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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-23T00:48:37+02:00</dc:date>
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   <title>"Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !</title>
   <pubDate>Wed, 19 Jul 2023 06:25:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nouvelle édition du festival Paris l'été qui se tient du 10 au 30 juillet dans différents lieux de Paris, dont le Louvre, le lycée Jacques Decour ou La Villette. Autour de dix-huit propositions, la palette est éclectique comme à chaque fois où se mêlent installation, théâtre, cirque, musique et danse dans un large spectre d'horizons artistiques différents.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74124295-51551126.jpg?v=1689713925" alt=""Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !" title=""Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !" />
     </div>
     <div>
      La musique démarre doucement. Les danseurs du Centre Chorégraphique National Ballet de Lorraine, dirigé par le chorégraphe suédois Petter Jacobson, arrivent côtés cour et jardin de la Cour Lefuel en descendant les deux majestueux escaliers. Construite par l'architecte Lefuel (1810-1880) dans les années 1850 sous Napoléon III, c'est l'une des six cours intérieures du Louvre. Les deux rangées de danseurs se déplacent sur scène en se croisant un à un sans se rencontrer pour aller chacun, de façon rectiligne, dans des directions opposées.       <br />
              <br />
       La première de ce spectacle de la chorégraphe Maud Le Pladec, directrice du Centre chorégraphique national d'Orléans depuis 2017, a été effectuée le 24 novembre 2021 à la Scène nationale d'Orléans. Les déplacements prennent, selon les moments, toute la superficie de la cour ou se restreignent sur des lignes en file indienne. Nous avons ainsi autant de réelles dynamiques de groupe que des individualités composant un ensemble comme pièces composites.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74124295-51551129.jpg?v=1689713962" alt=""Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !" title=""Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !" />
     </div>
     <div>
      Les artistes avancent tout droit, puis effectuent une légère bascule du postérieur vers la droite ou la gauche, respectivement côtés cour et jardin, pour changer de direction dans le sens de la bascule. Puis les membres supérieurs entrent en action, le bras gauche formant intersection avec le bras droit dans des mouvements de balancier de bas en haut quand ils ne se recoupent pas à l'horizontale. Dans ces bascules, c'est aussi un mécanisme presque d'horlogerie qui est mis en place avec un rapport à l'espace précis et homogène. Tout est à sa place et à égale distance.       <br />
               <br />
       La composition musicale de Peter Harden et Chloé Thévenin est omniprésente, elle en est même un élément très important. Elle devient de plus en plus entraînante et est une sorte de catalyseur aux gestiques étendues, droites et géométriques qui se déploient sur scène. Le rythme est soutenu, basé, entre autres, sur des percussions. Celui-ci s'accélère tout au long de la représentation comme si le mouvement accompagnait la musique et non l'inverse. Et pourtant, malice chorégraphique, la gestuelle fait, à dessein, quelques écarts par rapport au rythme pour devenir parfois beaucoup plus pausée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74124295-51551136.jpg?v=1689713991" alt=""Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !" title=""Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !" />
     </div>
     <div>
      Ce qui est très intéressant, c'est que les mouvements, très physiques, continuent à l'être même si, à un moment, ils délaissent quelque peu ce tempo tout en suivant la cadence de la musique sans en emprunter la dynamique soutenue. Cela reste toutefois peu perceptible, sauf à y regarder de près, l'esprit pouvant confondre rythmes corporels et musicaux sans les découpler nécessairement.       <br />
              <br />
       Les membres inférieurs et supérieurs ont une position rectiligne quand les troncs, à plusieurs reprises, se meuvent avec de courtes gestiques brisées. Puis cela repart avec des gestuelles élancées. Nous avons ainsi une relation à l'espace qui recouvre toute la scène dans ses longueurs, largeurs et diagonales dans un rapport angulaire. Car il s'agit d'angles, les planches étant traversées par les danseurs à 45 et 90 degrés.       <br />
              <br />
       La chorégraphie, dans ses déplacements, a tout de la rectitude quand pour les gestuelles des mains, des bras et des jambes, elles s'alimentent de torsions vives et rapides. Il y a aussi deux types de rupture avec un tempo musical qui ralentit, le tout suivi par les interprètes. Le temps s'écoule pour accompagner une gestique décomposant les mouvements jusqu'à leur articulation. Là, le corps n'est plus appréhendé dans son unité, mais tel un ensemble de parties organiques.       <br />
              <br />
       La danse est de groupe et il n'y a pas de contact. Les artistes ne se regardent pas, ne se touchent pas, mais s'appréhendent dans un rapport à l'espace précis et régulier. De ces danseurs qui existent par le groupe, certains solos, par intermittence, s'en détachent, donnant ainsi un accent, paradoxalement, d'interaction, car ceux-ci créent avec chaque interprète un lien direct au soliste et par ricochet à l'ensemble de la compagnie qui s'organise autour de lui.       <br />
              <br />
       Le spectacle se finit comme il avait commencé avec ces mêmes deux files indiennes qui se rejoignent sans se rencontrer où, au fil de l'eau, chaque artiste disparaît de la scène, un peu à l'image d'un groupe où l'un est partie de l'autre avant que l'individualisme de chacun ne reprenne les rênes.       <br />
              <br />
       Avant le spectacle, une visite d'une heure au musée du Louvre avait été organisée dans le cadre du festival pour découvrir différents chefs-d'œuvre de sculpture grecque. Une soirée de régal !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Static shot"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74124295-51551144.jpg?v=1689714117" alt=""Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !" title=""Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !" />
     </div>
     <div>
      Conception et Chorégraphie : Maud Le Pladec.       <br />
       Musique : Pete Harden et Chloé Thévenin.       <br />
       Direction CCN-Ballet de Lorraine : Petter Jacobsson.       <br />
       Artistes chorégraphiques du CCN-Ballet de Lorraine : Aline Aubert, Inès Depauw, Mila Endeweld, Angela Falk, Inès Hadj-Rabah, Laure Lescoffy, Valérie Ly-Cuong, Margaux Laurence, Céline Schoefs, Lexane Turc, Jonathan Archambault, Alexis Baudinet, Alexis Bourbeau, Charles Dalerci, Nathan Gracia, Tristan Ihne, Matéo Lagière, Afonso Massano, Lorenzo Mattioli, Willem-Han Sas.       <br />
       Conseil à la diffusion sonore : Vincent Le Meur.       <br />
       Lumière : Éric Soyer.       <br />
       Conception et création costumes : Christelle Kocher - KOCHÉ, assistée de Carles Urraca Serra - KOCHÉ.       <br />
       Assistante costumes : Laure Mahéo.       <br />
       Assistant à la chorégraphie : Régis Badel.       <br />
       Assistant à la dramaturgie : Baudouin Woehl.       <br />
       Avec la participation de la Section Broderie du Lycée Lapie de Lunéville.       <br />
       Durée : 25 minutes.       <br />
       Spectacle créé les 23 et 24 novembre 2021 à la Scène Nationale d’Orléans.       <br />
              <br />
       <b>Festival Paris l'été</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 30 juillet 2023.</span>       <br />
       <a class="link" href="https://www.parislete.fr/" target="_blank">&gt;&gt; parislete.fr</a>       <br />
       <b>Le spectacle s'est joué les 10 et 11 juillet 2023 à la Cour Lefuel du Louvre, Paris.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       17 et 18 octobre 2023 : Le Lieu Unique, Nantes (44).       <br />
       15 décembre 2023 : Opéra Grand Avignon, Avignon (84).       <br />
       16 et 17 mars 2024 : Le Manège, Scène nationale, Reims (51).       <br />
       26 mars 2024 : La Rotonde, Thaon-les-Vosges (88).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74124295-51551151.jpg?v=1689714190" alt=""Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !" title=""Static shot" Précision poétique contemporaine au Louvre !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74124295-51551126.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Static-shot-Precision-poetique-contemporaine-au-Louvre-_a3684.html</link>
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   <title>•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon</title>
   <pubDate>Fri, 02 Jul 2021 08:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2021]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comme l'annonce Christophe Lidon, directeur du CADO et metteur en scène de la pièce, en préambule à sa plaquette de saison : "Mademoiselle Julie" s'est fait attendre… La première de la pièce était prévue il y a six mois, le 20 mars 2020, quelques jours après le début de l'interdiction de toutes représentations sur la France. Après ce long sommeil, cette étrange belle au bois dormant surgit pour une nuit de la Saint-Jean bondée d'ivresse, de danses et de folies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57461408-42568073.jpg?v=1600421479" alt="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Aussi bien dans le décor qu'il a créé que dans les trajectoires des personnages, Christophe Lidon met en place une géométrie de l'inéluctable. Quatre immenses panneaux blancs encadrent l'espace de jeu : la cuisine de la maison où va se dérouler toute l'action. Sur ces panneaux, les projections successives créées par Léonard vont imager les différents extérieurs, et faire évoluer l'ambiance. À noter les très belles chorégraphies de Maud Le Pladec que le travail de vidéaste de Léonard transcende. On y voit dès les premières secondes du spectacle, le &quot;bal&quot; de la Saint-Jean où les couples s'attisent, où les corps se dissolvent dans la chaleur de cette nuit lunaire.       <br />
              <br />
       La cuisine, un peu à l'écart de cette fête sensuelle où le petit peuple s'affranchit de tout, est comme un îlot de calme, les coulisses d'un spectacle. C'est aussi le domaine de Christine, la cuisinière, la promise de Jean. Avec Julie, ce sont les deux seuls personnages de la pièce. Un triangle qu'on ne peut pas dire amoureux, point de romantisme ni dans le couple formé par Christine et Jean, ni dans le rapport qui fait l'action de la pièce entre Julie et Jean. Les échanges de ces deux derniers se teintent en permanence de force, de pouvoir, d'humiliation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57461408-42568074.jpg?v=1600421505" alt="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      On pourrait croire en surface que la trame de &quot;Mademoiselle Julie&quot; est cette séduction croisée teintée d'ivresse et d'une forme de harcèlement. Sans en repousser cet aspect, Christophe Lidon en fait une autre lecture. Il met en avant le passé des protagonistes dont les aveux parsèment le texte, en faisant paraître en filigrane ces lignes géométriques que sont les fils des vies. C'est ainsi que le passé de Julie et de Jean éclaire les mots qui vont les mener à cette étreinte échangée dans la froideur violente du désir. Jusqu'à ce réveil dans la crudité des règles sociales qui les soumet : elle, fille de notables en mal d'émancipation, lui, serviteur rêvant d'un avenir libre et sans maître.       <br />
              <br />
       Les trois interprètes se glissent dans leurs personnages avec une totale conviction et beaucoup de réalisme. Sarah Biasini crée une Julie dense, tout sauf superficielle, imprégnée de sa propre histoire, son éducation réprimée, tentatrice mais aussi et surtout victime. Yannis Baraban impose un Jean terrien, carré, sans trop de doutes, qui prend parfois le visage implacable du destin face aux deux figures féminines. Deborah Grall incarne une Christine fragile et sensible, mais dotée d'une énergie vitale farouche.       <br />
              <br />
       L'épilogue à cette nuit de fête (la fête de Jean) sonne comme la condamnation de ceux qui veulent changer le cours de leur vie dans un monde sclérosé où les rôles et les places sont imposés par l'ordre ancien, celui du père, du comte, du maître dont l'ombre rode sans cesse sur les esprits de tous, et qui clôt cette nuit de son pas lourd, implacable comme la morale.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mademoiselle Julie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57461408-42568075.jpg?v=1600421533" alt="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Texte : August Strindberg.       <br />
       Version scénique : Michael Stampe.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Christophe Lidon.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Valentine Galey.       <br />
       Avec : Yannis Baraban, Sarah Biasini, Deborah Grall.       <br />
       Chorégraphie : Maud Le Pladec (CCN d’Orléans).       <br />
       Création lumière : Cyril Manetta.       <br />
       Costumes : Chouchane Abello-Tcherpachian.       <br />
       Images : Léonard.       <br />
       Musique : Cyril Giroux.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h 30, relâche les 13, 20 et 27 juillet.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle Chapitre, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57461408-42568073.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2021-Mademoiselle-Julie-Toute-une-vie-en-une-nuit-comme-celle-d-un-papillon_a2986.html</link>
  </item>

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   <title>"Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon</title>
   <pubDate>Fri, 18 Sep 2020 11:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comme l'annonce Christophe Lidon, directeur du CADO et metteur en scène de la pièce, en préambule à sa plaquette de saison : "Mademoiselle Julie" s'est fait attendre… La première de la pièce était prévue il y a six mois, le 20 mars 2020, quelques jours après le début de l'interdiction de toutes représentations sur la France. Après ce long sommeil, cette étrange belle au bois dormant surgit pour une nuit de la Saint-Jean bondée d'ivresse, de danses et de folies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49902144-38674620.jpg?v=1600421479" alt=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Aussi bien dans le décor qu'il a créé que dans les trajectoires des personnages, Christophe Lidon met en place une géométrie de l'inéluctable. Quatre immenses panneaux blancs encadrent l'espace de jeu : la cuisine de la maison où va se dérouler toute l'action. Sur ces panneaux, les projections successives créées par Léonard vont imager les différents extérieurs, et faire évoluer l'ambiance. À noter les très belles chorégraphies de Maud Le Pladec que le travail de vidéaste de Léonard transcende. On y voit dès les premières secondes du spectacle, le &quot;bal&quot; de la Saint-Jean où les couples s'attisent, où les corps se dissolvent dans la chaleur de cette nuit lunaire.       <br />
              <br />
       La cuisine, un peu à l'écart de cette fête sensuelle où le petit peuple s'affranchit de tout, est comme un îlot de calme, les coulisses d'un spectacle. C'est aussi le domaine de Christine, la cuisinière, la promise de Jean. Avec Julie, ce sont les deux seuls personnages de la pièce. Un triangle qu'on ne peut pas dire amoureux, point de romantisme ni dans le couple formé par Christine et Jean, ni dans le rapport qui fait l'action de la pièce entre Julie et Jean. Les échanges de ces deux derniers se teintent en permanence de force, de pouvoir, d'humiliation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49902144-38674621.jpg?v=1600421505" alt=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      On pourrait croire en surface que la trame de &quot;Mademoiselle Julie&quot; est cette séduction croisée teintée d'ivresse et d'une forme de harcèlement. Sans en repousser cet aspect, Christophe Lidon en fait une autre lecture. Il met en avant le passé des protagonistes dont les aveux parsèment le texte, en faisant paraître en filigrane ces lignes géométriques que sont les fils des vies. C'est ainsi que le passé de Julie et de Jean éclaire les mots qui vont les mener à cette étreinte échangée dans la froideur violente du désir. Jusqu'à ce réveil dans la crudité des règles sociales qui les soumet : elle, fille de notables en mal d'émancipation, lui, serviteur rêvant d'un avenir libre et sans maître.       <br />
              <br />
       Les trois interprètes se glissent dans leurs personnages avec une totale conviction et beaucoup de réalisme. Sarah Biasini crée une Julie dense, tout sauf superficielle, imprégnée de sa propre histoire, son éducation réprimée, tentatrice mais aussi et surtout victime. Yannis Baraban impose un Jean terrien, carré, sans trop de doutes, qui prend parfois le visage implacable du destin face aux deux figures féminines. Deborah Grall incarne une Christine fragile et sensible, mais dotée d'une énergie vitale farouche.       <br />
              <br />
       L'épilogue à cette nuit de fête (la fête de Jean) sonne comme la condamnation de ceux qui veulent changer le cours de leur vie dans un monde sclérosé où les rôles et les places sont imposés par l'ordre ancien, celui du père, du comte, du maître dont l'ombre rode sans cesse sur les esprits de tous, et qui clôt cette nuit de son pas lourd, implacable comme la morale.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mademoiselle Julie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49902144-38674630.jpg?v=1600421533" alt=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Texte : August Strindberg.       <br />
       Version scénique : Michael Stampe.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Christophe Lidon.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Valentine Galey.       <br />
       Avec : Yannis Baraban, Sarah Biasini, Deborah Grall.       <br />
       Chorégraphie du bal : Maud Le Pladec, directrice du Centre chorégraphique national d'Orléans avec les amateurs d'Orléans.       <br />
       Lumières : Cyril Manetta.       <br />
       Costumes : Chouchane Abello-Tcherpachian.       <br />
       Images : Léonard.       <br />
       Musique : Cyril Giroux.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 au 26 septembre 2020.</span>       <br />
       Mardi et vendredi à 20 h 30, mercredi à 19 h, jeudi 17 à 19 h, jeudi 24 à 20 h 30, samedi à 14 h 30 et 20 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       CADO Centre National de Création Orléans Loiret, Salle Pierre-Aimé Touchard, Orléans (45), 02 38 54 29 29.       <br />
       <a class="link" href="https://www.cado-orleans.fr/saison-2020-2021/" target="_blank">&gt;&gt; cado-orleans.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée :</b>       <br />
       &quot;Mademoiselle Julie&quot; sera en juillet 2021 au Théâtre des Halles à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Mademoiselle-Julie-Toute-une-vie-en-une-nuit-comme-celle-d-un-papillon_a2789.html</link>
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