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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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   <title>•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?</title>
   <pubDate>Sun, 27 Jul 2025 19:44:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand le jour pointe sur la Cour d'Honneur après quelque huit heures de représentation, un sentiment de libération explose dans des salves successives d'applaudissements nourris… Libération du plaisir intense ressenti lors de cette profusion de tableaux dantesques, s'enchaînant les uns aux autres sans que leur intensité dramatique ne faiblisse. Libération physique de la tension requise pour absorber, une longue nuit durant, ce déluge si enivrant soit-il. Libération enfin d'un discours daté par l'écriture de Paul Claudel qui, même si elle est ici revisitée avec humour et présentée sous un angle contemporain, n'en reste pas moins pesante tant la foi structurelle de ce catholique fervent (al)ourdit "Le Soulier".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63634958.jpg?v=1753640292" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Éric Ruf, avec le talent que l'on lui reconnaît, ne pouvait pas ne pas avoir conscience de ces difficultés en s'attaquant à ce monument de la littérature et du théâtre. Non seulement l'ombre d'Antoine Vitez planait sur la Cour comme un mythe indéboulonnable, mais plus encore le côté lyrique de l'écriture &quot;passionnelle&quot; de l'auteur de référence posait un problème dramaturgique à résoudre. En effet, comment pouvoir mettre en jeu sur un plateau contemporain &quot;la passion&quot; (au sens christique) de Doña Prouhèze, passion vissée au corps et l'accompagnant jusqu'à la mort ? Le miracle (laïc) étant que le défi semble relevé…       <br />
              <br />
       Pour gagner d'emblée le public, en le mettant dans des conditions optimales de réception – un marathon éprouvant l'attend… –, les comédiens ont à cœur de déambuler dans la salle en prenant soin d'eux. En suivant, cette fois sur scène, l'annonceur commentera avec humour le sous-titre donné par Paul Claudel à la présente œuvre : &quot;Le pire n'est pas toujours sûr&quot;… Le détournant, non sans gourmandise, de son sens initial : annoncer aux pécheurs potentiels qu'eux aussi, à l'image de l'héroïne, pouvaient résister à la tentation de la chair en restant fidèles aux sacrements du mariage contracté devant Dieu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63634963.jpg?v=1753640332" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Quatre &quot;journées&quot; pour balayer une trentaine d'années faisant voyager dans plusieurs villes (Madrid, Barcelone, Cadix, Prague, Mogador…), plusieurs pays (Espagne, Maroc, Japon…), plusieurs continents (Europe, Afrique, Amérique, Asie…) et océans à mi-distance entre l'ancien et le nouveau continent (on est au XVIe - XVIIe siècle, à l'époque des Conquistadors), un monde-univers qui va trouver en l'espace du gigantesque plateau de la Cour son cadre rêvé. Et pour traverser cet espace-temps aux allures phénoménales, deux annonceurs (Serge Bagdassorian et Florence Viala, tous deux débordant d'humour) vont proposer leurs services de guides éclairés et éclairant.       <br />
              <br />
       De décor fixe, point… si ce n'est la façade implacable trouée par les fenêtres du Palais où apparaitra Doña Prouhèze criant à tue-tête le nom de son bien-aimé (&quot;pour qu'il revienne&quot;). Mais des installations hautes en couleur accompagneront les nombreux déplacements des personnages habillés fabuleusement par le couturier Christian Lacroix. Un vrai régal pour les yeux que la robe de Doña Prouhèze, ou encore le costume de Don Balthazar, le transformant en bibendum débonnaire chargé de préserver l'héroïne des élans travaillant sa chair.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635012.jpg?v=1753640967" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      L'intrigue principale met au centre Doña Prouhèze, aimée follement par trois hommes. Don Pelage (le Juge austère), Don Camille (qui la poursuit de ses avances empressées et auquel elle cèdera… en l'épousant après le décès de son vieux mari) et Don Rodrigue (qu'elle aime d'un amour brûlant à jamais non consommé). Ouf… la morale chrétienne est sauve, y compris lorsque Paul Claudel, en &quot;catholique contrarié&quot;, écrit &quot;Le Soulier&quot; afin de tenter de se délivrer de ses propres amours illicites. D'autres intrigues viendront s'inviter. Comme celle des amours passionnées de Doña Musique avec le Roi de Naples, ou encore celle de &quot;la fille&quot; de Don Rodrigue (en fait l'enfant que Doña Prouhèze aura avec Don Camille, son deuxième époux) avec le très catholique Jean d'Autriche.       <br />
              <br />
       Les péripéties savoureuses donneront lieu à des morceaux dignes d'entrer dans une anthologie théâtrale… Parmi elles, on citera les affrontements entre le torturé et magnétique Don Camille (Christophe Montenez, d'une inquiétante étrangeté fascinante) et le séduisant, éthéré et illuminé Don Rodrigue (Baptiste Chabauty). Celles entre Doña Honoria (Danièle Lebrun, impertinente à souhait), mère de Don Rodrigue, et Don Pelage (Didier Sandre, hiératique), raide comme un i dans la foi qui le corsète. Celles qui mettent aux prises la truculente Doña Prouhèze (Marina Hands, rien moins que sublime, y compris dans ses excès), en &quot;femme au bord de la crise de nerfs&quot;, au bord de l'hystérie, avec les deux hommes qui la désirent chacun à sa manière.       <br />
              <br />
       Celles colorées par un humour assumé montrant Don Balthazar (Laurent Stocker, inénarrable) et l'ange gardien de Doña Prouhèze (Sefa Yeboah) s'échinant l'un et l'autre à protéger de ses élans vers le mal l'infortunée créature de Dieu dont ils ont reçu la charge. Ou cette rencontre improbable entre deux savants, discourant doctement à propos d'œuvres picturales mises en concurrence. Ou ce second chancelier (Dominique Sandre, dans un rôle opposé à celui du juge) bafouillant une bouillie de mots en appui de son roi.       <br />
              <br />
       Ou, plus grave, l'échange entre Don Camille et Le Chinois (Birana Ba, très convaincant) devisant, allongés au centre du plateau Ou le monologue inaugural du Père Jésuite (Alain Lenglet, fascinant lui aussi) arrimé à sa croix, dérivant tragiquement au gré des vagues en furie en déclamant sa tirade. Sans oublier l'ascension jubilatoire du ballon gonflé à l'hélium, faisant disparaître au-dessus des murailles du Palais le fameux Soulier donné à La Vierge… afin qu'elle ne puisse que claudiquer si la tentation prenait Doña Prouhèze d'aller vers le Mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635022.jpg?v=1753641101" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
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     <div>
      La réécriture alerte du texte, la mise en jeu des plus dynamiques, les costumes et décors envoûtants, l'interprétation flamboyante des actrices et acteurs de la Comédie Française (tous seraient à citer), autant de composantes de cette adaptation de nature à nous communiquer un plaisir palpable, nous conduisant avec ivresse et intérêt jusqu'au bout de la nuit…       <br />
              <br />
       … cependant, le trop-plein de considérations religieuses du texte originel, même si, ici, il a été délibérément &quot;revisité&quot;, finit par saturer l'espace de cerveau disponible en débordant sur le plaisir ressenti. À l'image de Doña Prouhèze et de ses amants potentiels, ravagés, elle comme eux, par la toxicité de préceptes religieux les empêchant d'aimer &quot;naturellement&quot;. À l'image encore de ce malheureux Don Rodrigue qui, après avoir été Vice-roi des Indes, se retrouve avec une jambe de bois suite à un séjour en prison au Japon, seul et sans le sou, condamné à vendre des images pieuses pour survivre. La chute (!) fixera le regard extatique du Saint qu'il est devenu, suppliant d'être donné à une religieuse en quête d'objets pour une vente charitable. Son deal ? Pouvoir contempler la Sainte Vierge dans la chapelle de sa communauté (Amen).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635128.jpg?v=1753642548" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
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     <div>
      Paul Claudel serait-il, malgré le génie artistique de ceux qui s'y attaquent, un auteur devenu infréquentable, tant ses préoccupations apparaissent obsolètes dans un monde contemporain travaillé par des interrogations humaines d'une toute autre importance ?       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 24 juillet 2025 à la Cour d'honneur du palais des Papes d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Soulier des Satin"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635179.jpg?v=1753642579" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Texte : Paul Claudel.       <br />
       Version scénique, mise en scène et scénographie : Éric Ruf (de la Comédie-Française).       <br />
       Assistants à la mise en scène : Alison Hornus, Ruth Orthmann, Aristeo Tordesillas.       <br />
       Assistant à la scénographie : Anaïs Levieil.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Alain Lenglet, Florence Viala, Coraly Zahonero, Laurent Stocker, Christian Gonon, Serge Bagdassarian, Suliane Brahim, Didier Sandre, Christophe Montenez, Marina Hands, Danièle Lebrun, Birane Ba, Sefa Yeboah, Baptiste Chabauty, Édith Proust et Fanny Barthod, Rachel Collignon, Gabriel Draper.       <br />
       Musiciens : Vincent Leterme, Aurélia Bonaque Ferrat, Ingrid Schoenlaub, Anna Woloszyn.       <br />
       Costumes : Christian Lacroix.       <br />
       Assistants aux costumes : Jean-Philippe Pons, Jennifer Morangier, Aurélia Bonaque Ferrat.       <br />
       Lumière : Bertrand Couderc.       <br />
       Direction musicale : Vincent Leterme.       <br />
       Son : Samuel Robineau.       <br />
       Travail chorégraphique : Glysleïn Lefever.       <br />
       Collaboration artistique : Léonidas Strapatsakis.       <br />
       Durée : 8 h avec entractes (quatre parties avec trois entractes).       <br />
              <br />
       Spectacle créé le 21 décembre 2024 à la Comédie-Française, Salle Richelieu, à Paris.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été joué les 19, 20, 22, 23, 24, 25 juillet 2025.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635180.jpg?v=1753642623" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90170805-63634958.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Le-Soulier-de-Satin-Jeux-et-enjeux-d-une-representation-dantesque-Et-Dieu-dans-tout-ca_a4335.html</link>
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   <title>•Off 2025• "Le Souffleur" Dans l'ombre de la création du Cyrano d'Edmond Rostand</title>
   <pubDate>Wed, 02 Jul 2025 06:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le 28 décembre 1897, au Théâtre de la Porte Saint-Martin, a lieu la première représentation du "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand avec, dans le rôle-titre, le grand comédien de l'époque : Benoît Constant Coquelin. Depuis, cette pièce est l'une des plus célèbres du répertoire du théâtre français. Cyrano, Roxane sont devenus des personnages de légende, des héros, des joyeux fantômes de l'inconscient collectif. C'est l'apport qu'a eu ce texte dans la symbolique de la bravoure, de la passion, de l'abnégation. Un amour impossible de plus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89665807-63362128.jpg?v=1626793296" alt="•Off 2025• "Le Souffleur" Dans l'ombre de la création du Cyrano d'Edmond Rostand" title="•Off 2025• "Le Souffleur" Dans l'ombre de la création du Cyrano d'Edmond Rostand" />
     </div>
     <div>
      Pourtant, il manque un héros à cette liste issue de cette première représentation. Il y manque un fantôme, un tout petit fantôme, mais un fantôme protecteur qui était, lui aussi, au plateau ce 28 décembre 1897. Oublié. C'est un peu normal puisque Edmond Rostand n'a pas écrit un vers pour lui. Et pourtant, lui seul dans toute la distribution avait lu, mis en bouche, voire appris, les répliques de tous les personnages de la pièce et, en particulier, celle de l'Auguste Coquelin. Il s'appelait Ildebrando Biribo'. Il était ce soir-là dans le trou en avant-scène, invisible des spectateurs, le manuscrit devant lui, le trou du souffleur.       <br />
              <br />
       Et c'était sa dernière performance. Coquelin, avant le début de la représentation, lui annonce qu'il n'aurait plus besoin de lui pour les suivantes. La représentation se déroule. Ildebrando Biribo' fait son office. La pièce se termine. Les acteurs quittent la scène sous les ovations. C'est un triomphe. Ils sortent de scène. Le public quitte la salle. Et l'on retrouve le souffleur mort dans son trou.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89665807-63362129.jpg?v=1626793337" alt="•Off 2025• "Le Souffleur" Dans l'ombre de la création du Cyrano d'Edmond Rostand" title="•Off 2025• "Le Souffleur" Dans l'ombre de la création du Cyrano d'Edmond Rostand" />
     </div>
     <div>
      La gazette n'a pas parlé de ce drame, les annales n'en ont pas gardé l'infime trace, mais Emmanuel Vacca, lui-même comédien, décide de sortir le personnage de l'ombre et de le ressusciter devant nous sous la forme d'un hommage émouvant aux humbles qui gravitent toujours autour des lumières, qui leur donnent souvent leurs vies et tombent irrémédiablement dans l'oubli.       <br />
              <br />
       Mais point de larmes ici, du feu, de la flamme, de la fantaisie et de la comédie dans ce qu'elle a de plus noble, qui se source à la grande commedia dell'arte, au pied de nez à la lune.       <br />
              <br />
       Le personnage d'Ildebrando Biribo', interprété avec grâce et espièglerie par Paolo Crocco, est une âme faite de passion, de tendresse, de plaisir. Passion pour les mots, les vers, les personnages, passion pour les comédiens toujours en équilibre instable sur des plateaux en pente et dans des répliques fuyantes. C'est d'amour dont on parle ici. De tragique, d'injustice, et d'amour pour les choses, les actes, les mots.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89665807-63362130.jpg?v=1626793368" alt="•Off 2025• "Le Souffleur" Dans l'ombre de la création du Cyrano d'Edmond Rostand" title="•Off 2025• "Le Souffleur" Dans l'ombre de la création du Cyrano d'Edmond Rostand" />
     </div>
     <div>
      Paolo Crocco joue tous les rôles, ou presque (la voix de l'auteur suggère sa présence sur scène par instants). Dans le décor de coulisses après un spectacle, son jeu physique, partie mime, partie commedia, installe immédiatement le ton tragi-comique de toute la pièce.        <br />
              <br />
       Son énergie sans bornes force un peu l'amitié que l'on ressent pour son personnage. Dans le sens où le comédien &quot;vient nous chercher&quot; et l'on aimerait parfois &quot;aller chercher&quot; le personnage dans des passages où il aurait moins d'adresses au public. Mais l'ensemble de la performance et le texte joliment troussé d'Emmanuel Vacca (texte moderne sans vouloir l'être à tout prix et fuyant délibérément toute complaisance et évidence) sont des valeurs sûres qu'il faut aller apprécier.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Souffleur"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89665807-63362131.jpg?v=1626793397" alt="•Off 2025• "Le Souffleur" Dans l'ombre de la création du Cyrano d'Edmond Rostand" title="•Off 2025• "Le Souffleur" Dans l'ombre de la création du Cyrano d'Edmond Rostand" />
     </div>
     <div>
      Texte : Emmanuel Vacca.       <br />
       Mise en scène : Paolo Crocco.       <br />
       Avec : Paolo Crocco.       <br />
       Collaboration Artistique : Fabio Marra.       <br />
       Chorégraphie : Aurélie Badol.       <br />
       Son : Claudio Del Vecchio.       <br />
       Lumières : Luc Dégassart.       <br />
       Costumes : Pauline Zurini.       <br />
       Régie plateau : Alberto Taranto.       <br />
       Décors : Claude Pierson.       <br />
       Production/Diffusion : Sylvain Berdjane.       <br />
       Par Compagnia Dell'Edulis.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 55. Relâche les mardis 8 et 15.       <br />
       Théâtre des Brunes, 32, rue Thiers, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 84 36 00 37.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesbrunes.fr/le-souffleur" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesbrunes.fr/" target="_blank">>> theatredesbrunes.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet</title>
   <pubDate>Tue, 26 Jul 2022 11:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2022]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quatre saynètes sans paroles, mais non sans souffle, pour entrer sans détours inutiles dans le vif du sujet, la chair humaine et ses fantastiques réactions. En effet, la chair et la peau qui la recouvre en surface sont à vivre comme les écrans sensibles du maelström agitant en permanence notre carcasse. Deux Belges à l'humour bien trempé dans l'anatomie de l'être suprême que nous prétendons être vont "donner la parole" à cette substance hautement réactive. Personnes hypersensibles s'abstenir.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66307626-47124715.jpg?v=1658830752" alt="•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet" title="•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet" />
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     <div>
      Si la peau est l'enveloppe permettant aux transactions d'exister entre l'intérieur du corps individuel et le corps social constitué, la chair est l'agent voué corps et âme à son service. Cette matière vivante évolue avec le temps. Fine et presque translucide à la naissance, elle se muscle progressivement, s'épaissit, porte les cicatrices de ses blessures, avant de se ramollir et, enfin, se décompose sous l'effet de la pourriture charnelle postmortem. À cela rien d'abject, il s'agit d'un simple processus vital régi par la loi naturelle… mais dont les enjeux individuels et sociaux sont pour le moins ici &quot;spectaculaires&quot;.       <br />
              <br />
       Dans l'antichambre d'une chambre d'hôpital au réalisme poussé jusqu'à représenter sur le chariot de soins tous les instruments de la panoplie sanitaire, un homme se laisse &quot;conditionner&quot; par une infirmière, disparaissant elle-même sous son masque, ses lunettes protectrices, sa cagoule, ses gants et sa combinaison stérile étanche. Les exercices imposés de désinfection des mains puis des gants par l'application frénétique de gel hydroalcoolique prennent vite l'allure de rites obsessionnels prêtant à rire. Mais lorsque l'on comprendra que ses précautions protocolaires sont rendues vaines par l'état du vieillard mourant dans la chambre d'à côté, le rire se transforme en colère, comme si les exigences administratives d'un système rigoriste avaient pris le pas sur l'horloge du temps compté que le fils pouvait espérer passer encore avec son père.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66307626-47124717.jpg?v=1658830810" alt="•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet" title="•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet" />
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      Il y aura ensuite ce geste échappé où l'infirmière touchera la main du mourant sans but précis si ce n'est le besoin ressenti d'un ultime contact humain. Il y aura le téléphone portable inséré dans une poche étanche qui sonnera intempestivement comme un signe de vie, de l'extérieur, faisant effraction. Il y aura encore le fils assis au pied du lit du mourant, recherchant fébrilement un contact peau à peau. Et puis lorsque les branchements auront fini de faire entendre leurs signaux sonores, il y aura les éclats du chagrin du fils, arrachant sa combinaison stérile pour porter le père dans ses bras, tête penchée, bouche ouverte, bras ballant, jusqu'au fauteuil du visiteur, ce fauteuil anonyme semblable à celui de toutes les chambres d'hôpital. Tableau saisissant d'une humanité souffrante immortalisée par la Pietà de Michel-Ange.       <br />
              <br />
       Changement radical de décor. On se retrouve dans le salon art déco d'un couple deviné branché, un soir d'anniversaire, de son anniversaire à elle. Tout est prêt, les deux coupes, le champagne dans son seau à glace, la musique d'ambiance, il ne reste que le cadeau à ouvrir. Pourtant, un sentiment étrange flotte. L'homme a le visage entièrement recouvert de bandelettes, tel l'homme invisible… Lorsque le paquet ouvert libère une paire de ciseaux offerte à sa compagne pour qu'elle puisse &quot;découvrir&quot; elle-même le cadeau du nouveau visage qu'il s'est fait refaire pour lui plaire, l'atmosphère se teinte d'angoisse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66307626-47124759.jpg?v=1658830875" alt="•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet" title="•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet" />
     </div>
     <div>
      Leur course effrénée autour de la table du salon, elle tentant de dissimuler le miroir à main, les coupes de champagne avalées pour se donner du courage, laissent supposer que le résultat escompté ne se situe pas au niveau des objectifs visés. Et lorsque le dernier tableau montrera de face le visage boursouflé dégoulinant de latex fondu du candidat à la chirurgie esthétique, contraint de creuser avec ses doigts deux orbites pour voir, et d'ouvrir une fente au niveau de la bouche pour se nourrir, on comprend le cri d'effroi poussé par sa partenaire. C'est aussi le nôtre, blessé en miroir dans notre chair.       <br />
              <br />
       Autre espace, celui d'une salle high tech dépersonnalisée, la réalité étant à construire et restant in fine l'affaire de chacun(e)… Une jeune femme enfile un casque de réalité virtuelle lui permettant de vivre en 3D ce que la vie apparemment lui refuse, la passion amoureuse de Rose pour Jack dans &quot;Titanic&quot;, avec le passage obligé du saut esquissé au-dessus du bastingage. Elle ressort hébétée de cette expérience immersive… Soit le retour au réel la déçoit, soit elle n'a pas trouvé dans cette évasion artificielle de quoi satisfaire ses besoins charnels.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66307626-47124764.jpg?v=1658830910" alt="•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet" title="•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet" />
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     <div>
      Le dernier tableau transporte dans la salle d'un café désuet où se retrouve une fratrie désunie pour une étrange cérémonie. Au fond, près du bar, le sien, trône le portrait de la mère surplombant une couronne de fleurs artificielles. Les deux frères ne s'adressent pas la parole, chacun absorbé en lui-même et trompant son impatience comme il le peut, l'un en tapotant la table de ses doigts nerveux, l'autre en allumant une cigarette. La sœur enceinte se contente quant à elle d'engloutir mécaniquement un paquet de chips pour rassasier son ventre énorme, grouillant d'une vie gloutonne. Quand arrive enfin la sœur aînée, les bras encombrés de deux paquets, un seul membre présent a droit à la bise, confirmant l'état tendu de leurs relations.       <br />
              <br />
       Du carton, quatre petites urnes individuelles sont extraites complétées par l'urne funéraire tirée de la mallette. Une louche est apportée, quatre bougies allumées et, sur la musique d'un CD d'abord récalcitrant, verre à la main, un toast est porté à la défunte. Entonnant un chant au contenu délirant, deux d'entre eux s'esclaffent, se tordent de rire. Commence alors le partage des cendres à se répartir, sauf que l'un des héritiers, sous les yeux atterrés des trois autres, aura l'outrecuidance de plonger plusieurs fois de suite la louche dans l'urne mère. S'ensuivra un pugilat généralisé où les cendres dispersées voleront en tous sens dans un concert de cris hystériques. Un tableau de visages distordus que n'aurait pas renié Le Caravage, de corps s'empoignant par le collet avant de rouler au sol. Seule la perte des eaux de la sœur enceinte ramènera avec cette vie annoncée la concorde au sein de ce cycle sombre.       <br />
              <br />
       Hyperréalisme de situations données à voir sans filtre, &quot;Flesh&quot; se vit comme une matière vivante à incorporer. À chacun d'accueillir (ou pas) en soi ces sujets à vif émergeant de situations dérivant d'un quotidien dont l'étrangeté n'est qu'apparente. Difficile de rester neutre vu la charge émotionnelle véhiculée, d'autant plus prégnante que la distance des mots est abolie. Pour notre part, nous en sortîmes bouleversés… jusqu'au plus profond de notre chair.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 23 juillet au Gymnase du Lycée Mistral, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Flesh"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66307626-47124803.jpg?v=1658830948" alt="•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet" title="•In 2022• "Flesh" Grandeur et servitude du moi-peau, un corps à corps sans tabou avec le vif du sujet" />
     </div>
     <div>
      Bruxelles - Création 2022.       <br />
       Scénario : Sophie Linsmaux, Aurelio Mergola, Thomas van Zuylen.       <br />
       Conception : Sophie Linsmaux, Aurelio Mergola.       <br />
       Mise en scène : Sophie Linsmaux, Aurelio Mergola.       <br />
       Avec : Muriel Legrand, Sophie Linsmaux, Aurelio Mergola, Jonas Wertz.       <br />
       Mise en espace et en mouvement : Sophie Leso.       <br />
       Scénographie : Aurélie Deloche, assistée de Rudi Bovy, Sophie Hazebrouck.       <br />
       Accessoires : Noémie Vanheste.       <br />
       Costumes : Camille Collin.       <br />
       Lumière : Guillaume Toussaint Fromentin.       <br />
       Son : Éric Ronsse.       <br />
       Voix off : Stéphane Pirard.       <br />
       Masques et marionnettes : Joachim Jannin.       <br />
       Stagiaire scénographie : Farouk Abdoulaye.       <br />
       Couturière : Cinzia Derom.       <br />
       Production Compagnie Still Life.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 au 25 juillet.</span>       <br />
       Tous les jours à 18 h, relâche le jeudi.       <br />
       Gymnase du lycée Mistral, 20, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66307626-47124715.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2022-Flesh-Grandeur-et-servitude-du-moi-peau-un-corps-a-corps-sans-tabou-avec-le-vif-du-sujet_a3366.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…</title>
   <pubDate>Mon, 25 Jul 2022 10:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2022]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Si rien de ce qui est, n'est, tout ce qui naît donc dans l'imaginaire de deux électrons du théâtre émergent, existe vraiment… Avec un humour décalé et un brin mélancolique (écho de celui de Fabcaro), la troublante Anaïs Müller et l'inénarrable Bertrand Poncet se lancent corps et âme dans une entreprise aux dimensions carrément durassiennes. En effet, en panne d'inspiration, ils saisissent au vol l'opportunité d'un livre leur tombant des cintres, le texte de théâtre "Agathe" de la locataire des Roches Noires devenant sur le champ le tremplin de leur création in vivo.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66280565-47110036.jpg?v=1658739351" alt="•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…" title="•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;La vie, c'est la vie… Tout cela, c'est la faute à la vie. Mais pour l'amour du ciel qu'est-ce que vivre ?&quot;</span>, c'est par ce questionnement hautement philosophique écrit en fond de scène que les spectateurs sont accueillis bien avant que n'apparaissent, emmaillotés dans leur carton d'emballage, les deux histrions affublés de vêtements tyroliens dessinés. Ils s'essayent à travailler un texte alambiqué de Robert Musil, &quot;L'Homme sans qualités&quot; où l'auteur et son héros, Ulrich, usent de stratagèmes afin d'échapper au réel par définition insatisfaisant. Mais vouloir ouvrir grand le champ des possibles, les fait buter sur une aiguille à cheveux appartenant à Agathe, la sœur jumelle d'Ulrich…       <br />
              <br />
       Et de là, il n'y a plus que l'épaisseur dudit cheveu pour que l'&quot;Agathe&quot; de Marguerite Duras, elle-même amoureuse du petit frère, recouvre celle de R. Musil en leur tombant littéralement dans les mains… <span style="font-style:italic">&quot;Duras, c'est qui celle-là ?&quot;</span> interrogent-ils, circonspects. Une séquence filmée projetée répond à leur interrogation. On y voit défiler la mer, une femme de dos, une paire de lunettes à épaisse monture d'écaille, une chevalière, une bouteille de vin, une machine à écrire aux feuillets battus par le vent du large, autant de fragments recomposant le monde selon Duras. Eux deux font partie du bal, ils virevoltent sur eux-mêmes sur la plage qu'on imagine être celle de Trouville.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66280565-47110040.jpg?v=1658739387" alt="•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…" title="•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…" />
     </div>
     <div>
      Ainsi va s'écrire en direct, à grands renforts de mimiques appuyées et d'improvisations audacieuses, la véritable histoire non inventée de toutes pièces, un remake forcément génial dicté sous influence par l'autrice d'&quot;Agathe&quot;. On y retrouve les mêmes thèmes qui s'entrelacent - l'amour, l'inceste, le vide existentiel -, le même balancement des mots, les mêmes silences et échos distillant une petite musique entêtante. Sous les crépitements frénétiques du clavier de l'antique Remington, les lettres aux lettres succèdent. <span style="font-style:italic">&quot;Elle lui déclarait son amour… Tu serais ma sœur… Elle n'affrontait pas son désir… L'amour de son frère était le plus grand des amours…&quot;.</span> Très vite, la fiction leur monte à la tête, les enivre, déborde dans le réel au point que Bert s'échauffe et se précipite sur la cheville d'Ange la faisant choir au sol…       <br />
              <br />
       Revenant à eux, ici et maintenant, leurs personnages ou plutôt leurs personnes abordent une question plus personnelle : <span style="font-style:italic">&quot;Je parle de toi à moi… Tu voudrais des enfants ? Plus t'as d'enfants, plus t'es pauvre. Mais être riche, à quoi ça sert si t'es seul ?&quot;.</span> Quant au clin d'œil à l'incontournable interview de Bernard Pivot invitant M. D. sur le plateau d'Apostrophes, il prend ici la forme d'un pastiche hilarant où Bert, l'air pénétré, jouera le rôle d'un interviewer aux accents déclamatoires - <span style="font-style:italic">&quot;Marguerite Durâââss, est-ce inconfortâââble d'écriiire ? Les désillusions, les promesses de l'aube non tenues…&quot;</span> - et Ange, celui de l'écrivaine dissertant de sa voix timbrée sur l'absolu devoir d'écrire, de ce malheur qu'on porte en soi.       <br />
              <br />
       Lorsque le jeu reprendra - <span style="font-style:italic">&quot;Ils ne sortent que la nuit… Un bonheur trop grand… L'extase…&quot;</span> - Bert stoppe net Ange qui se colle à lui au bord de l'excitation orgasmique. <span style="font-style:italic">&quot;Arrêtons là, ça va trop loin…&quot;,</span> dit-il. Entre dialogue et récitatif, le pouvoir incantatoire d'&quot;Agathe&quot; est tel que les frontières entre personnes et personnages jouent à se brouiller, un trouble identitaire semble les gagner et ce trouble, pour son plus grand bonheur, gagne aussi le spectateur ballotté entre fictions mises en abyme et réalités vécues.       <br />
              <br />
       La contamination du réel du plateau par l'écriture durassienne ira jusqu'à faire ingurgiter de manière jubilatoire la fameuse mouche d'&quot;Écrire&quot; (Gallimard 93), déposée opportunément au fond du verre de vin bu frénétiquement par Ange. <span style="font-style:italic">&quot;De l'histoire de la mouche, je voudrais dire encore un peu plus. Je la vois encore, elle, cette mouche-là, sur le mur blanc, mourir. Dans la lumière solaire d'abord, et puis dans la lumière réfractée et sombre du sol carrelé. On peut aussi ne pas écrire, oublier une mouche. Seulement la regarder. Voir comment elle se débattait, d'une façon terrible et comptabilisée dans un ciel inconnu et de rien&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66280565-47110064.jpg?v=1658739420" alt="•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…" title="•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…" />
     </div>
     <div>
      Multipliant facétieusement les registres, se filmant champ contre champ &quot;à la manière de&quot;, ils émaillent leur trip durassien de saillies crues ou faussement embarrassées, <span style="font-style:italic">&quot;et maintenant qu'est-ce que je fais de ta déclaration ?&quot;</span>. Ainsi se donne à voir sous nos yeux éberlués - ravis à nous-mêmes comme Lol V. Stein avait pu l'être en ce petit matin, sidérée après avoir vu son fiancé danser toute la nuit dans les bras d'Anne-Marie Streitter, la femme de Calcutta, l'enfant chérie de Venise, celle qui se dérobait à l'envi au désir du Vice-Consul de Lahore - un ovni théâtral échappant à toutes normes pour venir compléter la désopilante série des &quot;traités de la perdition&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 22 juillet au Gymnase du Lycée Saint-Joseph, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Là où je croyais être, il n'y avait personne"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66280565-47110195.jpg?v=1658739966" alt="•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…" title="•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…" />
     </div>
     <div>
      Conception, texte : Anaïs Muller, Bertrand Poncet.       <br />
       Avec : Anaïs Muller et Bertrand Poncet.       <br />
       Dramaturgie : Pier Lamandé.       <br />
       Musique : Antoine Muller, Philippe Veillon.       <br />
       Scénographie : Charles Chauvet.       <br />
       Lumière : Diane Guérin.       <br />
       Vidéo : Romain Pierre.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       Ce deuxième volet des &quot;Traités de la perdition&quot; a reçu le prix du jury du Festival Impatience 2021.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 22 au 25 juillet.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h.       <br />
       Gymnase du lycée Saint-Joseph, rue des Teinturiers, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 18 au 21 janvier 2023 : Le CentQuatre-Paris, Paris 19e.       <br />
       Du 16 au 17 mars 2023 : TAP - Théâtre Auditorium de Poitiers, Poitiers (86).       <br />
       Du 21 au 25 mars 2023 : TnBA, Bordeaux (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66280565-47110243.jpg?v=1658740042" alt="•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…" title="•In 2022• "Là où je croyais être, il n'y avait personne"… sauf Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand, eux-mêmes disciples de Marguerite Duras…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66280565-47110036.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2022-La-ou-je-croyais-etre-il-n-y-avait-personne-sauf-Ange-et-Bert-avatars-d-Anais-et-Bertrand-eux-memes_a3364.html</link>
  </item>

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   <title>•In 2022• "Jogging" Être femmes au Liban, des Médées contemporaines</title>
   <pubDate>Sun, 24 Jul 2022 10:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2022]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Comédienne, autrice et activiste culturel - ainsi se présente-t-elle -, Hanane Hajj Ali est l'un des porte-visages de ces Mères Courage contemporaines, femmes et mères jusqu'au bout de leurs douleurs, qu'aucun pouvoir, si corrompu soit-il, ne semble en mesure de faire dévier. À la faveur d'un jogging dans Beyrouth, fascinée par la figure mythique de Médée - Éros et Thanatos, deux faces du même paradoxe existentiel -, elle livre plusieurs portraits de ces femmes libanaises surgies de l'ombre pour venir hanter nos consciences. Et ce, avec un naturel "désarmant" teinté d'un humour contrastant avec le propos tragique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66260899-47102343.jpg?v=1658652316" alt="•In 2022• "Jogging" Être femmes au Liban, des Médées contemporaines" title="•In 2022• "Jogging" Être femmes au Liban, des Médées contemporaines" />
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      Tout de noir vêtue, tête encagoulée, la comédienne s'échauffe à la manière d'une joggeuse, activité qu'elle pratique assidûment. En effet, quand on est une cinquantenaire engagée dans un pays hautement corrompu et déchiré religieusement, que l'on a cru au fol espoir de la révolution d'octobre 2019, illusions vite interrompues par l'explosion d'août 2020 ayant détruit des quartiers entiers de Beyrouth, il vaut mieux entretenir sa forme… Pour compléter son &quot;entrainement&quot;, un exercice de diction l'amène facétieusement à articuler des mots politiquement incorrects, comme pour signifier d'emblée qu'il s'agira bien là d'une &quot;pièce illégitime, bâtarde&quot; hors des clous normés de la culture officielle libanaise.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Je suis la femme voilée, cool, mariée&quot;</span>… Invitant un homme choisi au hasard dans le public à lui maintenir fermement les pieds (acte iconoclaste) afin qu'elle puisse pratiquer en tout confort ses exercices physiques, déclenchant à l'occasion des sensations localisées dans une zone intime, elle raconte ses courses à Beyrouth… Des parcours émaillés d'anecdotes scatologiques, ainsi lorsqu'une fiente de pigeon vient à s'écraser sur son visage, une question surgit : <span style="font-style:italic">&quot;est-ce qu'on peut prier en déféquant ?&quot;</span>. Le souvenir de sa grand-mère lui répétant que <span style="font-style:italic">&quot;tout ce qui vient du ciel est sacré&quot;</span>, résonne alors comme une saillie libertaire pourfendant le caractère inviolable de la loi islamique en lui faisant ouvertement la nique.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66260899-47102344.jpg?v=1658652345" alt="•In 2022• "Jogging" Être femmes au Liban, des Médées contemporaines" title="•In 2022• "Jogging" Être femmes au Liban, des Médées contemporaines" />
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      La figure de Médée, déclinée dans plusieurs, semble la hanter comme on peut l'être par un motif cristallisant des problématiques fortes liées au féminin révolté. Le mythe de Médée est d'abord ressuscité avec humour au travers des &quot;Amours Halal&quot; (titre d'un film se déroulant à Beyrouth) de Créuse et de Jason, de la terrible vengeance qui s'ensuivit, Médée égorgeant ses propres enfants pour punir l'infâme de son infidélité et assurer à ses enfants paix et sérénité. Ce rôle, l'a toujours secrètement attirée sans qu'elle comprenne en quoi tuer ses enfants aimés était acte d'amour… L'expérience de la complexité de la vie lui apprendra que l'aberration pointée ne peut être qu'apparente.       <br />
              <br />
       Habitée depuis par cette figure de mère infanticide par amour (on se heurte là au tabou des tabous) elle se fera plus grave en exhumant de sa mémoire deux cas de femmes ayant eu recours au meurtre, direct ou indirect, de leurs progénitures.       <br />
              <br />
       D'abord Yvonne, cette Libanaise chrétienne, cultivée et mariée à un homme riche et haut placé, ayant laissé une cassette &quot;scandaleuse&quot; filmant son acte… La comédienne distribue alors dans la salle trois desserts à la crème, onguent blanc sur le visage aussi immaculé que la chantilly recouvrant le gâteau à la mort-aux-rats préparé avec les fruits préférés des filles d'Yvonne. Trois silhouettes innocentes découpées dans une ribambelle de papiers enflammés avec un briquet… Elle aussi, mère aimante, n'avait pu supporter exposer ses enfants à la trahison de l'homme, c'est ce que la cassette &quot;égarée&quot; par la justice racontait, l'impensable ne pouvant en tout état de cause rejaillir sur la réputation de l'homme important.       <br />
              <br />
       Histoire singulière, tragique, d'une femme sacrificielle faisant écho à la tragédie à grande échelle de l'explosion des 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium stockées honteusement dans les silos du port de Beyrouth. Explosion redoublée d'un autre scandale, celui d'un Pouvoir corrompu empêchant le travail des juges chargés d'établir les responsabilités. Et là, la comédienne se revêtant de voiles rouges part dans une transe où son corps entier devient torche vivante.       <br />
              <br />
       Histoire de Zahra, autre Médée libanaise du Sud. Mariée à 15 ans à un homme âgé, elle réussit à obtenir le divorce quand elle tombe amoureuse de Mohamed, militant d'un parti ultra-religieux. Pour lui, elle apprend le Coran et épouse la cause extrémiste. Après lui avoir donné trois fils, Mohamed l'abandonne pour une autre élue d'Allah… La comédienne tourne en courant de plus en plus vite autour d'un rectangle de lumière, dans un état d'exaltation furieuse. Elle les élève seule ses trois garçons et leur communique l'idéal du père de mourir en martyr, sa façon à elle de donner un sens à son indicible douleur.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66260899-47102345.jpg?v=1658652381" alt="•In 2022• "Jogging" Être femmes au Liban, des Médées contemporaines" title="•In 2022• "Jogging" Être femmes au Liban, des Médées contemporaines" />
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      Quand ses deux premiers enfants meurent en combattants, elle remercie Dieu de l'avoir exaucée. Et puis il y a maintenant l'ultime lettre adressée par son dernier fils. Lui, pour avoir refusé de tuer des innocents en Syrie, vient d'être condamné à mort. S'il écrit accepter l'inéluctable, il refuse de mourir pour autant en martyr d'une cause qui n'est plus la sienne, faisant ipso facto de sa mère une Médée déchue.       <br />
              <br />
       Femme mère aimante conduite par un aveuglement dionysiaque jusqu'au bout de sa douleur, Mater dolorosa émancipée refusant la domination patriarcale jusqu'à vouloir la mort de ceux à qui elle tient le plus, ces figures dupliquées de la Médée antique incarnées superbement par une comédienne alliant naturel et gravité ne sont pas prêtes à s'effacer de notre mémoire. Le Liban, son pays mis à mal, rongé par les délires religieux et la corruption promue au rang de politique gouvernementale, non plus.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 21 juillet au Théâtre Benoît XII, Avignon.</b>
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     <div><b>"Jogging جوغينغ"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66260899-47102378.jpg?v=1658652901" alt="•In 2022• "Jogging" Être femmes au Liban, des Médées contemporaines" title="•In 2022• "Jogging" Être femmes au Liban, des Médées contemporaines" />
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      Hanane Hajj Ali, Beyrouth.        <br />
       Spectacle en arabe, surtitré en français et en anglais.       <br />
       Texte, conception : Hanane Hajj Ali.       <br />
       Dramaturgie : Abdullah Alkafri.       <br />
       Avec : Hanane Hajj Ali.       <br />
       Direction artistique et scénographie : Éric Deniaud.       <br />
       Lumière : Sarmad Louis, Rayyan Nihawi.       <br />
       Son : Wael Kodeih.       <br />
       Costumes : Kalabsha, Louloua Abdel-Baki.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 26 juillet 2022.</span>       <br />
       À 18 h, relâche le 23 juillet.       <br />
       Théâtre Benoît-XII, 12, rue des Teinturiers, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.
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   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2022-Jogging-Etre-femmes-au-Liban-des-Medees-contemporaines_a3363.html</link>
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