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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-10T19:54:35+01:00</dc:date>
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   <title>"Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues</title>
   <pubDate>Thu, 05 Feb 2026 09:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dieu, si l'on en croit des sources sacrées, créa les cieux et la Terre en six jours, puis se reposa le septième… L'infatigable chorégraphe brésilienne, ancrée de plain-pied dans les réalités de la favela de Maré à Rio de Janeiro, revient sur l'avant-scène en créant "Borda", une sarabande impertinente et endiablée pour parfaire "ses" mondes en devenir… Dans ce dernier volet du triptyque complétant "Furia" et "Encantado", elle puise l'intégralité de sa matière première dans le stock inépuisable de vêtements de ses créations précédentes, au rang desquels figurent les costumes mythiques de "May B" offerts par Maguy Marin.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94113329-65650881.jpg?v=1770280524" alt=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" title=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" />
     </div>
     <div>
      Sur un plateau regorgeant de couleurs électrisantes, les corps bouillonnant d'en-vie de ses six danseurs et trois danseuses vont s'en (em)parer, silencieusement puis frénétiquement, pour faire exploser toute idée de frontières, objets de divisions guerrières.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Au commencement, la terre était informe et vide, il y avait des ténèbres au-dessus de l'abîme&quot;…</span> Dans un silence glacial de lendemain d'apocalypse, se prolongeant le temps d'une éternité à l'échelle d'homme, des formes indistinctes sommeillent dans la semi-obscurité. Recouvertes de bâches plastiques transparentes, elles semblent attendre d'être réveillées par les histoires dont elles sont dépositaires.       <br />
              <br />
       Ces créatures, héritières en droit fil de &quot;May B&quot;, vont très, très lentement émerger de leur chrysalide de tissus pour composer des fragments de tableaux vivants (une main, un visage…) d'où elles se détacheront pour, toujours dans un silence abyssal, se mouvoir au ralenti. Lorsque la bouche de l'une d'entre elles viendra à s'ouvrir pour articuler quelques mots, aucun son n'en sortira comme pris dans les glaces. Et quand le dégel adviendra, libérant des visages à la Goya, hilares ou torturés, ils et elles se démèneront dans un ensemble inspiré par l'art expressionniste. Communauté intranquille, coalisant ses forces pour n'être pas engloutie dans les mouvements spasmodiques de la bâche tentaculaire prête à recouvrir ses cris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94113329-65650884.jpg?v=1770280566" alt=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" title=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" />
     </div>
     <div>
      Ainsi nait le deuxième tableau, tout en contraste… Exit la blancheur silencieuse tournée au ralenti du monde d'avant l'émergence de ses forces vives… Place à une débauche frénétique de couleurs éclatantes surhaussées par des musiques traditionnelles recomposées… Plus de créatures flottant dans leurs habits blancs uniformes, mais des êtres de chair et d'os se parant d'accoutrements improbables, éclatant de couleurs vives. Des femmes et des hommes habités par une frénésie les liant les uns aux autres pour ne former qu'un seul corps (é)mouvant, fusionnant, se déchirant, se rapprochant, se chevauchant &quot;en tous sens&quot; pour constituer la chair vivante de tableaux d'une beauté sculpturale renversante.       <br />
              <br />
       Au rythme de compositions musicales survitaminées, déferleront alors sur le plateau – devenu terrain de jeux libérés de toutes contraintes autres qu'artistiques – des compositions corporelles traversées par des pulsions de vie inaliénables… Têtes exorbitées des uns coincées entre les jambes des autres, postérieurs à l'air souriant comme des visages entre d'autres jambes, instantanés défiant tous préjugés convenus. On assiste, comme hypnotisé, à une explosion de liberté enivrante ; une liberté pure conquise collectivement chacun et chacune faisant corps (social).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94113329-65650890.jpg?v=1770280607" alt=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" title=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" />
     </div>
     <div>
      Même si la fureur furieuse de &quot;Furia&quot; (2018 - sous la dictature de Jair Bolsonaro) n'est plus aussi frontale, l'intensité artistique de &quot;Borda&quot;, (em)porté encore et toujours par un langage articulé autour de corps déliés, de couleurs et musiques explosives, n'a aucunement faibli… De création en création, mue par une fibre sociale tissée avec et au contact de ses danseurs de L'École de Maré au cœur de la favela, Lia Rodrigues insuffle un courant impétueux propre à saper des montagnes d'immobilisme. Une énergie festive et créatrice ô combien salutaire dans un monde culturel mis en danger par l'hégémonie de propositions mainstream, Un cocktail explosif à déguster… sans frontières.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 30 janvier 2026 à la Scène Nationale du Carré-Colonnes de Saint-Médard (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Borda"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94113329-65650940.jpg?v=1770280647" alt=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" title=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" />
     </div>
     <div>
      Création 2025 avec le Festival d'Automne 2025 et dans le cadre de la Saison Brésil-France du 12 au 17 septembre 2025.       <br />
       Création : Lia Rodrigues - Companhia de Danças.       <br />
       Danse et création en collaboration avec : Leonardo Nunes, Valentina Fittipaldi, Andrey da Silva, David Abreu, Raquel Alexandre, Daline Ribeiro, João Alves, Cayo Almeida, Vitor de Abreu.       <br />
       Assistante à la création : Amalia Lima.       <br />
       Dramaturgie : Silvia Soter.       <br />
       Collaboration artistique et images : Sammi Landweer.       <br />
       Création lumières : Nicolas Boudier.       <br />
       Régie générale et lumière : Magali Foubert et Baptistine Méral.       <br />
       Costumes : Lia Rodrigues - Companhia de Danças.       <br />
       Couturière : Antonia Jardilino de Paiva.       <br />
       Bande sonore : Miguel Bevilacqua (à partir des extraits de l'enregistrement fait en 1938 au nord du Brésil par la Mission de recherche folklorique conçue par l'écrivain et intellectuel Mario de Andrade - Extrait de la musique Amor Amor Amor du domaine public qui compose le répertoire du &quot;Cavalo Marinho&quot;, danse dramatique brésilienne, interprétée par Luiz Paixão).       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94113329-65651008.jpg?v=1770280919" alt=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" title=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" />
     </div>
     <div>
      <b>A été représenté les 30 et 31 janvier 2026 à la Scène Nationale du Carré-Colonnes de Saint-Médard (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 6 février 2026 :</span> Théâtre Garonne (coréalisé avec La Place de la Danse, dans le cadre de Dansorama) Toulouse (31).       <br />
       <span class="fluo_jaune">12 février :</span> Le Parvis - Scène Nationale Tarbes-Pyrénées, CC Le Meridien, Ibos (65).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/94113329-65650881.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Borda-Des-corps-pris-dans-les-glaces-aux-corps-en-ebullition-le-monde-explosif-de-Lia-Rodrigues_a4469.html</link>
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   <title>"May B"… sans doute un chef d'œuvre !</title>
   <pubDate>Tue, 05 Mar 2019 08:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Devenu un classique, Maguy Marin avec "May B" a réussi à faire, avec ce théâtre dansé, une des revendications de ses idéaux autant artistiques que politiques. Dans un univers aussi gris que souterrain, cinq femmes et cinq hommes se vivent et se racontent corporellement.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/31313332-29567557.jpg?v=1551772224" alt=""May B"… sans doute un chef d'œuvre !" title=""May B"… sans doute un chef d'œuvre !" />
     </div>
     <div>
      La rencontre entre Maguy Marin et Samuel Beckett a lieu en 1981. Il avait 75 ans, elle en avait 30. En amoureuse de l'œuvre de Beckett, elle allait composer une œuvre créatrice de premier plan, &quot;May B&quot;, qui allait bousculer l'univers de la danse. Ce 4 novembre 1981 au théâtre municipal d'Angers, c'était la première fois qu'une création allait rendre compte des bas-fonds d'une société et de ses relations de sexe, de pouvoir autour de poussières et de saleté. L'accueil et le succès n'allaient pas être immédiats. Aujourd'hui, plus de 750 représentations ont été montées sur toute la planète.       <br />
              <br />
       Sa création est de toute beauté, une composition aussi bien théâtrale qu'artistique avec comme cheville ouvrière, la danse. L'humour pointe le bout de son nez, à plusieurs reprises, dans un monde qui semble souterrain, les interprètes étant grimés d'argile sur tout le corps, dans des déplacements où la souplesse et la légèreté sont faussement occultées.       <br />
              <br />
       Et pourtant, celles-ci sont en toile de fond dans les marches qui sont, à dessein, assez rugueux et droits, effectués par des êtres qui semblent sortis des bas quartiers. C'est très beau dans la gestique, la scénographie, la composition chorégraphique. On pose, on meugle, on crie, on mange. Cela vit et déborde d'une fausse joie et d'une lourdeur à la fois légères et très marquées. La frontière est ténue entre les deux.       <br />
              <br />
       Nous sommes à cheval entre deux mondes, celui du groupe et de la solitude, celui du rire et de la tristesse, celui de l'humour et de la gravité, celui de la massivité et de la légèreté, celui du partage et de l'égoïsme, celui du pouvoir et de la soumission. Une certaine lourdeur accompagne les corps, les pas, les déplacements avec des plantes de pieds qui traînent parfois sur les planches, qui se soulèvent légèrement pour caresser le sol du bout des pointes.       <br />
              <br />
       C'est aussi des mouvements de poignets recroquevillés, des jambes qui s'étirent, qui sautent, des membres qui se ragaillardissent parfois après un accoutrement des corps penchés vers le bas, le tout accompagné des musiques de Franz Schubert (1797-1828), Gilles de Binche (1400-1460) et Gavin Bryars (1943-2015).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/31313332-29567571.jpg?v=1551772270" alt=""May B"… sans doute un chef d'œuvre !" title=""May B"… sans doute un chef d'œuvre !" />
     </div>
     <div>
      Il y a aussi des scènes de vie avec ses entrées et ses sorties. Elles se déroulent avec un échange, entre artistes, tissé aussi bien autour du silence, de la complicité, de la solitude, du geste que de la parole. Les rares répliques prononcées sont celles de Beckett. Le corps devient le support d'un langage, d'une communion ou d'une séparation. Tout est dans la gestique, le rapport à l'autre et à soi-même avec des interprètes qui se retrouvent aussi seuls qu'accompagnés. Ce sont des regards perdus, des visages vers le haut ou vers le bas, des expressions figées ou égarées. Le plateau est parfois découpé en plusieurs plans avec des scénettes qui se déroulent en parallèle.       <br />
              <br />
       Les chorégraphies s'enchaînent? avec une synchronisation, même dans des déplacements, qui se veulent des plus &quot;terreux&quot; et des plus rêches, très présentes. Elles sont composées d'un groupe de trois à dix interprètes où le naturel se dégage, les artistes ne s'incarnant pas en tant que danseurs dans leur jeu. Ce sont des personnages avec leurs vécus, leurs émotions, leurs états d'âme.       <br />
              <br />
       Il y a ces moments où ils mangent des gâteaux en se le disputant, où ils se portent, où ils disent que c'est fini et que ça ne l'est pourtant pas, où ils se masturbent, où ils meuglent, articulent des onomatopées. Nous sommes comme dans un monde de finitude où les êtres, mi-mineurs, mi-monstres, se retrouvent à la fois épanouis et étouffés, où la mort semble habiter avec eux.       <br />
              <br />
       C'est une pièce de toute beauté, de grande importance, qui montre les ressorts de notre société autour d'une gamme d'attitudes et d'émotions que Maguy Marin, chorégraphe &quot;enragée&quot; comme elle se définit, a su montrer avec beaucoup de talent et de finesse, renversant les codes de la danse de l'époque qui étaient encore arc-boutés dans une grille de lecture confinée dans le &quot;propre&quot; sans aspérité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"May B"</b></div>
     <div>
      Chorégraphie : Maguy Marin.       <br />
       Avec : Ulises Alvarez, Kais Chouibi, Laura Frigato, Françoise Leick, Louise Mariotte, Cathy Polo, Agnès Potié, Rolando Rocha, Ennio Sammarco, Marcelo Sepulveda.       <br />
       Lumières : Alexandre Beneteaud.       <br />
       Costumes : Louise Marin.       <br />
       Musique : Franz Schubert, Gilles De Binche, Gavin Bryars.       <br />
       Cie Maguy Marin.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 27 février au 12 mars 2019.</span>       <br />
       Du 27 février au 11 mars à 20 h, 12 mars à 14 h 30.       <br />
       Théâtre de la Ville Hors les murs, Espace Pierre Cardin, Paris 8e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelaville-paris.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/31313332-29567557.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/May-B-sans-doute-un-chef-d-oeuvre _a2353.html</link>
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