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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !</title>
   <pubDate>Tue, 04 Jun 2024 15:34:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Liliom, pièce plus que centenaire de Ferenc Molnár, continue de distiller ses images, son ambiance et son ton qui oscille sans cesse entre la farce du ridicule de la vie et le drame qui en est la pulsation. Si l'on s'amuse à voir cette pièce comme une représentation du monde, eh bien alors, le monde est une fête foraine qui brille de ses mille lumières et de ses musiques entraînantes. Mais lorsque les manèges s'arrêtent et que les ombres et le silence envahissent l'espace, alors les côtés moins glamours des humains se déchaînent.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80741987-58231914.jpg?v=1717511596" alt=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" title=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" />
     </div>
     <div>
      Dans ce monde, au tout début de l'histoire, Liliom est une sorte de prince. Prince des bonimenteurs. Champion des hâbleurs. Roi des séducteurs. C'est lui qui tient le micro et sa veste brille de reflets satinés. Il est comme une star de radio crochet. Et il crochète les cœurs de toutes celles qui s'approchent. La plupart sont des boniches, des servantes, des soubrettes, toutes filles simples venues de la campagne s'engager auprès de patrons de la ville pour lesquels elles deviennent corvéables à merci. À la fête foraine, elles parviennent à prendre un peu de poudre aux yeux et reposer leurs mains abîmées dès vingt ans. C'est un rêve, un droit populaire, elles qui n'en ont pas beaucoup.       <br />
               <br />
       Elles y trouvent un peu d'amour aussi, des fois. C'est le cas de Julie, toute jeune boniche, qui s'entiche de Liliom presque sans le vouloir. Une histoire d'amour qui se noue à cause des circonstances. À cause des paroles. À cause de l'enchaînement des répliques, presque. Par hasard. Il n'y a rien de romantique dans la manière dont ces deux-là vont lier leurs sorts. Il y a plutôt une sorte de fatalité. Un dénuement de mots, de désirs, de sentiments et pourtant quelque chose d'inexprimable rend cette relation forte. L'inexprimable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80741987-58231917.jpg?v=1717511654" alt=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" title=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" />
     </div>
     <div>
      Au moment de la rencontre, lui a une vie bien installée, confortable, un bonimenteur admiré, choyé par la patronne du manège qui le convoite (Mme Muscat, interprétée avec une démesure magnifique par Isabelle Bonillo), et séducteur jamais en manque de chair fraîche. Julie aussi semble plutôt bien lotie, embauchée dans une maison où elle a trouvé une amie dans une autre bonne. Et tous deux vont, à cause de leur rencontre, perdre leur situation respective. D'un coup. Comme un mauvais sort. Et c'est le début de la misère. Une misère sociale qui s'accompagne de mal logement, de manque d'argent, de faim, d'alcool, de jeu, de coups, mauvais coups, coups de couteau.       <br />
               <br />
       Mais cette pièce n'est pas une pièce réaliste, elle est autant allégorie que fable. Car si la vie se déroule dans un monde qui est aussi faux qu'une fête foraine, la mort, elle aussi, a des airs de farce ou de fable. Et Liliom ne trouve même pas grâce auprès des instances paradisiaques. Pas à cause du manque de commisération de celles-ci, mais bien à cause du mauvais garçon qui ne parvient pas à réparer ses fautes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80741987-58231919.jpg?v=1717511699" alt=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" title=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" />
     </div>
     <div>
      L'adaptation et la mise en scène de Myriam Muller met l'accent sur le côté humain des personnages, gommant les vieilleries de langage pour leur donner une voix contemporaine. Pourtant, c'est bien la difficulté à dire, à s'exprimer qui semble diriger, épisode après épisode, Liliom et Julie qui ne parviennent pas à exprimer leurs sentiments. Ils ne savent pas dire. Comme si leur culture, leur morale, ou quelles que soient leurs échelles de valeur, les empêchaient d'exprimer ce qu'ils ressentent. La pudeur, peut-être. L'honneur parfois, lorsque Liliom refuse de retourner travailler chez la patronne du manège…       <br />
              <br />
       Sur scène, un très beau dispositif sur plusieurs niveaux tourne sur lui-même. Des chambres, des cuisines, des escaliers, des trappes, des échappées, tous imbriqués, rendent parfaitement compte de l'exiguïté des logements où réside tout ce petit peuple pauvre. À tous les niveaux, les interprètes (également chanteurs et musiciens) apparaissent et s'effacent suivant les besoins, comme dans un drôle de jouet géant.       <br />
               <br />
       Tous sont tous imprégnés par leurs personnages, totalement crédibles, magnifiquement gouailleurs, authentiquement gueulards, fêtards et furies. Cela a parfois des airs d'opéra des gueux. Mi-théâtre, mi-musical. Avec une mise en scène qui donne une belle part au jeu et qui parvient à jeter des froids bénéfiques quand la violence de l'homme se déchaîne sur la femme. Petit rappel de la réalité dans cette farce grandiose.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Théâtre Le Kiasma à Castelnau-le-Lez, dans le cadre du Printemps des Comédiens, le 2 juin 2024</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Liliom ou la vie et mort d'un vaurien"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80741987-58231923.jpg?v=1717511724" alt=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" title=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" />
     </div>
     <div>
      Légende de banlieue en sept tableaux de Ferenc Molnár.       <br />
       Traduction du hongrois : Alexis Maori, Kristina Rády et Stratis Vouyoucas (éditée aux éditions Théâtrales).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Myriam Muller.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Antoine Colla.       <br />
       Avec : Mathieu Besnard, Sophie Mousel, Isabelle Bonillo, Manon Raffaelli, Raoul Schlechter, Jules Werner, Valéry Plancke, Jorge De Moura, Rhiannon Morgan, Clara Orban, Catherine Mestoussis.       <br />
       Scénographie : Christian Klein.       <br />
       Costumes : Sophie Van den Keybus.       <br />
       Lumières : Renaud Ceulemans.       <br />
       Vidéos : Emeric Adrian.       <br />
       Direction musicale : Jorge De Moura et Jules Werner.       <br />
       Création sonore : Patrick Floener.       <br />
       Couture : Manuela Giacometti.       <br />
       Habillage : Anna Bonelli et Fabiola Parra.       <br />
       Maquillage : Joël Seiller et Laurence Thomann.       <br />
       Accessoires : Marko Mladenovic.       <br />
       Production : Les Théâtres de la Ville de Luxembourg       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       A été joué au Théâtre Le Kiasma, Castelnau-le-Lez (34), du 31 mai au 2 juin 2024, dans le cadre de la 38ᵉ édition du Printemps des Comédiens (du 30 mai au 21 juin 2024).       <br />
       <a class="link" href="https://printempsdescomediens.com/" target="_blank">&gt;&gt; printempsdescomediens.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 au 14 juin 2024 :</span> Théâtre du Nord - CDN Lille-Tourcoing-Hauts de France, Lille (59).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 19 au 21 juin 2024 :</span> Théâtres de la ville de Luxembourg.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80741987-58231914.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Liliom--des-lumieres-de-la-fete-aux-tenebres-de-la-misere-spectacle-_a3928.html</link>
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   <title>•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon</title>
   <pubDate>Fri, 02 Jul 2021 08:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2021]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comme l'annonce Christophe Lidon, directeur du CADO et metteur en scène de la pièce, en préambule à sa plaquette de saison : "Mademoiselle Julie" s'est fait attendre… La première de la pièce était prévue il y a six mois, le 20 mars 2020, quelques jours après le début de l'interdiction de toutes représentations sur la France. Après ce long sommeil, cette étrange belle au bois dormant surgit pour une nuit de la Saint-Jean bondée d'ivresse, de danses et de folies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57461408-42568073.jpg?v=1600421479" alt="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Aussi bien dans le décor qu'il a créé que dans les trajectoires des personnages, Christophe Lidon met en place une géométrie de l'inéluctable. Quatre immenses panneaux blancs encadrent l'espace de jeu : la cuisine de la maison où va se dérouler toute l'action. Sur ces panneaux, les projections successives créées par Léonard vont imager les différents extérieurs, et faire évoluer l'ambiance. À noter les très belles chorégraphies de Maud Le Pladec que le travail de vidéaste de Léonard transcende. On y voit dès les premières secondes du spectacle, le &quot;bal&quot; de la Saint-Jean où les couples s'attisent, où les corps se dissolvent dans la chaleur de cette nuit lunaire.       <br />
              <br />
       La cuisine, un peu à l'écart de cette fête sensuelle où le petit peuple s'affranchit de tout, est comme un îlot de calme, les coulisses d'un spectacle. C'est aussi le domaine de Christine, la cuisinière, la promise de Jean. Avec Julie, ce sont les deux seuls personnages de la pièce. Un triangle qu'on ne peut pas dire amoureux, point de romantisme ni dans le couple formé par Christine et Jean, ni dans le rapport qui fait l'action de la pièce entre Julie et Jean. Les échanges de ces deux derniers se teintent en permanence de force, de pouvoir, d'humiliation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57461408-42568074.jpg?v=1600421505" alt="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      On pourrait croire en surface que la trame de &quot;Mademoiselle Julie&quot; est cette séduction croisée teintée d'ivresse et d'une forme de harcèlement. Sans en repousser cet aspect, Christophe Lidon en fait une autre lecture. Il met en avant le passé des protagonistes dont les aveux parsèment le texte, en faisant paraître en filigrane ces lignes géométriques que sont les fils des vies. C'est ainsi que le passé de Julie et de Jean éclaire les mots qui vont les mener à cette étreinte échangée dans la froideur violente du désir. Jusqu'à ce réveil dans la crudité des règles sociales qui les soumet : elle, fille de notables en mal d'émancipation, lui, serviteur rêvant d'un avenir libre et sans maître.       <br />
              <br />
       Les trois interprètes se glissent dans leurs personnages avec une totale conviction et beaucoup de réalisme. Sarah Biasini crée une Julie dense, tout sauf superficielle, imprégnée de sa propre histoire, son éducation réprimée, tentatrice mais aussi et surtout victime. Yannis Baraban impose un Jean terrien, carré, sans trop de doutes, qui prend parfois le visage implacable du destin face aux deux figures féminines. Deborah Grall incarne une Christine fragile et sensible, mais dotée d'une énergie vitale farouche.       <br />
              <br />
       L'épilogue à cette nuit de fête (la fête de Jean) sonne comme la condamnation de ceux qui veulent changer le cours de leur vie dans un monde sclérosé où les rôles et les places sont imposés par l'ordre ancien, celui du père, du comte, du maître dont l'ombre rode sans cesse sur les esprits de tous, et qui clôt cette nuit de son pas lourd, implacable comme la morale.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mademoiselle Julie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57461408-42568075.jpg?v=1600421533" alt="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title="•Off 2021• Mademoiselle Julie Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Texte : August Strindberg.       <br />
       Version scénique : Michael Stampe.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Christophe Lidon.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Valentine Galey.       <br />
       Avec : Yannis Baraban, Sarah Biasini, Deborah Grall.       <br />
       Chorégraphie : Maud Le Pladec (CCN d’Orléans).       <br />
       Création lumière : Cyril Manetta.       <br />
       Costumes : Chouchane Abello-Tcherpachian.       <br />
       Images : Léonard.       <br />
       Musique : Cyril Giroux.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h 30, relâche les 13, 20 et 27 juillet.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle Chapitre, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57461408-42568073.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2021-Mademoiselle-Julie-Toute-une-vie-en-une-nuit-comme-celle-d-un-papillon_a2986.html</link>
  </item>

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   <title>"Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon</title>
   <pubDate>Fri, 18 Sep 2020 11:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comme l'annonce Christophe Lidon, directeur du CADO et metteur en scène de la pièce, en préambule à sa plaquette de saison : "Mademoiselle Julie" s'est fait attendre… La première de la pièce était prévue il y a six mois, le 20 mars 2020, quelques jours après le début de l'interdiction de toutes représentations sur la France. Après ce long sommeil, cette étrange belle au bois dormant surgit pour une nuit de la Saint-Jean bondée d'ivresse, de danses et de folies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49902144-38674620.jpg?v=1600421479" alt=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      Aussi bien dans le décor qu'il a créé que dans les trajectoires des personnages, Christophe Lidon met en place une géométrie de l'inéluctable. Quatre immenses panneaux blancs encadrent l'espace de jeu : la cuisine de la maison où va se dérouler toute l'action. Sur ces panneaux, les projections successives créées par Léonard vont imager les différents extérieurs, et faire évoluer l'ambiance. À noter les très belles chorégraphies de Maud Le Pladec que le travail de vidéaste de Léonard transcende. On y voit dès les premières secondes du spectacle, le &quot;bal&quot; de la Saint-Jean où les couples s'attisent, où les corps se dissolvent dans la chaleur de cette nuit lunaire.       <br />
              <br />
       La cuisine, un peu à l'écart de cette fête sensuelle où le petit peuple s'affranchit de tout, est comme un îlot de calme, les coulisses d'un spectacle. C'est aussi le domaine de Christine, la cuisinière, la promise de Jean. Avec Julie, ce sont les deux seuls personnages de la pièce. Un triangle qu'on ne peut pas dire amoureux, point de romantisme ni dans le couple formé par Christine et Jean, ni dans le rapport qui fait l'action de la pièce entre Julie et Jean. Les échanges de ces deux derniers se teintent en permanence de force, de pouvoir, d'humiliation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49902144-38674621.jpg?v=1600421505" alt=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" title=""Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon" />
     </div>
     <div>
      On pourrait croire en surface que la trame de &quot;Mademoiselle Julie&quot; est cette séduction croisée teintée d'ivresse et d'une forme de harcèlement. Sans en repousser cet aspect, Christophe Lidon en fait une autre lecture. Il met en avant le passé des protagonistes dont les aveux parsèment le texte, en faisant paraître en filigrane ces lignes géométriques que sont les fils des vies. C'est ainsi que le passé de Julie et de Jean éclaire les mots qui vont les mener à cette étreinte échangée dans la froideur violente du désir. Jusqu'à ce réveil dans la crudité des règles sociales qui les soumet : elle, fille de notables en mal d'émancipation, lui, serviteur rêvant d'un avenir libre et sans maître.       <br />
              <br />
       Les trois interprètes se glissent dans leurs personnages avec une totale conviction et beaucoup de réalisme. Sarah Biasini crée une Julie dense, tout sauf superficielle, imprégnée de sa propre histoire, son éducation réprimée, tentatrice mais aussi et surtout victime. Yannis Baraban impose un Jean terrien, carré, sans trop de doutes, qui prend parfois le visage implacable du destin face aux deux figures féminines. Deborah Grall incarne une Christine fragile et sensible, mais dotée d'une énergie vitale farouche.       <br />
              <br />
       L'épilogue à cette nuit de fête (la fête de Jean) sonne comme la condamnation de ceux qui veulent changer le cours de leur vie dans un monde sclérosé où les rôles et les places sont imposés par l'ordre ancien, celui du père, du comte, du maître dont l'ombre rode sans cesse sur les esprits de tous, et qui clôt cette nuit de son pas lourd, implacable comme la morale.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mademoiselle Julie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      Texte : August Strindberg.       <br />
       Version scénique : Michael Stampe.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Christophe Lidon.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Valentine Galey.       <br />
       Avec : Yannis Baraban, Sarah Biasini, Deborah Grall.       <br />
       Chorégraphie du bal : Maud Le Pladec, directrice du Centre chorégraphique national d'Orléans avec les amateurs d'Orléans.       <br />
       Lumières : Cyril Manetta.       <br />
       Costumes : Chouchane Abello-Tcherpachian.       <br />
       Images : Léonard.       <br />
       Musique : Cyril Giroux.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 au 26 septembre 2020.</span>       <br />
       Mardi et vendredi à 20 h 30, mercredi à 19 h, jeudi 17 à 19 h, jeudi 24 à 20 h 30, samedi à 14 h 30 et 20 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       CADO Centre National de Création Orléans Loiret, Salle Pierre-Aimé Touchard, Orléans (45), 02 38 54 29 29.       <br />
       <a class="link" href="https://www.cado-orleans.fr/saison-2020-2021/" target="_blank">&gt;&gt; cado-orleans.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée :</b>       <br />
       &quot;Mademoiselle Julie&quot; sera en juillet 2021 au Théâtre des Halles à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Mademoiselle-Julie-Toute-une-vie-en-une-nuit-comme-celle-d-un-papillon_a2789.html</link>
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   <title>"Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud</title>
   <pubDate>Wed, 05 Jun 2019 08:31:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Comme un oiseau en cage qui, à l'ouverture de la porte, est sauvagement sacrifié. Ainsi du sort d'une jeune aristocrate qui, lors d'une fête de la Saint-Jean, croit pouvoir dominer son valet et sa cuisinière et jouir des effets de la liberté qu'elle découvre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34486316-31520108.jpg?v=1559717384" alt=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" title=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" />
     </div>
     <div>
      Dans &quot;Mademoiselle Julie&quot;, August Strindberg place deux personnages dans un huis clos étouffant. La jeune maitresse et le valet, tous deux travaillés par des sentiments contradictoires jusqu'au vertige. L'auteur décrit la résistance des préjugés de caste (diffusés jusque dans l'esprit des serviteurs) face à la pulsion incontrôlée des corps. La cage est solide. La jouissance vire au sacrifice.       <br />
              <br />
       L'écriture de la pièce est implacable. Chaque action de Julie se retourne contre elle. Et d'une scène d'ivresse au sein d'une fête, d'une danse reconduite naît un corps-à-corps cruel, un duel, un combat sans merci et cynique. Entre les convenances et les désirs, entre les rêves et les réalités, les distorsions s'affirment et deviennent fatales.       <br />
              <br />
       Sur scène, dans la mise en scène de Julie Brochen, Anna Mouglalis est Julie, avec sa voix rauque et chaude, son engagement physique entier, sans coquetterie ni minauderies. Elle est une enfant-femme tyrannique, un garçon manqué fragile.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34486316-31520114.jpg?v=1559717419" alt=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" title=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" />
     </div>
     <div>
      Avec Xavier Legrand en valet rationnel et opportuniste, le duel atteint des sommets. Les comédiens accompagnent la vérité du texte. Et Julie Brochen qui met en scène donne à l'espace de la scène une dimension de tableau réaliste réussi. Intervenant elle-même comme cuisinière rigoriste, elle est un faire valoir discret des deux protagonistes. Elle est aussi le tiers qui ne peut être exclu. La parole d'autorité.       <br />
              <br />
       Étrangement, cette proposition théâtrale est découpée en actes, ponctuée par des transitions en chansons enregistrées. Qui apparaissent comme plaquées en dépit de leur intention de marquer des paliers dans la progression dramatique et d'affirmer une dimension de théâtre naturaliste. Un léger excès de mode &quot;variété&quot; sans doute, au risque de briser le rythme de la pièce.       <br />
              <br />
       Ce nonobstant celle-ci progresse de manière spectaculaire vers la tragédie. Elle décrit la décomposition d'un état bravache qui, de faux apaisements en peurs successives, débouche sur l'effroi et un silence pesant. Comme une marche à l'échafaud et le couperet final. Le public est saisi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mademoiselle Julie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34486316-31520118.jpg?v=1559717447" alt=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" title=""Mademoiselle Julie"  Une marche des passions vers l'échafaud" />
     </div>
     <div>
      Texte : August Strindberg.       <br />
       Traduction : Terje Sinding.       <br />
       Mise en scène : Julie Brochen.       <br />
       Avec : Anna Mouglalis, Xavier Legrand, Julie Brochen.       <br />
       Lumières : Louise Gibaud.       <br />
       Création sonore : Fabrice Naud.       <br />
       Scénographie, costumes : Lorenzo Albani.       <br />
       Durée: 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 28 mai au 30 juin 2019.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : 21 et 25  juin.       <br />
       Théâtre de l'Atelier, Paris 9e, 01 46 06 49 24.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-atelier.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-atelier.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
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