olivia Basora.       <br />
       Traduction : Joan Sellent.       <br />
       Avec : Joan Carreras.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Laurent Gallardo (français), Ailish Holly, Eulàlia Morros (anglais).       <br />
       Scénographie : Laura Clos &quot;Closca&quot;.       <br />
       Lumière : Ganecha Gil.       <br />
       Costumes : Sergi Corbera.       <br />
       Conception personnage et assistant costumes : Núria Llunell.       <br />
       Régie général : Roser Puigdevall.       <br />
       Régie son : Ramón Ciércoles.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été joué du 12 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 19 h.       <br />
       Théâtre Benoît XII, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81736812-58824159.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Historia-d-un-senglar-o-alguna-cosa-de-Ricard-La-vraie-fausse-histoire-d-un-acteur-qui-se-prenait-pour-Richard_a4016.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-77540569</guid>
   <title>"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain</title>
   <pubDate>Fri, 29 Dec 2023 16:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77540569-56350169.jpg?v=1703865649" alt=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" title=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" />
     </div>
     <div>
      Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de &quot;Notre vie dans l'art&quot;, on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.       <br />
              <br />
       Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77540569-56350174.jpg?v=1703865671" alt=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" title=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" />
     </div>
     <div>
      C'est dimanche, jour de relâche du Théâtre de Moscou en tournée à Chicago en cette année suivant de six ans la révolution bolchévique de 1917. La troupe s'apprête à fêter ses vingt-cinq ans d'existence… Pendant cette journée particulière et autour de la table dressée marquant l'unité de temps et de lieu, entre toasts portés, conversations à bâtons rompus, chants entonnés joyeusement et lourds silences observés, vont se jouer et rejouer à l'envi les mille et un sujets traversant le menu des existences ordinaires. Propos traversant inéluctablement nos vies minuscules, mais vite amplifiés par le contexte politique reliant l'existence de l'art aux contingences d'un réel qui insiste au-delà de la période concernée.       <br />
              <br />
       Deux lettres lues (au tout début et en clôture) par l'ancien acteur du Théâtre d'Art de Moscou s'étant exilé outre atlantique donnent le ton en enchâssant les échanges de ces repas festifs. L'une et l'autre – à signer expressément par le Directeur du Théâtre – sont adressées au camarade Joseph Staline… Toutes les deux (datées de 1936 et de 1938) vantent la gloire du Petit Père des Peuples et du Parti Communiste guidant l'Union Soviétique vers de hauts horizons de culture. Contrastant avec le ton et le contenu de ces missives, en dissonance absolue avec elles, les questionnements des protagonistes résonnent pour en dire long sur la dépendance des artistes à un régime absolutiste exigeant d'eux obéissance et soumission.       <br />
              <br />
       D'emblée, la fragilité de cette tournée loin de la terre nourricière est annoncée par le recadrage de l'un des jeunes acteurs s'étant laissé aller à un banal scandale dans un bar. <span style="font-style:italic">&quot;Nous travaillons tous pour faire bonne impression ici&quot;,</span> lui rétorque-t-on. À la pression du pays d'origine, s'ajoute celle du pays d'accueil dont dépend le succès de la tournée. De plus, on découvre vite que le simple désaccord relationnel dépasse la dimension personnelle pour recouvrir des sensibilités politiques en tension : l'un est soupçonné d'adhérer à l'idéologie bolchévique, alors que les autres lui font allégeance seulement pour pouvoir vivre leur art.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77540569-56350183.jpg?v=1703865700" alt=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" title=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" />
     </div>
     <div>
      Entre pelmeni (raviolis emblématiques de la cuisine russe) préparés avec amour et thés partagés, les conversations vont bon train autour de la tablée. Pêle-mêle s'y disent l'infidélité d'un acteur faisant écho à celle d'une comédie de Shakespeare (cf. &quot;le monde entier est un théâtre&quot;), les réceptions éblouissantes données par les très riches Russes blancs et les robes magnifiques des femmes, les volumes offerts de Pouchkine et l'icône qu'on aura bien du mal à rapporter au pays, la cérémonie à l'église où l'on se doit d'assister pour plaire à l'archevêque, le jeu de &quot;La Mouette&quot; réincarnée… Autant de sujets plus ou moins légers, émaillant des discussions traversées progressivement par des questionnements plus inquiétants sur l'avenir de la troupe.       <br />
              <br />
       Qu'adviendra-t-il des rêves d'achat de datcha, lorsque, portée par Petia, une enveloppe contenant des coupures de journaux moscovites est ouverte ? Maïakovski, chantre de la révolution prolétarienne, n'écrit-il pas que leur théâtre est un <span style="font-style:italic">&quot;œilleton pour voyeurs&quot;</span> ou encore que <span style="font-style:italic">&quot;Tchekhov lui laisse un goût malsain dans la bouche&quot;</span> ? Sans parler des autres articles jetant l'opprobre sur leur tournée américaine, accusant effrontément Lord Stanislavski (Kostia) de pactiser avec les millionnaires américains jusqu'à se réjouir de <span style="font-style:italic">&quot;n'avoir pas devant lui un public de rebuts soviétiques&quot;</span> ? Ou encore de cette photo d'Olga (la veuve d'Anton Tchekhov) <span style="font-style:italic">&quot;bradant les trésors russes à une vente de charité&quot;</span> ? Ou encore de celle de Vania <span style="font-style:italic">&quot;enveloppant de ses bras des Russes blancs&quot;</span> rebuts du tsarisme ? Quant au télégramme les enjoignant de se présenter au plus vite aux autorités bolchéviques sous peine d'être <span style="font-style:italic">&quot;considérés comme des fugitifs politiques criminels&quot;</span>, de quoi augure-t-il ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77540569-56350189.jpg?v=1703865746" alt=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" title=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" />
     </div>
     <div>
      Mais refusant de sombrer dans la peur désespérante, prenant acte que les séances de rééducation auxquelles le directeur de la troupe (Kostia) et son adjoint (Vania) ont été soumis ont forgé en eux l'art de la dissimulation salvatrice, c'est la fête du vingt-cinquième anniversaire qui reprend ses droits. Et de porter tous – joyeusement ! – un toast à la gloire de l'actrice experte en art culinaire (Masha) et un autre à celle du théâtre, lieu souverain de l'illusion.       <br />
              <br />
       Et ce ne sont pas les annonces du producteur et de l'administrateur du Théâtre de Moscou, contraignant les acteurs sociétaires à jouer à perte pour rembourser les dettes contractées par la tournée en Amérique, ni l'annonce de l'annulation de leur tournée au Canada (sous prétexte qu'ils seraient de dangereux bolchéviques), qui vont impacter leur foi dans le théâtre, enjeu de leur vie entière. Le sketch des &quot;Trois Sœurs&quot;, interprété avec pétulance, est là pour en attester…       <br />
              <br />
       Ainsi au travers de cette traversée tchékhovienne (et enjouée) de cette journée particulière de 1923 revécue en live par les comédiens du Théâtre du Soleil, ce qui se dit prend valeur atemporelle. Il faudrait en effet être atteint de surdité mentale pour ne pas entendre que ce qui se joue ce soir nous parle intensément de la condition des artistes contemporains, non seulement dans les pays totalitaires où l'art est soumis aux diktats implacables des dirigeants, mais aussi dans les pays dits libres comme le nôtre, où certains édiles d'extrême droite ou de droite dure entendent régenter le fonds des bibliothèques et la programmation des théâtres. Rien de nouveau à l'est… ni à l'ouest. Un spectacle incontournable et rayonnant du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine.       <br />
              <br />
       <b>Vu le 7 décembre au Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, à Paris.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Notre vie dans l'art - Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, Illinois en 1923"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77540569-56350192.jpg?v=1703865777" alt=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" title=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" />
     </div>
     <div>
      Écriture : Richard Nelson.       <br />
       Mise en scène : Richard Nelson.       <br />
       Traduction : Ariane Mnouchkine.       <br />
       Avec les comédiens du Théâtre du Soleil : Shaghayegh Beheshti, Duccio Bellugi-Vannuccini, Georges Bigot, Hélène Cinque, Maurice Durozier, Clémence Fougea, Judit Jancso, Agustin Letelier, Nirupama Nityanandan, Tomaz Nogueira, Arman Saribekyan.       <br />
       Assistante, assistant à la mise en scène et interprètes : Ariane Bégoin, Alexandre Zloto.       <br />
       Lumières : Virginie Le Coënt.       <br />
       Son : Thérèse Spirli.       <br />
       Costumes : Marie-Hélène Bouvet, Nathalie Thomas, Annie Tran.       <br />
       Ensemblier : Sébastien Brottet-Michel.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       Créé à la Cartoucherie le 6 décembre 2023 dans le cadre du Festival d'Automne.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 décembre 2023 au 11 février 2024.</span>       <br />
       Mercredi au vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h, dimanche à 13 h 30.       <br />
       Relâches exceptionnelles les 24 et 31 décembre ; les 3 et 4 janvier.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 février au 2 mars 2024.</span>       <br />
       Vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h, dimanche à 13 h 30.       <br />
       La représentation sera exceptionnellement à 19 h 30 le samedi 24 février.       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e, 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77540569-56350169.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Notre-vie-dans-l-art--1923-2023-le-siecle-il-a-passe-et-rien-de-nouveau-a-l-est-Un-flamboyant-Tchekhov-contemporain_a3785.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-55180213</guid>
   <title>L'atelier du Théâtre-Studio Ouverture d'une classe d'art dramatique par Christian Benedetti</title>
   <pubDate>Thu, 01 Apr 2021 17:34:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Coulisses &amp; Cie]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le Théâtre-Studio d'Alfortville crée, à partir d'octobre 2021, une nouvelle formation du comédien. L'atelier du Théâtre-Studio s'adresse aux élèves comédiennes et comédiens pour suivre l'enseignement du directeur du Studio : Christian Benedetti.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/55180213-41378054.jpg?v=1617292444" alt="L'atelier du Théâtre-Studio Ouverture d'une classe d'art dramatique par Christian Benedetti" title="L'atelier du Théâtre-Studio Ouverture d'une classe d'art dramatique par Christian Benedetti" />
     </div>
     <div>
      Étalés sur toute la saison, les cours auront lieu trois jours par semaine pour 15 élèves de 18 à 30 ans qui seront sélectionnés par audition (à partir du 6 septembre). Une seule classe de prévue pour cette première session. Les inscriptions aux auditions ont été ouverte au 1er mars 2021.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Si le théâtre traite de la question : &quot;Comment créer l'humain ?&quot; il nous faut donc questionner le processus de ce que c'est qu'être humain.</span>       <br />
              <br />
       Christian Benedetti développe depuis ses débuts un théâtre de texte où l'acteur s'investit totalement pour interpréter textes et personnages. Au-delà des qualités techniques et de tout savoir-faire, l'acte de jouer sur un plateau entraîne autre chose qu'une simple représentation de la réalité. Un questionnement précède toujours. Comme il le rappelle en citant Heiner Müller dans son dossier de présentation : &quot;Créer des foyers pour l'imagination, c'est l'acte le plus politique, le plus dérangeant que l'on puisse imaginer.&quot; L'atelier du Théâtre-Studio se destine à être ce foyer pour l'imagination.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/55180213-41378069.jpg?v=1617292494" alt="L'atelier du Théâtre-Studio Ouverture d'une classe d'art dramatique par Christian Benedetti" title="L'atelier du Théâtre-Studio Ouverture d'une classe d'art dramatique par Christian Benedetti" />
     </div>
     <div>
      Mais voici une présentation rapide signée Christian Benedetti :       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Si je pense à l'enseignement du théâtre, je pense à un parcours qui a besoin de temps.       <br />
       D'années.       <br />
       D'une vie entière.       <br />
       Le théâtre est un élément perturbateur mais révélateur toujours de la capacité de chacun à se confronter à l'humanité.       <br />
       Donner les moyens et les clés de &quot;l'outil théâtre&quot; (dans la pratique et le sens), pour que chacun puisse développer son objectif.       <br />
       L'enseignement doit permettre de mettre en lumière des perspectives et des possibles qui pourront confirmer ou contredire.       <br />
       Poser une méthode. Redéfinir le sens.       <br />
       Redéfinir notre positionnement dans le temps, dans un continuum historique.       <br />
       Nous questionner, sur le monde, sur notre rapport à lui, sur la définition des actes que nous accomplissons tous les jours.       <br />
       Se perdre comme garant de la créativité.       <br />
       Se perdre pour mieux se retrouver.       <br />
       L'important, c'est le chemin.       <br />
       Ce que l'on apprend de soi.       <br />
       Devenir son propre pédagogue, créer ses propres outils. Apprendre à jouer, à mettre en scène, comme soi-même.       <br />
       Proposer des réponses humaines à des questions théâtrales et non l'inverse.       <br />
       Éprouver la logique de l'imagination.       <br />
       Jouer, c'est inventer du temps&quot;</span>       <br />
              <br />
       <b>Professeur : Christian Benedetti</b>       <br />
       Acteur et metteur en scène, directeur du Théâtre-Studio à Alfortville depuis 1997, Christian Benedetti s'est formé au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique dans la classe d'Antoine Vitez.       <br />
       Il fait plusieurs séjours d'études à Moscou avec Oleg Tabakov et Anatoli Vassiliev, en Hongrie avec le Théâtre Katona de Budapest et à Prague avec Otomar Krejca.       <br />
       Christian Benedetti a enseigné en France au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris, à l'école du Théâtre National de Chaillot, à l'ENSATT, au Conservatoire National de Région de Marseille, à l'ESAD. En Europe, il est également intervenu à San Miniato Teatro di Pisa (Italie), à l'Académie de Bucarest et à Satu-Mare (Roumanie) et à l'Académie de Sofia (Bulgarie). Il a aussi enseigné et coordonné le département théâtre au Centre National des Arts du Cirque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Au théâtre, il a joué notamment avec Marcel Maréchal, Jean-Pierre Bisson, Marcel Bluwal, Antoine Vitez, Otomar Krejca, Aurélien Recoing, Sylvain Creuzevault…       <br />
       Il a mis en scène, entre autres, les pièces d'Anton Tchehkov, de Sarah Kane, d'Edward Bond, de Mark Ravenhill…       <br />
       Au cinéma, il a tourné avec Michel Deville, Coline Serreau, Michael Haneke, Alban Ravassard, Xavier Legrand, Lucas Bernard, Hugo Gélin, Éric Toledano et Olivier Nakache, etc.       <br />
              <br />
       <b>Déroulement de l'atelier :</b>       <br />
       Trois séances hebdomadaires : lundi, mercredi, vendredi, de 10 h à 13 h.       <br />
       D'octobre à juin (sauf pendant les vacances scolaires de la zone C de Noël, Février et Pâques).       <br />
       Durée : 1 an.       <br />
       Lieu : Théâtre-Studio, Alfortville (94).       <br />
              <br />
       <b>Auditions et entretiens :</b>       <br />
       À partir du 6 septembre.       <br />
       Renseignements complets et fiches d'inscriptions sur le site du théatre <a class="link" href="https://www.theatre-studio.com/saison/atelier-theatre-studio" target="_blank">&gt;&gt; theatre-studio.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/55180213-41378054.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-atelier-du-Theatre-Studio-Ouverture-d-une-classe-d-art-dramatique-par-Christian-Benedetti_a2915.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
