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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle</title>
   <pubDate>Fri, 05 Jun 2026 11:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Rainer Sievert a mis cinq ans de gestation avant de mettre au monde ce nouveau spectacle. C'est le temps qu'il a fallu pour regrouper toutes les documentations recueillies auprès de documentaristes, d'historiens, ou trouvées dans de vieux cartons de lettres et de photos remisées dans un grenier et collecter des souvenirs d'anciens. Le temps aussi pour repousser les zones d'ombres, pour tenter de leur donner un peu de lumière. Ce récit, devenu pièce à part entière, naît de l'histoire familiale de son créateur, Rainer Sievert.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514063.jpg?v=1780650712" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      L'objet de ces recherches est une mythologie familiale, comme il en existe à peu près dans toutes les familles : il s'agit des huit ans que ce grand-père, Wilhelm, passa dans les goulags staliniens à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Sur le pourquoi, le comment et les conditions de cette incarcération, Wilhelm ne s'épanche jamais jusqu'à sa mort dans les années soixante-dix. Un mystère que son petit-fils, comédien chevronné (Ariane Mnouchkine, Guy Pierre Couleau…), va découvrir et en faire la trame de ce spectacle qui, sous une apparente simplicité, est en fait un théâtre hors norme.       <br />
              <br />
       C'est un drame dont il s'agit, mais le comédien-auteur réussit à garder l'ironie vitale, cruelle et salutaire, et la distance nécessaire pour offrir à notre imaginaire la narration de la vie de ce grand-père, une vie totalement bouleversée et corrompue par la violence de la grande Histoire incarnée par Adolf Hitler et Joseph Staline. Extirpé de la ferme qui l'avait vu naître par la conscription de l'armée allemande en 1942, transformé en maillon de la chaîne meurtrière de l'organisation fasciste, puis capturé par l'armée rouge, condamné pour crime de guerre à 25 ans, envoyé au goulag, il reparaît dans la ferme familiale en 1953. Ses trois enfants ont bien changé, lui aussi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514067.jpg?v=1780650734" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      L'art de Rainer Sievert et la magistrale intelligence de son texte font que le récit ne tente à aucun moment de s'éloigner de la dimension humaine. Et pourtant, tous les éléments historiques qui accompagnent le destin captivant de Wilhelm sont non seulement évoqués, mais entrent totalement dans la dramaturgie du récit. Les avancées de l'armée hitlérienne sur le front de l'Est sont soigneusement représentées sur de larges projections, ainsi que la position à l'extrême Nord-Est de la Russie des Goulags les plus implacables du régime stalinien. Mais toujours, la présence &quot;minusculement&quot; humaine de Wilhelm sur les cartes d'état-major géantes demeure le centre énigmatique du récit.       <br />
              <br />
       Le parallélisme entre les folies des deux dictateurs, Hitler et Staline, mais également entre l'histoire de cet aïeul et la narration de la quête de ce petit-fils dans les archives du monde (celles de France, d'Allemagne et de Russie, recherches plus difficiles avec le nouveau dictateur Poutine), actualisent complètement ce spectacle. La beauté du geste vient du fait que l'auteur ne cherche jamais à porter un jugement. Ce sont les questions que ce texte émet qui importent. La danse qu'effectue Rainer Sievert accompagné de Manuel Langevin sur ces dix années de folie meurtrière paraît presque surnaturelle, presque magique et libératrice, mais reste une menace possible pour notre avenir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514091.jpg?v=1780650757" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      Rainer Sievert n'est pas seul sur scène. Manuel Langevin, au milieu de ses multiples instruments, est une présence essentielle, car la musique qu'il sécrète tout au long du spectacle est d'une rare exigence. Sans jamais venir s'imposer au récit, laissant une place vitale au texte, sa partition totalement éclectique, d'instruments et de sonorités, s'intègre à l'histoire et la porte parfois vers l'émotion. Avec, en plus, ce qui peut nous sembler inaudible, mais qui participe au spectacle comme le silence : <span style="font-style:italic">&quot;… je travaille sur la création d'un silence, d'un faux silence, d'un silence qui n'en soit pas un. Une texture ouverte, un bruit blanc...&quot;</span>, dit Manuel Langevin.       <br />
              <br />
       Dans un dispositif scénique qui dispose de différents espaces capables d'incarner différents lieux, Rainer Sievert évolue en prise directe avec le public. Point de filtres apparents. Mais une jolie maîtrise de la narration qui jongle avec nos émotions comme avec la temporalité du récit, passant du tragique le plus net à l'ironie qui sauve et au danger toujours possible aujourd'hui. Ainsi demande-t-il soudain au public : Est-ce que votre sac est prêt ?       <br />
               <br />
       Un tout petit grain d'angoisse qui se tapit au fond des cœurs, un grain que le grand-père Wilhelm n'a pas reçu, qui l'aurait averti que son tranquille avenir serait du jour au lendemain totalement explosé et que lui-même ne serait plus lui-même quelques années plus tard par la magie des pouvoirs auxquels nous sommes soumis dès la naissance.       <br />
               <br />
       La mise en scène de Lionel Parlier renforce le parti-pris du texte. Elle permet de faire circuler le comédien dans les différents espaces de la scénographie et des projections vidéos. Avec des changements de rythmes et d'adresses régulières, elle impulse la vitalité nécessaire au récit. Elle fait le lien harmonieux entre la musique, la lumière et le texte, et comme dans chacune de ces spécialités, ne s'impose jamais, mais porte sans trêve l'histoire.       <br />
               <br />
       La magie de ce spectacle est qu'il est capable de créer un sentiment de fraternité avec l'humain que l'on devine écrasé par l'Histoire, malgré peut-être, sans doute, de façon certaine les atrocités auxquelles celui-ci a participé. Ainsi, le cœur reste roi ici, et la crainte de l'abominable toujours présente.       <br />
              <br />
       Et, comme d'injuste, j'ai oublié de parler de l'interprétation de Rainer Sievert. C'est presque normal puisque son corps, sa voix, son regard intense sont intégralement et exclusivement dévoués au récit, à l'imaginaire qu'il propulse dans l'espace autour de lui. Un talent riche qui fait oublier l'individu, auquel pourtant il faut bien rendre hommage puisque pendant plus de deux heures, il parvient à donner images et émotions, et sens et questionnements, et connaissance et humanité.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bopkyta, le voyage à l'Est"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514120.jpg?v=1780650776" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      Texte : Rainer Sievert.       <br />
       Collaboration texte : Valérie Moinet.       <br />
       Mise en scène : Lionel Parlier.       <br />
       Avec : Rainer Sievert et Manuel Langevin (musique, multi-instrumentiste).       <br />
       Dramaturgie : Marc Wels.       <br />
       Scénographie, lumière, images : Wilfried Schick.       <br />
       Traitement des images : Philippe Cybille.       <br />
       Musique Manuel Langevin       <br />
       Musicien : Joris Sievert.       <br />
       Création son : Étienne Martinez.       <br />
       Création costume : Delphine Capossela.       <br />
       Compagnie Free Entrance.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée estimée du spectacle : 2 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 mai au 14 juin 2026.</span>       <br />
       Mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, route du Champs de Manœuvre, Paris 12e.       <br />
       Réservation : 07 59 26 80 97.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatreonline.com/Spectacle/Bopkyta-le-voyage-a-l-Est/96718" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96855559-67514063.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Bopkyta-le-voyage-a-l-Est-Un-spectacle-indispensable-a-la-memoire-humaine-pour-traverser-la-barbarie-du-XXe-siecle_a4576.html</link>
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   <title>"1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie</title>
   <pubDate>Wed, 15 Apr 2026 08:28:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est une grande fresque historique que propose le Théâtre du Soleil, sous la direction d'Ariane Mnouchkine, qui présente, entre autres, dans cette deuxième époque de "Ici sont les dragons", après la Révolution russe de la première époque, les accessions au pouvoir de Staline et de Hitler. La création se base sur des faits historiques où la part de l'incarnation théâtrale est quelque peu biaisée par des enregistrements audios.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014862.jpg?v=1776235015" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      Pour les représentations du samedi, le Théâtre du Soleil propose l'intégrale de &quot;Ici sont les dragons&quot; comprenant deux époques dont nous avions fait un article pour la &quot;Première&quot; intitulée <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Ici-sont-les-dragons-Une-odyssee-revolutionnaire-epique-et-historique-_a4117.html" target="_blank">&quot;1917 : La Victoire était entre nos mains&quot;</a>. La deuxième, &quot;1918-1933 : Chocs et mensonges&quot;, s'amorce avec Lénine au pouvoir. Staline s'impose de plus en plus lors de la maladie du leader soviétique, puis à sa mort, il écarte Trotsky et dirige l'URSS. La représentation finit, entre autres, par l'accession au pouvoir de Hitler. Différents autres événements historiques sont traités et la troupe du Soleil montre les coulisses de ceux-ci, la soumission ou le courage des uns et des autres, et le cynisme des politiques.       <br />
              <br />
       Le personnage de la metteure en scène, Cornélia (Dominique Jambert en alternance avec Hélène Cinque), dans sa loge devant et un peu en dessous du plateau avec ses livres et ses carnets, est moins présent dans la deuxième époque que dans la première. Ariane Mnouchkine s'appuie beaucoup plus sur les faits historiques pour construire parfois de bout en bout des scènes, comme le discours de Léon Blum lors du congrès de Tours (1920).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014896.jpg?v=1776235055" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, l'Histoire s'apparie au théâtre et l'événement à la fable. L'imaginaire dramaturgique est essentiellement axé sur la scénographie qui permet, à chacun, de se représenter le tragique de l'Histoire. La trame est aussi appréhendée dans un fort rapport à l'Ukraine, qu'Ariane Mnouchkine soutient avec le Théâtre du Soleil depuis le début de l'invasion de la Russie. Le parti-pris est montré toutefois un peu trop explicitement, comme si le public ne pouvait pas le comprendre par lui-même.       <br />
              <br />
       Presque tous les acteurs portent un masque et miment des enregistrements audios, les propos tenus étant de temps en temps en français et principalement en russe, ukrainien, allemand ou anglais. Pour quasiment chaque réplique, une traduction est à lire, qui peut être fastidieuse et fait que le jeu théâtral, avec les masques des comédiens qui ne sont pas compensés par un jeu corporel spécifique, manque parfois d'expressivité.       <br />
              <br />
       De très beaux tableaux s'enchaînent cependant, comme celle, entre beaucoup d'autres, de la lecture de la lettre de l'écrivain Mikhaïl Boulgakov qui donne un souffle à la dramaturgie tout autant que le discours de Léon Blum lors du congrès de Tours.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014902.jpg?v=1776235089" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      Les ruptures de rythme sont de différents ordres, scandées par les événements, la scénographie faisant place à différents contextes historiques. Certaines sont musicales, comme pour deux tableaux dans lesquels Clémence Fougea chante, donnant ainsi une respiration, une pause rythmique à la pièce, emmenant la trame dans un autre tempo avec, par exemple, &quot;Chanson de la rose blanche&quot;.       <br />
              <br />
       Trois babayagas (Dominique Lambert en alternance avec Andrea Marchant Fernandez et Judit Jancsó, Aline Borsari, Alice Milléquant) s'inscrivent, dans quatre scènes dédiées, dans un autre type de ruptures basé sur un imaginaire de conte de fées dans des clairs-obscurs où leurs mystères donnent une autre dimension à la création.       <br />
              <br />
       La scénographie découvre de grands espaces permettant une contextualisation des événements dans leur ampleur et leur durée. Elle symbolise aussi une place du pouvoir, vide de toute image du peuple, habitée seulement de ces tyrans, avides de mépris humain, d'espaces et de conquêtes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014931.jpg?v=1776235644" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      La frontière entre ce qu'est Cornélia et ce qu'elle représente est parfois dans une zone grise, son rôle fluctuant par deux fois. Metteure en scène, elle semble surprise, un moment, par la trame dramaturgique, comme prise d'incompréhension par le tragique de l'Histoire, comme beaucoup peuvent l'être actuellement dans le contexte géopolitique. Lors du dernier tableau très symbolique, elle rejoint Churchill (Marilou Poujardieu avec la voix de Martin Vaughan Lewis) dans les flots. À ce moment, est-elle toujours metteure en scène ? Ou citoyenne vivant le moment historique ? Ou spectatrice d'une Histoire dont elle essaie en vain d'influer à rebours le destin ? Ou tout simplement est-elle emportée par le tragique de l'Histoire ?       <br />
              <br />
       Le spectacle est très ambitieux et de très belle facture, mais aurait à y gagner en faisant jouer les comédiens, avec leurs masques, dans un jeu vocal et corporel autre, beaucoup plus en lien organique avec ce qu'ils sont et ce qu'ils incarnent.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ici sont les dragons" </b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014932.jpg?v=1776235676" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      <b>(Deuxième époque, 1918-1933 : Chocs et mensonges)</b>       <br />
       Une création collective du Théâtre du Soleil en harmonie avec Hélène Cixous.       <br />
       Dirigée par Ariane Mnouchkine.       <br />
       Comédiens : Hélène Cinque, Dominique Jambert, Mitia Zloto, Aline Borsari, Alice Milléquant, Seear Kohi, Andréa Marchant Fernandez, Anna Kuzina, Andréa Formantel Riquelme, Agustin Letelier, Élise Salmon, Ève Doe-Bruce, Vincent Mangado, Victor Gazeau, Judit Jancsó, Pamela Marin Munoz, Vincent Martin, Nolan Berruyer, Vijayan Panikkaveettil, Jean Schabel, Shaghayegh Beheshti, Xevi Ribas, Duccio Bellugi-Vannuccini, Ariane Hime, Maurice Durozier, Astrid Grant, Elise Salmon, Marilou Poujardieu, Tomaz Nogueira da Gama, Clémence Fougea, Ya-Hui.       <br />
       Voix : Ira Verbitskaya, Clémence Fougea, Reiichi Sato, Charlotte Krenz, Amoto Taniguchi, Egor Morozov, Judit Jancsó, Iori Onoguchi, Ira Verbitskaya, Martin Vaughan Lewis, Brontis Jodorowsky, Maurice Durozier, Sacha Bourdo, Arman Saribekyan, Artem Bannikov, Artem Tokmakov, Rei Ichi Sato, Hao-Yang Wu, Rainer Sievert, Alexandre Zloto, Vincent Mangado, Ciaran Creswell, Philip Weissert, Johannes Oliver Hamm, Sacha Bourdo, David Stanley, Vincent Martin, Yuriy Zavalnyouk, Hanna Kuzina.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96053313-67014944.jpg?v=1776235708" alt=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" title=""1918-1933 : Choc et mensonges"… Suite d'une grande épopée historique où est racontée, entre autres, l'accession au pouvoir des dictatures stalinienne et nazie" />
     </div>
     <div>
      Musique composée par Clémence Fougea et jouée à chaque représentation avec Ya-Hui Liang.       <br />
       Durée du spectacle : 2 h 45 avec l'entracte pour la Première Époque, 3 h 10 avec entracte pour la Deuxième Époque (les jours d'intégrale il y aura 1 h de pause entre les deux époques).       <br />
       Pour rappel : la &quot;Deuxième Époque 1918-1933, Choc et mensonges&quot; a été créée le 12 mars 2026 ; la &quot;Première Époque 1917 : La Victoire était entre nos mains&quot;, quant à elle, le 27 novembre 2024.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 mars au 31 mai 2026.</span>       <br />
       Deuxième Époque : mercredi et jeudi à 19 h 30, dimanche à 14 h.       <br />
       Alternance Première et Deuxième Époque : vendredi à 19 h 30.       <br />
       Intégrale : samedi à 14 h sauf 2, 9 et 23 mai, deuxième époque.       <br />
       Relâches exceptionnelles 28, 29 avril et 1ᵉʳ mai.       <br />
       Théâtre du Soleil, La Cartoucherie, 2, route du Champ de Manœuvre, Paris 12ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatreonline.com/Spectacle/Ici-sont-les-dragons-Deuxieme-epoque/96000" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96053313-67014862.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/1918-1933-Choc-et-mensonges-Suite-d-une-grande-epopee-historique-ou-est-racontee-entre-autres-l-accession-au-pouvoir_a4531.html</link>
  </item>

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   <title>"Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman</title>
   <pubDate>Mon, 12 Jan 2026 16:10:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il est question de Bonté face au Bien dans le récit porté par le roman de Vassili Grossman à l'égal du choix philosophique de Spinoza préférant le Bon au Bien. Une Bonté que les personnages de la pièce vont tenter de chercher entre les purges du régime stalinien et les génocides du régime hitlérien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93660774-65420875.jpg?v=1768230760" alt=""Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman" title=""Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman" />
     </div>
     <div>
      L'action du roman se déroule de 1942 à 1943, jusqu'à la victoire soviétique sur l'armée nazie à la bataille de Stalingrad qui a fait près de deux millions de victimes. Ce sera cette opposition entre les deux régimes totalitaires, stalinisme d'un côté, nazisme de l'autre, qui va se jouer au niveau humain dans l'analyse qu'en fait l'écrivain russe. Comparer les deux régimes pour en desceller les mécanismes communs sera en 1962, année où celui-ci termine son œuvre magistrale, un scandale, voire un crime de lèse-majesté, un acte blasphématoire pour le maître du Kremlin qui interdit sa publication en URSS jusqu'à ce qu'un exemplaire échappé aux purges staliniennes soit publié en Suisse en 1980.       <br />
              <br />
       On y suit une multitude de personnages gravitant autour de la bataille, anciens révolutionnaires fidèles à l'idéal de 1918, nouveaux apparatchik sans scrupules, rescapés du goulag ou des prisons tsaristes, mais aussi le destin d'une famille ukrainienne juive à travers l'histoire de Victor Strum. Résumer un roman de plus de mille pages serait vain. C'est aussi à cette difficulté que se confronta Brigitte Jaques-Wajeman dans son adaptation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93660774-65420877.jpg?v=1768231293" alt=""Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman" title=""Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman" />
     </div>
     <div>
      Pour ce faire, elle met en place un dispositif scénique extrêmement simple : une grande table jonchée de brochures et de livres autour de laquelle vont s'installer les neufs interprètes du spectacle. À cour, un canapé sera installé pour les scènes intérieures. Au fond du plateau, deux hauts rideaux mobiles évoquent une scène de théâtre vue de l'intérieur. À jardin, des portants emplis d'habits que les comédiennes et les comédiens revêtiront suivant les différents rôles qu'ils interprèteront. Entre séance de lecture, lieu de débat contradictoire et espace de liberté de parole, cette table sera la source où chacun viendra puiser l'histoire de son personnage dans les lignes mêmes des exemplaires du roman.       <br />
              <br />
       Un dispositif unique pour une mise en scène également simple. Dans la première partie, des monologues directement pris dans le texte original auxquels les interprètes donnent leur corps, tout en gardant une narration à la troisième personne qui gomme toute possibilité de sensiblerie par une incarnation totale. On y suit aussi bien les persécutions nazies envers les juifs de la ville de Berditchev, la création du ghetto, puis les déportations vers les camps de la mort, que les persécutions staliniennes contre toute opposition, mais aussi contre la communauté juive bientôt accusée de cosmopolitisme. Homme nouveau contre homme nouveau, l'arien contre le soviétique, une étrange similitude de slogans et les mêmes méthodes de délation et d'extermination des opposants éclatent en permanence.       <br />
              <br />
       La suite de monologues aurait pu être un peu trop théorisante et lassante, n'était les qualités des interprètes et du travail narratif totalement abouti qui ressortent de ces différents épisodes. Il s'agit en outre d'un roman ; et l'on suit avec un intérêt passionné l'histoire de Victor Strum, chercheur à la tête d'un laboratoire de physique nucléaire pris dans la nasse des pouvoirs politiques non seulement pour ses découvertes, mais aussi pour ses origines juives. La dernière lettre de sa mère morte dans une chambre à gaz est toujours sur sa poitrine. Et le reste de sa famille, dont certains membres font soit partie de l'ancienne garde révolutionnaire, soit des nouveaux maîtres. Une famille décapitée par les nazis, une famille humiliée par soumission par les staliniens.       <br />
              <br />
       La deuxième partie donne plus de place au spectaculaire dans des scènes où les personnages costumés et grimés développent une forme de comédie caricaturale qui libère l'outrance et les rires, même si le fond reste grave, puisqu'il s'agit de dévoiler les corruptions et les arrangements que les nouveaux apparatchiks font usage pour garder leurs pouvoirs, leurs privilèges.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93660774-65421059.jpg?v=1768231386" alt=""Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman" title=""Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman" />
     </div>
     <div>
      Plusieurs scènes, plusieurs interventions font battre violemment les cœurs, comme l'apparition de ce personnage employé à la construction des chambres à gaz magnifiquement interprété par Sophie Daull, ou le monologue de la mère de Victor Strum qui annonce sa mort prochaine en camp d'extermination, ou encore ce moment fort et expressif où un membre de la Gestapo tente de convaincre un prisonnier – communiste de la première heure, ancien compagnon de Lénine – des similitudes entre le régime nazi et le régime soviétique, qu'il s'agisse du concept d'Homme Nouveau ou des mécanismes d'un pouvoir qui s'appuie sur la délation et la destruction de toute opposition, entre autres.       <br />
              <br />
       Un petit rappel des fruits pourris que nous a laissé le XXe siècle, dont il serait bien de jeter les graines à la poubelle.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Vie et Destin"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93660774-65421108.jpg?v=1768231737" alt=""Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman" title=""Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman" />
     </div>
     <div>
      D'après Vassili Grossman.       <br />
       Traduction : Alexis Berelowitsch et Anne Coldefy-Faucard.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Brigitte Jaques-Wajeman.       <br />
       Collaboration artistique : François Regnault       <br />
       Avec : Pascal Bekkar, Pauline Bolcatto, Raphaèle Bouchard, Sophie Daull, Timothée Lepeltier, Pierre-Stefan Montagnier, Aurore Paris, Bertrand Pazos, Thibault Perrenoud.       <br />
       Scénographie : Brigitte Jaques-Wajeman, assistée de Chantal de la Coste.       <br />
       Lumières : Nicolas Faucheux, assisté de Chloé Roger.       <br />
       Musique et sons : Stéphanie Gibert.       <br />
       Costumes : Chantal de la Coste.       <br />
       Maquillage et coiffure : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Aide à la construction : Franck Lagaroje.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 3 h 10 (entracte compris).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 au 27 janvier 2026.</span>       <br />
       Du lundi au samedi à 19 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : samedis 17 et 24, et dimanches 11 et 25.       <br />
       Théâtre de la Ville Les Abbesses, 31, rue des Abbesses, Paris 18ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelaville-paris.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93660774-65421117.jpg?v=1768231722" alt=""Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman" title=""Vie et Destin", liberté et soumission, au cœur de la bataille de Stalingrad, les désillusions de l'idéologie soviétique, inspiré de l'œuvre de Vassili Grossman" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93660774-65420875.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Vie-et-Destin--liberte-et-soumission-au-coeur-de-la-bataille-de-Stalingrad-les-desillusions-de-l-ideologie_a4449.html</link>
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   <title>"Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes</title>
   <pubDate>Mon, 10 Mar 2025 10:43:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intelligemment construite, cette pièce révèle un pan largement méconnu de la politique eugéniste du Troisième Reich : les Lebensborn, ces maternités destinées à développer une race aryenne parfaitement "pure" et dominante. Un plongeon dans l'Histoire glaçant et édifiant !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87075803-61831090.jpg?v=1741599949" alt=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" title=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" />
     </div>
     <div>
      De grands cartons jonchent la scène. Une vieille dame est décédée. Violette, sa petite-fille, très attachée à son aïeule, a fait le choix de reprendre l'appartement et de s'y installer. Au cours de son rangement, elle découvre une carte postale de Tchécoslovaquie qui l'amène à penser que sa mère aurait pu être adoptée et que la disparue ne serait pas sa &quot;vraie&quot; grand-mère. Elle est sous le choc. Sa mère, elle, semble n'y avoir jamais accordé grande importance. <span style="font-style:italic">&quot;Je n'ai qu'une maman, celle qui m'a élevée&quot;</span>, clame Hortense. Car Hortense, née en 1944, a toujours su qu'elle avait été adoptée à l'âge de trois ans par Paul et Eugénie Dubois. Très heureuse de sa vie avec ses parents adoptifs, dans son petit village de la Meuse, elle n'a jamais cherché à en savoir davantage, et se souvient seulement de s'être cachée, enfant, lorsqu'une dame était venue à l'école à la recherche d'une petite fille de son âge.       <br />
              <br />
       Violette, elle, veut savoir et pousse sa mère à rechercher ses origines. Ensemble, elles vont se lancer dans une enquête aussi captivante que terrifiante, qui les mènera en Allemagne et fera resurgir du passé les fantômes d'Angélique et de Klaus. De la rencontre de Violette et d'Hortense avec Fernand, lui-même issu d'un Lebensborn en Belgique, à celle de Lily, une demi-sœur allemande d'Hortense née du même père, les deux femmes apprendront la vérité sur la naissance de la petite Hortensia Schaeffer avant qu'elle ne devienne Hortense Dubois. Horrifiées, elles découvriront l'existence des Lebensborn, ces fabriques à bébés implantées en Europe pour peupler le Reich d'enfants &quot;racialement parfaits&quot; : des aryens, grands, blonds, aux yeux bleus.       <br />
              <br />
       Écrite à huit mains (Séverine Cojannot, Camille Laplanche, Matthieu Niango et Jeanne Signé), &quot;Les Petits Chevaux&quot; est la première pièce à évoquer ce chapitre peu connu de l'Histoire, et forcément méconnu puisqu'il s'agissait d'un projet tenu secret par le régime nazi. Initié par Himmler, chef de la SS, en 1935, le programme du Lebensborn (&quot;Fontaine de vie&quot; en vieil allemand) consistait en un réseau de pouponnières implantées en Allemagne, puis dans les pays occupés par les Allemands : dix en Allemagne, une dizaine également en Norvège, trois en Autriche, trois en Pologne, deux au Danemark, une aux Pays-Bas, une en Belgique, une au Luxembourg, ainsi qu'une en France, à Lamorlaye, dans l'Oise, où naquirent une vingtaine d'enfants entre février et août 1944.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87075803-61831093.jpg?v=1741599975" alt=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" title=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" />
     </div>
     <div>
      Des femmes, fécondées par des SS, ou des filles mères correspondant aux critères raciaux des nazis, y passaient les derniers mois de leur grossesse et accouchaient dans l'anonymat. Himmler, très investi, se proposait même d'être le parrain des enfants nés, comme lui, un 7 octobre. Le Lebensborn se chargeait ensuite de la &quot;germanisation&quot; des petits orphelins. Ainsi, entre 1935 et 1944, plus de 20 000 bébés virent le jour dans ces maternités. La plupart d'entre eux, telle Hortense dans la pièce, n'ont découvert leur véritable origine que sur le tard. À ce jour, seule la Norvège leur a reconnu le statut de victimes du nazisme. À l'époque, des enfants en provenance de Norvège, de Pologne et de Tchécoslovaquie étaient même arrachés à leurs parents pour être confiés à des Lebensborn.       <br />
              <br />
       Pour écrire &quot;Les Petits Chevaux&quot;, les auteurs se sont appuyés sur divers témoignages et notamment celui de la mère de l'un d'entre eux, Gisèle Niango. L'histoire d'Hortense est un peu la sienne. Née le 11 octobre 1943, l'octogénaire a grandi dans un petit village de la Meuse et appris, vers dix ans, qu'elle avait été adoptée. Occultant volontairement cette histoire d'adoption, elle ne s'y intéresse réellement qu'à la mort de sa mère adoptive. Par une cousine, elle apprend alors que ses parents étaient allés la chercher à Commercy où, en 1946, un train en provenance d'Allemagne s'était arrêté avec des enfants convoyés dans le but d'être adoptés.       <br />
              <br />
       Par la suite, elle a la confirmation que le nom de la petite Gisela (ainsi s'appelait-elle avant que son prénom soit francisé) figurait bien sur la liste des dix-sept enfants expédiés (dont sept ne survécurent pas au voyage). C'est en 2005 seulement, après avoir fait la demande de son acte de naissance auprès des archives de la Croix-Rouge, que Gisèle apprend être née à Wégimont, en Belgique, dans un Lebensborn.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87075803-61831105.jpg?v=1741600000" alt=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" title=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" />
     </div>
     <div>
      Sur scène, trois comédiennes et un comédien (Séverine Cojannot, Nadine Darmon, Florence Cabaret, Samuel Debure) interprètent une dizaine de personnages, français et allemands, d'hier et d'aujourd'hui : Violette, Angélique, Hortense, Lily, la cousine Jacqueline, une employée, une guide, Fernand, Klaus, le Docteur Ebner… Tous sont très justes, et incarnent avec conviction les protagonistes de cette histoire cauchemardesque. La pièce, intelligemment construite, et la mise en scène, fluide, rendent cette quête aussi haletante qu'angoissante.        <br />
              <br />
       Saluons également la simplicité et l'ingéniosité du décor, composé de boîtes en carton, évoquant tantôt des cartons de déménagement, tantôt des meubles d'archivage, ou encore les totems d'une exposition dédiée aux enfants déplacés pendant la guerre. Nichées dans le creux des cartons éclairés de l'intérieur, les photographies de ces visages innocents nous bouleversent.       <br />
              <br />
       La pièce, en sortant le projet Lebensborn de l'oubli, soulève aussi des questions sur la maternité, l'identité, la filiation, la transmission, et double le propos historique d'une dimension universelle. En faisant acte de mémoire, elle montre ce que les théories eugénistes ont engendré, et engendrent encore aujourd'hui, de haine et de folie. Depuis le début de l'invasion ukrainienne, rappelons-le, 20 000 petits Ukrainiens ont été déportés en Russie pour être &quot;russifiés&quot;. L'histoire se répète de manière délirante dans toute son horreur. Ce spectacle n'en est que plus indispensable !       <br />
              <br />
       À noter que la représentation du mardi 18 mars sera suivie d'une rencontre animée par le journaliste Boris Thiolay, auteur de &quot;Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits&quot;, avec Dirk Kaesler (né dans un Lebensborn allemand), Valérie Beausert-Leick (présidente de l'association Pour la Mémoire des Enfants des Lebensborn) et Matthieu Niango (co-auteur de la pièce).       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Petits Chevaux" </b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87075803-61832086.jpg?v=1741604351" alt=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" title=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" />
     </div>
     <div>
      De Séverine Cojannot, Camille Laplanche, Matthieu Niango et Jeanne Signé.       <br />
       Mise en scène : Jeanne Signé.       <br />
       Collaboration artistique : Pauline Devinat.        <br />
       Avec : Florence Cabaret, Séverine Cojannot, Nadine Darmon, Samuel Debure.       <br />
       Conception décors : Marguerite Danguy des Déserts.        <br />
       Costumes : Sabine Schlemmer, Julia Brochier.        <br />
       Lumières : Jean-Luc Chanonat.        <br />
       Vidéo et son : Jeanne Signé.       <br />
       Durée : 1 h 20.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 mars au 22 avril 2025.</span>       <br />
       Lundi et mardi à 19 h.        <br />
       Théâtre des Gémeaux Parisiens, Paris 20ᵉ, 01 87 44 61 11.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesgemeauxparisiens.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredesgemeauxparisiens.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87075803-61831090.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Petits-Chevaux-L-incroyable-et-terrifiante-histoire-des-enfants-des-Lebensborn-ces-pouponnieres-nazies-tenues_a4166.html</link>
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   <title>"Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler</title>
   <pubDate>Thu, 28 Dec 2023 18:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Avec "Geli", l'auteur et metteur en scène Diastème nous fait découvrir une figure très méconnue et qui fut, d'après les propos rapportés par Hitler lui-même, son grand amour. On ignore toujours ce qui a causé son hypothétique suicide. L'incarnation qui en est faite par Aliénor de la Gorce en donne une force et une gravité qui la rendent émouvante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77529376-56343672.jpg?v=1703787273" alt=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" title=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" />
     </div>
     <div>
      Lumières sur un plateau sombre composé d'une table et d'un bocal de bonbons. Apparaît une jeune femme (Aliénor de la Gorce) dont une forte luminosité sur son visage fait apparaître des traits tirés. La voix est grave, profonde, comme marquée par les années et un drame. Autour de cette table, il y a une chaise et un ordinateur portable appartenant à un homme (Frédéric Andrau) dont nous ignorons tout de son état civil. La scène est baignée d'une lueur tamisée et les rares autres lumières sont celles de l'écran de l'ordinateur et de ces bonbons aux couleurs vives.       <br />
              <br />
       Les rapports entre l'homme et la femme sont à la fois proches et distants. Proche dans le soutien et la narration des faits qu'en donne parfois l'homme ; et distant physiquement, les deux protagonistes ne se touchant pas, sauf à un seul moment, et ne se regardant pas. L'homme est parfois devant son ordinateur portable où il lit et regarde des photos exposées aussi en arrière scène. Il est l'écrivain qui écrit un livre sur celle présente à côté de lui, Geli.       <br />
              <br />
       De son véritable nom, Angela Maria Raubal (1904-1931), elle est la nièce d'Adolf Hitler (1889-1945). Morte à 23 ans, amoureuse d'un homme qui était son oncle et qui allait devenir Führer en 1933, elle a vécu dans son ombre dont sa folie haineuse, raciste et antisémite allait causer 64 millions de morts selon le nombre lugubre avancé un moment dans la représentation. Elle serait possiblement l'une des premières victimes de cette folie macabre d'après l'homme. Sa présence est discrète, silencieuse, avec quelques interventions dont une où il fait quelques pas de danse légèrement esquissés avec elle. Seul bémol à la représentation, ce tableau est un peu étrange, car l'objectivité d'un auteur doit nécessairement passer par une distance mise au personnage qu'il étudie.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77529376-56343699.jpg?v=1703787305" alt=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" title=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" />
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      De 1925 jusqu'à sa mort le 18 septembre 1931, elle a habité dans l'appartement d'Hitler et fut retrouvée morte d'une balle dans le poumon avec le pistolet appartenant au futur Führer. Les causes de sa mort restent toujours un mystère. À l'époque, avait été conclu un meurtre, possiblement dicté par un contexte social et politique, Hitler étant depuis plusieurs années une figure marquante et montante de la scène nationale allemande. Elle se serait aussi suicidée par jalousie pour d'autres, car elle aurait découvert une lettre d'Eva Braun (1912-1945), maîtresse puis épouse le dernier jour d'Hitler, dans le manteau de celui-ci. On sait peu de choses des relations de Geli avec son oncle. Différentes hypothèses circulent, comme celle du célèbre historien britannique du IIIe Reich, Ian Kershaw, qui parle d'une dépendance sexuelle importante, consommée ou non, d'Hitler vis-à-vis de sa nièce.       <br />
              <br />
       Toutes ses hypothèses sont présentées pendant la représentation sans qu'un avis soit tranché pour l'une ou l'autre de ces hypothèses. Nous sommes ainsi avec un écrivain face au personnage qu'il étudie, mais déjà civilement morte. Le rapport entre les deux est entremêlé d'une liberté d'approche et de ton que réalise avec doigté le dramaturge et metteur en scène Diastème. Geli se questionne elle-même sur sa propre mort et les événements qui y ont possiblement concouru. Elle incarne autant sa position que celle d'un historien en recherche de la vérité. Dans cette approche autant objective que subjective, Diastème donne alternativement la parole à la victime de ce drame comme à celui qui y travaille dessus. Les deux se font écho de leurs doutes respectifs face à une vérité qui leur échappe.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77529376-56343701.jpg?v=1703787332" alt=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" title=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" />
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      Trois axes de temps s'échelonnent avec, en toile de fond, donc des interrogations sur la mort de Geli. L'attitude et les propos de celle-ci oscillent entre un destin indélébile marqué au fer rouge d'événements qui ne peuvent être réécrits et une présence scénique qui établit, dans un positionnement futur à ces mêmes événements passés, une réécriture hypothétique de ce qui a pu se passer. Entre le devoir de l'historien et celui du chercheur qui en découle, la pièce mélange ces deux genres, apportant un intérêt croisé entre la re-découverte d'une personne dont Hitler a déclaré qu'elle restera son grand amour et la vie intime et cachée d'un dictateur dont l'identité sexuelle, comme pour tout tyran, reste un grand cas d'études psychanalytiques.       <br />
               <br />
       Il y a peu de déplacements scéniques et ceux qui le sont tournent essentiellement autour du bureau de notre auteur, symbolisant un chemin historique peu avancé sur le cas Geli.       <br />
              <br />
       Toutes les répliques sont corsetées par du silence comme porteuses d'une tragédie. Car on le sait. Il n'est pas là, mais le Führer qui apparaît dans les propos de nos personnages donne un intérêt lugubre, historique et tragique à ce qui est raconté. La mort rôde dans la couleur obscure de la scénographie, dans les phrases qui sont dites dans une allure de gravité, comme des copeaux de bois qui flottent dans un courant qui les mène de façon à la fois détachée et inexorable dans la même direction, celle d'un rocher dans lequel ils viendraient se briser.       <br />
              <br />
       Les mots sortent à pas lents comme baromètre d'un amour lourd de ses secrets. Geli ne sourit pas. La voix profonde, les traits tirés, elle est dans la nostalgie et le souvenir d'un passé qui ne passe pas. On ignore autant le lieu et l'échelle du temps où se déroulent les scènes. La seule indication est qu'elle est déjà morte, symbolisant une époque qui l'était tout autant dans sa furie dévastatrice de fanatisme. Une très belle pièce.
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     <div><b>"Geli"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77529376-56343702.jpg?v=1703787359" alt=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" title=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" />
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      Texte : Diastème.       <br />
       Mise en scène : Diastème.       <br />
       Avec Frédéric Andrau et Aliénor de la Gorce.       <br />
       Lumières : Stéphane Baquet.       <br />
       Musique : Mathieu Morelle.       <br />
       Production : Mine de prod.       <br />
       Spectacle créé au Théâtre du Chêne Noir à Avignon.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 26 novembre 2023 au 16 janvier 2024.</span>       <br />
       Lundi, mardi, mercredi à 21 h et dimanche à 20 h.       <br />
       Manufacture des Abbesses, Paris 18e, 01 42 33 42 03.       <br />
       <a class="link" href="https://www.manufacturedesabbesses.com/" target="_blank">&gt;&gt; manufacturedesabbesses.com</a>
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