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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>"Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie</title>
   <pubDate>Mon, 14 Apr 2025 19:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Deuxième volet d'un diptyque, le chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui nous entraîne avec "Ihsane" à la fois dans un fait divers effroyable et aussi sur les traces de son père dans les paysages et déserts du Maghreb avec sa musique et ses couleurs, dans un esprit de tolérance et d'ouverture contre l'extrémisme mortifère et assassin.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87915880-62299139.jpg?v=1744655457" alt=""Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie" title=""Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie" />
     </div>
     <div>
      C'est une œuvre de Sidi Larbi Cherkaoui, à la tête du Ballet du Grand Théâtre de Genève, qui s'inscrit dans un contexte terrifiant, celui du lynchage homophobe d'Ihsane, belge de 32 ans d'origine marocaine en avril 2012 par quatre individus à la sortie d'une boîte gay. Il a été retrouvé mort une semaine après, victime de tortures et de traitements inhumains et dégradants.       <br />
               <br />
       &quot;Ihsane&quot; fait partie d'un diptyque composé aussi de &quot;Vlaemsch&quot; (2022) qui était dédié à sa mère. Le thème de cette création est aussi son père qu'il a perdu quand il était adolescent et de son rapport avec lui.       <br />
               <br />
       Nourri de ces deux contextes, le spectacle est ainsi une exploration de ce qui se rattache aux origines, à ce qui fait culture et identité. Et aussi à cet autre, la figure de l'étranger, à ce qui peut nous sembler si différent et pourtant si proche, à ce qui peut être aussi rejeté, voire haï, car sur lequel peut se greffer toute sorte de peurs et d'incompréhension.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87915880-62299141.jpg?v=1744655529" alt=""Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie" title=""Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie" />
     </div>
     <div>
      Aussi, c'est par un cours d'arabe que commence la représentation, à destination aussi du public, ouvrant une première porte, celle du langage, si présente dans cette création, afin de se relier à ce qui peut nous être étranger. Le spectacle est une invitation à l'autre, à un rapprochement de lui, comme source de richesses.       <br />
              <br />
       L'anglais et le français sont aussi adoptés dans certaines scènes, comme dans ce pas de deux avec une gestuelle tout en équilibre composée de bascules et de rotations amples accompagnées de paroles, comme si la danse devenait théâtre avec son verbe.       <br />
               <br />
       Le spectacle est découpé en différentes séquences dans une superbe scénographie. Celle-ci est très riche, et devient parfois un peu trop surchargée par la variété des tableaux. L'immersion est totale avec une géographie des lieux et une échelle du temps qui ne sont pas, à dessein, précisées. C'est un voyage dans lequel nous sommes conviés avec ses ambiances, ses intérieurs, ses paysages, ses chansons en arabe et sa musique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87915880-62299418.jpg?v=1744655562" alt=""Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie" title=""Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie" />
     </div>
     <div>
      En arrière-scène sont situés les musiciens Jasser Haj Youssef (viole d'amour), Gaël Cadoux (piano Rhodes), Yasamin Shahhosseini (Oud) et Gabriele Miracle Bragantini (percussion), ainsi que les chanteurs Fadia Tomb El-Hage et Mohammed El Arabi-Serghini.       <br />
               <br />
       Dans ces différents médias autant vocaux, musicaux, scénographiques que corporels, la grille artistique est plurielle avec un large spectre de tableaux et une construction de l'œuvre qui perd parfois de lisibilité avec quelques longueurs. La violence de certains d'entre eux est très marquée. Le lynchage d'Ihsane est restitué de même que son pendant amical et intime avec son duo composé d'une gestuelle souple, arrondie et aux touchers légers.       <br />
              <br />
       Pour le cours d'arabe, la parole fait place aussi à une chorégraphie basée sur une gestuelle des mains simulant presque un langage des signes, avec des figures géométriques angulaires des bras et un mouvement rotatif des coudes. Puis c'est au tour des corps de bouger.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87915880-62299533.jpg?v=1744655959" alt=""Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie" title=""Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie" />
     </div>
     <div>
      Il y a un mélange de catimini, de gravité, de violence, d'intimité, de camaraderie dans la scénographie. C'est un feu d'artifice de couleurs qui s'appuie sur une large gamme d'émotions. L'ensemble est très beau et respire de poésie avec les lumières, les couleurs, la musique et les gestiques. Les premières sont à la fois mates et colorées, avec des moments autant de fête, d'intimité que de violence et de solitude.       <br />
              <br />
       C'est un vaste spectre de passions humaines qui est montré avec son échelle de valeurs positives et négatives. La musique et les chants nous mènent vers un ailleurs afin de retrouver Ihsane, qui désigne en arabe un idéal de bonté, de gentillesse et de bienveillance. Bref, une tolérance et une ouverture d'esprit qui font un bien fou dans notre actualité bousculée sur ces sujets.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ihsane"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87915880-62299549.jpg?v=1744656016" alt=""Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie" title=""Ihsane"… Un vaste spectre de passions humaines… pour l'amour et la tolérance… contre la barbarie" />
     </div>
     <div>
      Ballet du Grand Théâtre de Genève/Eastman.       <br />
       Chorégraphie : Sidi Larbi Cherkaoui.       <br />
       Directeur général : Aviel Cahn.       <br />
       Directeur du Ballet : Sidi Larbi Cherkaoui.       <br />
       Scénographie : Amine Amharech.       <br />
       Lumières : Fabiana Piccioli.       <br />
       Musique : Jasser Haj Youssef.       <br />
       Costumes : Amine Bendriouich.       <br />
       Vidéo : Maxime Guislain.       <br />
       Chant : Fadia Tomb El-Hage, Mohammed El Arabi-Serghini.       <br />
       Dramaturge : El Arbi El-Harti.       <br />
       Sound design : Alexandre Dai Castaing.       <br />
       Directeur des répétitions : Manuel Renard.       <br />
       Assistants à la chorégraphie : Pascal Marty, Patrick Williams Seebacher (TwoFace).       <br />
       Musiciens : Jasser Haj Youssef (viole d'amour), Gaël Cadoux (piano Rhodes), Yasamin Shahhosseini (Oud), Gabriele Miracle Bragantini (percussion).       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>A eu lieu du 30 mars au 13 avril 2025 au Théâtre du Châtelet, 1, place du Châtelet, Paris 1er.</b>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Programme 1, du 30 mars au 6 avril 2025.</strong></span>       <br />
       "Ihsane" de Sidi Larbi Cherkaoui.       <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Programme 2, du 10 au 13 avril 2025.</strong></span>       <br />
       "Strong" de Sharon Eyal,       <br />
       "Busk" de Aszure Barton,       <br />
       "Boléro" de Damien Jalet &amp; Sidi Larbi Cherkaoui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87915880-62299139.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Ihsane-Un-vaste-spectre-de-passions-humaines-pour-l-amour-et-la-tolerance-contre-la-barbarie_a4194.html</link>
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   <title>"4D"… Duos avec brio</title>
   <pubDate>Tue, 20 Jul 2021 10:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui propose quatre duos dans une traversée artistique mêlant danse, musique et chant venant de la culture Séfarade, du Japon, de la Corée, en passant par la Syrie. La politique pointe aussi le bout de son nez.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57813976-42786310.jpg?v=1626772440" alt=""4D"… Duos avec brio" title=""4D"… Duos avec brio" />
     </div>
     <div>
      &quot;Matter&quot;, &quot;Pure&quot;, &quot;Sin&quot; et &quot;Faun&quot; sont un ensemble de duos dans lesquels viennent se rencontrer la danse, un film, de la musique et des chants. La thématique politique n'est pas non plus très loin et, au-delà de ce que Sidi Larbi Cherkaoui a voulu exprimer dans &quot;Matter&quot; sur les relations entre Est et Ouest, le film parachevant &quot;Sin&quot; exprime ouvertement un point de vue contre les travers du capitalisme.       <br />
              <br />
       Derrière ces chants et ces musiques, venus de Corée, du Japon, de Syrie et issus des populations Séfarades, qui sonnent comme des appels vers la découverte d'un ailleurs avec, parfois, une voix haut perchée, des violons se glissent pour accompagner des artistes aux mouvements étirés, aux membres allongés avec la plante des pieds bien ouverte au ciel.        <br />
              <br />
       Dans les trois premiers duos, les troncs s'épousent avec, pour &quot;Pure&quot;, une complicité presque de dépendance comme celle d'une ombre à son soleil. Un danseur devient, pour sa compagne, le vêtement qu'elle retire, la porte qu'elle ouvre, le talon de sa chaussure et le tapis de sol au sortir de son somme. Tel le reflet et l'écho de vingt-quatre heures de la vie d'une femme, l'un se transforme pour être complément de l'autre pour devenir sa partie et ce qui fait son identité et son quotidien. Puis le détachement opère avec une individualité qui s'en extrait, l'ombre devenant éclat pour exister par lui-même, s'exprimant et hurlant presque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57813976-42786316.jpg?v=1626772478" alt=""4D"… Duos avec brio" title=""4D"… Duos avec brio" />
     </div>
     <div>
      Selon les duos, des jeux de lumières blanches et noires apparaissent commandés par le toucher des danseurs sur les écrans. Des alternances de tons bleus, rouges, jamais fixes, souvent bougeant, voire clignotant, interviennent aussi. L'espace et les lumières forment un couple esthétique qui s'accapare un moment le pouvoir de la scène devenant pour celles-ci comme un acteur à part entière.       <br />
              <br />
       &quot;Matter&quot;, &quot;Pure&quot;, &quot;Sin&quot; et &quot;Faun&quot; sont différents et peuvent être, en dehors des thèmes qu'ils véhiculent, séparés en deux dans leur approche artistique. Dans la première, les corps sont souvent détachés l'un de l'autre avec, pour &quot;Matter&quot; et &quot;Sin&quot;, des mouvements souples et étendus. Les danseurs glissent l'un sur l'autre avec pour appui les mains, les membres inférieurs et supérieurs toujours allongés. Les mouvements sont lâches avec des centres de gravité ne se touchant pas comme indépendants l'un de l'autre. Chaque interprète existe au travers de son prochain comme pile et face d'une même pièce.       <br />
              <br />
       La seconde approche est dans une expression très proche des artistes, complice, presque fusionnelle. Ils deviennent humus l'un de l'autre, comme la même face d'une même pièce. Dans &quot;Faun&quot;, les mouvements sont repliés, presque ramassés. Les centres de gravité se rencontrent, les corps se touchent, s'enlacent, les troncs comme aimantés entre eux. Pour &quot;Sin&quot;, cela est animal et débute par un cri, perçant et presque comique. L'interprète est d'ailleurs habillé comme une araignée. Puis, ce sont des mots lâchés, lancés comme une colère revendicative qui s'exprime avec une pointe d'humour, le masque &quot;Covid&quot; devant la bouche.       <br />
              <br />
       C'est tout un univers artistique musical et dansé que propose Sidi Larbi Cherkaoui jouant des différentes gammes d'un art qui se nourrit d'origines et de lieux différents comme pour rappeler que le monde est monde grâce à ses différences. Un joli moment sur une jolie scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"4D"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57813976-42786322.jpg?v=1626772504" alt=""4D"… Duos avec brio" title=""4D"… Duos avec brio" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui       <br />
       Pour &quot;Sin&quot; en collaboration avec Damien Jalet.       <br />
       Assistant chorégraphe : Nienke Reehorst.       <br />
       Danseurs : Navala &quot;Niku&quot; Chaudhari, Damien Fournier, Kazutomi &quot;Tsuki&quot; Kozuki, James O'Hara, Daisy Phillips, Guro Nagelhus Schia, Vebjørn Sundby.       <br />
       Composition musicale : Patrizia Bovi, Gabriele Miracle, Mahabub Khan, Sattar Khan, Jacopo da Bologna, Claude Debussy, Nitin Sawhney.       <br />
       Musique additionnelle/musiques traditionnelles japonaise et coréenne (arrangements Tsubasa Hori, Woojae Park et Olga Wojciechowska)/musique traditionnelle séfarade et syrienne-orthodoxe/musique live : Patrizia Bovi, Tsubasa Hori, Mahabub Khan, Sattar Khan, Gabriele Miracle, Olga Wojciechowska.       <br />
       Lumières : Adam Carrée.       <br />
       Création sonore : Jens Drieghe.       <br />
       Création video : Paul Van Caudenberg.       <br />
       Création costumes : Frédérick Denis, Alexandra Gilbert, Sasa Kovacevic, Isabelle Lhoas, Hussein Chalayan, Elisabeth Kinn Svensson.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 8 au 11 juillet 2021 dans le cadre d'un &quot;Été à La Villette&quot;.</b>       <br />
              <br />
       Grande Halle de La Villette       <br />
       <a class="link" href="https://lavillette.com/programmation/1" target="_blank">&gt;&gt; lavillette.com/programmation</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57813976-42786310.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/4D-Duos-avec-brio_a3017.html</link>
  </item>

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   <title>Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique</title>
   <pubDate>Sun, 07 Jul 2019 09:53:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À la grande Halle de la Villette, Sidi Larbi Cherkaoui, accompagné du ballet royal de Flandre, a présenté deux de ses créations qui sont le prolongement l'une de l'autre dans une même thématique, celui du compagnonnage de la vie et de la mort.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35386773-32036698.jpg?v=1562487306" alt="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" title="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" />
     </div>
     <div>
      C'est un diptyque, autour de deux créations de Sidi Larbi Cherkaoui avec &quot;Memento Mori&quot; (2017) et &quot;Faun&quot; (2009). Autant la première est enrobée de clair-obscur dans lequel l'obscurité a pris le gouvernail, autant pour la seconde, la lumière balaye les planches en reine. L'une est noire, l'autre blanche. Les deux spectacles sont antinomiques dans leur scénographie mais gardent un axe commun, celui de la vie incarnée dans un pas de deux autant artistique qu'amoureux, et ce durant les deux chorégraphies.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Memento Mori&quot; (souviens-toi que tu vas mourir), expression latine séculaire, le couple est entouré d'interprètes qui passent de façon transversale le plateau avec énergie et en pas de deux, habillés de noir. Tout est mouvement, plus ou moins rapide, comme un flot avec une fixité au centre de la scène, celle de notre duo qui raconte une histoire d'amour, les gestes formant un récit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35386773-32036713.jpg?v=1562487340" alt="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" title="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" />
     </div>
     <div>
      Les amants apparaissent éclairés par une faible lumière qui prend petit à petit de l'intensité. Au-dessus d'eux, un ensemble de trois cercles lumineux de différentes tailles, entourés de matière, les plonge dans un halo protecteur. Les passages et danses de groupe symbolisent ceux des rives du Tartare. C'est une lutte, sans violence, entre Éros et Thanatos, comme si celui-ci pouvait embrasser son rival et l'étreindre.       <br />
              <br />
       Mais la vie reste stable, sûre d'elle, jamais inquiétée par ces déplacements, comme ceux de planètes autour d'une étoile. Elle est au milieu de ces corps portés, de ces pointes qui avancent en canon, de ces jambes qui se lèvent légèrement tendues où la danse classique, dans une tonalité sombre avec une musique un peu austère, presque de fiction, rejoint celle d'un temps futuriste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35386773-32036723.jpg?v=1562487502" alt="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" title="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" />
     </div>
     <div>
      Elle joue ses gammes avec sa gestuelle et donne aux visages de ces deux sœurs, pas aussi antagonistes qu'il y paraît, une gestique certaine nourrie de force… Car la mort fait partie de la vie. Pas de lutte, de combat entre elles dans la représentation. Elles ne se touchent pas, ne se voient pas, ne se calculent pas. Pour le pas de deux, ce sont des attitudes dansées dans lesquelles le corps reste souvent en équilibre.       <br />
              <br />
       Pour les déplacements scéniques, comme venus du royaume de Thanatos, des mouvements amples viennent presque réveiller cette noirceur quand le couple est dans des attitudes plus ramassées. C'est la légèreté habillée de sombre dans une scénographie un peu froide, à dessein, déchirée par un cri autour de virevoltes, comme un accent de danse latine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35386773-32036729.jpg?v=1562487538" alt="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" title="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" />
     </div>
     <div>
      &quot;Faun&quot; est librement inspiré de la pièce &quot;Après-midi d'un faune&quot; (1912) créé par Ninjinsky (1889-1950) sur une musique de Debussy (1862-1918). Un autre couple apparaît seul sur scène comme l'éclosion de deux graines, de deux êtres qui n'en font qu'un. L'un est avec l'autre, l'un est sur l'autre, l'un est à côté de l'autre. Presque repliés et légèrement allongés, ils sont au sol, troncs, pieds et jambes le caressant comme l'humus de leur rencontre. Le plateau est leur terre nourricière.        <br />
              <br />
       Leurs membres inférieurs prennent appui respectivement sur la plante des pieds de chacun d'eux. Les corps se touchent, les têtes se retrouvent au sol, les troncs côte à côte dans une chorégraphie où la danse classique perd quelque peu de sa hauteur pour faire de ce pas de deux un moment de fusion chaleureuse. Les danseurs sont liés l'un à l'autre aux membres supérieurs se tenant aux épaules pour tournoyer. Nous assistons presque à une naissance de deux êtres qui n'existent l'un que pour l'autre. L'un est le reflet de l'autre.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35386773-32036732.jpg?v=1562487579" alt="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" title="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" />
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      Ils prennent leur sève, leur force de cet appui au sol. Les corps, jambes appuyées sur les planches, reculent en tressaillant. La scène devient l'espace d'un instant une intimité, celui d'une naissance où ils se touchent pour ne jamais se séparer. Tout est douceur avec quelques vigueurs quand la taille est prise des deux mains pour qu'ils se retrouvent au même niveau. La luminosité baigne le plateau avec quelques arbres, une nature éparse dessinée en arrière-scène. Les interprètes se lient, se cherchent, peau contre peau, tronc contre tronc, comme pour s'apprivoiser.        <br />
              <br />
       &quot;Memento Mori&quot; est antinomique de &quot;Faun&quot;, comme thèse et antithèse d'un même thème qui est celle de la vie et de la mort, comme compagnons de route.
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     <div><b>"Memento Mori" et "Faun"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35386773-32036745.jpg?v=1562487609" alt="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" title="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" />
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     <div>
      <b>&quot;Memento Mori&quot;</b>       <br />
       Créé à Monaco le 19 juillet 2017.       <br />
       Chorégraphie : Sidi Larbi Cherkaoui.       <br />
       Scénographie : Amine Amharech.       <br />
       Costume : Jan-Jan Van Essche.       <br />
       Création lumières : Fabiana Piccioli.       <br />
       Musique : Woodkid.       <br />
       Assistants lumières et scénographie : Sander Loonen.       <br />
       Répétiteurs : Jason Kittelberger, Oscar Ramos.       <br />
              <br />
       <b>&quot;Faun&quot;</b>       <br />
       Créé à Londres au Sadler's Wells le 13 octobre 2009.       <br />
       Chorégraphie : Sidi Larbi Cherkaoui.       <br />
       Costumes : Hussein Chalayan.       <br />
       Scénographie et lumières : Adam Carrée.       <br />
       Musique : Nitin Sawhney, Claude Debussy (Prélude à l'après-midi d'un faune).       <br />
       Répétiteurs : James O'Hara, Yevgeniy Kolesnyk, Virginia Hendricksen.
     </div>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35386773-32036774.jpg?v=1562487960" alt="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" title="Memento Mori et Faun… L'au-delà du Classique" />
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     <div>
      Maître de ballet : Gabor Kapin, Olivier Patey, Joëlle Auspert.       <br />
       Danseurs : Nancy Osbaldeston, Juliet Burnett, Claudio Cangialosi, Matt Foley, Philippe Lens, Sébastien Tassin, Shelby Williams, Anastasia Paschali, Brent Daneels, Nini de Vet, James Waddell, Nicola Wills, Zoë Ashe-Browne, Viktor Banka, Morgana Cappellari, Anaïs De Caster, Daniel Domenech, Clàudia Gil Cabús, Mikio Kato, Arthur Louarti, Ruka Nakagawa, Nicha Rodboon, Aiko Tanaka, Lateef Williams, Robbie Moore, Joseph Kudra.       <br />
              <br />
       Directeur artistique : Sidi Larbi Cherkaoui.       <br />
       Directeur de la compagnie : Kiki Vervloessem.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <b>Memento Mori</b>       <br />
       Du 19 au 21 septembre 2019 : Cirque Royal de Bruxelles (Belgique).       <br />
              <br />
       <b>Faun</b>       <br />
       Du 19 au 21 septembre 2019 : Cirque Royal de Bruxelles (Belgique).       <br />
       28 et 29 octobre 2019 : Théâtre Royal Norwich (UK).       <br />
       1er et 2 novembre 2019 : Festival Theatre, Edinburgh (UK).       <br />
       12et 13 novembre 2019 : Hippodrome, Birmingham (UK).       <br />
       Du 18 au 23 novembre 2019 : Sadler's wells, Londres (UK).       <br />
       13au 15 et 17 mars 2020 : Theater 'T Eilandje, Anvers (Belgique).
     </div>
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