<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-09T07:29:20+02:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-67784513</guid>
   <title>Un Jacques Martial transcendant dans "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire</title>
   <pubDate>Wed, 05 Oct 2022 07:04:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Voilà un spectacle qui incite à la simplicité, au vrai, aux termes précis. Car comment partager l'émotion immense qui se crée soir après soir sur la scène du Théâtre de l'Épée de Bois ? Après avoir été fasciné, ébranlé et emporté par les mots d'Aimé Césaire via la bouche, le corps et le cœur de Jacques Martial, je ne parviens pas à retrouver tous mes esprits. Et je me retrouve devant la page blanche avec le seul désir impuissant de donner l'envie à tous d'aller se ressourcer à cette fontaine de vie, de poésie, de tendresse et de dureté, mais comment ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67784513-47847498.jpg?v=1664890321" alt="Un Jacques Martial transcendant dans "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire" title="Un Jacques Martial transcendant dans "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire" />
     </div>
     <div>
      Un métro crache sur scène une sorte de voyageur vagabond harnaché de trois énormes sacs en propylène bariolés. Sans visage. Le corps avalé par ses charges. Une créature indéterminable. Qui s'installe à même le sol pour y dormir. Les gestes gauches, rêches, articulés. Qui se relève. Qui ne parle pas. C'est cette créature qui sera devenue dans une heure un être humain tellement vaste, tellement complet et beau comme une idole terrestre qu'on ne sait quelle magie s'est opérée entre ces deux moments.       <br />
               <br />
       Entre cette première minute et ce noir de fin, rien que le texte d'Aimé Césaire, le talent de Jacques Martial, dans une scénographie simple et parlante et des lumières justes et belles. Les mots de ce grand poète d'abord : oui, un foisonnement d'images, de sons, de couleurs, de télescopages de sens, d'articulations libres, de mots si rares, mots d'érudits, qui défient les connaissances, mots oubliés parfois, voilà la projection éclatante de la représentation de la Martinique, terre natale d'Aimé Césaire. Voilà pour la matière malléable de ce long poème. Un texte d'où jaillissent des images à profusion. Un texte que Jacques Martial, grâce sans doute à la longue fréquentation de ces vers libres qu'il partage depuis des années un peu partout sur la planète, parvient à nous faire parvenir totalement, comme une évidence, même ces mots inconnus qu'il nous semble comprendre au travers de son interprétation, de son élocution, de son jeu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67784513-47847500.jpg?v=1664890373" alt="Un Jacques Martial transcendant dans "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire" title="Un Jacques Martial transcendant dans "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire" />
     </div>
     <div>
      Tout semble clair, limpide. Les descriptions, les pérégrinations de ce personnage en quête de repère, en quête d'histoire et de racines. Un retour au pays natal qui s'harmonise parfois comme un chant parsemé de refrains… <span style="font-style:italic">Au bout du petit matin, une ville inerte…</span> qui se transforme en chaos parfois dans la colère et la rage de l'impuissance, en déplacements saccadés, en jeux de corps, en incarnations violentes de l'acteur. Car le personnage qu'il incarne, Aimé Césaire lui-même peut-être, creuse en lui-même, en ses abîmes, en ses rêves, les filons dont il extrait toutes les mémoires : celles de son enfance, et aussi celles de ses contemporains, de ses ascendants, celles de toutes les victimes de l'esclavage, du colonialisme, du racisme envers les noirs.       <br />
               <br />
       C'est ainsi que, sous nos yeux, se transfigure ce personnage. Jacques Martial lui-même atteint des moments où le texte le pousse à être méconnaissable. Car, sous la brillance du verbe, des mots, de cette poésie riche, la tragédie noire, que l'homme politique Césaire clama toute sa vie, éclate. Mais elle éclate comme la tragédie qu'un homme porte, sa souffrance, ses blessures et ses rêves, non comme un cri de vengeance. Et qui que l'on soit, quelle que soit sa vie, l'on partage alors ce drame, impliqué totalement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67784513-47847553.jpg?v=1664890421" alt="Un Jacques Martial transcendant dans "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire" title="Un Jacques Martial transcendant dans "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire" />
     </div>
     <div>
      Se vêtant puis se dévêtant pour la fin du monologue, le comédien devient de plus en plus &quot;cher&quot;, la chair même qui fut enchaînée, asservie, battue, marquée au fer rouge, bafouée, meurtrie, la chair également de Césaire même, qui bouillonnait de trois siècles d'esclavage, puis de colonisation, comme si tous ceux qui l'avaient précédé agitaient leurs cris sous sa peau et dans son âme. C'est ainsi que Jacques Martial est cet humain Césaire, corps et âme.       <br />
               <br />
       Il faudrait emmener les enfants voir ce spectacle, pas seulement pour l'enseignement et le coup de pied à l'oubli qu'il donne, mais aussi pour la beauté de ce texte qui, au-delà du descendant d'esclaves, du révolté contre les injustices de la colonisation rayonnante, montre un humain tombé au monde dans toute sa complexité, dans toute sa générosité, dans toute sa luminosité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cahier d'un retour au pays natal"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67784513-47847575.jpg?v=1664890548" alt="Un Jacques Martial transcendant dans "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire" title="Un Jacques Martial transcendant dans "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire" />
     </div>
     <div>
      Texte : Aimé Césaire.        <br />
       Mise en scène : Jacques Martial.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Tim Greacen.       <br />
       Avec : Jacques Martial.       <br />
       Scénographie : Pierre Attrait.       <br />
       Lumière : Jean-Claude Myrtil.       <br />
       Peinture : Jérôme Boutterin.       <br />
       Accessoires : Martine Feraud.       <br />
       Régisseur : Jean-Marc Feniou et Damien Patoux.       <br />
       Compagnie de la Comédie Noire.       <br />
       Tout public à partir de 9 ans.       <br />
       Durée 1  h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 septembre au 16 octobre 2022.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 19 h, samedi et dimanche à 14 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/67784513-47847498.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-Jacques-Martial-transcendant-dans-Cahier-d-un-retour-au-pays-natal-d-Aime-Cesaire_a3402.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-60510776</guid>
   <title>"Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain</title>
   <pubDate>Wed, 24 Nov 2021 08:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À plus d'un titre, la chorégraphie de Chantal Loïal et de sa Compagnie, Difé Kako, recèle de richesses dansées, musicales… et humaines. Projet initié voilà déjà plusieurs années, le temps nécessaire pour documenter les traditions de Guyane, Guadeloupe, Martinique, Cameroun, Gabon et France métropolitaine, avant de les mettre en tension pour - sans rien ôter à chacune de son originalité singulière - construire une œuvre multiculturelle les sublimant. Dépassant son intérêt purement artistique, déjà remarquable, cette création créole ouvre vers les horizons d'attente d'une humanité… sans murs, aux antipodes des actuelles dérives conservatrices.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60510776-44276927.jpg?v=1637741089" alt=""Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain" title=""Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain" />
     </div>
     <div>
      L'art, généreux, nous fait toucher du doigt ce que non seulement pourrait mais devrait être l'humanité : une confrérie s'enrichissant de ses différences au lieu de les brandir comme des épouvantails générateurs de rejets. Le titre énigmatique de cette performance prend alors un premier sens : loin de se réduire au plus petit dénominateur commun, les éléments composant le cercle s'ajoutent pour projeter &quot;puissamment&quot; vers une autre dimension.       <br />
              <br />
       Le second sens est à trouver dans les figures des danses proposées. Ainsi du quadrille équestre qui &quot;quadrille&quot; les déplacements au sol. Ainsi des lignes de contredanses où cavaliers et cavalières s'échangent selon un rythme immuable. Ainsi des jaillissements hors cadre du hip-hop et du voguing apportant leur modernité. Ainsi des lignes flottantes se formant et se déformant au gré des trajectoires en quête de rencontres agrégeant traditions et modernités, les unes et les autres remodelées, enrichies. Tout n'est que mouvements visant à créer des nappes visuelles jusqu'au point d'orgue de la formation de la figure du cercle, forme parfaite par excellence mais non close, chaque regard le composant étant dirigé librement vers l'extérieur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60510776-44276928.jpg?v=1637741144" alt=""Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain" title=""Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain" />
     </div>
     <div>
      Danses traditionnelles revisitées, fondues entre elles, et fusionnant avec les danses urbaines contemporaines dans un &quot;tout monde&quot; où communauté et identité riment avec universalité au lieu de s'exclure mutuellement. Chorégraphies multiculturelles s'accordant avec celles des musiques du monde jouées en live. Ainsi les chachas, instruments de musique traditionnelle de Martinique fabriqués à partir d'une calebasse, la flûte antillaise, l'accordéon, les percussions et les samples électroniques cohabitent à leur tour pour donner naissance à une musique universelle.       <br />
              <br />
       Les paroles s'envolent, paroles tissées de désir, de liberté, paroles se faisant l'écho des menus faits et gestes de vies minuscules s'étayant pour devenir clameur d'un peuple-monde fier et libre ayant su (dés)intégrer, pour le dépasser magistralement, &quot;l'héritage&quot; d'un colonialisme esclavagiste. Tandis que défilent sur le grand écran dressé en fond de scène des images de la mer (ré)unissant ces territoires ultramarins dans le même paysage-monde.       <br />
              <br />
       Quant aux costumes, ils réalisent aussi ce dépassement entre tradition et ouverture sur un mode en devenir. Aux éclats lumineux de turbans en madras aux couleurs éclatantes et de robes antillaises recomposées, s'ajoute le blanc immaculé du street dance contemporain. Les cartes des frontières vestimentaires et des symboles qui s'y attachent s'en trouvent allègrement rebattues. Ainsi en va-t-il de cette culture créole… à cultiver comme un viatique dans un monde qui part à vau-l'eau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60510776-44276986.jpg?v=1637741236" alt=""Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain" title=""Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain" />
     </div>
     <div>
      Invités ensuite par l'ensemble Irawo et la chanteuse Ceïba (chantre des traditions franco-cubaines) à se rendre en procession dans le Salon de Musiques pour l'ouverture du Kout Tanbou - joute musicale d'improvisation -, les spectateurs, envoûtés, sont gagnés par les rythmes bèlé interprétés par l'association L'A. Cosmopolitaine de Bordeaux, Liyannak et Kalou Gwoka de Toulouse et l'Ensemble Difé Kako de Paris. Concert convivial, débordant de vie et de générosité, en parfait &quot;accord&quot; avec les prémices offertes. On ne pouvait mieux espérer pour conclure cette très belle soirée créole, vécue comme un hymne vibrant au rêve éveillé d'une humanité multiculturelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cercle égal demi-cercle au carré"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60510776-44277076.jpg?v=1637741893" alt=""Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain" title=""Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie : Chantal Loïal, assistée de Delphine Bachacou.       <br />
       Collaboration artistique : Sabine Novel, Igo Drané, Nita Alphonso.       <br />
       Avec : Stéphanie Jardin, Sandra Sainte-Rose, Chantal Loïal, Delphine Bachacou, Régis Tsoumbou Bakana, Léo Lorenzo, Diego Dolciami, Mario Pounde.       <br />
       Doublures : Stéphane Mackowiack, Ludivine Mirre.       <br />
       Musiciens : Gaëlle Amour, Elise Kali, Yann Villageois.       <br />
       Doublures : Marion Buisset, Damien Groleau.       <br />
       Composition musicale : Damien Groleau, Didier Léglise et Gaëlle Amour.       <br />
       Scénographie : Olivier Defrocourt.       <br />
       Costumes : Marine Provent, assistée de Gwendolyn Boudon.       <br />
       Vidéo : Yutaka Takei et Christian Foret.       <br />
       Lumières : Paul Argis.       <br />
       Par Chantal Loïal/Cie Difé Kako.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       À partir de 5 ans.       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 12 novembre 2021 au Rocher de Palmer à Cenon (33) dans le cadre du Festival Le Mois Kréyol, 5e édition du festival des langues et des cultures créoles.       <br />
       <b>Le festival se déroule</b> <span class="fluo_jaune">du 9 octobre au 28 novembre 2021</span> <b>à Paris, en Île-de-France, à Strasbourg, Mulhouse et, pour la première fois, à Nantes et Bordeaux.</b>       <br />
       Et ensuite <b>du 11 au 30 janvier 2022</b> en Guyane, Martinique et Guadeloupe.       <br />
       <a class="link" href="https://lemoiskreyol.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lemoiskreyol.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60510776-44277120.jpg?v=1637742090" alt=""Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain" title=""Cercle égal demi-cercle au carré" Une mathématique créole d'avant-garde : la valeur ajoutée de l'humain" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60510776-44276927.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Cercle-egal-demi-cercle-au-carre-Une-mathematique-creole-d-avant-garde-la-valeur-ajoutee-de-l-humain_a3110.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-57774406</guid>
   <title>•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…</title>
   <pubDate>Sun, 18 Jul 2021 11:39:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2021]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dire qu'un vent de liberté soufflait sur la Cour Montfaucon de la Collection Lambert serait assez dérisoire eu égard au tsunami impétueux qui y déferla, emportant comme fétu de paille les feuillets que la présentatrice modèle - très appliquée mais peu impliquée politiquement, ou alors version voix de son maître - de l'émission littéraire à succès "À mots nus" avait consciencieusement préparés. L'invité, présent sur le plateau pour présenter son livre sur les rapports que la littérature entretient avec la politique, attaque la discussion en disant avoir fait un rêve ("I have a dream") : René Char et Frantz Fanon lui sont apparus, conversant verre à la main dans un bar !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57774406-42763423.jpg?v=1626602825" alt="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" title="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" />
     </div>
     <div>
      Autour de cet argument, moins improbable qu'il pourrait n'y paraître, les comédiens musiciens, habités par une conviction chevillée au corps, vont s'emparer des écrits de ces deux intellectuels ne s'étant jamais rencontrés dans la vraie vie, les faisant malicieusement converser avec ceux de Felwine Sarr, écrivain sénégalais contemporain. L'occasion &quot;rêvée&quot; de les découvrir en mettant en exergue leur ADN commun… Pour eux, la poésie, la littérature, si elle est essentielle, ne peut se suffire à elle-même. Le poète, l'essayiste, l'écrivain visent d'autres horizons d'attente, ceux qu'André Breton avait dessinés dans sa profession de foi artistique-révolutionnaire introduisant l'Exposition internationale surréaliste de Londres 1936.       <br />
              <br />
       Entre &quot;art&quot; et &quot;arme&quot;, une première syllabe commune mais, finalement, deux petites lettres signent pour certains leur différence. Combien d'intellectuels sont entrés servilement dans les cases leur garantissant considération et rentes ; malheur aux poètes insoumis comme le clamait satiriquement un autre poète musicien, Léo Ferré… <span style="font-style:italic">&quot;Toute poésie destinée à n'être que lue, enfermée dans sa typographie n'est pas finie&quot;</span>, elle doit prendre corps dans des engagements en se cognant au réel. Le Capitaine Alexandre (alias René Char, poète engagé dans la résistance) et le Commandant Omar (alias Frantz Fanon, psychiatre, essayiste, Français Martiniquais ayant lutté lui aussi arme à la main pour la libération du peuple algérien et des peuples africains colonisés) en sont l'incarnation vibrante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57774406-42763426.jpg?v=1626602873" alt="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" title="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" />
     </div>
     <div>
      Pour changer le monde en le désincarcérant, faut-il encore risquer le corps-à-corps, mettre les mots à l'épreuve de la réalité. C'est ce que défend avec fougue l'invité du soir dans son nouvel opus. Aimé Césaire, Frantz Fanon et René Char, avec qui, dit-il, il entretient un compagnonnage hors du temps, sont pour lui les inspirateurs éclairés de ce combat d'une portée vitale. Prenant en charge des extraits de leurs œuvres phares, les artistes &quot;habitent&quot; leurs mots pour les projeter au-delà du temps où ils furent écrits, ils les slament, les dansent, les accompagnent de leurs accords musicaux dans une ambiance enjouée de cabaret surréaliste où la réalité et l'imaginaire se recouvrent.       <br />
              <br />
       Ainsi prend vie devant nous Frantz Fanon, enfant de Fort-de-France, élève d'Aimé Césaire, engagé dans les FFI contre l'occupant nazi, confronté très tôt au racisme à l'arrivée de la flotte française en Martinique, fuyant son île pour s'engager aux côtés des tirailleurs marocains encadrés par des Français les méprisant, eux les basanés… <span style="font-style:italic">&quot;Que faisais-je ici parmi ceux qui ne voulaient pas de nous ? Pourquoi être le défenseur de causes dont on m'exclut ? Si je mourais, écrit-il à ses parents, ne dites jamais : Il est mort pour la belle cause&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57774406-42763431.jpg?v=1626602918" alt="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" title="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" />
     </div>
     <div>
      Il épousera la cause algérienne, se battra avec le FLN, et mourra… Algérien. Une vie d'écriture et de combat anticolonialiste. Quant à René Char, compagnon éphémère de l'aventure surréaliste, résistant impliqué sur le terrain, désillusionné à la Libération en voyant &quot;les blanchisseurs de la putréfaction&quot; obnubilés par leur avenir personnel, il rejoindra &quot;L'Homme révolté&quot; de Camus. Deux trajectoires d'hommes entiers &quot;accordant&quot; (comme on le dit pour un piano, une guitare…) pensée et action, les rendant solidaires du même idéal : briser les chaînes des &quot;damnés de la terre&quot; (titre de Frantz Fanon).       <br />
              <br />
       Le plateau s'embrase suite à une question de la présentatrice s'indignant (gnan gnan) qu'une poésie puisse être revendiquée &quot;insurrectionnelle&quot;, se serait porter là ombrage au paysage feutré de l'hédonisme promu au rang de bien suprême (bingo)… La réponse vient, claquant comme une détonation… Ce serait vite oublié que, face à certaines oppressions, les paroles sont impuissantes. Seul le recours aux armes est salutaire. Les violences des opprimés ont une vertu universelle. Grâce à elles, &quot;la chose colonisée&quot; redevient homme. En sortant sa machette, le colonisé non seulement fait échec aux violences du colonisateur en le chassant du territoire lui ayant été abusivement confisqué, mais il se réhabilite à ses propres yeux… CQFD. Le politiquement correct à usage des salons est battu en brèche. La présentatrice, déstabilisée, en déchirera ses feuillets…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57774406-42763434.jpg?v=1626602957" alt="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" title="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" />
     </div>
     <div>
      Si nous nous sentons autant concernés par cette traversée sur les pas d'intellectuels engagés corps et âme auprès des opprimés de tous lieux et de tous les pays, c'est qu'au-delà du bouillon de culture riche de saillies faisant échec à la non-pensée paresseuse, le dispositif scénique &quot;fait corps&quot; lui aussi avec les mots. Foisonnant de créativité artistique et brillant dans son contenu, &quot;Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir&quot; est porté par des interprètes charismatiques (sic), acteurs, musiciens, danseurs en transe, contribuant grandement, par leur seule présence irradiante, au souffle épique de ce moment hors du commun.       <br />
              <br />
       <b>Vu à la Cour Montfaucon de la Collection Lambert à Avignon, le jeudi 15 juillet à 20 h 30.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57774406-42763439.jpg?v=1626603133" alt="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" title="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" />
     </div>
     <div>
      &quot;Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir&quot;       <br />
       Création Festival d'Avignon.       <br />
       D'après René Char et Frantz Fanon.       <br />
       Adaptation libre et écriture : Felwine Sarr.       <br />
       Mise en scène : Dorcy Rugamba.       <br />
       Avec, Marie-Laure Crochant, Majnun, Felwine Sarr, T.I.E.       <br />
       Scénographie : Matt Deely.       <br />
       Musique : Majnun, T.I.E, Felwine Sarr.       <br />
       Textes : d'après René Char, extraits de &quot;Marteau sans maître&quot;, &quot;Feuillets d'Hypnos&quot;, &quot;Partage Formel&quot;, &quot;Recherche de la base et du sommet&quot;, &quot;La Parole en Archipel&quot; ;       <br />
       d'après Frantz Fanon, extraits de &quot;Peau noire, Masques blancs&quot;, &quot;Les damnés de la terre&quot; ;       <br />
       d'après Raphaël Confiant, extraits de &quot;L'insurrection de l'âme&quot;, &quot;Vie et mort du Guerrier-silex&quot; (Caraïbeditions) ;       <br />
       d'après Alice Cherki, extraits de &quot;Frantz Fanon : portrait&quot; (Seuil).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57774406-42763445.jpg?v=1626603248" alt="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" title="•In 2021• Liberté, j'aurai habité ton rêve jusqu'au dernier soir Que la poésie est belle quand elle est incarnée…" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 au 20 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h 30, relâche le 17 juillet.       <br />
       Cour Montfaucon de la Collection Lambert, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       26 août 2021 : Théâtre de Namur, Namur (Belgique).       <br />
       28 août 2021 : Central | Le Théâtre, La Louvière (Belgique).       <br />
       29 août 2021 : Théâtre de Liège, Liège (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57774406-42763423.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Liberte-j-aurai-habite-ton-reve-jusqu-au-dernier-soir-Que-la-poesie-est-belle-quand-elle-est-incarnee_a3012.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
