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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>•Off 2022• "Surexpositions (Patrick Dewaere)", une vie (d'artiste) en pente douce…</title>
   <pubDate>Sun, 31 Jul 2022 11:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2022]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il est des noms qui cristallisent à eux seuls les affects et jugements les plus passionnés, comme si les surexpositions qui furent les leurs irradiaient bien après leur disparition. Patrick Deweare a vécu comme il a joué, confondant sa vie personnelle et sa vie d'artiste dans les mêmes exigences de liberté portées jusqu'à leur incandescence. Les rôles de paumés, losers, rebelles, qu'il endossait à l'envi étaient comme une seconde peau. Marion Aubert et Julien Rocha, entourés de leurs quatre complices au plateau, s'emparent de cette matière en fusion, non pour en livrer un biopic sulfureux, mais pour donner à voir les fragments d'un discours amoureux dont il serait le combustible.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66410910-47174025.jpg?v=1659262477" alt="•Off 2022• "Surexpositions (Patrick Dewaere)", une vie (d'artiste) en pente douce…" title="•Off 2022• "Surexpositions (Patrick Dewaere)", une vie (d'artiste) en pente douce…" />
     </div>
     <div>
      Sur une scène convertie en studio de cinéma, la caméra (notre œil) participe du tournage à rebours de séquences phares éclairant une trajectoire de trente-cinq années hors normes, volant en éclats un début d'après-midi de juillet 1982. Aucune nostalgie sacramentelle ici mais, dans l'esprit même du sujet abordé, un foutoir délicieux, bouillonnant de séquences truculentes interprétées par quatre acteurs jouant tous les rôles… Patrick Deweare à la mèche rebelle et à la moustache soulignant un sourire mélancolique lourd de rage rentrée, Miou Miou, la jeune femme libérée, menant son jeu sans entrave, Gérard Depardieu, affublé de son pif conséquent, Coluche et son nez rouge, Romain Bouteille et son col roulé, Bertrand Blier et sa pipe, Jeanne Moreau et son phrasé, etc., tous ces avatars enjoués vont faire revivre leur modèle original.       <br />
              <br />
       Construit comme des zooms successifs autour de focales mythiques - &quot;Les Valseuses&quot;, &quot;La Meilleure façon de marcher&quot;, &quot;Série Noire&quot;, etc. -, les scènes sont rejouées à vue de manière décalée. Remake de la séquence de Miou Miou au lit avec Patrick et Gérard dans &quot;Les Valseuses&quot;, les deux garçons pantalon sur les talons et cul à l'air se précipitant sur elle, un morceau d'anthologie &quot;réhabilité&quot; avec humour en direct pour mieux faire entendre la liberté exceptionnelle de l'époque soixante-huitarde où les femmes avaient conquis le droit de jouir (ou pas) à leur guise. Lorsque l'on sait que l'acteur était alors (mais pas que) &quot;en couple&quot; avec Miou Miou et qu'un an après elle le quitterait en toute liberté pour le beau Julien Clerc, rupture au point de départ d'une dégringolade annoncée, le relief de la scène hilarante d'érotisme délié devient autre. Vivre jusqu'à en mourir…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66410910-47174026.jpg?v=1659262514" alt="•Off 2022• "Surexpositions (Patrick Dewaere)", une vie (d'artiste) en pente douce…" title="•Off 2022• "Surexpositions (Patrick Dewaere)", une vie (d'artiste) en pente douce…" />
     </div>
     <div>
      Il est vrai qu'être né dans les coulisses d'un théâtre, alors que sa mère actrice venait de sortir de scène, constitue une entrée fracassante dans la prédestination d'un homme acteur, <span style="font-style:italic">&quot;né dans les poubelles d'un théâtre&quot;</span>, dira-t-il, le nom de son père lui étant inconnu. Les trois comédiens campant superbement le trio des valseuses - Pierrot/Patrick, Jean-Claude/Gérard et Marie-Ange/Miou Miou - échangent sur cette époque où <span style="font-style:italic">&quot;on ne parlait pas politique, mais où on était politique&quot;</span>, de cette époque où Bertrand Blier (épais favoris, lunettes et pipe en main), le réalisateur iconoclaste, explique qu'il voulait tout bonnement <span style="font-style:italic">&quot;faire dérailler la France&quot;</span> encore bien coincée. <span style="font-style:italic">&quot;Les rôles n'étaient pas joués, on les vivait&quot;</span>. Et l'actrice jouant Miou Miou de traverser le plateau, sautillante, libre comme l'air, culotte à la main et fesses à l'air.       <br />
              <br />
       D'autres clins d'œil encore pleins de malices libertaires verront Jeanne Moreau, jouant une femme abîmée par la vie, se donner du bon temps avec les deux garçons des &quot;Valseuses&quot; avant de se tirer en coulisses une balle dans le vagin. Ou encore les deux compères songeurs, leur ligne plongée dans un seau, entendre Miou Miou leur raconter innocemment comment elle a réussi à jouir avec un autre… avant de se faire déverser leurs seaux d'eau sur son ingénue frimousse.       <br />
              <br />
       L'idée de la virilité dans les années soixante, où l'homosexualité était rangée dans la catégorie des maladies mentales, sera épinglée sur le plateau par Claude Miller, costume et larges lunettes : <span style="font-style:italic">&quot;Patrick, jouant dans &quot;La meilleure façon de marcher&quot; le viril Marc, surprenant Philippe, le corps enserré dans sa robe rouge, était authentique et comme toujours dans l'excès&quot;</span>. Quand il s'agira du &quot;Juge Fayard&quot;, Yves Boisset lui confiera tout naturellement le rôle du Sheriff, redresseur de torts aux méthodes musclées pour s'attaquer aux gens de pouvoir. Comme dans &quot;Coup de tête&quot; de Jean-Jacques Annaud où il sera le footballeur maudit qui réussira à régler son compte à la crapule vedette.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66410910-47174038.jpg?v=1659262562" alt="•Off 2022• "Surexpositions (Patrick Dewaere)", une vie (d'artiste) en pente douce…" title="•Off 2022• "Surexpositions (Patrick Dewaere)", une vie (d'artiste) en pente douce…" />
     </div>
     <div>
      Enfin, le tournage de &quot;Série Noire&quot; d'Alain Corneau où Patrick Dewaere lui exprime son désir de <span style="font-style:italic">&quot;se barrer de ce film de merde, deux types paumés (lui, Franck Poupart le minable représentant de commerce à l'étroit dans sa vie, et Marie Trintignant, la séduisante et perdue Mona) dans un film de paumés&quot;</span>. Et la scène culte où il cogne sa tête contre la voiture, si elle apparaît si vraie, c'est qu'il s'est réellement projeté sur le capot… Sur le tournage, Alain Corneau confie encore que <span style="font-style:italic">&quot;Dewaere était comme possédé, semblait ne faire qu'un avec Frank. Il n'hésitait pas à utiliser ses souffrances les plus profondes pour donner vie au personnage, confondant de manière permanente réalité et fiction&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Quant à l'ultime coup d'éclat de celui qui a brûlé sa vie, il est à placer encore sous l'égide du romanesque d'une ultime séparation sentimentale de cet homme blessé en quête d'amour et de reconnaissance. Ce soir, sur le plateau d'un théâtre, Patrick Dewaere a sans doute eu l'audience qu'il aurait toujours souhaité avoir : non pas être célébré comme un acteur écorché vif, mais être reconnu pour ce qu'il était, un homme fragile et sensible. Et ce grâce à l'intelligence tout aussi sensible de la Compagnie le Souffleur de Verre.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 27 juillet à La Factory, Théâtre de L'Oulle, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Surexpositions (Patrick Dewaere)"</b></div>
     <div>
      Texte : Marion Aubert.       <br />
       Mise en scène : Julien Rocha.       <br />
       Avec : Margaux Desailly, Fabrice Gaillard, Johanna Nizard, Cédric Veschambre.       <br />
       Dramaturgie : Émilie Beauvais, Julien Rocha.       <br />
       Scénographie : Clément Dubois.       <br />
       Création sonore : Benjamin Gibert.       <br />
       Création lumière : Nicolas Galland.       <br />
       Régie générale : Clément Breton.       <br />
       Régie lumière : Nicolas Galland, en alternance avec Amandine Robert et Alexandre Schreiber.       <br />
       Régie son et vidéo : Julien Lemaire, en alternance avec Yann Sandeau.       <br />
       Costumes : Marie-Fred Fillion.       <br />
       Perruques : Cécile Kretschmar.       <br />
       Par la Cie Le Souffleur de Verre.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 21 h 40, relâche le lundi.       <br />
       La Factory, Théâtre de L'Oulle, 19, place Crillon (en juillet), Avignon.       <br />
       Tél. : 09 74 74 64 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeloulle.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeloulle.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 13 au 23 octobre 2022 : Théâtre Les Célestins, Lyon (69).       <br />
       10 décembre 2022 : La Chartreuse, Villeneuve-lez-Avignon (30).       <br />
       3 avril 2023 : Théâtre de Châtillon, Châtillon (92).       <br />
       6 et 7 avril 2023 : Les Quinconces, Vals-Les Bains (07).       <br />
       13 avril 2023 : Le Carreau, Forbach (57).       <br />
       Saison 2023-2024 (en cours) : MC2, Grenoble (38).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…</title>
   <pubDate>Wed, 02 Feb 2022 10:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Faire corps avec soi semble faire figure de viatique naturel pour qui, danseur ou pas, entend vivre son existence hors des diktats de tous ordres. Là où l'affaire se complique c'est lorsque l'on prend acte que "je est un autre", voire plusieurs autres… Arthur Perole est l'un de ces chorégraphes élisant matière artistique de sa recherche d'identités. Dans un work in progress devenant l'objet même de la représentation, il explore devant nous - et avec nous - les étapes des constructions identitaires déterminant son être au monde.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61984732-45051944.jpg?v=1614063861" alt="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" title="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      C'est un corps mis au travail - comme on parle du travail de l'accouchement - qui, près d'une heure durant sur un plateau de deux mètres sur deux encerclé par les spectateurs inclus ainsi dans le noyau du dispositif, donne à voir sa matière brute à (re)modeler. Sans recherche esthétisante, outre le beau travail en live des lumières jouant sur son haut pailleté, et avec l'authenticité qui est sa marque de fabrique (cf. le prodigieux &quot;Ballroom&quot; consacré à l'univers de la fête), Arthur Perole offre là un solo saisissant d'humanité à vif.       <br />
              <br />
       Héritiers des vœux secrets parentaux et/ou sociétaux déposés en nous, assignés à une place déterminée par le sexe de naissance, le milieu social d'origine, ou encore les désirs et frustrations de nos géniteurs, nous ne pouvons conquérir notre identité propre qu'après avoir reparcouru le chemin. Parcours du combattant effectué non en solitaire mais sous le regard d'invités. Déjà Nietzsche en son temps avait eu la prescience de ce processus créatif  en avançant que c'est en déconstruisant que l'on met au jour les mécanismes de la construction. De cette vérité en mouvement, Arthur Perole se nourrit pour se cogner aux parois de verre des déterminismes introjectés afin de &quot;se découvrir&quot; au terme d'une lutte à jamais inachevée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61984732-45051945.jpg?v=1614063921" alt="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" title="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      Comme on travaille la pâte à modeler pour en éprouver la texture entre ses doigts avant de lui donner formes, le chorégraphe-danseur se lance dans &quot;un corps-à-corps&quot; sans escale autre que les pauses musicales ponctuant ses arabesques. Dans des contorsions exploratrices visant autant à déconstruire des acquis - collant à la peau comme un prêt-à-porter aux coutures trop ajustées - qu'à explorer de nouveaux espaces jusque-là interdits, il s'emballe, se déplie, se replie au rythme de la musique de Steve Reich scandant ses mouvements répétitifs.       <br />
              <br />
       Lorsque la musique devient lyrique avec un concerto d'Antonio Vivaldi, les lumières tamisées invitent alors le corps à se faire mélodie… avant d'être traversé de part en part par les accents endiablés d'une musique électro. Les expressions du visage oscillent entre sourires enjôleurs, éclats de rires et grimaces inquiétantes comme pour éprouver la gamme des états émotionnels constitutifs de la nature humaine mise à nu. Lorsqu'il tente de s'évader &quot;carrément&quot; de son pré carré hérité, en se débarrassant des pelures encombrantes, trois notes de musique retentissent pour le rappeler à l'ordre en le ramenant illico presto dans le périmètre prescrit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61984732-45051946.jpg?v=1614063996" alt="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" title="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      Parvenant au prix d'efforts répétés à s'extraire des territoires assignés, il s'élance à notre rencontre, nous ses frères humains, spectres-actrices spectres-acteurs échos apaisés des fantômes qui l'habitent. Vivifié par les liens librement tissés, il advient alors à sa vérité, s'autorisant des exubérances &quot;naturelles&quot; jusque-là sous contrôle. Manteau de fourrure, minauderies souriantes, chanson d'amour pianotée sur un faux clavier, il exulte en tournoyant sur lui-même, bouquet à la main tendu vers nous, public complice de son accomplissement.       <br />
              <br />
       Le centre de gravité, lui permettant de tenir debout, face à nous sans les étais d'usage, semble alors pour un temps trouvé… Accompagnant ce travail dantesque - la recherche d'identité est un sport de combat - des voix iconoclastes de la littérature et du monde des arts diffusent leurs petites musiques trouant la pensée commune.       <br />
              <br />
       Que ce soit Marguerite Duras qui, après avoir brossé un tableau très sombre des horizons 2000, rebondit sur une dissidence salutaire : &quot;Et tout recommencera, comme ça, par une indiscipline, un risque pris par un homme…&quot;. Ou Jeanne Moreau, faisant part de la dualité actrice/personne vécue dans sa chair et assumée pleinement. Ou bien Guillaume Dustan, l'énarque homosexuel, vent debout contre l'ordre bourgeois incarné par sa classe d'appartenance et prônant &quot;la cohabitation pacifiste de l'homme et de la femme au sein d'un même corps&quot;. Ou encore, l'historienne de l'art, féministe et lesbienne, Elisabeth Lebovici s'insurgeant contre les effets pervers du langage patriarcal hyper normé, courroie de transmission des structures de domination.       <br />
              <br />
       D'où parle-t-on ? Ce corps que la société voudrait, par souci d'ordre, nous voir impérativement habiter, est-ce le nôtre, l'avons-nous choisi, ou avons-nous reçu l'injonction délétère de nous y soumettre ? L'interprétation à fleur de peau d'Arthur Perole est à prendre comme un élément de réponse à la question obsédante des constructions identitaires. En effet, ce corps-à-corps livré avec &quot;Nos corps vivants&quot; ouvre sur la voie d'une épiphanie heureuse, celle d'une identité personnelle à conquérir de haute lutte.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle créé au Théâtre de Vanves (92), Salle Panopée, dans le cadre du festival &quot;Faits d'hiver&quot;, le mardi 9 février 2021 à 16 h (dans le cadre d'une représentation réservée aux professionnels).       <br />
       Vu à nouveau le mardi 25 janvier 2022 à 20 h 15 à L'Atelier des Marches, dans le cadre du Festival Trente Trente de Bordeaux-Métropole-Boulazac.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nos corps vivants"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61984732-45051947.jpg?v=1614064042" alt="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" title="Festival Trente Trente "Nos corps vivants" Une chorégraphie nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      Création 2021.       <br />
       Chorégraphie et interprétation : Arthur Perole.       <br />
       Musique live : Marcos Vivaldi.       <br />
       Assistant artistique : Alexandre Da Silva.       <br />
       Lumières : Anthony Merlaud.       <br />
       Costumes : Camille Penager.       <br />
       Son : Benoit Martin.       <br />
       Régie générale/lumières : Nicolas Galland.       <br />
       Production diffusion : Sarah Benoliel.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente,       <br />
       19e Rencontres de la forme courte dans les arts vivants.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 janvier au 10 février 2022.</span>       <br />
       Billetterie : 05 56 17 03 83 et info@trentetrente.com.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">&gt;&gt; trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/61984732-45051944.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-Nos-corps-vivants-Une-choregraphie-nommee-desirs_a3163.html</link>
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   <title>"Nos corps vivants" Extension du domaine de soi, une lutte à jamais inachevée</title>
   <pubDate>Tue, 23 Feb 2021 07:43:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Faire corps avec soi semble faire figure de viatique naturel pour qui, danseur ou pas, entend vivre son existence hors des diktats de tous ordres. Là où l'affaire se complique c'est lorsque l'on prend acte que "je est un autre", voire plusieurs autres… Arthur Perole est l'un de ces chorégraphes élisant matière artistique de sa recherche d'identités. Dans un work in progress devenant l'objet même de la représentation, il explore devant nous - et avec nous - les étapes des constructions identitaires déterminant son être au monde.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54138153-40813216.jpg?v=1614063861" alt=""Nos corps vivants" Extension du domaine de soi, une lutte à jamais inachevée" title=""Nos corps vivants" Extension du domaine de soi, une lutte à jamais inachevée" />
     </div>
     <div>
      C'est un corps mis au travail - comme on parle du travail de l'accouchement - qui, près d'une heure durant sur un plateau de deux mètres sur deux encerclé par les spectateurs inclus ainsi dans le noyau du dispositif, donne à voir sa matière brute à (re)modeler. Sans recherche esthétisante, outre le beau travail en live des lumières jouant sur son haut pailleté, et avec l'authenticité qui est sa marque de fabrique (cf. le prodigieux &quot;Ballroom&quot; consacré à l'univers de la fête), Arthur Perole offre là un solo saisissant d'humanité à vif.       <br />
              <br />
       Héritiers des vœux secrets parentaux et/ou sociétaux déposés en nous, assignés à une place déterminée par le sexe de naissance, le milieu social d'origine, ou encore les désirs et frustrations de nos géniteurs, nous ne pouvons conquérir notre identité propre qu'après avoir reparcouru le chemin. Parcours du combattant effectué non en solitaire mais sous le regard d'invités. Déjà Nietzsche en son temps avait eu la prescience de ce processus créatif  en avançant que c'est en déconstruisant que l'on met au jour les mécanismes de la construction. De cette vérité en mouvement, Arthur Perole se nourrit pour se cogner aux parois de verre des déterminismes introjectés afin de &quot;se découvrir&quot; au terme d'une lutte à jamais inachevée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54138153-40813232.jpg?v=1614063921" alt=""Nos corps vivants" Extension du domaine de soi, une lutte à jamais inachevée" title=""Nos corps vivants" Extension du domaine de soi, une lutte à jamais inachevée" />
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      Comme on travaille la pâte à modeler pour en éprouver la texture entre ses doigts avant de lui donner formes, le chorégraphe-danseur se lance dans &quot;un corps-à-corps&quot; sans escale autre que les pauses musicales ponctuant ses arabesques. Dans des contorsions exploratrices visant autant à déconstruire des acquis - collant à la peau comme un prêt-à-porter aux coutures trop ajustées - qu'à explorer de nouveaux espaces jusque-là interdits, il s'emballe, se déplie, se replie au rythme de la musique de Steve Reich scandant ses mouvements répétitifs.       <br />
              <br />
       Lorsque la musique devient lyrique avec un concerto d'Antonio Vivaldi, les lumières tamisées invitent alors le corps à se faire mélodie… avant d'être traversé de part en part par les accents endiablés d'une musique électro. Les expressions du visage oscillent entre sourires enjôleurs, éclats de rires et grimaces inquiétantes comme pour éprouver la gamme des états émotionnels constitutifs de la nature humaine mise à nu. Lorsqu'il tente de s'évader &quot;carrément&quot; de son pré carré hérité, en se débarrassant des pelures encombrantes, trois notes de musique retentissent pour le rappeler à l'ordre en le ramenant illico presto dans le périmètre prescrit.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54138153-40813243.jpg?v=1614063996" alt=""Nos corps vivants" Extension du domaine de soi, une lutte à jamais inachevée" title=""Nos corps vivants" Extension du domaine de soi, une lutte à jamais inachevée" />
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      Parvenant au prix d'efforts répétés à s'extraire des territoires assignés, il s'élance à notre rencontre, nous ses frères humains, spectres-actrices spectres-acteurs échos apaisés des fantômes qui l'habitent. Vivifié par les liens librement tissés, il advient alors à sa vérité, s'autorisant des exubérances &quot;naturelles&quot; jusque-là sous contrôle. Manteau de fourrure, minauderies souriantes, chanson d'amour pianotée sur un faux clavier, il exulte en tournoyant sur lui-même, bouquet à la main tendu vers nous, public complice de son accomplissement.       <br />
              <br />
       Le centre de gravité, lui permettant de tenir debout, face à nous sans les étais d'usage, semble alors pour un temps trouvé… Accompagnant ce travail dantesque - la recherche d'identité est un sport de combat - des voix iconoclastes de la littérature et du monde des arts diffusent leurs petites musiques trouant la pensée commune.       <br />
              <br />
       Que ce soit Marguerite Duras qui, après avoir brossé un tableau très sombre des horizons 2000, rebondit sur une dissidence salutaire : &quot;Et tout recommencera, comme ça, par une indiscipline, un risque pris par un homme…&quot;. Ou Jeanne Moreau, faisant part de la dualité actrice/personne vécue dans sa chair et assumée pleinement. Ou bien Guillaume Dustan, l'énarque homosexuel, vent debout contre l'ordre bourgeois incarné par sa classe d'appartenance et prônant &quot;la cohabitation pacifiste de l'homme et de la femme au sein d'un même corps&quot;. Ou encore, l'historienne de l'art, féministe et lesbienne, Elisabeth Lebovici s'insurgeant contre les effets pervers du langage patriarcal hyper normé, courroie de transmission des structures de domination.       <br />
              <br />
       D'où parle-t-on ? Ce corps que la société voudrait, par souci d'ordre, nous voir impérativement habiter, est-ce le nôtre, l'avons-nous choisi, ou avons-nous reçu l'injonction délétère de nous y soumettre ? L'interprétation à fleur de peau d'Arthur Perole est à prendre comme un élément de réponse à la question obsédante des constructions identitaires. En effet, ce corps-à-corps livré avec &quot;Nos corps vivants&quot; ouvre sur la voie d'une épiphanie heureuse, celle d'une identité personnelle à conquérir de haute lutte.
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     <div><b>"Nos corps vivants"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54138153-40813251.jpg?v=1614064042" alt=""Nos corps vivants" Extension du domaine de soi, une lutte à jamais inachevée" title=""Nos corps vivants" Extension du domaine de soi, une lutte à jamais inachevée" />
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      Création 2021.       <br />
       Chorégraphie et interprétation : Arthur Perole.       <br />
       Musique live : Marcos Vivaldi.       <br />
       Assistant artistique : Alexandre Da Silva.       <br />
       Lumières : Anthony Merlaud.       <br />
       Costumes : Camille Penager.       <br />
       Son : Benoit Martin.       <br />
       Régie générale/lumières : Nicolas Galland.       <br />
       Production diffusion : Sarah Benoliel.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       Spectacle créé au Théâtre de Vanves (92), Salle Panopée, dans le cadre du festival &quot;Faits d'hiver&quot;, le mardi 9 février 2021 à 16 h (dans le cadre d'une représentation réservée aux professionnels).       <br />
              <br />
       <b>Tournée (dates soumises à la situation sanitaire)</b>       <br />
       27 février 2021 : Les Hivernales ,CDCN, Avignon (84).       <br />
       18 et 19 mars 2021 : KLAP Maison pour la danse, dans le cadre du festival &quot;+ De Genre&quot;, Marseille (13).       <br />
       3 avril 2021 : Théâtres en Dracenie, dans le cadre du festival l'ImpruDanse, Draguignan (83).       <br />
       6 avril 2021 : Théâtre du Briançonnais, Briançon (05).
     </div>
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