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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Prélude de Pan" Un Giono en majesté sous le timbre provençal de Maxime Lombard, conteur hors pair</title>
   <pubDate>Mon, 14 Sep 2026 19:13:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Prélude de Pan" et "Jofroi de la Maussan", deux nouvelles extraites du recueil "Solitude de la pitié" (1932), sont ici contées par Maxime Lombard. L'acteur et conteur se coule dans les pas du romancier-conteur Giono (1895-1970) qu'enfant, il eut la chance d'écouter lire lors des lectures que Giono aimait à donner pour ses proches. Et c'est avec maestria que le comédien donne vie aux histoires de l'écrivain de Manosque.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98030465-68249822.jpg?v=1789406657" alt=""Prélude de Pan" Un Giono en majesté sous le timbre provençal de Maxime Lombard, conteur hors pair" title=""Prélude de Pan" Un Giono en majesté sous le timbre provençal de Maxime Lombard, conteur hors pair" />
     </div>
     <div>
      Sur le petit plateau du Théâtre de Poche-Montparnasse, deux tables de bistrot et quelques chaises en métal, oranges et vertes. Une guirlande d'ampoules colorées suspendue dans les airs et deux écharpes accrochées de part et d'autre, rappelant celles que l'on gagnait aux épreuves de boule ou de course lors des fêtes votives, évoquent une atmosphère festive et le Café du Centre, point de départ de l'intrigue de la nouvelle &quot;Prélude de Pan&quot;. Un homme, tout de noir vêtu, s'attable côté cour, bientôt rejoint par un deuxième. <span style="font-style:italic">&quot;Ceci arriva le 4 de septembre, l'an de ces gros orages, cet an où il y eut du malheur pour tous sur notre terre…&quot;</span>, énonce d'un ton posé le nouvel arrivant, dans une adresse directe au public. Son accent est chantant et ses prunelles nous fixent avec malice. Nous voici promptement happés par la puissance narrative du récit et le regard bleu du conteur.       <br />
              <br />
       Suspendus à ses lèvres, nous nous laissons captiver par cette histoire étrange et fascinante, dont la tension dramatique va crescendo. Pour punir un bûcheron qui, par jeu et par bêtise, maltraitait une colombe, un curieux personnage, mi-homme, mi-bête, sème désordre et chaos dans un village, transformant la fête traditionnelle en une orgie obscène. Pour ramener ces hommes et ces femmes à leurs instincts bestiaux, et leur donner une leçon qui devrait les conduire à retrouver l'harmonie avec la nature, l'étranger use de pouvoirs que l'on imagine divins. Car cet étranger sans nom n'est autre que le dieu Pan, fils d'Hermès et de Dryope, qui, dans la mythologie grecque, est un des dieux de la Nature, protecteur des bergers et des troupeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98030465-68249897.jpg?v=1789406706" alt=""Prélude de Pan" Un Giono en majesté sous le timbre provençal de Maxime Lombard, conteur hors pair" title=""Prélude de Pan" Un Giono en majesté sous le timbre provençal de Maxime Lombard, conteur hors pair" />
     </div>
     <div>
      À &quot;Prélude de Pan&quot; succède une autre nouvelle, plus courte et plus légère, &quot;Jofroi de la Maussan&quot;, dont, certains s'en souviennent peut-être, Marcel Pagnol tira un film en 1933. Après avoir vendu son verger à Fonse, le vieux Jofroi s'aperçoit que celui-ci est décidé à en arracher les vieux arbres improductifs. Il s'y oppose violemment et, refusant toute tentative de conciliation, fait du chantage au suicide…       <br />
              <br />
       Nous retrouvons dans ces nouvelles les lieux et thèmes chers à Giono, merveilleux raconteur d'histoires : les collines de Haute-Provence, la paysannerie, l'injustice, la violence, la beauté et la cruauté de la nature, le lien sacré qu'entretient l'homme avec elle, la noirceur de l'âme humaine, mais aussi sa bonté… Et surtout cette langue magnifique, riche de sensations, ce langage imagé fait de &quot;parler vrai&quot;, ces répliques croustillantes et ces tournures de phrases si poétiques qui faisaient de Giono un poète autant qu'un romancier.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Je ne voulais pas écrire bien, disait-il. Je voulais écrire beau.&quot;</span> Et c'est avec ravissement que nos oreilles accueillent cette langue : <span style="font-style:italic">&quot;un rond d'azur étalé&quot;</span> pour désigner le ciel ; <span style="font-style:italic">&quot;il leur resta du noir mystère au fond des yeux&quot; ; &quot;les nuages étaient toujours luisants et sombres comme un tas d'aubergines&quot; ; &quot;il était seulement du silence, rond et pesant, plein de soleil comme une boule de feu&quot; ; &quot;il se tourna vers elle et lui parla dans le langage des oiseaux&quot; ; &quot;il en coulait des regards qui étaient des ruisseaux de pitié et de douleur&quot;…</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98030465-68249898.jpg?v=1789406752" alt=""Prélude de Pan" Un Giono en majesté sous le timbre provençal de Maxime Lombard, conteur hors pair" title=""Prélude de Pan" Un Giono en majesté sous le timbre provençal de Maxime Lombard, conteur hors pair" />
     </div>
     <div>
      De ce style poétique émergent également plein d'expressions rigolotes, faites de comparaisons et de métaphores : <span style="font-style:italic">&quot;il n'avait pas son naturel de figure&quot;</span> (pour indiquer qu'il n'avait pas son visage habituel) ; <span style="font-style:italic">&quot;le Jofroi est buté (…), il raisonne comme un tambour&quot; ; &quot;c'est (…) le plus brave homme de la création. Franc comme un cochon sain, à donner tout son sang pour qu'on le mange&quot; ; &quot;le Jofroi l'a regardé avec son œil d'orage&quot; ; &quot;un Fonse tout flottant dans son pantalon, un Fonse en plume de pigeon, léger, léger, blanc comme une assiette&quot;…</span>       <br />
              <br />
       Dans une mise en scène sobre, limitée à quelques déplacements, car il n'y a guère besoin de plus, la force orale de l'écriture de Giono et le talent de conteur de Maxime Lombard font de ce spectacle un enchantement.       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Prélude de Pan"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98030465-68249899.jpg?v=1789406795" alt=""Prélude de Pan" Un Giono en majesté sous le timbre provençal de Maxime Lombard, conteur hors pair" title=""Prélude de Pan" Un Giono en majesté sous le timbre provençal de Maxime Lombard, conteur hors pair" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Giono (&quot;Prélude de Pan&quot; et &quot;Jofroi de la Maussan&quot;, deux nouvelles extraites de &quot;Solitude de la Pitié&quot;, Éditions Gallimard).       <br />
       Lecture interprétée par Maxime Lombard.       <br />
       Lumières : Dorian Mjahed-Lucas.        <br />
       Création sonore : Olivier Depoix.       <br />
       Costume : Krystel Hamonic.       <br />
       Production Théâtre de Poche Montparnasse.       <br />
       Durée : 1 h 10.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 31 août au 2 novembre 2026.</span>       <br />
       Lundi à 21 h.        <br />
       Théâtre de Poche Montparnasse, 75, boulevard du Montparnasse, Paris 6ᵉ.       <br />
       Réservation : 01 45 44 50 21.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0424/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0424&amp;EventId=379&amp;request=QcE+w0WHSuBTF1VfBRtBznd8NWWi14M/wOqHHFdnBqBH/J/aJLQq7RidVgcImBzWIJ5jMqdwI1U=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredepoche-montparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredepoche-montparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/98030465-68249822.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Prelude-de-Pan-Un-Giono-en-majeste-sous-le-timbre-provencal-de-Maxime-Lombard-conteur-hors-pair_a4656.html</link>
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   <title>Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris</title>
   <pubDate>Fri, 08 Feb 2019 17:42:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Après la Quatrième symphonie en 2015 et la Neuvième en 2016, le directeur musical de l'Opéra de Paris remonte le temps avec les musiciens et chœurs de l'orchestre maison sur les terres malhériennes en offrant la fameuse (et viscontienne) Symphonie n° 3 en ré mineur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30539403-29119255.jpg?v=1549645540" alt="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" title="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Parmi les œuvres de la Trilogie qu'il a coutume de réunir sous le titre de la &quot;Passion&quot;, sa troisième symphonie est selon Gustav Mahler &quot;la meilleure et la plus accomplie&quot;. Commencée en 1895 pendant les congés (de celui qui est alors chef d'orchestre de l'Opéra de Hambourg) à Steinbach-am-Attersee en Autriche, elle est achevée en août 1896 lors du dernier été passé dans la région du Salzkammergut - non loin de Salzbourg.       <br />
              <br />
       Composant dans son célèbre &quot;häuschen&quot; (ou maisonnette) dans une nature magnifique, Mahler déclare à son disciple Bruno Walter qui lui rend visite in loco en janvier 1896 : <span style="font-style:italic">&quot;Inutile de regarder le paysage, il a passé tout entier dans ma symphonie&quot;</span>. Une troisième symphonie conçue comme un hymne à la Nature et bien plus encore. Le compositeur écrit que cet <span style="font-style:italic">&quot;hymne gigantesque (…) à la gloire de la création&quot;</span> est celui dans lequel il entend se transporter <span style="font-style:italic">&quot;jusqu'au cœur même de l'existence, là où on ressent tous les frissons du monde et ceux de Dieu&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Le compositeur se fait donc une fois de plus démiurge, concevant un monstre en sept mouvements pour une durée de deux heures. C'est que pour Mahler <span style="font-style:italic">&quot;le fait que je l'appelle &quot;symphonie&quot; ne signifie pas grand chose (…) &quot;symphonie&quot; veut dire pour moi construire un monde (…) son contenu détermine lui-même sa forme.&quot;</span> Finalement elle comprendra six mouvements ; un fantastique cycle de métamorphoses d'une durée totale d'une heure trente - dont un premier mouvement (appelé un temps &quot;L’Éveil de Pan&quot;) d'une demi-heure : cas unique dans son œuvre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30539403-29119344.jpg?v=1549646041" alt="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" title="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Gros effectif d'orchestre, voix d'alto, chœurs de femmes et d'enfants donneront vie à ce récit grandiose de création et de méditation - avec un poème extrait des &quot;Knaben Wunderhorn&quot; (3e mouvement) et le sublime &quot;Chant de Minuit&quot; nietzschéen tiré de &quot;Ainsi parlait  Zarathoustra&quot; au 4e mouvement. Ce sera bien une symphonie qui <span style="font-style:italic">&quot;commence avec la nature et s'élève jusqu'à l'amour de Dieu&quot;.</span>       <br />
              <br />
       L'orchestre de l'Opéra de Paris livre en cette soirée de fin janvier une prestation parfaitement jouissive avec cette œuvre monde. Philippe Jordan - dont on regrette le départ à Vienne par anticipation - organise dans le gigantesque premier mouvement un titanesque &quot;éveil de la matière&quot;, né du conflit entre immobilité et chaos (où s'entend déjà subrepticement le superbe thème du quatrième mouvement entre fanfares de trompettes et longue intervention des trombones) après l'appel initial de huit cors.       <br />
              <br />
       Les deux mouvements suivants entraînent et enivrent en deux pages &quot;insouciante&quot; d'abord (sur un rythme de menuet) puis grotesque et naïve avec son lot de souvenirs d'enfance, ses échappées folles de divers instruments et son long solo de cor de postillon. Chaque pupitre impressionne en une dramaturgie étudiée.       <br />
              <br />
       Les trois derniers mouvements touchent au sublime alors que nous planons dans les hautes sphères malhériennes, enfin détachés du prosaïsme terrestre. La mezzo Michaela Schuster ne possède pas le plus beau timbre qui soit mais porte haut le poème nietzschéen en des accents bouleversants (&quot;Ô Mensch ! Gib acht!&quot; dans le quatrième mouvement en ré majeur puis mineur), accompagnée d'un orchestre en état de grâce.        <br />
              <br />
       Un moment suspendu (avec ces appels des petite et grande harmonie) où la profondeur la plus mystérieuse se fait intelligence cosmique. Les chœurs raniment la joie et battent le rappel des anges dans le cinquième en fa majeur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30539403-29119495.jpg?v=1549646561" alt="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" title="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Le vaste Adagio final, terme d'une gradation idéalement architecturée par la battue inexorable ou (parfois) caressante du chef, tisse les lacis de l'Amour universel - avec le retour des cordes. Un amour enfin mis à la portée de l'humanité. Tour à tour grave et enfantin, ironique et lyrique, ténébreux et lumineux, l'orchestre récolte ensuite des acclamations en toute justice ; des hommages qu'il partage de bon gré avec son chef bien-aimé, les chœurs (sans reproches) et la mezzo allemande.        <br />
              <br />
       Concert entendu le 30 janvier 2019.       <br />
       Concert diffusé ultérieurement sur France Musique.       <br />
              <br />
       <b>Symphonie n°3 en ré mineur (créée intégralement en 1902).</b>       <br />
       Gustav Mahler (1860-1911).        <br />
              <br />
       Philippe Jordan, direction musicale.       <br />
       Michaela Schuster, mezzo-soprano.       <br />
       Orchestre et Choeurs de l'Opéra national de Paris.       <br />
       José-Luis Basso, chef des chœurs.       <br />
              <br />
       Maîtrise des Hauts-de-Seine/Chœur d'Enfants de l'Opéra national de Paris.       <br />
       Gaël Darchen, direction.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/30539403-29119255.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-merveilleuse-troisieme-de-Mahler-par-Philippe-Jordan-et-les-forces-de-l-Opera-de-Paris_a2341.html</link>
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