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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-15T15:41:06+02:00</dc:date>
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   <title>Suites absentes… présences tout en décalé</title>
   <pubDate>Fri, 26 May 2023 10:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans une création qui mêle compositions de Bach, danse et mime, l'absurde trône en présence d'un bouc. D'un récital de musique classique, la situation échappe à son interprète qui la reprend en la détournant de son but initial. Tout est ainsi décalé et le chorégraphe-danseur Pierre Rigal nous invite dans un voyage de déconstruction où les convenances sociales sont bousculées et où le paraître trébuche pour laisser libre cours à l'être.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862024.jpg?v=1685092622" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Avec Pierre Rigal, l'originalité et la surprise sont toujours frères créateurs dans ses spectacles. Face à un piano automatique qui joue de lui-même quelques œuvres de Bach (1685-1750), le défi artistique d'habiter un vide, un rien, une absence ou plutôt une présence, celle d'un musicien qui ne fait pas de musique, n'est pas de tout repos. Le lien entre instrument et interprète se pose et c'est dans ce rapport inversé où le premier est, ici, maître du second que les relations entre l'un et l'autre s'établissent et évoluent en prenant une tournure où le pianiste se doit d'exister en dehors de son outil artistique. C'est par ce contexte décalé que le spectacle débute.       <br />
              <br />
       Un descriptif succinct de la vie du protagoniste et de ce qui se joue sur scène est surtitré, à quelques moments, en arrière-scène. C'est l'artiste qui s'exprime par ce biais, la parole étant remplacée par le silence et la danse. Les expressions faciales sont aussi un élément des plus importants où le visage devient le repère initial où toutes les émotions, interrogations défilent au travers de regards perdus, de moues de bouche, de fronts plissés et de sourcils relevés. Puis au fil de la représentation, c'est le corps qui prend le relais. Les attitudes deviennent des plus expressives où celui-là prend de plus en plus de volume et ses aises alors que le visage était porte-parole, au démarrage du spectacle, de surprises, de gêne et de contrariété.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862028.jpg?v=1685092732" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Nous retrouvons Pierre Rigal dans un terrain de jeu qu'il avait déjà pratiqué dans &quot;Même&quot; avec, un moment, un bout de scène de quelques secondes qui revient plusieurs fois pour rejouer la même chose, de façon rapide et répétée. Nous basculons ainsi dans un univers qui rappelle le mime, comme dans ces anciens films muets où la répétition fait le comique de situation.       <br />
              <br />
       Le chorégraphe comble la distance autant physique que symbolique qui existe entre lui et son outil artistique de manière corporelle pour la distance physique. Les bras, les jambes entrent en jeu dans des proportions des plus mesurées pour ensuite s'étendre de plus en plus durant la représentation. D'une position assise, elle devient debout et parfois diagonal, alternant par intermittence entre équilibres et déséquilibres. Les déplacements sont aussi de la partie où, côtés cour et jardin, l'interprète s'aide d'entrées et sorties pour incarner un questionnement, une mise en situation énigmatique, et aussi amener d'autres éléments.       <br />
              <br />
       Pour la distance symbolique qui incarne l'absence de relation musicale entre le pianiste et son instrument, le chorégraphe danseur utilise une gestuelle où les accessoires, tel le banc de piano, sont utilisés. Celui-ci devient un accessoire de gymnastique. La veste queue-de-pie est aussi déviée de sa source pour devenir un costume loufoque dans lequel se découvre un tee-shirt de motard. Tout est détourné dans un contexte où rien n'est dans un état de normalité. Pierre Rigal n'accompagne pas cette absurdité de situation. Il l'exploite pour aller dans les retranchements presque ubuesques de celle-ci.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862029.jpg?v=1685092828" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Il s'agit de quoi après tout ? De lever le couvercle d'une apparence trompeuse d'un homme dont on sait, entre autres et grâce aux surtitres, qu'il ne sait pas jouer du piano. S'enchaînent de façon automatique prélude, fugue, chaconne et autres compositions de Bach face à un pianiste qui n'en est pas un. Est-ce le signe d'une révolte ou de l'indépendance musicale déclarée d'un instrument face à un manque de compétence de son interprète ? Le spectacle va vers une autre direction. Est construit tout un ensemble de tableaux où, entre autres, le pianiste devient motard, transforme sa veste queue-de-pie en costume loufoque, joue du banc de piano pour faire quelques figures d'équilibriste.       <br />
              <br />
       Présence énigmatique, un bouc vient aussi sur scène pour bêler, lâcher quelques crottins et bousculer, presque en les mangeant, quelques partitions. Sur ces différents terrains, le piano, qui était l'élément central du spectacle, finit par donner une place à part entière à l'interprète qui devient le clou du spectacle. Il réussit à exister en dehors de son instrument comme ce dernier l'avait fait initialement avec lui. Le rapport devient inversé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862344.jpg?v=1685093917" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Ce qui se joue est un condensé de ce qu'est un être humain qui déconstruit autant physiquement, un contexte dont il ne maîtrise pas les tenants, que socialement, une représentation que le monde, à savoir le public, pouvait avoir de lui. Les faux-semblants sont ainsi biffés d'un geste. De l'image policée et timide qui apparaissait au début, c'est un homme au visage enfariné avec une perruque bouffante grise et habillé d'un tee-shirt Yamaha sans manche qui clôt le spectacle.       <br />
              <br />
       Le caché devient visible. Ce qui n'était pas osé montrer le devient faisant de ce lieu, non plus une scène de musique classique, mais un endroit où le bouc et l'artiste prennent leurs aises en prenant le pouvoir sur Bach. Presque une analyse psychanalytique où la partie consciente laisse émerger le désir et son inconscient. Dans un dernier joli tableau, le chorégraphe danseur s'immisce entre le meuble, la table d'harmonie et le couvercle pour s'allonger dans une lumière tamisée, comme dans un lit.       <br />
              <br />
       <b>Ce spectacle s'est joué du 15 au 17 mai 2023.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Suites absentes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862346.jpg?v=1685093981" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Danse, conception : Pierre Rigal         <br />
       Musique de Johann Sebastian Bach jouée en direct par un piano automatique.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Programme musical</b>       <br />
       Johann Sebastian Bach : Capriccio sopra la lontananza del suo fratello dilettissimo BWV 992,       <br />
       Suite Anglaise n°3 en sol mineur BWV 808.       <br />
       Johann Sebastian Bach, Franz Liszt : Prélude &amp; Fugue BWV 543.       <br />
       Johann Sebastian Bach : Praeludium &amp; Fuga VIII* en mi bémol mineur (BWV 853).       <br />
       Johann Sebastian Bach, Ferruccio Busoni : Chaconne en ré mineur BWV 1004.        <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://philharmoniedeparis.fr/fr" target="_blank">&gt;&gt; Philharmonie de Paris</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Même"… Complètement déjanté et au pluriel !</title>
   <pubDate>Fri, 11 Feb 2022 14:48:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Autour d'une comédie musicale loufoque, Pierre Rigal, avec le groupe Microréalité, propose une vision décalée des rapports humains au travers d'une succession de répétitions à chaque fois différente. Danse, théâtre et musique forment un trio où le pareil prend une résonance autre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62273011-45185328.jpg?v=1644588846" alt=""Même"… Complètement déjanté et au pluriel !" title=""Même"… Complètement déjanté et au pluriel !" />
     </div>
     <div>
      Nous sommes dans un lieu de répétition. À l'entame du spectacle, sur un grand écran est inscrit qu'il y a neuf artistes, alors qu'ils sont huit. En rang aligné, ils se déshabillent de leurs vêtements, portés en double. Bref, ils ne se déshabillent pas. L'absurde des situations, dès ces premiers instants, apparaît. Le fil conducteur de cette création est que chaque moment est vu au travers d'une vision toujours en décalé d'un point de vue soit visuel, soit auditif, soit corporel ou les trois à la fois.       <br />
              <br />
       Musique et théâtre sont liés fortement. On joue avec les sons, les échos des uns et des autres pour donner de la représentation un aspect assez étrange parfois. Les accessoires musicaux sont aussi utilisés. Les interprètes jouent à se répéter, mais toujours différemment. Cela est fait de façon automatique, à savoir machinale, ou humainement. Le même s'habille du pluriel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62273011-45185335.jpg?v=1644588881" alt=""Même"… Complètement déjanté et au pluriel !" title=""Même"… Complètement déjanté et au pluriel !" />
     </div>
     <div>
      Les propos sont repris à tour de rôle au travers d'une déformation ou d'une obsession. Ce qui est clamé à l'instant T, peut être déclamé plus fort ou détourné à l'instant T+1. Le cadre et les attitudes changent de façon continue. Leurs vitesses et leur détour aussi. Ainsi, tout le groupe, à un moment, est dans un tempo vocal, corporel et musical très rapide, comme un disque trente-trois tours qui tournerait à la vitesse d'un soixante-dix huit tours. Les rires, paroles et sons ont ainsi une sonorité très aiguë accompagnée d'une gestuelle très rapide. C'est réussi !       <br />
              <br />
       Le concepteur Pierre Rigal aborde la perception dans ses travers, ses incompréhensions et ses loupés. Il la met dans un contexte où chacun a sa propre identité. Mais, au prisme de celui-ci, elle se multiplie, devient plurielle, car traversée par un environnement, un espace et un ensemble de personnes.       <br />
              <br />
       Ici, entre émetteur et récepteur, c'est la distance qui sépare le message de son incompréhension, l'appréhension de son rejet, le même du pluriel. À tour de rôle, ce contexte, autant spatial, musical, sonore, qu'humain et technologique, donne une couleur, une ambiance, une atmosphère qui évoluent ou peut changer de tout au tout. Les relations des uns et des autres en découlent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62273011-45185345.jpg?v=1644588927" alt=""Même"… Complètement déjanté et au pluriel !" title=""Même"… Complètement déjanté et au pluriel !" />
     </div>
     <div>
      La musique et les chants sont assurés par le groupe trans-rock Microréalité dont Pierre Rigal fait partie. Microréalité donne à la représentation une couleur et du rythme. La danse est aussi très présente, surtout au début où les artistes répètent des mouvements de groupe qui sont assez lâches, plus ou moins synchronisés. La spontanéité semble gouverner ceux-ci.       <br />
               <br />
       Vers la fin du spectacle, le théâtre absurde façon Ionesco joue ses gammes en rejouant le début de la représentation, de façon identique, avec une nuance de taille. Pierre, l'un des interprètes, prend conscience que ce qui se joue s'est déjà joué, créant ainsi un décalage entre sa perception et celle de ses alter ego.       <br />
              <br />
       Le spectacle est déjanté. Il fait surtout prendre conscience que ce qui se trame dans une communication, ce sont ces écarts, petits ou grands, que chacun peut appréhender par rapport à son psychisme, une situation, un groupe, une relation à deux ou à plusieurs.        <br />
              <br />
       Au final, le revêtement sombre de la scène est retourné recouvrant les artistes. Puis noir. Celui du revêtement et des lumières. Mais pas les mêmes. Et pourtant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Même"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62273011-45185356.jpg?v=1644588978" alt=""Même"… Complètement déjanté et au pluriel !" title=""Même"… Complètement déjanté et au pluriel !" />
     </div>
     <div>
      Comédie musicale déjantée de Pierre Rigal.       <br />
       Musique en direct : Microréalité.       <br />
       Avec : Pierre Cartonnet, Mélanie Chartreux, Antonin Chaumet, Gwenaël Drapeau, Sébastien Forrester, Pierre Rigal, Denis Robert, Juliette Roudet, Crystal Shepherd-Cross.       <br />
       Collaboration artistique : Roy Genty.       <br />
       Collaboration à l'écriture des textes : Serge Kribus.       <br />
       Lumière : Frédéric Stoll.       <br />
       Sonorisation : George Dyson.       <br />
       Assistant artistique : Christian Vialaret.       <br />
       Production Compagnie Dernière Minute.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 au 19 février 2022.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 18 h 30.       <br />
       Relâche les 13 et 14 février.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62273011-45185366.jpg?v=1644589024" alt=""Même"… Complètement déjanté et au pluriel !" title=""Même"… Complètement déjanté et au pluriel !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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