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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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   <title>"Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité</title>
   <pubDate>Tue, 03 Mar 2026 08:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au-delà de l'espace-temps qui sépare ces deux héroïnes – l'une mythique issue d'une relecture avertie de la mythologie grecque, l'autre contemporaine issue de la sociologie de l'enfance en déshérence –, Tamara Al Saadi réunit le temps d'une re-présentation ces deux figures féminines… L'une, Antigone, se réfugiant dans un mutisme "parlant", sidérée par les turpitudes d'un Créon trumpiste négationniste auquel elle tiendra tête quand bien même devrait-elle en mourir. L'autre, Éden, née d'un père inconnu et d'une mère toxicomane placée en HP, enfant abandonnique ballotée par les services de "l'aide sociale à l'enfance", (re)mettant à l'épreuve de la réalité le lien affectif qui lui fait défaut… Une symbiose hors pair pour faire entendre l'indicible de celles qui, privées de paroles, ont beaucoup à dire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66581127.jpg?v=1772523850" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Sur un plateau où, du haut d'un échafaudage mobile, la voix des dominants (et aussi celle de Tirésias, l'aveugle visionnaire) s'élèvera tour à tour, les tableaux se succèderont alternant les deux tragédies en miroirs. Ces plans-séquences seront ponctués par des intermèdes musicaux et chantés intervenant comme des respirations envoûtantes entre ces déchaînements de violences &quot;sourdes&quot;. De même des bruiteurs à vue accompagneront, tout en la distanciant ou en l'infirmant (cf. le doux chant d'un oiseau contrecarrant le discours véhément d'Etéocle venant d'haranguer le peuple de Thèbes), la gestuelle suggestive des actrices et acteurs de ces drames à portée autant atemporelle qu'apatride.       <br />
              <br />
       Mêlant les registres d'interprétations et d'émotions, le lever de rideau projette sur l'avant-scène le soldat bouffon à qui échoira plus tard la responsabilité d'avoir laissé Antigone donner une sépulture à Polynice, le frère banni. Interrompant sa chorégraphie déjantée (&quot;son dernier petit plaisir&quot;, tant il semble avoir la prescience du sort qui va lui être réservé par la fureur de Créon), il débite en accéléré un rappel – façon &quot;pour les nuls&quot; – de la saga familiale des deux frères Etéocle et Polynice, de leurs deux sœurs Ismène et Antigone, fruits tous les quatre des amours incestueuses de leur père Œdipe avec sa mère-épouse Jocaste, devenue veuve du roi de Thèbes, Laïos, par les œuvres de son propre fils Œdipe qui, en toute innocence, l'épousera… Une ténébreuse histoire de parricide et d'inceste (à faire pâlir de jalousie les très nombreux amis d'Epstein). Pour conclure son laïus, le soldat désarmé n'hésitera pas à le ponctuer d'un <span style="font-style:italic">&quot;ça fait beaucoup d'informations, moi-même, j'ai un peu de mal à m'y retrouver&quot;</span>, avant de conjurer les générations futures à bien vouloir pardonner les dérives mythiques…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66581128.jpg?v=1772523906" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Le tableau qui lui succède est d'une tout autre facture… Point d'humour clownesque ici, place là à la tragédie contemporaine vécue par une famille d'accueil, ayant pris grand soin de la petite Éden, de son abandon à la naissance jusqu'à ses cinq ans. Pour des raisons incombant stricto sensu à la loi, l'agrément est retiré avec une impensable violence à cette famille sous un prétexte administratif des plus rigoristes faisant fi des liens humains tissés… Détresse vécue en direct de parents au-dessus de tous soupçons, dont la colère devient, par capillarité, nôtre… Comment est-il possible, qu'au nom même de la protection de l'Enfance, on puisse la massacrer ? Qu'en est-il de l'humanité de cette fonctionnaire appliquant la règle sans le moindre discernement ? Qu'en est-il de son pouvoir personnel de désobéissance, elle qui refuse de mettre entre la lettre du texte et son application la distance de sa propre réflexion ? Et – ce qui n'a rien d'un hasard, mais d'un fil subliminal – on remarquera que c'est la même actrice qui endossera ce rôle et celui du tyran Créon, rôles reliés l'un à l'autre par le même refus de l'humain.       <br />
              <br />
       Les présentations étant faites, l'intrigue des deux drames exposés, on entre dans le cœur du sujet… Et là, Créon, à l'image d'un Trump soumis à l'hybris, cette ivresse de la démesure telle que la dénommaient les Grecs de l'Antiquité, annoncera son négationnisme : il va réécrire l'Histoire de Thèbes à l'aune de ses intérêts. Ainsi, au nom de la sécurité des Thébains, il décrète qu'un seul chef sera possible. Dans un premier temps, ce sera Etéocle, sa marionnette, et lorsque celui-ci trouvera bien à propos la mort dans le combat fratricide l'opposant à Polynice, désigné comme traitre à la nation, ce sera lui, le seul recours face à la &quot;dégénérescence&quot; dénoncée. L'Histoire de Thèbes ne &quot;contera&quot; plus désormais qu'un fils, Etéocle célébré, l'autre sera envoyé illico dans les oubliettes de la mémoire collective. Quant aux mots &quot;parricide&quot; et &quot;inceste&quot; ils seront tout simplement &quot;caviardés&quot; (toute ressemblance avec l'actualité états-unienne, etc.).       <br />
              <br />
       Comment dès lors ne pas comprendre qu'Antigone, du haut de ses douze ans sidérés, &quot;ne comprenne pas&quot; la raison d'État invoquée par son oncle Créon, devenu tyran ? Comment ne pas comprendre qu'elle se réfugie dans le mutisme, tant les mots viennent à manquer, privés de leur sens par le dictateur en place ? À quoi bon parler si personne ne l'écoute ? Et Ismène, sa grande sœur, éplorée, mais docile, ne pourra la convaincre d'adhérer, serait-ce au nom de sa propre survie, au discours furieux de Créon (sosie hystérique de Charlot dans &quot;Le Dictateur&quot;) lui demandant de se renier en fuyant Thèbes… après lui avoir prêté allégeance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66581166.jpg?v=1772523937" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Parallèlement, on assistera au cheminement erratique d'Éden qui, de famille en famille, de foyer en foyer, ne trouvera jamais sa place, moquée, maltraitée ou, à l'opposé, ne pouvant supporter, elle, l'enfant abandonnique en quête affective incessante, que l'on s'intéresse &quot;pour de vrai&quot; à elle. Alternant des attitudes de repli, d'agressivité, de fabulation (l'imaginaire, lieu de tous les possibles pour s'inventer une famille idéale), Éden semble une âme en peine condamnée à l'errance.        <br />
              <br />
       Ne pouvant, elle aussi, trouver les mots pour penser le monde, pour dire son tourment, &quot;Les mots pour le dire&quot; lui faisant défaut, son corps oscille de l'abattement à l'agitation, substituts de paroles inarticulées… là où Antigone trouvait refuge dans le mutisme. Ce faisant, Éden s'inscrit sans le savoir dans la descendance symbolique du père d'Antigone, Œdipe, enfant lui aussi abandonné avant de devenir, à son insu, parricide et incestueux. Troublants points communs à ces destins parallèles d'enfances non reconnues.       <br />
              <br />
       Comment briser le fatum latin et les destins implacables de répétitions contemporaines conduisant à la perte annoncée des deux héroïnes ? Comment les éructations forcenées d'un Créon se démultipliant jusqu'à ces avatars actuels régissant le Monde ou à ces simples officiants disciplinés assujettis à un ordre faisant désordre, peuvent-elles être mises en échec ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66584340.jpg?v=1772540355" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      L'une des réponses nous est offerte ce soir, à nous spectateurs d'une représentation théâtrale montrant dans son ultime scène la rencontre d'Antigone et d'Éden. Réunies pour la première fois, elles offrent de concert – d'abord émotionnellement dans leurs chants de résistance s'entremêlant, ensuite dans le message délivré à l'unisson, &quot;la possibilité d'aimer indéfiniment&quot; – un contrepoison artistique à tous les renoncements. Antidote fabuleux incarné superbement par la figure d'Antigone, revisitée ici avec grande pertinence, dont la résistance exemplaire donne encore et toujours à méditer en ces temps sombres tentés par des résignations funestes.       <br />
              <br />
       Et, pour clore cette représentation théâtrale en tous points exceptionnelle, où l'émotion vive le dispute à la pertinence des partis pris créatifs, la troupe investie et soudée autour de Tamara Al Saadi, metteuse en scène humaniste s'il en est, délivrera dans le plus grand silence un message lu sur l'avant-scène… Un message pour porter en direct le génocide d'adultes et d'enfants pris dans l'étau mortifère de Gaza et de la Cisjordanie occupée. Une manière éclairée de rappeler que l'enfance massacrée n'est pas affaire que de fictions, si convaincantes soient-elles comme ce soir, mais aussi de réalités… Des réalités qui se jouent et se rejouent sur la scène de l'actualité terrifiante… La salve d'applaudissements redoublés venant de la salle, conquise, fait figure d'Écho.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 25 février 2026 dans la Grande salle Vitez du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Taire"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66584343.jpg?v=1772540402" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Texte : Tamara Al Saadi (artiste associée au tnba).       <br />
       Mise en scène : Tamara Al Saadi.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Joséphine Levy.       <br />
       Avec : Manon Combes, Ryan Larras, Mohammed Louridi, Éléonore Mallo, Fabio Meschini, Chloé Monteiro, Yacir Rami, Mayya Sanbar, Tatiana Spivakova, Ismaël Tifouche Nieto, Marie Tirmont, Clémentine Vignais.       <br />
       Collaboration artistique : Justine Bachelet.       <br />
       Musique et son : Éléonore Mallo, Bachar Mar-Khalifé, Fabio Meschini.       <br />
       Création lumière : Jennifer Montesantos.       <br />
       Scénographie : Tamara Al Saadi et Jennifer Montesantos.       <br />
       Chorégraphie : Sonia Al Khadir.       <br />
       Costumes : Pétronille Salomé.       <br />
       Régie générale : Nicolas Balladur.       <br />
       Assistante à la lumière et régie lumière : Elsa Sanchez.       <br />
       Assistante au son et à la régie son : Arousia Ducelier.       <br />
       Régie plateau : Sixtine Lebaindre.       <br />
       Assistante aux costumes : Irène Jolivard.       <br />
       Décor : Ateliers Contrevent.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
       Texte disponible aux &quot;Solitaires Intempestifs&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 25 au 27 février 2026 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Jeudi 12 mars 2026 :</span> Théâtre La Colonne - Scènes et Cinés, Miramas (13).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Mercredi 18 mars 2026 :</span> La Passerelle, Gap (05).       <br />
       Mercredi 1ᵉʳ et Jeudi 2 avril 2026 : MC2, Grenoble (38).       <br />
       Jeudi 9 avril 2026 : Théâtre L'Arc-en-Ciel, Rungis (94).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95055899-66581127.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Taire-Antigone-et-Eden-Deux-tres-jeunes-filles-entremelant-leurs-voix-pour-faire-entendre-le-dur-desir-de-verite_a4491.html</link>
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   <title>"A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune</title>
   <pubDate>Tue, 23 Nov 2021 07:13:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si, dès 1941, dans "La résistible Ascension d'Arturo Ui", Bertolt Brecht défiait le pouvoir nazi en présentant une parabole mordante de la prise de pouvoir d'Adolf Hitler, Tony Kushner, en réécrivant en 2019 son scénario de "A Bright Room Called Day" (daté de 1984), projette sur une communauté d'artistes berlinois de 1932 l'ombre de Trump qui, après celle de Reagan, prépare le terreau dont se nourrit insidieusement l'hydre "immonde".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60446208-44234468.jpg?v=1579099278" alt=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" title=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" />
     </div>
     <div>
      Dans une mise en scène limpide ne sacrifiant pour autant rien à la complexité des enjeux vécus à fleur de peau par ce groupe d'artistes - auquel il est d'autant plus aisé de s'identifier que le &quot;transfert&quot; est amplement favorisé par les analogies criantes avec notre époque -, Catherine Marnas fait monter imperceptiblement la pression conduisant à l'explosion finale.       <br />
               <br />
       Le dispositif scénique, respectant scrupuleusement l'écrit de l'auteur américain, propose une double mise en abyme de l'action berlinoise. D'abord le personnage de l'iconique chanteuse punk-rock, &quot;inventée&quot; dès les années reaganiennes pour commenter à distance l'histoire en train de se faire sous nos yeux, ensuite celui de l'inénarrable auteur incarné sur le plateau pour entretenir un hallucinant dialogue, ici et maintenant, avec son icône &quot;de papier&quot;, celle-ci tout comme les protagonistes de 1932 échappant de toute évidence à leur original créateur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60446208-44234469.jpg?v=1579099348" alt=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" title=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" />
     </div>
     <div>
      Comment aurait-on pu s'imaginer, en 1932, en voyant cette marionnette à moustache ridicule s'agitant en tous sens, qu'elle deviendrait en quelques années la responsable du chaos génocidaire décimant juifs, communistes, gitans, homosexuels, handicapés mentaux, et plus globalement toutes celles et ceux tentant de s'opposer à sa démence promue en horizon politique ? Comment pouvoir s'imaginer que les ferments de l'ultra libéralisme de l'acteur de seconde zone que fut Ronald Reagan dans les années quatre-vingt allaient sous les traits de Donald Trump (prénoms de - mauvais - clowns) mener droit dans le mur les démocraties actuelles ?       <br />
              <br />
       Pas plus que ces artistes fêtant joyeusement le nouvel an 1932 à grands renforts de champagne, sommes-nous &quot;avertis&quot; du danger imminent ? Bien sûr - comme eux - nous en parlons en fin de repas ou apéros festifs, conscients - comme eux - de l'énormité ubuesque des propos et actes de fantoches installés démocratiquement (sic) dans leur toute puissance… Les conséquences semblant impossibles à admettre, nous repartons vaquer à nos occupations. Ainsi va la vie, la bête rôde attendant le moment pour obtenir les suffrages du peuple assoupi.       <br />
              <br />
       Aux rigolades avinées de cette bande de joyeux lurons réunis dans cette &quot;chambre claire nommée jour&quot; - où viendront peu à peu s'infiltrer les bruits de bottes du monde extérieur - succéderont les angoisses liées au rétrécissement des libertés, un univers lugubre, sorte de huis-clos préservé qui se fissure et s'assombrit au rythme calendaire des annonces projetées en noir et blanc sur écran, scandant la montée en puissance de l'innommable.       <br />
              <br />
       Les inventions scénographiques donnent à voir le double visage de l'horreur et de la bouffonnerie réunies dans le même. Ainsi, la marionnette épouvantail d'Adolphe Hitler, dont la tête-cafetière n'arrête pas de caqueter &quot;Je suis le sauveur de l'Allemagne !&quot;, amenant la chanteuse rock à couvrir en 84-85 - en écho à la montée de l'ultra libéralisme et de ses avatars liberticides - les murs de Berlin d'une croix gammée. Mais aussi crèvent aux yeux les dérives de &quot;camarades&quot; aveuglés par leur propre idéologie les divisant et les rendant incapables de faire front commun face à la peste brune.       <br />
              <br />
       Sur le terreau de la désolation d'un capitalisme broyant les plus pauvres, le fascisme progresse en instrumentalisant les légitimes rancœurs. Jouant entre onirisme fantastique et réalité crue, la mise en scène introduit la séquence tonitruante de l'intrusion du Diable en personne, prêt à accorder toutes promesses illusoires aux mortels en échange de leur âme. La fin programmée de la République de Weimar, suite à la nomination d'Adolf Hitler comme chancelier le 30 janvier 1933, sonne le glas de toutes velléités de libertés et, lorsque brûlera le Reichstag, dont les flammes illuminent &quot;la chambre claire&quot;, les Nazis en profiteront pour promulguer l'état d'exception leur donnant, au nom de &quot;la protection du peuple et de l'État&quot;, tous les pouvoirs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60446208-44234470.jpg?v=1579099394" alt=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" title=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" />
     </div>
     <div>
      Et si &quot;les rêves de la gauche sont toujours très beaux&quot;, c'est bien la désunion de ses forces qui a fait - et fera, n'en doutons pas, si le démon de la division fratricide venait à perdurer - le lit de la dévastation des libertés, chacune, chacun, avouant in fine son impuissance à pouvoir tenter autre chose que sauver sa peau. Ainsi en va-t-il de l'émouvant homosexuel anarchiste, personnage d'une vérité criante d'humanité, n'ayant pu se résoudre à tirer à bout portant une balle dans la nuque du Führer tant son désir de vivre est plus grand que celui de se sacrifier.       <br />
              <br />
       Toute ressemblance avec notre époque… L'Histoire ne repasse pas les plats et comme rien ne ressemble à la référence originelle, etc. Des fractions du peuple déçu, rejoignant les bataillons du Rassemblement National, est-ce pur cauchemar éveillé ou réalité sournoisement &quot;en marche&quot; ? S'emparant avec une envie &quot;redoublée&quot; (reprise de sa création 2020) de l'écrit de Tony Kushner, Catherine Marnas (accompagnée de ses comédiens complices) se saisit de l'opportunité de reposer artistiquement la (bonne) question, dans une nouvelle version encore plus convaincante.       <br />
              <br />
       Ce qu'elle nous donne ici à voir et à &quot;entendre&quot;, si dramatique en soit le propos percuté par des saillies, est au bas mot… époustouflant. Comme l'est le tableau final réunissant, au-delà des époques qui les séparent, ces trois femmes faisant front à la salle éclairée et lançant cette supplique comme on jetterait une bouteille à la mer : &quot;Agissez !&quot;. Ce que l'histoire essaie à jamais de nous dire, amis(es), cette fois-ci l'entendrons-nous ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"A Bright Room Called Day… Une chambre claire nommée jour"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60446208-44234471.jpg?v=1579099433" alt=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" title=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" />
     </div>
     <div>
      Texte : Tony Kushner.       <br />
       Traduction : Daniel Loayza.       <br />
       Mise en scène : Catherine Marnas.       <br />
       Assistante et assistant à la mise en scène : Odille Lauria et Thibaut Seyt.       <br />
       Avec : Simon Delgrange, Annabelle Garcia, Julie Papin, Tonin Palazzotto, Agnès Pontier, Sophie Richelieu, Gurshad Shaheman, Yacine Sif El Islam, Bénédicte Simon.       <br />
       Scénographie : Carlos Calvo.       <br />
       Musique : Boris Kohlmayer.       <br />
       Son : Madame Miniature, assistée de Jean-Christophe Chiron et d'Édith Baert.       <br />
       Conseil et préparation musicale : Eduardo Lopes.       <br />
       Lumières : Michel Theuil, assisté de Clarisse Bernez-Cambot Labarta et Véronique Galindo.       <br />
       Costumes : Édith Traverso, assistée de Kam Derbali.       <br />
       Maquillages : Sylvie Cailler.       <br />
       Projection : Emmanuel Vautrin.       <br />
       Confection marionnettes : Thibaut Seyt.       <br />
       Construction du décor : Jérôme Verdon, assisté d'Éric Ferrer, Marc Valladon et Loïc Ferrié.       <br />
       Production Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
       Créé en janvier 2020 au TnBA, Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60446208-44234472.jpg?v=1579099467" alt=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" title=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 23 novembre au 5 décembre 2021.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche 5 décembre à 15 h.       <br />
       Relâche : 28 et 29 novembre.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 21.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       8 décembre 2021 : NEST - CDN Transfrontalier de Thionville Grand Est, Thionville (57).       <br />
       14 et 15 décembre 2021 : Comédie de Caen - CDN de Normandie, Caen (14).       <br />
       Du 4 au 6 mai 2022 : Théâtre Olympia - CDN, Tours (37).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60446208-44234470.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/A-Bright-Room-Called-Day-Les-rhizomes-de-la-resistible-ascension-de-la-peste-brune_a3108.html</link>
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   <title>"A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune</title>
   <pubDate>Wed, 15 Jan 2020 15:19:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si, dès 1941, dans "La résistible Ascension d'Arturo Ui", Bertolt Brecht défiait le pouvoir nazi en présentant une parabole mordante de la prise de pouvoir d'Adolf Hitler, Tony Kushner, en réécrivant en 2019 son scénario de "A Bright Room Called Day" (daté de 1984), projette sur une communauté d'artistes berlinois de 1932 l'ombre de Trump qui, après celle de Reagan, prépare le terreau dont se nourrit insidieusement l'hydre "immonde".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41792902-35006604.jpg?v=1579099278" alt=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" title=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" />
     </div>
     <div>
      Dans une mise en scène limpide ne sacrifiant pour autant rien à la complexité des enjeux vécus, à fleur de peau, par ce groupe d'artistes - auquel il est d'autant plus aisé de s'identifier que le &quot;transfert&quot; est amplement favorisé par les analogies criantes avec notre époque -, Catherine Marnas fait monter imperceptiblement la pression conduisant à l'explosion finale.       <br />
               <br />
       Le dispositif scénique, respectant scrupuleusement l'écrit de l'auteur américain, propose une double mise en abyme de l'action berlinoise. D'abord le personnage de la chanteuse punk rock, &quot;inventée&quot; dès les années reaganiennes pour commenter à distance l'histoire en train de se faire sous nos yeux, ensuite celui de l'auteur incarné sur le plateau pour entretenir un hallucinant dialogue, ici et maintenant, avec son icône &quot;de papier&quot;, celle-ci tout comme les protagonistes de 1932 échappant de toute évidence à leur original créateur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41792902-35006641.jpg?v=1579099348" alt=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" title=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" />
     </div>
     <div>
      Comment aurait-on pu s'imaginer, en 1932, en voyant cette marionnette à moustache ridicule s'agitant en tous sens, qu'elle deviendrait en quelques années la responsable du chaos génocidaire décimant juifs, communistes, gitans, homosexuels, handicapés mentaux, et plus globalement toutes celles et ceux tentant de s'opposer à sa démence promue en horizon politique ? Comment pouvoir s'imaginer que les ferments de l'ultra-libéralisme de l'acteur de seconde zone que fut Ronald Reagan dans les années quatre-vingt allaient, sous les traits de Donald Trump (prénoms de - mauvais – clowns), mener droit dans le mur les démocraties actuelles ?       <br />
              <br />
       Pas plus que ces artistes fêtant joyeusement le nouvel an 1932 à grands renforts de champagne, sommes-nous &quot;avertis&quot; du danger imminent ? Bien sûr - comme eux -, nous en parlons en fin de repas ou apéros festifs, conscients - comme eux - de l'énormité ubuesque des propos et actes de fantoches installés démocratiquement (sic) dans leur toute-puissance… Les conséquences semblant impossibles à admettre, nous repartons vaquer à nos occupations. Ainsi va la vie, la bête rôde attendant le moment pour obtenir les suffrages du peuple assoupi.       <br />
              <br />
       Aux rigolades avinées de cette bande de joyeux lurons, réunis dans cette &quot;chambre claire nommée jour&quot; - où viendront peu à peu s'infiltrer les bruits de bottes du monde extérieur -, succéderont les angoisses liées au rétrécissement des libertés, un univers lugubre, sorte de huis clos préservé qui se fissure et s'assombrit au rythme calendaire des annonces projetées en noir et blanc sur écran, scandant la montée en puissance de l'innommable.       <br />
              <br />
       Les inventions scénographiques donnent à voir le double visage de l'horreur et de la bouffonnerie réunies dans le même. Ainsi, la marionnette-épouvantail d'Adolf Hitler dont la tête-cafetière n'arrête pas de caqueter &quot;Je suis le sauveur de l'Allemagne !&quot;, amenant la chanteuse rock à couvrir, en 84-85 - en écho à la montée de l'ultra-libéralisme et de ses avatars liberticides -, les murs de Berlin d'une croix gammée… Signe que les autorités de la Mairie de Bordeaux 2020 ont demandé à retirer expressément des affiches du spectacle, au nom bien sûr du politiquement correct visant à faire disparaître de la vue… ce qui progresse en coulisses insidieusement. Ainsi en va-t-il de la politique culturelle d'une ville (de droite).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41792902-35006669.jpg?v=1579099394" alt=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" title=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" />
     </div>
     <div>
      Sur le terreau de la désolation d'un capitalisme broyant les plus pauvres, le fascisme progresse en instrumentalisant les légitimes rancœurs. Jouant entre onirisme fantastique et réalité crue, la mise en scène introduit la séquence tonitruante de l'intrusion du Diable en personne, prêt à accorder toutes promesses illusoires aux mortels en échange de leur âme.       <br />
              <br />
       La fin programmée de la république de Weimar, suite à la nomination d'Adolf Hitler comme chancelier le 30 janvier 1933, sonne le glas de toutes velléités de libertés et, lorsque brûlera le Reichstag, dont les flammes illuminent &quot;la chambre claire&quot;, les nazis en profiteront pour promulguer l'état d'exception leur donnant, au nom de &quot;la protection du peuple et de l'État&quot;, tous les pouvoirs.       <br />
              <br />
       Et si &quot;les rêves de la gauche sont toujours beaux&quot;, c'est bien la désunion des forces de gauche qui a fait - et fera - le lit de la dévastation des libertés, chacune, chacun, avouant son impuissance à pouvoir tenter autre chose que sauver sa peau. Ainsi en va-t-il de l'émouvant homosexuel n'ayant pu se résoudre à tirer à bout portant une balle dans la nuque du Führer  tant son désir de vivre est plus grand que celui de se sacrifier, fût-ce à une juste cause.       <br />
              <br />
       Toute ressemblance avec notre époque... L'Histoire ne repasse pas les plats et comme rien ne ressemble à la référence originelle, etc. Des enfants du peuple déçu, inscrits naguère au Parti Communiste, rejoignant les bataillons du Rassemblement National, est-ce là pur cauchemar éveillé ou réalité sournoisement &quot;en marche&quot; ? S'emparant avec envie de l'écrit de Tony Kushner, Catherine Marnas et ses comédiens complices trouvent là l'opportunité de poser artistiquement la (bonne) question.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"A Bright Room Called Day… Une chambre claire nommée jour"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41792902-35006689.jpg?v=1579099433" alt=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" title=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" />
     </div>
     <div>
      Texte : Tony Kushner.       <br />
       Traduction et dramaturgie : Daniel Loayza.       <br />
       Mise en scène : Catherine Marnas.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Odille Lauria et Thibaut Seyt (stagiaire).       <br />
       Avec : Simon Delgrange, Annabelle Garcia, Julie Papin, Tonin Palazzotto, Agnès Pontier, Sophie Richelieu, Gurshad Shaheman, Yacine Sif El Islam, Bénédicte Simon.       <br />
       Scénographie : Carlos Calvo.       <br />
       Musique : Boris Kohlmayer.       <br />
       Son : Madame Miniature, assistée de Jean-Christophe Chiron et d'Edith Baert.       <br />
       Conseil et préparation musicale : Eduardo Lopes.       <br />
       Lumières : Michel Theuil, assisté de Clarisse Bernez-Cambot Labarta et Véronique Galindo.       <br />
       Costumes : Édith Traverso, assistée de Kam Derbali.       <br />
       Maquillages : Sylvie Cailler.       <br />
       Projection : Emmanuel Vautrin.       <br />
       Régie plateau : Cyril Muller et Margot Vincent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41792902-35006715.jpg?v=1579099467" alt=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" title=""A Bright Room Called Day" Les rhizomes de la résistible ascension de la peste brune" />
     </div>
     <div>
      Construction du décor : Jérôme Verdon, assisté d'Éric Ferrer, Marc Valladon et Loïc Ferrié.       <br />
       Régie générale : François Borne.       <br />
       Production Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine       <br />
       Durée : 3 h entracte compris (1ère partie 1 h 45, entracte 15 minutes, 2e partie 1 h).       <br />
              <br />
       Première mondiale en français de la nouvelle version.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Création du 7 au 18 janvier 2020.</span>       <br />
       Mardi et vendredi à 20 h 30, mercredi et jeudi à 19 h 30, samedi à 19 h.       <br />
       TnBA, Grande salle Vitez, Bordeaux (33), 05 56 33 36 80.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>       <br />
              <br />
       Spectacle disponible en tournée en 2020/2021.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/41792902-35006604.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/A-Bright-Room-Called-Day-Les-rhizomes-de-la-resistible-ascension-de-la-peste-brune_a2634.html</link>
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