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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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   <title>•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…</title>
   <pubDate>Fri, 28 Jul 2023 09:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Même le mistral, hier au soir, à la nuit tombée, entendait être de la fête en ajoutant une fantaisie exquise à son puissant souffle, feuilletant passionnément les ouvrages posés en bordure de plateau. Comme si un oracle avait voulu là, inspiré par Dionysos, dieu du Théâtre et de l'Ivresse, saluer "bien bas" le tout nouveau directeur du Festival. Une 77ᵉ édition qui fera sans nul doute date par ses choix de programmation et son atmosphère "humaine"… ouvrant sur un "à-venir" des plus excitants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693314.jpg?v=1690533207" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
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      &quot;By heart&quot;, c'est toute une histoire personnelle, une histoire qui tient à cœur à Tiago lié à sa grand-mère par les liens que l'amour d'un sonnet de Shakespeare, appris par cœur, a rendu pérenne. Près de deux heures durant qui paraîtront une poignée de minutes tant l'énergie est contagieuse, le comédien dramaturge, assisté de dix spectateurs volontaires sortis spontanément des rangs du public, nous contera avec sensibilité, humour et fougue, cette belle histoire de littérature filiale… et autres.       <br />
              <br />
       Sur l'immense plateau de la Cour mythique habituée à recevoir des décors somptueux, démentiels même pour certains, quelques pauvres cageots de livres jetés là en vrac et dix chaises dépareillées, alignées en arc de cercle, constituent l'unique dispositif (dont les écologistes – et qui ne l'est pas aujourd'hui ? – salueront au passage l'impact carbone difficilement égalable). Prenant les devants d'une critique toujours prête à surgir, le maître de cérémonie précisera qu'il n'a rien changé à sa scénographie – la pièce a été créée en 2013 dans des lieux plus intimistes –, et si l'espace démesuré de la Cour pose effectivement un défi… c'est au public de s'y coller en trouvant sa propre réponse. Humour bienveillant et intelligence naturelle qui, d'emblée, créent une connivence entre salle et plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693317.jpg?v=1690533238" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Si l'expression &quot;briser le quatrième mur&quot; a encore un sens, elle trouve ici toute sa place. En effet, entre les phases d'apprentissage du Sonnet 30 – celui que, à sa demande, il a appris à sa grand-mère devenant aveugle pour qu'elle continue à voyager dans sa tête entre les lignes du poème – et celles qui viendront trouer le sonnet par la mise en abyme d'autres textes littéraires, les saillies de l'auteur de &quot;By Heart&quot;, fuseront, déclenchant les éclats de rire de la Cour aspirée littéralement par l'Avant-scène, et annihilant toutes frontières entre l'espace de la création et celui de la réception.       <br />
              <br />
       &quot;De la beauté et de la consolation&quot; – à elle seule cette expression délivre l'essence de la poésie, littérature et théâtre réunis dans la même entité – était le titre d'une émission de la TV hollandaise où le journaliste interviewait le professeur de littérature George Steiner, il va devenir le fil rouge de l'épopée shakespearienne en cours d'apprentissage. Que dit-il de nos sociétés, le très honorable professeur dont le visage imprimé au dos du T-shirt nous regarde ? <span style="font-style:italic">&quot;1937, congrès des écrivains soviétiques. Les gens tombaient comme des mouches&quot;…</span>       <br />
              <br />
       Alors qu'à la tribune les discours officiels clamaient en boucle des <span style="font-style:italic">&quot;Merci à Staline, notre frère et père !&quot;</span>, l'écrivain Boris Pasternak montait sur la scène pour lancer un simple numéro, le chiffre 30… Pendant qu'il rappellera cet épisode d'une bravoure insensée, Tiago Rodrigues confiera à l'une des participantes au plateau le recueil des sonnets de Shakespeare ouvert à la page du sonnet 30… Ce poème traduit en russe qui dit combien la mémoire des &quot;ombres du passé&quot; ne pourra jamais être oblitérée, qui dit que Shakespeare survivra à tous les régimes d'enfermement et, avec lui, l'œuvre dissidente de Pasternak. Et lorsque, ajoutera-t-il, deux mille personnes ayant appris par cœur ce sonnet, se levèrent dans la salle du congrès soviétique pour le réciter en chœur, la chape de plomb de l'idéologie liberticide vola en éclats.       <br />
              <br />
       Traduisant les propos de Steiner – <span style="font-style:italic">&quot;Nous sommes ce dont nous nous souvenons. Et ce qui est en nous, ils ne peuvent pas nous le prendre. Ce que nous portons en nous, ces fils de putes ne peuvent pas l'atteindre&quot;</span> – Tiago Rodrigues prendra le soin de préciser que l'expression &quot;fils de pute&quot; lui est imputable… mais que si on préférait lui substituer des prénoms connus, libres à nous…       <br />
              <br />
       La lettre (fictive) au professeur George Steiner, lue au plateau, révèlera la signification des cageots remplis de livres sur l'avant-scène, ceux (réels) apportés par Tiego à sa grand-mère très friande de lectures jusqu'au jour où, sa vue déclinant avec l'annonce prochaine de sa cécité, elle demanda un livre à apprendre par cœur afin d'habiter ses rêveries. Et ce titre – le sonnet 30 de Shakespeare –, c'est Steiner qui en donna l'idée en souvenir de Boris Pasternak. Ainsi, en va-t-il de la transmission du &quot;par cœur&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693410.jpg?v=1690533266" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Avec la pointe d'humour bienveillante qu'est la sienne, s'appuyant sur quelques bafouillages d'une participante, comme pour la rassurer, il commentera : <span style="font-style:italic">&quot;Si parfois vous oubliez un mot, ce n'est pas grave. Le public aime bien regarder la vulnérabilité des artistes sur scène&quot;.</span> Sans y paraître, ce qui s'écrit là au travers d'anecdotes légères, c'est un manifeste pour le théâtre dont l'acteur fantasque écrit sous nos yeux, sans en avoir l'air, quelques lignes.       <br />
              <br />
       Le choix du roman de Ray Bradbury extrait de l'un des cageots avec, entre ses feuillets, le programme lisboète, confié là encore aux participants, annonçant la projection du film éponyme de François Truffaut, renverra à nouveau à l'importance primordiale de la mémoire. Faire survivre les mots destinés à être brûlés, imprimer dans la mémoire vive des hommes les livres afin que ces derniers survivent à tous les autodafés… <span style="font-style:italic">&quot;Si dix personnes connaissent un poème par cœur, le KGB, la CIA ou la Gestapo ne peuvent rien faire, ce poème survivra&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Des bataillons resteront donc à former pour apprendre &quot;en résistance&quot; des bibliothèques entières menacées de destruction par les totalitarismes de tous poils et de toutes époques… À cet instant, Tiago Rodrigues penserait-il à ce Président du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, retirant en mai dernier la totalité de ses subventions au TNG de Lyon, jugé trop critique, et faisant de la chasse aux livres &quot;impies&quot; dans les bibliothèques de sa région, l'ossature de sa politique culturelle ? Quant au bataillon des dix personnes réunies ce soir sur le plateau de la Cour d'Honneur, il aura &quot;ingéré&quot; le Sonnet 30 de Shakespeare pour faire corps avec lui… &quot;Ingéré&quot;, au sens propre du terme, le sonnet ayant été imprimé avec une encre de qualité alimentaire sur une pâte comestible, à la différence des exemplaires distribués à la sortie aux autres spectateurs qui eux portaient la mention &quot;sonnet immangeable&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693487.jpg?v=1690533599" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Ce qui aurait pu apparaître comme un show improvisé, tant le naturel et la spontanéité du comédien – metteur en jeu – directeur du festival semblaient au-dessus de tous soupçons, était en fait minutieusement écrit… Si bien qu'au-delà du plaisir immédiat partagé avec les dix récitants du plateau, ressort au terme de cette représentation de clôture du Festival, le sentiment fabuleux que le théâtre est vraiment une illusion plus fort encore que la vie ou, beaucoup mieux dit, que <span style="font-style:italic">&quot;Le monde entier est un théâtre, et les hommes et les femmes n'en sont que les acteurs&quot;</span> (&quot;Comme il vous plaira&quot;, d'un certain Shakespeare).       <br />
              <br />
       Ainsi &quot;By Heart&quot;, au-delà de l'histoire anecdotique touchante qu'il raconte (ce lien très fort entre une grand-mère et un jeune-homme, Tiago, réunis par Shakespeare), se pose comme un manifeste vivant pour le théâtre. Tel semble être en effet l'enjeu de cette forme qui, contre toute attente, a passé allègrement la rampe du gigantisme de la Cour d'Honneur pour venir nous réjouir dans un lâcher prise salutaire.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 25 juillet 2023, dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"By Heart"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693494.jpg?v=1690533644" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en français surtitré en anglais       <br />
       Texte : Tiago Rodrigues, &quot;By Heart&quot;, traduction Thomas Resendes, est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
       Mise en scène et interprétation : Tiago Rodrigues.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.       <br />
       Extraits et citations de William Shakespeare, Ray Bradbury, George Steiner et Joseph Brodsky.       <br />
       Traduction du sonnet n°30 de William Shakespeare : Françoise Morvan.       <br />
       Scénographie, costumes et accessoires : Magda Bizarro.       <br />
       Régie générale : André Pato.       <br />
       Régie son : Pedro Costa.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       Créé le 19 novembre 2013 au Maria Matos Teatro Municipal à Lisbonne (Portugal).       <br />
       Présenté pour la première fois en France le 3 novembre 2014, au Théâtre de la Bastille à Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693609.jpg?v=1690534315" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">25 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'Honneur du Palais des Papes d'Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       23 et 24 septembre 2023 : Théâtre Garonne Scène européenne, Toulouse (31).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74302685-51693314.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité</title>
   <pubDate>Sun, 16 Jul 2023 09:40:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Convier sur scène quatre comédiens, doublures d'humanitaires dont les paroles ont été collectées avec grand soin, pour qu'ils se fassent les passeurs du vécu singulier de chacun, tel est l'enjeu incandescent de cet objet théâtral conçu par Tiago Rodrigues. Ainsi, le plateau de l'Opéra Grand Avignon deviendra-t-il, le temps d'une représentation, le champ d'opérations humanitaires à très hautes intensités émotionnelles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514063.jpg?v=1689494892" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Toutes les créations du metteur en scène portugais, si différentes soient-elles dans les thèmes abordés et dans les mises en jeu proposées, sont marquées au coin d'une vibrante humanité. Aussi n'est-il pas surprenant que l'ancien directeur du théâtre de Lisbonne ait élu la vie &quot;ordinaire&quot; des humanitaires, pour en proposer non une hagiographie, mais un récit en train de se faire au plus proche des réalités de terrain. Le résultat est bluffant de vérités humaines qui, dans une scénographie baignée de poésie envoûtante, explosent au grand jour pour que leurs éclats nous transpercent sans possibilité aucune d'échapper à leur impact.       <br />
              <br />
       Des toiles de tentes mouvantes au gré du vent qui les soulève, baignées par un spectre lumineux dominé par l'ambre, l'orangé et le rouge avant d'être saturé par le noir de la nuit, plantent le décor de lieux d'opérations jamais nommées, mais que l'on devine aisément être ceux du génocide rwandais, des montagnes d'Afghanistan ou encore des contrées d'Ukraine mis à feu et à sang par une guerre qualifiée de crimes contre l'humanité. Ces territoires en guerre sont nommés ceux de l'Impossible, contrastant avec les contrées (encore) en paix, le monde privilégié du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514064.jpg?v=1689494921" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      En &quot;lever de rideau&quot; de cette anthologie de l'humanitaire, deux hommes et deux femmes alignés en bord de scène brossent le cadre des entretiens ayant nourri le spectacle à venir. Leurs attitudes annoncent l'authenticité des témoignages à suivre, rebattant d'emblée les cartes des représentations conventionnelles de l'humanitaire. Ils ne sont, ces femmes et ces hommes, ni des héros, ni des missionnaires, mais des échantillons de la complexité humaine &quot;au travail&quot;, car faire de l'humanitaire est avant tout à prendre comme un travail… Cette séquence liminaire non exempte d'humour – l'un d'eux confie qu'il n'aime pas le théâtre et qu'il s'y ennuie terriblement – initialise le parti pris de la représentation : il s'agira avant tout de projeter les témoignages investis d'acteurs de terrain… et non d'acteurs de théâtre.       <br />
              <br />
       D'emblée, les préjugés sont mis à mal… Pour pouvoir regarder la mort en face, pour la côtoyer de près chaque jour, le sexe est le meilleur antidote des humanitaires, il les sauve de ce boulot répétitif et ennuyeux comme n'importe quel travail peut l'être. Exit les images d'Épinal, place aux réalités…       <br />
              <br />
       Le récit d'une ville anéantie au-delà des montagnes. Des ruines traversées par de vieilles femmes errantes et, au loin, un vieux camion arborant un vague drapeau censé le protéger des tirs. Dans ce paysage de fin du monde, deux hommes s'appliquent à charger des corps minutieusement enveloppés dans des draps immaculés. Et l'humanitaire d'apprendre d'eux, ce jour-là, l'importance à accorder aux morts, une question de dignité. Dans ses référents occidentaux, les blessés gisant auraient mérité avant tout leur attention. Un changement de paradigme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514067.jpg?v=1689494943" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      La batterie installée au centre du campement, faisant corps avec son musicien omniprésent, fait résonner jusque dans nos chairs des déferlements de bruits stressants… Un autre humanitaire prend la parole pour dire les attentes des proches à son retour de mission, une soif de curiosité… qu'il étanchera en racontant &quot;une aventure&quot; réclamée à cor et à cris entre des remarques de leur actualité : <span style="font-style:italic">&quot;Tu as vu, on a refait la salle de bain !&quot;</span>. Le récit du choix qu'il a dû alors opérer – à qui attribuer la seule poche de sang disponible, alors que cinq enfants en avaient vitalement besoin – gâchera la soirée de son entourage… Deux mondes en parallèle, l'Impossible ne pouvant décidément rejoindre le Possible.       <br />
              <br />
       Parfois, les histoires de ceux qui sont aidés viennent si violemment percuter celles des aidants, que la vieille antienne consistant à penser que ceux qui aident ont la vie plus facile que les aidés vole en éclats. Parfois une rencontre irrigue l'aridité vécue, comme celle d'un médecin jardinier faisant pousser consciencieusement de la menthe, dont les graines offertes à un humanitaire de passage auront une vie meilleure que dans son pays voué à la destruction. Avec cependant un point commun à toutes ces histoires, <span style="font-style:italic">&quot;l'humanitaire n'est qu'un bout de sparadrap sur les maux de l'humanité&quot;</span>. Si bien que certains, engagés dans l'action humanitaire, prenant conscience qu'ils ne pourront changer le monde, ne s'en remettent pas… et mutent pour un poste bien rémunéré dans une clinique privée du monde du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514081.jpg?v=1689495355" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Et puis vient se nicher, sous forme d'une lettre (im)pertinente envoyée par un humanitaire à son organisation, le constat sans fard que le petit monde des humanitaires n'échappe pas aux dérives des perversions pédophiles de ceux qui occupent une situation de pouvoir en terrain fragile. Expérience compensée par celle de la rencontre du &quot;petit footballeur mythologique&quot;, sauvé in extrémis de la mort par un autre humanitaire, qui sera sauvé à son tour grâce à l'enfant.       <br />
              <br />
       D'autres récits s'enchaîneront, tous traitant de sujets à vif. Ainsi de la marche chorégraphiée, effectuée sur un air de fado a cappella troublant au plus haut point, afin de célébrer les quelques minutes de silence arraché aux bruits de la guerre pour aller sauver un jeune combattant de quatorze ans ayant pris les armes. Celle de cette chirurgienne ayant sauvé un commandant en lui posant une prothèse, et qui lors d'un checkpoint, sans état d'âme la… et là, l'humanitaire qui porte ce récit, étranglée par l'émotion, demande l'arrêt de l'enregistrement. Ou encore celle de cette jeune femme, partie la tête pleine des belles images de sauveuse de l'humanité souffrante, qui, au contact du terrain, découvre qu'en tant que soldat de la paix, elle a été amenée à réprimer très durement les émeutes suscitées par la distribution de nourriture aux affamés. C'était sa première mission.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514082.jpg?v=1689495382" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Quant au final, les paroles ayant été dites et entendues, les humanitaires quitteront la scène de leurs interventions pour laisser, éclairé par la lumière fabuleuse d'un soleil couchant tombé du gril, le musicien seul au plateau. Là, il fera résonner longtemps les battements syncopés de sa batterie comme autant d'épreuves inscrites en nous en lettres de feu… Un grand moment de &quot;théâtre documenté&quot;, beau comme le soleil noir de la vérité de l'(in)humain et rendu sensible par les interprétations fulgurantes des comédiens, en particulier de Beatriz Brás et d' Adama Diop magistraux en tous points.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 14 juillet 2023, à l'Opéra Grand Avignon, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans la mesure de l'impossible"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514084.jpg?v=1689495412" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Spectacle créé le 1er février 2022 à La Comédie de Genève.       <br />
       Spectacle en français, anglais et portugais sur-titré en français et en anglais.       <br />
       Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Renata Antonante, Lisa Como.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.       <br />
       Avec : Beatriz Brás, Isabelle Caillat, Baptiste Coustenoble, Adama Diop et Gabriel Ferrandini (musicien).       <br />
       Scénographie : Laurent Junod, Wendy Tukuoka, Laura Fleury.       <br />
       Musique : Gabriel Ferrandini.       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Son : Pedro Costa.       <br />
       Costumes et collaboration artistique : Magda Bizarro.       <br />
       Régie générale : Valérie Oberson et Michael Bouvier (en alternance).       <br />
       Régie lumière : Étienne Morel et Serge Lévi (en alternance).       <br />
       Régie son : Charles Mugel.       <br />
       Habilleuse : Karine Dubois.       <br />
       Le texte est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
       &quot;Medo&quot; d'Alain Oulman, interprété par Beatriz Brás d'après un poème de Reinaldo Ferreira       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 au 16 et du 18 au 22 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 16 h.       <br />
       Opéra Grand Avignon, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du ven. 11/08/23 au lun. 14/08/23 : Edinburgh International Festival – Edimbourg (Royaume-Uni)       <br />
       Les 10 et 11 janvier 2024 : MAC - Maison des Arts, Créteil (94).       <br />
       Du 18 au 20 janvier 2024 : Théâtre-Sénart - Scène nationale, Lieusaint (77).       <br />
       Les 24 et 25 janvier 2024 : Château Rouge, Annemasse ((74).       <br />
       Les 21 et 22 février 2024 : Le Rive Gauche, Saint-Étienne-du-Rouvray (76).       <br />
       Le 01/03/2024 : Le Reflet - Théâtre de Vevey, Vevey (Suisse).       <br />
       Du 12 au 15 mars mars 2024 : Le Grand T, Nantes (44).       <br />
       Les 4 et 5 avril 2024 : Châteauvallon - Le Liberté - scène nationale, Toulon (83).       <br />
       Du 17 au 25 avril 2024 : Teatro Culturgest, Lisbonne (Portugal).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514085.jpg?v=1689495462" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74073489-51514063.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Dans-la-mesure-de-l-impossible-Un-travail-presque-comme-les-autres-Paroles-d-humanitaires-en-prise-avec-l-in_a3676.html</link>
  </item>

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   <title>"Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité</title>
   <pubDate>Fri, 09 Jun 2023 16:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Convier sur scène quatre comédiens, doublures d'humanitaires dont les paroles ont été collectées avec grand soin, pour qu'ils se fassent les passeurs du vécu singulier de chacun, tel est l'enjeu incandescent de cet objet théâtral conçu par… Tiago Rodrigues. C'est en effet au tout nouveau directeur de la 77e édition du Festival d'Avignon - qui prendra ses fonctions en juillet prochain - qu'il revient de signer l'apothéose d'une belle saison au TnBA.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089485.jpg?v=1686321922" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Toutes les créations du metteur en scène portugais, si différentes soient-elles dans les thèmes abordés et dans les mises en jeu proposées, sont marquées au coin d'une vibrante humanité. Aussi n'est-il pas surprenant que l'ancien directeur du théâtre de Lisbonne ait élu la vie &quot;ordinaire&quot; des humanitaires pour en proposer non une hagiographie mais un récit en train de se faire au plus proche des réalités de terrain. Le résultat est bluffant de vérités humaines qui, dans une scénographie baignée de poésie envoûtante, explosent au grand jour pour que leurs éclats nous transpercent sans possibilité aucune d'échapper à leur impact.       <br />
              <br />
       Des toiles de tentes mouvantes au gré du vent qui les soulève, baignées par un spectre lumineux dominé par l'ambre, l'orangé et le rouge avant d'être saturé par le noir de la nuit, plantent le décor de lieux d'opérations jamais nommées, mais que l'on devine aisément être ceux du génocide rwandais, des montagnes d'Afghanistan ou encore des contrées d'Ukraine mises à feu et à sang par une guerre qualifiée de crimes contre l'humanité. Ces territoires en guerre sont nommés ceux de l'Impossible, contrastant avec les contrées (encore) en paix, le monde privilégié du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089489.jpg?v=1686322016" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      En &quot;lever de rideau&quot; de cette anthologie de l'humanitaire, deux hommes et deux femmes alignés en bord de scène brossent le cadre des entretiens ayant nourri le spectacle à venir. Leurs attitudes annoncent l'authenticité des témoignages à suivre, rebattant d'emblée les cartes des représentations conventionnelles de l'humanitaire. Ils ne sont, ces femmes et ces hommes, ni des héros, ni des missionnaires, mais des échantillons de la complexité humaine &quot;au travail&quot;, car faire de l'humanitaire est avant tout à prendre comme un travail… Cette séquence liminaire non exempte d'humour - l'un d'eux confie qu'il n'aime pas le théâtre et qu'il s'y ennuie terriblement - initialise le parti pris de la représentation : il s'agira avant tout de projeter les témoignages investis d'acteurs de terrain… et non d'acteurs de théâtre.       <br />
              <br />
       D'emblée, les préjugés sont mis à mal… Pour pouvoir regarder la mort en face, pour la côtoyer de près chaque jour, le sexe est le meilleur antidote des humanitaires, il les sauve de ce boulot répétitif et ennuyeux comme n'importe quel travail peut l'être. Exit les images d'Épinal, place aux réalités…       <br />
              <br />
       Le récit d'une ville anéantie au-delà des montagnes. Des ruines traversées par de vieilles femmes errantes et, au loin, un vieux camion arborant un vague drapeau censé le protéger des tirs. Dans ce paysage de fin du monde, deux hommes s'appliquent à charger des corps minutieusement enveloppés dans des draps immaculés. Et l'humanitaire d'apprendre d'eux, ce jour-là, l'importance à accorder aux morts, une question de dignité. Dans ses référents occidentaux, les blessés gisant auraient mérité avant tout leur attention. Un changement de paradigme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089585.jpg?v=1686322062" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      La batterie installée au centre du campement faisant corps avec son musicien omniprésent, fait résonner jusque dans nos chairs des déferlements de bruits stressants… Un autre humanitaire prend la parole pour dire les attentes des proches à son retour de mission, une soif de curiosité… qu'il étanchera en racontant &quot;une aventure&quot; réclamée à cor et à cris entre des remarques de leur actualité : <span style="font-style:italic">&quot;Tu as vu, on a refait la salle de bain !&quot;</span>. Le récit du choix qu'il a dû alors opérer - à qui attribuer la seule poche de sang disponible, alors que cinq enfants en avaient vitalement besoin - gâchera la soirée de son entourage… Deux mondes en parallèle, l'Impossible ne pouvant décidément rejoindre le Possible.       <br />
              <br />
       Parfois les histoires de ceux qui sont aidés viennent si violemment percuter celles des aidants, que la vieille antienne consistant à penser que ceux qui aident ont la vie plus facile que les aidés vole en éclats. Parfois une rencontre irrigue l'aridité vécue, comme celle d'un médecin-jardinier faisant pousser consciencieusement de la menthe, dont les graines offertes à un humanitaire de passage auront une vie meilleure que dans son pays voué à la destruction. Avec cependant un point commun à toutes ces histoires, <span style="font-style:italic">&quot;l'humanitaire n'est qu'un bout de sparadrap sur les maux de l'humanité&quot;</span>. Si bien que certains, engagés dans l'action humanitaire, prenant conscience qu'ils ne pourront changer le monde, ne s'en remettent pas… et mutent pour un poste bien rémunéré dans une clinique privée du monde du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089586.jpg?v=1686322095" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Et puis vient se nicher, sous forme d'une lettre (im)pertinente envoyée par un humanitaire à son organisation, le constat sans fard que le petit monde des humanitaires n'échappe pas aux dérives des perversions pédophiles de ceux qui occupent une situation de pouvoir en terrain fragile. Expérience compensée par celle de la rencontre du &quot;petit footballeur mythologique&quot;, sauvé in-extrémis de la mort par un autre humanitaire, qui sera sauvé à son tour grâce à l'enfant.       <br />
              <br />
       D'autres récits s'enchaîneront, tous traitant de sujets à vif. Ainsi de la marche chorégraphiée, effectuée sur un air de fado a cappella troublant au plus haut point, afin de célébrer les quelques minutes de silence arraché aux bruits de la guerre pour aller sauver un jeune combattant de quatorze ans ayant pris les armes. Celle de cette chirurgienne ayant sauvé un commandant en lui posant une prothèse et qui, lors d'un checkpoint, sans état d'âme la… et là, l'humanitaire qui porte ce récit, étranglée par l'émotion, demande l'arrêt de l'enregistrement. Ou encore celle de cette jeune femme, partie la tête pleine des belles images de sauveuse de l'humanité souffrante qui, au contact du terrain, découvre qu'en tant que soldat de la paix, elle a été amenée à réprimer très durement les émeutes suscitées par la distribution de nourriture aux affamés. C'était sa première mission.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089688.jpg?v=1686322611" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Quant au final, les paroles ayant été dites et entendues, les humanitaires quitteront la scène de leurs interventions pour laisser, éclairée par la lumière fabuleuse d'un soleil couchant tombé du gril, le musicien seul au plateau. Là, il fera résonner longtemps les battements syncopés de sa batterie comme autant d'épreuves inscrites en nous en lettres de feu… Un grand moment de &quot;théâtre documenté&quot;, beau comme le soleil noir de la vérité de l'(in)humain.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 31 mai 2023, Grande Salle Vitez du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans la mesure de l'impossible"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089689.jpg?v=1686322644" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en français, anglais et portugais surtitré en français et en anglais.       <br />
       Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lisa Como.       <br />
       Avec : Adrien Barazzone, Beatriz Brás, Baptiste Coustenoble, Natacha Koutchoumov        <br />
       et Gabriel Ferrandini (musicien).       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.        <br />
       Scénographie : Laurent Junod, Wendy Tokuoka, Laura Fleury.       <br />
       Composition musicale : Gabriel Ferrandini..       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Son : Pedro Costa.       <br />
       Costumes et collaboration artistique : Magda Bizarro.       <br />
       Fabrication décor : Ateliers de la Comédie de Genève.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
       Spectacle créé le 1er février 2022 à La Comédie de Genève.       <br />
       Le texte est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mercredi 31 mai au samedi 3 juin 2023 au TnBA, Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">15 juin 2023 :</span> La Filature - Scène nationale, Mulhouse (68).       <br />
       23 et 24 juin 2023 : Fabrica de Cultura, en partenariat avec le Festival International de Théâtre de Sibiu, Sibiu (Roumanie).       <br />
       Du 11 au lundi 14 août 2023 : Edinburgh International Festival, Edimbourg (Écosse).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73398615-51089485.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-la-mesure-de-l-impossible-Un-travail-presque-comme-les-autres-Paroles-d-humanitaires-en-prise-avec-l-in-humanite_a3604.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-60067997</guid>
   <title>"Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées</title>
   <pubDate>Sat, 06 Nov 2021 11:35:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Réunir sur un même plateau (de danse ? de théâtre ?) deux chorégraphes danseuses connues pour leur liberté artistique sans frontières - La Ribot et Mathilde Monnier - et un auteur metteur en scène au talent protéiforme - Tiago Rodrigues, futur directeur du Festival IN d'Avignon 2023 - ne pouvait manquer d'attiser notre intérêt tant leur engagement est au-dessus de tout soupçon. Quant au résultat… il nous a séduits - "sur pièces".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60067997-44014691.jpg?v=1636196545" alt=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" title=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, les yeux sont captés par la scénographie qui questionne bien au-delà du rationnel et nous immerge dans un univers sans attaches propre à cristalliser tout le monde que nous portons en nous. Un monde fait de beautés intranquilles que côtoient des questionnements plus sombres liés à l'à-venir. D'abord, l'énigme présentée par ce démesuré serpent grillagé, hantant l'autre scène, comme la trace mnésique d'un monstre du Loch Ness susceptible autant de faire rêver que d'engloutir. Ensuite, ces deux créatures rampant au sol en se désarticulant, de la tête aux pieds, moulées dans des combinaisons aux couleurs électriques les propulsant dans une fiction du type &quot;2021 L'Odyssée de la planète Terre&quot;, de qui sont-elles le nom ?       <br />
              <br />
       Tous les ingrédients d'une fabuleuse immersion dans l'avant monde de l'après sont là réunis ; si on leur ajoute une musique entêtante empruntant entre autres à Béla Bartók de nombreux extraits et un texte sorti tout droit de l'imaginaire solaire de son auteur, on pressent avec envie la nature de la cérémonie hors normes à laquelle nous allons être conviés…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60067997-44014694.jpg?v=1636196593" alt=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" title=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" />
     </div>
     <div>
      Avant que le langage ne leur soit donné pour articuler une pensée aux allures prophétiques - n'évitant aucunement les saillies sibyllines, à l'instar de celles rendues naguère par la Pythie tirant son nom de Python, un autre serpent légendaire… -, ce sont leur corps qui vont &quot;parler&quot;. De soubresauts en soubresauts, de contorsions en contorsions, d'élans en élans, ces corps rampent, (s')explorent, avancent, reculent, vibrent sur le tempo de percussions qui les électrisent de part en part. Corps &quot;transfigurés&quot; par l'emballement des allegros, luttes des temps farouches pour s'extraire des limbes d'une humanité en cours de création.       <br />
              <br />
       Aura lieu la rencontre émouvante de ces deux créatures &quot;se découvrant&quot; (au propre comme au figuré, se dépouillant de leur cagoule) afin de faire interpénétrer leurs histoires. L'une livrera celle de cette serveuse d'Hiroshima extrayant un Château Margot 1928 d'une cave… au moment précis où une explosion assourdissante anéantissait tout alentour. L'autre confiera une plage de l'Atlantique… et la contemplation de la mer &quot;à perte&quot; de vue. Des cauchemars, il en sera aussi question sous forme d'un renard, d'une baleine, d'un animal étrange gigantesque engendré par les peurs ancestrales.       <br />
              <br />
       Et puis, pointera cette velléité de &quot;s'affranchir&quot; d'un monde dont on ne veut plus, sous la forme d'une lettre adressée au père, une lettre à &quot;ne pas prendre à la lettre&quot; puisqu'elle ne fut jamais postée. Il y aura aussi cette tentative insensée de traverser l'océan à la recherche du mythe du bon sauvage dont on apprendra la langue pour pouvoir mettre à sa portée toutes les &quot;richesses&quot; civilisationnelles… celles qui, in fine, scelleront sa disparition. Il y a feu en la demeure et l'aveuglement règne. Détourner son regard du manège en surface pour vivre comme un rat, devenir rat pour survivre dans les catacombes d'un monde courant à sa perte…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60067997-44014695.jpg?v=1636196636" alt=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" title=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" />
     </div>
     <div>
      Après la mort annoncée, l'allégorie d'une nouvelle naissance, celle d'un enfant &quot;parlant une autre langue&quot;, une promesse à laquelle l'enfant à lui-même peine à croire… Des histoires en boucle qui font boule de sens, pour faire naître d'autres récits en engendrant d'autres. Est-ce ainsi que les hommes (sur)vivent ?       <br />
              <br />
       De dé-lire en dé-lire (soutenu par l'auteur invitant en creux à occuper pleinement l'espace offert par cette fable chorégraphiée), de corps à corps rythmés à l'unisson d'une musique endiablée sur fond d'une scénographie enivrante, nous sommes conduits vers des contrées où la raison raisonnante n'a plus place - et c'est tant mieux car seules les créations oniriques ont le pouvoir &quot;sensuel&quot; de  réfléchir  nos désespoirs et espoirs.       <br />
              <br />
       Quant à l'interprétation, d'une tonicité &quot;spectaculaire&quot;, de ces deux figures de la chorégraphie contemporaine échappant à tout diktat stérilisant, elle ne peut que provoquer un (ir)respectueux &quot;chapeau bas, les artistes !&quot;       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu le jeudi 21 octobre 2021 à 20 h à La Manufacture CDCN de Bordeaux en coréalisation avec le TnBA.</span>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Please Please Please"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60067997-44014705.jpg?v=1636196686" alt=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" title=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" />
     </div>
     <div>
      Création de La Ribot, Mathilde Monnier, Tiago Rodrigues.       <br />
       Avec : Mathilde Monnier, La Ribot.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.       <br />
       Musique: Béla Bartók (extraits).       <br />
       Lumières: Éric Wurtz.       <br />
       Scénographie : Annie Tolleter.       <br />
       Réalisation scénographie : Christian Frappereau, Mathilde Monier.       <br />
       Costumes : La Ribot, Mathilde Monnier, Marion Schmid, Letizia Compitiello.       <br />
       Création musique et régie son : Nicolas Houssin.       <br />
       Direction technique et régie lumière : Marie Prédour.       <br />
       Régie plateau : Guillaume Defontaine.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 au 13 novembre 2021 :</span> Théâtre Jean-Claude Carrière, Domaine d'O, Montpellier (34).       <br />
       Du 16 au 19 novembre 2021 : Théâtre Garonne, avec le ThéâtredelaCité - CDN, Toulouse (31).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60067997-44014691.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Please-Please-Please-Deux-danseuses-et-un-auteur-pour-une-fable-choregraphiee-aux-vertus-insoupconnees_a3095.html</link>
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