<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-15T17:53:39+01:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-94322849</guid>
   <title>Printemps arabe, réfugiée Queer, Molière et… Pokémon Go : voici les balises de l'exil dans "Somnambule - Hmar Lil" d'Asmaa Samlali</title>
   <pubDate>Fri, 13 Feb 2026 09:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La vie est souvent un dédale. Pour le personnage de "Somnambule - Hmar Lil", ce dédale commence un petit matin, juste avant le lever du soleil, dans la rue en bas de chez elle, en pyjama, où elle est surprise par son père qui revient de la prière du matin. Elle n'est alors qu'une jeune adolescente comme une autre, passionnée par les Pokémon, qui ne fait qu'à peine envisager le parcours tortueux qui l'attend, mais ce somnambulisme lui annonce déjà que sa vie sera moitié vécue, moitié occultée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94322849-65781327.jpg?v=1770971456" alt="Printemps arabe, réfugiée Queer, Molière et… Pokémon Go : voici les balises de l'exil dans "Somnambule - Hmar Lil" d'Asmaa Samlali" title="Printemps arabe, réfugiée Queer, Molière et… Pokémon Go : voici les balises de l'exil dans "Somnambule - Hmar Lil" d'Asmaa Samlali" />
     </div>
     <div>
      Quelques années après cet événement, se déclenche le Printemps Arabe, d'abord en Tunisie, suite à l'immolation d'un jeune vendeur ambulant pour protester contre la répression policière et la corruption, puis dans la plupart des pays du Maghreb. La jeunesse de ces pays se laisse emporter par un vent de liberté qui les fait manifester et délivre la parole et les désirs. Et notre somnambule se laisse emporter, elle aussi, à travers les mers, et se réfugie en France où elle découvre l'incroyable dédale qui l'attend : entre démarches administratives pour obtenir l'asile, recherche de logements qui s'avèrent chaque fois temporaires et nuits difficiles traversées de cauchemars.       <br />
              <br />
       C'est dans le cauchemar le plus habituel pour les demandeurs d'asile qu'Asmaa, interprétée avec une fougue et une force communicative par Asmaa Samlali, emmène le public aux premières minutes de la pièce : les dédales de l'administration, en particulier ceux, brutaux, de la préfecture, mais aussi ceux de l'OFPRA, de France Terre d'Asile et des centres d'Hébergements d'urgence. Elle est là parmi les réfugiés de Syrie, du Soudan, d'Afghanistan entre autres qui cherchent leur place. Elle est là avec, dans le cœur, le souvenir de celle pour laquelle elle a eu ce coup de foudre, qui est <span style="font-style:italic">&quot;belle comme la révolution&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94322849-65781331.jpg?v=1770971509" alt="Printemps arabe, réfugiée Queer, Molière et… Pokémon Go : voici les balises de l'exil dans "Somnambule - Hmar Lil" d'Asmaa Samlali" title="Printemps arabe, réfugiée Queer, Molière et… Pokémon Go : voici les balises de l'exil dans "Somnambule - Hmar Lil" d'Asmaa Samlali" />
     </div>
     <div>
      Pour contrebalancer l'enfer de ce labyrinthe et la tristesse de l'exil, Asmaa se glisse dans la peau de Pikachu, le Pokémon le plus célèbre du manga animé. À cette époque, Pokémon Go fait fureur dans toute l'Europe et les dresseurs de Pokémon traversent les groupes de réfugiés qui attendent devant l'OFPRA sans les voir.       <br />
              <br />
       Les personnages du manga font partie intégrante du spectacle sous forme de masques (des cagoules) que l'on imagine fabriqués au crochet à mailles larges. Pour Asmaa, c'est celui de Pikachu et ses pouvoirs de téléportation. Pour d'autres personnages, d'autres demandeurs d'asile qui apparaissent dans les vidéos, ce sont d'autres cagoules de Pokémon. Comme si ces masques étaient à la fois une protection contre les persécutions qu'ils subissent et une identité qu'ils revendiquent, qu'ils demandent au travers de toutes ces démarches administratives.       <br />
               <br />
       Le dispositif scénographique s'inspire des éléments basiques d'une pauvre chambre de bonne : un lit, dressé à la verticale, qui servira d'écran de projection pour les vidéos, une valise, un lit de camp. Sur la droite de la scène, Zoé Kammarti incarne les personnages rencontrés, flashs amoureux queer ou encore Aïcha Kandicha, un djinn inspiré directement des contes pour enfants racontés par la grand-mère d'Asmaa. Elle est aussi musicienne, violoniste et accompagne en live la comédienne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94322849-65781355.jpg?v=1770971554" alt="Printemps arabe, réfugiée Queer, Molière et… Pokémon Go : voici les balises de l'exil dans "Somnambule - Hmar Lil" d'Asmaa Samlali" title="Printemps arabe, réfugiée Queer, Molière et… Pokémon Go : voici les balises de l'exil dans "Somnambule - Hmar Lil" d'Asmaa Samlali" />
     </div>
     <div>
      Asmaa Samlali, autrice, metteuse en scène et interprète, livre avec Somnambule une forme d'allégorie de l'exil. Son personnage Asmaa et son double Pikachu, entre dédales et cauchemars, traversées et impossibilité de retour, coups de cœurs et cours de théâtre, logements temporaires et asile finalement obtenu, donne un bel exemple de force de vie, de détermination et d'autodérision. Grâce à une interprétation touchante et la proximité avec le public qu'elle parvient à créer (un peu comme on fait une confidence à un nouvel ami), la pièce oscille entre cris de révolte, joie de vivre et rêves un peu naïfs qui donnent une mixité au spectacle, comme un drame flirtant avec la comédie.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu au Point Éphémère à Paris, le 3 février 2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Somnambule - Hmar Lil"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94322849-65781356.jpg?v=1770971577" alt="Printemps arabe, réfugiée Queer, Molière et… Pokémon Go : voici les balises de l'exil dans "Somnambule - Hmar Lil" d'Asmaa Samlali" title="Printemps arabe, réfugiée Queer, Molière et… Pokémon Go : voici les balises de l'exil dans "Somnambule - Hmar Lil" d'Asmaa Samlali" />
     </div>
     <div>
      En français et en arabe sous-titré.       <br />
       Texte : Asmaa Samlali.       <br />
       Conception : Asmaa Samlali.       <br />
       Collaboration à la mise en scène : Virgile L. Leclerc.       <br />
       Avec : Asmaa Samlali.       <br />
       Regard extérieur et dramaturgie : Karima El Kharraze.       <br />
       Composition et musique live : Zoé Kammarti.       <br />
       Scénographie : Shehrazad Dermé.       <br />
       Création vidéo : Samir Ramdani.       <br />
       Création lumières et régie : Myriam Adjallé.       <br />
       Production Compagnie À Bout Portant.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">19 février à 20 h.</span>       <br />
       Université Sorbonne Nouvelle, 8, avenue de Saint-Mandé - Bureau D003, Paris 12ᵉ       <br />
       <a class="link" href="http://culture.sorbonne-nouvelle.fr/event/621944-somnambule-hmar-lil-asmaa-samlali-theatre" target="_blank">&gt;&gt; culture.sorbonne-nouvelle.fr</a>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">10 au 20 mars 2026 - Théâtre 13, Paris</span>       <br />
       Du lundi au vendredi à 20 h, samedi à 18 h.       <br />
       Théâtre 13/Bibliothèque, 30, rue du Chevaleret, Paris 13ᵉ.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.theatre13.com/spectacle?id_spectacle=522" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatre13.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre13.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/94322849-65781327.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Printemps-arabe-refugiee-Queer-Moliere-et-Pokemon-Go-voici-les-balises-de-l-exil-dans-Somnambule-Hmar-Lil-d-Asmaa_a4479.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-93827361</guid>
   <title>"Mon côté Wertheimer" Tout seul, nous sommes incomplets : nous sommes faits pour être unis*</title>
   <pubDate>Thu, 22 Jan 2026 09:06:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Trib'Une]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour mon second voyage de cette nouvelle année, j'ai fait une petite randonnée intramuros dans la cité. Quelques kilomètres me séparent de mon habitat au théâtre 13, joie ! En récompense de cette balade, un joli spectacle signé Chloé Oliveres et mis en scène subtilement par Papy qui, aussi, a coécrit. On ne change pas une équipe qui gagne, ce duo avait déjà sévi dans un seul(e) en scène joyeux et original : "Quand je serai grande, je serai Patrick Swayze". Cette fois, l'excellente comédienne nous confie un autre pan de sa vie, revenant sur les traces des femmes qui sont probablement pour beaucoup dans ce qu'elle est aujourd'hui. Une femme et une mère aussi.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93827361-65509809.jpg?v=1769069395" alt=""Mon côté Wertheimer" Tout seul, nous sommes incomplets : nous sommes faits pour être unis*" title=""Mon côté Wertheimer" Tout seul, nous sommes incomplets : nous sommes faits pour être unis*" />
     </div>
     <div>
      Mère… maman et toutes ces vies avant. Et des questionnements. Ceux de Chloé sont liés à la santé, la santé mentale précisément. Sa peur de devenir folle, sa crainte des fous et ce mot étrange qu'est la folie. Est-ce d'ailleurs un hasard ? Une coïncidence ? De présenter cette pépite non loin de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris ?       <br />
              <br />
       Elle raconte les histoires de son arrière-grand-mère, de la grand-mère, sans oublier sa mère. Et c'est là où cette comédienne excelle. Dans l'incarnation des personnages, tous en nuances, en fantaisie et souvent en drôlerie. D'où viennent les angoisses, comment naissent-elles ? De qui tiennent-elles ? En retraçant ce parcours de plusieurs vies avant la sienne, elle cherche à comprendre et nous confie sa randonnée pédestre à reculons jusqu'au siècle dernier. De cette arrière-grand-mère &quot;un peu fêlée&quot; et de cette lignée aussi originale qu'elle semble être déconnectée de la réalité. Une mère dont elle dit avoir été gênée à un moment donné, mais qui, désormais, la fait rire de cette étrangeté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93827361-65509810.jpg?v=1769069422" alt=""Mon côté Wertheimer" Tout seul, nous sommes incomplets : nous sommes faits pour être unis*" title=""Mon côté Wertheimer" Tout seul, nous sommes incomplets : nous sommes faits pour être unis*" />
     </div>
     <div>
      Tout est réussi dans ce spectacle. La qualité du texte, les échappés du corps, les interactions subtiles vers le public et la présence de ce petit bout de femme qu'on aimerait presque prendre dans les bras tant la tendresse de son récit est précise.       <br />
              <br />
       J'ai beaucoup ri ce soir-là et la salle aussi. L'occupation de l'espace est parfaitement maîtrisée, son metteur en scène s'est appliqué et tient beaucoup à elle. Cela se voit et c'est en cela qu'il est précieux de ne pas changer une équipe qui gagne. En entrant dans toutes ces vies qui ont forgé la sienne, celle de Chloé aujourd'hui, on en sort le sourire aux lèvres, à la fois divertis et avertis. C'est un seul(e) en scène poétique et savoureux d'une comédienne accomplie, mais surtout épanouie.       <br />
              <br />
       Chloé Oliveres est une comédienne incarnée, habitée et subtile. Ce joli brin de femme est comme une caresse qu'une mère poserait sur la joue de son enfant alors qu'il vient de faire un cauchemar. Une main douce, réconfortante et sécurisante. Une mère qui, d'un coup de revers, ferait fuir un coup de cafard en plein hiver.       <br />
              <br />
       C'est ça ce spectacle, un remède pour ne pas broyer du noir en plein hiver. Comme quoi ! Parler de santé mentale n'est pas un mal, mais plutôt un bien. Voilà pourquoi, je conseille ce petit bijou théâtral.       <br />
       <b>◙ Isabelle Lauriou</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Virginia Woolf.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mon côté Wertheimer"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93827361-65509840.jpg?v=1769069448" alt=""Mon côté Wertheimer" Tout seul, nous sommes incomplets : nous sommes faits pour être unis*" title=""Mon côté Wertheimer" Tout seul, nous sommes incomplets : nous sommes faits pour être unis*" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Les mères poules ne font pas des mouettes&quot;</b>       <br />
       Texte et jeu : Chloé Oliveres.       <br />
       Co-mise en scène et collaboration à l'écriture : Papy.       <br />
       Scénographie : Émilie Roy.       <br />
       Lumière : Arnaud Le Dû.       <br />
       Costumes : Sarah Dupont.       <br />
       Chorégraphie : Jean-Marc Hoolbecq.       <br />
       Production : Little Bros.       <br />
       Dès 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 au 24 janvier 2026.</span>       <br />
       Du lundi au vendredi à 20 h, samedi à 18 h.       <br />
       Théâtre 13 - Glacière, 103A, boulevard Auguste-Blanqui, Paris 13e.       <br />
       Téléphone : 01 45 88 62 22.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.theatre13.com/spectacle?id_spectacle=520" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatre13.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre13.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       30 janvier 2026 : Cancale (35).       <br />
       6 février 2026 : Champigny-sur-Marne (94).       <br />
       7 mars 2026 : Pornic (44).       <br />
       29 mars 2026 : Trappes (78).       <br />
       2 avril 2026 : Troyes (10).       <br />
       Du 4 au 25 juillet 2029 : Festival Off Avignon, Théâtre du Train Bleu, Avignon (84).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93827361-65509809.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-cote-Wertheimer-Tout-seul-nous-sommes-incomplets-nous-sommes-faits-pour-etre-unis_a4457.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-56223347</guid>
   <title>Rabelais, l'homme et son œuvre, d'après le texte de Jean-Louis Barrault</title>
   <pubDate>Wed, 12 May 2021 06:20:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est une somme, une multitude, un foisonnement de gestes, de costumes, de chants, de danses, de scènes, d'images et d'imaginaires, de saillies, de piques, de mots, ceux de François Rabelais, auguste philosophe, libre-penseur, écrivain qui vécut dans le royaume de France toute la première moitié du XVIe siècle. Sur la "pas très grande" scène du Théâtre 13, ils sont 18 comédiens entraînés dans cette sarabande écrite par Jean-Louis Barrault à partir des différentes œuvres du poète, conteur, au verbe déchaîné.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56223347-41897409.jpg?v=1620758460" alt="Rabelais, l'homme et son œuvre, d'après le texte de Jean-Louis Barrault" title="Rabelais, l'homme et son œuvre, d'après le texte de Jean-Louis Barrault" />
     </div>
     <div>
      Rabelais fait partie intégrante de notre culture inconsciente. Ses personnages, à l'instar de ceux de Molière, de Cervantès, de Shakespeare… ont été adoptés par le langage courant : Pantagruel, Gargantua et les Picrocholes ont tous donné naissance à des mots communs, des expressions, des adjectifs. Dans notre imaginaire collectif, Rabelais se mélange à ses créatures. Il ressemble à un bon géant, érotomane, buveur, jouisseur, impertinent et sans mesure. Un être libre et érudit mais au langage terriblement imagé, romanesque et grivois.       <br />
              <br />
       Raconter à la fois l'homme et l'œuvre : telle est l'ambition de cette mouture concoctée par Jean-Louis Barrault en 1968, juste après qu'il fut démis de ses fonctions de directeur de l'Odéon à la suite de l'occupation du lieu par les étudiants de mai. L'écho renvoyé actuellement par &quot;#occupationodéon&quot; est assez étonnant. La foutraque profusion d'événements qui nous assaillent depuis plus d'un an, transformant la petite planète bleue en un drôle d'esquif menacé par les apocalypses, forme aussi un autre écho avec celle du verbe rabelaisien. Cette référence à l'actualité, déjà mise en exergue par Jean-Louis Barrault, a été remise à jour dans cette version par Hervé Van der Meulen dans un prologue réactualisé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56223347-41897419.jpg?v=1620758499" alt="Rabelais, l'homme et son œuvre, d'après le texte de Jean-Louis Barrault" title="Rabelais, l'homme et son œuvre, d'après le texte de Jean-Louis Barrault" />
     </div>
     <div>
      Dans la forme, cette mise en scène colle parfaitement à la frénétique agitation de l'auteur de la Renaissance. Sur scène, la foule d'interprètes jouent, chantent, dansent la multitude de personnages convoqués pour nous raconter Rabelais. Les costumes pleins de fantaisies d'Isabelle Pasquier, frôlant parfois la déraison, puisent leur inspiration autant dans la science-fiction que dans les anciens carnavals. Les matières dont sont faits masques, couvre-chefs et habits semblent cuirs, peaux, bois, tissus épais et fer, rappellent le proche Moyen Âge. Les décors et les accessoires concoctés par Claire Belloc suivent la même recette. Mobiles, ils sont aussi prétextes, dans leurs différents déplacements, à de vastes mouvements organisés comme des ballets (les belles scènes de la création du navire qui emmènent nos héros à la quête de l'oracle de la Dive Bouteille).       <br />
              <br />
       De la première seconde jusqu'au dernier souffle, le spectacle file sur un rythme soutenu. Les comédiennes et comédiens, presque tous issus de l'École par l'alternance d'Asnières - l'ESCA, s'emparent avec appétit et talent du difficile texte de Rabelais, écrit en vieux françois mais rendu ici dans une version assez modernisée. Une modernisation qui ne fait pas l'impasse sur les doubles sens, les boutades, les jeux de mots et les contrepèteries, ni aux allusions quasi obsessionnelles au sexe et à la scatologie qui émaillent tous ces contes. Ainsi cette célèbre contrepèterie &quot;A Beaumont le Vicomte&quot; dont il faut inverser le m de Beaumont avec le c de Vicomte…       <br />
              <br />
       Dans ce spectacle, tous les éléments artistiques sont importants. Il faut également parler de la composition musicale créée par Marc-Olivier Dupin. Du sur-mesure pour ces acteurs dont les chœurs et les chants puissants sont d'une belle qualité. À noter que la plupart des musiques sont interprétées au plateau. Quant aux chorégraphies de Jean-Marc Hoolbecq, elles aussi parfaitement adaptées aux interprètes, elles viennent sans articulations gênantes s'intégrer au déroulement de l'histoire : dynamiques, courtes, visuelles et efficaces, elles participent activement aux rythmes et aux évolutions de la pièce. D'autant que tant d'interprètes sur le petit plateau du Théâtre 13 demande une organisation sans failles.       <br />
              <br />
       Outre cette plongée fardée dans l'univers de celui qu'on dit inventeur du roman tel qu'on le connaît actuellement, l'intérêt du spectacle réside également dans les incursions de l'Histoire. François Ier, Henri II, Charles Quint resituent l'auteur dans son temps, ainsi que ses déboires avec Calvin, les censures, les autorités et surtout les catholiques intégristes que l'insolence d'y celui pour le clergé rendait encore plus fous qu'ils n'étaient naturellement.       <br />
              <br />
       Sans édulcorer la verve brillante de Rabelais, et bien au contraire en réussissant à la faire entendre à un public peu habitué à un tel bourgeonnement de langage, la mise en scène d'Hervé Van der Meulen use avec talent des moyens artistiques et humains de cette nombreuse distribution. Par pudeur sans doute, la grivoiserie outrepétante (désolé !) de Rabelais passe ici plus par les mots que par les actes, ce qui éteint un peu la flamme provocatrice de cet auteur. L'important est que l'on sort du spectacle avec l'envie de se replonger ou de se plonger pour la première fois dans ces textes uniques au monde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Rabelais"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56223347-41897420.jpg?v=1620758532" alt="Rabelais, l'homme et son œuvre, d'après le texte de Jean-Louis Barrault" title="Rabelais, l'homme et son œuvre, d'après le texte de Jean-Louis Barrault" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean-Louis Barrault, d’après les textes de François Rabelais.       <br />
       Mise en scène : Hervé Van der Meulen.       <br />
       Avec 18 comédiens et comédiennes : Étienne Bianco, Loïc Carcassès, Aksel Carrez, Ghislain Decléty, Inès Do Nascimento, Pierre-Michel Dudan, Valentin Fruitier, Constance Guiouillier, Théo Hurel, Pierre-Antoine Lenfant, Olivier Lugo*, Juliette Malfray, Mathias Maréchal, Ulysse Mengue, Théo Navarro-Mussy*, Fany Otalora, Pier-Niccolò Sassetti, Jérémy Torres, Agathe Vandame (* en alternance).       <br />
       Musique originale : Marc-Olivier Dupin.       <br />
       Assistants(es) : Julia Cash, Ambre Dubrulle et Jérémy Torres.       <br />
       Chorégraphie : Jean-Marc Hoolbecq.       <br />
       Scénographie et accessoires : Claire Belloc.       <br />
       Costumes : Isabelle Pasquier.       <br />
       Lumières : Stéphane Deschamps.       <br />
       Maquillage : Audrey Millon.       <br />
       Cheffes et chef de chant : Juliette Épin-Bourdet, Juliette Malfray et Pablo Ramos Monroy.       <br />
       Son : Arthur Petit.       <br />
       Tout public à partir de 15 ans.       <br />
       Durée 2 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er au 19 juin 2021.</span>       <br />
       Du 1er au 8 juin : du mardi au samedi à 18 h, le dimanche à 16 h.       <br />
       Du 9 au 19 juin : du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre 13/Jardin, Paris 13e, 01 45 88 62 22.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre13.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre13.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <iframe title="vimeo-player" src="https://player.vimeo.com/video/338228305" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/56223347-41897409.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Rabelais-l-homme-et-son-oeuvre-d-apres-le-texte-de-Jean-Louis-Barrault_a2938.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-50610851</guid>
   <title>"Perce-neige"… Heurts, amour et tendresse</title>
   <pubDate>Thu, 15 Oct 2020 08:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le Théâtre 13 organise depuis quinze ans un concours de jeunes metteurs en scène qui s'est déroulé cette année du 2 au 14 octobre. Cinq pièces étaient en compétition dont "Perce-Neige" qui traite de la maladie psychique au sein d'un hôpital.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50610851-39022090.jpg?v=1602746001" alt=""Perce-neige"… Heurts, amour et tendresse" title=""Perce-neige"… Heurts, amour et tendresse" />
     </div>
     <div>
      Traiter de personnes atteintes de troubles psychiques au théâtre dans un lieu où la parole, intime, est rendue publique, relève de la gageure. Peu s'y essaient. Le défi était d'autant plus important pour Juliette Bayi que sa sœur aînée est, depuis de nombreuses années, suivie par des psychiatres ou des psychologues. Celle-ci a d'ailleurs contribué sans le vouloir au titre et à une réplique finale qui s'est largement inspirée du propos suivant qu'elle a tenu un jour : <span style="font-style:italic">&quot;je suis comme un perce-neige, parce qu'un perce-neige ça meurt en automne et puis ça renaît en hiver, comme moi&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Il y a neuf personnages physiques mais la parole et le silence sont les deux principaux. Chaque &quot;patient&quot;, pour reprendre le terme de Juliette Bayi, a son propre langage en butte à une forte résistance pour être, devant le médecin, libérée ; dans la grande salle de l'hôpital, accompagnée ou bousculée ; dans la chambre, intime et révoltée. L'extime prend appui sur le corps et les aides-soignants où le verbe accouche autant dans l'empathie que dans la colère et le rejet. Le silence est en écho autant à un vide qu'à une écoute, comme celui du monde. Quant à la parole, elle est celle du malade.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50610851-39022232.jpg?v=1602746157" alt=""Perce-neige"… Heurts, amour et tendresse" title=""Perce-neige"… Heurts, amour et tendresse" />
     </div>
     <div>
      La scénographie est construite autour de trois pièces délimitées par des bandes blanches sur un sol noir où le déplacement des personnages est quasi géométrique, à angle droit à l'opposé d'un verbe souvent heurté, défaillant. La disposition des salles laisse voir au centre de la scène une grande salle dans laquelle la vie de l'hôpital se déroule. Côté cour, il y a le cabinet du docteur Mertens (Julie Duval) et, côté jardin, la chambre des hospitalisés. Ce rapport en symétrie opposée du corps médical et de la maladie, côtés cour et jardin, met en exergue la représentation du monde extérieur via le médecin et celle, coupée de l'extérieur, du malade où la grande salle au centre fait œuvre de médiation avec sa vie de groupe.       <br />
              <br />
       La scénographie met le docteur Mertens dans une position duale. Bien qu'empathique et à l'écoute, elle est souvent de dos et dans l'obscurité comme la représentation d'un monde extérieur qui occulte les personnes ayant des troubles psychiques alors que ses sorties semblent symboliser celles de nouveaux départs pour les hospitalisés.       <br />
              <br />
       Les propos tournent toujours autour d'une vérité, celle d'êtres où l'artifice, le maquillage social n'ont pas de résonance. Nous sommes dans un pré carré où le faux-semblant n'ose même pas faire entendre sa respiration. Tout est direct, d'une franche clarté même si les mots se cherchent dans l'obscurité d'une élocution parfois hachée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50610851-39022235.jpg?v=1602746190" alt=""Perce-neige"… Heurts, amour et tendresse" title=""Perce-neige"… Heurts, amour et tendresse" />
     </div>
     <div>
      Ce sont des remises en question personnelles, des besoins d'amour, d'être, d'exister qui apparaissent. Un très joli travail d'interprétation est effectué par les comédiens dans leurs incarnations de patients où les troubles sont incarnés avec un corps et une élocution souvent vive, parfois assurée, toujours heurtée. Il y a aussi cette immixtion dans l'intime et l'amour. Les propos, bien que bousculés, n'en demeurent pas moins sujets à ses doutes et ses repères.       <br />
              <br />
       La scène, presque militaire, de la prise de médicaments montre un moment quasi machinal où le patient échappe à ce qu'il est. La création de Juliette Bayi est aussi un hommage appuyé à la pratique au quotidien d'aides-soignants qui se donnent corps et âme aux personnes qu'ils traitent.       <br />
              <br />
       C'est une création qui pose un mot aux mots, celui du malade à ceux d'une société pour faire entendre son propos trop souvent oublié, occulté, voire ignoré, en lui donnant une identité sociale et humaine avec ses envies, ses révoltes et ses tendresses. C'est une pièce vivante et porteuse d'espoir qui fait vivre la parole du malade sans que le regard de l'autre lui imprime une marque ou une empreinte aliénante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Perce-neige"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50610851-39022438.jpg?v=1602746425" alt=""Perce-neige"… Heurts, amour et tendresse" title=""Perce-neige"… Heurts, amour et tendresse" />
     </div>
     <div>
      Catharsis hospitalière.       <br />
       Texte et mise en scène : Juliette Bayi.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Romain Bouillaguet.       <br />
       Avec : Ilian Bergala, Martin Campestre, Simon Cohen, Hermine Dos Santos, Julie Duval, Charlotte Levy, Laura Puech, Jonathan Turnbull, Geert Van Herwijnen.       <br />
       Création musique : Lisa Petit de la Rhodière.       <br />
       Lumières et régie : Vincent Dupuy.       <br />
       Durée : 1 h 30 sans entracte.       <br />
       Conseillé à partir de 10 ans.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté les 2 et 3 octobre 2020 au Théâtre 13 dans le cadre Prix Théâtre 13/Jeunes metteurs en scène 2020</b>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre13.com/saison/prix-theatre-13" target="_blank">&gt;&gt; theatre13.com</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/50610851-39022090.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Perce-neige-Heurts-amour-et-tendresse_a2812.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
