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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>"Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire</title>
   <pubDate>Mon, 09 Oct 2023 16:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans un texte bien construit et une très belle mise en scène, Sylvain Creuzevault nous replonge dans les heures sombres de la collaboration avec ses hommes politiques et ses intellectuels. Mariant avec précision et fluidité, Histoire et fable, il montre avec humour les coulisses d'une époque habitée de figures autant tragiques qu'infâmes et où le conservatisme et l'antisémitisme étaient guidés par l'extermination des juifs.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170558.jpg?v=1696864583" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      Nous sommes au cœur de la collaboration, dans la France fasciste des années quarante en pleine Seconde Guerre mondiale. On y rencontre, entre autres, Pierre Laval (Arthur Igual), Marcel Déat (Pierre-Félix Gravière), Lucien Rebatet (Lucie Rouxel), Louis-Ferdinand Destouches dit Céline (Frédéric Noaille), Robert Brasillac (Charlotte Issaly), Philippe Henriot et Pierre Drieu La Rochelle (Vladislav Galard). Toutes les figures de la collaboration sont présentes. Léon Blum (Arthur Igual) y apparaît rapidement, lui qui fut l'une des cibles les plus haïes de ce régime, car juif et symbole de la décadence – avec les congés payés – pour l'extrême droite collaborationniste.       <br />
              <br />
       C'est bien évidemment une pièce politique, mais également comique par biais des aspects. Le jeu est très vocal avec des orateurs, des discours et une emphase dans la voix. La scénographie, s'étalant sur un large espace, fait écho à celle-ci, montrant chaque personnage beaucoup plus petit que son époque, la scène pouvant symboliser celle-ci. Le rideau se lève sur Brasillac (1909-1945), écrivain, rédacteur en chef du journal antisémite et collaborationniste &quot;Je suis partout&quot;. Il raconte son positionnement politique, la voix sûre, avec conviction et sans regret.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170561.jpg?v=1696864610" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      L'entame de la pièce est aussi des plus décalées où, entre autres, Déat remercie le public d'être présent pour cette &quot;réunion de collabos fascistes&quot; avec un clin d'œil à la pièce même d'&quot;Edelweiss&quot;. On est ainsi avec des protagonistes qui savent l'existence de la pièce qu'ils jouent en même temps, mais dans un autre lieu et pourtant à une autre époque. Télescopage truculent qui mêle des temporalités différentes à la réalité de moments historiques avec leurs pendants théâtraux. Ainsi qui parle ? Le comédien qui joue Déat ou le personnage ayant existé et ancré dans ses convictions et son époque ? Les deux ! Ce qui donne un décalage croustillant entre propos tragiques et comiques.       <br />
              <br />
       La scénographie présente une grande salle aux couleurs ocre et marron avec une station radio et un piano côté cour. Côté jardin, il y a une porte éteinte et un téléphone mural. Sur la même scène, plusieurs tableaux se déroulent comme la rencontre entre Otto Abetz (Vladislav Galard), ambassadeur d'Allemagne et Pierre Laval. On y voit aussi des danseurs à poil jouant une chorégraphie, passablement ridicule, comme un clin d'œil inversé à une époque où la virilité était revendiquée avec &quot;Travail, Famille, Patrie&quot; comme devise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170579.jpg?v=1696864641" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      Ce décalage entre le fait historique et certains intermèdes, comiques ou dansés, donne à la pièce un cachet énigmatique où la véracité des faits est réelle et où la mise en scène de Creuzevault prend plaisir à l'accompagner d'un aspect décalé, peu coutumier de l'époque. Cette double focale inscrit la fable entre récit et imagination, permettant d'inscrire &quot;Edelweiss&quot; dans une temporalité croisée où l'instant prête assistance à certains propos ou situations qui ne peuvent trouver leur vérité que dans une irréalité.       <br />
              <br />
       Se retrouvent aussi deux paysans dans leur champ, semant déjà leur blé. Dans cette action, le temps est symbolisé par le blé grandissant en un clin d'œil, la seconde devenant alors semaine. La scénographie n'a pas changé pour autant, car elle est presque neutre avec son grand espace.       <br />
              <br />
       Les années, avec son fait historique, sont affichées en caractères noirs sur un grand rideau transparent qui se lève avant que la scène se joue. Sur cette découpe qui en est faite, est mis en exergue le rapport des protagonistes face à chacun d'entre eux et aux événements. On les voit, on les écoute, les entend plaider leur cause pour certains, tous face au public, sans se départir de leurs convictions. Ils sont jugés par l'Histoire, incarnée par le public, silencieux et n'ayant pas vocation à parler.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170581.jpg?v=1696864668" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      Un moment, Céline (1894-1961) défèque au centre du plateau, dos au public, et l'excrément reste pendant plusieurs scènes. Il est même utilisé comme marqueur de moustache à la Hitler par certains caractères. On bascule ainsi sur une forme de burlesque, le corps devenant source d'expression dans sa plus forme la plus basique. La pièce a deux visages et peut se lire à plusieurs échelles. D'un côté, le sérieux de l'Histoire avec ses drames et ses exactions qui ne sont pas montrés, mais connus pour autant.       <br />
              <br />
       De l'autre, certains personnages qui se jouent de leur rôle en prenant à rebrousse-poil des situations. Par exemple, le &quot;Salut à Hitler&quot; fait au téléphone par Otto Abetz (1903-1958) permet ainsi de donner un aspect comique à la situation et de montrer l'avilissement de la France à l'égard du Führer. Cette familiarité fait ainsi écho à la politique plus que zélée du gouvernement français collaborationniste, jumelle de celle des Allemands dans leur chasse et extermination des juifs.       <br />
              <br />
       Il y a aussi une scène humoristique, de théâtre dans le théâtre, avec un accident de voiture de Pierre Laval (1889-1945) et Otto Abetz sur une route de campagne en direction d'un rendez-vous avec Hitler. Autre scène avec une remontée du temps où le terme &quot;Décadence&quot; est vu, entre autres, au travers de propos d'Houellebecq, Gainsbourg (1928-1991) et d'auteurs bien plus anciens, comme s'il avait été porté par toutes les époques pour désigner, sous des formes variées, soit un sentiment d'épanouissement et de laisser-aller jouissif, soit de noirceur caractérisée et raciste pour Zemmour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170807.jpg?v=1696865815" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      L'identité sexuelle reste ambiguë aussi dans la déclinaison qui en est faite pour Robert Brasillach et Lucien Rebatet (1903-1972), joués respectivement par Charlotte Issaly et Lucie Rouxel. Cela interpelle au premier abord et permet de fixer une attention particulière sur eux, l'ambiguïté des caractères donne un aspect énigmatique permettant de poser la question d'un &quot;Pourquoi ?&quot;, autant de ce qu'ils sont que de ce qu'ils ont fait.       <br />
              <br />
       La fable bascule entre récit, discours et Histoire. Les lieux, comme les zones Nord et Sud, sont aussi désignés par de grands caractères noirs situés en hauteur et qui descendent. Nous sommes aussi dans du théâtre dans le théâtre dans lequel les personnages font état de la scénographie ou jouent de certains événements théâtraux. Ce décentrage du regard qu'ils portent sur ce qu'ils les entourent donne un timbre humoristique à la pièce. Il permet aussi de prendre du recul, sans l'excuser pour autant, sur la politique collaborationniste infâme de ceux qui l'ont incarnée afin de décrypter le comportement de ceux qu'ils l'ont fait et soutenu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Edelweiss"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75722405-53170824.jpg?v=1696865845" alt=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" title=""Edelweiss" Ironie critique face à l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène : Sylvain Creuzevault.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Ivan Marquez.       <br />
       De et avec : Juliette Bialek, Valérie Dréville, Vladislav Galard, Pierre-Félix Gravière, Arthur Igual, Charlotte Issaly, Frédéric Noaille, Lucie Rouxel et Antonin Rayon (musicien).       <br />
       Avec l'amicale participation de Nicolas Bouchaud.       <br />
       Dramaturgie : Julien Vella.       <br />
       Lumière : Vyara Stefanova.       <br />
       Création musique, son : Antonin Rayon, Loïc Waridel.       <br />
       Scénographie : Jean-Baptiste Bellon, Jeanne Daniel-Nguyen.       <br />
       Vidéo : Simon Anquetil.       <br />
       Maquillage, perruques : Mityl Brimeur.       <br />
       Costumes : Constant Chiassai-Polin.       <br />
       Régie générale : Clément Casazza.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 septembre au 22 octobre 2023.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de l'Odéon, Atelier Berthier, Paris 17e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-odeon.eu/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       28 février au 5 mars 2024 : Théâtre Garonne - Scène européenne, Toulouse (31).       <br />
       12 au 15 mars 2024 : La Comédie de Saint-Étienne, Saint-Étienne (42).       <br />
       21 et 22 mars 2024 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       27 et 28 mars 2024 : L'Empreinte - Scène nationale, Brive (19).       <br />
       30 et 31 mai 2024 : Points communs - Scène nationale, Cergy-Pontoise (95).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/75722405-53170558.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>Les frères Kamarazov… Moderne recréation !</title>
   <pubDate>Thu, 04 Nov 2021 10:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La mise en scène de Sylvain Creuzevault des "Frères Karamazov" (1879-1880), roman ultime de Dostoïevski, décline une approche musicale et très moderne. Avec une liberté de ton, le théâtre dans le théâtre rend compte des coulisses d'une œuvre qui se joue autant sur planche qu'en régie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60020251-43991780.jpg?v=1636020184" alt="Les frères Kamarazov… Moderne recréation !" title="Les frères Kamarazov… Moderne recréation !" />
     </div>
     <div>
      Porter un roman sur le plateau, qui plus est un grand classique, est un défi, celui de le reconstruire en y apportant une véritable touche personnelle qui pourrait toutefois dénaturer la construction toujours imaginaire qu'un lecteur peut se faire de l'œuvre. Celle de Sylvain Creuzevault est très originale.       <br />
              <br />
       Il y a une liberté de ton et de situation mêlant du théâtre dans le théâtre avec des caractères jouant parfois à être une représentation de ce qu'ils sont, avec pour Servane Ducorps une entrée soi-disant &quot;loupée&quot; selon son propre dire dans sa salutation au public et pour Blanche Ripoche, moins d'embarrant dans son bonjour vers le parterre. L'auditoire est pris comme témoin de ce qui se passe sur scène.       <br />
              <br />
       L'histoire est celle d'un parricide, celui de Fiodor Karamazov (Nicolas Bouchaud), père irresponsable et débauché dont les rapports avec la génération qu'il a fécondée sont aussi amoureux et tendres que celle d'un bourreau avec son prisonnier ou d'un dictateur avec son peuple. L'entame de la pièce nous emmène devant celui-ci, au milieu du plateau, qui l'encombre de sa présence autant physique que corporelle. D'ailleurs, tous les personnages, même celui silencieux et discret du starets Zossima (Sava Lolov), dominent la scène à chacune de leurs répliques où celui qui a la parole a le pouvoir expressif d'exister au travers de répliques souvent tranchées tout comme celles de gestuelles qui les accompagnent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60020251-43991801.jpg?v=1636020234" alt="Les frères Kamarazov… Moderne recréation !" title="Les frères Kamarazov… Moderne recréation !" />
     </div>
     <div>
      Ce rapport à l'autre est fait de violence morale, presque physique, parfois accompagné d'une tendresse furtive, fausse ou jouée, et qui peut basculer rapidement vers un refus ou une fuite. Il peut être aussi passablement cyclothymique où les personnages s'exhibent, au sens propre comme figuré, au travers, souvent, du verbe et de façon systématique du corps.       <br />
              <br />
       La scénographie découvre une très grande salle blanche où table, chaises, cercueil, voire petite prison, apparaissent au fil de l'eau. Pour la deuxième partie, celle-ci est habillée de rideaux de verre, accompagnée d'une musique électronique. Une régie, en bas du plateau, accompagne théâtralement le jeu. De longs écrits introductifs habillent le rideau blanc avant le démarrage de la représentation et durant l'entracte, le jeu continue ainsi que la musique au travers d'une flûte traversière avec Sylvaine Hélary.       <br />
              <br />
       Cela démarre par des personnages masqués. On croirait des petits pantins qui gesticulent avec leurs bras. Les masques, sans être neutres car n'exprimant aucune expression, donnent une impression d'étrangeté, comme de petits monstres mécaniques. Peu rassurant. Ils se retrouveront à d'autres moments incarnant des automates robotisés ou des êtres habités par une inhumanité. Car c'est là où tout se joue. Ce manque de sentiments, d'émotions, incarné par les personnages qui en abusent non par sadisme, mais par nature. D'où ces relations toujours complexes, enchevêtrées où celles-ci se découvrent dans chacun des actes au-delà des mots utilisés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60020251-43991814.jpg?v=1636020259" alt="Les frères Kamarazov… Moderne recréation !" title="Les frères Kamarazov… Moderne recréation !" />
     </div>
     <div>
      Une chanson, au style très moderne, voire électronique, accompagne aussi une scène, faisant prendre à la pièce la dimension d'un show l'espace d'un instant où Dostoïevski est renvoyé dans l'oubli. Confrontation de genre qui brouille un instant les pistes et donne à voir un maquillage un peu trop prononcé pour le visage d'un chef-d'œuvre qui n'en a peut-être pas besoin. Ce parti pris déplace la pièce vers un aspect décalé, à rebrousse-poil, d'une situation qui commande peu à un tempo musical rythmé et qui interpelle.       <br />
              <br />
       L'aspect contemporain du roman de Dostoïevski est aussi représenté dans les accessoires comme ce téléphone portable utilisé tel une petite caméra. Dans sa conception, son déroulé, cette modernité est présente à chaque instant faisant de cette création presque une œuvre autre. Audacieux !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les frères Karamazov" </b></div>
     <div>
      D'après Fédor Dostoïevski.       <br />
       Traduction française : André Markowicz.       <br />
       Mise en scène : Sylvain Creuzevault, artiste associé/création.       <br />
       Avec : Nicolas Bouchaud, Sylvain Creuzevault, Servane Ducorps, Vladislav Galard, Arthur Igual, Sava Lolov, Frédéric Noaille, Blanche Ripoche, Sylvain Sounier.       <br />
       Musiciens : Sylvaine Hélary et Antonin Rayon.       <br />
       Dramaturgie : Julien Allavena.       <br />
       Scénographie : Jean-Baptiste Bellon.       <br />
       Lumière : Vyara Stefanova.       <br />
       Création musique : Sylvaine Hélary, Antonin Rayon.       <br />
       Maquillage : Mytil Brimeur.       <br />
       Masques : Loïc Nébréda.       <br />
       Costumes : Gwendoline Bouget.       <br />
       Son : Michaël Schaller.       <br />
       Vidéo : Valentin Dabbadie.       <br />
       Production : Le Singe.       <br />
       Durée : 3 h 15 (avec un entracte).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 22 octobre au 13 novembre 2021.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       Odéon-Théâtre de l’Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-odeon.eu/#1" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       23 et 24 novembre 2021 : L’empreinte - scène nationale Brive-Tulle, Tulle (19).       <br />
       12 au 14 janvier 2022 : Théâtre des 13 vents - CDN, Montpellier (34).       <br />
       17 et 18 février 2022 : Points communs - Scène nationale, Cergy-Pontoise (95).       <br />
       11 au 19 mars 2022 : TNS, Strasbourg (67).       <br />
       24 et 25 mars 2022 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       13 et 14 avril 2022 : La Coursive - Scène nationale, La Rochelle (17).       <br />
       29 et 30 avril 2022 : Teatro nacional São João, Porto (Portugal).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60020251-43991866.jpg?v=1636020421" alt="Les frères Kamarazov… Moderne recréation !" title="Les frères Kamarazov… Moderne recréation !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60020251-43991780.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre</title>
   <pubDate>Tue, 06 Oct 2020 08:42:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une scène courte mais forte du roman "Les Frères Karamazov" sert de ventre narratif au "Grand Inquisiteur". Il s'agit d'un échange entre deux des frères, Alexis et Yvan, durant lequel ce dernier raconte le poème qu'il est en train d'écrire sur une idée : le Christ revient sur terre au moment de l'Inquisition espagnol, à Séville, au pire moment de l'intolérance religieuse perpétrée par le catholicisme.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38888842.jpg?v=1601924409" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      Cette scène a, depuis un siècle et demi, suscité de nombreux commentaires, analyses… vision prophétique annoncée des terreurs du XXe siècle mais, aussi et surtout, une notion de l'humain qui, loin de toute idéalisation, le rend à sa triste condition réelle : créature prête à sacrifier toute liberté pour la promesse du bonheur. Mais ceci n'est qu'une infime partie des pensées parcourues dans le texte du génial auteur russe.       <br />
              <br />
       &quot;Nous avons corrigé Ton œuvre et nous l'avons fondée sur le miracle, le mystère et sur l'autorité.&quot; Le Grand Inquisiteur.       <br />
              <br />
       Sylvain Creuzevault aborde, comme à son habitude, cette nouvelle mise en scène avec une énergie féroce. À ce texte sombre au rictus amer, il ajoute la farce. Celle qui, de notre confortable fenêtre lointaine, paraît avoir été jouée par certains tyrans du XXe siècle. C'est ainsi que loin de Séville et  du quinzième siècle, ce sont les sosies fantasques de Staline, Marx, Hitler, et Margaret Thatcher accompagnée de Donald Trump en duo comique, un peu pitoyable, qui débarquent. Sans oublier le pape et, en observateur pensif, Heiner Müller.       <br />
              <br />
       Un barnum de figures qui tranche par ses humeurs décalées avec le texte mais qui agit comme une illustration contemporaine des mots de Dostoïevski. Une manière de dénoncer et de démasquer les grands inquisiteurs de notre époque, ceux qui, sous couvert de promesses et de mensonges, volent toutes les libertés. Un message louable, et il est vrai que l'actualité fait surgir des étincelles quand elle se frotte à ce texte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38888873.jpg?v=1601924531" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      Une actualité qui fut d'ailleurs à l'origine même de ce spectacle. Sylvain Creuzevault était, en fait, en plein travail de création sur &quot;Les Frères Karamazov&quot; quand arriva la pandémie du Covid-19. L'idée de monter ce préambule au spectacle (qui sera créé en novembre également à l'Odéon) est née de cette sidération devant ce qui tombait soudain sur la planète.       <br />
              <br />
       &quot;Nous avons ressenti que l'ensemble de la production sociale, fondée sur les capacités industrielles de production mondialisée, nous éloignait à ce point de nous-mêmes qu'il a fallu le grand retour de la mort en vrai pour nous faire prendre conscience des forces de la vie, et que du désir en nous n'était pas machinisable, ne serait plus machinisé.&quot; Sylvain Creuzevault.       <br />
              <br />
       Sur scène, cette collision entre pensées, sensations et informations donne la forme du désordre voulu par le metteur en scène dans le but de mieux rendre ce qui pourrait apparaître comme un chaos ou l'exploration d'un chaos chez Dostoïevski. On se retrouve finalement en face d'une totale théâtralité burlesque et frontale que nos âmes ont du mal à croire et à entendre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Grand Inquisiteur"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38888874.jpg?v=1601924569" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      D'après Fiodor Dostoïevski.       <br />
       Traduction : André Markowicz.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Sylvain Creuzevault.       <br />
       Avec : Nicolas Bouchaud, Sylvain Creuzevault, Servane Ducorps, Vladislav Galard, Arthur Igual, Sava Lolov, Frédéric Noaille, Blanche Ripoche, Sylvain Sounier        <br />
       Musiciens : Sylvaine Hélary, Antonin Rayon.       <br />
       Dramaturgie : Julien Allavena.       <br />
       Scénographie : Jean-Baptiste Bellon.       <br />
       Lumière : Vyara Stefanova.       <br />
       Création musique : Sylvaine Hélary et Antonin Rayon.       <br />
       Costumes : Gwendoline Bouget.       <br />
       Maquillage : Mityl Brimeur et Judith Scotto.       <br />
       Masques : Loïc Nébréda.       <br />
       Son : Michaël Schaller.       <br />
       Vidéo : Valentin Dabbadie.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 septembre au 18 octobre 2020.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h. Relâche dimanche 11 octobre.       <br />
       Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-odeon.eu/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38893657.jpg?v=1601966429" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/50354395-38888842.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Grand-Inquisiteur-De-la-brulante-clairvoyance-de-Fiodor-Dostoievski-faire-theatre_a2802.html</link>
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   <title>Un théâtre d'adolescents "déchainés" par Sylvain Creuzevault</title>
   <pubDate>Thu, 27 Jun 2019 09:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La classe des quatorze "apprentis comédiens" de l'école supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine, créée en 2007 dans la capitale girondine, présentait son projet de fin d'études triennales… et de "début de carrière". Sous l'impulsion de l'inclassable Sylvain Creuzevault, les jeunes comédiennes et comédiens animés par le désir fou d'en découdre ont été invités à s'emparer du roman-fleuve de Fédor Dostoïevski - "L'adolescent" - pour le mettre littéralement "en pièces".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35123928-31896807.jpg?v=1561623002" alt="Un théâtre d'adolescents "déchainés" par Sylvain Creuzevault" title="Un théâtre d'adolescents "déchainés" par Sylvain Creuzevault" />
     </div>
     <div>
      Une gageure en soi tant l'œuvre du romancier russe se présente comme un pavé où se croisent à l'envi et se recroisent des intrigues distribuées entre des personnages démultipliés par les déclinaisons de leur patronyme slave, le tout rendant l'œuvre originale particulièrement ardue vu le foisonnement des personnages et la complexité des liens qui les unissent. La mise en jeu rebattant les cartes de ce bouillon de culture aura-t-elle eu l'effet de démêler les nœuds de cet imbroglio de haut vol ? Rien n'est moins sûr mais l'essentiel est - à ne pas s'y tromper - ailleurs, pour peu que l'on accepte de se laisser (em)porter par la furie créative du maître ès mises en scène offrant en pâture à ces jeunes gens avides de quoi se faire les dents.       <br />
              <br />
       Retour sur saison… Le public bordelais avait été quelque peu bousculé en novembre dernier par ce même metteur en jeu, fougueux et iconoclaste, s'emparant - non sans exigence - des &quot;Démons&quot; de l'écrivain russe pour en extraire l'essence afin d'en proposer une adaptation libre des entraves classiques. La salle, enflammée par tant de hardiesse et de liberté sans retenue, s'était trouvée alors clivée entre les partisans de ce théâtre revisité, bousculant les codes habituels pour apporter un souffle pour le moins revigorant, et ceux qui avaient été un peu moins conquis par le bouillonnement incessant des trois heures (et plus) de représentations vécues un peu douloureusement.        <br />
              <br />
       Pourtant, la &quot;feuille anti-panique&quot;, fournissant le canevas des différents tableaux, remise aux spectateurs et commentée par Nicolas Bouchaud alias Stépane Verkhovenski, avait eu l'effet liminaire de détendre l'atmosphère tout comme l'ironie malicieuse de son commentaire &quot;ça part dans tous les sens, mais c'est fluide…&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35123928-31896816.jpg?v=1561623032" alt="Un théâtre d'adolescents "déchainés" par Sylvain Creuzevault" title="Un théâtre d'adolescents "déchainés" par Sylvain Creuzevault" />
     </div>
     <div>
      Une fois semble coutume puisque, là aussi, ce soir de sortie d'école, sommes-nous gratifiés d'une feuille adjointe au programme de salle où sont &quot;décomposés&quot; les différents tableaux de l'intrigue plurielle ainsi que la distribution des rôles… même si, dans la semi-obscurité, il peut se montrer hasardeux d'en prendre connaissance, happés par le jeu vertigineux se déployant sur le plateau éclairé. Mais là point de Nicolas Bouchaud pour faire passer l'annonce, nous restons donc avec notre papier en main… à l'image des personnages se refilant une mystérieuse lettre porteuse d'un sésame escompté.       <br />
              <br />
       De l'intrigue, on retiendra le parcours initiatique conduisant en quelques mois un adolescent intranquille et bâtard (Arkadi Dolgorouki) - né des amours illégitimes d'un aristocrate communard ruiné (Andreï Versilov, joué superbement par Sava Lolov accompagnant les jeunes acteurs) avec la jeune épouse (Sofia Dolgorouki) d'un vieux serf christique et charismatique (Makar Dolgourouki, endossé par Frédéric Leidgens, l'autre magistral &quot;accompagnant&quot;) - à se frotter à son père biologique et, avec lui et contre lui, à découvrir l'état de la Russie. Ainsi, en allant à Saint Pétersbourg à la rencontre de ce père naturel ignoré jusque-là, Arkadi va-t-il vivre l'expérience fondatrice attachée à la découverte de différents milieux sociaux.       <br />
              <br />
       En les traversant, il va certes se brûler les ailes mais aussi s'ouvrir les yeux : lui qui voulait dans une volonté de puissance &quot;devenir Rothschild&quot; pour savourer son pouvoir, va offrir l'occasion à Dostoïevski d'aborder ses thèmes de prédilection d'une jeunesse russe qui, tout en s'émancipant du régime autocratique des tsars, est emportée par un vent libertaire, se laissant tenter par les dérives du socialisme autoritaire, de l'athéisme, du rationalisme opposé à la foi, voire du nihilisme anarchiste, et séduire par des divertissements inconséquents. Immergé dans ces milieux bouillonnant d'idées et propices à l'éclosion, il s'adonnera au jeu et autres distractions oubliant son dessein premier. Ceci étant, il mûrira, et n'étant plus celui qu'il se rêvait d'être, il connaîtra le chant des sirènes, les blessures qui en résultent, autant d'expériences constructrices.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35123928-31896822.jpg?v=1561623061" alt="Un théâtre d'adolescents "déchainés" par Sylvain Creuzevault" title="Un théâtre d'adolescents "déchainés" par Sylvain Creuzevault" />
     </div>
     <div>
      L'action menée tambour battant - au rythme des sempiternels déplacements à vue de canapés marquant le passage d'un tableau à un autre - a le pouvoir au bas mot d'étourdir… En effet la profusion des situations s'enchaînant à allure &quot;supersonique&quot; peut créer un sentiment de confusion. Confusion amplifiée par l'usage quelque peu défaillant d'une sonorisation aléatoire de certains acteurs ayant du mal à projeter leur voix, pas toujours audible, et par le fait que - sortie de promotion oblige - un même rôle peut être endossé par trois acteurs/actrices différents (cf. le personnage d'Arkadi), de quoi en &quot;perdre son russe&quot;.       <br />
              <br />
       Cependant, ces &quot;difficultés&quot; à recevoir le texte peuvent être dépassées si l'on se rattache au fil rouge, lui clairement perceptible : la peinture d'une saga familiale représentative d'une histoire de la Russie vue au travers d'un écrivain visionnaire, réinterprété par un metteur en scène sans tabou. Et puis, à l'actif incontestable de cette forme &quot;dopée&quot;, la mise en jeu créative réserve de vraies pépites…       <br />
              <br />
       Il y a les deux (faux) suicides mis en scène de manière grandguignolesque (en écho à celui pétaradant de Krillova ou encore à celui de NiKolaï se pendant, faute de mieux, à la corde de la cloche de l'église dans &quot;Les Démons&quot;), dont l'effet humoristique est garanti. Ainsi la victime de potentielles malversations d'Andreï Versilov, le devant enduit de blanc de clown de la tête aux pieds, se tirera une balle dans la tempe avant de disparaître de dos dans les coulisses, dépouillé comme un ver.        <br />
              <br />
       Ainsi d'une jeune femme, prétendument abusée par le même Andreï Versilov, se donnant violemment la mort en se tranchant le cou, puis s'abattant de tout son long sur une poubelle couverte de couronnes de fleurs, avant de se relever, sereinement, le visage ensanglanté. Sylvain Creuzevault aime le mélange des genres considérant que le théâtre est une affaire trop sérieuse… pour être pris au sérieux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35123928-31896828.jpg?v=1561623087" alt="Un théâtre d'adolescents "déchainés" par Sylvain Creuzevault" title="Un théâtre d'adolescents "déchainés" par Sylvain Creuzevault" />
     </div>
     <div>
      Il y a l'inénarrable Maria (jouée par le très prometteur Alexandre Liberati, décidément très à l'aise dans tous les rôles lui allant comme un gant) qui, après avoir déboulé dans les travées de spectateurs pour commenter de leur place et à leur place &quot;le théâtre est un truc d'intellos. J'ai oublié le texte… On meuble… On meuble…&quot;, prend place derrière la vitre du salon pour, déguisée en femme de ménage, espionner &quot;mine de rien&quot; l'intrigante et diabolique Katérina afin d'informer Arkadi de son infortune amoureuse. Sulfureuse Katérina, fille du vieux prince Nikolaï Sokolski (incarné par Frédéric Leidgens), sorte de Mata Hari dotée de tous ses attributs, faisant tourner la tête du père naturel et de son bâtard de fils.       <br />
              <br />
       Il y a - jouée par le même Alexandre Liberati, très en verve - la tout en rondeurs Françoise Dolto, dos doté d'ailes d'ange, descendue expressément du ciel où elle réside dorénavant pour expliquer &quot;le complexe du homard&quot; (la psychanalyste évoquant très doctement les métamorphoses de l'adolescent se débarrassant de ses carapaces pour advenir à lui-même) à l'adolescent Arkadi, perdu au milieu des femmes de sa tribu familiale.       <br />
              <br />
       Il y a encore bien d'autres trouvailles dramaturgiques et scéniques qui dissipent les réserves pointées précédemment. In fine, on ne peut que saluer la grande ambition - une gageure, avancions-nous pour &quot;ouvrir&quot; le débat - de ce projet &quot;démoniaque&quot; eut égard à la richesse du roman source. Ainsi, initiés par un metteur en scène élisant la difficulté comme un aiguillon performatif, les quatorze jeunes comédiennes et comédiens de l'école supérieure du théâtre Bordeaux Aquitaine, accompagnés par deux de leurs aînés rompus à l'art dramatique, et confrontés à un challenge de très haut niveau, ont pu prendre pleinement la mesure des exigences d'un art n'admettant aucune approximation.       <br />
              <br />
       Dans cette optique, outre les bonheurs de mise en scène que nous ont réservés - à nous spectateurs gracieusement invités à cette célébration - ces &quot;Scènes d'adolescent&quot;, ce work in progress - c'en est un au regard des huit petites semaines, et encore incomplètes, de travail collectif - est porteur de beaux espoirs. Un baptême du feu explosif à souhait pour une expérience qui laissera des traces durablement positives.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Scènes d'Adolescent"</b></div>
     <div>
      D'après l'œuvre de Fédor Dostoïevski.       <br />
       Traduction française : André Markowicz (Éditions Actes Sud).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Sylvain Creuzevault.       <br />
       Avec les 14 élèves-comédiennes et comédiens de la promotion 4 de l'éstba : Louis Benmokhtar, Étienne Bories, Clémence Boucon, Zoé Briau, Marion Cadeau, Garance Degos, Camille Falbriard, Léopold Faurisson, Shanee Krön, Félix Lefebvre, Alexandre Liberati, Léo Namur, Mickaël Pelissier, Prune Ventura, accompagnés par Frédéric Leidgens et Sava Lolov.       <br />
       Régie plateau : Cyril Muller.       <br />
       Régie son : Jean-Christophe Chiron.       <br />
       Costumes : Kam Derbali.       <br />
       Régie lumière : Clarisse Bernez-Cambot Labarta et Denis Lamoliatte.       <br />
       Construction décors : Nicolas Brun et Franck Lesgourgues.       <br />
       Spectacle proposé dans le cadre du Festival Liberté ! Bordeaux 2019.        <br />
       Production École supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine, Production déléguée TnBA.       <br />
              <br />
       Spectacle créé le 19 juin 2019 au TnBA, Bordeaux.        <br />
       A été représenté les 19 et 20 juin 2019.        <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 26 au 28 juin à 19 h 30.</span>       <br />
       Ateliers Berthier/Odéon-Théâtre de l'Europe.       <br />
       Dans le cadre du Festival des écoles du Théâtre public-Théâtre de l'Aquarium.       <br />
              <br />
       À La Cartoucherie, Paris 12e avec le Théâtre de l'Aquarium, le Théâtre de l'Épée de Bois, l'Atelier de Paris CDCN et à l'Odéon Théâtre de l'Europe, Paris 6e.       <br />
       Réservations : 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.net</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/35123928-31896807.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-theatre-d-adolescents-dechaines-par-Sylvain-Creuzevault_a2448.html</link>
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