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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-15T09:34:47+02:00</dc:date>
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   <title>"Brisby (blasphème)" Extinction "fabuleuse", vie et mort du monde d'après</title>
   <pubDate>Fri, 24 Nov 2023 10:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si certaines midinettes (tiens, ce mot n'a pas de masculin…) se repaissent encore de contes de fée pour s'évader à bon compte de notre monde délétère truffé d'injustices exponentielles et de guerres exterminatrices, on leur conseille – comme remède universel aux rêveries de pacotille – de se précipiter dans le monde selon "Brisby"… Là, sous des dehors souvent drôles, ce que l'on côtoie, paré d'un habit d'humour caustique, ce sont les affres à nulles autres pareilles d'un monde d'après… à l'agonie, une fin "éblouissante" du règne humain.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76936552-55670772.jpg?v=1700821205" alt=""Brisby (blasphème)" Extinction "fabuleuse", vie et mort du monde d'après" title=""Brisby (blasphème)" Extinction "fabuleuse", vie et mort du monde d'après" />
     </div>
     <div>
      Se découpant de l'obscurité où elle était plongée, une radieuse reine (Julie Papin) apparaît en tenue d'apparat. Mise en lumière dans son imposante robe d'un doré scintillant, elle trône en majesté. Le visage béat d'une illuminée, le ventre rebondi à souhait, enceinte jusqu'aux yeux qu'elle a magnifiques, elle accouche… d'une souris ! Comme ce n'était pas là visiblement l'élue attendue, elle la rejette, le ventre restant toujours aussi protubérant… Une entrée en matière peu suspecte de conformisme pour introduire à d'autres dimensions du même genre…       <br />
              <br />
       Un genre exclusivement féminin où les hommes ont disparu du paysage, éradiqués par on ne sait quelle infortune (ou félicité !). S'ils existent, les hommes, c'est sous la forme de vils porcs ayant engrossé les deux sœurs – aux noms mythologiques de Cassiopée et Radegonde - de la Reine Pénéplaine, leur inoculant l'étrange mal fatal, décimant la population de ce royaume échappé d'un récit de SF apocalyptique… Ainsi retranchées sous un dôme de verre les protégeant de la fournaise extérieure (le réchauffement climatique n'est plus ici un sujet de controverse, n'en déplaise aux climatosceptiques de 2023), la solaire reine, sa secrétaire aux penchants hystériques, ses deux geignardes sœurs, et leur rossignol femelle, vont vivre une nouvelle version de &quot;Huis Clos&quot; ; une ultime épopée incarnée par l'actrice seule en scène, endossant toutes les voix y compris celle de la narratrice commentant l'action, se démenant avec éclats pour faire vivre ce voyage au bout de la nuit de l'humanité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76936552-55670917.jpg?v=1700821340" alt=""Brisby (blasphème)" Extinction "fabuleuse", vie et mort du monde d'après" title=""Brisby (blasphème)" Extinction "fabuleuse", vie et mort du monde d'après" />
     </div>
     <div>
      Elle avait l'air heureuse… mais jusqu'à quel point… Attendant l'heureux événement, elle n'a toujours pas trouvé de prénom pour &quot;la&quot; nommer. &quot;La&quot; ? Car il ne peut s'agir que d'une fille… Pour sauver l'humanité, le nouveau Messie sera… une Messie. Elle s'appellera Brisby (et non Brise bite comme le méchant peuple aigri le vocifère). Retenons : ici, il fait trop chaud, dehors ça pue la mort à plein nez, et Pénéplaine est très enceinte. Comment s'est-elle retrouvée en cloque ? Tout &quot;naturellement&quot; sous l'effet du faisceau de l'Impératrice de l'univers venue la visiter pour, de ses rayons ardents, la féconder. Une opération de la Sainte Esprit pas plus invraisemblable qu'une autre, celle d'une très vieille histoire, vieille comme l'humanité et écrite dorénavant sur papier bible.       <br />
              <br />
       Les données de base étant actées, l'action va battre son plein, déferlant par vagues impétueuses sur le plateau meublé d'un miroir et d'un buffet (froid) regorgeant d'actes de décès. Entre les cris de joie de la mère-miracle et ceux de désespoir de ses sœurs malades mêlés en voix off aux vociférations du peuple sacrifié, une dystopie à allure de farce shakespearienne va parcourir les étapes de son chemin de croix vers leur point de fusion. D'abord, ce sera l'unique mouche encore vivante qui en fera les frais, puis la rossignole - cui cui à l'étouffé - donnant lieu à une scène hilarante valant son pesant de plumes…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76936552-55670931.jpg?v=1700821423" alt=""Brisby (blasphème)" Extinction "fabuleuse", vie et mort du monde d'après" title=""Brisby (blasphème)" Extinction "fabuleuse", vie et mort du monde d'après" />
     </div>
     <div>
      Dans le catalogue des catas annoncées, l'horoscope tient aussi son rôle. Et tout cela dans la bonne humeur exaltée de celle qui porte en elle la solution (finale) aux problèmes ! Et puis les cloches ne sonnent-elles pas pour apporter des cadeaux ? Oh pas grand-chose, de la myrrhe et de l'encens, comme un parfum de déjà-vu. Pourtant, ça pue de plus en plus…       <br />
              <br />
       La voix de la quatrième sœur morte s'en mêlera jusqu'à une curieuse lettre anonyme expliquant pourquoi, in fine, la supposée sauveuse déclinera l'offre d'emploi que sa chère mère pleine de grâce lui avait faite… Écho décalé du superbe roman au vitriol de Thomas Bernhard au titre évocateur d'&quot;Extinction&quot;, qui s'ingéniait à décrire par le menu la décomposition d'une société autrichienne gangrénée par les miasmes du saint &quot;esprit catholico-national-socialiste&quot;, &quot;Brisby&quot; nous conte par le biais d'une fantaisie aux allures magnifiquement facétieuses une autre extinction, planétaire celle-ci.       <br />
              <br />
       Une dystopie ébouriffante menée tambour battant, musiques endiablées à l'appui, et narrant avec un humour mordant une fable éternelle : celle d'une humanité qui ne pourrait être sauvée de ses propres dérives que par un Grand Autre venu d'ailleurs… Et en maîtresse de la célébration de cette fin de règne époustouflante, Julie Papin, ancienne élève de l'éstba de Bordeaux Aquitaine, excelle.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 10 novembre au Lieu sans nom à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Brisby (blasphème)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76936552-55671110.jpg?v=1700822174" alt=""Brisby (blasphème)" Extinction "fabuleuse", vie et mort du monde d'après" title=""Brisby (blasphème)" Extinction "fabuleuse", vie et mort du monde d'après" />
     </div>
     <div>
      Texte : Théophile Dubus.       <br />
       Mise en scène : Julie Papin et Lucas Chemel.       <br />
       Jeu : Julie Papin.       <br />
       Création sonore : Hervé Rigaud.       <br />
       Création lumière : Véronique Bridier.       <br />
       Conception costume : Marilène Bastien.       <br />
       Par la Compagnie Le Chant de la Louve.       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
              <br />
       Représenté les jeudi 9, vendredi 10, samedi 11 novembre et dimanche 12 novembre 2023 au Lieu Sans Nom à Bordeaux.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">12, 14 et 15 décembre 2023 :</span> Théâtre de l'Élysée, Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif</title>
   <pubDate>Wed, 01 Jun 2022 07:17:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Après les quatre premières (belles) découvertes de l'épisode 1 ("Motel", "A quel type de drogue je corresponds ?", "Pop-Corn Protocole", et "Horace"), en voici trois autres à l'originalité tout autant affirmée et qui, chacune dans leur domaine, sont porteuses d'un souffle prometteur. Ainsi ce festival de La Ruche initié par le TnBA, en présentant à leur suite trois jours de théâtre "en train de se faire", confirme-t-il ses ambitions d'immerger le public dans le chaudron de la création.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465310.jpg?v=1653846471" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Brisby (blasphème !)"</strong></span>, interprétée et mise en scène par Julie Papin (impressionnante de "vitalité" dans ce rôle avec lequel elle fait corps et plus encore…), cette reine sans royaume ou si peu (écho de "Le Roi se meurt" d'Ionesco) redouble d'énergie face à l'inéluctable : la mort, qui décime ses sujets et jusqu'à ses sœurs royales, ne risque-t-elle pas de l'atteindre à son tour ? Non, parbleu ! Impossible ! Elle a la vie devant elle… du moins si elle en croit l'énorme ventre qui la précède. Et cette perspective de donner incessamment naissance à un beau bébé l'euphorise, au point de la conforter dans le déni de la fin de son monde.       <br />
              <br />
       Le ton est tout de suite donné, on n'est pas dans un conte pour ersatz d'adulte rangé dans les clous de rêveries à la guimauve mais dans un univers "en fin de compte" assez ordinaire. Un monde suffisamment caricaturé pour qu'il accentue, en les grossissant plaisamment mais sans aucunement en déformer la nature, les risques démentiels que nous, humains (?) du XXIe siècle, faisons délibérément courir à notre vieille planète, la Terre, surchauffée à blanc, prête à étouffer à son corps défendant les espèces vivantes ayant trouvé refuge en son sein depuis des millénaires.        <br />
       Mais est-ce "vraiment" là une fable… ou une projection très terre à terre ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465311.jpg?v=1653846497" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      Quant à la voix off qui commente la scène (les scènes de la vie d'une future accouchée sans avenir), elle se délecte de multiplier les conditionnels <span style="font-style:italic">("La femme enceinte serait allongée… Elle pourrait accoucher d'une souris… Le sortilège pourrait être le prologue…")</span> comme si l'histoire à venir n'était qu'un faisceau d'hypothèses parmi d'autres… encore plus terribles ! Dès lors, évoquant avec maestria tous les personnages (le peuple pourrissant sur pied, l'émissaire annonçant une guerre imminente, l'impératrice de l'univers venue la sauver, la dernière araignée vivante écrasée, ses sœurs mortes de jalousie, le retour du fiancé éconduit, les souris cannibales, etc.), elle fonce, seule, vers une chute… sidérale ; l'enfant en son sein, son fol espoir, ayant concocté une ultime surprise peu amène mais des plus sensées…       <br />
              <br />
       Contre toute attente, la fin se voudra pourtant lumineuse et, de cette expérience cosmologique au bord du big-bang, on sort ravi d'avoir été pris pour… des adultes. Ouvrant alors grand les yeux devant la beauté fabuleuse d'un "compte à rebours" propre à dessiller nos paupières, nous retrouvons notre âme d'enfant enclin à rêver à une planète aimable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465346.jpg?v=1653846599" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Rouge et le Noir/Traversée"</strong></span>, l'œuvre mythique de Stendhal est mise ici "spectaculairement" en bouche par Franck Manzoni (le narrateur, Monsieur de Rênal, Marquis de la Mole), Nicolas Martel (Julien Sorel) et Faustine Tournan (Madame de Rênal, Mathilde de la Mole), revêtant tour à tour un simple élément de costume pour donner corps aux différents personnages (le curé Chélan, l'abbé Pirard, etc.) de ce roman d'apprentissage.       <br />
              <br />
       Renouant avec le dispositif qui leur est cher depuis "Le Banquet fabulateur" (inspiré de "L'Espèce fabulatrice" de Nancy Huston, émaillée d'extraits de Shakespeare, Tchekhov, Ibsen, Feydeau…), Catherine Marnas et son complice Procuste Oblomov invitent les spectateurs à un banquet participatif. Là, autour d'une gigantesque table dressée, carafes de vins (excellents…) et de jus de fruits (sans doute aussi excellents…) disposées sur la blanche nappe, ils pourront goûter au plaisir ô combien sensuel de "voir" le texte prendre vie au travers des personnages sortant des pages du roman pour s'inviter à leurs côtés…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465348.jpg?v=1653846628" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      Comme dans "La Rose Pourpre du Caire" de Woody Allen, Julien Sorel, Madame de Rênal et Mathilde de la Mole feront - avec un indicible bonheur - effraction dans nos vies pour venir nous confier les tourments de l'amour et de l'ambition conjugués. Nous effleurerons leur peau, trinquerons avec eux, seront bouleversés par les affres qui les parcourent et par les émois qui les traversent. Si l'on prête abusivement à Flaubert cette saillie <span style="font-style:italic">"Madame Bovary, c'est moi"</span>, en écho on pourrait assurément dire qu'"ils" deviennent nous.       <br />
              <br />
       Comment en effet ne pas éprouver pour Julien Sorel la fascination qu'est la sienne devant ce monde qui s'offre miraculeusement à lui ? Lui le fils maudit d'un charpentier lui ayant refusé toute considération tant ses penchants naturels pour le latin et la littérature étaient étrangers à son milieu ? Lui qui rêvait de gloire napoléonienne, alors que ses origines le destinaient à s'échiner dans la scierie du père ? Le voilà ici présent, fort de ses études au séminaire, admis chez les bourgeois et petits nobles, constatant, éberlué, que leur femme ou leur fille n'ont d'yeux que pour lui… Revanche de classe et plaisir des sens mêlés, parfum enivrant des transgressions qui, mêlé au bon vin servi généreusement, ne peut que nous faire perdre délicieusement la tête… Et lorsque celle de Julien apostrophera les jurés aristocrates avant de rouler dans la sciure, il n'est pas impossible que son courroux puisse être aussi le nôtre… Promesse d'un fabuleux banquet…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465412.jpg?v=1653847482" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les frères Sagot"</strong></span>, de Luis et Jules Sagot, unis fraternellement sur scène comme ils le sont dans la vie depuis que leurs parents ont adopté, Luis, l'enfant venu naguère du Mexique. L'un, Jules, est comédien, l'autre pas, mais c'est pourtant Luis qui a demandé à son frère de créer un spectacle pour eux deux. Et les voilà ce soir côte à côte, face à face, devisant "naturellement" devant nous, témoins émus plus que spectateurs de leur histoire partagée.       <br />
              <br />
       D'emblée, Jules Sagot (du Collectif "Les Bâtards dorés", bel hommage à tous les bâtards du monde…), à la demande de Luis et pour éviter tout malentendu, précise un point essentiel : le H quand il sera évoqué sur le plateau sera la première lettre d'… Hélicoptère ! Car ce qui sera "au cœur" de leurs échanges n'a rien à faire avec les étiquettes normalisées qui rangent dans une case préfabriquée, une case réductrice de la complexité du vivant. Changer le regard sur chacun, libérer le singulier des "pré-jugés" normatifs, c'est d'abord désujettir le sujet de tout ce qui l'assujettit.       <br />
              <br />
       Alors Jules ne s'attardera pas sur l'enfance compliquée de son frère, l'itinéraire d'un enfant mexicain, mal aimé, abandonné, maltraité dans des institutions religieuses, confié à la DASS à son arrivée en France, avant d'être adopté par la famille Sagot. Il transformera tout au contraire cet épisode en matière poétique, évoquant une piñata mexicaine brisée par le bâton de Luis, bâton libérant une nuée de sauterelles apocalyptiques l'affranchissant de la pièce où il fut séquestré par la mauvaise mère. Belle métaphore d'une résilience réussie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465413.jpg?v=1653847516" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      Ce qui lie les deux frères, c'est la vie devant soi. Alors Jules demandera tout naturellement à Luis de parler de ses compétences, et il en a à revendre ! D'abord sa mémoire prodigieuse… si vous lui confiez votre date de naissance, il peut vous en donner le jour, son cerveau étant cadastré selon le plan d'une ville postcoloniale, les quartiers anarchiques en périphérie. Puis son don d'interprétation… de la chanson de Joe Dassin au refrain éloquent <span style="font-style:italic">&quot;Et si tu n'existais pas/Je me sentirais perdu/J'aurais besoin de toi&quot;</span> ; une déclaration d'amour en live entre les deux frères, empruntant pudiquement les mots du chanteur populaire pour se le dire.       <br />
              <br />
       Ensuite, son amour de la cuisine <span style="font-style:italic">&quot;dont le mot partage quatre lettres avec la musique&quot;</span>… acté par la recette du jaune d'œuf cuit devant nous par coagulation sur des allumettes géantes, le tout relevé d'un morceau de piano de Chopin (on pense inévitablement à Nicolas, le cuisinier fabuleux de Colin dans &quot;L'Écume des jours&quot; de Boris Vian et le goût de ses recettes surréalistes nous revient à la bouche). Enfin, son don de la lenteur, un talent très fragile dans ce monde énervé.       <br />
              <br />
       L'amour, l'humour… et la gravité aussi lorsque Jules, lumières éteintes, dans un halo détachant ses mots, évoque dans un silence retentissant la solitude de l'Homme-Hélicoptère exposé au regard imbécile des gens comme il faut, échos de ceux dépeints naguère par le grand Jacques <span style="font-style:italic">(&quot;Faut vous dire, Monsieur/Que chez ces gens-là…&quot;).</span> Rarement un manifeste pour le droit au respect inconditionnel de chacun, contre la bêtise crasse des gens dits normaux, n'a résonné avec autant de force. Une force décuplée par la sincérité palpable de son auteur épris d'amour pour celui pour lequel il éprouve une confiance inaliénable…       <br />
              <br />
       Et quand sur l'air et les paroles de &quot;L'été Indien&quot; de son idole, Luis invite à danser une jeune femme du premier rang, on se met nous aussi à rêver… ravi de cette parenthèse artistique &quot;extra-ordinaire&quot; où l'art de la scène se conjugue avec vérité humaine. Chapeau bas, Messieurs Sagot.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465451.jpg?v=1653848129" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival de La Ruche #2       <br />
       A eu lieu du 19 au 21 mai 2022.</b>       <br />
       Trois jours de théâtre : étapes de travail, performances, banquet participatif, conférence…       <br />
       TnBA, place Renaudel, Bordeaux.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/festival-ruche-2" target="_blank">>> tnba.org</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Brisby (blasphème !)"</strong></span>       <br />
       Théâtre.       <br />
       Texte : Théophile Dubus.       <br />
       Mise en scène : Julie Papin et Lucas Chemel.       <br />
       Avec : Julie Papin.       <br />
       Création sonore : Hervé Rigaud.       <br />
       Compagnie Le chant de la louve.       <br />
       Durée : 45 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465452.jpg?v=1653848155" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Rouge et le Noir/Traversée"</strong></span>       <br />
       Théâtre.       <br />
       Texte : Stendhal.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Catherine Marnas.       <br />
       Dramaturgie : Procuste Oblomov.       <br />
       Avec : Franck Manzoni (artiste compagnon), Nicolas Martel, Faustine Tournan.       <br />
       Création sonore : Madame Miniature.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465453.jpg?v=1653848190" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les frères Sagot"</strong></span>       <br />
       Théâtre.       <br />
       Texte : Luis Sagot et Jules Sagot.       <br />
       Mise en scène :  Alba Gaïa Bellugi, Jules Sagot, Luis Sagot et Manuel Severi.       <br />
       Avec : Jules Sagot et Luis Sagot.       <br />
       Durée : 45  minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/64979987-46465310.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-de-La-Ruche-2-Episode-2-Immersion-in-situ-dans-les-creations-a-venir-une-invitation-a-un-work-in-progress_a3266.html</link>
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