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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-05T17:09:14+02:00</dc:date>
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   <title>"Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues</title>
   <pubDate>Thu, 05 Feb 2026 09:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dieu, si l'on en croit des sources sacrées, créa les cieux et la Terre en six jours, puis se reposa le septième… L'infatigable chorégraphe brésilienne, ancrée de plain-pied dans les réalités de la favela de Maré à Rio de Janeiro, revient sur l'avant-scène en créant "Borda", une sarabande impertinente et endiablée pour parfaire "ses" mondes en devenir… Dans ce dernier volet du triptyque complétant "Furia" et "Encantado", elle puise l'intégralité de sa matière première dans le stock inépuisable de vêtements de ses créations précédentes, au rang desquels figurent les costumes mythiques de "May B" offerts par Maguy Marin.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94113329-65650881.jpg?v=1770280524" alt=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" title=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" />
     </div>
     <div>
      Sur un plateau regorgeant de couleurs électrisantes, les corps bouillonnant d'en-vie de ses six danseurs et trois danseuses vont s'en (em)parer, silencieusement puis frénétiquement, pour faire exploser toute idée de frontières, objets de divisions guerrières.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Au commencement, la terre était informe et vide, il y avait des ténèbres au-dessus de l'abîme&quot;…</span> Dans un silence glacial de lendemain d'apocalypse, se prolongeant le temps d'une éternité à l'échelle d'homme, des formes indistinctes sommeillent dans la semi-obscurité. Recouvertes de bâches plastiques transparentes, elles semblent attendre d'être réveillées par les histoires dont elles sont dépositaires.       <br />
              <br />
       Ces créatures, héritières en droit fil de &quot;May B&quot;, vont très, très lentement émerger de leur chrysalide de tissus pour composer des fragments de tableaux vivants (une main, un visage…) d'où elles se détacheront pour, toujours dans un silence abyssal, se mouvoir au ralenti. Lorsque la bouche de l'une d'entre elles viendra à s'ouvrir pour articuler quelques mots, aucun son n'en sortira comme pris dans les glaces. Et quand le dégel adviendra, libérant des visages à la Goya, hilares ou torturés, ils et elles se démèneront dans un ensemble inspiré par l'art expressionniste. Communauté intranquille, coalisant ses forces pour n'être pas engloutie dans les mouvements spasmodiques de la bâche tentaculaire prête à recouvrir ses cris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94113329-65650884.jpg?v=1770280566" alt=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" title=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" />
     </div>
     <div>
      Ainsi nait le deuxième tableau, tout en contraste… Exit la blancheur silencieuse tournée au ralenti du monde d'avant l'émergence de ses forces vives… Place à une débauche frénétique de couleurs éclatantes surhaussées par des musiques traditionnelles recomposées… Plus de créatures flottant dans leurs habits blancs uniformes, mais des êtres de chair et d'os se parant d'accoutrements improbables, éclatant de couleurs vives. Des femmes et des hommes habités par une frénésie les liant les uns aux autres pour ne former qu'un seul corps (é)mouvant, fusionnant, se déchirant, se rapprochant, se chevauchant &quot;en tous sens&quot; pour constituer la chair vivante de tableaux d'une beauté sculpturale renversante.       <br />
              <br />
       Au rythme de compositions musicales survitaminées, déferleront alors sur le plateau – devenu terrain de jeux libérés de toutes contraintes autres qu'artistiques – des compositions corporelles traversées par des pulsions de vie inaliénables… Têtes exorbitées des uns coincées entre les jambes des autres, postérieurs à l'air souriant comme des visages entre d'autres jambes, instantanés défiant tous préjugés convenus. On assiste, comme hypnotisé, à une explosion de liberté enivrante ; une liberté pure conquise collectivement chacun et chacune faisant corps (social).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94113329-65650890.jpg?v=1770280607" alt=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" title=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" />
     </div>
     <div>
      Même si la fureur furieuse de &quot;Furia&quot; (2018 - sous la dictature de Jair Bolsonaro) n'est plus aussi frontale, l'intensité artistique de &quot;Borda&quot;, (em)porté encore et toujours par un langage articulé autour de corps déliés, de couleurs et musiques explosives, n'a aucunement faibli… De création en création, mue par une fibre sociale tissée avec et au contact de ses danseurs de L'École de Maré au cœur de la favela, Lia Rodrigues insuffle un courant impétueux propre à saper des montagnes d'immobilisme. Une énergie festive et créatrice ô combien salutaire dans un monde culturel mis en danger par l'hégémonie de propositions mainstream, Un cocktail explosif à déguster… sans frontières.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 30 janvier 2026 à la Scène Nationale du Carré-Colonnes de Saint-Médard (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Borda"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94113329-65650940.jpg?v=1770280647" alt=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" title=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" />
     </div>
     <div>
      Création 2025 avec le Festival d'Automne 2025 et dans le cadre de la Saison Brésil-France du 12 au 17 septembre 2025.       <br />
       Création : Lia Rodrigues - Companhia de Danças.       <br />
       Danse et création en collaboration avec : Leonardo Nunes, Valentina Fittipaldi, Andrey da Silva, David Abreu, Raquel Alexandre, Daline Ribeiro, João Alves, Cayo Almeida, Vitor de Abreu.       <br />
       Assistante à la création : Amalia Lima.       <br />
       Dramaturgie : Silvia Soter.       <br />
       Collaboration artistique et images : Sammi Landweer.       <br />
       Création lumières : Nicolas Boudier.       <br />
       Régie générale et lumière : Magali Foubert et Baptistine Méral.       <br />
       Costumes : Lia Rodrigues - Companhia de Danças.       <br />
       Couturière : Antonia Jardilino de Paiva.       <br />
       Bande sonore : Miguel Bevilacqua (à partir des extraits de l'enregistrement fait en 1938 au nord du Brésil par la Mission de recherche folklorique conçue par l'écrivain et intellectuel Mario de Andrade - Extrait de la musique Amor Amor Amor du domaine public qui compose le répertoire du &quot;Cavalo Marinho&quot;, danse dramatique brésilienne, interprétée par Luiz Paixão).       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94113329-65651008.jpg?v=1770280919" alt=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" title=""Borda" Des corps pris dans les glaces aux corps en ébullition, le monde explosif de Lia Rodrigues" />
     </div>
     <div>
      <b>A été représenté les 30 et 31 janvier 2026 à la Scène Nationale du Carré-Colonnes de Saint-Médard (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 6 février 2026 :</span> Théâtre Garonne (coréalisé avec La Place de la Danse, dans le cadre de Dansorama) Toulouse (31).       <br />
       <span class="fluo_jaune">12 février :</span> Le Parvis - Scène Nationale Tarbes-Pyrénées, CC Le Meridien, Ibos (65).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/94113329-65650881.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Borda-Des-corps-pris-dans-les-glaces-aux-corps-en-ebullition-le-monde-explosif-de-Lia-Rodrigues_a4469.html</link>
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   <title>"Y aller voir de plus près"… Et de tout près du Péloponnèse !</title>
   <pubDate>Wed, 27 Oct 2021 15:35:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour la cinquantième édition du festival d'automne, qui a débuté le 1er septembre dernier pour aller jusqu'au 18 février 2022, et ce, dans soixante-cinq lieux culturels d'Île-de-France, est conviée la chorégraphe Maguy Marin. Avec son esprit militant et citoyen artistique, elle propose une reconstitution théâtrale de la guerre du Péloponnèse pour rappeler la volonté de domination féroce liée à celle-ci comme à toute autre ainsi qu'à toute démocratie si elle ne prend pas garde à ses dérives extrémistes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59837661-43899078.jpg?v=1635343058" alt=""Y aller voir de plus près"… Et de tout près du Péloponnèse !" title=""Y aller voir de plus près"… Et de tout près du Péloponnèse !" />
     </div>
     <div>
      Maguy Marin n'est plus à présenter, elle est l'une des plus grandes chorégraphes de la scène artistique française depuis plus de quarante ans avec plusieurs de ses créations dont la plus connue est &quot;May B&quot; (1981). Là, autres décors, contextes et situations. C'est celle de la guerre du Péloponnèse (431-404 av J.-C.) dont la principale source d'inspiration reste celle de Thucydide (460-env.400/395 av J.-C.) utilisée pour cette création qui reste une référence et un chef-d'œuvre.       <br />
              <br />
       Il n'y a pas de danse. Les mots font caisse de résonance autour d'une scénographie mouvante avec ses couleurs qui dansent comme des vagues. Le récit est effectué par Antoine Besson, Kais Chouibi, Daphné Koutsafti et Louise Mariotte. Au travers des prismes littéral et oral, ce conflit est raconté soit avec l'aide d'un livre, rouge, comme support d'une trame inscrite dans l'histoire de l'humanité, soit narré de mémoire comme un passage de témoin.       <br />
              <br />
       Cela débute par quatre personnages masqués avec son exotisme porté par le biais d'une tige à la main. Avant de s'installer sur leur chaise, ils retirent leur longue tunique colorée où apparaissent leurs t-shirts dessinés d'un Parthénon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59837661-43899104.jpg?v=1635343198" alt=""Y aller voir de plus près"… Et de tout près du Péloponnèse !" title=""Y aller voir de plus près"… Et de tout près du Péloponnèse !" />
     </div>
     <div>
      Et place au conflit meurtrier entre la ligue de Délos sous l'autorité d'Athènes et la ligue du Péloponnèse sous l'autorité de Sparte. Les batailles, noms de roi et massacres s'enchaînent. La voix est accompagnée par une musique, celle de tapotement de mains sur des tambours ou celle de petits objets secoués dans une main de chaque comédien. La scénographie se construit tout au long du spectacle avec des pancartes sur lesquelles sont écrites en caractères noirs des chiffres et, entre autres, les mots &quot;Argent&quot;, &quot;Terre&quot; et &quot;Mer&quot;.       <br />
              <br />
       Il y a aussi un numéro de jeu de cartes dans lequel celles-ci se découvrent avec une lettre au verso qui, assemblée, forme la phrase <span style="font-style:italic">&quot;Le fascisme n'est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise&quot;</span> de Brecht (1898-1956)… comme une ultime résonance de ce que nous vivons actuellement avec, de plus en plus exprimé, le rejet de l'autre, comme la peur d'une dépossession de soi avec une revendication identitaire et raciste.       <br />
              <br />
       L'approche artistique peut être perturbante. Les corps restent en retrait, sauf pour les déplacements et la mise en place d'éléments sans qu'aucun mouvement harmonieux ne les guide. Ceux-là sont représentés dans leur fonctionnalité propre de se mouvoir ou d'agencer la scène dans des attitudes et postures du quotidien tel que s'asseoir et se lever. Pas plus. Le mot devient roi quand le corps est dépositaire d'une culture, ici, scénographique et historique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59837661-43899106.jpg?v=1635343258" alt=""Y aller voir de plus près"… Et de tout près du Péloponnèse !" title=""Y aller voir de plus près"… Et de tout près du Péloponnèse !" />
     </div>
     <div>
      Ce qui porte le spectacle est le récit avec son rythme, ses couleurs, ses espaces. Est posé aussi le conflit meurtrier entre les deux ligues d'Athènes et de Sparte qui avait fait dramatiquement évoluer la nature de la guerre, et pour toutes celles qui allaient venir jusqu'à aujourd'hui, vers un rôle de destructions massives et automatiques sans distinction entre civils et militaires. Ce qu'elles n'avaient pas été précédemment car à objectifs limités avec des civils qui étaient rarement massacrés. Là, elle devient totale avec l'extermination de civils comme à Corcyre, et ses suicides massifs de désespérance, qui est un parangon de cruauté.       <br />
              <br />
       Parfois des cris sont lancés en chœur au milieu du récit pour finir en un rythme très soutenu accompagné de tambours. Puis noir et immobilité sur scène et une voix continue qui finit le spectacle par ses mots : <span style="font-style:italic">&quot;d'une guerre jusqu'à la fin de l'été&quot;</span>. Et qui résonne jusqu'à nous.       <br />
              <br />
       Dans sa mise en scène, Maguy Marin pose la question du positionnement de chacun d'entre nous face au monde et à notre actualité. En artiste engagée, elle rappelle ce qui existe depuis la nuit des temps en politique, la volonté de domination d'un peuple sur un autre avec son lot de crimes et de tragédies. Car, après tout, que représentent ces quatre interprètes qui, à des degrés divers et sous des formes différentes, nous racontent l'indicible et l'horreur au travers d'un rapport au texte qui peut être soit détaché, soit consciencieux ?       <br />
       Celle d'être acteur ou non d'une actualité, d'en prendre conscience et de s'y impliquer. C'est un appel, un rappel de ce que toute démocratie a aussi son revers, celui de la domination, si elle cède à des sirènes extrémistes. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Y aller voir de plus près"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59837661-43899115.jpg?v=1635343311" alt=""Y aller voir de plus près"… Et de tout près du Péloponnèse !" title=""Y aller voir de plus près"… Et de tout près du Péloponnèse !" />
     </div>
     <div>
      Conception : Maguy Marin.       <br />
       Film : David Mambouch, Anca Bene.       <br />
       Maquettes : Paul Pedebidau.       <br />
       Iconographie : Louise Mariotte, Benjamin Lebreton.       <br />
       Conception sonore et musicale : David Mambouch.       <br />
       Lumière : Alexandre Béneteaud assisté de Kimberley Berna-Cotinet.       <br />
       Son : Chloé Barbe.       <br />
       Scénographie : Balyam Ballabeni, Benjamin Lebreton assistés de Côme Hugueny.       <br />
       Costumes : Nelly Geyres.       <br />
       Travail de voix : Emmanuel Robin.       <br />
       En étroite collaboration avec : Antoine Besson, Kais Chouibi, Daphné Koutsafti, Louise Mariotte.       <br />
       Durée : 1 h 20       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 au 29 octobre 2021.</span>       <br />
       Mardi à samedi à 20 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre des abbesses, Paris 18e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelaville-paris.com/fr/lieux/les-abbesses" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/59837661-43899078.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Y-aller-voir-de-plus-pres-Et-de-tout-pres-du-Peloponnese-_a3087.html</link>
  </item>

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   <title>•In 2021• Y aller voir de plus près Maguy Marin nous mène en trière… Invitation au voyage (au bout de la nuit)…</title>
   <pubDate>Tue, 13 Jul 2021 11:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2021]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté", écrivait Charles Baudelaire dans son "Invitation au voyage"… Des rivages du Péloponnèse où la guerre gronde avant de faire rage entre les Cités, aux conflits récurrents traçant l'histoire de l'Humanité et venant s'inviter dans la trame narrative, tout sur le plateau de Maguy Marin n'est qu'agitation fébrile et bruit de bottes, branle-bas de combat et désastre annoncé. "Ah [Zeus] ! Que la guerre est jolie, avec ses chants, ses longs loisirs…", ainsi parlait Guillaume Apollinaire en 1918.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57671659-42694262.jpg?v=1626168963" alt="•In 2021• Y aller voir de plus près Maguy Marin nous mène en trière… Invitation au voyage (au bout de la nuit)…" title="•In 2021• Y aller voir de plus près Maguy Marin nous mène en trière… Invitation au voyage (au bout de la nuit)…" />
     </div>
     <div>
      Une colonne ionique, des lances et boucliers hoplites, voisinant avec un rétroprojecteur et des écrans où seront projetées les archives vidéo réifiant la mémoire contemporaine, accueillent le public 2021. Dans ce décor hétéroclite, clin d'œil où l'antiquité et la modernité sont réunies dans la même galère (trière), des acteurs portant toges et masques font leur apparition au rythme des percussions. Mettant bas leur accoutrement de scène, ils se saisissent d'exemplaires omniprésents de &quot;La Guerre du Péloponnèse&quot; de Thucydide pour articuler, une heure et demie durant, les tenants et aboutissants de la guerre fratricide ayant opposé au Ve siècle avant notre ère les Cités prospères de Sparte et d'Athènes.       <br />
              <br />
       Le cadre planté, l'électron libre de l'art chorégraphié fait déferler, par le canal de la voix de quatre aèdes contemporains accompagnés de leurs percussions, la folie destructrice des hommes. Et pas que la folie des antiques, mais la folie intemporelle des gouvernants… Tels des morceaux éclatés d'un puzzle à reconstruire par la mémoire mise à vif de chacun, les mots de l'historien grec se mêlent à d'autres exégètes, s'entremêlent à la projection de cartes du Péloponnèse animées en direct, ou encore aux images sauvages de guerres modernes. Un maelstrom documenté, décortiqué, propre à rendre sensible - parfois avec humour - la guerre dans tous ses &quot;états&quot;, époques et lieux confondus dans le même voyage au bout de la nuit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57671659-42694282.jpg?v=1626169024" alt="•In 2021• Y aller voir de plus près Maguy Marin nous mène en trière… Invitation au voyage (au bout de la nuit)…" title="•In 2021• Y aller voir de plus près Maguy Marin nous mène en trière… Invitation au voyage (au bout de la nuit)…" />
     </div>
     <div>
      Si on peut parfois se perdre dans la complexité des alliances entre cités grecques et trahisons en chaîne - sempiternellement justifiées par ceux qui ont en charge la marche du monde -, si le défilement accéléré des images des &quot;grands hommes&quot; (Reagan, Bush, Obama, Poutine, Thatcher, Blair, Mitterrand, Hollande, Sarkozy, Macron, etc.), intercalées avec celles du champignon atomique d'Hiroshima, des guerres du Vietnam, de Corée, de Yougoslavie, d'Afrique, leurs œuvres, risque de saturer notre capacité d'attention, l'essentiel est ailleurs.       <br />
              <br />
       Immergés dans ce foutoir universel et atemporel de course à l'échalote des puissants pour, testostérone oblige (mais pas que, cf. Margaret Thatcher chantée par Renaud), imposer &quot;coûte que coûte&quot; leur soif démentielle de puissance, nous sommes terrassés par les injustices faites aux peuples victimes de guerres qui ne sont jamais les leurs. La minutie de la narration rendue explosive par la mise en abyme des images projetées et des percussions sonores, nous précipite dans les arcanes de la petite fabrique de l'Histoire des guerres.       <br />
              <br />
       Cependant, de ce carnage à ciel ouvert, nous ne sortons pas abattus, mais la tête bouillonnante de révolte salvatrice. &quot;Le printemps est inexorable&quot;, cette saillie de Pablo Neruda, poète sacrifié par la junte chilienne, affichée au frontispice des théâtres en mai dernier après avoir voulu être récupérée par les pouvoirs institutionnels, est là pour nous le rappeler. Toute élucidation de l'oppression est porteuse d'à-venir.       <br />
              <br />
       Aussi quand, pour clore cette traversée guerrière orchestrée par Thucydide, les percussions se déchaînent crescendo crevant les tympans, que la mer rougie du sang des victimes déferle en fond de scène, et que défile en surimpression le répertoire des guerres ayant ensanglanté les continents, on se retrouve dans en état de transe, hypnotisé par le fracas du monde, fracassé… mais heureux d'être là, témoin d'une désacralisation ô combien bénéfique.       <br />
              <br />
       Maguy Marin, fidèle à elle-même, agitée par un constant débat heuristique, crée une &quot;indiscipline&quot;, &quot;révolutionnant&quot; l'art chorégraphié pour l'inscrire définitivement du côté de l'humain.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Théâtre Benoît-XII, le samedi 10 juillet à 18 h.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Y aller voir de plus près"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57671659-42694304.jpg?v=1626169197" alt="•In 2021• Y aller voir de plus près Maguy Marin nous mène en trière… Invitation au voyage (au bout de la nuit)…" title="•In 2021• Y aller voir de plus près Maguy Marin nous mène en trière… Invitation au voyage (au bout de la nuit)…" />
     </div>
     <div>
      Création 2021 Festival d'Avignon       <br />
       Conception : Maguy Marin.       <br />
       Avec : Antoine Besson, Kais Chouibi, Daphné Koutsafti, Louise Mariotte.       <br />
       Film : Anca Bene, David Mambouch.       <br />
       Scénographie : Balyam Ballabeni, Benjamin Lebreton.       <br />
       Lumière et direction technique : Alexandre Béneteaud.       <br />
       Musique : David Mambouch.       <br />
       Son : Chloé Barbe.       <br />
       Maquettes : Paul Pedebidau.       <br />
       Iconographie : Benjamin Lebreton, Louise Mariotte.       <br />
       Costumes : Nelly Geyres.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 15 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 18 h, relâche le 11 juillet.       <br />
       Théâtre Benoît-XII, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 .
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57671659-42694344.jpg?v=1626169308" alt="•In 2021• Y aller voir de plus près Maguy Marin nous mène en trière… Invitation au voyage (au bout de la nuit)…" title="•In 2021• Y aller voir de plus près Maguy Marin nous mène en trière… Invitation au voyage (au bout de la nuit)…" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       21 au 29 octobre 2021 : Théâtre de la Ville, Paris.       <br />
       16 au 20 novembre 2021 : TNB - Théâtre National de Bretagne, Rennes (35).       <br />
       24 au 26 novembre 2021 : Théâtre de Lorient, Lorient (56).       <br />
       30 novembre 2021 : Théâtre + Cinéma, Narbonne (11).       <br />
       1er décembre 2021 : Le Parvis, Ibos (65).       <br />
       14 au 15 décembre 2021 : Points communs, Cergy-Pontoise (95).       <br />
       11 au 12 janvier 2022 : Pôle Sud - CDCN Strasbourg, Strasbourg (67).       <br />
       1er au 5 mars 2022 : Théâtre Dijon Bourgogne, Dijon (21).       <br />
       8 au 10 mars 2022 : Les Halles de Schaerbeek, Bruxelles (Belgique).       <br />
       5 au 6 avril 2022 : Les Quinconces-L'Espal, Le Mans (72).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57671659-42694262.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Y-aller-voir-de-plus-pres-Maguy-Marin-nous-mene-en-triere-Invitation-au-voyage-au-bout-de-la-nuit_a3004.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-40198596</guid>
   <title>"Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir</title>
   <pubDate>Fri, 29 Nov 2019 11:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Immergé une heure durant avec les sept interprètes dans un open space aux cloisons de plexiglas, dans le bruit amplifié et incessant d'une machine à photocopier les documents - et à dupliquer les employés - tournant à plein régime et fatiguant les tympans, le spectateur fait l'expérience sensible de l'insupportable.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40198596-34264261.jpg?v=1575024142" alt=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" title=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Ce qui jusque-là pouvait lui apparaître comme un simple avatar de la modernité en marche, la banalité (du mal capitaliste) à accepter coûte que coûte, le transperce de part en part pour lui faire éprouver par les sens (vue et ouïe) la cruauté intrinsèque du système économique auquel il finissait par s'abandonner de bonne grâce.       <br />
              <br />
       Quand Flaubert avait délibérément choisi de rendre ennuyeux &quot;L'Éducation sentimentale&quot; - du moins dans sa forme -, c'était pour faire &quot;éprouver&quot; par le lecteur du XIXe la boucle des échecs récurrents du protagoniste dont les aspirations politiques et le désir amoureux resteraient à jamais insatisfaits. Quand Maguy Marin propose au XXIe une chorégraphie contemporaine où, en boucle, tempos musicaux lancinants et situations surjouées, se répètent à l'identique, elle aussi poursuit un objectif : rendre physiquement insupportable l'aliénation liée à la production de biens et à son corollaire, leur accumulation convulsive.       <br />
              <br />
       Ainsi la chorégraphe entend-elle bousculer le spectateur &quot;intégré&quot; pour le faire vaciller hors de sa zone de confort, pour le faire trébucher vertigineusement afin qu'en se relevant, il puisse reconsidérer les avatars du néolibéralisme à l'œuvre en lui-même. Produire et consommer toujours plus, telles sont les deux mamelles auxquelles nos contemporains - nous-mêmes - sont &quot;élevés&quot; afin de faire taire toute velléité de réflexion critique. D'où l'urgence d'une radicalité artistique, seule apte à déconstruire le conditionnement acquis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40198596-34264273.jpg?v=1575024193" alt=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" title=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Lorsque Pascal Quignard (Vie secrète, 1998) écrivait <span style="font-style:italic">&quot;Il y a une naissance en toute connaissance</span>, il ne disait pas autre chose : co-nnaître, c'est d'abord se décoller du placenta - du moule sociétal - pour trouver sa propre respiration, c'est naître d'abord à soi-même pour accéder à la connaissance de son asservissement précédant le désir de s'en libérer.       <br />
              <br />
       Dans le vacarme assourdissant d'une machinerie rythmée comme une partition musicale enrayée - on la doit à Charlie Aubry -, des clones zélés du capitalisme s'agitent en tous sens, eux qui en sont privés. Dans des tailleurs flashing colors ou costumes basket, ils s'affairent à leurs affaires, prothèse de portable vissé à l'oreille, regard dirigé vers la ligne d'horizon des objectifs fixés par d'autres qu'eux-mêmes. Où courent-ils frénétiquement, ménageant de brusques arrêts, des retours en arrière subits, des sauts sur place accompagnés d'un cri stéréotypé ? On ne le sait - mais le savent-ils eux-mêmes ? - si ce n'est que tours et détours, bugs et patchs, les mènent au pied de la déesse photocopieuse, maîtresse de la duplication.       <br />
               <br />
       Mais cette dévotion en boucle, que rien ne peut venir contrecarrer, se double d'une autre addiction tout aussi prégnante : accumuler les multiples objets nés de leurs désirs consuméristes que leur force de travail leur a permis d'acquérir. Les bras chargés à rompre, ils approvisionnent leur espace personnel d'objets hétéroclites - ballons de baudruche, tête de pharaon, gadgets en plastique, packaging démentiel de papiers toilette, skis, parapluies, etc. - rejoints par les portraits de Marx, de Freud, du Pape et autres idoles faisant figure de reliques.       <br />
              <br />
       Au fur et à mesure que le temps fait du surplace, le plateau se mue en capharnaüm géant. Les récipiendaires travaillent sans relâche pour créer cette richesse qui pompe leur air disponible, réduisant à peau de chagrin leur espace vital. Travail et vie personnelle ne faisant désormais qu'un, le premier ayant phagocyté la seconde, on les voit ainsi déambuler nus ou s'asseoir sur le siège de toilettes aménagées dans l'open space. (Se) remplir, se vider, deux actions complémentaires pour la même fonction : tenter d'échapper au vide abyssal d'existences sans matière. Quelle place pourrait-il rester pour les relations personnelles dans ce temple consacré au travail et à la consommation qui l'autojustifie (et vice-versa) ?       <br />
              <br />
       Avec &quot;Ligne de crête&quot;, Maguy Marin crée à nouveau une œuvre qui fera date, comme son &quot;May B.&quot; devenu désormais légendaire. Politiquement non consensuelle, elle s'est imprégnée avec envie de l'essai de l'économiste Frédéric Lordon - &quot;Capitalisme, désir et servitude&quot; convoquant les passions-addictions de la philosophie de Spinoza et la philo politique de Marx - pour le faire sien. Ainsi, projeté sur le plateau par le biais d'un geste artistique radical, l'essai brillant de F. Lordon se transforme en chorégraphie hallucinatoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40198596-34264301.jpg?v=1575024369" alt=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" title=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Les démons du couple infernal travail et consommation, encouragés à se déchaîner devant nous, épuisent dans une répétition insupportable leur charge négative. Défait ainsi sous l'effet de cette transe orgiaque de son charme ensorceleur, le miroir aux alouettes du néolibéralisme gagnant - veau d'or du capitalisme reflétant les addictions consuméristes nous enchaînant au travail - vole en éclats, confirmant encore et toujours la nécessité de l'art lorsqu'il est agi par des artistes sans concessions.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ligne de crête"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40198596-34264329.jpg?v=1575024427" alt=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" title=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Pièce pour 7 interprètes, créée en septembre 2018 au TNP de Villeurbanne dans le cadre de la Biennale de la Danse de Lyon.       <br />
       Conception : Maguy Marin.       <br />
       En étroite collaboration et avec : Ulises Alvarez, Laura Frigato, Françoise Leick, Louise Mariotte, Cathy Polo, Ennio Sammarco, Marcelo Sepulveda.       <br />
       Lumières : Alexandre Béneteaud.       <br />
       Dispositif scénique et bande son : Charlie Aubry.       <br />
       Régie son : Chloé Barbe.       <br />
       Réalisation du dispositif scénique : Albin Chavignon, Balyam Ballabeni.       <br />
       Costumes : Nelly Geyres.       <br />
       Stagiaire : Lise Messina.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
       Compagnie RAMDAM.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté au Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, en partenariat avec l'Opéra National de Bordeaux, du 21 au 23 novembre 2019.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       14 avril au 17 avril 2020 : Théâtre Dijon Bourgogne - CDN, Dijon (21).        <br />
       26 mars 2020 : La Garance - Scène Nationale, Cavaillon (84).       <br />
       17 mars 2020 : Le Rive Gauche, Saint-Étienne-du-Rouvray (76).       <br />
       10 mars au 11 mars 2020 : Théâtre de Lorient - CDN, Lorient (56).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/40198596-34264261.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Ligne-de-crete-Relier-deux-versants-d-une-meme-alienation-travailler-et-consommer-jusqu-a-n-en-plus-pouvoir_a2612.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-31313332</guid>
   <title>"May B"… sans doute un chef d'œuvre !</title>
   <pubDate>Tue, 05 Mar 2019 08:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Devenu un classique, Maguy Marin avec "May B" a réussi à faire, avec ce théâtre dansé, une des revendications de ses idéaux autant artistiques que politiques. Dans un univers aussi gris que souterrain, cinq femmes et cinq hommes se vivent et se racontent corporellement.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/31313332-29567557.jpg?v=1551772224" alt=""May B"… sans doute un chef d'œuvre !" title=""May B"… sans doute un chef d'œuvre !" />
     </div>
     <div>
      La rencontre entre Maguy Marin et Samuel Beckett a lieu en 1981. Il avait 75 ans, elle en avait 30. En amoureuse de l'œuvre de Beckett, elle allait composer une œuvre créatrice de premier plan, &quot;May B&quot;, qui allait bousculer l'univers de la danse. Ce 4 novembre 1981 au théâtre municipal d'Angers, c'était la première fois qu'une création allait rendre compte des bas-fonds d'une société et de ses relations de sexe, de pouvoir autour de poussières et de saleté. L'accueil et le succès n'allaient pas être immédiats. Aujourd'hui, plus de 750 représentations ont été montées sur toute la planète.       <br />
              <br />
       Sa création est de toute beauté, une composition aussi bien théâtrale qu'artistique avec comme cheville ouvrière, la danse. L'humour pointe le bout de son nez, à plusieurs reprises, dans un monde qui semble souterrain, les interprètes étant grimés d'argile sur tout le corps, dans des déplacements où la souplesse et la légèreté sont faussement occultées.       <br />
              <br />
       Et pourtant, celles-ci sont en toile de fond dans les marches qui sont, à dessein, assez rugueux et droits, effectués par des êtres qui semblent sortis des bas quartiers. C'est très beau dans la gestique, la scénographie, la composition chorégraphique. On pose, on meugle, on crie, on mange. Cela vit et déborde d'une fausse joie et d'une lourdeur à la fois légères et très marquées. La frontière est ténue entre les deux.       <br />
              <br />
       Nous sommes à cheval entre deux mondes, celui du groupe et de la solitude, celui du rire et de la tristesse, celui de l'humour et de la gravité, celui de la massivité et de la légèreté, celui du partage et de l'égoïsme, celui du pouvoir et de la soumission. Une certaine lourdeur accompagne les corps, les pas, les déplacements avec des plantes de pieds qui traînent parfois sur les planches, qui se soulèvent légèrement pour caresser le sol du bout des pointes.       <br />
              <br />
       C'est aussi des mouvements de poignets recroquevillés, des jambes qui s'étirent, qui sautent, des membres qui se ragaillardissent parfois après un accoutrement des corps penchés vers le bas, le tout accompagné des musiques de Franz Schubert (1797-1828), Gilles de Binche (1400-1460) et Gavin Bryars (1943-2015).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/31313332-29567571.jpg?v=1551772270" alt=""May B"… sans doute un chef d'œuvre !" title=""May B"… sans doute un chef d'œuvre !" />
     </div>
     <div>
      Il y a aussi des scènes de vie avec ses entrées et ses sorties. Elles se déroulent avec un échange, entre artistes, tissé aussi bien autour du silence, de la complicité, de la solitude, du geste que de la parole. Les rares répliques prononcées sont celles de Beckett. Le corps devient le support d'un langage, d'une communion ou d'une séparation. Tout est dans la gestique, le rapport à l'autre et à soi-même avec des interprètes qui se retrouvent aussi seuls qu'accompagnés. Ce sont des regards perdus, des visages vers le haut ou vers le bas, des expressions figées ou égarées. Le plateau est parfois découpé en plusieurs plans avec des scénettes qui se déroulent en parallèle.       <br />
              <br />
       Les chorégraphies s'enchaînent? avec une synchronisation, même dans des déplacements, qui se veulent des plus &quot;terreux&quot; et des plus rêches, très présentes. Elles sont composées d'un groupe de trois à dix interprètes où le naturel se dégage, les artistes ne s'incarnant pas en tant que danseurs dans leur jeu. Ce sont des personnages avec leurs vécus, leurs émotions, leurs états d'âme.       <br />
              <br />
       Il y a ces moments où ils mangent des gâteaux en se le disputant, où ils se portent, où ils disent que c'est fini et que ça ne l'est pourtant pas, où ils se masturbent, où ils meuglent, articulent des onomatopées. Nous sommes comme dans un monde de finitude où les êtres, mi-mineurs, mi-monstres, se retrouvent à la fois épanouis et étouffés, où la mort semble habiter avec eux.       <br />
              <br />
       C'est une pièce de toute beauté, de grande importance, qui montre les ressorts de notre société autour d'une gamme d'attitudes et d'émotions que Maguy Marin, chorégraphe &quot;enragée&quot; comme elle se définit, a su montrer avec beaucoup de talent et de finesse, renversant les codes de la danse de l'époque qui étaient encore arc-boutés dans une grille de lecture confinée dans le &quot;propre&quot; sans aspérité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"May B"</b></div>
     <div>
      Chorégraphie : Maguy Marin.       <br />
       Avec : Ulises Alvarez, Kais Chouibi, Laura Frigato, Françoise Leick, Louise Mariotte, Cathy Polo, Agnès Potié, Rolando Rocha, Ennio Sammarco, Marcelo Sepulveda.       <br />
       Lumières : Alexandre Beneteaud.       <br />
       Costumes : Louise Marin.       <br />
       Musique : Franz Schubert, Gilles De Binche, Gavin Bryars.       <br />
       Cie Maguy Marin.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 27 février au 12 mars 2019.</span>       <br />
       Du 27 février au 11 mars à 20 h, 12 mars à 14 h 30.       <br />
       Théâtre de la Ville Hors les murs, Espace Pierre Cardin, Paris 8e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelaville-paris.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/31313332-29567557.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/May-B-sans-doute-un-chef-d-oeuvre _a2353.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
