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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-15T18:43:44+01:00</dc:date>
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   <title>Avec "Fille de roi", Sara Llorca éclaire au flambeau les ombres de l'héritage et de la filiation</title>
   <pubDate>Fri, 17 May 2024 15:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Fille de roi" est pur théâtre. De ce théâtre fait de presque rien, mais capable de faire surgir de l'obscurité une épopée. Des mots, une comédienne, un musicien, quelques accessoires, de la lumière et de la poésie, c'est presque tout. Presque rien. Et l'envie chevillée au corps d'interroger en images ce monde, cette vie, cette inexplicable course du temps qui finit par broyer tout, les êtres, les sentiments et les esprits.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80335285-58011419.jpg?v=1715952748" alt="Avec "Fille de roi", Sara Llorca éclaire au flambeau les ombres de l'héritage et de la filiation" title="Avec "Fille de roi", Sara Llorca éclaire au flambeau les ombres de l'héritage et de la filiation" />
     </div>
     <div>
      Un théâtre où il est aussi question de théâtre. Sara Llorca invoque le roi Lear de Shakespeare pour évoquer ce qui lui tient au cœur : l'héritage, la filiation. Cet amour du théâtre qu'elle a hérité de son père, Denis Llorca, amour qui fait partie de sa vie, de sa chair, indissociable de son parcours et qui vient se télescoper avec ses sentiments pour son père.       <br />
              <br />
       Rebondissement. Échos. Similitudes et réflexions entre réalité et la fiction, la comédienne est exactement au centre de ces deux pôles, en équilibre ou plutôt en constant rééquilibre, prise entre l'art de la scène et l'admiration pour un père qui lui a gentiment instillé la passion du jeu.       <br />
              <br />
       Du texte de Shakespeare, &quot;Fille de roi&quot; en garde principalement la trame. La pièce s'attache plutôt à l'une des trois filles de Lear, Cordelia, la plus sincère, la plus injustement répudiée, déshéritée, exilée. Elle s'attache à ses sentiments, à l'héritage qu'elle obtient finalement, un héritage qui bouleverse totalement son existence, qui en fait une guerrière au lieu d'une princesse de salon, mais pas une héroïne. Une guerrière que son père ne saura même pas reconnaître au soir de sa vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80335285-58011428.jpg?v=1715952785" alt="Avec "Fille de roi", Sara Llorca éclaire au flambeau les ombres de l'héritage et de la filiation" title="Avec "Fille de roi", Sara Llorca éclaire au flambeau les ombres de l'héritage et de la filiation" />
     </div>
     <div>
      Sara Llorca est aussi dans ce rôle la fille d'un roi : Denis Llorca, roi de théâtre, roi d'un royaume qui n'existe pas, mais dont elle a hérité la passion. Roi qui, comme Lear, décida un jour de partir, de laisser son royaume, de chercher une nouvelle liberté. Les mots de cette pièce évoquent le sombre, le torturé, le trouble, tout en restant sourcé à l'énergie de la lumière. L'interprétation de Sara Llorca est intensément physique. Son corps, jambes pliées comme dans l'attente d'un assaut, épaules mouvantes, bras fermes, possède la force d'une adepte des arts martiaux. On sent cette puissance d'évocation qui n'empêche pas une diction claire, limpide.       <br />
              <br />
       &quot;Suis la voix du poète !&quot;, fait aussi partie de l'héritage. Une poésie qui s'incarne sur scène grâce à la musique de Benoît Lugué, véritable partenaire de jeu, de sensibilité et de chant. Avec ses interventions à la basse électrique modulées en nappes mélodieuses ou en contrepoints plus toniques, le musicien soutient et donne rythme aux mots, aux émotions. Des émotions à leur comble lorsque la princesse Sara-Cordelia retrouve son roi de père Llorca-Lear, déchu et en déchéance, un roi en habits de mendiant qu'il faut porter encore pour un dernier moment et garder un petit peu dans la lumière.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle vu le 4 mai 2024 au Théâtre des 2 Rives à Charenton-le-Pont (94).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fille de roi"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80335285-58011437.jpg?v=1715952813" alt="Avec "Fille de roi", Sara Llorca éclaire au flambeau les ombres de l'héritage et de la filiation" title="Avec "Fille de roi", Sara Llorca éclaire au flambeau les ombres de l'héritage et de la filiation" />
     </div>
     <div>
      Texte, mise en scène : Sara Llorca.       <br />
       Avec : Sara Llorca.       <br />
       Musique, jeu : Benoît Lugué.       <br />
       Avec la voix de Denis Llorca.       <br />
       Regard sur la mise en scène et l'interprétation : Kên Higelin.       <br />
       Son : Quentin Fleury.       <br />
       Lumière : Stéphane &quot;Babi&quot; Aubert.       <br />
       Scénographie et costumes : François Gauthier-Lafaye       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 70 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">8 juin 2024 :</span> Festival Les Tisseurs de mot, Chilhac (43).       <br />
       Juillet 2024 : Les Nouvelles Coordonnées, Festival Vous êtes Ici, Fontaine-l'Abbé (27).       <br />
       Mai 2025 (dates à préciser) : CDN Normandie-Rouen, Rouen (76).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80335285-58011442.jpg?v=1715952844" alt="Avec "Fille de roi", Sara Llorca éclaire au flambeau les ombres de l'héritage et de la filiation" title="Avec "Fille de roi", Sara Llorca éclaire au flambeau les ombres de l'héritage et de la filiation" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80335285-58011419.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Lear" à l'Opéra Garnier, plus Beckett que Shakespeare ?</title>
   <pubDate>Tue, 26 Nov 2019 11:42:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Reprise à l'Opéra national de Paris de la production de Calixto Bieito du "Lear" d'Aribert Reimann. Avec une distribution quasi inchangée des plus talentueuses dans un spectacle qui évoque plus Beckett que Shakespeare, l'opéra de Reimann créé en 1978 à Munich ne convainc pourtant pas.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40050850-34208016.jpg?v=1574766397" alt=""Lear" à l'Opéra Garnier, plus Beckett que Shakespeare ?" title=""Lear" à l'Opéra Garnier, plus Beckett que Shakespeare ?" />
     </div>
     <div>
      La pièce de Shakespeare qui fit reculer de nombreux compositeurs (dont Verdi, pourtant grand amateur du dramaturge) a-t-elle trouvé en Aribert Reimann le héraut idoine ? Pour beaucoup oui, mais pourtant, que penser d'un &quot;opéra&quot; inspiré a priori par une pièce pleine de bruit, de rage et de douleur et ne dispensant finalement qu'un ennui poli dès la fin de sa première partie (l'œuvre en comptant deux d'inégale longueur) ?       <br />
              <br />
       On se souvient de l'argument d'un livret s'attachant à l'essentiel de l'intrigue du &quot;Roi Lear&quot; : le vieux roi, ayant voulu mesurer l'amour que lui portent ses filles, se voit dépossédé de tout avant de sombrer dans une folie irrémédiable. Entre-temps, une humanité et une famille en déshérence se seront déchirées jusqu'à l'anéantissement. Né en 1936, Aribert Reimann s'était difficilement laissé convaincre d'adapter la pièce pour son &quot;théâtre musical&quot;. D'abord sollicité par Dietrich Fischer-Dieskau (qu'il accompagnait au piano pour les grands cycles de lieder qu'immortalisa le baryton), il finit par céder en acceptant une commande de l'Opéra de Bavière.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40050850-34208027.jpg?v=1574767439" alt=""Lear" à l'Opéra Garnier, plus Beckett que Shakespeare ?" title=""Lear" à l'Opéra Garnier, plus Beckett que Shakespeare ?" />
     </div>
     <div>
      Créé en 1978, ce &quot;Lear&quot;, appartient donc au genre du &quot;théâtre musical&quot; dont s'est toujours revendiqué le compositeur berlinois. Il évoque d'ailleurs fortement la tradition dramaturgique germanique post-brechtienne avec ses personnages individualisés vocalement jusqu'à la caricature (ses filles hystériques, ses nobles vaniteux ou risibles, ses bouffons), avec son chœur incarné par un vieillard (Narr) qu'Ernst Alisch dote du nasillement sarcastique qui sied à bien des personnages de Brecht et avec un sens du grotesque créant la fameuse distanciation.        <br />
              <br />
       La proposition de Calixto Bieito rappelle aussi avec force cette tradition, évoquant par ailleurs le théâtre de Beckett peuplé de clowns tristes. Les caractérisations du Lear du baryton Bo Skovhus, de l'Edgar du contre-ténor Andrew Watts et l'actualisation de &quot;l'opéra&quot; présenté sur un plateau abstrait, frontal et étouffant vont dans ce sens.       <br />
              <br />
       Du théâtre nihiliste que propose Aribert Reimann - qui avait neuf ans en 1945 dans un Berlin en ruines - Bieito ne trahit rien, au contraire. Un vieillard nu et squelettique traverse la scène évoquant autant les camps de concentration que &quot;L'Homme qui marche&quot; de Giacometti, bref ce climat d'après-guerre exténuant des esprits dévastés. Une scénographie ingénieuse transforme un mur de planches noir (la forteresse de Lear) en une forêt inquiétante et carcérale. Quelques beaux tableaux, telle cette poursuite due aux lumières de Franck Evin d'une foule se croisant, marquent la rétine. En définitive, la lecture du metteur en scène espagnol offre sa pertinence habituelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40050850-34208553.jpg?v=1574768533" alt=""Lear" à l'Opéra Garnier, plus Beckett que Shakespeare ?" title=""Lear" à l'Opéra Garnier, plus Beckett que Shakespeare ?" />
     </div>
     <div>
      La musique, entre traitements de masses brutales ou discordantes et étirements plaintifs, n'ouvre aucune respiration ni échappées avec, de surcroît, ses exaspérations de cordes, de vent et ses percussions omniprésentes. Pourtant, dès la fin du premier acte, le langage musical risque l'itération, ne semblant trop souvent que varier a minima ses motifs et procédés - l'invocation aux tempêtes et fléaux cosmiques de Lear ne produisant pas l'effet attendu.       <br />
              <br />
       Certes, il s'agit de créer un climat de déréliction, mais Reimann n'atteint jamais à l'intensité et à la grandeur tragique d'un Alban Berg dans &quot;Wozzeck&quot; auquel on le rattache souvent comme héritier. Jamais la douleur - pourtant centrale dans l'intrigue - ne semble s'exprimer et faire chemin dans les cœurs. Voilà une partition souffrant finalement d'une relative abstraction et qui ne s'élève jamais à la sublimation des passions.       <br />
              <br />
       Les interprètes sont pourtant somptueux dans un exercice périlleux où les voix ne sont guère ménagées. Evelyn Herlitzius (Goneril), Annette Dasch (Cordelia) et Erika Sunnegärrdh (Regan) se révèlent admirables comme leurs comparses masculins, Derek Welton, Michael Colvin, Kor-Jan Dusseeljee ou encore Lauri Vasar et Andreas Conrad. Mais les contorsions des uns et des autres nous laissent froids tout comme l'impressionnante performance de Bo Skovhus, curieux Lear tout en force et en massive présence. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40050850-34209055.jpg?v=1574768568" alt=""Lear" à l'Opéra Garnier, plus Beckett que Shakespeare ?" title=""Lear" à l'Opéra Garnier, plus Beckett que Shakespeare ?" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 21 novembre au 7 décembre 2019.</span>       <br />
       27 et 30 novembre à 19 h 30, 4 et 7 décembre à 19 h 30.       <br />
       Opéra national de Paris - Palais Garnier.       <br />
       Place de l'Opéra Paris 9e.        <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Lear&quot;</b>       <br />
       Opéra en deux parties (1978).       <br />
       D'après William Shakespeare, &quot;King Lear&quot;/       <br />
       En langue allemande.       <br />
       Musique : Aribert Reimann.       <br />
       Livret : Claus H. Henneberg.       <br />
       Direction musicale : Fabio Luisi.       <br />
       Mise en scène : Calixto Bieito.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/40050850-34208016.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Lear-a-l-Opera-Garnier-plus-Beckett-que-Shakespeare_a2609.html</link>
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