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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-09T22:52:17+02:00</dc:date>
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   <title>Une "Traviata" de rêve à l'Opéra de Bordeaux</title>
   <pubDate>Tue, 22 Sep 2020 06:37:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'opéra de Verdi, dans une mise en scène adaptée de Pierre Rambert, brille par sa distribution de haut vol et un orchestre inspiré sous la baguette de l'excellent directeur musical maison, Paul Daniel. Le couple formé par le ténor Benjamin Bernheim et la soprano Rachel Willis-Sørensen fera date.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49984656-38709427.jpg?v=1600715321" alt="Une "Traviata" de rêve à l'Opéra de Bordeaux" title="Une "Traviata" de rêve à l'Opéra de Bordeaux" />
     </div>
     <div>
      Après six mois de diète lyrique, c'est un vrai bonheur de retrouver la scène, des chanteurs, un orchestre dans une fosse (celle de l'Auditorium, la plus grande d'Europe, idéale pour respecter la distanciation entre musiciens) et les frissons d'émotion qui traversent une salle quand la soirée est réussie. Outre la situation particulière actuelle, cette &quot;Traviata&quot; à Bordeaux constitue, sans aucun doute, un événement à plus d'un titre. C'est la dernière saison de Paul Daniel à Bordeaux (on le regrette déjà) ; c'est l'un des derniers Alfredo de B. Bernheim (a-t-il fait savoir) et c'est une prise de rôle magistrale pour la soprano américaine Rachel Willis-Sørensen. Une Violetta plus qu'impressionnante en toute honnêteté.       <br />
              <br />
       Une bonne &quot;Traviata&quot; est de surcroît réussie si le baryton interprétant le père d'Alfredo, Giorgio Germont, est grand, tant la dramaturgie de l'opéra repose sur ce trio &quot;familial&quot; infernal - où la loi patriarcale (agent du destin) s'oppose au désir et à l'amour. Lionel Lhote est ici un très grand Giorgio Germont, à n'en pas douter. Avec son timbre superbement profond, son phrasé artiste, le chanteur belge parvient à doter son personnage d'une complexité rare. Impossible de le détester tout à fait.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49984656-38709492.jpg?v=1600715370" alt="Une "Traviata" de rêve à l'Opéra de Bordeaux" title="Une "Traviata" de rêve à l'Opéra de Bordeaux" />
     </div>
     <div>
      En Violetta, Rachel Willis-Sørensen est magnifique. Elle est non seulement très belle, mais ses moyens vocaux sont tels (dans tous les registres, possédant à l'envi toutes les techniques nécessitées par ce rôle écrasant) qu'ils semblent outrer les dimensions de l'Auditorium - à l'excellente acoustique comme on le sait. Son incarnation, qui s'affinera avec l'expérience, est souvent bouleversante, toujours délectable. Elle est cette &quot;prima donna de première force&quot; que réclamait Verdi.       <br />
              <br />
       On a déjà écrit ailleurs tout le bien que l'on pense de Benjamin Bernheim. Son Alfredo à la vocalité sensuelle, comme déjà entendu à Paris en 2019, est non moins magnifique. Mais son personnage se pare ici d'un raffinement rendu sans doute possible par la proximité de la scène et du public. Les deux chanteurs se complètent idéalement. Comme on dit, le courant passe.       <br />
              <br />
       Avec un chœur bien préparé par son chef Salvatore Caputo, on apprécie aussi des seconds rôles qui parviennent aisément à s'individualiser - pour retenir notre attention. Citons, entre autres, Julie Pastouraud en Annina et Ambroisine Bré, mutine Flora. De la fosse, l'orchestre est le personnage à part entière que l'on espère. Raffiné dans l'ouverture jusqu'au déchirement, et à l'exception d'une petite harmonie un peu dépassée dans le premier acte, il se révèle tour à tour imposant (arrivée du Père au II), rayonnant dans le troisième acte, et finalement tragique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49984656-38709496.jpg?v=1600715403" alt="Une "Traviata" de rêve à l'Opéra de Bordeaux" title="Une "Traviata" de rêve à l'Opéra de Bordeaux" />
     </div>
     <div>
      À sa tête, Paul Daniel nous offre une ligne souple, une science des dynamiques, des climats bien contrastés. On l'aura compris, c'est un spectacle à ne pas rater. Une deuxième distribution prometteuse est proposée certains soirs (Elbenita Kajtazi, Kévin Amiel, Anthony Clark).       <br />
              <br />
       <b>&quot;La Traviata&quot;</b>       <br />
       Opéra en 3 actes de Verdi  créé à La Fenice de Venise le 6 mars 1853.       <br />
       Musique de Giuseppe Verdi.       <br />
       Livret de Francesco Maria Piave d'après La Dame aux Camélias d'Alexandre Dumas fils.       <br />
       Direction musicale : Paul Daniel.       <br />
       Mise en scène : Pierre Rambert.       <br />
       Décors : Antoine Fontaine.       <br />
       Costumes : Franck Sorbier.       <br />
       Lumières : Christophe Forey.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 27 septembre 2020.</span>       <br />
       Opéra national de Bordeaux-Aquitaine.       <br />
       Auditorium.       <br />
       8, Cours Georges Clémenceau, Bordeaux.       <br />
       Tél. : 05 56 00 85 95.       <br />
       <a class="link" href="https://www.opera-bordeaux.com/" target="_blank">&gt;&gt; opera-bordeaux.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Concert enregistré par France Musique pour une diffusion prévue le 3 octobre 2020.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-Traviata-de-reve-a-l-Opera-de-Bordeaux_a2792.html</link>
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   <title>Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier</title>
   <pubDate>Tue, 17 Sep 2019 09:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Simon Stone réussit brillamment son entrée sur la scène de l'Opéra de Paris avec une "Traviata" ultra contemporaine. Si le chef-d'œuvre de Verdi n'a rien perdu de son acuité, c'est aussi grâce au couple formé par Pretty Yende et Benjamin Bernheim à la tête d'une très belle distribution.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33024622.jpg?v=1568708259" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      Un an après la parution du roman d'Alexandre Dumas fils <span style="font-style:italic">(1)</span>, Verdi signe en 1853 l'un des opéras les plus novateurs de sa carrière avec un livret resserré sur le drame de la courtisane repentie et sacrifiée sur l'autel des convenances, et grâce à une écriture d'une efficacité dramatique et psychologique qui préfigure le vérisme. Mélodrame au sujet scandaleux pour l'époque, faisant écho aux amours du compositeur avec la Strepponi, l'opéra sera dans l'œuvre verdienne le seul exemple d'une influence littéraire contemporaine. L'un des plus éclatants exemples également d'une écriture vocale et orchestrale au service de la peinture des sentiments plutôt qu'à celui des embardées narratives.       <br />
              <br />
       Que faire de ce mélodrame forcément daté aujourd'hui - mais qui n'a rien perdu de son pouvoir de séduction musicale ? Le jeune metteur en scène Simon Stone apporte une réponse éblouissante à cette question pour ses débuts à l'Opéra de Paris. Actualisant pour notre temps la pertinence du chef-d'œuvre verdien, Simon Stone fait de Violetta Valery non plus une courtisane mais une star des réseaux sociaux ; une championne du placement de produits dans la mise en scène permanente de sa vie de fêtes tapageuses - postée sur Instagram, Twitter et autres Youtube. Suivie par des millions d'abonnés, cette Traviata, femme dévoyée fragile et étoile brillante dans le vide intersidéral de la vie numérique, va tomber amoureuse d'un architecte de très bonne famille, Alfredo Germont, alors même qu'elle apprend que son cancer a récidivé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33024766.jpg?v=1568708281" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      La proposition du metteur en scène d'origine australienne se révèle réjouissante à plus d'un titre. Les lieux traversés renvoient à une expérience à la fois hyper référencée (la Place Jeanne d'Arc dans le premier arrondissement parisien) et universelle (un kébab turc, le &quot;Paristanbul&quot;, une boîte hype où se retrouvent les influenceurs d'aujourd'hui ; ou les arrière-boutiques sordides où se réfugient pour leur pause des employés en contrat précaire).       <br />
              <br />
       La campagne où Violetta et Alfredo cachent leurs amours ou la salle de chimiothérapie d'un hôpital quelconque se signalent par quelques signes immédiatement identifiables sur un simple fond uni - les lumières de James Farncombe installant les ambiances idoines. Nous connaissons et reconnaissons ces lieux et ces personnages qui nous paraissent vraiment familiers. Ces images nous cernent tous les jours. Premier tour de force.       <br />
              <br />
       Seconde trouvaille maligne : les messages (e-mails, sms) et les posts qui envahissent le plateau dans les tableaux retraçant la vie mondaine et les débuts heureux des amours de Violetta. La solitude, la maladie et la mort s'imposeront ensuite dans une austérité scénographique qui fait autant signe - sans la vidéo de Zakk Hein. Une actualisation de l'œuvre se révélant dès la première scène d'une absolue justesse dans une relecture qui se tiendra de bout en bout sans recours aux traitements au forceps (du répertoire) auxquels nous ont habitués bien des metteurs en scène censément novateurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33024807.jpg?v=1568708480" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      L'essence du drame est là ; il s'agit bien ici de l'impossible salut d'une femme écrasée par une société cruelle, égoïste et superficielle. À peine regrettera-t-on l'incrustation en lettres géantes des gros titres plutôt illisibles défilant d'un tabloïd, brouillant la force de l'affrontement entre Violetta et le père d'Alfredo à l'acte II <span style="font-style:italic">(2)</span>.       <br />
              <br />
       Soutenue par un orchestre attentif, soucieux du chant et des climats antagonistes, la soprano sud-africaine Pretty Yende se révèle prodigieuse dans cette prise d'un rôle qu'elle a longtemps repoussé. Dans sa robe d'or façon Marylin Monroe (une autre Traviata suggérée en filigrane), la chanteuse réunit charisme scénique et performance vocale - même si sa technique de respiration dans les mélismes est quelque peu étonnante en cette première.       <br />
              <br />
       S'imposent cependant la richesse, la rondeur et le diapré d'un très beau soprano au souffle apparemment infini - atteignant facilement le mi bémol final du dernier air de l'acte un et le tenant. Benjamin Bernheim est un Alfredo de grande classe dès sa déclaration d'amour initiale. Cet élégant chanteur au timbre enchanteur ne déçoit décidément jamais. Ludovic Tézier incarne avec autorité et finesse un Giorgio Germont impérial puis humain. Tous trois peuvent se permettre des raffinements subtils dans leur chant, exprimant la variété des réactions et sentiments de leurs personnages dans la vision intimiste de Simon Stone - et dans les décors de Bob Cousins.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33024816.jpg?v=1568708503" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      Le reste de la distribution est à l'avenant. Catherine Trottmann (pour ses débuts à l'Opéra de Paris) est une délicieuse Floria, Marion Lebègue une Annina bien campée. Le Baron Douphol du baryton Christian Helmer, le Gastone de Julien Dran et le Docteur Grenvil de Thomas Dear se distinguent avec talent. Une mention spéciale sera donnée aux chœurs excellents dirigés par José Luis Basso. D'une force, d'une cohésion et d'une précision sans faille, ils éclairent ce sombre drame, du &quot;Libiamo&quot; initial au ballet des gitanes et toréadors de l'acte II et jusqu'au joyeux chœur du carnaval au troisième acte. Cette intelligente &quot;Traviata&quot;, miroir de notre misère moderne, est à découvrir absolument.         <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Le livret de Francesco Maria Piave fut imaginé à partir du roman de Dumas fils, &quot;La Dame aux camélias&quot;.        <br />
       (2) On avoue n'avoir guère compris également la première interruption de la soirée pour un long entracte au bout d'une demi-heure seulement.</span>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 septembre au 16 octobre 2019.</span>       <br />
       Opéra de Paris - Salle Garnier.       <br />
       Place de l'Opéra, Paris (9e).       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.        <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33025015.jpg?v=1568709419" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      Retransmission en direct au cinéma le 24 septembre 2019.        <br />
              <br />
       <b>&quot;La Traviata&quot; (1853).</b>       <br />
       Opéra en trois actes.       <br />
       Musique de G. Verdi (1813-1901).       <br />
       Livret en italien de F. M. Piave.       <br />
       Surtitré en français et en anglais.       <br />
       Durée : 3 h 05 environ.        <br />
              <br />
       Michele Mariotti, direction musicale.       <br />
       Simon Stone, mise en scène.       <br />
       Alice Babidge, costumes.       <br />
       Orchestre et Chœurs de l'Opéra de Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33025021.jpg?v=1568709434" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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