<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <channel>
  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-19T17:58:57+02:00</dc:date>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <atom10:link xmlns:atom10="http://www.w3.org/2005/Atom" rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" type="text/xml" />
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-66351983</guid>
   <title>•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…</title>
   <pubDate>Thu, 28 Jul 2022 08:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2022]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est par ces mots résonnant d'amour que James Joyce parle de sa fille Lucia, lui qui entretenait avec elle une relation symbiotique fondant, dans le même tout, leurs perceptions. Fusion, confusion jusqu'à ce que Lucia devienne Anna Livia Plurabella, l'héroïne de papier de son roman "Finnegans Wake". Eugène Durif s'est immergé dans leur histoire, non pour la raconter de l'extérieur, mais pour en délivrer des éclats vibrant d'une humanité qu'aucune institution ne pourra jamais soumettre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66351983-47147297.jpg?v=1658991775" alt="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" title="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" />
     </div>
     <div>
      Et le corps-à-corps tragique de Lucia avec l'incompréhension qui l'engloutit inexorablement trouvera dans la performeuse Karelle Prugnaud &quot;son&quot; interprète tant elle apparaît corps et âme être l'héritière de la fille de Joyce, cette jeune femme incandescente que la société a jugée folle pour se protéger de sa propre folie misérable. Quant à la mise en jeu d'Éric Lacascade, elle est la pierre angulaire de cet édifice éminemment fragile permettant de libérer corps et texte de toute articulation à prétention explicative.       <br />
              <br />
       Les clefs de la voûte impressionnante de l'église des Célestins, construite à l'initiative de l'antipape Clément VII place des Corps-Saints (autant de signes à forte valeur ajoutée), reçoivent pour une unique représentation cette performance artistique - &quot;expulsée du Théâtre Artéphile, sans lieu pour continuer à jouer&quot; - accueillie par le Festival d'Avignon mettant à disposition ce lieu sacré pour que l'art vivant le reste. <span style="font-style:italic">&quot;Comme Lucia, nous voulons parler et nous taire quand nous le décidons&quot;…</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66351983-47147353.jpg?v=1658991951" alt="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" title="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" />
     </div>
     <div>
      Lorsque la comédienne danseuse, en déshabillé immaculé, lovée dans l'un des bas-côtés de l'édifice religieux, fait entendre sa voix singulière, c'est comme si elle résonnait en ce lieu de toutes celles qui furent sacrifiées au nom de la doxa. Elle rayonne de la vitalité intacte de la petite fille ayant reçu pour prénom de baptême celui de la sainte du jour qui l'a vue naître, et celui de la mère de sa mère… qui l'a privée elle du sein maternel au profit du frère, après avoir essayé de &quot;la faire passer&quot;. Et cette saillie blessante qui fait de suite effraction dans sa mémoire : <span style="font-style:italic">&quot;C'est Giorgo mon frère qui m'a fait enfermer, Giorgio mon grand frère, le jour des cinquante ans de mon père, dans cette institution psychiatrique, dans cette maison d'aliénés, dans cet asile de fous…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Là où les mots frappés de stupeur s'arrêtent, le corps prend le relais la précipitant vers le Chœur… Le corps de Lucia Joyce, alors traversé par une pulsion irrépressible, l'enjoint à se jeter contre les murs dans une danse folle, écho muet de celle d'un Vaslav Nijinski, lui qui, après avoir donné une dernière représentation privée à l'hôtel Suvretta en Suisse où il était venu se faire soigner, arrêta définitivement de danser. Nous revient Denis Lavant interprétant récemment, avant que le rideau ne tombe, les derniers pas du chorégraphe scandaleux de  &quot;L'Après-midi d'un faune&quot;  et du &quot;Sacre du Printemps&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66351983-47147367.jpg?v=1658992012" alt="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" title="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Je pense souvent à Antonin Artaud avec son idée obsessionnelle de remettre le corps humain sur la table de dissection, de le malmener, de le bouleverser en quelque sorte. Il s'agit bien là de cette combustion de l'être&quot;</span>, écrit Denis Lavant dans &quot;Échappées belles&quot;, son livre autoportrait. Eh bien cet après-midi de Lucia en Avignon, nous éprouvons la même sensation en voyant Karelle Prugnaud s'embraser telle une torche, ses longs cheveux déployés comme autant de flammes crépitantes entourant son visage tourmenté.       <br />
              <br />
       De ces fragments à vif, ressort la lecture chorégraphiée qu'elle livre de la lettre torride que sa mère - <span style="font-style:italic">&quot;cette marâtre inculte, cette sorcière&quot;</span> - aurait écrite au père chéri. Une lettre à l'érotisme brûlant où il est question de <span style="font-style:italic">&quot;culottes à dentelles le rendant fou d'excitation, de ses seins qui le faisaient bander, de sa langue à lui fouillant sa féminité, d'elle s'empalant sur son sexe dressé et du goût âcre du foutre dans sa bouche&quot;.</span> Et l'artiste avec un aplomb millimétré d'en esquisser l'essence en s'accroupissant jupe relevée sur l'un de ses talons aiguilles. Les chaises volent au rythme de sa fureur dionysiaque, comme les réminiscences de la scène du jour de son internement où elle en projeta violemment une à la tête de cette mère <span style="font-style:italic">&quot;au lait caillé, le lait aigre de l'absence&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66351983-47147375.jpg?v=1658992074" alt="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" title="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" />
     </div>
     <div>
      Et puis cette question récurrente, au creux même de sa détresse : <span style="font-style:italic">&quot;qu'est-ce qui pousse un père à abandonner sa fille ?&quot;</span>, lui le père aimé la trompant avec une autre, fût-elle sa compagne, une autre qu'elle aurait tant voulu être. Toutes ces danses interrompues, coincées en elle, la danseuse les expulse dans un fantastique tourbillon de mouvements aériens et acrobatiques au sol. <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi tu m'as abandonnée dans Dublin ? J'errais dans les rues, perdue, si loin de moi. Nue sous la pluie que je traversais en dansant&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Il y aura les expertises psychiatriques savantes, son cas disséqué par des spécialistes à l'instar des leçons des mardis à la Salpêtrière données par le Professeur Charcot, les remèdes barbares envisagés, toute la panoplie d'une science triomphante et sans humanité. Et elle, fragile, jonglant de dos, avec dans une main Doctor Jung, le Suisse, et dans l'autre Doctor Freud, le Viennois, deux nains ridicules se combattant, rétablissant la géographie de la raison.       <br />
              <br />
       James Joyce aura beau clamer que, s'il peut sembler que la raison de sa fille parfois s'égare, c'est par excès de lucidité amenant son cerveau à tout embraser. Il aura beau dire et répété que lui comme elle parle <span style="font-style:italic">&quot;une langue d'avant les mots&quot;</span> - les glossolalies d'Antonin Artaud - que sa fille Lucia Anna Livia Joyce <span style="font-style:italic">&quot;n'est pas malade, simplement trop clairvoyante&quot;</span>, la danseuse s'affaissera, épuisée, brisée. Il lui faudra l'aide de l'auteur de cette pièce, Eugène Durif la rejoignant au plateau, pour en terminer l'histoire. Un destin en écho à celui d'une autre femme libre, Camille Claudel, ayant eu, elle aussi, à pâtir de ses désirs… Bouleversant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Cas Lucia J. (Un feu dans sa tête)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66351983-47147391.jpg?v=1658992151" alt="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" title="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" />
     </div>
     <div>
      Spectacle-performance- Seule en scène.       <br />
       Texte : Eugène Durif.       <br />
       Mise en scène : Éric Lacascade.       <br />
       Avec : Karelle Prugnaud       <br />
       Scénographie : Magali Murbach.       <br />
       Lumière : Laurent Nennig.       <br />
       Production : Compagnie L'envers du décor et Compagnie Lacascade.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 26 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 21 h 45, relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Artéphile, 7, rue du Bourg Neuf, Avignon.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Expulsé du Théâtre Artéphile depuis le 17 juillet.       <br />
       Représenté le lundi 25 juillet 2022 à 15 h,       <br />
       à l'église des Célestins, place des Corps-Saints, Avignon.</strong></span>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.cie-enversdudecor.com/lucia_joyce.html" target="_blank">>> cie-enversdudecor.com</a>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Communiqué du Festival d'Avignon en date du samedi 23 juillet       <br />
       Expulsé d'Artéphile le 16 juillet 2022 et sans lieu pour continuer à jouer, "Le cas Lucia J. (Un Feu dans sa tête)" d'Eugène Durif est accueilli par le Festival d'Avignon qui met à disposition l'église des Célestins.       <br />
       "Comme Lucia, nous voulons parler et nous taire quand nous le décidons. Parce qu'il n'y a pas de fatalité à exercer son art. Il n'y a que des obstacles qui nous construisent.        <br />
       Pour ceux qui nous soutiennent. Pour ceux qui n'ont pas vu le spectacle. Pour ceux qui, comme nous, ont quelque chose à défendre…".</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66351983-47147297.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2022-Le-cas-Lucia-J-Petite-fille-blessee-du-monde-te-voila-detruite-par-un-monde-qui-ne-peut-saisir-l-infini-de-ce_a3368.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-66288301</guid>
   <title>•Off 2022• "Le Cas Lucia J." Performance bouleversante d'une comédienne habitée par le destin d'une martyre de la psychiatrie</title>
   <pubDate>Mon, 25 Jul 2022 16:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2022]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Inspiré du livre éponyme d'Eugène Durif, ce spectacle-performance interprété par Karelle Prugnaud retrace la vie de Lucia Anna Joyce, fille et muse du célèbre écrivain irlandais James Joyce, romancier, poète et figure emblématique du XXe siècle. C'est l'angle complexe et ambigu de la relation "père fille" - ou plutôt "fille père" - qui a été choisi pour cette création relatant le destin de cette jeune femme qui apprend la danse auprès d'Isadora Duncan puis qui abandonne cette pratique avant de tomber amoureuse du jeune Beckett, assistant de son père. Mais celui-ci la rejette.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66288301-47116760.jpg?v=1658760481" alt="•Off 2022• "Le Cas Lucia J." Performance bouleversante d'une comédienne habitée par le destin d'une martyre de la psychiatrie" title="•Off 2022• "Le Cas Lucia J." Performance bouleversante d'une comédienne habitée par le destin d'une martyre de la psychiatrie" />
     </div>
     <div>
      Elle se perd, est soignée par Jung qui la déclare schizophrène, avant d'être internée tout le reste de sa vie. Joyce, écrivant Finnefgans Wake, est persuadée qu'au terme de cette œuvre, Lucia retrouvera pleinement la raison. Selon lui, elle se confond avec son héroïne, Anna Livia Plurabella, et, ainsi, elle deviendrait <span style="font-style:italic">&quot;le livre fait de toutes les langues, de toutes les paroles mêlées, une danse du dedans&quot;.</span>       <br />
              <br />
       À l'origine de cette aventure singulière, il y a une rencontre entre trois artistes : l'auteur Eugène Durif, au parcours très chargé dans plusieurs domaines, le metteur en scène Éric Lacascade, pour qui la recherche personnelle de son métier est inséparable de la question de l'acteur, et la comédienne, metteuse en scène et performeuse, Karelle Prugnaud, dont le travail tant dans le domaine de la mise en scène que dans celui de comédienne est déjà vertigineux.       <br />
              <br />
       Dès le début de cette performance, la scénographie interpelle car la comédienne nous surprend, allongée dans notre dos sur le rebord de la cabine régie. Elle monologue, semble-t-il, déjà enfermée dans son monde. Puis très vite, elle occupe le plateau aux murs blancs rappelant l'univers hospitalier et psychiatrique - lequel lui sera au demeurant très inhospitalier- et elle virevolte, danse, se meut de façon acrobatique à couper le souffle. Le tout dans une maîtrise exceptionnelle.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;La figure de Lucia est absolument passionnante, tout autant que l'est l'écriture d'Eugène Durif et le corps performatif de Karelle&quot;</span>, Éric Lacascade.       <br />
              <br />
       Car ce spectacle est remarquablement incarné par la comédienne charnellement investie dont on peut s'interroger sur la part d'osmose qu'elle a bien pu accorder à son personnage. Il semblerait qu'elle soit considérable à en juger par la continuité qu'elle y a donnée en réalisant, en marge des représentations de la pièce, &quot;les Carnets de Frictions&quot; avec la collaboration du photographe Michel Cavalca.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66288301-47116787.jpg?v=1658760516" alt="•Off 2022• "Le Cas Lucia J." Performance bouleversante d'une comédienne habitée par le destin d'une martyre de la psychiatrie" title="•Off 2022• "Le Cas Lucia J." Performance bouleversante d'une comédienne habitée par le destin d'une martyre de la psychiatrie" />
     </div>
     <div>
      Le destin tragique de Lucia Anna Joyce, danseuse hors pair, talentueuse et créative, abandonnée par sa mère qui ne viendra pas la voir une seule fois pendant trente ans à l'hôpital, est retracé dans ce spectacle de façon magistrale. L'univers impitoyable de la psychiatrie y est évoqué sous un angle critique humanisé à l'extrême et l'incarnation de Karelle Pugnaud participe à rendre ce moment du spectacle difficilement supportable : <span style="font-style:italic">&quot;le pic à glace, toutes sortes de piqûres, des injections de sel, d'or, d'argent, de soufre, d'eau salée comme pour Nijinski. Mais le pire, c'était la potion de sérum bovin. C'est dans mon corps que ça se passe, pas dans ma tête. Si seulement on pouvait saisir ce qui se passe dans mon corps !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Karelle Prugnaud, martyre de la psychiatrie, hurle sur scène, les bras en croix en regardant le ciel et elle emplit la scène, à moins que ce ne soit Anna Livia Plurabella dans &quot;Finnegans Wake&quot; ou Lucia Anna Joyce ou encore Camille Claudel ! Il semblerait que les rapports de ces femmes aux hommes de leur vie n'aient pas été des plus salvateurs, que ce soit le père, l'amant, le frère…       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Tu aurais pu me sauver, Papa&quot;.</span> Le ton est donné concernant la part insidieuse qu'a pu avoir sur elle les rouages d'un système patriarcal dominant et oppressant, mais aussi de la place de la femme et de l'artiste corsetée par une société conservatrice !       <br />
              <br />
       Utilisant plusieurs registres dramaturgiques, la comédienne nous captive, &quot;trop cash, trop dure&quot; comme le dit son personnage, mais c'est pour mieux vous interpeller, mon enfant !  Et nous le sommes, interpellés par ce &quot;spectacle performance&quot; de Karelle Prugnaud dont le visage, les yeux bleus et la longue chevelure ondulée noir de jais ne sont pas sans rappeler Isabelle Adjani, toute comparaison mise à part.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66288301-47116788.jpg?v=1658760541" alt="•Off 2022• "Le Cas Lucia J." Performance bouleversante d'une comédienne habitée par le destin d'une martyre de la psychiatrie" title="•Off 2022• "Le Cas Lucia J." Performance bouleversante d'une comédienne habitée par le destin d'une martyre de la psychiatrie" />
     </div>
     <div>
      Elle emplit la scène, &quot;Karelle aux lèvres rouges&quot; comme pour mieux nous séduire et ses bleus sur les cuisses ne sont pas des maquillages ! Elle est bouleversante dans sa simple combinaison de nylon blanc, charnelle et sexy, provocatrice, osée, notamment lorsque Eugène Durif présent dans la salle lui réclame&quot; une autre proposition&quot; de mise en scène relative à la lecture des lettres de son frère.       <br />
              <br />
       Peu nécessaire d'être outrée par cette dernière qui, quelque part, nous ramène à ce que nous sommes aussi…       <br />
              <br />
       Dans le destin de Lucia, ni la relation avec son frère ni celle avec son père ne sera vraiment jamais élucidée, mais est-ce bien nécessaire finalement car le processus créatif théâtral mis en place par cette magnifique collaboration de la Compagnie L'envers du décor appuyée par celle du grand metteur en scène Éric Lacascade nous la laisse entrevoir avec brio et incandescence.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Dans ma théorie sur &quot;l'Anima&quot;, Joyce et sa fille en sont un exemple classique. Elle est nettement sa femme inspiratrice ce qui explique son refus obstiné de la voir déclarée atteinte d'aliénation. Sa propre anima, c'est-à-dire sa propre psyché inconsciente, s'est si solidement identifiée à sa fille qu'admettre sa folie eut été admettre pour lui une psychose lente&quot;</span>, Jung.       <br />
              <br />
       Espérons que Karelle Prugnaud parviendra à se détacher du &quot;cas Lucia J.&quot; lors de ses prochaines créations… À en juger par son talent, nous ne sommes pas inquiètes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Cas Lucia J. (Un feu dans sa tête)"</b></div>
     <div>
      Spectacle-performance- Seule en scène.       <br />
       Texte : Eugène Durif.       <br />
       Mise en scène : Éric Lacascade.       <br />
       Avec : Karelle Prugnaud       <br />
       Scénographie : Magali Murbach.       <br />
       Lumière : Laurent Nennig.       <br />
       Production : Compagnie L'envers du décor et Compagnie Lacascade.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 26 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 21 h 45, relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Artéphile, 7, rue du Bourg Neuf, Avignon.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Expulsé du Théâtre Artéphile depuis le 17 juillet.       <br />
       Représenté le lundi 25 juillet 2022 à 15 h,       <br />
       à l'église des Célestins, place des Corps-Saints, Avignon.</strong></span>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.cie-enversdudecor.com/lucia_joyce.html" target="_blank">>> cie-enversdudecor.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66288301-47116760.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Le-Cas-Lucia-J-Performance-bouleversante-d-une-comedienne-habitee-par-le-destin-d-une-martyre-de-la_a3365.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-57107441</guid>
   <title>Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent</title>
   <pubDate>Tue, 15 Jun 2021 12:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Renouant avec l'origine de l'Oratorio consacré à la Passion du Christ (évènements précédant et accompagnant la mort de Jésus), Gianni-Grégory Fornet pervertit à l'envi la résonance religieuse du terme pour l'inscrire dans l'univers profane des Hommes. Ici, trois figures masculines (incarnées par des performeuses déliées de tout tabou), scandaleusement humaines dans les passions qui les habitent, sont en prise avec leurs émotions dévorantes. Sur fond musical résonnant en contrepoint et projection de vidéos offrant profondeur de champ, elles brûlent littéralement, consumées par leurs émotions dont la passion amoureuse reste maîtresse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57107441-42370207.jpg?v=1623753285" alt="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" title="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" />
     </div>
     <div>
      On peut mourir d'aimer lorsque &quot;la bourgeoise absolue, savante et perverse&quot; vous tient dans ses rets avant de vous en chasser - &quot;garde-moi pour toi&quot;, disait Claire Michel à Jay, le petit truand marseillais en mal de vivre -, mais tout autant lorsque l'animalité instinctive vous abandonne pour vous laisser comme une outre vide de sensations… Sans pulsion de vie chevillée au corps que reste-t-il de l'humain ? Quelle &quot;vigilance animale&quot; nous faut-il entretenir comme un précieux feu sacré pour ne pas choir comme Gary, l'écrivain en perte d'inspiration ?       <br />
              <br />
       Fruit d'une longue gestation - le premier opus a vu le jour en 2015, lors d'une précédente édition mémorable de Trente Trente, complété en 2017 par le second au Centquatre et à La Loge (à Paris) -, l'Opus 3 vient cette année à La Manufacture CDCN clore le processus de création en remettant en perspective les deux premiers volets. De cette intégrale réunissant les trois opus, puissante, organique et solaire dans sa noirceur même, irradiant le plateau nu habité par ces créatures en quête d'absolu dans un monde se dérobant à eux, on ne sort pas indemne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57107441-42370228.jpg?v=1623753343" alt="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" title="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" />
     </div>
     <div>
      Submergé par la musique enveloppante, les propos proférés et les corps en tension, on est happé par le parcours de Jay à la solde d'un malfrat qui, pour quelques milliers d'euros, incendie les voitures (afin d'effacer toutes empreintes sur la scène de crime) de ceux à qui il vient de loger froidement une balle dans la tête. Mais lorsqu'il rencontre Claire Michel, son existence bascule, méconnaissant le risque de fréquenter une telle femme, il s'abandonne à corps perdu. Dévoré par elle, devenu un nœud de sensations à vif, il en vient à enfourner à pleine bouche les cheveux de sa maîtresse (sic). Pulsion irrépressible d'incorporer l'objet du désir pour tenter contre toute raison de lui survivre…       <br />
              <br />
       Quant à Pal, son viatique à lui pour tenter de remplir la vie qui s'est retirée de sa banlieue à mourir sur place, c'est de baiser dans ces lieux porteurs de désolation avec Mélanie, une fille superbe, propre à le consoler du vide abyssal qui l'engloutit. Seul le plaisir pouvait le guérir de l'amertume d'une existence dépourvue de &quot;sens&quot;. Bloqué dans sa vie, privé d'horizons d'attentes, il ressent le besoin impérieux d'exister en elle… avant qu'elle ne risque de s'évanouir, le laissant exsangue…       <br />
              <br />
       Et pour en terminer et rebattre les cartes de ce triptyque où Éros et Thanatos se défient sur fond d'existences coincées entre les murs de cités grises, c'est le portrait de Gary, l'écrivain en panne, crevant à petit feu de sentir la vie se retirer de lui. Alors, il &quot;inventera&quot; sa propre stratégie de survie pour sortir la tête de l'eau où il se noie à coup sûr. Réapparaîtront alors Jay et Pal, investis d'un statut nouveau remettant en perspective la lecture des deux premiers volets et le remettant, lui, en je(u).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57107441-42370237.jpg?v=1623753369" alt="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" title="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" />
     </div>
     <div>
      Conçu comme un opéra flamboyant, &quot;Oratorio Vigilant Animal&quot; vaut par sa puissance organique qui déferle à micro ouvert. La musique en live délivrée par l'alto d'Élodie Robine et la guitare de Grégory Buzinet distillant du blues primitif envoûtant, auxquels s'ajoute la basse électrique de Suzanne Péchenard électrisant l'atmosphère, ainsi que les vidéos-paysages de João Garcia, fournissent le cadre du jeu des performeuses. Portant au point d'incandescence la violence de ces hommes à qui la vie fait violence, elles crèvent le plateau de leur présence iconoclaste.       <br />
              <br />
       Que ce soit la charismatique Rébecca Chaillon dont le corps en soi est doué d'une puissance irradiante, l'implosive Audrey Saffré, ou encore la sulfureuse Karelle Prugnaud enchaînant notamment une série de jetés au sol époustouflante, toutes incarnent à fleur de peau la poésie noire de Gianni-Grégory Fornet.       <br />
              <br />
       Le soleil noir de la mélancolie des Chants de Maldoror trouve ici un écho contemporain dans ce moment de théâtre à la beauté convulsive.       <br />
              <br />
       <b>Création du triptyque le mardi 8 juin 2021 (18 h, 18 h 45, 19 h 45)  à La Manufacture CDCN de Nouvelle Aquitaine, Bordeaux La Rochelle, à Bordeaux (33), dans le cadre de la saison chaude du Festival de la forme courte Trente-Trente (8 juin - 3 juillet 2021).</b>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">&gt;&gt; trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Oratorio Vigilant Animal", Opus 1, 2 et 3 final</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57107441-42370254.jpg?v=1623753416" alt="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" title="Festival Trente-Trente "Oratorio Vigilant Animal", triptyque d'un noir incandescent" />
     </div>
     <div>
      Texte et conception, Gianni-Grégory Fornet.       <br />
       Performance et jeu : Rébecca Chaillon, Audrey Saffré et Karelle Prugnaud.       <br />
       Avec la participation à l'image d'Annie Melza Tiburce.       <br />
       Musique originale : Élodie Robine, Suzanne Péchenard et Grégory Vouillat-Buzinet.       <br />
       Films : João Garcia.       <br />
       Son : François Gueurce.       <br />
       Éclairage et technique : Suzanne Péchenart.       <br />
       Costumes : Annie Melza Tiburce.       <br />
       Développement de projet : Catherine Siriphoum/Filigrane Fabrik.       <br />
       Par Dromosphère.       <br />
       Opus 1 : 35 minutes.       <br />
       Opus 2 : 35 minutes.       <br />
       Opus 3 : 40 minutes .       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Novembre 2021 : Théâtre La Gare Mondiale, dans le cadre du Festival TrafiK, Bergerac (24).       <br />
       5 mars 2022 à 20 h : Théâtre L'Horizon, La Rochelle (17).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57107441-42370207.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-Oratorio-Vigilant-Animal--triptyque-d-un-noir-incandescent_a2962.html</link>
  </item>

 </channel>
</rss>
