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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté</title>
   <pubDate>Fri, 26 Dec 2025 12:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand on est fille d'un commandant de navire, devenu aphasique après une mystérieuse rencontre dans le grand large liquide, et que l'on est soi-même aux commandes d'un équipage exclusivement composé d'hommes, l'héritage peut s'avérer agité… comme l'est l'océan soumis au flux et reflux des vagues venues des tréfonds sous-marins. À partir du roman éponyme de Mariette Navarro, le Théâtre des Chimères (nom bienvenu…) porte au plateau la quintessence de ces correspondances troublantes en confiant à une comédienne idoine le "double jeu" d'être indifféremment la commandante du cargo et la voix d'une narratrice tout aussi troublée que le personnage qu'elle est censée incarner.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93380420-65283616.jpg?v=1766751093" alt=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" title=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" />
     </div>
     <div>
      Parfois, il suffit d'un minuscule et imprévisible grain de sable pour faire dérailler les existences les mieux réglées… Le jour où son équipage émet l'envie innocente, non de larguer les amarres, mais de jeter l'ancre en pleine mer le temps de profiter des douceurs d'un bain, et qu'une voix inconnue, venue des profondeurs d'elle, l'entend dire &quot;d'accord&quot;, l'horlogerie interne du monde qu'elle s'est construit va se dérégler… amenant les spectateurs – aspirés par l'inquiétante étrangeté désormais à l'œuvre – à dériver avec elles (le personnage et la narratrice) aux confins des mondes réel et fantasmé confondus dans la même entité.       <br />
              <br />
       Faire corps avec son navire, avoir un rapport fusionnel avec cette bête de métal dont le bruit des machines résonne en elle comme les battements d'un cœur… et puis soudain être surprise, submergée, par sa voix qui – écho lointain de &quot;Mon rêve familier&quot; de Paul Verlaine – &quot;n'est ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre&quot;… comme si une dissociation entre le sujet présent et l'être de désir sommeillant en elle avait produit une brèche dans laquelle s'était engouffrée la voix du dedans… La voix du désir refoulé sous les sédiments déposés consciencieusement par une éducation si &quot;réussie&quot; qu'elle en était devenue le prolongement d'un père mythique, disparu après avoir rencontré l'indicible océanique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93380420-65283626.jpg?v=1766751112" alt=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" title=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" />
     </div>
     <div>
      Cette envie de nudité transpirant des pores de la peau des hommes enivrés par l'attrait des profondeurs marines, la douceur sensuelle du contact de l'eau sur leurs corps d'hommes rompus aux dures besognes des marins… Restée seule à bord, elle les ressent dans sa propre chair de femme… Sinon pourquoi éprouverait-elle soudain le désir irraisonnable d'aller rejoindre la couchette laissée libre par un officier, de se déshabiller et de se glisser nue dans la couche encore chaude de son absence-présence masculine ? Mais le temps de l'égarement passé, lorsque l'équipage des hommes remonte à bord, c'est la voix maîtrisée de la commandante qui leur parle, leur rappelant avec une gentillesse appuyée que c'est elle, et elle seule, qui tient la barre…       <br />
              <br />
       Sur le plateau recouvert d'une vague géante, tous ces &quot;événements&quot; – transmis au travers des regards diffractés du personnage et de la narratrice alternant leur voix dans le même corps scénique – apparaissent ourdis par le prisme déformant des sensibilités à fleur de peau, hors de toute objectivité. Et lorsque, après la parenthèse paradisiaque du bain de mer, le décompte des passagers en fait apparaître un de plus, on est propulsé aux confins du fantastique… De qui ce mystérieux passager qui s'invite à bord est-il le nom ? Est-il réel ou est-ce un rejeton fantasmé qui subvertirait le sujet pour le mettre face à face avec l'innommable d'un désir auquel on refuse tout droit de cité ? La grande agitation qui gagne l'héroïne la conduit dans la cale où se trouvent les machines. Là, dans un état proche de l'hystérie, elle s'allonge sur le dernier plancher. Elle y retrouve une étrange créature dont le cœur qui bat lui procure une brûlure intense au creux du ventre…       <br />
              <br />
       Quant à la fin du voyage, au bout de ses désirs, elle réserve d'autres péripéties révélatrices de ce qui, à la faveur de cette traversée tumultueuse, se joue et rejoue de son arrimage à la figure du père. Désir de s'en émanciper pour se délester des attachements primaires. Désir de faire advenir en elle la femme que, jusque-là, elle n'a pas osé laisser vivre… &quot;Ultramarins&quot;, un conte fabuleux servi sur un plateau par une passeuse aux pouvoirs ultra-humains.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le samedi 6 décembre 2025 au Lieu sans nom de Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93380420-65289769.jpg?v=1766840133" alt=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" title=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" />
     </div>
     <div>
      Texte : Mariette Navarro       <br />
       Adaptation : Catherine Mouriec et Patxi Uzcudun.       <br />
       Mise en scène : Patxi Uzcudun.       <br />
       Stagiaire assistante à la mise en scène : Émilie Duval.       <br />
       Avec : Catherine Mouriec.       <br />
       Création lumière : Pantxo Claverie.       <br />
       Création sonore : Karina Ketz.       <br />
       Par le Théâtre des Chimères.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       Création du spectacle, en présence de Mariette Navarro, les vendredi 28 février et samedi 1ᵉʳ mars 2025 aux Découvertes à Biarritz.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 4 au 7 décembre 2025 au Lieu sans nom, 12 rue de Lescure à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93380420-65289784.jpg?v=1766840194" alt=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" title=""Ultramarins" Femme au bord de la crise de nerfs sur un océan peuplé des fantômes de sa liberté" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       23 janvier 2026 : Le Microphone, Tarnos (40).       <br />
       14 février 2026 : Espace culturel Mendi Zolan, Festival Solo en scène, Hendaye (64).       <br />
       2 avril 2026 : Théâtre Francis Planté, Orthez (64).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93380420-65283616.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants</title>
   <pubDate>Wed, 10 Jan 2024 18:49:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans un décor dépouillé de tout artifice (deux canapés blancs alignés en parallèle, des tracés rectilignes dessinés au sol figurant les espaces), le jeu des vérités et mensonges confondus dans les mêmes élans de (in)sincérité distille une heure durant son effet entêtant, jusqu'à gommer tout repère de réalité. On imagine, côté jardin, une villa résidentielle de Londres où vivent Harry et Bill, son jeune protégé et couturier prometteur. Côté cour, l'appartement d'artistes de James et Stella, sa compagne et styliste renommée. Entre eux, un chassé-croisé où les mots occupent l'espace sans jamais rien dévoiler de l'hypothétique tromperie en jeu.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77741310-56479171.jpg?v=1667307282" alt=""La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants" title=""La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants" />
     </div>
     <div>
      Une voix off liminaire nous prévient : la pièce fut créée pour la première fois en France, en 1965, par un certain Claude Régy, le dramaturge qui promut le silence à la hauteur d'un langage, un langage éviscéré des bavardages creusant son inanité. <span style="font-style:italic">&quot;Pour qu'un jeu d'acteur soit intéressant, il faudrait que l'acteur existe, mais à la fois qu'il trouve le moyen de sentir - et de faire sentir - sa part d'inexistence. Sentir et faire sentir qu'il est et qu'il n'est pas&quot;</span>, cette injonction paradoxale dont parlait le créateur d'un théâtre hors norme, les comédiens au plateau vont s'en faire les porte-paroles investis.       <br />
              <br />
       D'une cabine téléphonique nimbée d'une lumière rouge en fond de scène, se détacheront successivement quatre ombres venant habiter les lieux de la représentation. Un mystérieux appel téléphonique ne trouvant pas son correspondant enclenche la mécanique à vide de dialogues dont la vacuité n'a d'égale que la tension qui la sous-tend. Qu'il soit question de jus de pamplemousse à servir, de la tringle de tapis mal ajustée de l'escalier, de boucles d'oreille pimpantes, du goût des olives, ou encore des versions s'annulant, en s'ajoutant les unes aux autres, de la supposée rencontre lors d'un salon de haute couture entre la femme de l'un et l'éventuel amant de l'autre, l'essentiel échappe… La vérité du malaise diffus, en revanche, est palpable de bout en bout.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77741310-56479172.jpg?v=1667307313" alt=""La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants" title=""La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants" />
     </div>
     <div>
      Jusqu'à ce que le mari présumé trompé ne se découvre des atomes crochus avec le jeune homme étant sensé avoir entretenu une relation intime avec son épouse. Jusqu'à ce que le protecteur amant potentiel du jeune homme vienne à son tour trouver l'épouse pour lui dire que son mari harcèle son protégé avec une histoire d'adultère… puis, sans transition, affirmer au mari que sa femme lui a avoué avoir tout inventé de cette histoire avec &quot;la limace des bas-fonds&quot; sous son aile protectrice. Jusqu'à ce que, alors que l'on aurait pu croire le débat clos, le jeune homme présente une ultime version de cette histoire à tiroirs ayant mobilisé le désir d'amour, de puissance et de mort…       <br />
              <br />
       Tout n'est qu'allégations se superposant à l'envi. Quant à la chute, avant que le noir n'engloutisse ce quatuor en quête d'une vérité qu'ils ignorent et dont ils ne veulent aucun, elle prend la forme d'un point d'interrogation ponctué d'un regard inquisiteur.       <br />
              <br />
       Harold Pinter savait ce que - au théâtre, sinon dans la vie ordinaire - parler veut dire : combler le vide d'existences ne pouvant se dire puisque, par essence, elles n'existent que dans des faux-semblants proclamés, perdues dans la recherche d'un je-ne-sais-quoi qui leur échappe tout en leur servant de viatique incertain. Les quatre comédiens à l'unisson - Anne Charneau, Olivier Galinou, Fabien Mairey, Jean-Stéphane Souchaud - lui servant d'interprètes ce soir au théâtre du Lieu sans Nom (cela ne s'invente pas), semblent avoir hérité de sa manière de faire corps avec le langage, coquille vide d'un sous-texte sans cesse à réinventer.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77741310-56479173.jpg?v=1667307342" alt=""La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants" title=""La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants" />
     </div>
     <div>
      Leur jeu impeccable de sobriété en tension, mis en lumière par une scénographie épurée, se hisse à la hauteur de l'enjeu fixé par le metteur en scène de l'intranquillité. En faisant résonner jusqu'à nous le fracas du silence se glissant entre leurs mots prononcés, ils donnent à entendre le jeu incessant de la vérité et du mensonge, le théâtre et son double. Silence, on joue.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Théâtre du Lieu sans Nom, à Bordeaux, lors d'une première série de représentations en octobre 2022.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Collection"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77741310-56479174.jpg?v=1667307380" alt=""La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants" title=""La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants" />
     </div>
     <div>
      Texte : Harold Pinter.       <br />
       Mise en scène : Collectif Revlux.       <br />
       Avec : Anne Charneau, Olivier Galinou, Fabien Mairey, Jean-Stéphane Souchaud.       <br />
       Création lumière : Juliette Mayer.       <br />
       Par le Collectif Revlux.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 au 14 janvier 2024.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 20 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       Le Lieu Sans Nom, 12, rue Lescure, Bordeaux.       <br />
       Réservation : <a class="link" href="javascript:protected_mail('collectif.lescure@gmail.com')" >collectif.lescure@gmail.com</a>       <br />
       ou 09 54 05 50 54.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lelieusansnom.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lelieusansnom.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77741310-56479171.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants</title>
   <pubDate>Tue, 01 Nov 2022 13:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans un décor dépouillé de tout artifice (deux canapés blancs alignés en parallèle, des tracés rectilignes dessinés au sol figurant les espaces), le jeu des vérités et mensonges confondus dans les mêmes élans de (in)sincérité distille une heure durant son effet entêtant, jusqu'à gommer tout repère de réalité. On imagine, côté jardin, une villa résidentielle de Londres où vivent Harry et Bill, son jeune protégé et couturier prometteur. Côté cour, l'appartement d'artistes de James et Stella, sa compagne et styliste renommée. Entre eux, un chassé-croisé où les mots occupent l'espace sans jamais rien dévoiler de l'hypothétique tromperie en jeu.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68438329-48150028.jpg?v=1667307282" alt=""La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants" title=""La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants" />
     </div>
     <div>
      Une voix off liminaire nous prévient : la pièce fut créée pour la première fois en France, en 1965, par un certain Claude Régy, le dramaturge qui promut le silence à la hauteur d'un langage, un langage éviscéré des bavardages creusant son inanité. <span style="font-style:italic">&quot;Pour qu'un jeu d'acteur soit intéressant, il faudrait que l'acteur existe, mais à la fois qu'il trouve le moyen de sentir - et de faire sentir - sa part d'inexistence. Sentir et faire sentir qu'il est et qu'il n'est pas&quot;</span>, cette injonction paradoxale dont parlait le créateur d'un théâtre hors norme, les comédiens au plateau vont s'en faire les porte-paroles investis.       <br />
              <br />
       D'une cabine téléphonique nimbée d'une lumière rouge en fond de scène, se détacheront successivement quatre ombres venant habiter les lieux de la représentation. Un mystérieux appel téléphonique ne trouvant pas son correspondant enclenche la mécanique à vide de dialogues dont la vacuité n'a d'égale que la tension qui la sous-tend. Qu'il soit question de jus de pamplemousse à servir, de la tringle de tapis mal ajustée de l'escalier, de boucles d'oreille pimpantes, du goût des olives, ou encore des versions s'annulant, en s'ajoutant les unes aux autres, de la supposée rencontre lors d'un salon de haute couture entre la femme de l'un et l'éventuel amant de l'autre, l'essentiel échappe… La vérité du malaise diffus, en revanche, est palpable de bout en bout.
     </div>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
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     </div>
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      Jusqu'à ce que le mari présumé trompé ne se découvre des atomes crochus avec le jeune homme étant sensé avoir entretenu une relation intime avec son épouse. Jusqu'à ce que le protecteur amant potentiel du jeune homme vienne à son tour trouver l'épouse pour lui dire que son mari harcèle son protégé avec une histoire d'adultère… puis, sans transition, affirmer au mari que sa femme lui a avoué avoir tout inventé de cette histoire avec &quot;la limace des bas-fonds&quot; sous son aile protectrice. Jusqu'à ce que, alors que l'on aurait pu croire le débat clos, le jeune homme présente une ultime version de cette histoire à tiroirs ayant mobilisé le désir d'amour, de puissance et de mort…       <br />
              <br />
       Tout n'est qu'allégations se superposant à l'envi. Quant à la chute, avant que le noir n'engloutisse ce quatuor en quête d'une vérité qu'ils ignorent et dont ils ne veulent aucun, elle prend la forme d'un point d'interrogation ponctué d'un regard inquisiteur.       <br />
              <br />
       Harold Pinter savait ce que - au théâtre, sinon dans la vie ordinaire - parler veut dire : combler le vide d'existences ne pouvant se dire puisque, par essence, elles n'existent que dans des faux-semblants proclamés, perdues dans la recherche d'un je-ne-sais-quoi qui leur échappe tout en leur servant de viatique incertain. Les quatre comédiens à l'unisson - Anne Charneau, Olivier Galinou, Fabien Mairey, Jean-Stéphane Souchaud - lui servant d'interprètes ce soir au théâtre du Lieu sans Nom (cela ne s'invente pas), semblent avoir hérité de sa manière de faire corps avec le langage, coquille vide d'un sous-texte sans cesse à réinventer.
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     </div>
     <div>
      Leur jeu impeccable de sobriété en tension, mis en lumière par une scénographie épurée, se hisse à la hauteur de l'enjeu fixé par le metteur en scène de l'intranquillité. En faisant résonner jusqu'à nous le fracas du silence se glissant entre leurs mots prononcés, ils donnent à entendre le jeu incessant de la vérité et du mensonge, le théâtre et son double. Silence, on joue.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Théâtre du Lieu sans Nom, à Bordeaux, le samedi 15 octobre. A été représenté du 13 au 16 octobre 2022.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Collection"</b></div>
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     </div>
     <div>
      Texte : Harold Pinter.       <br />
       Mise en scène : Collectif Revlux.       <br />
       Avec : Anne Charneau, Olivier Galinou, Fabien Mairey, Jean-Stéphane Souchaud.       <br />
       Par le Collectif Revlux.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Le Lieu Sans Nom, 12, rue de Lescure, Bordeaux.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lelieusansnom.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lelieusansnom.fr</a>       <br />
              <br />
       Tournée en cours de programmation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Collection-Entre-verites-et-mensonges-le-je-u-des-miroirs-reflechissants_a3434.html</link>
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