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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-21T21:59:04+02:00</dc:date>
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   <title>"Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !</title>
   <pubDate>Wed, 29 Mar 2023 06:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans un très beau mariage entre baroque et contemporain, Anne Teresa de Keersmaker poursuit sa recherche créative autour de la musique et de la danse. Accompagnée de la violoniste Amandine Beyer, elles reprennent l'œuvre, trop peu connue et superbe du compositeur austro-tchèque Biber, "Sonate du Rosaire", où se mêlent de la grâce, de la poésie et une force rythmique, à l'image des chorégraphies proposées.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71762955-49983479.jpg?v=1680027619" alt=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" title=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" />
     </div>
     <div>
      Noir sur scène avec une lumière qui caresse l'orchestre côté jardin où les musiciens du Gli Incogniti accompagnent la représentation avec &quot;Mystery Sonatas&quot; (≃1678) du violoniste et compositeur austro-tchèque Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704) autour du violon (Amandine Beyer), de la viole de Gambe (Baldomero Barciela Varela), de l'archiluth (Francesco Romano), du théorbe et de la guitare baroque (Ignacio Laguna Navarro), du clavecin et de l'orgue (Anna Fontana).       <br />
              <br />
       C'est l'œuvre la plus célèbre de son auteur. Elle est considérée comme exceptionnelle par sa richesse avec des sonates en modes majeur et mineur, en La, Sol, Ut et Ré, suivi par une passacaille dont les études en musicologie ne s'accordent pas à dire unanimement si elle en fait intégralement partie ou si elle en est un ajout. La représentation se finit superbement par celle-ci avec, au violon en solo, Amandine Beyer. Anne Teresa de Keersmaker travaille toujours ses créations dans des alliances musicales et chorégraphiques toujours surprenantes. Prenant un chef-d'œuvre de l'art baroque avec Amandine Beyer, elle en insère aussi deux interludes de musique électronique très rythmés de quelques minutes dans lesquels les chorégraphies gardent leur gestuelle, le mouvement pouvant être porté par tout type de tempo. Ce qui compte est l'allure prise par celui-ci et son intensité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71762955-49983484.jpg?v=1680027659" alt=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" title=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" />
     </div>
     <div>
      Le spectacle est découpé en quinze tableaux que Biber a voulu scinder telle qu'elle pour faire correspondre les quinze façons d'accorder le violon que l'on retrouve tout au long, en français dans le texte, des sonates des Mystères (appelées aussi &quot;Sonate du Rosaire&quot;). Celles-ci représentent les quinze Mystères sacrés de la vie de la Vierge Marie. Avant chacun de ces différents tableaux, sur fond noir, apparaissent des dénominations telles que &quot;Joy&quot;, &quot;Sorrow&quot;, &quot;VIII&quot; et d'autres chiffres romains, avec à chaque fois, une clé de Fa et l'accord du violon joué. Le génial Biber utilise aussi le scordatura, technique de jeu &quot;désaccordé&quot;, avec une ou plusieurs cordes du violon augmentées ou diminuées.       <br />
              <br />
       C'est vif, mêlé de grâce, de légèreté et à chaque fois très physique. La danse oscille entre ces différentes tensions dans des configurations gestuelles où les mouvements sont moteurs. Aucune fixité. Les déplacements sont aussi l'énergie motrice et donnent du volume aux chorégraphies, voire une intensité. Ils en sont la dynamique et laissent voir une trajectoire physique et assignée, comme en écho au cadre religieux dans lequel le spectacle s'inscrit. À plusieurs reprises, et à tour de rôle, la main d'un danseur se tend, ouvrant la paume et tel un aiguillon, se dirige sur scène. Même si celui-ci est aux commandes, sa main est ce qui l'amène d'un point A à un point B, comme guidé par lui-même ou une force extérieure qui le porte. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71762955-49983590.jpg?v=1680027758" alt=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" title=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" />
     </div>
     <div>
      À droite, à gauche, bifurquant, en diagonale, bien sur ses appuis, chaque interprète prend l'espace comme lieu d'expression. On avance sans tâtonnement, sûr d'aller dans la bonne direction. Les gestiques sont souvent courbes, les angles droits ignorés. Alternant dans des solos ou dans des danses à plusieurs, l'artiste devient l'incarnation d'une identité individuelle ou de celle d'un groupe. Existant par lui-même, ignorant presque la présence de l'autre, il en devient toutefois un élément différent avec la présence des autres comme faisant partie d'un ensemble qui exprime une autre vérité corporelle, plus vaste, plus volumineuse par rapport aux solos où le corps existe dans ses respirations, presque sa souffrance. On y entend celles-là de façon très caractéristique, avec une fatigue qui va, parfois, jusqu'au dernier souffle comme avec Sophia Dinkel et José Paulo Dos Santos.       <br />
              <br />
       Nous sommes toujours dans une élégance coiffée de gestique très physique. Les bras se lèvent pour aller chercher un appui en replongeant ensuite vers le bas quand les jambes font des mouvements où le plat du pied se lève pour aller vers la droite ou la gauche. Puis ce sont de grandes bascules qui sont effectuées avec les membres inférieurs et supérieurs tout en s'allongeant dans les airs. On court et on marche parfois dans une allure assez vive. La scène est prise dans sa totalité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71762955-49983600.jpg?v=1680027806" alt=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" title=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" />
     </div>
     <div>
      À tour de rôle, sur une sonate en son entier, un solo est effectué par chacun des artistes. Ce qui se remarque est cette gestique commune à chacun d'entre eux durant toute la représentation. La dernière séquence montre une danse plus relâchée où les déplacements priment beaucoup plus avec une fois, pendant quelques secondes, le groupe des six danseurs prend une pause avec, entre autres, une tête qui frôle une joue ou un bras en appui d'un autre. La pause est dans une poétique fixe qui ressemble à un tableau.       <br />
              <br />
       Depuis ses premières créations, Keersmaker s'appuie sur la musique en montrant que le mouvement est associé à lui, bien qu'il puisse aussi en être autonome. La partition devient le lieu scripturaire des gestiques. Il y a trois types de gestuelles qui se détachent, le premier souple et ample, le deuxième plus concentré et nu, le dernier plus enjoué avec les interprètes qui courent sur toute la scène dans un mouvement de va-et-vient qui fait rupture.       <br />
              <br />
       Cette œuvre est dédiée aux grandes figures de femmes que sont Rosa Bonheur, Rosa Parks, Rosa Luxemburg, Rosa Vergaelen ainsi que Rosa, jeune activiste pour le climat, âgée de 15 ans, et décédée pendant les inondations de 2021 en Belgique.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mystery Sonatas"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71762955-49983759.jpg?v=1680028834" alt=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" title=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" />
     </div>
     <div>
      Création : Anne Teresa De Keersmaeker et Amandine Beyer.       <br />
       Chorégraphie : Anne Teresa De Keersmaeker.       <br />
       Musique : Mystery Sonatas (Heinrich Ignaz Franz Biber).       <br />
       Direction musicale : Amandine Beyer.       <br />
       Avec : Cintia Sebők, Laura Maria Poletti, Mariana Miranda, Sophia Dinkel, Frank Gizycki, Jacob Storer, José Paulo dos Santos, Lav Crnčević, Mamadou Wagué, Rafa Galdino.       <br />
       Scénographie et lumières : Minna Tiikkainen.       <br />
       Costumes : Fauve Ryckebusch.       <br />
       Et les musiciens du Gli Incogniti.       <br />
       Violon : Amandine Beyer.       <br />
       Viole de gambe : Baldomero Barciela Varela.       <br />
       Théorbe et guitare baroque : Ignacio Laguna Navarro.       <br />
       Archiluth : Francesco Romano.       <br />
       Clavecin et orgue : Anna Fontana.       <br />
       Production : Rosas.       <br />
       Durée : 2 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71762955-49983768.jpg?v=1680028866" alt=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" title=""Mystery sonatas"… Baroque et surprenant !" />
     </div>
     <div>
      <b>Les représentations se sont déroulées du 22 au 25 mars 2023 au Théâtre du Châtelet.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">31 mars 2023 :</span> Cité musicale, Metz (57).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/71762955-49983479.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Mystery-sonatas-Baroque-et-surprenant-_a3542.html</link>
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   <title>"Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte</title>
   <pubDate>Thu, 22 Jul 2021 08:57:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le festival "Les beaux jours" se déroule du 7 juin au 24 juillet au Nouveau Théâtre de Montreuil. "Noire" en fait partie et raconte l'acte de Claudette Colvin, très jeune militante qui a refusé de laisser sa place à une personne blanche dans un bus avant même Rosa Parks. Autour de cette pièce déclinée graphiquement, est revécue une lutte avec une héroïne oubliée par l'histoire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57851383-42810574.jpg?v=1626938397" alt=""Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte" title=""Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte" />
     </div>
     <div>
      Claudette Colvin… ce nom ne vous dit vraisemblablement rien. C'est une adolescente noire de quinze ans qui a bousculé et fait changer les lois raciales des États-Unis d'Amérique en refusant de céder sa place à une personne blanche dans le bus le 2 mars 1955. C'était avant Rosa Parks (1913-2005) qui avait pris et fait et cause pour Claudette Colvin en la faisant aider par un avocat. Elle s'en souviendra neuf mois plus tard, le 1er décembre 1955, en faisant la même chose et qui aura des répercussions historiques beaucoup plus notoires.       <br />
              <br />
       Elle fut jugée au tribunal pour enfants le 18 mars 1955 et envoyée en prison. Un autre procès appelé &quot;Browder versus Gayle&quot; eut lieu le 11 mai 1956 avec Claudette Colvin et quatre autres femmes de couleur pour lutter contre la ségrégation dans les bus de Montgomery. Le procès fut gagné, deux juges fédéraux sur trois considérant la ségrégation dans les bus en Alabama comme inconstitutionnelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57851383-42810578.jpg?v=1626938433" alt=""Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte" title=""Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte" />
     </div>
     <div>
      L'Histoire oublie les précurseurs parfois. Sans doute trop black avec des cheveux qu'elle ne veut pas lisser comme nombre d'Afro-américains, pas assez religieuse aux yeux de certains ou trop pauvre selon certains historiens. Puis, le fait d'avoir eu un enfant à seize ans, avec une relation non consentie selon elle, la fait renvoyer de son école. Elle ne pouvait pas être emblématique pour certains leaders politiques afin de symboliser cette lutte.       <br />
              <br />
       &quot;Désormais vous êtes noirs&quot;… C'est par ces mots, dès le début de la pièce, qu'est convié le public pour qu'il essaie de ressentir l'oppression, le mépris dont sont victimes les Afro-américains, avec quelques rappels à la réalité &quot;Vous suivez toujours ?&quot;, l'époque semblant d'un autre âge, sans naïveté toutefois, avec un apartheid qui ne disait pas son nom. L'auteure Tania de Montaigne invite ainsi le public à être spect-acteur.       <br />
              <br />
       Lumière sur un tableau blanc en fond de scène sur laquelle, visibles par le biais d'une petite caméra située en plongée d'une longue table côté cour, sont exécutés des dessins pendant la représentation ou exposés des images, des photos, des livres, témoins de l'époque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57851383-42810595.jpg?v=1626938535" alt=""Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte" title=""Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte" />
     </div>
     <div>
      Il y a un va-et-vient entre ce graphisme et le jeu théâtral. Sophie Richelieu est plusieurs personnages, mimant leurs voix et leurs dégaines comme celle d'un juge, d'un policier, d'un leader politique, de Claudette Colvin, d'un chauffeur de bus ou d'un passager blanc. Les faits sont imagés via des dessins de Charlotte Melly figurant, par exemple, le bus avec ses sièges et sa politique ségrégationniste. Pour éviter qu'un blanc ne se retrouve debout, toute une rangée de personnes noires, au nombre de quatre, doit se lever pour lui laisser sa place. Pas de mélange.       <br />
              <br />
       Le mariage entre dessins, photos, musique, chant et narration donne une densité artistique à plusieurs entrées très intéressantes à cette création car différents chemins artistiques l'y amènent. C'est intelligemment bien mené. Par ces biais qui donnent un timbre émotionnel de très bel acabit, la mise en scène de Lucie Nicolas facilite la lecture de cette pièce.       <br />
              <br />
       Aujourd'hui, Claudette Colvin a quatre-vingt-un ans. Une rue à Montgomery porte son nom et, depuis 2017, le maire de Montgomery de l'époque, Todd Strange, a déclaré que le 2 mars de chaque année sera le &quot;Claudette Colvin day&quot;, une journée consacrée à sa mémoire. Soixante ans après, les historiens redécouvrent l'action héroïque d'une adolescente de quinze ans face aux lois raciales et ségrégationnistes de la plus grande puissance militaire et économique au monde. Le courage n'a pas d'âge et sait rester humble.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Noire"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57851383-42810618.jpg?v=1626938648" alt=""Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte" title=""Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;Noire : La vie méconnue de Claudette Colvin&quot; de Tania de Montaigne.       <br />
       Adaptation : Lucie Nicolas, Charlotte Melly.       <br />
       Mise en scène : Lucie Nicolas.       <br />
       Avec : Charlotte Melly (dessin en direct et manipulation) et Sophie Richelieu (jeu et chant).       <br />
       Collaboration artistique : collectif F71.       <br />
       Scénographie : Charlotte Melly.       <br />
       Création lumière : Laurence Magnée.       <br />
       Musique, son : Fred Costa.       <br />
       Construction : Max Potiron.       <br />
       Collaboration vidéo : Sébastien Sidaner.       <br />
       Par le Collectif F71.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 23 juillet 2021.</span>       <br />
       Mardi, mercredi et jeudi à 20 h, vendredi à 15 h.       <br />
       Nouveau Théâtre de Montreuil, Salle Jean-Pierre Vernant, Montreuil (93), 01 48 70 48 90.       <br />
              <br />
       <b>Festival &quot;Les beaux jours&quot;</b>       <br />
       Du 7 juin au 24 juillet 2021.       <br />
       <a class="link" href="https://www.nouveau-theatre-montreuil.com/fr/programme/Les-beaux-jours/les-beaux-jours1" target="_blank">&gt;&gt; nouveau-theatre-montreuil.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57851383-42810627.jpg?v=1626938705" alt=""Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte" title=""Noire"… Héroïne avant l'heure d'une lutte pas encore complètement éteinte" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57851383-42810574.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Noire-Heroine-avant-l-heure-d-une-lutte-pas-encore-completement-eteinte_a3023.html</link>
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   <title>"Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste</title>
   <pubDate>Thu, 14 Nov 2019 15:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ce nom oublié - les leaders noirs antiségrégationnistes, craintifs face au pouvoir blanc, ont préféré retenir celui de sa respectable aînée, Rosa Parks - fut pourtant à l'origine du séisme du 2 mars 1955, lorsque dans le bus de 14 h 30, à Montgomery, dans l'Alabama, cet État du Sud des États-Unis, Claudette Colvin refusa de céder sa place à un passager blanc. Elle avait alors 15 ans. Sur la scène, c'est le parcours de cette adolescente qui va être revécu, pas à pas, l'assemblée de spectateurs étant invitée à devenir elle-même "noire" pour s'approprier l'Histoire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39519278-33986228.jpg?v=1573744847" alt=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" title=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" />
     </div>
     <div>
      Aux heures tristes où des pyromanes faisant profession de politique instrumentalisent les couleurs de peau et/ou appartenances sociales ou religieuses pour remettre sur le feu les questions identitaires - brandies non comme un creuset du vivre ensemble mais comme l'injonction d'une assimilation à la loi suprême du dominant -, le retour à l'Histoire par le biais d'une histoire &quot;ordinaire&quot; apparaît une urgence. Et lorsqu'il prend pour support un dispositif ingénieux animé par deux comédiennes engagées dans leur art, on en est doublement comblés.       <br />
              <br />
       D'emblée l'adresse faite au public - <span style="font-style:italic">&quot;prenez une profonde inspiration et suivez-moi, soufflez et suivez ma voix, désormais, vous êtes noir, un noir de l'Alabama dans les années cinquante&quot;</span> - par Sophie Richelieu, ancienne élève de l'Estba elle-même noire, introduit à l'expérience d'un théâtre immersif propre à se projeter. Interprétant avec grande conviction les personnages de cette histoire de la violence faite aux noirs un siècle après l'abolition de l'esclavage, elle déborde d'énergie communicative et de créativité bouleversante tant dans le jeu que le chant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39519278-33986290.jpg?v=1573744880" alt=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" title=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" />
     </div>
     <div>
      Interprétant pêle-mêle les policiers chargés de faire respecter les lois iniques &quot;Jim Crow&quot; fixant arbitrairement la ligne de partage entre blancs et noirs dans les bus, les écoles, les hôpitaux, les salles de spectacle, les restaurants (bref sur l'étendue du territoire), le juge devant qui l'affaire sera portée, le maire blanc de Montgomery (enflure politicienne), et les autres femmes militantes, Jo Ann Gibson Robinson et Rosa Parks, par qui le boycott de bus par les Afro-Américains changera le cours des droits civiques, elle fait aussi entendre de sa voix chaude la musique des chants noirs porteurs d'une révolte vivifiante.       <br />
              <br />
       S'articulant à son jeu, sa complice blanche Charlotte Melly lui offre la scénographie en train de se construire comme un roman graphique. Debout derrière une table, &quot;armée&quot; de feutres, pinceaux et encres de chine, elle réifie avec brio les personnages et leur décor, mêlant les vues des champs cotonniers des exploitations sudistes ou celle de noirs pendus se faisant face. Une caméra filme et projette sur grand écran le décor en cours de réalisation, écran qui se prolonge au sol comme pour ménager une marche entre l'histoire racontée et le commentaire présent. L'effet de réel est bluffant : le temps aboli, la ségrégation fait irruption dans notre réalité.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39519278-33986318.jpg?v=1573745397" alt=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" title=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" />
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      Ainsi, lorsque l'actrice &quot;écrit&quot; rageusement avec son micro utilisé comme stylet les majuscules sonores de NOIRE - peintes par sa complice -, un choc vibratoire parcourt la salle pour inscrire dans les corps la négritude violentée. Les photos qui suivent, exhibant les multiples pancartes discriminatoires (Rest Rooms Colored/White ; We Serve White's Only No Spanish or Mexicans, etc.), accentuent l'immersion dans l'univers quotidien d'un noir de l'Alabama ségrégationniste, devenant nôtre, comme nous devenons &quot;noirs de Montgomery&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Séparés mais égaux&quot;, telle était l'exorbitante hypocrisie des blancs dominants pour faire accepter aux noirs l'impensable ségrégationniste. Mimant théâtralement les postures à adopter dans les bus pour se cantonner à la place qui leur était assignée (à l'arrière, et si seulement un blanc ne venait pas occuper l'un des sièges de la rangée), l'actrice se lance dans une suite épuisante de &quot;assis debout assis debout assis debout&quot;. Jusqu'aux rêves des enfants noirs - se réveiller blancs - qui portaient la trace de l'infamie vécue dans la chair et l'âme.       <br />
              <br />
       Alors, lorsque au terme de cette histoire véridique d'une jeune fille anonyme et rebelle, jugée peu exemplaire aux yeux mêmes des mâles noirs (elle sera enceinte d'un homme marié, ce qui déplaît fort à la communauté noire religieuse, choquée dans ses convictions puritaines empruntées aux blancs), le mouvement de boycott des bus de la ville orchestré par des figures féminines (et un jeune pasteur inconnu répondant au nom de Martin Luther King) se traduira par les tracts manuscrits jetés à la volée, ouvrant la voie à la fin - officielle - de la ségrégation, on se dit que l'exemple de Claudette Colvin est présentement à méditer…       <br />
              <br />
       Question de couleurs… du noir au jaune, la désobéissance civile ouvreuse de droits, prônée dès 1849 par un certain Henry David Thoreau vent debout contre l'esclavage des noirs, serait-elle l'apanage d'héroïnes anonymes ?
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     <div><b>"Noire"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39519278-33986433.jpg?v=1573745435" alt=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" title=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" />
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      D'après &quot;Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin&quot; de Tania de Montaigne (Éditions Grasset, 2015, prix Simone Veil).       <br />
       Adaptation : Lucie Nicolas et Charlotte Melly.       <br />
       Mise en scène : Lucie Nicolas.       <br />
       Collaboration artistique : collectif F71.       <br />
       Avec : Sophie Richelieu (jeu et chant) et Charlotte Melly (dessin en direct et manipulation).       <br />
       Scénographie et dispositif vidéo : Charlotte Melly.       <br />
       Création lumière : Laurence Magnée.       <br />
       Musique et son : Fred Costa.       <br />
       Construction décors : Max Potiron.       <br />
       Collaboration dispositif vidéo : Sébastien Sidaner.       <br />
       Régie générale et lumière : Emeric Teste et Coralie Pacreau (en alternance).       <br />
       Régie son : Clément Roussillat et Lucas Chasseré (en alternance).       <br />
       Stagiaire en dramaturgie : Pauline Allier-Carolo.       <br />
       Administration de production : Gwendoline Langlois.       <br />
       Production : La Concordance des Temps/collectif F71.       <br />
       Spectacle tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39519278-33986445.jpg?v=1573745478" alt=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" title=""Noire" Claudette Colvin, une adolescente ordinaire dans l'Amérique ségrégationniste" />
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      <span class="fluo_jaune">Du 5 au 16 novembre 2019.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 19 h.       <br />
       TnBA - Studio de création, Bordeaux, 05 56 33 36 80.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>
     </div>
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   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/39519278-33986228.jpg</photo:imgsrc>
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