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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-12T19:09:21+02:00</dc:date>
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   <title>"Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !</title>
   <pubDate>Wed, 28 May 2025 16:37:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Romancero queer" est la deuxième pièce de théâtre de Virginie Despentes, écrivaine dont les romans font souvent date et dont certains ont traversé le monde de l'édition pour rejoindre celui de la dramaturgie. Dans une écriture à la fois directe, sans fioritures et humoristique, le cadre dramaturgique est inspiré d'un roman de Lope de Vega et l'auteure propose une mise en scène haute en couleurs dans une version queer.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88867040-62900115.jpg?v=1748443204" alt=""Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !" title=""Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !" />
     </div>
     <div>
      Lumières sur un plateau séparé en deux, avec une large avant-scène en visibilité directe des spectateurs et une arrière-scène cachée par un ensemble de panneaux plastiques translucides. S'effectuent derrière celui-ci des entrées-sorties et des apparitions qui créent des ruptures de jeu. On aperçoit, avant leur entrée, les silhouettes des personnages, avec parfois des couleurs vives et chaudes qui transparaissent. De cette furtivité floue qui devient réelle quand ils traversent le rideau de panneaux, on les découvre dans leur intimité.       <br />
               <br />
       La scénographie est composée, côté cour et côté jardin, de quelques rectangles gris foncé de différentes tailles posés côte à côte ou les uns sur les autres. L'ensemble a des proportions géométriques dans lesquelles il y a deux niveaux mettant les protagonistes à des distances et à des hauteurs différentes. Cette disposition leur crée à chacun un pré-carré de situations et d'émotions sans gommer une complicité entre eux.       <br />
               <br />
       La trame est construite sur ce que vivent les personnages féminins par rapport à un metteur en scène qui leur manque de considération. Dans ce qui ressemble à un huis clos, il est absent physiquement, seule sa voix se fait entendre. Les loges deviennent le lieu où s'exprime le ressenti des acteurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88867040-62900117.jpg?v=1748443232" alt=""Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !" title=""Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !" />
     </div>
     <div>
      Le rôle des hommes est en retrait, comme pour André (Amir Bayley) qui est dans une attitude d'écoute un peu professorale quand Soa de Muse plante une protagoniste (Vito) tout en couleur et très présente physiquement. Drag queen, elle apporte à la pièce une touche très originale, à la fois sucrée, salée et acidulée dans les attitudes et les propos. Dans un jeu puisant dans une large palette d'émotions, Soraya Garlenq incarne Faïrouz qui subit de façon éplorée, voire tragique, l'attitude du metteur en scène.       <br />
              <br />
       Le plateau représente les loges d'un théâtre dans lesquelles les comédiens et comédiennes travaillent sur une reprise queer de &quot;La maison de Bernarda Alba&quot; de Federico Lope de Vega. Virginie Despentes s'inspire, en la déclinant de manière actuelle, de cette œuvre qui dénonçait le rôle secondaire, voire occulté, de la femme dans la société espagnole du début du siècle dernier, bâillonnée par les traditions.       <br />
               <br />
       Les loges sont la représentation scénographique de la maison dans l'œuvre de Federico Lope de Vega, dans laquelle se joue cette dichotomie entre ce que les comédiennes sont et ce que le metteur en scène veut en faire. Dans cette répartition des rôles et du contexte, c'est le vaste monde qui est représenté par celui-ci en parangon d'une autorité patriarcale, quand les loges sont l'intimité de chaque personnage, les répétitions la mentalité d'une société façonnant le corps des femmes et la scène, le regard du monde. Ce sont durant les répétitions et dans les loges que le combat se joue, afin que les femmes et le genre queer puissent s'exprimer librement. Bref, un remake de ce que peut vivre toute femme et qui plus est tout queer en France et ailleurs, à des degrés plus ou moins élevés.       <br />
              <br />
       Chaque protagoniste a sa propre couleur théâtrale et celle-ci est plurielle et très marquée. Ce qui est intéressant dans les relations des uns aux autres, ce sont, durant toute la représentation, à l'exception de la dernière scène, les différences qui les relient autant qu'elles les particularisent. Le dernier tableau montre les personnages, drapés d'un même voile gris. Les différences et les états d'âme sont levés et le combat contre le metteur en scène semblant gagner, ils dansent sur une musique disco, genre musical qui a été un marqueur de revendications politiques autant sociales que de genre et où les personnes de toute obédience sexuelle se sont réappropriées leurs corps en revendiquant leurs désirs. Le groupe d'acteurs devient ainsi une troupe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88867040-62903981.jpg?v=1748443658" alt=""Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !" title=""Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !" />
     </div>
     <div>
      La musique disco intervient de façon surprenante. La pièce est très riche dans sa dramaturgie avec des répliques ciselées et un jeu qui montre les différences autant sexuelles, que de genre et de couleurs… pour les marier. On ne saura rien de ce qu'est devenu le metteur en scène. C'est au spectateur de le décider.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Romancero queer"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88867040-62903982.jpg?v=1748443698" alt=""Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !" title=""Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Virginie Despentes.       <br />
       Mise en scène : Virginie Despentes.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Fatima Ben Bassal.       <br />
       Avec : Sasha Andres, Amir Baylly, Casey en alternance avec Naelle Dariya (à partir du 10 juin), Mata Gabin, Soraya Garlenq, Mascare, Soa de Muse, Clara Ponsot.       <br />
       Scénographie et lumières : Camille Duchemin.       <br />
       Composition musicale : Varou Jan.       <br />
       Son : Annabelle Maillard.       <br />
       Costumes : Marie La Rocca, assistée d'Isabelle Flosi.       <br />
       Collaboration dramaturgique : La Rata.       <br />
       Fabrication des accessoires, costumes et décor : ateliers de La Colline       <br />
       Régisseurs généraux : Cécile Conte et Anton Feuillette       <br />
       Régisseurs son : Yasmine Bouchenak, Sylvère Caton et Valentin Chancelle.       <br />
       Régisseurs lumières : Gilles Thomain et Jean-Philippe Viguié.       <br />
       Régisseur principal machinerie : Antoine Hordé.       <br />
       Habilleuse : Laurence Le Coz.       <br />
       Accessoiristes : Isabelle Imbert et Laetitia Mercie.       <br />
       Extraits musicaux de Bili Bellegarde, Ly, Morente et Sylvester.       <br />
       Production La Colline - Théâtre national.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 mai au 29 juin 2025.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h, mardi à 19 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Relâche : dimanche 25 mai.       <br />
       La Colline - Théâtre national, Petit théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('billetterie@colline.fr')" >billetterie@colline.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 17 au 21 mars 2026 : Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon 4e.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88867040-62904316.jpg?v=1748444894" alt=""Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !" title=""Romancero queer"… Lope de Vega en surprenante et originale version queer !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Romancero-queer-Lope-de-Vega-en-surprenante-et-originale-version-queer-_a4229.html</link>
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   <title>"Orgie Romaine", une comédie musicale de Michel Heim par Les 3 Coups Cie Giorgio Carpintieri</title>
   <pubDate>Wed, 25 Mar 2020 06:52:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[RV du Jour]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Captation intégrale Afin de vous (re)donner le sourire, de contribuer à vous faire évader, rêver, mais aussi pour rester proches de vous, Les 3 coups - Compagnie Giorgio Carpintieri met à disposition exceptionnellement les captations intégrales de quatre spectacles de son répertoire ! Voici donc "Orgie Romaine", une comédie musicale signée Michel Heim qui présida pendant vingt-cinq ans aux destinées de la compagnie "Les Caramels fous" pour laquelle il a écrit une douzaine de pièces musicales parodiques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43933864-36099008.jpg?v=1584951568" alt=""Orgie Romaine", une comédie musicale de Michel Heim par Les 3 Coups Cie Giorgio Carpintieri" title=""Orgie Romaine", une comédie musicale de Michel Heim par Les 3 Coups Cie Giorgio Carpintieri" />
     </div>
     <div>
      C'est la fin de l'année 54 après Jésus-Christ, Néron a 17 ans et devient empereur. Il veut éloigner Agrippine, sa mère, des affaires d'État… Mais il veut rapprocher Britannicus des affaires… d'amour ! C'est le commencement d'une série de querelles familiales saura conduire vers une solution… amiable et collective !       <br />
              <br />
       Une pièce qui nous plonge dans l'intimité de cette famille impériale où deux frères se chamaillent, comme d'habitude, sous les yeux amusés de Narcisse, esclave affranchi et &quot;objet&quot; des fantasmes sexuels d'Agrippine. Junie, esclave de Britannicus, saura-t-elle tirer parti de ces tragiques querelles ? Car Néron aime Britannicus qui aime Junie qui aime Agrippine qui aime Narcisse qui n'aime que lui-même. Tragique… mais tout en musique et chansons !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/txjqC6QbWeo" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43933864-36132061.jpg?v=1585080432" alt=""Orgie Romaine", une comédie musicale de Michel Heim par Les 3 Coups Cie Giorgio Carpintieri" title=""Orgie Romaine", une comédie musicale de Michel Heim par Les 3 Coups Cie Giorgio Carpintieri" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Orgie Romaine&quot;</b>       <br />
       Tragédie musicale de Michel Heim.       <br />
       Mise en scène : Giorgio Carpintieri.       <br />
       Avec : Giorgio Carpintieri, Aude Carpintieri, François Tantot, Michel Valls, Gaël Dubreuil.       <br />
       Musiciens : Giacomo Anastasi (guitare), Pascal Bonnet (basse), Eun-Young Yoon (piano).       <br />
       Conseil vocal : Véronique Dupin.       <br />
       Collaboration artistique : Hugo Verrecchia.       <br />
       Création lumière : Frank Demaret.       <br />
       Costumes et décors : Milena Tusa-Carpintieri.       <br />
       Maquillages et coiffures : Pascale Bertotto.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
       Les 3 Coups Cie Giorgio Carpintieri.       <br />
       <a class="link" href="http://www.compagnie-les3coups.fr/" target="_blank">&gt;&gt; compagnie-les3coups.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>À découvrir également sur le site de la compagnie :</b>       <br />
       &quot;Une trop bruyante solitude&quot; (en ligne le 24 mars à 18 h).       <br />
       &quot;Besame mAcho&quot; (en ligne le 26 mars à 18 h).       <br />
       &quot;La sortie&quot; (en ligne le 28 mars à 18 h).       <br />
       <a class="link" href="http://www.compagnie-les3coups.fr/project/covid19/" target="_blank">&gt;&gt; compagnie-les3coups.fr/project/covid19/</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/43933864-36099008.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Orgie-Romaine--une-comedie-musicale-de-Michel-Heim-par-Les-3-Coups-Cie-Giorgio-Carpintieri_a2693.html</link>
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   <title>"Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…</title>
   <pubDate>Mon, 24 Feb 2020 13:26:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Cette troupe de loqueteux, affublés de hardes composites faites de bâches de plastique et autres rebuts colorés, émergeant de l'obscurité où ils sont plongés, de qui sont-ils le nom ? Lointains héritiers des esclaves, ils sont les nouveaux "sauvages" d'un Brésil dirigé par un président d'extrême droite qui, sous l'œil impassible de la monumentale statue du Christ Rédempteur dominant la baie de Rio de Janeiro, pourchasse les misérables, homosexuels, bisexuels, transgenres, tous mis au ban de la société.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43027151-35649339.jpg?v=1582391630" alt=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" title=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" />
     </div>
     <div>
      Lia Rodrigues, connue pour son engagement auprès des habitants de la favela de Maré - où sont nés certains de ses danseurs -, présente là un nouveau tableau vibrant des émotions de ceux que l'on voudrait faire taire.       <br />
              <br />
       Jair Bolsonaro, élu démocratiquement (sic), gouverne en tyran décomplexé, faisant montre d'un arbitraire défiant le simple entendement. &quot;Les policiers ont tiré d'un hélicoptère, comme si les gens qui vivent dans la favela étaient des animaux qu'ils chassent&quot;, dixit Lia Rodrigues sur France Culture, le 12 décembre 2018. Dès lors, la chorégraphe, engagée depuis 2003 dans ce bidonville de Rio, convoque ses armes à elle, la puissance de ses créations artistiques, pour projeter sur la scène l'insoupçonnable vitalité des parias.       <br />
              <br />
       Neuf danseuses et danseurs, habités par une frénésie les liant les uns aux autres pour ne former qu'un seul corps (é)mouvant, fusionnant, se déchirant, se rapprochant, se chevauchant pour dire les pulsions de vie inaliénable. Neuf sujets représentant à eux seuls la favela prise pour cible mais extraordinairement vivante. Accompagnée de percussions mêlées d'ahanements (ceux de leurs bourreaux éructant ou bien ceux émis par leur corps malmené ?) enflant d'intensité jusqu'à devenir hypnotiques tant leur répétition intensive n'offre aucune fuite, cette horde à la dérive nous éclabousse littéralement de couleurs et de sons explosifs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43027151-35649344.jpg?v=1582391660" alt=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" title=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" />
     </div>
     <div>
      D'abord hésitantes, sortant d'une épaisse nuit, les ombres se relèvent… Rien ne résiste alors à ses corps &quot;dé-chaînés&quot;. L'appétit sexuel, leur libido porteuse de la pulsion de vie, ne rencontre aucun tabou comme pour clamer la liberté que d'aucuns voudraient frapper du sceau de l'interdit. Les rapports des hommes et des femmes s'adonnant à toutes les combinaisons que les genres offrent, échappent à la normalisation d'une société bien-pensante, avide d'encadrer la sexualité comme elle dicte ses autres attendus afin de mettre sous le joug les populations les moins enclines à respecter &quot;l'ordre&quot;.       <br />
              <br />
       Rien jamais de vulgaire dans cette fureur vitale représentée de manière chorégraphiée, transcendant l'énergie sexuelle en force plastique, sans rien éluder de ce qui se joue là du désir à l'œuvre. Femmes et hommes exhibant fièrement leur sexe qu'ils revendiquent comme une force en eux, se livrant à des rapports de domination et soumission s'inversant à l'instant suivant. Visages contorsionnés exprimant la fureur ou la fierté, corps torturés ou triomphants.       <br />
              <br />
       Ainsi une superbe métisse aux seins nus chevauchera fièrement un homme blanc tiré au sol par deux autres femmes, trônant sur les jambes relevées de sa monture humaine alors qu'un serviteur noir tendra respectueusement au-dessus de sa tête hiératique un petit parasol. Parallèlement, un homme noir, cagoule &quot;rouge brésil&quot; sur la tête, s'assiéra majestueusement sur la croupe de deux femmes blanches à quatre pattes avant de se livrer sur lui-même à un acte sacrificiel. Des hommes relèveront leur robe pour faire danser hardiment leur sexe alors qu'un autre se roulera à terre en tenant entre ses mains son précieux attribut.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43027151-35649347.jpg?v=1582391693" alt=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" title=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" />
     </div>
     <div>
      Suite de tableaux dignes de peintres réalistes (déliés de tabou) quant aux sujets mis en scène, mâtinés de la touche des expressionnistes pour ce qui est de la violence subjective faisant irruption dans le traitement de la réalité, &quot;Fúria&quot; est une déferlante &quot;bruyante&quot; et haute en couleur, propre à engloutir les diktats de dominants tenants d'un ordre (im)moral.       <br />
              <br />
       Une fois encore, l'engagement artistique indéfectible de Lia Rodrigues et de ses danseuses et danseurs auprès des persécutés des favelas (cf. les pancartes brandies lors du salut final,  &quot;Qui a tué Marielle Franco ?&quot; assassinée par le pouvoir en place pour avoir dénoncé les violations des droits des jeunes noirs et des LGBTI) réveille en chacun la nécessité vitale de toutes luttes visant à affirmer les choix existentiels… quand bien même devrait-on en mourir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fúria"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43027151-35649350.jpg?v=1582391720" alt=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" title=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" />
     </div>
     <div>
      Date de création : 2018.       <br />
       Chorégraphie : Lia Rodrigues.       <br />
       Assistante à la création :  Amalia Lima.       <br />
       Dramaturgie : Silvia Soter.       <br />
       Dansé et créé en étroite collaboration avec : Leonardo Nunes, Felipe Vian, Clara Cavalcante, Carolina Repetto, Valentina Fittipaldi, Andrey Silva, Karoll Silva, Larissa Lima, Ricardo Xavier.       <br />
       Collaboration artistique et images : Sammi Landweer.       <br />
       Lumière : Nicolas Boudier.       <br />
       Musique, morceaux de chants traditionnels de danses des Kanaks de Nouvelle-Calédonie.       <br />
              <br />
       <b>A été présenté au TnBA (Bordeaux), Grande salle Vitez, du 13 au 15 février 2020.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 et 15 mars 2020 :</span> T2G - CDN, Gennevilliers (92).       <br />
       20 mars 2020 : Théâtre Jean-Vilar, Vitry-sur-Seine (94)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire</title>
   <pubDate>Wed, 13 Nov 2019 11:36:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Arthur Perole, personnalité déliée des prescriptions de genres, prend date pour figurer parmi les plus turbulents chorégraphes contemporains, tant il ose oser (sic), emporté par une authenticité et une générosité que rien ni personne ne semble pouvoir endiguer. Six danseurs grimés à l'envi, peints à vue et travestis avec l'aide des spectateurs conviés, se livrent à des transes convulsives desquelles naîtront les sujets libérés.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39463235-33960191.jpg?v=1573642910" alt=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" title=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" />
     </div>
     <div>
      Entreprise à haut coefficient libertaire, cette performance plastique et &quot;corps-égraphiée&quot;, soutenue par une création musicale inscrivant, dans le corps de chacun, des séries de pulsations peu enclines à s'estomper, se vit comme une expérience essentielle à partager entre performeurs du plateau et spectateurs des gradins réunis dans le même trip.       <br />
              <br />
       Expérience de se parer d'artifices festifs minutieusement choisis (peintures corporelles et vêtements &quot;haute couture&quot; taillés à la mesure de chacun) pour ensuite, grâce à ce détour désinhibiteur, s'affranchir - sous l'effet de rituels improvisés sur des musiques alliant les tempos obsédants des tarentelles à ceux des univers de la techno - des strates de conditionnement déposées par la pensée surmoïque. Expérience de se dépouiller des attributs comme on pèle les peaux superposées d'un oignon pour en atteindre le cœur.       <br />
              <br />
       De cette &quot;danse primale&quot; (au sens où Arthur Janov parlait du cri primal libérateur) naîtra le sujet libéré des attendus de catégories et de genres qui l'assignent dès sa naissance à une place préétablie au service de l'ordre conservateur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39463235-33960227.jpg?v=1573643254" alt=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" title=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, les lumières de la salle allumées mettant bas les codes de la &quot;représentation&quot;, la première partie &quot;donne à voir&quot; (titre d'un recueil du poète Paul Éluard) les performeurs - pinceaux et ciseaux de couturières en mains, matériaux hétéroclites prêts à être assemblés - en train de se confectionner minutieusement un &quot;moi-peau&quot; (cf. Didier Anzieux) transcendant leur condition héritée, et ce, avec la complicité du public sollicité pour leur prêter main-forte dans cette tentative ludique et révolutionnaire d'échapper à eux-mêmes.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. Les poèmes ont toujours de grandes marges blanches, de grandes marges de silence où la mémoire ardente se consume pour recréer un délire sans passé&quot;</span>, écrivait Éluard, et il s'agit bien de cela ici… Ce &quot;dé-lire&quot; de la réalité imposée par les diktats sociaux rendant prisonniers du carcan de valeurs sans valeur humaine, va voler en éclats sous les coups de boutoir de la fantaisie créatrice insufflée par Arthur Perole. Ce processus de transformation fondamentale exige le temps de la lenteur retrouvée, comme un sas entre deux mondes, l'ancien corseté et le nouveau libéré.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39463235-33960369.jpg?v=1573644023" alt=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" title=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" />
     </div>
     <div>
      Les &quot;acteurs&quot;, métamorphosés par leurs costumes et grimages longuement élaborés, vont pouvoir se livrer à des danses exutoires où les mouvements et les corps ne sont que cris choraux (dés)articulés comme pour mieux déconstruire les langages conventionnels colonisés par la langue des possédants. Les &quot;possédés&quot; vont ainsi reparcourir chemin faisant leur aliénation pour mieux se dépouiller (au propre comme au figuré puisqu'ils se débarrasseront progressivement de leur parure-pelure, devenue inutile) des constructions assujettissantes.       <br />
              <br />
       Et lorsque, au terme de ce débordement d'énergie, adviendra cet accouchement chamanique, ils viendront saluer le public complice, leur visage enivré par la liberté recouvrée, c'est comme s'ils nous renvoyaient en miroir le désir jouissif d'une mue libératrice.       <br />
              <br />
       La création musicale incantatoire - essentielle pour la dramaturgie - que l'on doit à Giani Caserrotto, fait succéder le rythme endiablé, répétitif, lancinant, des tarentelles (musiques qui, dans l'Italie du sud du XVIIIe siècle, visaient à libérer les femmes des accès de démence prétendument causés par les piqures de la tarentule) et des musiques technos (empruntées à plusieurs cultures latino et autres) soulignant là encore l'abolition des frontières entre genres.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39463235-33960552.jpg?v=1573645149" alt=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" title=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" />
     </div>
     <div>
      Ce souffle libertaire, plongeant ses racines dans la contre-culture du voguing de la communauté LGBT noire américaine, fait écho à la liberté que s'octroyait en son temps révolutionnaire Julian Beck, inspirateur du Living Théatre. À une différence près - à mettre à l'actif du jeune chorégraphe Arthur Perole -, c'est que la provocation ne fait pas ici figure de dogme visant à choquer frontalement, mais devient la résultante naturelle et joyeuse d'un processus créatif porté par une sensibilité artistique hors normes où les chorégraphies scandées et stoppées se jouent avec un plaisir palpable des codes, les rendant obsolètes.       <br />
              <br />
       Une fête indécente et jubilatoire des sens, ouvrant grand sur des espaces de liberté enivrante.       <br />
              <br />
       <b>Création vue début novembre au KLAP Maison pour la danse (avec le ZEF Scène nationale de Marseille).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ballroom"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39463235-33960932.jpg?v=1573646532" alt=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" title=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie de et avec les interprètes : Arthur Perole.       <br />
       Assistant artistique : Alexandre Da Silva.       <br />
       Interprétes : Julien Andujar, Séverine Bauvais, Marion Carriau, Alexandre Da Silva, Joachim Maudet, Lynda Rahal.       <br />
       Musique : Giani Caserotto.       <br />
       Lumières : Anthony Merlaud.       <br />
       Costumes : Camille Penager.       <br />
       Coach vocal : Mélanie Moussay.       <br />
       Regard extérieur : Philippe Lebhar.       <br />
       Régie générale / lumières : Nicolas Galland.       <br />
       Régie son : Benoit Martin.       <br />
       Production diffusion : Sarah Benoliel.       <br />
       Remerciements : Léa Poiré, Emilie Peluchon et Tadeo Kohan.       <br />
       Par la Compagnie F.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Mercredi 13 novembre 2019 :</span> Espace des Arts, dans le cadre du festival Instances, Chalon-sur-Saône (71).       <br />
       Jeudi 5 décembre 2019 : Le Théâtre - Scène nationale, Macon (71).       <br />
       Mardi 10 décembre 2019 : Théâtres en Dracénie, dans le cadre du Festival de danse de Cannes, Draguignan (83).       <br />
       Mercredi 26 au samedi 29 février 2020 : Chaillot - Théâtre National de la Danse, Paris.       <br />
       Mardi 31 mars 2020 : Centre Culturel de Limoges, dans le cadre de Danse en Émoi,Limoges (87).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39463235-33961014.jpg?v=1573646546" alt=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" title=""Ballroom" Donner à voir des "corps-égraphiés"… Un cri libertaire et salutaire" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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