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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-14T09:04:38+02:00</dc:date>
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   <title>"Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…</title>
   <pubDate>Thu, 10 Mar 2022 10:07:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si l'Histoire nationale a retenu 1979 comme date de fermeture des deux derniers hauts fourneaux de ce haut site sidérurgique de l'est de la France, le couple de retraités formé par Georges, l'un des antihéros anonymes des aciéries d'Hagondange, et par son épouse, Marie, au destin indissolublement lié, souffre de la vacance de vies préemptées par le travail. Lorsque l'on s'est donné corps et âme, quarante-six années de labeur durant, à des tâches répétitives absorbant l'énergie vitale, que reste-t-il à espérer lorsque "l'heure de la retraite" sonne ? Loin du champ de bataille minier, les voilà désormais livrés à eux-mêmes, seuls, irrémédiablement seuls face à une ultime campagne qui n'a jamais été la leur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62935591-45491177.jpg?v=1646905070" alt=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" title=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" />
     </div>
     <div>
      Écrite en 1975 par Jean-Paul Wenzel, cette pièce &quot;sociale&quot; ne pouvait laisser indifférent Michel Allemandou, metteur en scène sensible au monde tel qu'il va, ou ne va pas. Endossant le rôle de Georges, bedaine généreuse et pantalon à bretelles pour la soutenir, il en devient le clone. Quant à sa complice coincée dans ses robes d'époque, Colette Sardet, elle est une Marie soumise à l'homme qu'elle aime en en épousant le destin. Un couple uni à la vie à la mort, avec ses moments de tendresses, de désespoirs communs et de désaccords singuliers. La banalité du mal vivre ordinaire…       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Avec le temps, va, tout s'en va, l'on oublie les voix qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens&quot;</span>, chantait Léo Ferré… mais une chose ne peut s'oublier : les stigmates du travail comme plaie à vif que rien ni personne ne pourra cicatriser. Georges s'aliénant dès sept heures du matin à battre le fer dans son atelier dressé derrière la maison, comme s'il lui fallait retrouver les conditions de sa vie d'antan pour avoir droit d'exister. Une addiction propre à l'entrainer direct vers la tombe. Lui, et son épouse rudoyée par ses mots blessants lorsqu'elle se risque à le distraire de sa tâche, lui, l'éternel Sisyphe, victime maintenant de sa &quot;servitude volontaire&quot;, lui, ayant &quot;choisi&quot; de réitérer les gestes l'ayant détruit pour se faire accroire qu'il était devenu maître de son destin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62935591-45491183.jpg?v=1646905104" alt=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" title=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" />
     </div>
     <div>
      Dans un décor où les objets du quotidien font signe (Sélection du Reader's Digest et Télé 7 Jours, en guise d'objets culturels  ouvrant une fenêtre sur le monde, cf. Roland Barthes et son recueil &quot;Mythologies&quot;), en une succession de tableaux séparés par des claps noirs, lui et elle vont se donner à voir, dévoilant au travers de ce qui les occupe, les dégâts collatéraux d'une vie condamnée au labeur. Et c'est là, peut-être, que l'on reste un peu sur notre faim… En effet, si la tendresse du metteur en scène pour ses personnages, victimes d'un destin dont ils ne sont que les malheureux dépositaires, est palpable de bout en bout, la cruauté vis-à-vis de ce qui leur a volé leur existence est, elle, par trop diluée dans la narration des menus faits occupant &quot;l'avant-scène&quot;.       <br />
              <br />
       Un chauffe-eau à réparer (<span style="font-style:italic">&quot;les choses sont de moins en moins solides…&quot;</span>), un gilet à tricoter pour son homme, le quotidien tourne autour de la table en formica jaune, du fauteuil disposé devant un faux feu de bois éclairé par de petites ampoules rouges et des échos du Jeu des mille francs (&quot;Chers amis, Bonjour !&quot;) rythmant leur existence désertée. Et lorsque la visite - eux qui n'en reçoivent aucune - d'une démarcheuse à domicile se profile, cela fait figure d'événement révélant le vide relationnel de l'épouse que seule une cassette de chants enregistrés vient égayer. <span style="font-style:italic">&quot;La grande musique&quot;</span>, ainsi appelle-t-elle ces enregistrements qui lui rappellent que dans une autre existence peut-être, elle aurait pu être artiste… Quant à la Tour Eiffel éclairée - cadeau de leur fille dont les signes de vie sont pour le moins clignotants - et le tableau peint par leur petit-fils, ils sont les témoins muets de leur solitude abyssale.       <br />
              <br />
       Parler des changements de saison… Mais de quoi parler d'autre lorsque la vie est réduite comme peau de chagrin ? Et a-t-elle seulement jamais existé, la vie ? Le désir charnel, lui, éventuellement, il pourrait sporadiquement le ressentir, mais elle, non, étant devenue à son corps défendant une mère pour lui, inscrivant avec soin la posologie sur les boîtes de ses médicaments. &quot;Une vie&quot; de Maupassant, revue et corrigée à l'aune du XXe siècle industriel finissant.       <br />
              <br />
       La solitude de ces êtres broyés par une existence évidée par la loi du travail ne peut laisser indifférent, sa mise en jeu ici ne manque pas d'intérêt. Cependant, l'attachement ressenti pour ces &quot;hérauts du quotidien ordinaire&quot; prend trop visiblement le pas sur la mise en question politique de cette situation. Là où naguère un Patrice Chéreau, s'emparant du même texte, avait souhaité &quot;privilégier un face-à-face avec le désespoir qui, loin d'être complaisant, serait une force motrice engageant à sortir de l'impasse&quot;, le metteur en scène a semble-t-il choisi de mettre l'accent sur la détresse individuelle de ces vies minuscules unies par la tendresse.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 4 mars au Théâtre du Pont Tournant de Bordeaux (représenté du jeudi 3 au dimanche 6 mars 2022).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Loin d'Hagondange"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62935591-45491189.jpg?v=1646905152" alt=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" title=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" />
     </div>
     <div>
      Auteur : Jean-Paul Wenzel.       <br />
       Mise en scène : Michel Allemandou.       <br />
       Avec, Colette Sardet (Marie), Muriel Machefer (Françoise), Michel Allemandou (Georges).       <br />
       Espace sonore : Jean Rousseau.       <br />
       Scénographie et lumières : Elvis Artur.       <br />
       Costumes : Estelle Couturier-Chatellain.       <br />
       Création du Gai saVoir !!! théâtre.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.theatreponttournant.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatreponttournant.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/62935591-45491177.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Loin-d-Hagondange-Lorsque-le-travail-phagocyte-les-vies-minuscules_a3195.html</link>
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   <title>"Un monsieur qui n'aime pas les monologues" Comment jouer avec les mots pour révéler l'absurde du monde ordinaire</title>
   <pubDate>Sat, 20 Nov 2021 17:19:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand le jeune Georges Feydeau aiguisait sa plume en commettant ses "Monologues" dans ce XIXe siècle finissant où les bourgeois - desquels il faisait partie - prêtaient le flanc à sa verve caustique, il ne pouvait se douter qu'au début du troisième millénaire, d'autres à sa suite seraient tentés de les "réinterpréter". Il suffirait pourtant d'actualiser quelques noms (propres… au sarcasme), en les remplaçant par ceux alors en vogue, et le tour serait "joué", tant la vérité humaine est de nature à perdurer.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60413579-44219753.jpg?v=1637426791" alt=""Un monsieur qui n'aime pas les monologues" Comment jouer avec les mots pour révéler l'absurde du monde ordinaire" title=""Un monsieur qui n'aime pas les monologues" Comment jouer avec les mots pour révéler l'absurde du monde ordinaire" />
     </div>
     <div>
      Michel Allemandou l'a pressenti pour, avec envie, fougue et (im)pertinence, projeter sur l'avant-scène de &quot;La Lucarne&quot; ces vignettes décapantes regroupées sous le titre de l'une d'elles faisant figure d'antiphrase : &quot;Un monsieur qui n'aime pas les monologues&quot;. Dans un stand-up aux allures aussi échevelées que leur interprète, l'acteur metteur en scène parcourt au pas de charge une foultitude de situations, toutes différentes… et à la fois semblables, leur point d'ancrage étant le personnage narrateur hautement satisfait de lui-même. Ainsi, nourri d'une logorrhée articulée à une douce folie, le comédien débite avec la foi du charbonnier ses élucubrations, mixant des énormités de raisonnement à une logique irréfutable.       <br />
              <br />
       Que ce soit l'homme au mal de dents compromettant un mariage mirifique, l'économe riche de se priver de tout et enseignant à son neveu désargenté cette vertu bénéfique, le monologue de l'épouse parlant &quot;inconsciemment&quot; dans son sommeil, le futur député à la pêche de ses électeurs, le théâtre détruit par ceux qui le font, la revue inénarrable d'actualités et la supercherie manifeste de Christophe Colomb, la célébrité tenant à un nom célèbre, l'élixir de jeunesse à base d'organes pilés, le crime parfait d'un innocent par une nuit de lune… et le monsieur qui n'aime pas les monologues, tout est bâti autour des métamorphoses du même.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60413579-44219756.jpg?v=1637426822" alt=""Un monsieur qui n'aime pas les monologues" Comment jouer avec les mots pour révéler l'absurde du monde ordinaire" title=""Un monsieur qui n'aime pas les monologues" Comment jouer avec les mots pour révéler l'absurde du monde ordinaire" />
     </div>
     <div>
      Le nouveau philosophe, imbu de ses monstrations à retourner la tête, déploie tous les registres des mimiques de circonstance. Qu'il soit coiffé d'un chapeau, d'une perruque ou tête nue, qu'il enfile ou non ses gants blancs, il est la réincarnation des Bouvard et Pécuchet contemporains en visite chez des cousins de Bordeaux. Rien ne résiste à sa faconde assurée, ni les attendus communs, ni les communes pensées resucées, tant la pensée mise en commun lui semble un lieu commun qu'il dynamite sans commune mesure. Lui seul sait et dit le monde. Amen.       <br />
              <br />
       Ça rit, ça grince, ça fuse… Rien ne semble pouvoir endiguer le flux de ces mots &quot;renversants&quot; tant et si bien que, cul par-dessus tête, ils prennent vie pour délivrer un sens insensé qui décape toutes les représentations raisonnables. Comme si la logique du syllogisme était convoquée en coulisses pour pousser la raison raisonnante aux confins de ses tensions internes afin de faire exploser au grand jour le ridicule de certitudes partagées communément.       <br />
              <br />
       Et ce jusqu'à la chute, point d'orgue ironique de la performance, se présentant comme une mise en abyme des autres monologues : &quot;Un monsieur qui n'aime pas les monologues&quot; fait descendre dans la salle le comédien, assis au premier rang des spectateurs, pour vilipender celui qui une heure durant nous a abreuvé de ses soliloques tordus.       <br />
              <br />
       Même si parfois, et ce, dans le droit fil de l'époque où il a été écrit, le texte de Georges Feydeau - &quot;remastérisé&quot; pour y substituer le nom de personnalités politiques en vue - n'échappe pas à quelques facilités propres à plaire à moindre coût, le fond du propos reste de grande actualité tant il touche à l'essentiel : l'absurde de la condition humaine et de ses représentants… dont nous sommes. Quant à son interprétation, précipitant calembours et coupures de rythmes, elle est au-dessus de tout soupçon raisonnable tant le rôle endossé par le comédien semble ici avoir été taillé à ses mesures, démesurées à l'envi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Un monsieur qui n'aime pas les monologues"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60413579-44219759.jpg?v=1637426846" alt=""Un monsieur qui n'aime pas les monologues" Comment jouer avec les mots pour révéler l'absurde du monde ordinaire" title=""Un monsieur qui n'aime pas les monologues" Comment jouer avec les mots pour révéler l'absurde du monde ordinaire" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;Les Monologues&quot; de Georges Feydeau.       <br />
       Création originale du Gai saVoir !!! théâtre.       <br />
       Conception et mise en scène : Michel Allemandou.       <br />
       Avec : Michel Allemandou.       <br />
       Lumières et espace sonore : Lucas Baruche et Lucas Fortune.       <br />
       Regards extérieurs : Clovis Lepage et Christophe Caley.       <br />
       Durée 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 5 novembre à 20 h au Théâtre La Lucarne à Bordeaux.</b>       <br />
       A été représenté dans ce lieu du 4 au 7 novembre 2021.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60413579-44219753.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-monsieur-qui-n-aime-pas-les-monologues-Comment-jouer-avec-les-mots-pour-reveler-l-absurde-du-monde-ordinaire_a3105.html</link>
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