<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-14T14:28:52+02:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-78174344</guid>
   <title>Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"</title>
   <pubDate>Mon, 05 Feb 2024 07:19:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Deuxième samedi de Festival, deuxième parcours Le Bouscat-Bordeaux pour découvrir quatre performances convoquant la danse, la musique, le théâtre, et ressentir la même sensation… Celle d'assister à des "créations" qui n'en portent pas que le nom mais résultent d'un processus de maturation intérieure dont les artistes livrent ici l'objet se détachant d'eux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761108.jpg?v=1707042200" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Dark Horse"</strong></span>… Meytal Blanaru – danseuse chorégraphe découverte à l'Atelier des Marches il y a quatre ans pour sa performance "Rain" inscrite en lettres de feu dans nos mémoires – est à nouveau invitée par Jean-Luc Terrade pour présenter un mystérieux moment chorégraphié, fascinant tant ses interprétations sont libres… Surtout ne pas se laisser égarer par une traduction littérale du titre, mais se laisser gagner par le champ des possibles contenus dans l'expression idiomatique "Dark Horse" suggérant l'idée d'un secret à révéler…       <br />
              <br />
       Dans un dispositif bi-frontal qui la fera "découvrir" alternativement (deux cycles d'un quart d'heure chacun), soit de dos, soit de face selon les gradins où l'on a pris place, la performeuse fondatrice du Fathom High – approche de la danse basée sur la méthode Feldenkrais accordant la part belle aux relations sensibles entre la personne en mouvement et son environnement – met son corps en vibrations avec l'espace qui l'entoure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761121.jpg?v=1707042469" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      Après avoir croisé avec une infinie douceur notre regard et nous avoir adressé un sourire amène nous incluant dans son univers, avec la lenteur qui sied à la rencontre, elle se défait du haut de son vêtement pour entamer sa danse… De dos nue ou de face où les ailes de l'étrange papillon noir peint délicatement sur son buste traduisent la mue à l'œuvre, elle livre son corps au rythme de la musique répétitive. Ses pieds glissent latéralement sur le sol immaculé tandis que ses bras et mains s'abandonnent à un ballet hypnotique, alternant moulinets rapides et mouvements amples au gré d'une fantaisie inspirée par l'énergie qui la traverse.       <br />
              <br />
       Parfois, des tressaillements peuvent laisser entrevoir le passage d'émotions plus sombres, mais toujours la confiance en la vie transcende les épreuves pour illuminer son visage diaphane. Sa fragilité à fleur de peau, sa force intranquille, son énergie vitale, bouleversent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761128.jpg?v=1707055460" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"In the Wood"</strong></span>. Frédéric Jouanlong, clavier et voix, et Sophie Agnel, au piano à queue, nous immergent dans l'univers intime d'une grande voix féminine du jazz, Nina Simone, chantre des Blacks Power. The wood, c'est le bois de sa maison et celui qui l'entoure, bruissant encore de sa présence iconique et de ses combats "encrés" dans le mouvement des droits civiques des Afro-Américains.       <br />
              <br />
       Au gré des fantaisies musicales et vocales des deux complices réunis dans le même trip sur le plateau, le piano devient boîte à musiques libérant ses marteaux frappés à la main, les bruits de pluie s'échappent des contorsions ludiques de la bouche, ceux du vent du souffle rapproché du micro. La traversée onirique, ponctuée de chants envoutants, évoque des fragments du monde iconique du jazz et de ses voix ô combien prenantes, Billie Holiday, John Coltrane, Prince, Aretha Franklin… Une ballade musicale et sonore qui fait chaud au cœur en ses temps atones.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775009.jpg?v=1707138035" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Storytelling"</strong></span>, de Nicolas Meunier… que nous avions laissé en novembre dernier à la Halle des Chartrons, la tête de son personnage-personne posée contre celle froide de sa mère morte sans qu'il ne ressente alors la moindre émotion (cf. "Sitcom")… et que nous retrouvons là au Glob Théâtre pour creuser dans "Storytelling" le même sillon, celui d'un artiste protéiforme extrayant de son existence la matière première de ses performances à fort potentiel émotionnel.       <br />
              <br />
       Sa mère, elle, sera à nouveau présente ce soir par le truchement d'une séance de "spiritisme maison" la faisant revenir de l'au-delà pour "parler" à sa progéniture avide d'établir avec elle ce qui n'a jamais pu être de son vivant… Elle ne sera pas seule, la mère, à venir hanter le présent de la représentation. Il y aura aussi la grand-mère, personnage étayé par la logorrhée vindicative qui lui tient lieu de béquilles. D'autres voix encore s'immisceront dans ce maelström aux dimensions de huis clos familial ; celle de sa petite sœur Manon, ou encore celle d'un ancien amant venant alimenter l'intranquillité consubstantielle à son existence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775768.jpg?v=1707140307" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      Seul en scène, mais habité tour à tour par toutes les voix qui le traversent, ses éternels feuillets en main (papiers qu'il jette au fur et à mesure de la progression du récit, comme des notes de mise en scène devenues inutiles, nous rappelant que l'on est bien au théâtre et non chez le psy), l'homme-orchestre déroule son synopsis où, dans une cacophonie maitrisée, se dit le chaos d'un parcours dysharmonique, le sien.       <br />
              <br />
       D'emblée, entre réalité et fiction, l'acteur secoué par les sanglots qui le gagnent lit une lettre d'un amant lui annonçant son suicide par pendaison, &quot;dans le verger&quot; précise-t-il. Ayant laissé se confondre &quot;baiser et s'aimer&quot;, l'ami désespéré propose sa propre fin comme début du spectacle… Musiques et lumières stéréoscopiques découvrent alors une table ronde, tendue d'une nappe blanche, avec trois chaises disposées autour, l'acteur occupant la centrale…       <br />
              <br />
       La voix de la grand-mère, une bordée d'injures qui tonitruent… Enculés, ils m'ont fait sauter le courant ! Hors de question que tu fasses du spiritisme ! Celle du petit-fils… Le bruit d'une femme qui boite… Maman, c'est toi ? Mon amoureux s'est suicidé… Était-ce la corde avec laquelle il s'attachait ? À nouveau, la grand-mère… Bordel, la chouette sur le toit, tiens-moi l'échelle, il faut la déloger sinon c'est l'annonce d'une mort ou d'une naissance ! T'es pas en cloque Manon ?       <br />
              <br />
       Et puis, la tête entre les mains, la désolation attachée à la disparition tragique de l'amant. La cohorte des pensées qui défilent dans une nuit épaisse, auxquelles se mêlent des cris de bébé… Présent et passé se confondant dans les mêmes affres, voix se recouvrant… Table renversée… Qui m'a consolé quand j'étais petit ? Personne ! Vous m'abandonnez tous ! Regarde Nico, tu lui as dévissé la tête à ton poupon ! La folie est-elle contagieuse maman ? Ta mère, maintenant tu sais, c'était pas un accident… Tu veux lui parler par l'intermédiaire des Esprits ? Peuh, elle n'a jamais voulu dialoguer ta mère ! Maman ça va ?       <br />
              <br />
       Charriées par les frustrations accumulées, les blessures s'ouvrent… La peine de la grand-mère ayant dû se substituer à sa fille défaillante pour élever le petit… La rage de la mère ne s'étant - elle aussi – jamais sentie protégée par quiconque et qui, de l'au-delà où elle séjourne désormais, révèle l'inentendable vœu qui fut le sien lorsqu'elle s'est retrouvée enceinte… La prière du fils adressé à sa mère d'avancer maintenant ensemble vers le jour…       <br />
              <br />
       La chute, accompagnée de la voix chaude de Paolo Conte, exauce un temps ce désir en projetant, au centre du plateau débarrassé symboliquement de toutes scories, un rayon de lumière nimbant l'acteur dansant lascivement… De performance en performance, Nicolas Meunier, sans rien perdre de son authenticité à fleur de peau mise au service d'un théâtre total, maîtrise de mieux en mieux son art pour porter jusqu'à nous le chaos d'un passé familial qui n'arrête pas de passer en lui. Chapeau l'artiste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775826.jpg?v=1707140778" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Home"</strong></span>, de Sebastian Abarbanell, présente le corps du performeur dans tous ses états. Jouant avec tous les possibles offerts par une boîte cubique qu'il a élue comme refuge, il multiplie des compositions plastiques à fort potentiel artistique. Cette première partie, d'un esthétisme parlant, le montre tel le voyageur céleste faisant corps avec sa roulotte… Cependant, lorsqu'il vient à se défaire de "sa coquille" pour continuer sa mue nu comme un ver, des convulsions le traversent de part en part… et le charme tout d'abord ressenti se dissipe sous l'effet de monstrations trop appuyées.       <br />
              <br />
       <b>Spectacles vus le samedi 27 janvier lors du Parcours Le Bouscat-Bordeaux organisé dans le cadre du Festival Trente Trente de Bordeaux Métropole – Boulazac.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775857.jpg?v=1707141368" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Dark Horse"</strong></span>       <br />
       Danse - Avant-première.       <br />
       Conception et interprétation : Meytal Blanaru.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
       <b>Représenté les 26 et 27 janvier à L'Atelier des Marches, Le Bouscat (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775901.jpg?v=1707141430" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"In the Wood"</strong></span>       <br />
       Musique, voix – Création.       <br />
       Voix et boucles : Fred Jouanlong.       <br />
       Piano à queue et objets : Sophie Agnel.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Présenté le 27 janvier au Marché de Lerme à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775902.jpg?v=1707141504" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Storytelling"</strong></span>       <br />
       Performance, théâtre – Création.       <br />
       Conception et interprétation : Nicolas Meusnier.       <br />
       Régie : Marius Bichet.       <br />
       Regard technique : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
       <b>A eu lieu le 27 janvier (2 représentations) au Glob Théâtre à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775903.jpg?v=1707141568" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Home"</strong></span>       <br />
       Danse, performance - Première française.       <br />
       Direction artistique et chorégraphie : Sebastian Abarbanell.       <br />
       Création lumière : Barnaby Booth.       <br />
       Dramaturgie : Tuan Ly.       <br />
       Direction technique : Shaly Lopez.       <br />
       Musique originale : slowdanger, Seb Brun &amp; SUM1.       <br />
       Projection vidéo : Sina Lesnik &amp; César Brodermann.       <br />
       Costumes : Sebastian Abarbanell.       <br />
       Construction boîtes : Alex Varenne.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Présenté le 27 janvier au Glob Théâtre à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       <b>A eu lieu du 16 janvier au 2 février 2024.</b>       <br />
       XXIe Rencontres de la Forme Courte dans le Spectacle Vivant       <br />
       Bordeaux Métropole - Boulazac.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78174344-56761108.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2024-Episode-4-Dark-Horse--In-the-Wood--Storytelling--Home_a3811.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-53959787</guid>
   <title>18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes</title>
   <pubDate>Tue, 16 Feb 2021 09:56:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il n'y a de réalité vécue que dans le récit que l'on s'en fait… Si certains - à leur corps défendant - se sont cognés tout récemment contre une cloche de verre les vitrifiant sur place, d'autres, dans un lâcher-prise collectif, se sont laissé porter par la vague du confinement en profitant de cette aubaine pour laisser divaguer leur imaginaire. Arnaud Poujol est de cette trempe. Lors de la claustration imposée, il a laissé dériver sa mémoire vive pour en capter les secrètes vibrations. Des poèmes en images - "Vidéopoèmes" - sont nés de cette traversée, aussitôt partagés et mis en jeu grâce à la complicité d'artistes incandescents. Quant à Frédéric Jouanlong, sa "Colère Noire" n'est pas non plus sans résonner jusqu'à nous.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53959787-40715355.jpg?v=1613467027" alt="18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes" title="18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Vidéopoèmes&quot; d'Arnaud Poujol.</b> Dans le cadre &quot;envoûtant&quot; du Marché de Lerme, rotonde de verre et de fonte dédiée aux expositions et performances éphémères, une quinzaine d'acteurs, musiciens et autres baladins bordelais se relaient au micro pour faire vibrer les associations libres nées des écrits fulgurants du compositeur de formes hybrides qu'est Arnaud Poujol. Participant pleinement à ce flux et reflux de mots jaillissant au rythme des corps qui semblent alors les enfanter, des images numérisées défilent sur des écrans fixes et sur les murs sans autre nécessité que le hasard présidant à leur précipitation.       <br />
              <br />
       Ainsi des plasticiennes comme Barbara Schroeder faisant œuvre de son regard porté sur le monde tel qu'il va, des vidéastes performeurs comme Erwin Chamard, des photographes portraitistes comme Bernard Brisé ou encore des musiciens inspirés comme Benjamin Ducroq - pour ne citer qu'eux - viennent prêter eaux fortes aux comédiennes et comédiens afin de graver dans l'inconscient du regardeur des impressions éphémères et/ou durables ; l'oxymore étant la figure &quot;rêvée&quot; pour accueillir en nous les variantes des possibles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53959787-40715364.jpg?v=1613467077" alt="18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes" title="18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes" />
     </div>
     <div>
      Ce magma en fusion, tout droit sorti des abysses de l'inconscient, se nourrit de la matière vivante de films Super-8 des années d'enfance de l'auteur. Matériaux &quot;décomposés&quot; à l'envi pour être projetés comme des jets de peinture sur les écrans du temps présent. Ainsi ce passé recomposé sous nos yeux reprend vie, en signalant pour chacun un sens nouveau surgi d'on ne sait où, un sens qui lui appartient en propre comme s'il s'agissait de sa création à lui.       <br />
              <br />
       De cette huitaine de vidéopoèmes, tous saisissants d'une force suggestive contenue dans les replis de ce qui nous dépasse, on pourrait se laisser aller à distinguer celui consacré aux émois tourmentés du jeune Georg Trakl pour sa sœur Margaret. Seul écrit de ce corpus ne datant pas du temps du confinement mais de la jeunesse de l'auteur, il est reçu comme une ode sensuelle où explose le pur désir, entaché de culpabilité. Quant à l'interprétation finale à fleur de peau de Yacine Sif El Islam d'un autre superbe texte entrainant dans le tourbillon dansé d'une violence impensable, elle nous laisse étourdis, sans voix.       <br />
              <br />
       Ces formes, travaillées par les forces ardentes de l'urgence à dire, sont comme un baume puisant dans la mythologie tant commune que privée (les figures d'Ariane, d'Astérion, ou encore de Daphné surgissent &quot;d'entre les arbres&quot;), dans des plans de cinéma tant classique qu'intime (&quot;Vertigo&quot;), ses vivifiantes ressources. Savoir qu'elles sont destinées à s'enrichir d'autres vidéopoèmes et qu'elles serviront de supports à des ateliers créatifs ne peut qu'amplifier le plaisir vécu en direct.       <br />
              <br />
       <b>&quot;Colère Noire&quot; de Frédéric Jouanlong.</b> Tout encapuchonné de noir, un homme au bord de la crise de nerfs marmonne, grommelle, éructe sa colère noire. Sur le mur de moellons noirs de l'Atelier des Marches, un trait de lumière blanche, étroite fenêtre ouverte sur un monde clos, balaie l'espace de haut en bas, obsessionnellement, comme pour marquer la répétition de l'impossible évasion. De manière récurrente, l'homme brandit un doigt d'honneur rageur accompagnant sa harangue désarticulée, dont les mots explosifs sont comme des projectiles lancés à la face du monde indifférent.       <br />
              <br />
       À partir de l'opus éponyme de Brigitte Fontaine, la petite musique sourde de la révolte contenue s'enfle dans la pénombre, implose en vagues successives, pour venir se fracasser sur le mur des renoncements avilissants. Frédéric Jouanlong se fait le réceptacle de ces tensions qui déchirent &quot;l'égaré&quot; soumis à l'intolérance d'une société normée dont la violence sourde broie impitoyablement ceux et celles qui n'entrent pas dans le moule.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53959787-40715402.jpg?v=1613467251" alt="18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes" title="18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes" />
     </div>
     <div>
      Les personnages qui l'habitent tour à tour - il est plusieurs dans sa tête - mènent combat pour leur survie tant physique que psychique. <span style="font-style:italic">&quot;Je n'irai pas à votre hôpital. Je n'irai pas à votre école, à votre caserne, à votre four crématoire, à votre putain d'amour.&quot;</span> On croit entendre les accès de révolte d'un Léo Ferré chantant sublimement &quot;Il n'y a plus rien&quot;.       <br />
              <br />
       Le propos est pénétrant comme une lame aiguisée déchirant le tissu des convenances bourgeoises. La scénographie sobre est aussi parlante que les toiles de Pierre Soulages jouant subtilement avec les nuances de ses &quot;Outrenoirs&quot;. S'il y avait une réserve à émettre - mais ce n'est là qu'une étape de travail - elle se situerait au niveau de l'interprétation. En effet, l'urgence à dire (&quot;Urgence Crier&quot;) n'apparaît pas toujours comme une évidence absolue, de même que la diction du beau texte de Brigitte Fontaine - hormis les moments où la voix s'absente intentionnellement - mériterait peut-être d'être plus probante. À suivre… Rendez-vous est pris pour la &quot;saison chaude&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Vidéopoèmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53959787-40715480.jpg?v=1613467561" alt="18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes" title="18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes" />
     </div>
     <div>
      Créations numériques hybrides et transdisciplinaires, voix et corps.       <br />
       Direction artistique : Arnaud Poujol, auteur et metteur en scène.       <br />
       Montage de projet, ingénierie et médiation : C'est Carré, bureau d'accompagnement.       <br />
       Création visuelle : Erwin Chamard, vidéaste.       <br />
       Création musical : Benjamin Ducroq, musicien.       <br />
       Artistes partenaires : Barbara Schroeder (plasticienne), Hervé Rigaud (musicien), Jane KL (vidéaste), Serge Korjanevski (musicien), Cécile Delacherie (comédienne), Vincent Nadal (comédien), François Robert (plasticien), Bernard Brisé (photographe), Olivier Spécio (plasticien), Jean-Luc Terrade (metteur en scène), Steph Goodger (plasticienne), Jonathan Hindson (plasticien), Élise Servières (comédienne), Yacine Sif El Islam (comédien), Aline Le Berre (comédienne).       <br />
       Entre 2 et 6 minutes.       <br />
              <br />
       Présentés aux professionnels dans le cadre d'une sortie de résidence, le mercredi 27 janvier 2021 à 16 h 30, au Marché de Lerme de Bordeaux.       <br />
              <br />
       Interview live sur la page facebook Trente Trente - Les Rencontres, le 29 janvier 2021 à 13 h 30. Par Stéphanie Pichon.       <br />
              <br />
       Spectacle programmé en juin 2021 lors de la &quot;saison chaude&quot; du Festival Trente-Trente.       <br />
       Une itinérance, dans différents lieux de diffusion partout sur le territoire (théâtres, médiathèques, salles d'expositions, halls d'institutions, hôpitaux, centre pénitenciers, etc.) où l'exposition sera mise en place par le biais de tablettes numériques. Déambulation d'un vidéopoème à l'autre à écouter au casque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Colère Noire"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53959787-40715503.jpg?v=1613467598" alt="18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes" title="18e Rencontres de la Forme courte (suite) : plongées dans des profondeurs troublantes" />
     </div>
     <div>
      Performance musique voix théâtre.       <br />
       Textes : Brigitte Fontaine.       <br />
       Conception, interprétation : Frédéric Jouanlong.       <br />
       Durée : 35 minutes.       <br />
              <br />
       Présentée aux professionnels dans le cadre d'une sortie de résidence, le vendredi 29 janvier 2021 à 15 h, à l'Atelier des Marches du Bouscat (33).       <br />
              <br />
       Interview live sur la page facebook Trente Trente - Les Rencontres, le 28 janvier 2021 à 13 h 30. Par Stéphanie Pichon.       <br />
              <br />
       Spectacle programmé les 25 et 26 juin prochains à l'Atelier des Marches du Bouscat (33), lors de la &quot;saison chaude&quot; du Festival Trente-Trente.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/53959787-40715355.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/18e-Rencontres-de-la-Forme-courte-suite-plongees-dans-des-profondeurs-troublantes_a2880.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
