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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-12T04:28:56+02:00</dc:date>
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   <title>"Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?</title>
   <pubDate>Tue, 30 Nov 2021 08:43:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Mi-catch ! Mi-théâtre !" hurle au micro le chauffeur de salle, ouvrant grand la cérémonie festive à laquelle est convié un public chauffé à blanc par une musique tonique, aficionados d'emblée subjugués par l'ambiance électrique déferlant autour et sur le ring dressé. En guise de réponse, près de trois heures plus tard, l'on serait tenté de lui crier : "Mi-tigé !". En effet, si l'engagement des actrices et acteurs se révèle au-dessus de tout soupçon (au point d'en porter les marques sur leur corps), si les thèmes sous-jacents sont indéniablement "percutants" eux aussi, il n'en reste pas moins que le traitement du cocktail explosif risque de faire long feu. N'est pas Shakespeare qui veut…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60669268-44385492.jpg?v=1638259541" alt=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" title=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" />
     </div>
     <div>
      À l'époque élisabéthaine, celle de Shakespeare, où la liberté de ton et de genre était déjà la règle, l'espace de liberté qu'était le théâtre - avant d'être interdit par les puritains - résonnait ainsi joyeusement des violences humaines poussées à leur incandescence. Faisant feu de tout bois et rivalisant de déguisements hauts en couleurs, les acteurs enchantaient un public mixte fait de gens du peuple mêlés à ceux d'une certaine aristocratie, tous venus là s'acoquiner pour manger, boire et se divertir dans des &quot;arènes&quot; circulaires pouvant servir entre autres à des combats de coqs ou autres animaux.       <br />
              <br />
       À n'en pas douter, Clément Poirée, metteur en scène de cette création, et directeur du Théâtre de La Tempête (cf. Shakespeare) où elle a été créée, n'est pas sans connaître ses classiques avec lesquels il renoue pour proposer un spectacle hors normes (dès l'entrée, chaque spectateur est invité à consommer cornets de pop-corn et canettes de bière), mêlant les attendus du théâtre élisabéthain au cérémonial plus actuel de la confrérie du catch où masques délirants, déguisements et tatouages exubérants, huées et acclamations à tout rompre, font partie intégrante de la dramaturgie à l'œuvre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60669268-44385493.jpg?v=1638259571" alt=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" title=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" />
     </div>
     <div>
      La première rencontre, toute en muscles, exhibera un suprématiste mâle blanc, raciste à l'envi (<span style="font-style:italic">&quot;Il n'y a pas de prix Nobel noirs !… sauf pour la Paix… on leur file pour qu'ils nous la foutent, la paix !&quot;</span>), affublé d'un masque de porc et répondant au nom lui allant comme un gant de Battery Pork. L'homme à la tête de cochon ne fera qu'une bouchée (sic) des testicules de Prince Charming, fessiers impeccablement moulés dans un mini short et voix fluette de jeune fille pubère, avant que - rebondissement divin – l'homme cochon ne termine en chapelet de saucisses grillées. Et ce sous l'œil amusé d'Exotico, barbu et féminin, muscles saillants, porte-jarretelles et talons hauts, homme et/ou femme, aux allures stéréotypées des deux sexes.       <br />
              <br />
       Ainsi en ira-t-il des autres matchs, opposant des personnages tout aussi croustillants, porteurs, eux aussi, de stigmates symboliques. Il y aura Misandra, la guerrière féministe jusqu'au bout des poils de ses aisselles devenant fouets qui saura punir de ses belles canines vengeresses (on émascule beaucoup sur le plateau, à en perdre la boule…) l'affreux, répugnant pervers, Kapitaal(iste) venu la violer, et ce, sous les huées du public avant qu'applaudissements de soulagement ne s'ensuivent. Il y aura Kassnoisette, la jeune adolescente aux tétons (et à l'intelligence) lumineux qui viendra à bout de Priapico, dont le nom seul renvoie à l'anomalie somptueuse du Dieu dont il exhibe fièrement l'attribut, et dont le membre suspendu à ses accessoires encore accrochés sera croqué par la belle échappant à son pédophile ; de coq devenu chapon, l'homme sans affaires en sera pour ses frais…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60669268-44385510.jpg?v=1638259664" alt=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" title=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" />
     </div>
     <div>
      Après que Melancholia - un dépressif chronique, l'aurait-on deviné ? - eut attiré les rires compassionnels, lui-même n'arrivant pas à se tuer, un dernier temps réunira l'être à tête de cerf, grand esprit des animaux, et son boucher-dépeceur. Face à face convaincant mettant en jeu les questionnements portés par l'antispécisme refusant la hiérarchie entre espèces vivantes.       <br />
              <br />
       On le voit, les thèmes prégnants des effets délétères du patriarcat, du machisme, de la dictature phallique, de l'espèce humaine suprématiste, extravagances débouchant sur le viol, la pédophilie et autres aberrations, sont traités sous une forme grandguignolesque assumée avec, pour intention affichée, de &quot;purger les passions&quot;. En somme, une catharsis vécue dans la bonne humeur partagée…       <br />
              <br />
       Sauf qu'on pourrait se demander si les télescopages orchestrés dans l'hystérie généralisée, coups faisant figure de punchlines, sont d'une réelle efficacité pour ouvrir les esprits à &quot;l'impensable&quot; des comportements humains… Ou s'ils ne sont pas, sous l'effet d'émotions sur le vif, un simple exutoire &quot;spectaculaire&quot; aussi bruyant qu'éphémère, un défouloir à peu de frais, une purge-remède sans lendemain, n'impliquant aucune réflexion de fond susceptible d'enclencher des transformations. Un bon purgatif, point barre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60669268-44385550.jpg?v=1638259699" alt=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" title=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;S'indigner d'une injustice est plaisant, car cela vous met du côté des justes. Quel bonheur que ce malheur qui m'offre une bonne cause. L'indigné ment parce qu'il dissimule sa jouissance d'être du bon côté.&quot;</span> Si on accorde quelque crédit à François Bégaudeau pour savoir débusquer la bien-pensance sous l'indignation vertueuse généreusement proclamée, la forme présente, construite pour déclencher l'adhésion instantanée des bonnes gens assemblés, mérite d'être questionnée… Provoquer, sous &quot;pré-texte&quot; de catharsis, le rire à coup sûr et à bon compte, n'est-ce pas petite facilité à laquelle n'échappe pas ici La Tempête… dans un verre d'eau ?       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu le mercredi 24 novembre au TnBA, Salle Vauthier, Bordeaux.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Catch"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60669268-44385557.jpg?v=1638259735" alt=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" title=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" />
     </div>
     <div>
      Création 2021 du Théâtre de La Tempête       <br />
       Textes : Hakim Bah, Emmanuelle Bayamack-Tam, Koffi Kwahulé, Sylvain Levey, Anne Sibran.       <br />
       Mise en scène : Clément Poirée.       <br />
       Collaboration à la mise en scène : Pauline Labib-Lamour.       <br />
       Avec : Camille Bernon, Bruno Blairet en alternance avec Erwan Daouphars, Clémence Boissé, Eddie Chignara, Louise Coldefy, Joseph Fourez, Stéphanie Gibert, Thibault Lacroix, Pierre Lefebvre-Adrien, Fanny Sintès.       <br />
       Scénographie : Erwan Creff, assisté de Caroline Aouin.       <br />
       Lumières : Guillaume Tesson, assisté d'Édith Biscaro.       <br />
       Costumes et masques : Hanna Sjödin, assistée de Camille Lamy.       <br />
       Musique et sons : Stéphanie Gibert, assistée de Farid Laroussi.       <br />
       Maquillages : Pauline Bry-Martin.       <br />
       Régie générale : Silouane Kohler, assisté de Franck Pellé.       <br />
       Habillage : Émilie Lechevalier, Solène Truong en alternance.       <br />
       Conseils catch : Marc Mercier, Vince Greenleaf.       <br />
       Circassiens de l'Académie Fratellini : Armand Delattre, Basil Le Roux, Mahamat Fofana, Markus Aarøy Vikse, Roberto Stellino.       <br />
       Durée : 2 h 55 (1 h 40 + 15 min d'entracte + 1 h).       <br />
       Production Théâtre de la Tempête.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60669268-44385558.jpg?v=1638259769" alt=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" title=""Catch" Mi-catch, mi-théâtre, beaucoup de bruit pour rien ?" />
     </div>
     <div>
      A été représenté du 9 septembre au 17 octobre 2021 au Théâtre de la Tempête à Paris ;       <br />
       du 23 au 27 novembre 2021 au Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine.       <br />
       Disponible en tournée à partir d'avril 2023.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60669268-44385492.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Catch-Mi-catch-mi-theatre-beaucoup-de-bruit-pour-rien_a3117.html</link>
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   <title>"Tempest Project" Entre vents et marées, le théâtre selon Peter Brook</title>
   <pubDate>Fri, 26 Nov 2021 10:26:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pris entre la terre insulaire qui les a naguère accueillis - sa fille, la belle Miranda, et lui, Prospero, le Duc de Milan, déchu de son trône et contraint à l'exil par son perfide frère acoquiné au Roi de Naples - et les rivages où les félons viendront immanquablement s'échouer sous l'effet d'un vent malin, le temps de la magie (théâtrale) opère… Celle de Peter Brook, mettant en scène un hiératique Prospero - Ery Nzaramba, acteur né au Rwanda - régnant en maître souverain sur les "esprits" de l'île.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60567835-44309165.jpg?v=1637920161" alt=""Tempest Project" Entre vents et marées, le théâtre selon Peter Brook" title=""Tempest Project" Entre vents et marées, le théâtre selon Peter Brook" />
     </div>
     <div>
      Tout droit sortis de l'imaginaire de William Shakespeare, les personnages échappant au temps se mettent à vivre, réinterprétés par Peter Brook (assisté de Marie-Hélène Estienne) pour en renverser le sens. En effet, en portant son choix sur le seul acteur noir sur le plateau pour incarner celui qui bat les cartes du jeu - le mage Prospero, détenteur de livres ésotériques lui conférant des pouvoirs surnaturels -, l'homme de théâtre balaye d'un revers de main toute tentation de faire de Prospero le prototype du colon blanc soumettant les indigènes à son bon vouloir…       <br />
              <br />
       À moins que, plus subtilement, le fait que Prospero soit ici noir de peau soit à prendre comme une tentative de &quot;réparation&quot; judicieuse des peuples noirs, proies de l'esclavagisme. Prospero, magnifique dans sa chemise blanche, bâton en main en guise de sceptre, se taille en effet la part belle en régnant &quot;magiquement&quot; sur les deux esprits de l'île. Sur Ariel, esprit aérien qui s'est mis au service de Prospero après que ce dernier eut consenti à le délivrer de l'arbre où la sorcière Sycorax l'avait emprisonné, et sur Caliban, esprit des entrailles de la Terre et fils monstrueux de cette même sorcière, détestant Prospero sans pouvoir pour autant échapper à son emprise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60567835-44309191.jpg?v=1637920215" alt=""Tempest Project" Entre vents et marées, le théâtre selon Peter Brook" title=""Tempest Project" Entre vents et marées, le théâtre selon Peter Brook" />
     </div>
     <div>
      Sur un plateau dépouillé où seuls quelques tas de bois et pièces de tissus colorés esquissent un rudiment de décor, les acteurs-personnages, présents de bout en bout - assis, en attente de &quot;rentrer en scène&quot; -, apparaissent pour ce qu'ils sont : les porte-paroles d'une illusion à construire avec l'aide des spectateurs présents. Ainsi, de Sylvain Levitte, recouvert d'une vieille couverture crasseuse pour devenir sous nos yeux Caliban, alors que l'instant d'après, ayant enfilé une veste, il devient le timide Ferdinand, fils du Roi de Naples et amoureux fou de la belle Miranda. De l'horrible créature à la puanteur de poisson vociférant des insultes, au beau jeune homme éperdu de tendresse énonçant des douceurs, il n'a fallu que l'instant d'un accord muet passé avec le public, complice de cette métamorphose à vue.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves et notre petite vie est entourée de sommeil…&quot;</span> Ainsi de &quot;l'enchantement&quot; du fils du Roi de Naples par le mage Prospero, enchantement incarné sur le plateau par les lumières confondant Ferdinand et Miranda dans la même ombre projetée faisant des deux jeunes amants une entité à jamais indissoluble, à l'image des illusions créées par la seule force du Théâtre, le lieu de tous les possibles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60567835-44309201.jpg?v=1637920263" alt=""Tempest Project" Entre vents et marées, le théâtre selon Peter Brook" title=""Tempest Project" Entre vents et marées, le théâtre selon Peter Brook" />
     </div>
     <div>
      Après la scène hautement visuelle des deux ivrognes de l'équipage félon &quot;découvrant&quot; Caliban planqué sous sa couverture, et les velléités des trois compères à vouloir régler de manière définitive son compte à Prospero, s'annonce le temps du sort à réserver aux parjures… Prospero les punira-t-il d'un juste châtiment maintenant qu'échoués sur l'île par la grâce d'Ariel détournant les vents, ils sont à sa merci ? Que nenni ! La comédie - &quot;La Tempête&quot; en est une - exige une chute autre sans pour autant perdre une once de profondeur… Si la liberté des deux esprits de l'île a eu un prix - ils ont été contraints, consentant ou forcé, à se mettre au service de Prospero -, la liberté du vieux mage aura-t-elle aussi un prix à trouver ailleurs que dans la vengeance ?       <br />
              <br />
       En bord de scène, seul face au public &quot;éclairé&quot;, Prospero, magnifique de grandeur, se délivrera avec notre assentiment de tout ressentiment. Dès lors, devenu libre, il sera à même de voguer - abandonnant la puissance surhumaine que lui conférait la magie de ses livres, fort de sa seule fragilité humaine recouvrée - vers d'autres horizons plus sereins. Et nous spectateurs, sous le charme d'un théâtre fabuleux dépouillé de tout artifice, nous sommes prêts à lever le siège, ravis d'avoir joué (librement) dans l'ombre le rôle qui nous était confié.       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 17 novembre à 20 h 30 à la Scène nationale Carré-Colonnes de Saint-Médard (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Tempest Project"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60567835-44309268.jpg?v=1637920687" alt=""Tempest Project" Entre vents et marées, le théâtre selon Peter Brook" title=""Tempest Project" Entre vents et marées, le théâtre selon Peter Brook" />
     </div>
     <div>
      Spectacle issu d'une recherche autour de &quot;La Tempête&quot; de William Shakespeare.       <br />
       Adaptation : Peter Brook et Marie-Hélène Estienne, d'après la version française de Jean-Claude Carrière de &quot;La Tempête&quot; de William Shakespeare publié chez Actes Sud-Papiers.        <br />
       Mise en scène : Peter Brook et Marie-Hélène Estienne.       <br />
       Avec : Johannes Johnström, Sylvain Levitte, Paula Luna, Fabio Maniglio, Luca Maniglio, Ery Nzaramba.       <br />
       Chants : Harué Momoyama.       <br />
       Lumières : Philippe Vialatte.       <br />
       Durée : environ 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>Prochaines dates</b>       <br />
       Du jeudi 21 au samedi 30 avril 2022.       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h 30, samedi à 15 h 30 et 20 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre des Bouffes du Nord, Paris 10e, 01 46 07 34 50.       <br />
       <a class="link" href="https://www.bouffesdunord.com/#" target="_blank">&gt;&gt; bouffesdunord.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60567835-44309165.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Tempest-Project-Entre-vents-et-marees-le-theatre-selon-Peter-Brook_a3114.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins</title>
   <pubDate>Fri, 15 Jan 2021 10:09:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53085182-40288253.jpg?v=1610703053" alt=""Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins" title=""Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins" />
     </div>
     <div>
      L'auteur et metteur en scène d'&quot;Ysteria&quot;, présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire &quot;entendre&quot; le vers shakespearien retraduit.       <br />
              <br />
       Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53085182-40288275.jpg?v=1610703326" alt=""Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins" title=""Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins" />
     </div>
     <div>
      Dans ce droit fil, ce sont à des actrices que seront dévolus les personnages du courtisan Guildenstern et du spectre. Si, pour le premier, on peut être simplement surpris du choix de casting sans que cela perturbe outre mesure la lisibilité de l'intrigue, pour le deuxième, il en va différemment. En effet, comment croire un instant à la crédibilité du fantôme erratique du vieil Hamlet lorsque, son casque retiré, on découvre la brune chevelure somptueuse encadrant le visage aux traits fins de l'actrice éclatante de jeunesse censée l'incarner ? Toutes les justifications entourant ce choix - délibérément assumé eu égard aux libertés originelles - peuvent apparaître, pour un spectateur contemporain, purs produits de l'intellect.       <br />
              <br />
       D'autre part, si la direction d'acteurs(trices) traduit avec force - et justesse - l'agitation s'emparant des protagonistes soumis à la déferlante de leurs tourments ne leur offrant aucun espoir de rémission, la tentative du metteur en scène de réintroduire l'exubérance des représentations de l'époque shakespearienne, l'amène parfois à quelques excès qui peuvent laisser pantois le spectateur du XXIe siècle. Ainsi certains gestes isolés, de grotesque provocation sexuelle ou de scansion hystérisée prêtés à la Reine, auraient plus pour effet de desservir le propos en le &quot;divertissant&quot; qu'à servir l'intention. Ou alors aurait-il fallu aller encore plus loin en lâchant bel et bien le frein de la bienséance pour libérer le &quot;dé-lire&quot; ?       <br />
              <br />
       Ces réserves étant posées, cette &quot;représentation&quot;, pour être restée intentionnellement au milieu du gué - entre fantaisie contenue et drame lié à la souillure incestueuse des hommes soumis à la volonté de puissance -, présente l'intérêt d'être nourrie par une réflexion de haut vol mettant en exergue le théâtre et son double, la comédie humaine des passions ravageuses exposées en pleine lumière.       <br />
              <br />
       En effet, comment ne pas être &quot;atteint&quot; une nouvelle fois par la scène en miroir du Roi et de la Reine de comédie ? Comment ne pas être &quot;bousculé&quot; par les fulgurances d'Hamlet sur les obscénités humaines, le non-sens de l'existence, l'avidité poussant les hommes à mourir pour un lopin de terre, les privilèges - jusque dans la mort - du rang social (cf. la mise au tombeau d'Ophélie), ou encore sur ces <span style="font-style:italic">&quot;acteurs qui déambulent et beuglent si fort qu'ils imitent l'humain avec beaucoup d'abomination&quot;</span>.       <br />
              <br />
       &quot;Hamlet&quot; reste définitivement la pièce des pièces et Gérard Watkins a le mérite d'assumer ses choix de metteur en jeu en en proposant une interprétation personnelle située dans un décor vintage inspiré des sixties et dans une scénographie restant, finalement, peut-être encore trop &quot;polie&quot; pour traduire l'exubérance shakespearienne.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le reste est silence&quot;</span>, comme conclut le personnage titre expirant sous un ciel vide, purgé - pour un temps - des miasmes des intrigants. Un silence troué présentement par le plaisir &quot;essentiel&quot; de renouer avec le théâtre vivant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Hamlet"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53085182-40288410.jpg?v=1610703983" alt=""Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins" title=""Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins" />
     </div>
     <div>
      Texte, William Shakespeare.       <br />
       Traduction et mise en scène : Gérard Watkins.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Lucie Epicureo et Lola Roy.       <br />
       Avec : Anne Alvaro, Solene Arbel, Salomé Ayache, Gaël Baron, Mama Bouras, Julie Denisse,       <br />
       Basile Duchmann, David Gouhier, Fabien Orcier, Gérard Watkins.       <br />
       Lumières : Anne Vaglio.       <br />
       Scénographie : François Gauthier-Lafaye.       <br />
       Son : François Vatin.       <br />
       Costumes : Lucie Durand.       <br />
       Production : Cie Perdita Ensemble.       <br />
       Durée : 3 h 15 (avec entracte).       <br />
       Création au TnBA, les 7 et 8 janvier 2021, représentations réservées aux professionnels et à la presse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Dates prévisionnelles de tournée</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53085182-40288419.jpg?v=1610704281" alt=""Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins" title=""Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins" />
     </div>
     <div>
      <span style="text-decoration: line-through">Du 2 au 14 février 2021 (sous réserve).</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de la Tempête (salle Serreau), Cartoucherie, Paris XIIe, 01 43 28 36 36.       <br />
       <a class="link" href="https://www.la-tempete.fr/" target="_blank">&gt;&gt; la-tempete.fr</a>       <br />
              <br />
       Du 21 au 22 avril 2021, à 19h, Comédie de Caen.       <br />
       Tournée la saison prochaine (à ce jour) : Besançon, Lorient, Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53085182-40288483.jpg?v=1610704505" alt=""Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins" title=""Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/53085182-40288253.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Hamlet--encore-et-toujours-dans-une-mise-en-je-de-Gerard-Watkins_a2862.html</link>
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   <title>"L'Éveil du printemps" Sans fard pour mieux voir la pulsation des veines sous la peau</title>
   <pubDate>Fri, 20 Mar 2020 16:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À nu. À cru comme on dit en cuisine lorsqu'on défait une orange de sa peau au fil d'un couteau. À cru comme en équitation où le corps de l'animal et du cavalier sont chair contre chair. "L'Éveil du printemps", mis en scène par Armel Roussel, écarte tout ce qui pourrait s'interposer entre la réalité de ce que raconte le texte de Wedekind et nous, mais également entre ce qui se dit dans la pièce et ce qui se joue physiquement. Il nous plonge dans la marmite du dramaturge.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43843332-36057767.jpg?v=1584722122" alt=""L'Éveil du printemps" Sans fard pour mieux voir la pulsation des veines sous la peau" title=""L'Éveil du printemps" Sans fard pour mieux voir la pulsation des veines sous la peau" />
     </div>
     <div>
      C'est résolument et presque radicalement le point de vue des adolescents qui est exposé ici. Les ados, on le sait, n'ont pas exactement la même perception du monde que les adultes. Ils sont en crise (c'est ainsi qu'on nomme cet âge). Ils se jettent de plein fouet sur la rugosité du monde, pour éprouver sa résistance mais aussi pour expérimenter leurs propres limites, leurs propres perceptions, leur sensibilité, leurs forces, leurs faiblesses.       <br />
              <br />
       C'est l'âge des excès, des expériences, des défis. C'est surtout l'âge d'une sexualité explosive qui dynamite chaque heure et pointe sa curiosité dans tous les rapports. Face à cette force, le cadre moral inculqué depuis l'enfance explose. C'est ce tremblement de terre et cette métamorphose que tente de raconter la pièce de Wedekind, écrite en 1891, censurée pendant quinze ans pour cause d'obscénité.       <br />
              <br />
       L'obscénité n'est pas toujours là où l'ordre établit la place. Dans la mise en scène d'Armel Roussel, c'est au contraire dans les hontes et les cachoteries des adultes qu'elle s'étale dans toute sa fausseté. Le monde des enfants de 14 ans est ici glorifié dans une impudeur sans arrière-pensées, un débridement des sens qui, sur le plateau, se déroule comme un rituel libérateur, exacerbé, presque comme un rituel sacré.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43843332-36057768.jpg?v=1584722149" alt=""L'Éveil du printemps" Sans fard pour mieux voir la pulsation des veines sous la peau" title=""L'Éveil du printemps" Sans fard pour mieux voir la pulsation des veines sous la peau" />
     </div>
     <div>
      Le sol est fait de terre battue d'un brun sombre, une lande où vont pousser les herbes du printemps et où vont s'enterrer les cadavres dans ce cycle naturel de la vie. Les corps sont faits de chair, de démangeaisons érotiques, d'étreintes troublantes. L'air est fait de musiques et de cris, de pluies fertiles et purifiantes, de brumes nocturnes où l'enfant devient homme et où l'homme devient animal. Toutes les dimensions ont été remplies de vie, de pulsions et de matières organiques pour troubler les sens des spectateurs.       <br />
              <br />
       Avec des comédiennes et des comédiens qui investissent des ongles aux cheveux leurs personnages avec une fougue et une générosité totale ; et avec une mise en scène au rythme magnifiquement soutenu par la musique du groupe Juicy, cet &quot;Éveil du printemps&quot; parvient à faire ressentir l'extraordinaire brutalité vécue par la jeunesse avec sa confrontation au suicide, au viol, à l'avortement dramatique, mais, dans le même temps, à nous donner une partie de sa lumineuse énergie originelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Éveil du printemps"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43843332-36057772.jpg?v=1584722205" alt=""L'Éveil du printemps" Sans fard pour mieux voir la pulsation des veines sous la peau" title=""L'Éveil du printemps" Sans fard pour mieux voir la pulsation des veines sous la peau" />
     </div>
     <div>
      Texte Frank Wedekind.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Armel Roussel.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Julien Jaillot.       <br />
       Avec : Nadège Cathelineau, Romain Cinter, Thomas Dubot, Julien Frégé, Amandine Laval, Nicolas Luçon, Berdine Nusselder, Sophie Sénécaut, Lode Thiery, Uiko Watanabe, Judith Williquet        <br />
       et le groupe Juicy (Julie Rens, Sasha Vovk) en alternance avec Elbi.       <br />
       Lumières : Amélie Géhin.       <br />
       Costumes : Coline Wauters.       <br />
       Son : Pierre-Alexandre Lampert.       <br />
       Maquillages : Urteza da Fonseca.       <br />
       Collaboration artistique : Nathalie Borlée.       <br />
       Durée : 2 h 30 sans entracte.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Production [e]utopia[4] &amp; Studio Théâtre National Wallonie-Bruxelles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43843332-36057774.jpg?v=1584722327" alt=""L'Éveil du printemps" Sans fard pour mieux voir la pulsation des veines sous la peau" title=""L'Éveil du printemps" Sans fard pour mieux voir la pulsation des veines sous la peau" />
     </div>
     <div>
      <b>A été joué au Théâtre de la Tempête, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e, à partir du 27 février 2020 jusqu'à la fermeture du théâtre suite aux décisions gouvernementales visant à assurer la protection sanitaire face à l'épidémie Covid-19.</b>       <br />
       <a class="link" href="https://www.la-tempete.fr/" target="_blank">&gt;&gt; la-tempete.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/43843332-36057767.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Eveil-du-printemps-Sans-fard-pour-mieux-voir-la-pulsation-des-veines-sous-la-peau_a2691.html</link>
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