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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>"L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie</title>
   <pubDate>Thu, 05 Mar 2026 07:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans cette représentation contemporaine de "L'École des femmes" voulue par Frédérique Lazarini, la douce Agnès évolue sous caméras de surveillance, privée de toute intimité. Éduquée dans l'ignorance et isolée du monde par son tuteur, l'ingénue devra attendre le pouvoir libérateur de l'amour pour ébranler l'ordre patriarcal et s'extraire de sa cage. Si Molière fut féministe avant l'heure, le combat s'avère toujours d'actualité…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592713.jpg?v=1772610291" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création en 1662, le scandale mêlé au succès de &quot;L'École des femmes&quot; fut tel qu'il donna naissance à une &quot;querelle&quot; à laquelle Molière se fit un plaisir de répondre l'année suivante par une autre comédie intitulée &quot;La Critique de l'École des femmes&quot;. Mais de quoi parle exactement la pièce pour avoir fait autant de bruit ? Arnolphe, un bourgeois de 42 ans, aimerait jouir du bonheur conjugal sans passer par la case cocufiage. Pour ce faire, il a pris sous son aile une enfant qu'il a fait élever dans un couvent et, aujourd'hui adolescente, tient enfermée à l'abri du monde.       <br />
              <br />
       Afin de s'assurer qu'elle devienne une épouse totalement soumise et dépendante, il a bien pris soin qu'elle ne reçoive aucune éducation véritable, reste totalement idiote et innocente. Mais son plan se voit contrecarré par l'arrivée d'un beau jeune homme du nom d'Horace, fils de son ami Oronte, qui s'éprend de la belle. Et réciproquement. S'ensuit une série de quiproquos et de manipulations où Arnolphe tente désespérément de garder la jeune fille pour lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592719.jpg?v=1772610351" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      C'est par la porte de la salle côté jardin qu'Arnolphe fait une entrée tonitruante, son ami Chrysalde sur les talons. Loin du vieux barbon libidineux vu dans de nombreuses productions, Arnolphe (Cédric Colas) s'avère ici un sémillant quinquagénaire, bien de sa personne, élégamment vêtu d'un costume cravate. Ce parti pris de mise en scène, très intéressant, rend le loup d'autant plus dangereux qu'il n'a rien de repoussant, bien au contraire.       <br />
              <br />
       La scène d'introduction entre les deux amis se joue en bord de plateau, décor caché, devant un rideau de scène d'un délicat rose pâle, symbole de pureté et d'innocence. Ce dialogue enflammé n'est pas sans rappeler une autre scène d'introduction d'une pièce plus tardive de Molière, &quot;Le Misanthrope&quot; (1666), où l'ami (Philinte) tente de faire entendre raison au protagoniste (Alceste).       <br />
              <br />
       Aux <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?/Laissez-moi, je vous prie&quot;</span> se substituent <span style="font-style:italic">&quot;Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?/Oui, je veux terminer la chose dans demain&quot;.</span> Lors de ce discours, Arnolphe expose son plan de mariage à son ami Chrysalde (Guillaume Veyre) qui tente de l'en dissuader. Mais le bon sens ne semble avoir aucune prise sur Arnolphe qui se montre encore plus fou que calculateur et se révèle véritablement épris d'Agnès, tel Humbert Humbert avec Lolita dans le roman de Nabokov. <span style="font-style:italic">&quot;Un air doux et posé, parmi d'autres enfants,/M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans (…)&quot;</span>, confie-t-il, nous laissant entrevoir la profondeur du mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592720.jpg?v=1772610380" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Dès la scène suivante, le rideau tiré, un décor des plus glaçants se dévoile progressivement à nous : à jardin, un immense écran de télésurveillance qui suit Agnès (Sara Montpetit) dans ses moindres mouvements ; à cour, une jolie cage de verre, avec lit à couette rose et machine à coudre trônant au centre de la pièce, chambre à coucher de la jeune prisonnière. Car Agnès n'est rien d'autre que la prisonnière d'Arnolphe, et le maître de maison, tel le Humbert Humbert de Nabokov ou Le Narrateur avec Albertine chez Proust, est un jaloux compulsif dont le mal relève de l'ordre de la psychiatrie.       <br />
              <br />
       Cette vision mise en avant par Frédérique Lazarini est fort intéressante. La comédie, même si elle comporte des passages très drôles, relève dès lors pleinement de la tragédie. Tragédie d'un homme épris d'une enfant, tragédie de l'innocente vivant cette surveillance continue comme une normalité. Il faudra à la docile Agnès découvrir l'amour d'Horace pour ouvrir les yeux.       <br />
              <br />
       La scène de la promenade, lorsque Arnolphe retrouve Agnès après quelques jours d'absence et tous deux se promènent, échangeant les nouvelles, en se tenant gentiment par la main, est d'ailleurs emblématique de la situation. Ce joli moment est d'autant plus troublant qu'il est d'une grande poésie. Il s'en faudrait de peu pour que le tuteur et sa pupille ne passent pour un couple d'amoureux… La coulée verte, un gazon et quelques arbres méticuleusement ordonnés, imaginée par le scénographe François Cabant contribue à la magie de cet instant où la langue de Molière touche au sublime.       <br />
              <br />
       L'interprétation remarquable de Cédric Colas et de Sara Montpetit porte haut et fort le parti pris de la metteuse en scène. Tous deux sont d'une justesse et d'une finesse de jeu éblouissantes. La scène de la promenade est un moment d'anthologie qui peut nous faire oublier un temps celle d'Isabelle Adjani et de Bernard Blier. L'émotion est au rendez-vous. Guillaume Veyre campe un Chrysalde fort convaincant. Se positionnant en contrepoint moral d'Arnolphe, il souligne brillamment la folie de celui-ci.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, si le parti pris dramaturgique de la metteuse en scène s'avère totalement pertinent dans son principe, en élargissant le propos à notre époque actuelle, il aurait gagné néanmoins à être un peu moins appuyé et moins excessif quant à l'usage de la vidéo. Cette utilisation à tout-va ne laisse plus vraiment de place à l'imaginaire du spectateur.       <br />
              <br />
       Ce bémol mis à part, ce spectacle comporte de véritables moments de grâce et c'est un véritable plaisir d'entendre la langue de Molière aussi magnifiquement dite. À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'École des femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592723.jpg?v=1772610406" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Frédérique Lazarini.       <br />
       Scénographie et lumière : François Cabanat.       <br />
       Costumes : Dominique Bourde et Isabelle Pasquier.       <br />
       Musique et son : François Peyrony.       <br />
       Vidéo : Hugo Givort.       <br />
       Avec : Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Guillaume Veyre, Emmanuelle Galabru, Alain Cerrer et la voix de Michel Ouimet.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 février au 3 mai 2026.</span>       <br />
       Mardi 20 h, mercredi 17 h (20 h le 11 mars), jeudi 19 h, vendredi 20 h 30, samedi 17 h et 20 h 30, dimanche 15 h.        <br />
       Théâtre Artistic Athévains, 45 rue Richard Lenoir, Paris 11ᵉ.        <br />
       Téléphone : 01 43 56 38 32.       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/lecole-des-femmes/#billetterieecole" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; artistictheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !</title>
   <pubDate>Fri, 30 Jan 2026 12:44:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Emma Dante frappe un grand coup en proposant une mise en scène audacieuse dans laquelle l'humour et le déjanté tiennent la dragée haute à la langue de Molière. Björk et les Red Hot Chilli Peppers accompagnent Trissotin et Clitandre dans une interprétation où les manières tiennent lieu de boussole et où le classique tombe dans les bras du moderne.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587513.jpg?v=1769773657" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Le plateau découvre, rideau ouvert dès le départ, un plateau noir et brillant dans lequel sont suspendues, pour l'éclairer, des tubes en LED. C'est moderne et il n'y a nulle trace de classicisme, Louis XIV est loin des lambris, surtout quand deux protagonistes à l'allure jeune et &quot;cool&quot; discutent entre eux, armés des moyens de communication du XXIe siècle, à savoir téléphones portables et ordinateurs. Ces éléments se retrouvent ailleurs et plus tard dans une scénographie en accord avec l'époque de Molière, la mise en scène bousculant le temps, comme la communication en mode interruptif enjambe les siècles.       <br />
              <br />
       Ces deux personnages, à l'entame de la représentation, donnent le &quot;La&quot; à une création scénique qui bouscule autant les repères temporels que sociaux, l'aristocratie étant déclinée par moments de façon caricaturale et comique. De cet instant frôlant un quotidien que tout le monde peut goûter, le théâtre dans le théâtre s'insinue avec un &quot;Silence !&quot; lancé fortement et de manière quasi grondeuse au public par un protagoniste venant subrepticement sur le plateau, pour marquer qu'une représentation va débuter alors qu'officiellement, elle a déjà débuté. Le regard porté vers nous, il se dirige côté cour pour disparaître.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587526.jpg?v=1769773765" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, la mise en scène d'Emma Dante s'inscrit dans une modernité audacieuse où le théâtre relie des rives autant classiques que contemporaines, avec des attitudes parfois en décalage avec la scénographie, tel un chassé-croisé, alternant entre deux époques.       <br />
              <br />
       Quatre siècles séparent, à proprement parler, la langue de Molière de cette première scène. Pour autant, ce laps de temps se contracte, voire s'efface selon les tableaux. Car le moderne, pour caractériser notre époque, cohabite avec délice, durant toute la pièce, au subjonctif de Molière. Dans cette césure, c'est aussi une distance sociale qui séparait l'homme de la femme que la metteure en scène sicilienne Emma Dante n'exploite pas. Elle aurait pu creuser ce filon pour l'actualiser à notre époque et en dénoncer les turpitudes qui résistent aux siècles, ce qui aurait été une approche des plus classiques. Nul clin d'œil dans ce sens, elle prend le très riche matériau théâtral à sa disposition pour le sculpter dans des formes caricaturales à souhait, pour les faire épouser une satire sociale où les attitudes des uns sont souvent sous le couvert du ridicule des autres.       <br />
              <br />
       Clitandre (Gaël Kamilindi) est dans un rapport au jeu qui ne laisse place, à dessein, à aucun naturel. Plus ses attitudes sont maniérées et poussées à l'extrême avec élégance, plus son propos prend du poids. Et plus ce qui l'écoute le font comme si la manière tenait lieu uniquement de boussole, parce que d'un certain statut social. <span style="font-style:italic">&quot;Le monde entier est une scène, hommes et femmes, tous n'y sont que des acteurs…&quot;</span>, comme l'écrit Shakespeare (1564-1616) dans &quot;Comme il vous plaira&quot; (1599). La pièce se finit d'ailleurs dans une configuration de représentation avec un cadre de tableau qui descend pour regrouper tous les personnages de la fable. &quot;Les femmes savantes&quot; deviennent la comédie d'une société, et d'un monde qui joue à être ce qu'il n'est peut-être pas, statut social oblige, comme Trissotin qui joue le chantre de la culture quand il n'en maîtrise peut-être pas l'orthographe.       <br />
              <br />
       Durant deux heures, Emma Dante propose une audacieuse odyssée théâtrale dans laquelle la représentation épouse des contours autant comiques, déjantés, sérieux que dramatiques. C'est une comédie dans laquelle les rictus sont envoyés à la face d'un statut social où la culture, fausse de surcroît et savamment badigeonnée de mots pompeux par Trissotin (Stéphane Varupenne), tient lieu de rosette et de chapeau haut de forme. Bourdieu n'aurait rien eu à y redire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587564.jpg?v=1769773927" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Emma Dante a pour souci, remarquable, de faire advenir souvent, en même temps, le ridicule et le sérieux, le comique et le grave, le propos bien tamponné et son accoutrement édulcoré, le décalé avec sa dissonance. Ainsi, les courtisans passent l'aspirateur à main sur les habits portés par Clitandre. Cet empressement est comique, car ridicule et déphasé. Il peut être décliné toutefois à n'importe quelle époque. D'où cet écart temporel entre l'aspirateur et les courtisans. Savoir s'ils nettoient les habits de leur maître ou lui-même, ou les deux, est à la libre appréciation du public. Et peut-être des courtisans.       <br />
              <br />
       La musique est aussi un élément important. Elle pose une ambiance et des ruptures. Lully n'a qu'à bien se tenir. Les chansons, entre autres, de Red Hot Chili Peppers et Björk sont en effet présentes. Le classique a la chasse gardée des costumes, du verbe et de la scénographie, sauf pour le premier tableau, quand les outils numériques, l'électroménager avec l'aspirateur à main et la musique ont celui de notre siècle.       <br />
              <br />
       &quot;Les femmes savantes&quot; est l'avant-dernière comédie de Molière. La mise en scène d'Emma Dante déploie un jeu comique avant tout corporel. Dans le phrasé, le débit est presque, à dessein, caricatural, dessinant ainsi une diction qui se targue de châtier les mots avec emphase. Clitandre est très maniéré, attitude où sue, à dessein et de façon comique, un aristocratisme dans lequel ce qui fait fonction sont les manières. Excepté le port de tête de celui-ci qui est peu royal, car le jeu social peut aussi avoir ses limites.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587702.jpg?v=1769774736" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Pour autant, le 4ᵉ mur de Diderot (1713-1784) est abattu avec, entre autres, un moment où Trissotin et Henriette (Édith Proust) vont dans le public en essayant de s'y immiscer tout en l'interpellant avec drôlerie. Nulle distance avec l'assistance, l'humour ne s'y retrouverait pas.       <br />
              <br />
       Bref, une grande pièce d'un grand homme montée par une grande dame. Un véritable délice !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587703.jpg?v=1769774765" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Collaboration artistique : Rémi Boissy.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Stéphane Varupenne, Jennifer Decker, Gaël Kalimindi, Sefa Yeboah, Édith Proust, Aymeline Alix, Charlotte Van Bervesselès et Diego Andres, Hippolyte Orillard, Alessandro Sauna, Sabino Civilleri.       <br />
       Scénographie : Vanessa Sannino, assistée de Ninon Le Chevalier.       <br />
       Costumes : Vanessa Sannino, assistée de Marion Duvinage.       <br />
       Lumières : Christian Zucaro.        <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.        <br />
       Comédie-Française hors les murs, Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 95 98 00.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0110/fListeManifs.aspx?idstructure=0110" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       Et en direct au cinéma le 1ᵉʳ mars à 15 h (Pathé Live).       <br />
       <a class="link" href="https://www.pathelive.com/fr/evenements/theatre/les-femmes-savantes/" target="_blank">&gt;&gt; pathelive.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93982161-65587513.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert</title>
   <pubDate>Mon, 26 Jan 2026 17:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Benoît Lambert revient régulièrement vers l'œuvre de Molière. Après "Les Fourberies de Scapin", "Le Misanthrope", "Tartuffe", "L'Avare", cette relation intime de plus de trente ans entre l'auteur et le metteur en scène continue avec "Les Femmes Savantes". Une pièce qui, encore de nos jours et peut-être plus encore que précédemment, fait polémique autour de la misogynie qu'elle paraît véhiculer en mettant au centre de la pièce l'espace réservé aux femmes dans la société du XVIIᵉ siècle, et les espaces dont elles sont bannies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531265.jpg?v=1769272279" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Cet espace destiné aux femmes, c'est le foyer, la maternité et l'adoration réciproque (si cela se peut) avec son époux qui, lui seul, détient le pouvoir du savoir, autre que celui des comptes du ménage, des habits et de la gestion des domestiques qu'elles sont si contentes d'avoir en charge. Un avenir résolument réduit et dominé par l'homme. Mais, dans une quête d'émancipation féminine, voici les femmes savantes, lectrices cultivées, philosophes, poétesses et dédaigneuses de tout ce qui renvoie l'humain à sa condition animale et ses instincts vulgaires.        <br />
              <br />
       La pièce de Molière développe cette opposition entre &quot;la tradition&quot; et cette révolte au sein d'une famille prise en étau entre la volonté toute-puissante de la mère et son désir littéraire et scientifique, et le pouvoir vacillant du père, nostalgique d'un ordre plus intéressé par la bonne bouffe et la satisfaction des sens que par le spirituel.       <br />
              <br />
       L'équilibre est délicat entre les ridicules estampillés Molière : risible père lâche et velléitaire, risible mère sur-exaltée par l'art et la science, et les discours radicaux qu'ils alignent tous les deux. Le comique devient alors parfois acide, âpre et cru. Benoît Lambert ne tente pas de tordre la pièce dans un sens ou dans l'autre. Il dirige ses comédiennes et ses comédiens en écartant la plupart des caricatures de jeu, des tics, des grandiloquences que certaines scènes et que la plupart des personnages suggèrent d'habitude pour pousser le comique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531266.jpg?v=1769272330" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
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     <div>
      Même le personnage de Trissotin, pédant ridicule aux traits de caractère si souvent amplifiés qu'il est entré dans le langage courant, est ici interprété avec un réalisme qui n'exagère pas le ridicule du personnage, ce qui donne à son discours des moments d'admirable bêtise et de splendide mauvaise foi.       <br />
              <br />
       Cette volonté réaliste ne nuit pas au comique de la pièce et des situations, mais elle fait qu'on ressent avec beaucoup plus de sérieux les propos de chacun des partis : celui, rétrograde, de Chrysale, le père, de sa fille cadette, Henriette, et celui de Martine, la bonne, ainsi que de Clitandre, le fiancé. En face, le parti émancipateur de Philaminte, la mère, de sa fille aînée, Armande, de sa sœur Bélise et de Trissotin, le coq spirituel de ce cercle de femmes lettrées, une assemblée active à créer une université et produire des œuvres intellectuelles, scientifiques, artistiques.       <br />
              <br />
       Il s'agit bien de deux partis, opposés, deux clans dans la même famille. Pour rendre encore plus perceptible cette guerre intime, les uns sont habillés de couleurs, de broderies, de brocards et de boucles, quand le clan des savantes est tout vêtu de noir et de blanc, comme une représentation de l'esprit de rigueur qui les anime et de l'ascétisme des sens qu'elles revendiquent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531286.jpg?v=1769272370" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Benoît Lambert parvient ainsi à fabriquer une machine de scénographie, de son, de jeu et de profération des alexandrins qui avance sans chaos, implacablement, rythmée. Elle rend sans atténuation les aspects rugueux de certaines répliques qui sonnent de nos jours extraordinairement rétrogrades et misogynes, mais le but de Molière était peut-être de provoquer ainsi le public en montrant, comme il le fait dans d'autres pièces, les vices à la mode qui passent pour vertu, les radicalisant, les exagérant pour en montrer tous les ridicules.       <br />
              <br />
       Il y a quelque chose de fondamentalement contemporain dans cette création qui, pourtant, ne tente pas de transposer la pièce à notre époque. Au contraire. Les costumes de robes à volants et de pourpoints chamarrés, la scénographie faite d'une dizaine de bibliothèques emplies de livres, d'instruments scientifiques anciens et de sculptures en plâtre (bustes et reproduction de la Victoire de Samothrace), tout renvoie au temps passé, de même que les alexandrins. La musique elle-même, qui intervient lors des quelques changements de décors, dirigés comme des ballets vifs et rythmés des dix bibliothèques, dessinant pour chaque acte les contours divers des différents lieux de la maison.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531288.jpg?v=1769272415" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      La distribution, faite aux deux tiers de comédiennes et de comédiens fraîchement sortis de l'École de la Comédie de Saint-Étienne, donne l'occasion à ces jeunes artistes de montrer toutes leurs qualités acquises ou innées. La formidable présence de Christian Franz dans le rôle de Clitandre, le sens aigu du comique de Marie Le Masson dans le rôle d'Henriette, l'énergie et les facéties communicatives de Raphaël Deshogues dans le personnage d'Ariste et de Vadius, savant maladroit nimbé d'une impressionnante hargne.       <br />
              <br />
       Lara Raymond, elle, se glisse dans la peau de Martine, la bonne, pieds plantés dans le sol et verbe haut, elle est une bouffée de fraîcheur et de naturel ; quant à Armande, la sœur aînée, Lina Alsayed lui donne toutes les facettes que le caractère entre chaleur et froideur possède et, &quot;last but not least&quot;, comme on dit outre-manche, Bélise, personnage dont le haut comique ressort magnifiquement dans l’interprétation hilarante de Marion Astorg : et puis, Trissotin, superbement interprété par Ludovic Bou qui donne pour une fois au personnage un bel éclat de jeunesse, gommant un peu le factice du personnage contre plus de sincérité, plus de fragilité, même dans l’hypocrisie la plus criante.       <br />
              <br />
       Anne Cuisenier, Emmanuel Vérité et Colin Rey &quot;chaperonnent&quot; avec art et talent cette nouvelle génération de comédiens.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531289.jpg?v=1769272441" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène : Benoît Lambert       <br />
       Assistant à la mise en scène : Colin Rey.       <br />
       Avec : Lina Alsayed, Marion Astorg, Ludovic Bou, Anne Cuisenier, Raphaël Deshogues, Christian Franz, Marie Le Masson, Lara Raymond, Colin Rey, Emmanuel Vérité.       <br />
       Scénographie et création lumière : Antoine Franchet.       <br />
       Costumes : Violaine L. Chartier.       <br />
       Création son : Fabrice Drevet.       <br />
       Coiffures et perruques : Pascal Jehan.       <br />
       Maquillage : Caroline Cacciatore-Faure.       <br />
       Construction décor et costumes : Ateliers de la Comédie de Saint-Étienne.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée estimée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 31 janvier 2026.</span>       <br />
       Du lundi au vendredi à 20 h, samedi 31 janvier à 17 h.       <br />
       La Comédie - CDN, place Jean Dasté, Saint-Étienne (42).       <br />
       Téléphone : 04 77 25 14 14.       <br />
       <a class="link" href="https://lacomedie.notre-billetterie.fr/formulaire?dial=sommaire25" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lacomedie.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lacomedie.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531292.jpg?v=1769272471" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       Du 5 au 7 février 2026 : Comédie de Colmar - CDN Grand Est Alsace, Colmar (68).       <br />
       17 et 18 février 2026 : Théâtre de Nîmes - Scène conventionnée ;, Nîmes (30).       <br />
       10 &gt; 11 mars 2026 : La Coursive - Scène nationale de La Rochelle       <br />
       17 &gt; 18 mars 2026 : Le Bateau Feu - Scène nationale de Dunkerque       <br />
       26 &gt; 27 mars 2026 : L'Odyssée - Scène conventionnée de Périgueux       <br />
       31 mars 2026 et 1ᵉʳ avril 2026 : Théâtre d'Angoulême - Scène nationale, Angoulême (16).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93871364-65531265.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Contemporaine-et-admirablement-dirigee-Les-Femmes-savantes-de-Moliere-mis-en-scene-par-Benoit-Lambert_a4460.html</link>
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  <item>
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   <title>"Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante</title>
   <pubDate>Fri, 23 Jan 2026 07:29:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Artiste phare de la scène contemporaine européenne, Emma Dante s'attaque, pour la première fois, à un texte théâtral, qui plus est, une pièce de Molière. L'univers grotesque et excessif de l'artiste palermitaine s'approprie avec fracas l'histoire de cette famille dysfonctionnelle où les femmes tentent d'ébranler l'ordre patriarcal. Musique pop, costumes aux couleurs acidulées, perruques extravagantes, anachronismes de toutes sortes et mise en scène virevoltante composent une œuvre folle et hautement visuelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518804.jpg?v=1769121337" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Qui n'a jamais vu un spectacle d'Emma Dante se doit de tenter l'expérience. Comédienne, dramaturge, metteuse en scène de théâtre et d'opéra, autrice et réalisatrice, Emma Dante, née le 6 avril 1967 à Palerme, est une artiste majeure de la scène contemporaine internationale. Formée au sein du Gruppo 63 néo-avant-gardiste de Palerme et à l'Académie nationale d'art dramatique de Rome, Emma Dante fonde en 1999 sa compagnie, Sud Costa Occidentale, au sein de laquelle elle élabore ses spectacles. Son théâtre, éminemment corporel, puise dans les fables une poésie empreinte de dérision, de sublime et d'outrance burlesque.        <br />
              <br />
       En France, ses spectacles ont été joués au Théâtre du Rond-Point (&quot;La Trilogie des lunettes&quot;, &quot;Les Sœurs Macaluso&quot;, &quot;Bêtes de scène&quot;…), au Festival d'Avignon (&quot;Misericordia&quot;, &quot;La statuette de sucre&quot;, &quot;La Fête des morts&quot;…) ou encore à La Colline (&quot;Fable pour un adieu&quot;…). Aujourd'hui, répondant à une commande, elle fait son entrée à la Comédie-Française et s'attaque pour la première fois, avec &quot;Les Femmes savantes&quot; (1672), à une œuvre du répertoire classique français.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518808.jpg?v=1769121374" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Mais de quoi parle exactement cette avant-dernière comédie de Molière, à laquelle on trouve parfois des similitudes avec deux œuvres antérieures, &quot;Les Précieuses ridicules&quot; (1659) et &quot;Le Tartuffe ou l'Imposteur&quot; (1669) ? En voici le résumé en quelques mots : Philaminte, sa belle-sœur Bélise et sa fille aînée Armande, toutes trois férues de poésie, se trouvent sous l'emprise de Trissotin, un &quot;bel esprit&quot; qui les subjugue par ses poèmes et sa pompeuse éloquence. Henriette, la cadette, indifférente à tout cela, songe, elle, à se marier. Alors que son choix s'est porté sur Clitandre qui, après avoir été rejeté par Armande, lui fait une cour assidue, sa mère décide de lui faire épouser Trissotin.       <br />
              <br />
       Désespoir total de l'intéressée. Si Henriette est soutenue dans ses desseins matrimoniaux par son père, Chrysale, celui-ci n'a pas le courage de s'opposer à sa femme qu'il laisse diriger la maisonnée comme bon lui semble. De son côté, Armande, quelque peu jalouse à l'idée de voir sa sœur convoler avec son ancien soupirant, tente de reconquérir Clitandre. Une ruse d'Ariste, l'oncle d'Henriette, permettra de démasquer Trissotin et de sauver la situation in extremis.       <br />
              <br />
       Sur le grand plateau de la Salle Renaud-Barrault – la Salle Richelieu étant fermée pour travaux, la Troupe du Français joue hors les murs au Théâtre du Rond-Point –, les comédiens se déplacent comme si la représentation n'avait pas commencé. Sur le plateau quasi-nu, la salle toujours allumée, des serviteurs déplacent de grandes malles, installent des néons…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518809.jpg?v=1769121395" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Arrivent ensuite des comédiennes en tenues de ville, ou plutôt vêtues d'affreux joggings. Elles échangent quelques mots, pianotent sur leurs téléphones portables... Tout ce petit monde va et vient, indifférent, dirait-on, à la présence du public. À quoi assistons-nous exactement ? À la mise en place d'une répétition ? Puis soudain trois énormes sacs tombent des cintres, emplis de costumes, d'accessoires, le texte de la pièce y compris. La comédienne Jennifer Decker s'en empare, en lit un passage, puis le jette et s'éclipse.       <br />
              <br />
       C'est presque étonnés que nous l'entendons, de retour sur scène, proférer à l'attention de sa camarade Édith Proust : <span style="font-style:italic">&quot;Quoi ! le beau nom de fille est un titre ma sœur,/Dont vous voulez quitter la charmante douceur,/Et de vous marier, vous osez faire fête ?/Ce vulgaire dessein vous peut monter en tête ?&quot;</span> On pense alors au film de Louis Malle &quot;Vanya, 42ᵉ rue&quot; (1994) dans lequel, sans que nous nous en rendions réellement compte, les acteurs entraient progressivement dans le texte et l'univers de Tchekhov… Et c'est presque malgré elles, semble-t-il, que les comédiennes vont ici se glisser dans celui de Molière.       <br />
              <br />
       Alors que de ces malles d'un temps ancien s'extirpent des personnages masculins poussiéreux, en habits plus ou moins d'époque, les femmes, elles, restent ancrées dans le XXIᵉ siècle et ne revêtent leurs costumes que progressivement, par strates, comme &quot;happées&quot; par le monde de Molière. Emma Dante explique avoir ainsi voulu représenter les femmes à distance du monde des hommes, jugeant la gent féminine plus avancée dans ses réflexions que la gent masculine. Un décalage temporel qui en dit long sur la condition des femmes. Par ce glissement progressif, la metteuse en scène a également souhaité rendre hommage à la langue de Molière et montrer la &quot;contamination&quot; des comédiennes par le texte.       <br />
              <br />
       Dans cette esthétique qui n'est pas sans rappeler celle du &quot;Marie-Antoinette&quot; de Sofia Coppola (2006), avec paire de Converse et tube des années quatre-vingt du groupe de rock indé Siouxsie and the Banshees, les époques se côtoient jusque dans le magnifique décor de la demeure : tapisseries défraîchies, sol à damier élimé, mais aussi rampes à LED, néons ultra-contemporains, fauteuils d'époque sur roulettes, ordinateurs portables… Costumes tout aussi fous que splendides dans leurs formes et leurs couleurs acidulées, perruques extravagantes contribuent pleinement à cette beauté visuelle et à cette atmosphère pop. La plasticienne Vanessa Sannino a ici effectué un travail remarquable tant sur les costumes que sur la scénographie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518810.jpg?v=1769121415" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène, virevoltante, avec un décor que nous découvrons mobile, accumule les effets visuels. Ainsi, en réponse à Chrysale, son mari, qui vient de lui dénigrer la littérature, Philaminte fait-elle apporter sur scène des piles de livres démesurées dont elle emplit la maison. Alors que la littérature éclot physiquement avec des livres pop-up, des fleurs aux couleurs vives surgissent simultanément de la tapisserie. Cet univers pop-rock déjanté se poursuit jusque dans la musique, de Billie Eillish à The Clash, en passant par Björk, nous offrant de grands frissons artistiques.       <br />
              <br />
       Le jeu exacerbé des comédiens, excessif, dans une corporalité drôle et grotesque digne de la commedia dell'arte, est du plus haut comique. Tous sont excellents et s'amusent, dans un enthousiasme communicatif. Mention spéciale à Laurent Stocker, dans le rôle de Chrysale, décidément en très grande forme ! Soulignons également le parti-pris fort intéressant d'un Trissotin séduisant et non pas repoussant comme il est souvent représenté. Magistralement interprété par Stéphane Varupenne, l'imposteur est d'autant plus difficile à démasquer.       <br />
              <br />
       Si le spectacle est artistiquement une réussite, avec des moments de pure poésie tels que la danse aux néons ou le tableau final, il est à regretter que le propos de la pièce soit quelque peu noyé sous l'esthétique. Même si le texte passe parfaitement la rampe – excellence des Comédiens-Français oblige ! –, Quid réellement de la condition des femmes ? Ces femmes savantes sont-elles des précieuses ridicules ou des femmes en juste rébellion contre l'ordre patriarcal ? La profusion d'images et de situations comiques ne nous permettent pas réellement de nous faire une opinion. N'empêche, ce spectacle possède une poésie baroque au charme incontestable.       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65520776.jpg?v=1769158757" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Collaboration artistique : Rémi Boissy.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Stéphane Varupenne, Jennifer Decker, Gaël Kalimindi, Sefa Yeboah, Édith Proust, Aymeline Alix, Charlotte Van Bervesselès et Diego Andres, Hippolyte Orillard, Alessandro Sauna, Sabino Civilleri.       <br />
       Scénographie : Vanessa Sannino, assistée de Ninon Le Chevalier.       <br />
       Costumes : Vanessa Sannino, assistée de Marion Duvinage.       <br />
       Lumières : Christian Zucaro.        <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.        <br />
       Comédie-Française hors les murs, Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 95 98 00.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0110/fListeManifs.aspx?idstructure=0110" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       Et en direct au cinéma le 1ᵉʳ mars à 15 h (Pathé Live).       <br />
       <a class="link" href="https://www.pathelive.com/fr/evenements/theatre/les-femmes-savantes/" target="_blank">&gt;&gt; pathelive.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <title>"La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique</title>
   <pubDate>Thu, 08 Jan 2026 17:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Première pièce d'Éric-Emmanuel Schmitt, écrite en 1991, "La nuit de Valognes" est le procès d'un invétéré séducteur, le ci-devant Don Juan, se retrouvant confronté à cinq anciennes victimes au cours d'une nuit mouvementée. C'est ce texte, pas forcément aisé à monter, dont s'est emparée la jeune compagnie Les Enfants du Hibou, basée à Saint-Brieuc dans les Côtes-d'Armor, qui commence avec rigueur et enthousiasme sa toute nouvelle existence.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389612.jpg?v=1767892185" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
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      Une nuit, cinq femmes se retrouvent dans un manoir perdu de la lande normande pour instruire le procès de Don Juan. Celles-ci sont toutes d'anciennes victimes qui veulent l'obliger à épouser la dernière de ses conquêtes, ultime sentence pour un incorrigible enjôleur volage qui devra ainsi subir une paradoxale permanence maritale. Mais curieusement, Don Juan accepte. Est-ce une forme de lassitude qui alors l'envahit ? Qu'est exactement ce procès ? Celui de la séduction et de son unique objectif qu'est sa finalité sexuelle ? Est-ce celui sur le jeu de l'amour et ses abus ?       <br />
              <br />
       Dans &quot;La Nuit de Valognes&quot;, Éric-Emmanuel Schmitt propose une vision personnelle de Don Juan. Même s'il s'attache à reprendre d'anciens traits empruntés à d'autres auteurs, se référant en particulier à Molière, il revisite à sa manière le célèbre mythe et il place son héros dans une situation nouvelle, portant sur une forme plus moderne de spiritualité et posant des questions plus en relation avec des interrogations contemporaines…       <br />
              <br />
       Pourquoi y aurait-il d'un côté que des êtres en quête de l'amour absolu et, de l'autre, les méchants séducteurs ? Les choses ne seraient pas, en réalité, plus complexes ? Connaissons-nous vraiment ces femmes séduites par Don Juan, anciennes victimes ou fraîche victime – Angélique – aux apparences presque trop pures et fragiles, devenues, le temps d'une nuit, des juges ? Il est impossible qu'elles n'aient eu que ce rôle passif…
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389615.jpg?v=1767892253" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
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      Dans la vie, on ne peut pas être que victime. Pendant cette longue nuit, nos certitudes se craquellent. Et c'est justement ce que nous allons découvrir à travers les &quot;nouveautés et ruses&quot; dramaturgiques que l'auteur utilise pour faire surgir de nouvelles significations. C’est cela que nous voulons voir : ce qu’il y a derrière.       <br />
              <br />
       Certes, Don Juan raisonne comme un soldat, en perpétuel mouvement, conquérant et seulement conquérant. Dans cette course sans fin, il semble n'éprouver rien d'orgasmique dans l'orgasme, juste la délivrance d'une tension. Et chacune des femmes présentes ce soir-là demandent à Don Juan de les épouser pour expier sa faute et ses crimes passés ? Toutes ou presque toutes raccrocheraient bien à la joute amoureuse… L'art du compliment amoureux, même s'il est pernicieux, ravit les oreilles et les cœurs. Et l’amour dans tout ça ? Enfin, quel est le véritable visage de l’objet amoureux qui suscita, un jour, le plus grand émoi de Don Juan ? Femme ou homme ?       <br />
              <br />
       Tout cela est contenu dans cette version contemporaine de Don Juan. Ce sont les choix d'Éric-Emmanuel Schmitt qu'a très bien retranscrits la Compagnie Les Enfants du Hibou. Appuyée par une mise en scène souvent dynamique, mais toujours précise, d'Émeline Dupuis, les comédiennes, très bien distribuées, donnent à chaque amante séduite et abandonnée, la bonne mesure, la bonne tonalité de leur personnalité. Leurs interprétations éclairent parfaitement les caractères et les humeurs de chacune. Exubérance pour certaines, retenue pour d'autres, envie de récidive marquée pour les unes, plus timides pour les autres.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389647.jpg?v=1767892363" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
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      Ces jeux, bien différenciés par une bonne direction d'acteurs et une mise en espace intelligente, nous permettent d'assister à quelques belles scènes très réussies, dont celle où trois d'entre elles racontent l'histoire de leur rencontre avec le séducteur. Chacune, successivement, continue la phrase de l'autre. Mise en scène au point et interprétation parfaite. Très bonne diction et phrasé fluide, une séquence &quot;aux petits oignons&quot; très agréable.       <br />
              <br />
       De son côté, Don Juan varie les plaisirs et nous offre un large éventail d'émotions et de sentiments, parfois très fougueux, parfois à la frontière d'une lassitude suicidaire. Oui, Don Juan est las… La belle, la douce Angélique en profiterait-elle ? Elle opère, au moins, à minima une réelle prise en main de la situation. Cela vaudra de beaux échanges, à la dramaturgie maîtrisée entre Don Juan et Angélique… Finalement, &quot;Le paon est mort&quot; ! Don Juan a-t-il changé ? Sans aucun doute, et la belle rencontre amoureuse ne sera pas forcément là où on s'y attend.       <br />
              <br />
       La proposition de la Compagnie Les Enfants du Hibou révèle une grande fidélité au texte d'Éric-Emmanuel Schmitt. Toute la troupe, metteuse en scène, comédiennes et comédiens, font montre d'une véritable et enthousiaste implication dans cette création théâtrale. Bien sûr, quelques faiblesses apparaissent parfois dans l'intensité de jeu, on peut ressentir parfois un petit manque d'énergie, mais cela est dû, à mon sens, à la longueur de certains passages du texte. D'une manière générale, cette première pièce de la compagnie de Saint-Brieuc est prometteuse et nous attendons avec impatience leur prochain spectacle.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
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     <div><b>"La nuit de Valognes"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389656.jpg?v=1767892397" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
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      Texte : Éric-Emmanuel Schmitt.       <br />
       Mise en scène : Émeline Dupuis.       <br />
       Avec : François Pianetti, Marie-Annick Siméon, Émeline Dupuis, Michel Gaboriau, Hélène Lebouché, Annabel Kerjan, Aurélie Rodrigue, Élodie Le Corvaisier, David Tronel, Anne Verdier.       <br />
       Regard extérieur : Ludovic Pestan.       <br />
       Costumes : Laurent Désille       <br />
       Technique : Frédéric Bouillin et Tom.       <br />
       Par la Compagnie Les Enfants du Hibou.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">17 et 18 janvier 2026.</span>        <br />
       Théâtre de Poche, 6, rue de la Tullaye, Saint-Brieuc (22).       <br />
       Téléphone : 02 56 44 68 68       <br />
       <a class="link" href="https://cie-quaiouest.fr/saison-2025-2026/" target="_blank">&gt;&gt; Théâtre de Poche</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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