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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-19T18:00:20+02:00</dc:date>
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   <title>"Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs</title>
   <pubDate>Tue, 25 Feb 2025 20:33:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   On se souvient non sans émotion de "Nos corps vivants", en 2021, où Arthur Perole mettait en je(u) avec grande sincérité son propre cheminement sur la voie d'une réalisation de soi. Parcours solitaire passant par, comme un oignon que l'on pèlerait, l'abandon des assignations sociétales collant à la peau. Cette extension du domaine de soi, cette lutte ô combien essentielle et à jamais inachevée, il la confie ici à quatre jeunes gens qui porteront au plateau leurs vrais prénoms, danseront et joueront (la danse d'Arthur Perole, comme celle de Pina Bausch, est aussi théâtre) leur identité confisquée jusqu'à son éclosion joyeuse. Et comme toujours chez cet esthète, l'importance de la musique comme écrin et baume régénérateur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678993.jpg?v=1722332134" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Avant qu'ils n'entrent en scène, le bruit de leurs conversations en coulisses nous parvient comme les fragments d'un discours commun. Des échanges impromptus actant que ceux qui vont entrer en lice sont des êtres bien vivants et non des personnages de fiction, des jeunes gens traversés comme tout un chacun par d'ordinaires désirs.       <br />
              <br />
       Ils sont quatre, quatre d'une vingtaine d'années, chacun à gagner l'avant-scène, un peu intimidés par notre présence. Ils ont pour prénom, Agathe, Élisabeth, Arthur, Matthis, sont semblables aux jeunes gens que l'on croise dans les rues de nos villes, portant sur eux le parfum délicieux de la jeunesse. Ils prendront tour à tour la parole pour se présenter, pour dévoiler avec humour leurs rapports à leur corps, confier leurs petites obsessions ordinaires d'une voix sereine… La petite taille d'Agathe, les cheveux longs de Matthis, ceux lissés d'Elisabeth, la problématique ongulaire de Matthis, les grandes jambes et les doigts de pied &quot;de grenouille&quot; d'Arthur, ou encore la dermatophagie d'Élisabeth confiant malicieusement adorer manger ses croutes, &quot;ceci est mon sang&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678994.jpg?v=1722332177" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Leur couleur de peau aussi est évoquée, dans le même registre de l'humour léger… Agathe : <span style="font-style:italic">&quot;Ils ont failli m'appeler Blanche, je suis contente qu'ils ne l'aient pas fait… Je suis moi-même assez blanche, ça aurait fait trop ton sur ton&quot;.</span> Élisabeth, à la peau ambrée : <span style="font-style:italic">&quot;Je suis métisse, enfin métisse du Nord, métisse de Dunkerque !&quot;.</span> Paroles prolongées par des chorégraphies chorales où le geste dépasse la portée de ce qui vient d'être énoncé pour exprimer le plafond de verre invisible qui pèse comme un couvercle sur leurs confidences enjouées.       <br />
              <br />
       Conquis par tant de fraîcheur et de sincérité, distanciée par la fantaisie qu'est la leur, nous entrons de plain-pied dans leur monde… Les propos de nature introspective deviennent plus graves, même si la voix reste étrangement calme, lorsqu'ils abordent le point crucial du regard des autres. Un regard auquel ils ont affaire, auquel ils ne peuvent échapper. Si certains disent – un peu vite – qu'ils n'en ont pas grand-chose à faire, d'autres reconnaissent plus volontiers que ce regard les contraint… Matthis avoue qu'il s'en méfie, il dit accepter sa part de féminité, mais s'arrange pour ne pas l'afficher, il a même fait du sport pour compenser ses airs attribués conventionnellement à l'autre sexe. Agathe, elle, s'en est affranchie, sauf si c'est le regard de ses parents, le but de leur plaire à tout prix la poursuivant depuis son enfance. Arthur, qui s'annonce gay, dit avoir moins de mal à s'abstraire du regard des autres, seule la pression qu'il ressent à avoir un ventre plat lui pèse, lui qui rêve d'un petit bide…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678995.jpg?v=1722332208" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Dès lors, la parole s'esquive, comme dans un fondu-enchaîné cinématographique sublimé par la force onirique du ralenti, pour laisser la première place au langage des corps. Bien que présente auparavant, l'expression des silhouettes tordues et disloquées sous l'effet des souffrances rentrées va désormais prendre le pas (de danse) sur les mots dits et/ou non-dits. De très beaux tableaux vivants en résulteront, projetant jusqu'à nous ces corps et ces visages déformés sous l'emprise des assignations en tous genres. Le corps sait là où les mots viennent à manquer. Le jeu des lumières, éclairant de leurs couleurs changeantes les visages et les corps, ajoutera sa touche pour extraire de leurs zones d'ombres les mal-être lovés en eux et les donner à voir dans les lumières vives d'un jour recomposé.       <br />
              <br />
       Et lorsque la parole arrivera à nouveau à trouer ces chorégraphies endiablées, ce sera pour confier sereinement les insultes d'antan… Arthur se faisant traiter au collège de petite tapette, puis de gros PD. Agathe, elle, de crevette prête à se casser en deux. Ou encore Elisabeth contrainte de ravaler en silence, dans le bus qui la menait au collège, les mots chuchotés à l'oreille d'un autre par un garçon qui lui plaisait : <span style="font-style:italic">&quot;Elle a une tête de singe…&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678996.jpg?v=1722332235" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Viendra le temps de la musique qui s'enfle, avec sa force subversive déferlant sur le plateau. Elle balaie comme une tornade toutes les assignations de genres et autres, les préjugés crasses, les vexations racistes, pour transmettre aux participants (mais aussi à nous, invités clandestins) une formidable énergie. Les accents répétitifs et à haute intensité de la techno, la transe qui les accompagne, agissent comme substances libératrices. Un exorcisme collectif libérant en eux le plaisir palpable d'être ce qu'ils sont, émancipés des places désignées par d'autres qu'eux, annihilant les jugements qui les fixaient à un endroit qu'aucun n'avait choisi.       <br />
              <br />
       Les chorégraphies s'emballent, les fumerolles envahissent le plateau pour le transformer en aire festive. Quant aux lumières stéréoscopiques, elles ajoutent à la liesse contagieuse gagnant la salle. Une fête des sens… redonnant du sens à ce que vivre veut dire, débarrassé de l'emprise des préjugés. Une renaissance enthousiaste, conquise grâce à la bienveillance du groupe et de leur metteur en scène, organisateur de cette épiphanie à célébrer ensemble tant ces corps en liesse, ces corps &quot;dé-liés&quot;, sont porteurs de vie.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 14 juillet 2024 aux Hivernales - CDCN d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Tendre Carcasse"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678997.jpg?v=1722332263" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Création 2023.        <br />
       CieF - Arthur Perole.       <br />
       Conception et mise en scène : Arthur Perole.       <br />
       Chorégraphie en collaboration avec les interprètes : Arthur Bateau, Matthis Laine Silas, Élisabeth Merle, Agathe Saurel.       <br />
       Collaboration artistique : Alexandre Da Silva.       <br />
       Création lumières : Anthony Merlaud.       <br />
       Création sonore : Benoît Martin.       <br />
       Création musicale et régie son : Benoît Martin.       <br />
       Création costumes : Camille Penager.       <br />
       Régie générale, lumières : Nicolas Galland.       <br />
       Tout public à partir de 13 ans.       <br />
       Production Compgnie F.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 9 mars 2025.</span>       <br />
       Vendredi à 19 h 30, samedi à 14 h 30 et 18 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       Chaillot Théâtre national de la Danse, Paris 16ᵉ, 01 53 65 30 00.       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-chaillot.fr/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-chaillot.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678998.jpg?v=1722351088" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       13 mars 2025 : Salle Balavoine - La Barcarolle (dans le cadre du Festival le Grand Bain - Le Gymnase CDCN, Roubaix), Arques (62).       <br />
       15 mars 2025 : Centre Culturel (dans le cadre du Festival le Grand Bain - Le Gymnase CDCN, Roubaix), Lesquin (59).       <br />
       14 et 15 mai 2025 : Points Communs - Scène nationale, Cergy (95).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/86790103-61678993.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Tendre-carcasse-A-corps-perdus-devenir-soi-les-pas-de-danse-d-une-quete-identitaire-menee-a-plusieurs_a4158.html</link>
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   <title>•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs</title>
   <pubDate>Tue, 30 Jul 2024 11:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   On se souvient non sans émotion de "Nos corps vivants", en 2021, où Arthur Perole mettait en je(u) avec grande sincérité son propre cheminement sur la voie d'une réalisation de soi. Parcours solitaire passant par, comme un oignon que l'on pèlerait, l'abandon des assignations sociétales collant à la peau. Cette extension du domaine de soi, cette lutte ô combien essentielle et à jamais inachevée, il la confie ici à quatre jeunes gens qui porteront au plateau leurs vrais prénoms, danseront et joueront (la danse d'Arthur Perole, comme celle de Pina Bausch, est aussi théâtre) leur identité confisquée jusqu'à son éclosion joyeuse. Et comme toujours chez cet esthète, l'importance de la musique comme écrin et baume régénérateur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81871166-58887936.jpg?v=1722332134" alt="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Avant qu'ils n'entrent en scène, le bruit de leurs conversations en coulisses nous parvient comme les fragments d'un discours commun. Des échanges impromptus actant que ceux qui vont entrer en lice sont des êtres bien vivants et non des personnages de fiction, des jeunes gens traversés comme tout un chacun par d'ordinaires désirs.       <br />
              <br />
       Ils sont quatre, quatre d'une vingtaine d'années, chacun à gagner l'avant-scène, un peu intimidés par notre présence. Ils ont pour prénom, Agathe, Élisabeth, Arthur, Matthis, sont semblables aux jeunes gens que l'on croise dans les rues de nos villes, portant sur eux le parfum délicieux de la jeunesse. Ils prendront tour à tour la parole pour se présenter, pour dévoiler avec humour leurs rapports à leur corps, confier leurs petites obsessions ordinaires d'une voix sereine… La petite taille d'Agathe, les cheveux longs de Matthis, ceux lissés d'Elisabeth, la problématique ongulaire de Matthis, les grandes jambes et les doigts de pied &quot;de grenouille&quot; d'Arthur, ou encore la dermatophagie d'Élisabeth confiant malicieusement adorer manger ses croutes, &quot;ceci est mon sang&quot;.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81871166-58887937.jpg?v=1722332177" alt="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
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      Leur couleur de peau aussi est évoquée, dans le même registre de l'humour léger… Agathe : <span style="font-style:italic">&quot;Ils ont failli m'appeler Blanche, je suis contente qu'ils ne l'aient pas fait… Je suis moi-même assez blanche, ça aurait fait trop ton sur ton&quot;.</span> Élisabeth, à la peau ambrée : <span style="font-style:italic">&quot;Je suis métisse, enfin métisse du Nord, métisse de Dunkerque !&quot;.</span> Paroles prolongées par des chorégraphies chorales où le geste dépasse la portée de ce qui vient d'être énoncé pour exprimer le plafond de verre invisible qui pèse comme un couvercle sur leurs confidences enjouées.       <br />
              <br />
       Conquis par tant de fraîcheur et de sincérité, distanciée par la fantaisie qu'est la leur, nous entrons de plain-pied dans leur monde… Les propos de nature introspective deviennent plus graves, même si la voix reste étrangement calme, lorsqu'ils abordent le point crucial du regard des autres. Un regard auquel ils ont affaire, auquel ils ne peuvent échapper. Si certains disent – un peu vite – qu'ils n'en ont pas grand-chose à faire, d'autres reconnaissent plus volontiers que ce regard les contraint… Matthis avoue qu'il s'en méfie, il dit accepter sa part de féminité, mais s'arrange pour ne pas l'afficher, il a même fait du sport pour compenser ses airs attribués conventionnellement à l'autre sexe. Agathe, elle, s'en est affranchie, sauf si c'est le regard de ses parents, le but de leur plaire à tout prix la poursuivant depuis son enfance. Arthur, qui s'annonce gay, dit avoir moins de mal à s'abstraire du regard des autres, seule la pression qu'il ressent à avoir un ventre plat lui pèse, lui qui rêve d'un petit bide…
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      Dès lors, la parole s'esquive, comme dans un fondu-enchaîné cinématographique sublimé par la force onirique du ralenti, pour laisser la première place au langage des corps. Bien que présente auparavant, l'expression des silhouettes tordues et disloquées sous l'effet des souffrances rentrées va désormais prendre le pas (de danse) sur les mots dits et/ou non-dits. De très beaux tableaux vivants en résulteront, projetant jusqu'à nous ces corps et ces visages déformés sous l'emprise des assignations en tous genres. Le corps sait là où les mots viennent à manquer. Le jeu des lumières, éclairant de leurs couleurs changeantes les visages et les corps, ajoutera sa touche pour extraire de leurs zones d'ombres les mal-être lovés en eux et les donner à voir dans les lumières vives d'un jour recomposé.       <br />
              <br />
       Et lorsque la parole arrivera à nouveau à trouer ces chorégraphies endiablées, ce sera pour confier sereinement les insultes d'antan… Arthur se faisant traiter au collège de petite tapette, puis de gros PD. Agathe, elle, de crevette prête à se casser en deux. Ou encore Elisabeth contrainte de ravaler en silence, dans le bus qui la menait au collège, les mots chuchotés à l'oreille d'un autre par un garçon qui lui plaisait : <span style="font-style:italic">&quot;Elle a une tête de singe…&quot;.</span>
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      Viendra le temps de la musique qui s'enfle, avec sa force subversive déferlant sur le plateau. Elle balaie comme une tornade toutes les assignations de genres et autres, les préjugés crasses, les vexations racistes, pour transmettre aux participants (mais aussi à nous, invités clandestins) une formidable énergie. Les accents répétitifs et à haute intensité de la techno, la transe qui les accompagne, agissent comme substances libératrices. Un exorcisme collectif libérant en eux le plaisir palpable d'être ce qu'ils sont, émancipés des places désignées par d'autres qu'eux, annihilant les jugements qui les fixaient à un endroit qu'aucun n'avait choisi.       <br />
              <br />
       Les chorégraphies s'emballent, les fumerolles envahissent le plateau pour le transformer en aire festive. Quant aux lumières stéréoscopiques, elles ajoutent à la liesse contagieuse gagnant la salle. Une fête des sens… redonnant du sens à ce que vivre veut dire, débarrassé de l'emprise des préjugés. Une renaissance enthousiaste, conquise grâce à la bienveillance du groupe et de leur metteur en scène, organisateur de cette épiphanie à célébrer ensemble tant ces corps en liesse, ces corps &quot;dé-liés&quot;, sont porteurs de vie.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 14 juillet 2024 aux Hivernales - CDCN d'Avignon.</b>
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     <div><b>"Tendre Carcasse"</b></div>
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      Création 2023.        <br />
       CieF - Arthur Perole.       <br />
       Conception et mise en scène : Arthur Perole.       <br />
       Chorégraphie en collaboration avec les interprètes : Arthur Bateau, Matthis Laine Silas, Élisabeth Merle, Agathe Saurel.       <br />
       Collaboration artistique : Alexandre Da Silva.       <br />
       Création lumières : Anthony Merlaud.       <br />
       Création sonore : Benoît Martin.       <br />
       Création musicale et régie son : Benoît Martin.       <br />
       Création costumes : Camille Penager.       <br />
       Régie générale, lumières : Nicolas Galland.       <br />
       Tout public à partir de 13 ans.       <br />
       Production Compgnie F.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 6 au 16 juillet 2024.</b>       <br />
       Tous les jours à 17 h. Relâche le 11.       <br />
       Hivernales - CDCN, 18, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://www.hivernales-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; hivernales-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81871166-58891365.jpg?v=1722351088" alt="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">8 au 10 octobre 2024 :</span> Châteauvallon - scène nationale, Toulon (83).       <br />
       21 janvier 2025 : Scène 55, Mougins (06).       <br />
       7 au 9 mars 2025 : Chaillot - Théâtre Nationale de Danse, Paris.       <br />
       Mars 2025 : Festival le Grand Bain - Le Gymnase CDCN, Roubaix (59).       <br />
       14 et 15 mai : Point communs - Scène nationale, Cergy (95).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81871166-58887936.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Tendre-carcasse-A-corps-perdus-devenir-soi-les-pas-de-danse-d-une-quete-identitaire-menee-a-plusieurs_a4021.html</link>
  </item>

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   <title>•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique</title>
   <pubDate>Sun, 21 Jul 2024 10:06:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Vous en reprendrez bien un, Café ? Comme une photographie détachée d'un album de famille, au seul nom de "Café Müller" la mémoire se met à vibrer, libérant des notes hors d'âge… Cette pièce de Pina Bausch, créée en 1978 sur une musique ensorceleuse d'Henry Purcell, cristallise "pour toujours" l'essence d'une nouvelle chorégraphie contemporaine où danse et théâtre fusionnent jusqu'à s'y confondre. Remise sur l'avant-scène par Boris Charmatz, artiste complice de cette 78ᵉ édition, et interprétée par les danseuses et danseurs du mythique Tanztheater Wuppertal, elle prend ici la forme d'une installation chorégraphique de sept heures, sans début ni fin.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792235.jpg?v=1721551484" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
     </div>
     <div>
      Les spectateurs, invités à choisir deux capsules de quarante-cinq minutes s'enchaînant ressentent d'emblée une étrange sensation. Comme si le temps soudainement s'était arrêté… Devant eux, un parterre de chaises et de tables que des êtres évanescents vont parcourir en tous sens au rythme des pulsions qui les traversent… Entre deux capsules qui consacrent la répétition du même, des interludes où chaque danseur tour à tour confiera son rapport personnel à Pina Bausch. Autant de confidences qui, au-delà des anecdotes sensibles, font revivre tant les exigences que l'humanité de cette grande dame.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Reproduire ce qu'on a vu… courir vers le mur… s'y jeter… aller l'un vers l'autre… se sentir…&quot;,</span> ainsi un danseur évoque-t-il en voix off l'enseignement reçu tout en répétant inlassablement ses mouvements… Une danseuse confie à quel point elle était impressionnée par Pina et comment, grâce à elle, elle a pu dépasser sa retenue… Un danseur, dans une course effrénée, envoie valdinguer une série de chaises avant de rappeler la figure mythologique sauvage à laquelle, sous l'impulsion de Pina, il s'est identifié… Autant de témoignages in situ, peuplant les interludes en rendant hommage à la fondatrice du Tanztheater Wuppertal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792236.jpg?v=1721551529" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
     </div>
     <div>
      Autant aussi de zooms arrière que ces interludes imaginés par Boris Charmatz, &quot;l'héritier&quot;… Pina Bausch demandait effectivement beaucoup (certains auraient dit beaucoup trop…) à ses danseurs et danseuses qui non seulement devaient maîtriser leur technique &quot;sur les bouts des doigts&quot; mais encore être capables (et cela est d'une tout autre nature) de se donner en allant chercher au plus profond d'eux-mêmes leurs intimes ressources dans une abnégation totale. Cette générosité qui exigeait le don d'eux-mêmes, elle la leur rendait au travers de l'attention de tous les instants qu'elle leur portait pour obtenir que l'humain parle, débarrassé des fards de la représentation, fût-elle chorégraphique. Ce désir d'atteindre l'essence de ce que chacun est n'était pas absent de la fascination qu'elle exerçait : un désir de libération, même si le prix à payer est toujours celui d'un douloureux renoncement aux enveloppes protectrices.       <br />
              <br />
       Et ces créations ressassent en boucle ce processus de quête de soi qui passe par la rudesse d'affrontements violents. Jamais peut-être autant que pour Pina Bausch (elle qui, paradoxe, née en 1940 dans l'Allemagne nazie ne faisait jamais état de son enfance), l'existence n'aura autant façonné la réalisation. Car que dit-elle d'autre, au travers de ces chorégraphies, que ce ressassement du sens sans cesse à réinventer dans une répétition ouverte au surgissement du même (qui diffère de l'identique à la fixité inamovible) pour signifier la marge de liberté qu'il revient à chacun de risquer encore et encore ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792255.jpg?v=1721551574" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
     </div>
     <div>
      Par ces coups de boutoir adressés au réel qui résiste, Pina Bausch fait vaciller les certitudes de toute &quot;imagerie&quot; qui lisserait les relations hommes femmes en n'en donnant à voir qu'une traduction fade, édulcorée, lénifiante. Tout au contraire, les univers qu'elle crée ne peuvent être épuisés par aucune approche préfabriquée, car ils échappent à tout discours construit pour se mettre délibérément du côté de &quot;l'intranquillité&quot; ouvrant au frisson de la liberté, lié à la découverte d'un sens qui se refuse. Là est sans doute, au-delà de sa disparition, le secret de la fascination qu'elle exerce, tant sur ses danseurs que sur les spectateurs gagnés, eux aussi, par l'ivresse insondable des perspectives offertes par le vertige qui les gagne.       <br />
              <br />
       Devant les spectateurs d'Avignon 2024, comme hypnotisés de voir renaître en plein jour &quot;Café Müller&quot; créé il y aura bientôt cinquante ans à l'Opernhaus de Wuppertal, une femme, comme somnambule, fait son entrée les bras tendus devant elle. Elle semble glisser entre les chaises et tables, embarrassant l'espace. Deux autres figures féminines encore, et à leur suite, un homme faisant irruption pour dégager le mobilier faisant obstacle. Dans ses mouvements précipités se lit la hantise qu'elles s'y cognent. La musique de Purcell ajoute à la scène ses effets incantatoires…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792256.jpg?v=1721551601" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
     </div>
     <div>
      Mais de qui sont-ils &quot;les représentants&quot; ces écueils où l'apparition échoue, terrorisée, vacillante, jusqu'à ce qu'elle trouve un refuge passager dans les bras d'un homme. Sont-ce les éclats du passé de la chorégraphe, alors petite fille, trouvant refuge sous l'une des tables du café tenu par ses parents pour échapper aux bombardements… ou ceux du regard des clients, ou encore du sien, regard, qui découvrait les scènes de l'amour et de la haine pouvant heurter l'enfant qu'elle était ? Le sait-elle elle-même ? Cela n'a que peu d'importance. Ce qui compte, c'est l'impact émotionnel créé par la force tragique de ce corps en déséquilibre constant qui, pris dans la tourmente, n'arrête pas de vouloir avancer vers un horizon qui se dérobe perpétuellement, car il sait ce corps en souffrance qu'il n'y a pas d'autre choix. Sinon, l'absence de mouvement, et son autre nom, la mort.       <br />
              <br />
       Se déplacer à tâtons, tâter le corps vivant de l'autre, éprouver le contact rude du mobilier qui empêche, se mouvoir à petits pas tressautés ou à grandes enjambées, se fracasser sur les murs ou encore se suspendre au cou d'un potentiel amant pour rechercher le contact charnel d'une peau vivante. Se mouvoir équivaut alors à s'émouvoir avec une telle intensité, une telle rage, que nous sommes à notre tour &quot;touchés&quot;, nous spectateurs, tant dans notre corps que dans notre âme, par les fragments acérés de ce remue-ménage dont nous sommes les témoins privilégiés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792259.jpg?v=1721551638" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
     </div>
     <div>
      Touchés nous le sommes par ces corps qui n'arrêtent pas de &quot;se découvrir&quot; l'un l'autre, de se prendre et déprendre, d'être épris et dépris, dans des gestes mécaniques répétés autant qu'interrompus à l'infini, comme si les corps étaient &quot;désaffectés&quot; mais qu'il resterait en eux, inscrits dans leurs plis, les marques mnésiques, les affects sensibles, d'un paradis perdu. Arabesques du désir que dessinent ces corps en mouvement dans un corps à corps parfois lent, parfois accéléré, mouvements parcourus par les pleins et les déliés du désir amoureux, attractions et rejets se répétant à l'envi jusqu'à l'épuisement final.       <br />
              <br />
       Fascination exercée par ces hommes et femmes, assis le regard vide autour d'une table l'instant d'avant (on pense à la peinture métaphysique d'Edward Hopper), et l'instant d'après, se jetant à corps perdu dans une quête éperdue. Êtres épris d'un besoin d'aimer et d'être aimé chevillé au corps, dont les tentatives rejouées à l'envi sont destinées à se briser sur le mur d'un réel qui résiste. Cette faille à jamais espérée, ouvrant l'espace du désir, nous ravit à nous-mêmes. Nous en sommes d'autant plus émus que nous croyons parfois reconnaître notre reflet, à peine flouté, dans le miroir tendu par cet hypnotique rêve éveillé offert en ce juillet d'Avignon 2024 par Boris Charmatz et ses danseurs, passeurs ô combien éclairés d'une chorégraphie mythique.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 18 juillet 2024 à La Fabrica d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Forever, (Immersion dans "Café Müller de Pina Bausch"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792278.jpg?v=1721552318" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
     </div>
     <div>
      France – Allemagne. Création 2024.       <br />
       &quot;Forever&quot; comprend des représentations de &quot;Café Müller&quot;, pièce de Pina Bausch (1978), dont la durée est d'environ 45 minutes.       <br />
       Conception : Boris Charmatz.       <br />
       Avec l'Ensemble du Tanztheater Wuppertal, les invitées et invités* : Dean Biosca, Naomi Brito, Emily Castelli, Boris Charmatz, Maria Giovanna Delle Donne, Taylor Drury, Çağdaş Ermiş, Julien Ferranti*, Letizia Galloni, Scott Jennings*, Lucieny Kaabral, Simon Le Borgne, Reginald Lefebvre, Alexander López Guerra, Nicholas Losada, Blanca Noguerol Ramírez, Milan Nowoitnick Kampfer, Nazareth Panadero*, Héléna Pikon*, Jean Laurent Sasportes*, Azusa Seyama-Prioville, Michael Strecker, Christopher Tandy, Tsai-Wei Tien, Frank Willens, Tsai-Chin Yu.       <br />
       Collaboration artistique : Magali Caillet Gajan.       <br />
       Lumière : Yves Godin.       <br />
       Vestiaire de travail : Florence Samain.       <br />
       Direction des répétitions de Café Müller : Barbara Kaufmann, Héléna Pikon.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 13 h, 15 h, 16 h 45 et 18 h.       <br />
       La FabricA, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81677954-58792235.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Forever-Immersion-dans-Cafe-Müller-de-Pina-Bausch-Archeologie-d-une-choregraphie-mythique_a4013.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !</title>
   <pubDate>Tue, 28 Jun 2022 07:33:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est une redécouverte, celle d'un chef-d'œuvre qui avait fait couler beaucoup d'encre lors de sa création en 1977 avec sa conception artistique très originale et, pour métronome, l'opéra de Béla Bartók, où Pina Bausch décrit sans fard les rapports entre les hommes et les femmes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65686696-46811877.jpg?v=1656354717" alt=""Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !" title=""Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !" />
     </div>
     <div>
      Lumières sur un superbe intérieur. La scénographie de Rolf Borzik est quasiment un personnage. Elle plante une atmosphère, celle d'un château qui paraît hanté avec une pièce au très haut plafond habillée de ses grandes portes et de ses murs jaunes. Dans celle-ci, Barbe-Bleue (Michael Carter ou Reginald Lefevbre) embrasse goulument au cou Judith (Tsai-Wei Tien ou Tsai-Chin Yu) allongée au sol. Le désir ne semble pas partagé. Lui paraît s'en abreuver un peu, de façon presque machinale, quand elle, pas du tout. Cette action est faite de manière répétitive en étant ponctuée par l'opéra de Béla Bartók (1881-1945), &quot;Le château de Barbe-Bleue&quot; (1911), enregistré sur une bande magnétique.       <br />
              <br />
       Quand la musique de l'opéra s'arrête, ce sont les embrassades au cou de la jeune dame qui s'arrêtent aussi comme si la musique portait la libido de Barbe-Bleue. Celui-ci accourt vers le magnétophone pour le redémarrer afin de continuer ses baisers. Mais est-ce réellement un désir quand celui-ci n'est qu'automatique et guidé par un élément extérieur qui pourrait être celui de l'habitude ? Entre les deux, la froideur tient lieu de courroie de transmission.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65686696-46811878.jpg?v=1656354749" alt=""Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !" title=""Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !" />
     </div>
     <div>
      Cette scène donne une ambiance assez étrange à la représentation. Y a-t-il consentement ou emprise ? Sont-ils époux ? Amants un peu fatigués ? Ou est-ce un acte tarifé ? À ces questions, nulle réponse si le contexte du titre en est occulté. Puis, d'autres interprètes arrivent avec, entre les hommes et les femmes, de la tension et de la violence. Les corps sont empoignés aux membres inférieurs pour être jetés ensuite contre un mur avec au début un geste masculin à son exécution, puis féminin par la suite. Ou, plus loin, les danseurs se jettent d'eux-mêmes contre les murs, à côté des danseuses. Les relations de couple sont conflictuelles où les sentiments semblent complètement grippés alors que celles des groupes sont dans une cohésion forte.       <br />
              <br />
       Une gestique de l'abandon et de déchaînement suit des postures et des attitudes oscillant entre automatismes, maîtrises et laisser-aller. Des mèches de cheveux féminins se lâchent sur les cous, des corps masculins se déshabillent pour se montrer avec beaucoup d'espièglerie, comme des enfants voulant montrer leur virilité. Seuls les moments de vraie camaraderie apparaissent dans les groupes, comme si la vie à plusieurs était faite de complicité quand la vie à deux était plus lourde à porter.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65686696-46811881.jpg?v=1656354785" alt=""Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !" title=""Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !" />
     </div>
     <div>
      Il y a de très beaux entre-deux où les troncs masculins se plient machinalement dans une gestuelle brisée, les têtes se baissant pour être arrêtées par des coussins blancs tenus par la gent féminine. C'est fait de façon quasi machinale, mais le coussin et le geste arrêtant un mouvement brusque afin qu'il n'y ait pas d'accident font humanité. Le seul dans la représentation. C'est très esthétique ce moment où les corps parlent, s'expriment, le verbe en direction de l'autre étant absent. C'est aussi une voix qui interpelle, questionne, se répète toute seule dans son coin sans que personne y prête attention. Parfois ce sont des hurlements qui se font entendre.       <br />
              <br />
       Les protagonistes en solo, en duo, en trio ou en groupe, toujours séparés par rapport à leur genre sexuel, se rejoignent à plusieurs reprises et s'agencent continuellement comme différentes pièces d'un puzzle en élaborant des poses photographiques de toute beauté.        <br />
              <br />
       Revenons en arrière. Nous sommes le 26 mai 1977 dans le théâtre de Wuppertal et Pina Bausch vient de commettre un coup de tonnerre dans le monde artistique avec &quot;Barbe-Bleue&quot; en décrivant sans idéalisme les relations de couple. Elle se retrouve bien seule avec sa compagnie face aux critiques. Durant des années, elle a eu à combattre l'ire du public à Wuppertal avec ses créations. Aujourd'hui, tous célèbrent Pina Bausch, à juste titre, comme une maestria de la danse contemporaine. C'était une autre époque, mais qui résonne aujourd'hui avec une autre force, comme un pressentiment tourmenté des rapports entre hommes et femmes qui étaient tus et qu'elle avait eu le courage de dévoiler il y a déjà près de 45 ans.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Barbe-Bleue"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65686696-46811903.jpg?v=1656354820" alt=""Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !" title=""Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !" />
     </div>
     <div>
      Musique : Béla Bartók.       <br />
       Mise en scène et chorégraphie : Pina Bausch.       <br />
       Avec : Tsai-Wei Tien ou Tsai-Chin Yu (Judith), Michael Carter ou Reginald Lefevbre (Barbe-Bleue).       <br />
       Les danseuses et danseurs du Tanztheater Wuppertal : Emma Barrowman, Dean Biosca, Maria Giovanna delle Donne, Rosa Dicuonzo, Taylor Drury, Çağdaş Ermiş, Marius Ledwig, Alexander López Guerra, Annalisa Palmieri, Lucas Lopes Pereira, Nicholas Losada, Blanca Noguerol Ramírez, Milan Nowoitnick Kampfer, Jan Möllmer, Julius Olbertz, Eva Pageix, Daria Pavlenko, Darko Radosavljev, Ekaterina Shushakova, Elisa Spina, Julian Stierle, Sara Valenti, Charlotte Virgile.       <br />
       Décors et costumes : Rolf Borzik.       <br />
       Collaboration : Rolf Borzik, Marion Cito, Hans Pop.       <br />
       Direction des répétitions : Barbara Kaufmann, Héléna Pikon       <br />
       Assistante : Samantha Shay.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>Du 18 juin au 2 juillet 2022.</b>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h.       <br />
       Théâtre du Châtelet, Grande Salle, Paris 1er, 01 40 28 28 40.        <br />
       <a class="link" href="https://www.chatelet.com/" target="_blank">&gt;&gt; chatelet.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Plusieurs cas de Covid ont été constatés au Tanztheater Wuppertal. De ce fait, les dernières représentations de &quot;Barbe-Bleue&quot; de Pina Bausch prévues du mercredi 29 juin au samedi 2 juillet 2022 sont annulées.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65686696-46811936.jpg?v=1656354905" alt=""Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !" title=""Barbe-Bleue"… Retour d'un grand chef-d'œuvre !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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