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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-09T02:44:30+02:00</dc:date>
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   <title>"Ingolstadt" d'après Marieluise Fleisser… Une chambre d'expérimentation des gens infernaux</title>
   <pubDate>Tue, 18 Oct 2022 06:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Vinda Miguna</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La mise en scène signée Ivo van Hove, d'après le diptyque "Ingolstadt" de Marieluise Fleisser, prend "L'enfer, c'est les autres" au pied de la lettre. Le village est un laboratoire dans lequel on expérimente l'abîme humain chez les "petites gens". Jan Bülow (Roelle), en tête de la distribution, livre une performance exceptionnelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68086283-47989857.jpg?v=1666027177" alt=""Ingolstadt" d'après Marieluise Fleisser… Une chambre d'expérimentation des gens infernaux" title=""Ingolstadt" d'après Marieluise Fleisser… Une chambre d'expérimentation des gens infernaux" />
     </div>
     <div>
      Marieluise Fleisser est louée pour son théâtre des &quot;petites gens&quot; dans une communauté fermée. Tel est le cas de sa plus célèbre pièce, &quot;Ingolstadt&quot;, qui fait du village allemand un purgatoire dont ses habitants se détruisent sous le couvert de la religion et la moralité. D'une part, l'institution, et de l'autre, la défaillance de la nature humaine. Olga est enceinte de Paps, qui ne l'aime pas. Personne dans sa famille ne connaît sa grossesse, sauf Roelle, bouc émissaire du village. Lorsqu'il sait qu'Olga veut se faire avorter, il lui fait un chantage pour gagner son affection. Olga le repousse et Roelle prétend invoquer un ange pour se faire respecter par les habitants du village et Olga. Le plan échoue et se retourne contre lui ; les soldats le jettent dans un étang.        <br />
              <br />
       Quand Olga confesse enfin sa grossesse à son père, ce dernier la repousse et Roelle tente sa dernière chance pour se faire aimer d'Olga en revendiquant que l'enfant est le sien. Olga le déteste encore plus et l'accuse qu'il la &quot;tire vers le bas&quot;. Autour du couple Olga-Roelle, le drame représente un écosystème fermé dans laquelle les gens ne s'amusent que dans la négativité et la souffrance d'autrui. Les soldats, qui devraient maintenir l'ordre, deviennent des agents de violence qui s'abusent entre eux et abusent Berta et Alma, servantes qui rêvent d'une vie meilleure. Marieluise Fleisser met l'accent sur la perspective féminine pour présenter un tableau des &quot;petites gens&quot; dans toute sa cruauté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68086283-47989871.jpg?v=1666027209" alt=""Ingolstadt" d'après Marieluise Fleisser… Une chambre d'expérimentation des gens infernaux" title=""Ingolstadt" d'après Marieluise Fleisser… Une chambre d'expérimentation des gens infernaux" />
     </div>
     <div>
      La création d'Ivo van Hove, transportée du Festival de Salzbourg (Salzburger Festspiele) au Burgtheater pour le public viennois, représente le village comme une chambre d'expérimentation métaphorique pour tirer et montrer le pire des gens qui sont liés à l'endroit par une sorte de fatalité. Le texte est adapté du &quot;Fegefeuer in Ingolstadt&quot; (Purgatoire à Ingolstadt) et &quot;Pioniere in Ingolstadt&quot; (Les pionniers à Ingolstadt) par le dramaturge Koen Tachelet. C'est un travail intelligent et méticuleux qui maintient avec réussite l'équilibre entre les riches aspects de la représentation qui confrontent le monde extérieur et le monde intérieur, l'individualité et la société, la vérité et l'hypocrisie. Cette confrontation se manifeste sur le plan visuel par les lectures du crédo chrétien (accompagnées de la projection vidéo signée Julia Várkonyi) qui ponctuent le drame dans son évolution vers le point culminant.       <br />
              <br />
       Les décors de Jan Versweyveld profitent d'une illusion d'espace établie par des miroirs des trois côtes de la scène et montrent un coin marécageux du village, décoré d'ampoules lumineuses colorées et des tours de diffusion desquelles sortent de temps en temps des commandes absurdes propres à une école militaire. L'éclairage, également de Versweyveld, est dramatiquement puissant. On apprécie les jeux d'ombres pendant la lecture du crédo et des changements subtils au sein des nuances naturelles pour signaler les épisodes décisifs qui marquent des étapes de plus en plus profondes dans la descente vers l'abîme humain. Au profit du monde intérieur, la musique d'Eric Schleichim, couvrant un large éventail des genres, du hard rock à la cantate baroque, saisit les sentiments en fonction des différents aspects de l'amour présents dans le drame : romantique, violent, amical, manipulateur et corrosif.       <br />
              <br />
       La distribution, composée de l'ensemble du Burgtheater de Vienne, est menée par Marie-Luise Stockinger (Olga) et Jan Bülow (Roelle) qui livrent tous deux une performance poignante. Bülow, si jeune et d'une présence scénique si éblouissante, réunit habilement le tragique, le pathétique et le ridicule du bouc émissaire du village avec un peu d'humour noir et d'auto-ironie. Il sonde l'abîme et la défaillance de son personnage avec courage et une bonne compréhension.        <br />
              <br />
       Stockinger, froide et distanciée, incarne le paradoxe intérieur d'Olga qui est, dans un même temps, forte et fragile à la plénitude. Le lien émotionnel qui surgit entre les deux protagonistes principaux maintient une certaine ambiguïté, celle du dégoût mêlé de tendresse, comme il le faut.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68086283-47989874.jpg?v=1666028656" alt=""Ingolstadt" d'après Marieluise Fleisser… Une chambre d'expérimentation des gens infernaux" title=""Ingolstadt" d'après Marieluise Fleisser… Une chambre d'expérimentation des gens infernaux" />
     </div>
     <div>
      Aussi poignante est la performance de Lilith Hässle (Berta, une des servantes abusées par des soldats) qui parvient à faire entrer une riche profondeur psychologique dans les contraintes de son personnage. Lili Winderlich (Clementine, sœur d'Olga), belle et acide, est un contrepoint fort pour Olga et une force essentielle dans le développement des dynamiques toxiques qui séparent le couple principal du reste du village.       <br />
              <br />
       Tilman Tuppy (Peps, compagnon d'Olga qui ne l'aime pas et de qui elle est enceinte) campe une figure grossière et impitoyable qui reflète dans un même temps la mentalité du village et fournit une justification causale de la rudesse et du renfermement d'Olga. Parmi les soldats, Gunther Eckes (Münsterer) sort du lot en livrant une interprétation brutale qui n'épargne rien de la défaillance mentale et morale de son personnage.       <br />
              <br />
       En somme, une soirée bien marquante ; sans aucun doute l'un des points forts de la maison cette saison.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ingolstadt"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68086283-47990092.jpg?v=1666029499" alt=""Ingolstadt" d'après Marieluise Fleisser… Une chambre d'expérimentation des gens infernaux" title=""Ingolstadt" d'après Marieluise Fleisser… Une chambre d'expérimentation des gens infernaux" />
     </div>
     <div>
      Spectacle an allemand.       <br />
       D'après &quot;Purgatoire à Ingolstadt&quot; et &quot;Les pionniers à Ingolstadt&quot; de Marieluise Fleisser.       <br />
       Texte : Marieluise Fleisser.       <br />
       Mise en scène : Ivo van Hove.       <br />
       Avec : Marie-Luise Stockinger, Jan Bülow, Lilith Hässle, Lili Winderlich, Tilman Tuppy, Gunther Eckes, Dagna Litzenberger Vinet, Maximilian Pulst, Johan Hackman, Lucas Vogelsang, Julian von Hansemann, Oliver Nägele, Rainer Galke, Elisabeth Augustin, Etienne Halsdorf.       <br />
       Décors et éclairage : Jan Versweyveld.       <br />
       Assistant pour les décors : Dimitrij Muraschov.        <br />
       Costumes : An D'Huys.       <br />
       Musique : Eric Schleichim.        <br />
       Vidéo : Julia Várkonyi.       <br />
       Dramaturgie : Koen Tachelet, Sebastian Huber.        <br />
              <br />
       Prochaines représentations       <br />
       <span class="fluo_jaune">18 et 27 octobre 2022 ; 3, 10 et 14 novembre 2022,</span>.       <br />
       Burgtheater de Vienne, Universitätsring 1, Vienne, 1er district.       <br />
       Achat et réservations des billets sur <a class="link" href="https://www.burgtheater.at/" target="_blank">&gt;&gt; burgtheater.at</a>        <br />
       Tél. : +43 (0)151 444 4545.        <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('info@burgtheater.at')" >info@burgtheater.at</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/68086283-47989857.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Ingolstadt-d-apres-Marieluise-Fleisser-Une-chambre-d-experimentation-des-gens-infernaux_a3416.html</link>
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   <title>Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris</title>
   <pubDate>Thu, 20 Jun 2019 08:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une nouvelle production du chef-d'œuvre de Mozart, "Don Giovanni", a été confiée à Ivo van Hove pour la scène de Garnier. Une proposition, qui déshabille le Grand Seigneur méchant homme de ses oripeaux romantiques, défendue par une belle équipe de jeunes chanteurs et un orchestre au sommet de son art sous la baguette du grand Philippe Jordan.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34936933-31803925.jpg?v=1561012783" alt="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" title="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" />
     </div>
     <div>
      Comment relire aujourd'hui l'opéra des opéras, créé à Prague en 1787, un des plus populaires et des plus joués sur les scènes du monde entier ? Peut-on encore nous révéler quelque chose sur ce &quot;Don Giovanni&quot; qui n'ait pas déjà été dit ? Le dramma giocoso, un des opus de la trilogie conçue par Mozart avec son librettiste Lorenzo da Ponte, peut-il résonner avec les préoccupations de notre époque ? Ivo von Hove, clinicien doué dans l'auscultation des âmes et des corps de pouvoir, répond à ces questions avec sa finesse habituelle.       <br />
              <br />
       Opposant au faste impérial rouge et or de l'Opéra Garnier un plateau d'une austérité grise et puissante où se découpent les lignes des étages, galeries et escaliers de labyrinthiques bâtisses évoquant d'anciens palais décolorés et vides, le metteur en scène belge dénude jusqu'à l'os le mythique ouvrage - sans pour autant éluder son vertige métaphysique.       <br />
              <br />
       On aurait tort de penser pourtant que cette radicalité vise l'impertinence, alors que pour le public le dispositif se découvre en s'installant. La place de cette petite ville anonyme sera le terrain de chasse (et de fuite) du plus cruel des fauves (Don Giovanni). Avant sa chute finale dans l'amas des corps souffrants d'une nouvelle Porte des Enfers évoquant autant Rodin que le &quot;Jugement dernier&quot; de Michel-Ange (belle vidéo de Christopher Ash) ; une disparition qui permet in fine la renaissance de la vie et des couleurs sur le plateau. L'opéra y trouve une voix moyenne, ni tout à fait seria ni totalement buffa, dans un geste contemporain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34936933-31803935.jpg?v=1561012814" alt="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" title="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" />
     </div>
     <div>
      Transposée dans un présent sans attaches ni repères (costumes actuels des hommes, robes un peu vintage des femmes, tous gris dus à An D'Huys - le scélérat et son valet Leporello ayant droit aussi au noir et au blanc), l'intrigue se trouve ici resserrée sur les personnages et leurs conflits. Dans leur volonté d'ignorer tout pittoresque et de retrouver l'essence d'un personnage monstrueux, Ivo von Hove et son dramaturge Jan Vandenhouwe dépouillent le séducteur de sa légende dorée largement augmentée par de brillantes générations d'artistes.        <br />
              <br />
       Résonnant avec notre époque, ce Don Juan est ici un cynique sans état d'âme qui abuse de son pouvoir sexuel et de sa position sociale. Les autres protagonistes - femmes trompées, paysans maltraités, gêneurs éliminés - gagnent tous dans cette proposition la dignité d'adversaires déterminés pour le mettre hors d'état de nuire. Exit la fascination pour le grand seigneur et son hubris baroque ou romantique.       <br />
              <br />
       Ce spectacle irradie aussi la jeunesse et l'énergie vitale - celles de chanteurs formant un plateau d'une belle homogénéité. Nicole Car (Donna Elvira) et Jacquelyn Wagner (Donna Anna) donnent à leur rôle de femme abusée grâce et élégance. Irradiantes de tendresse, elles évitent les chausse-trappes d'une vocalité souvent marquée par la véhémence en vraies tragédiennes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34936933-31803939.jpg?v=1561012856" alt="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" title="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" />
     </div>
     <div>
      La mezzo Elsa Dreisig est une Zerlina mutine et maligne (&quot;Batti, batti, O bel Masetto&quot;), résistant aux attaques du brutal séducteur avec un beau panache. Mikhail Timoshenko est un Masetto politique (&quot;Ho capito, signor si !&quot;), fier paysan qui saura fédérer une internationale communiste pour punir l'aristocrate honni. Le baryton existe sans peine dans ces ensembles si cruciaux chez Mozart où s'expriment des passions souvent contradictoires.       <br />
              <br />
       Ain Anger est un Commandeur magnifique ; chacune de ses interventions fait passer grâce à une prestance naturelle, et aux riches graves d'une voix de basse large le souffle et l'effroi de l'au-delà. Stanislas de Barbeyrac est le superbe Don Ottavio que toutes les scènes s'arrachent désormais. Longueur du souffle, technique raffinée, vocalité d'un lyrisme bouleversant, le ténor bordelais réussit tout, faisant de ses arias (&quot;Dalla sua pace la mia dipende&quot;, &quot;Il mio tesoro intanto&quot;) autant d'épiphanies.       <br />
              <br />
       Échangeant leur rôle habituel, Étienne Dupuis (Don Giovanni) et Philippe Sly (Leporello) forment un couple irrésistible. Avec sa faconde le premier, baryton agile à la sonorité ronde, parvient malgré lui à rendre sympathique un personnage qu'ici tout accable (tout à fait odieux, il est vrai, dans la scène finale du repas). Il brise dans son entêtement ultime face au Commandeur le cadre qu'impose la dramaturgie ; le rôle du grand seigneur méchant homme ne pouvant totalement échapper à son mystère.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34936933-31803945.jpg?v=1561012912" alt="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" title="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" />
     </div>
     <div>
      Le baryton-basse canadien Philippe Sly (Leporello) vole souvent, quant à lui, la vedette à son maître avec sa voix des plus luxueuses aux riches harmoniques - plus élégante peut-être que bouffe. Mais le spectacle ne se regarde pas seulement sur le plateau, la fosse offre elle aussi le sien. Au clavecin pour les récitatifs, se levant pour diriger l'orchestre afin d'accompagner les élans fortissimo de la partition ou s'effaçant pour obtenir telle nuance ou tel changement dynamique, le directeur musical de l'Opéra de Paris ne s'économise pas. Il offre un &quot;Don Giovanni&quot; aux tempi parfaits, aux couleurs vives, soit un discours piquant, caressant ou terrible usant de son geste large, de ses yeux, de son souffle et de tout le corps.       <br />
              <br />
       D'une élégance toute apollinienne ou soudain déchaîné et criant, le chef se montre admirable dans un engagement qui ne se dément jamais - obtenant la fidélité et l'ardeur de musiciens au sommet (cordes, vents et cuivres tous parfaits) au service du vrai théâtre. Philippe Jordan, merveilleux mozartien, récoltera à juste titre les honneurs de cette phalange complice l'applaudissant debout.       <br />
              <br />
       Spectacle vu le 16 juin 2019.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 juin au 13 juillet 2019.</span>       <br />
       Opéra national de Paris (Site Garnier),       <br />
       Place de l'Opéra, Paris 9e.       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       Au cinéma et sur le site de Culturebox le <span class="fluo_jaune">21 juin 2019 à 19 h 30</span> (Saison &quot;Viva l'Opéra !&quot; de Fra Cinéma).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/34936933-31803925.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-splendide-Don-Giovanni-a-l-Opera-national-de-Paris_a2438.html</link>
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   <title>"The Hidden Force"… Comme une force de la déraison</title>
   <pubDate>Tue, 09 Apr 2019 08:11:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ivo Van Hove reprend l'œuvre de Louis Couperus, écrite après une visite effectuée dans les Indes orientales néerlandaise (actuelle Indonésie) en 1900, dans une mise en scène qui allie vision politique et théâtrale portée par la musique et quelques chorégraphies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32500219-30282994.jpg?v=1554791431" alt=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" title=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" />
     </div>
     <div>
      La lumière éclaire une scénographie imposante avec son parquet de bois ocre. Une dissymétrie, que l'on retrouve dans les relations entre personnages, porte celle-ci. Sa petite table côté jardin, presque esseulée et son endroit silencieux. Son rayon d'instruments à percussion et à cordes côté cour et au centre, une pluie qui tombe par intermittence symbolisant à la fois un intérieur et un extérieur autant géographique que psychologique. Tout se joue et tout est exposé dans ce pré carré. Les décisions, les comportements, les colères, les conflits et les infidélités au centre. Côté jardin, les entrées, côté cour, les sorties.       <br />
               <br />
       Une musique, avec des percussions et un piano, suit scène à scène, pas à pas, une histoire avec ses protagonistes au travers de leurs rapports autant domestiques que politiques. L'un est le reflet de l'autre.       <br />
              <br />
       On se dénude, on s'approche à s'accrocher, dans le cas d'un fils à sa mère. L'inceste est présent, non nommé même si les rumeurs vont bon train et ne laisse aucun doute, ou si peu, pour le spectateur. Le fils est possessif avec sa mère jusqu'à l'agressivité. Cette dernière a abandonné son mari, Otto van Oudjick, dans son rôle de gouverneur d'Indes orientales néerlandaises (actuelle Indonésie) pour aller voler vers des amours interdites avec l'amoureux de sa fille. Le propos est aussi politique sur le rôle des colonies et de leur effondrement… que Louis Couperus (1863-1923) avait anticipé au tournant du XXe siècle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32500219-30283007.jpg?v=1554791464" alt=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" title=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" />
     </div>
     <div>
      Tout se lie derrière la mise à l'index d'une famille incarnant l'autorité coloniale, avec l'ordre qui est frappé du désordre, et ce, dans son propre giron familial et intime. Aussi aveugle aux drames domestiques, qui se jouent à tous ses étages, qu'aux coutumes locales. Chaque personnage a son lot de névroses. Le réel rattrape la réalité jusqu'au sang qui coule dans la douche. Jusqu'à cette pierre qui tape aux carreaux de leur fenêtre ou une violence externe qui ensanglante la fille.       <br />
              <br />
       La maison est frappée dans son symbole. À l'image de la mère, dans ses travers névrotiques, qui n'assume ni son rôle maternel ni celui d'épouse. À l'image du père aussi qui a perdu l'autorité sur son fils, l'amour et la fidélité de sa femme, le pouvoir qu'il lui échappe et ne tient que par la domination qu'il exerce sur sa fille qui le fuit. Le temple n'a plus de totem.       <br />
              <br />
       C'est superbe de douleur, de ruptures, de soumission. Il n'y a pas d'amour. Tout n'est qu'infidélité et désordre, magnifié par un ordre colonial qui vit ses derniers instants. La maison brûle, les propriétaires le savent mais restent. Les sentiments sont exacerbés sans être caricaturaux. Le plateau est caisse de résonance d'un intime qui se fait extime. Les ressorts de la passion incestueuse et morbide, d'un désordre politique et domestique s'étalent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32500219-30283012.jpg?v=1554791496" alt=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" title=""The Hidden Force"… Comme une force de la déraison" />
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      On rompt brutalement, on s'aime de façon expéditive mais on se consume à petit feu. L'amour est sans écho. Il fait figure de fugitif. C'est le symbole vivant d'une décrépitude qui n'est qu'assujettissement. Le maître d'un bref instant est esclave dans un autre mais long, beaucoup plus long. Tout échoue. C'est le transgressif qui s'étreint dans ses soubresauts.       <br />
              <br />
       Le chant est une pause à la pièce, presque un air de quiétude dans ce tumulte. Des chorégraphies viennent aussi casser à dessein le rythme en y apportant soit du recueillement, soit de l'énergie combative. Les personnages sont à la fois proches et lointains dans leur distance scénique, reflet de leurs rapports, âcres, violents, possessifs. Les relations sont mêlées. Rien n'est clair ou plutôt tout est chargé. Ce sont des relations de &quot;couple&quot;. Les dialogues sont souvent à deux avec une troisième personne, physiquement ou &quot;moralement&quot; présente, et qui fausse l'équilibre. La passion, la colère et le désespoir s'y mêlent.       <br />
              <br />
       Les voix portent au loin. On s'interpelle, on se supplie. Et il y a ce temps fort avec ce cri, au moment d'une supplication, qui perce le silence assourdissant de l'ordre sous une pluie tombante. Superbe. La mise en scène est forte dans le rendu des émotions, par le biais des voix, et Ivo van Hove rend un hommage, ô combien mérité, à Louis Couperus, l'un des plus grands auteurs néerlandais, dont il estime qu'il reste très actuel et injustement méconnu.
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     <div><b>"The Hidden Force"</b></div>
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      Texte : Louis Couperus.       <br />
       Mise en scène : Ivo van Hove.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Gilles Groot.       <br />
       Avec : Bart Bijnens (Si-Oudijck), Mingus Dagelet (Addy de Luce), Jip van Den Dool (Théo van Oudijck), Barry Emond (Soenario, Régent van Ngadjiwa), Eva Heijnen (Doddy van Oudijck), Halina Reijn (Léonie van Oudijck), Maria Kraakman (Eva Eldersma), Chris Nietvelt (De Raden-Ajou Pangeran), Massimo Pesik (serviteur), Dewi Reijs (Oerip), Michael Schnörr (serviteur), Gijs Scholten van Aschat (Otto van Oudijck), Leon Voorberg (Frans van Helderen).       <br />
       Adaptation, dramaturgie : Peter Van Kraaij.       <br />
       Scénographie, lumières : Jan Versweyveld.       <br />
       Musique : Harry De Wit.       <br />
       Chorégraphie : Koen Augustijnen.       <br />
       Costumes : An D'Huys.       <br />
       Internationaal Theater Amsterdam.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 11 avril 2019.</span>       <br />
       Dans le cadre de la programmation hors les murs du Théâtre de la Ville.       <br />
       Tous les jours à 20 h, relâche le 7 et 8 avril.       <br />
       Grande Halle Paris Villette, Paris 19e, 01 40 03 75 75.       <br />
       <a class="link" href="https://lavillette.com/programmation/1" target="_blank">&gt;&gt; lavillette.com</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/The-Hidden-Force-Comme-une-force-de-la-deraison_a2377.html</link>
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