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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>100 musiciens de l'Orchestre Philharmonique de Radio France jouent Charlie Chaplin pour l'UNICEF</title>
   <pubDate>Tue, 21 Apr 2020 19:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[RV du Jour]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les musiciens, l'équipe de l'Orchestre Philharmonique de Radio France et leur directeur musical Mikko Franck ont souhaité se mobiliser, en tant qu'Ambassadeurs d'UNICEF France, pour diffuser un message de soutien et accompagner l'appel aux dons, particulièrement nécessaire en cette période troublée par la crise sanitaire COVID-19 qui touche actuellement la France et l'ensemble du monde.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/45136779-36587159.jpg?v=1587492655" alt="100 musiciens de l'Orchestre Philharmonique de Radio France jouent Charlie Chaplin pour l'UNICEF" title="100 musiciens de l'Orchestre Philharmonique de Radio France jouent Charlie Chaplin pour l'UNICEF" />
     </div>
     <div>
      Dans le cadre particulier du confinement, les musiciens ont choisi d'interpréter, depuis leur domicile, &quot;Love Theme&quot; tiré du film &quot;Les temps modernes&quot; de Charlie Chaplin (thème repris par Nat King Cole pour la célèbre chanson &quot;Smile&quot;). Une œuvre choisie par les musiciens de l'Orchestre pour sa qualité artistique et la portée du message universel, spécialement arrangé pour l'occasion par le compositeur et chef d'orchestre américain Timothy Brock*.       <br />
              <br />
       Ce clip a été possible grâce à une étroite collaboration avec le département vidéo de Radio France. Enregistrés en son réel, les 100 fichiers ont ensuite été scénarisés, montés et mixés (aucun playback). C'est une véritable prouesse technique et artistique pour porter un projet solidaire et humanitaire avec France Musique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/jn27pQZnUnc" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/45136779-36587187.jpg?v=1587492760" alt="100 musiciens de l'Orchestre Philharmonique de Radio France jouent Charlie Chaplin pour l'UNICEF" title="100 musiciens de l'Orchestre Philharmonique de Radio France jouent Charlie Chaplin pour l'UNICEF" />
     </div>
     <div>
      &quot;En France et partout dans le monde, l'UNICEF se mobilise pour venir en aide aux enfants vulnérables et faire face à l'épreuve de cette terrible pandémie. Accès à l'eau, protection, éducation, soutien psychosocial, nous nous battons sur tous les fronts, pour venir en aide aux plus démunis. Toutes ces actions ne pourront se faire qu'avec la mobilisation du plus grand nombre. C'est pourquoi, les messages d'espoir que nous envoie aujourd'hui l'Orchestre Philharmonique de Radio France nous vont droit au cœur et nous apportent un soutien précieux et harmonieux. Nous leur en sommes infiniment reconnaissants&quot;, déclare Sébastien Lyon, directeur général d'UNICEF France.       <br />
              <br />
       Ambassadeur d'UNICEF France depuis 2007 (à l'initiative de Myung-Whun Chung, directeur musical de 2000 à 2015), l'Orchestre Philharmonique de Radio France mène de nombreuses actions conjointes avec l'organisation en France et à l'étranger, en formation orchestrale ou en petite formation de musiciens. Le 19 février 2018, Mikko Franck, directeur musical de l'Orchestre Philharmonique de Radio France depuis 2015, est devenu à son tour ambassadeur d'UNICEF France et a réalisé depuis deux missions, au Bénin et une au Sénégal, pour découvrir les actions de l'organisation sur le terrain et les suivre d'une année sur l'autre.       <br />
              <br />
       I[* UNICEF France et l'Orchestre Philharmonique de Radio France remercient vivement Timothy Brock et les ayants droits de Charlie Chaplin qui ont contribué à la réalisation de ce formidable projet.]i       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://lp.unicef.fr/urgence-covid-19/" target="_blank">Pour faire un don à UNICEF &gt;&gt; unicef.fr/Covid19</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/45136779-36587159.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/100-musiciens-de-l-Orchestre-Philharmonique-de-Radio-France-jouent-Charlie-Chaplin-pour-l-UNICEF_a2717.html</link>
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   <title>"Le Sacre de Stravinsky" de Bartabas à la Seine Musicale</title>
   <pubDate>Wed, 26 Sep 2018 07:54:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La Seine Musicale présente la chorégraphie du metteur en scène et écuyer Bartabas, "Le Sacre de Stravinsky", pour l'Académie Équestre de Versailles. Un très beau spectacle qui lui permet de nouer une première collaboration avec l'Orchestre Philharmonique et les Chœurs de Radio France dirigés par Mikko Franck.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25861488-26912484.jpg?v=1537942624" alt=""Le Sacre de Stravinsky" de Bartabas à la Seine Musicale" title=""Le Sacre de Stravinsky" de Bartabas à la Seine Musicale" />
     </div>
     <div>
      Pour son deuxième spectacle présenté dans la grande salle de La Seine Musicale (après le &quot;Requiem&quot; de Mozart), le grand Bartabas revisite pour l'Académie équestre de Versailles son ballet &quot;Le Sacre de Stravinsky&quot; créé initialement à Amsterdam par les Voltigeurs de Zingaro.       <br />
              <br />
       C'est à un spectacle d'art total que nous invite le célèbre écuyer et chorégraphe avec les douze Écuyers et dix-huit chevaux de son académie fondée en 2003, sept danseurs indiens, une artiste aérienne, les chœurs et orchestre de Radio France. Un travail collectif rapprochant en une vision inédite deux chefs-d'œuvre du compositeur russe, le ballet &quot;Le Sacre du Printemps&quot; et la &quot;Symphonie des Psaumes&quot;.       <br />
              <br />
       Dans une première partie, les artistes et cavaliers redonnent vie au grand rite sacral païen créé en 1913 au Théâtre des Champs-Élysées en redéfinissant les relations entre animalité et humanité (une préoccupation majeure dans le travail de Bartabas). Après l'entracte, rejoints par les Chœurs de Radio France, c'est à la symphonie chorale composée en 1930 (au moment où Stravinsky retrouve la foi et renoue avec l'Église orthodoxe) que le ballet équestre dédie sa création en de superbes figures que semble appeler un Ange (la magnifique &quot;Aérienne&quot; Jeanne Eden).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25861488-26912495.jpg?v=1537942702" alt=""Le Sacre de Stravinsky" de Bartabas à la Seine Musicale" title=""Le Sacre de Stravinsky" de Bartabas à la Seine Musicale" />
     </div>
     <div>
      Le rapprochement fait sens évidemment en un chemin tracé entre deux affirmations artistiques fortes, de l'expression des forces dionysiaques primitives de Pan à l'exaltation spirituelle d'une œuvre symphonique tissée de chants bibliques en latin tirés des Psaumes 35, 39 et 150.       <br />
              <br />
       Dans le manège aménagé sur le plateau, place d'abord au ballet mêlé de sensualité et d'antagonismes des Danseurs indiens de Kalaripayatt (remplaçant les Adolescentes du ballet d'origine) et des Amazones de l'Académie (en lieu et place des Vieux Sages). Dans une première section intitulée &quot;Le Baiser à la Terre&quot;, ces danseurs étreignent et labourent une colline de terre, bientôt cernés par les figures des Amazones pour un &quot;Jeu du Rapt&quot;, des &quot;Rondes printanières&quot; et un &quot;Jeu des Cités rivales&quot; jusqu'à l'arrivée du &quot;Cortège du Sage&quot; (ici la Reine des Amazones).       <br />
              <br />
       L'Orchestre Philharmonique de Radio France redessine dans ce ballet des harmonies moins rudes pour la musique, en assagissant quelque peu la charge sauvage de ce &quot;Sacre&quot;. Mikko Franck choisit clairement dans sa direction d'accompagner sensuellement les cadences flexibles et vibrantes des chevaux.       <br />
              <br />
       Aux tentatives d'union sensuelle des danseurs répond la domination des Amazones par le biais d'allures variées de leurs montures : doublements, foules, trot enlevé ou galop. Aux voltes très maîtrisées de leurs magnifiques chevaux s'ajoutera, dans la deuxième section (&quot;Le Grand Sacrifice&quot;), la brillance de trois pur-sang blancs tout en cabrioles et cabrements qui se rouleront à plusieurs reprises dans la terre pour signifier leur retour à la nature et à la sauvagerie. C'est le fiancé qui sera sacrifié à la Reine des Amazones en un intrigant retournement de perspective.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25861488-26912499.jpg?v=1537942753" alt=""Le Sacre de Stravinsky" de Bartabas à la Seine Musicale" title=""Le Sacre de Stravinsky" de Bartabas à la Seine Musicale" />
     </div>
     <div>
      Dans la &quot;Symphonie des Psaumes&quot;, place à de majestueuses écuyères de l'Académie, aux chevelures lâchées et aux magnifiques costumes médiévaux. Elles brillent en enchaînant les pas stylisés (ceux de la haute école classique de la Grande Écurie Royale), avec d'élégantes figures d'allongement ou de changements de pied.        <br />
              <br />
       Ces princesses de contes font montre de toute leur finesse de cavalière avec une maîtrise souveraine de leurs coursiers et de leurs pistes. Leur danse évoque d'énigmatiques tableaux de maîtres dans le beau clair-obscur imaginé par Bertrand Couderc. Le chœur mixte à quatre voix et l'orchestre les accompagnent dans une partition, dont l'écriture dépouillée le plus souvent homophonique de Stravinsky roule jusqu'au crescendo final, tout pénétré d'ardente foi.        <br />
              <br />
       Une deuxième partie du spectacle qui, tel un second panneau pictural, met à l'honneur l'équitation de légèreté de tradition française - celle qu'entend préserver Bartabas depuis qu'il a créé l'Académie équestre nationale du domaine de Versailles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25861488-26912502.jpg?v=1537942801" alt=""Le Sacre de Stravinsky" de Bartabas à la Seine Musicale" title=""Le Sacre de Stravinsky" de Bartabas à la Seine Musicale" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 21 au 26 septembre 2018 à 20 h 30.</span>       <br />
              <br />
       La Seine Musicale,       <br />
       Île Seguin, Boulogne-Billancourt (92).       <br />
       Tél. : 01 74 34 53 53.       <br />
       <a class="link" href="https://www.laseinemusicale.com/" target="_blank">&gt;&gt; laseinemusicale.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Le Sacre de Stravinsky&quot;.</b>       <br />
       Théâtre équestre.       <br />
       &quot;Le Sacre du Printemps&quot;.       <br />
       &quot;Symphonie des Psaumes&quot;.        <br />
       Musique d'Igor Stravinsky.       <br />
       Durée : 1 h 20 avec entracte.       <br />
              <br />
       Bartabas, scénographie et chorégraphie.       <br />
       Mikko Franck, direction musicale.       <br />
       Bertrand Couderc, création lumières.       <br />
              <br />
       Avec :       <br />
       L'Académie équestre de Versailles.       <br />
       L'Orchestre Philharmonique de Radio France.       <br />
       Le Chœur de Radio France dirigé par Lionel Sow.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/25861488-26912484.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Sacre-de-Stravinsky-de-Bartabas-a-la-Seine-Musicale_a2247.html</link>
  </item>

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   <title>Grandiose Berlioz à la Philharmonie</title>
   <pubDate>Sun, 13 May 2018 08:22:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'Orchestre Philharmonique et le Chœur de Radio France accompagnés par le Chœur de la radio de Cologne, le WDR Rundfunkchor, ont uni leurs forces sous la baguette de Mikko Franck pour offrir un "Requiem" berliozien magistral.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22181618-24987567.jpg?v=1526193761" alt="Grandiose Berlioz à la Philharmonie" title="Grandiose Berlioz à la Philharmonie" />
     </div>
     <div>
      On ne se lasse pas généralement d'admirer nos orchestres français, dont une élite ravit spécialement cœurs et oreilles à chacun de leurs concerts. De cette élite, l'Orchestre Philharmonique de Radio France est un exemple frappant puisque composé de musiciens parmi les plus doués. Quand ces derniers sont dirigés par leur directeur musical dans une des plus sublimes œuvres au monde, le &quot;Requiem&quot; de Berlioz, alors c'est le paradis assuré pour le distingué mélomane à qui on aura fait ressentir les plus fortes sensations - ce qu'on appelle une grande soirée de communion intense.       <br />
              <br />
       Il faut dire que l'œuvre choisie ce soir-là (en un week-end qui célèbre l'anniversaire des chœurs de Radio France) est hors-norme de par sa conception et les moyens qu'elle nécessite. Une apothéose parmi d'autres dans l'œuvre du compositeur né à La-Côte-Saint-André en 1803 ? Non. Berlioz a trente-quatre ans en 1837. Auréolé de la gloire apportée par sa Symphonie Fantastique, le compositeur s'est vu commander par le Ministère de l'Intérieur une messe de requiem pour commémorer la Révolution de 1830 (qui a permis l'accession au pouvoir de Louis-Philippe) et l'assassinat du Maréchal Mortier en 1835 par un terroriste (en lieu et place du roi).       <br />
              <br />
       La <span style="font-style:italic">furor</span> créatrice romantique va s'emparer de lui <span style="font-style:italic">(1)</span>, et le modèle choisi de cette traversée des temps et de l'éternité sera celui de &quot;La divine comédie&quot; de Dante. Le &quot;Requiem&quot; opus 5 de Berlioz - au texte religieux réécrit en partie à des fins d'efficacité dramatique - se tient tel un monument architectural tripartite : des cortèges funèbres pleins d'une tristesse résignée, plaintifs morts pris de terreur sur le chemin terrible du jugement dernier au fracas apocalyptique, marchent jusqu'au châtiment de leurs péchés ou vers le Salut réservé à quelques élus. Trois stations : des cercles de l'Enfer vers le Paradis via le Purgatoire, itinéraire que le public emprunte à la suite des chœurs et des musiciens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22181618-24987573.jpg?v=1526193808" alt="Grandiose Berlioz à la Philharmonie" title="Grandiose Berlioz à la Philharmonie" />
     </div>
     <div>
      Composé en trois mois, le &quot;Requiem&quot; va également permettre au compositeur de satisfaire sa passion du gigantisme : pas moins de quatre cents personnes sont mobilisées pour sa création (chanteurs et orchestre) dans l’Église Saint-Louis des Invalides <span style="font-style:italic">(2)</span>. Cette méditation intime et formidable sur la mort des hommes (et ce qui suit) aux possibilités expressives inouïes est pensée enfin pour s'emparer d'un lieu spirituel, l'habiter, en exploiter le potentiel en termes de sonorités en plaçant de façon inédite, en ses quatre coins, quatre fanfares, huit paires de timbales cernant un énorme effectif de bois et cordes et les deux-cents chanteurs prévus. L'élève de Le Sueur (ce dernier meurt cette année-là) renouvelle donc considérablement la tradition française des spectacles grandioses nés avec la Révolution de 1789.       <br />
              <br />
       Le choix de la Philharmonie de Paris s'impose donc puisque c'est le temple même de notre religion contemporaine. Mikko Franck, serein et magistral, a choisi en ce vingt-sept avril d'exploiter toutes les ressources de la grande salle Pierre Boulez en plaçant la moitié des ensembles de cuivres au deuxième balcon. À chacune de leurs interventions, l'effet stupéfiant (et comme surhumain) est garanti. Le chef organise le chaos, distille lumières et ténèbres en se faisant peintre de fresque tragique mais aussi peintre subtil d'icônes. Il obtient l'impossible : modulations des climats, suspensions artistes des chœurs, lyrisme austère et déchaînements infernaux de tous en un art consommé des dynamiques et des rythmes. Tout crie vers le Ciel -  que le ténor John Irvin et les répons des voix féminines convoquent admirablement dans le &quot;Sanctus&quot;, puis les chœurs se raréfiant dans l' &quot;Agnus Dei&quot; final.       <br />
              <br />
       Les musiciens du Philharmonique ont porté haut la flamme berliozienne avec un sens de l'expression, des textures et des couleurs, véritablement grand. Ceux des chœurs, aux entrées nettes, aux évanouissements poignants comme aux déferlements splendides ont de surcroît servi avec ferveur et une belle homogénéité ce &quot;Requiem&quot;, dont les interrogations métaphysiques inquiètes ne peuvent que toucher les tréfonds de l'être. On ne regrettera que les toux intempestives et incessantes particulièrement insupportables des auditeurs, perturbant les silences méditatifs voulus par Berlioz entre les épisodes du texte liturgique. Un problème récurrent partout, au concert comme à l'opéra, et dont il faudrait se saisir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22181618-24987590.jpg?v=1526194049" alt="Grandiose Berlioz à la Philharmonie" title="Grandiose Berlioz à la Philharmonie" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">(1) Berlioz écrira dans ses &quot;Mémoires&quot; : &quot;Le texte du Requiem était pour moi une proie dès longtemps convoitée, qu'on me livrait enfin, et sur laquelle je me jetai avec une sorte de fureur.&quot; Berlioz, ce lion …       <br />
       (2) L'ensemble des forces représentait ce soir-là environ deux cent cinquante personnes. La jauge habituelle pour cette œuvre à notre époque.</span>       <br />
              <br />
       <b>Concert disponible au podcast sur le site de France Musique.</b>       <br />
              <br />
       Le &quot;Requiem&quot; sera donné cet été au <b>Festival de Saint-Denis</b> les <span class="fluo_jaune">4 et 5 juillet à 20 h 30</span> (Orchestre National de France dirigé par Valery Gergiev), le <span class="fluo_jaune">21 août 2018</span> au <b>Festival Berlioz à la Côte-Saint-André</b> (avec le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz dirigé par François-Xavier Roth) et en 2019 avec l'Orchestre de Paris (à la Philharmonie).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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