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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-10T18:17:45+02:00</dc:date>
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   <title>"La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie</title>
   <pubDate>Tue, 23 Dec 2025 07:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Fay ce que vouldras", inscrit au frontispice de l'Abbaye de Thélème – "désir" en grec – de l'humaniste François Rabelais, propulsait à La Renaissance l'utopie du désir comme règle incontournable de la communauté d'un certain Gargantua. Depuis les eaux de la Garonne ont coulé sous le Pont de Pierre jusqu'à ce que deux artistes associées à la scène comme dans la vie – les fabuleuses "sales connes" Sandra Calderan et Rébecca Chaillon – recomposent une maison sans murs régie par les lois enivrantes du désir. Non une bauge de mœurs dites dissolues, mais un lieu exaltant ouvert sur la vraie vie, un phalanstère offrant le baume d'existences désincarcérées des injonctions de tous poils.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93321765-65259648.jpg?v=1766394548" alt=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" title=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" />
     </div>
     <div>
      Les Avant-Postes, en lien étroit avec le tnba (Théâtre national de Bordeaux Aquitaine), nous invitent à franchir le seuil de leur théâtre niché au cœur du quartier Saint-Michel de Bordeaux pour rencontrer la nouvelle création de l'autrice, metteuse en scène et interprète de &quot;Carte noire nommée désir&quot;. Dans cette forme intimiste – éloignée de celle spectaculaire pour huit actrices noires ayant défrayé la chronique du Festival IN d'Avignon 2023, tant la pertinence impertinente de son propos était sans appel – l'expression joyeuse est de mise, mâtinée d'une touche savoureuse de complicité avec le public pris pour allié.       <br />
              <br />
       Après un prélude savoureux où la voix off de Rébecca parodie la présentation sirupeuse d'une quelconque série – <span style="font-style:italic">&quot;Tout est calme… Les lois de la nature sont respectées… La Sainte Famille se reproduit… Rien ne bouge… Tout est sous contrôle&quot;</span> – les enjeux sont précisés sous une forme à forte connotation humoristique… <span style="font-style:italic">&quot;Mais Sandra rêve de créer une gouineraie. Elle rêve que Rébecca la rejoigne ; mais elle a théâtre…&quot;.</span> Le ton est donné et l'arrivée improbable des deux gouines sur un attelage de tracteur tout droit extrait d'un catalogue de Jouéclub confirme que ce soir on ne va pas être à court de surprises décalées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93321765-65259734.jpg?v=1766394797" alt=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" title=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, pendant que Sandra – la gouine des champs – s'affairera à la construction d'étagères pour accueillir Rébecca – sa bienaimée d'un 50 m² parisien –, l'extravagante gouine des villes, revêtue d'une robe motif peau de vache, rehaussée d'un vert à lèvres et de boucles d'oreille que &quot;La Vache qui rit&quot; aurait enviées, va s'employer à défaire ses cartons étiquetés &quot;Fleurs, Plants de gouines&quot;, tout en faisant crier à tue-tête, sur un électrophone vintage, un 33 tours de Joe Dassin. Très vite, elle troquera sa robe pour une chemise (trop courte) de Sandra, dévoilant là son imposant fessier n'ayant d'égal en dimensions que celui de son QI imposant…       <br />
              <br />
       Juchée en haut d'un escabeau offrant une perspective de premier plan sur les arrières de sa généreuse anatomie exhibée avec fierté, Rébecca s'emploiera longuement, très longuement, à enduire le mur de colle afin d'y apposer des lés de tapisserie échouant dans la salle… reliée ainsi au plateau pour &quot;faire communauté&quot;. L'opération dure, dure, jusqu'à créer un sentiment d'ennui vite réévalué… Et s'il s'agissait là d'un sas offert pour se déconditionner de nos existences réglées comme du papier à musique, nous corsetant dans un temps qui n'est pas le nôtre, mais celui d'une société consumériste faisant profit de nos vies ?       <br />
              <br />
       Les prises de paroles – à résonances poétiques et politiques – autant de Rébecca que de Sandra au micro mettront magistralement en abyme l'humour assumé de la représentation scénique et la profondeur de la réflexion induite par les choix humanistes de ces deux femmes hors normes. Promouvant une liberté incluant leurs sœurs et frères humains sans distinction de genre, de couleur de peau ou autres différences à relents identitaires, elles apparaissent comme les adeptes (généreuses et modestes…) d'un art de vivre expurgé de tous diktats, que ce soient ceux imposés par un patriarcat gardien immémorial d'un ordre inique ou ceux, plus branchés, d'injonctions new-âge porteuses dans leurs plis séduisants de dérives liberticides.       <br />
              <br />
       Sandra disposant religieusement des vierges de plastique autour d'une église miniature et s'aspergeant d'eau bénite à sa sauce, Rébecca s'enduisant le corps entier de colle avant d'y apposer des morceaux de tapisserie la faisant se confondre magnifiquement avec le décor, ou encore Rébecca recevant entre ses cuisses puissantes le collier trophée tête de cerf offert en cadeau par sa compagne… Autant de péripéties surréalistes au service d'une cause elle bien réelle : seule une maison bancale et bruyante, composée de pièces qui s'enfilent, et peuplée de visiteuses et visiteurs de tous genres – &quot;les brebis égarées de l'hétérosexualité&quot; sont conviées, elles aussi – est de nature à combler le besoin vital de désirs authentiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93321765-65259737.jpg?v=1766394874" alt=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" title=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" />
     </div>
     <div>
      Des confidences de l'une et de l'autre se succéderont, confidences où il sera question sans fard – avec parfois gravité et souvent humour – de leur parcours personnel marqué par les heurs et malheurs d'existences vécues pleinement. Comment l'une a eu affaire à un père afro-américain policier gueulard, comment l'autre issue d'une classe moyenne conforme sous tous rapports est devenue une &quot;lesbienne à gosses&quot; (qu'elle aime)… Il ressortira de leurs témoignages – en plagiant Pierre Bourdieu – que &quot;la vie est un sport de combat&quot;. Et même si son issue est par avance connue, la seule option offerte est de mener cette traversée terrestre en accord avec nos désirs profonds.       <br />
              <br />
       Quant à la chute – à découvrir ! –, elle constitue, au-delà de la tendresse palpable, un tableau de maître(sses)… à ne pas mettre peut-être (ou si justement !) sous les yeux des unes et des uns coincés du cul… Vivre sans temps mort, vivre ses désirs dans le respect du consentement… Mantra précieux d'un théâtre généreux mettant en jeu – avec intelligence, finesse et humour débridé – &quot;le dur désir&quot; (Paul Éluard)… d'être.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 12 décembre 2025 aux &quot;Avant-Postes&quot;, en relation avec le tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Gouineraie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93321765-65259738.jpg?v=1766394828" alt=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" title=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Sandra Calderan et Rébecca Chaillon, artiste associée au tnba.       <br />
       Mise en scène : Sandra Calderan et Rébecca Chaillon.       <br />
       Avec : Sandra Calderan et Rébecca Chaillon.       <br />
       Régies : Suzanne Péchenart.       <br />
       Collaboration artistique et aide à la dramaturgie : Céline Champinot.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Camille Riquier.       <br />
       Traduction, surtitrage : Lisa Wegener.       <br />
       Déconseillé aux moins de 15 ans.       <br />
       Compagnie des Hauts Parleurs et Compagnie dans le Ventre.       <br />
       Durée version française : 1 h 40.       <br />
       Durée version avec surtitres : 1 h 50.       <br />
       Contient des scènes de nudité.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 9 au 13 décembre 2025 aux &quot;Avant-Postes&quot; de Bordeaux, en collaboration avec le tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 12 au 21 mars 2026 : T2G, Gennevilliers (92).       <br />
       Du 25 au 28 mars 2026 : Théâtre Sorano, Toulouse (31).       <br />
       Spectacle disponible en tournée sur la saison 26/27.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93321765-65259648.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Gouineraie-Une-maison-sans-murs-avec-un-toi-un-moi-et-un-nous-s-en-donnant-a-corps-joie_a4434.html</link>
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   <title>•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?</title>
   <pubDate>Tue, 25 Jul 2023 13:01:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sur le plateau, huit performeuses adeptes des beaux-arts, du cirque, de l'art lyrique ou encore du théâtre. De toutes générations, de toutes morphologies et d'origines différentes, sociales ou géographiques. Ce qui les réunit au-delà de leur couleur de peau métisse ou ébène, c'est leur désir – cristallisé par Rébecca Chaillon, metteuse en scène afro-militante – de faire éclater le carcan des représentations que le blanc dominant véhicule à leur égard, représentations qui les enferment par un effet boomerang là où elles ne sont décidément pas.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651246.jpg?v=1690284726" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Une annonce, diffusée au micro à intervalles réguliers, accueille avec humour les spectateurs avant leur entrée en salle : <span style="font-style:italic">&quot;Des canapés, réservés aux femmes noires et métisses ou autres personnes trans non binaires ayant un vécu matériel de femme, vous attendent de l'autre côté du plateau, si vous le désirez… Adressez-vous à notre hôtesse, une vingtaine de places sont disponibles. Et si vous êtes accompagnée de personnes ne répondant pas aux critères ci-dessus, la séparation de quelques heures pourrait vous réserver le plaisir de les retrouver…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Deux femmes occupent le plateau bien avant que ne débute la représentation ou, plus exactement, elle débute dans ce que l'on pourrait appeler &quot;les coulisses&quot;, là où ces femmes &quot;invisibles&quot; travaillent habituellement. L'une, à quatre pattes, s'échine à nettoyer le sol, avec une serpillère d'abord, tâche pénible et répétitive qui mobilise toute son énergie. Une autre, attelée à son tour de potière, s'applique à réaliser des tasses.       <br />
              <br />
       Pendant un temps qui paraît ne jamais devoir s'achever, alors que, dans la salle, l'obscurité s'est faite depuis près d'un quart d'heure, on assistera à la même tâche répétée sans répit, comme si on avait voulu nous transmettre l'ennui implacable généré par la répétition des gestes de nettoyage, ceux que les invisibles, à l'instar de l'actrice, effectuent des jours, des mois, des années durant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651280.jpg?v=1690284763" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      L'âpreté de la besogne est si grande que la performeuse finira par se défaire de ses vêtements pour les utiliser comme serpillère, payant ainsi de son corps, allant même jusqu'à se servir de lui comme ultime guenille. L'artiste potière viendra à son secours pour la laver très longuement (de cet affront) et prendre soin d'elle afin qu'elle reprenne allure humaine.       <br />
              <br />
       Et lorsque, sa charlotte retirée libérera ses magnifiques rastas, qu'elle aura recouvré la vue, assise fièrement nue comme une magnifique Vénus dont les dreadlocks ont été augmentées par les cordes tressées après avoir été arrachées aux cintres (tout un symbole de chaînes brisées), elle aura retrouvé le plein usage de la parole. Écho de la Vénus de Willendorf, adoptée comme symbole du pouvoir féminin par le mouvement artistique féministe des années soixante, elle va désormais trôner en maîtresse femme.       <br />
              <br />
       Des petites annonces passées dans les magazines aussi bien par des hommes blancs à la recherche de la &quot;perle noire&quot;, que par des femmes noires ou métisses à la recherche du blanc, donnent lieu à un florilège de fantasmes, interprétés avec drôlerie. Elles seraient effectivement drôles ces annonces décomplexées, traduisant un lâcher prise total avec la décence, si elles n'exprimaient pas la place exacte réservée aux femmes noires dans l'imaginaire des hommes.       <br />
              <br />
       De même du tableau suivant où les artistes imitent les jeunes femmes blanches heureuses comme tout d'avoir une Fatou pour nounou, c'est exotique et puis ça ramène du marché des tissus colorés qui plaisent beaucoup comme doudous, comme les comptines africaines qu'elles chantent à leurs petits trésors. Et puis, n'est-ce pas grâce à elles, ces jeunes femmes blanches très occupées par ailleurs, que Fatou peut apprendre un bon français ? Le jeu des trémoussements et jacassements de ces cruches sur talons ont valeur de commentaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651338.jpg?v=1690284945" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Et quand la vraie Fatou s'adresse à nous, c'est pour nous confier de manière plus grave son parcours de petite fille victime du père et du patriarcat, pour nous dire aussi la belle solidarité des femmes noires entre elles, et pour clamer haut et fort que ce qu'elle voudrait… c'est qu'on la prenne simplement pour ce qu'elle est, une femme… Au passage, elle glissera que le livre qu'elle a écrit sur sa vie – &quot;Fragments&quot; de Fatou S. – est disponible à la librairie du festival. Un cliché s'écroule, s'écrase sur la face des pimbêches précédentes : la Fatou sait écrire, même qu'elle publie un livre !       <br />
              <br />
       Dans un repas &quot;gastro-nomique&quot; assimilable à un jeu de rôles, les femmes du plateau très excitées vont réitérer au second degré les plaisanteries scatologiques qui circulent, tous ces &quot;bons mots&quot; dont on ne se prive pas entre bons copains… <span style="font-style:italic">&quot;Le caca-meroun… Tu pourrais me passer la selle ? Je vais finir alco-colique… Le Cul-Cul-Klan…&quot;</span> Et d'autres, et meilleures encore…. Signifieraient-elles à ces femmes, sous couvert d'une franchouillarde rigolade, qu'on les cantonne à &quot;une vie de merde&quot; ? Alors, dans une dérision totale, la Vénus, assise sur son trône, engloutira à pleine bouche moult nourriture, avant que, sous les lumières stroboscopiques, les convives ne s'abandonnent aux transes d'une orgie démentielle faisant voler en éclats toutes les constructions : n'être plus parlée par les autres, mais parler soi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651340.jpg?v=1690284984" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Un autre jeu (délirant), celui des mimes à décrypter, est proposé avec la participation du public. De courtes saynètes sont interprétées par les actrices, mettant en jeu le mot noir dans tous ses états, au public de proposer une réponse… Ainsi fallait-il trouver la Mer noire, la tête de nègre (toujours en vente en boulangerie), le nue-tella (Joséphine Baker avec une banane), etc., clôt par un commentaire ironique de l'animatrice : <span style="font-style:italic">&quot;Mais qu'est-ce qu'on se marre !&quot;</span>. Saillie salutaire remettant en perspective la débilité assumée de la proposition… Ce qui n'était peut-être pas tout à fait inutile au vu de l'enthousiasme réel suscité chez certains spectateurs par ce quiz. N'osons même pas imaginer le &quot;Y'a bon Banania&quot;, s'il avait été proposé… Comme si le tout sauf banal racisme latent était toujours prêt à pointer son nez.       <br />
              <br />
       Enfin, le tableau de la performeuse circassienne grimpée dans les cintres, alors que reliée à elle par ses tresses gigantesques la Vénus sculpturale accueillera les autres actrices regroupées autour d'elle, pourrait fait figure d'apothéose. Si les femmes noires trouvent là l'occasion d'être unies hors des représentations des dominants, l'essentiel de leurs aspirations à chacune sera &quot;délivré&quot; par une roue Cyr s'immobilisant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651345.jpg?v=1690285080" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Incontestablement, la force de ces propositions réside dans le superbe engagement des actrices qui parlent et agissent de là où elles sont dans leur existence. Pour se construire en tant que femmes libres, comme les y invitait leur metteuse en scène faisant corps avec elles, il leur a fallu déconstruire un à un les clichés éculés les emprisonnant…        <br />
       (Une réserve, la longueur de certains tableaux).       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 23 juillet 2023 au Gymnase du Lycée Aubanel à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Carte noire nommée désir"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651346.jpg?v=1690285116" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Spectacle créé le 9 novembre 2021 au Théâtre de la Manufacture - CDN de Nancy.       <br />
       En français surtitré en anglais.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Kate Brown.       <br />
       Texte : Rébecca Chaillon (&quot;Boudin Biguine Best of Banane&quot; est publié aux éditions L'Arche, juin 2023).       <br />
       Mise en scène : Rébecca Chaillon.       <br />
       Assistant et assistante à la mise en scène : Jojo Armaing, Olivia Mabounga.       <br />
       Avec : Estelle Borel, Rébecca Chaillon, Aurore Déon, Maëva Husband (en alternance avec Olivia Mabounga), Ophélie Mac, Makeda Monnet, Davide-Christelle Sanvee, Fatou Siby.       <br />
       Dramaturgie : Céline Champinot.       <br />
       Collaboration artistique : Aurore Déon, Suzanne Péchenart.       <br />
       Scénographie : Camille Riquier, Shehrazad Dermé.       <br />
       Régie son : Issa Gouchène, Élisa Monteil.       <br />
       Régie lumière : Myriam Adjalle.       <br />
       Création du rôle : Bebe, Melkor-Kadior        <br />
       Régie générale et plateau : Suzanne Péchenart        <br />
       Production : Cie Dans Le Ventre.       <br />
       Durée : 2 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651688.jpg?v=1690286557" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
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      <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 20 et 21 et du 23 au 25 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 19 h.       <br />
       Gymnase du Lycée Aubanel, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 28 novembre au 17 décembre 2023 (relâches les 3, 4, 7, 11, 14 décembre) : Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris.       <br />
       2 et 3 février 2024 : Le Volcan - Scène nationale, Le Havre (76).       <br />
       25 et 26 avril 2024 : Théâtre 71 - Scène nationale, Malakoff (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74247194-51651246.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Carte-noire-nommee-desir-La-femme-noire-est-elle-nee-noire-ou-l-est-elle-devenue-au-travers-de-l-objet-du_a3701.html</link>
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   <title>Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent</title>
   <pubDate>Tue, 15 Jun 2021 12:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Renouant avec l'origine de l'Oratorio consacré à la Passion du Christ (évènements précédant et accompagnant la mort de Jésus), Gianni-Grégory Fornet pervertit à l'envi la résonance religieuse du terme pour l'inscrire dans l'univers profane des Hommes. Ici, trois figures masculines (incarnées par des performeuses déliées de tout tabou), scandaleusement humaines dans les passions qui les habitent, sont en prise avec leurs émotions dévorantes. Sur fond musical résonnant en contrepoint et projection de vidéos offrant profondeur de champ, elles brûlent littéralement, consumées par leurs émotions dont la passion amoureuse reste maîtresse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57107441-42370207.jpg?v=1623753285" alt="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" title="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" />
     </div>
     <div>
      On peut mourir d'aimer lorsque &quot;la bourgeoise absolue, savante et perverse&quot; vous tient dans ses rets avant de vous en chasser - &quot;garde-moi pour toi&quot;, disait Claire Michel à Jay, le petit truand marseillais en mal de vivre -, mais tout autant lorsque l'animalité instinctive vous abandonne pour vous laisser comme une outre vide de sensations… Sans pulsion de vie chevillée au corps que reste-t-il de l'humain ? Quelle &quot;vigilance animale&quot; nous faut-il entretenir comme un précieux feu sacré pour ne pas choir comme Gary, l'écrivain en perte d'inspiration ?       <br />
              <br />
       Fruit d'une longue gestation - le premier opus a vu le jour en 2015, lors d'une précédente édition mémorable de Trente Trente, complété en 2017 par le second au Centquatre et à La Loge (à Paris) -, l'Opus 3 vient cette année à La Manufacture CDCN clore le processus de création en remettant en perspective les deux premiers volets. De cette intégrale réunissant les trois opus, puissante, organique et solaire dans sa noirceur même, irradiant le plateau nu habité par ces créatures en quête d'absolu dans un monde se dérobant à eux, on ne sort pas indemne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57107441-42370228.jpg?v=1623753343" alt="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" title="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" />
     </div>
     <div>
      Submergé par la musique enveloppante, les propos proférés et les corps en tension, on est happé par le parcours de Jay à la solde d'un malfrat qui, pour quelques milliers d'euros, incendie les voitures (afin d'effacer toutes empreintes sur la scène de crime) de ceux à qui il vient de loger froidement une balle dans la tête. Mais lorsqu'il rencontre Claire Michel, son existence bascule, méconnaissant le risque de fréquenter une telle femme, il s'abandonne à corps perdu. Dévoré par elle, devenu un nœud de sensations à vif, il en vient à enfourner à pleine bouche les cheveux de sa maîtresse (sic). Pulsion irrépressible d'incorporer l'objet du désir pour tenter contre toute raison de lui survivre…       <br />
              <br />
       Quant à Pal, son viatique à lui pour tenter de remplir la vie qui s'est retirée de sa banlieue à mourir sur place, c'est de baiser dans ces lieux porteurs de désolation avec Mélanie, une fille superbe, propre à le consoler du vide abyssal qui l'engloutit. Seul le plaisir pouvait le guérir de l'amertume d'une existence dépourvue de &quot;sens&quot;. Bloqué dans sa vie, privé d'horizons d'attentes, il ressent le besoin impérieux d'exister en elle… avant qu'elle ne risque de s'évanouir, le laissant exsangue…       <br />
              <br />
       Et pour en terminer et rebattre les cartes de ce triptyque où Éros et Thanatos se défient sur fond d'existences coincées entre les murs de cités grises, c'est le portrait de Gary, l'écrivain en panne, crevant à petit feu de sentir la vie se retirer de lui. Alors, il &quot;inventera&quot; sa propre stratégie de survie pour sortir la tête de l'eau où il se noie à coup sûr. Réapparaîtront alors Jay et Pal, investis d'un statut nouveau remettant en perspective la lecture des deux premiers volets et le remettant, lui, en je(u).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57107441-42370237.jpg?v=1623753369" alt="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" title="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" />
     </div>
     <div>
      Conçu comme un opéra flamboyant, &quot;Oratorio Vigilant Animal&quot; vaut par sa puissance organique qui déferle à micro ouvert. La musique en live délivrée par l'alto d'Élodie Robine et la guitare de Grégory Buzinet distillant du blues primitif envoûtant, auxquels s'ajoute la basse électrique de Suzanne Péchenard électrisant l'atmosphère, ainsi que les vidéos-paysages de João Garcia, fournissent le cadre du jeu des performeuses. Portant au point d'incandescence la violence de ces hommes à qui la vie fait violence, elles crèvent le plateau de leur présence iconoclaste.       <br />
              <br />
       Que ce soit la charismatique Rébecca Chaillon dont le corps en soi est doué d'une puissance irradiante, l'implosive Audrey Saffré, ou encore la sulfureuse Karelle Prugnaud enchaînant notamment une série de jetés au sol époustouflante, toutes incarnent à fleur de peau la poésie noire de Gianni-Grégory Fornet.       <br />
              <br />
       Le soleil noir de la mélancolie des Chants de Maldoror trouve ici un écho contemporain dans ce moment de théâtre à la beauté convulsive.       <br />
              <br />
       <b>Création du triptyque le mardi 8 juin 2021 (18 h, 18 h 45, 19 h 45)  à La Manufacture CDCN de Nouvelle Aquitaine, Bordeaux La Rochelle, à Bordeaux (33), dans le cadre de la saison chaude du Festival de la forme courte Trente-Trente (8 juin - 3 juillet 2021).</b>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">&gt;&gt; trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Oratorio Vigilant Animal", Opus 1, 2 et 3 final</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57107441-42370254.jpg?v=1623753416" alt="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" title="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" />
     </div>
     <div>
      Texte et conception, Gianni-Grégory Fornet.       <br />
       Performance et jeu : Rébecca Chaillon, Audrey Saffré et Karelle Prugnaud.       <br />
       Avec la participation à l'image d'Annie Melza Tiburce.       <br />
       Musique originale : Élodie Robine, Suzanne Péchenard et Grégory Vouillat-Buzinet.       <br />
       Films : João Garcia.       <br />
       Son : François Gueurce.       <br />
       Éclairage et technique : Suzanne Péchenart.       <br />
       Costumes : Annie Melza Tiburce.       <br />
       Développement de projet : Catherine Siriphoum/Filigrane Fabrik.       <br />
       Par Dromosphère.       <br />
       Opus 1 : 35 minutes.       <br />
       Opus 2 : 35 minutes.       <br />
       Opus 3 : 40 minutes .       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Novembre 2021 : Théâtre La Gare Mondiale, dans le cadre du Festival TrafiK, Bergerac (24).       <br />
       5 mars 2022 à 20 h : Théâtre L'Horizon, La Rochelle (17).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57107441-42370207.jpg</photo:imgsrc>
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