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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-28T10:53:42+02:00</dc:date>
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   <title>•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…</title>
   <pubDate>Sun, 19 Jul 2026 09:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Un ennemi du peuple" d'Henrik Ibsen est encore dans toutes les têtes… mais encore plus dans celle du protagoniste, le docteur Thomas Stockmann condamné publiquement pour avoir révélé au grand jour un scandale. Celui des eaux contaminées des Thermes de la ville de Norvège dont son frère est maire et pour lequel cette révélation équivaut à un coup de poignard porté dans le dos de l'économie locale… Christiane Jatahy et Wagner Moura s'emparent de cette situation "théâtrale" pour mettre en jeu une suite : Thomas Stockmann, avide de remettre les faits au centre du débat, obtient un nouveau procès dont le peuple sera juge.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832566.jpg?v=1784447932" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      Lors de l'entrée des spectateurs, une cinquantaine sont sollicités pour leur proposer un bracelet numéroté. Parmi eux onze seront tirés au sort afin de constituer le jury souverain, qui, à l'issue de ce nouveau procès, aura la charge de répondre à cette question cruciale : <span style="font-style:italic">&quot;Le docteur Thomas Stockmann est-il, ou non, ennemi du peuple ?&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le dispositif scénique est là pour rappeler celui d'une salle d'audience. Des tables, disposées en U, derrière lesquelles prendront place les protagonistes. D'abord Thomas Stockmann et son frère, Peter Stockmann, ensuite un greffier, un journaliste impliqué, et quelques autres. En fond de scène, un écran où seront projetées des vidéos à charge ou au bénéfice de l'accusé. Sans oublier, nous, spectateurs qui – de la salle de spectacle – sommes conviés à assister aux échanges pour le moins mouvementés, tant les antagonismes entre les deux frères apparaissent irréconciliables…       <br />
              <br />
       Celui qui récuse la qualification d'&quot;ennemi du peuple&quot;, dont il a hérité suite à son premier procès, et qui réclame à cor et à cri le droit de parler au nom de la vérité des faits. Celui qui, drapé dans son costume de premier édile, n'a de cesse de réitérer les accusations portées contre le frère &quot;irresponsable&quot; ayant diffusé des informations alarmantes susceptibles de faire fuir les touristes, de faire fermer les Thermes, condamnant ipso facto la ville à la ruine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832567.jpg?v=1784447985" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      Wagner Moura, avec l'engagement charismatique qu'on lui connaît, lui qui va donner vie à Thomas Stockmann, sortira de son &quot;rôle&quot; pour commenter en guise de prologue la situation, en rappelant les fondements du procès… et aussi pour livrer ses réflexions spécifiques de metteur en scène et non de réalisateur ciné : les personnages qui vont vivre devant nous ce soir sont bien de chair et d'os, ils ont leur vie propre.       <br />
              <br />
       Place au Procès… La parole donnée à l'accusation fera d'emblée ressortir l'angle de vue de Peter Stockmann, le maire… La ville et ses habitants n'ont-ils pas été victimes des dires malveillants, tant ils étaient porteurs d'exagération sur la réalité de la pollution de l'eau, émanant de ce médecin scientifique (son frère) qui par ailleurs spéculait secrètement sur la valeur de ses propres terrains ? Notre devoir n'est-il pas de protéger un groupe social plutôt qu'un individu égaré ?       <br />
              <br />
       Quand le tour de la défense sera venu, c'est d'abord la fille du docteur qui s'exprimera… Si son père est là dans cette enceinte vouée à la Justice, c'est pour rétablir les faits et obtenir que son honneur soit rétabli… N'incarne-t-il pas l'éthique, en ayant pris le risque dans un environnement rendu hostile du fait de la menace planant sur la fermeture des Thermes, de révéler les conséquences sanitaires dramatiques encourues par la population, exposée à de graves maladies en raison de l'eau contaminée ? <span style="font-style:italic">&quot;Il aime notre ville et ses habitants, les faisant passer avant les intérêts d'ordre marchand. Qui constitue une menace ? Lui, ou ceux qui ferment délibérément les yeux sur les risques d'empoisonnement de leurs administrés au nom de la sauvegarde de l'économie ?&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Alimentant la joute qui ira jusqu'à ce que les deux frères excédés en viennent furieusement aux mains, des &quot;preuves&quot; vidéos seront projetées alternativement sur l'écran de fond de scène… La défense produisant des témoignages scientifiques, filmant sur une maquette reconstituée le cheminement naturel de l'eau, duquel il découle la nécessité de la canaliser, quel qu'en soit le coût, pour la préserver de la contamination liée aux rejets des produits nocifs de la tannerie : fermer les Thermes et canaliser l'eau pour sauver les vies s'impose. L'accusation elle, produisant en gros plan des témoignages d'habitants s'inquiétant vivement, si les Thermes venaient à être fermés, pour leur emploi et donc pour leurs moyens de subsistance : écouter les premiers concernés, n'est-ce pas là le principe de base de la démocratie ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832575.jpg?v=1784448256" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      Expertise alarmante imparable versus contre-expertise rassurante quant à la teneur en substances toxiques de l'eau, conclusions à nuancer par les intérêts privés du commanditaire de la seconde expertise… Témoignage d'un journaliste présent s'étant rétracté par la suite sous l'effet de pressions : pourquoi &quot;La Voix du peuple&quot; a-t-elle brusquement changé de posture, elle qui était prête à rendre hommage au courage du donneur d'alerte ? Les difficultés économiques du journal seraient-elles la raison de cette volteface ?       <br />
              <br />
       Glissements plus douteux lorsque l'accusation, avec l'appui du grand-père hostile à son gendre, n'hésite pas à produire une vidéo tournée par le fils de l'accusé, filmant une crise entre ses parents. La mère, depuis décédée, se plaignant de la rigidité de son mari les excluant de la communauté : <span style="font-style:italic">&quot;À quoi sert la vérité si nous n'avons plus de quoi vivre ?&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La tension entre les deux frères montera crescendo pour exploser en pugilat, le médecin mettant en avant la raison scientifique de son côté et le soutien de quelques personnes isolées, le maire l'opinion commune et la survie de l'économie. À l'accusation de protéger ses intérêts et son statut de pouvoir contre l'intérêt vital de la population, répondra celle d'anti-démocrate honni par le peuple… Des dernières prises de parole de l'un et de l'autre, on retiendra celle de l'accusé qui, ayant fait amende honorable quant à ses emportements, ouvre grand les perspectives du monde d'après… selon la nature du verdict.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832576.jpg?v=1784448283" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      Et quand le jury des onze spectateurs tirés au sort reviendra de sa délibération à huis clos et que s'affichera sur l'écran le résultat des votes à la question cruciale de savoir si Thomas Stockmann est ou non &quot;L'ennemi du peuple&quot;, un grand soulagement traversera les travées se soldant par une décharge d'applaudissements… Ce soir-là, ce qui ne présage aucunement du verdict prononcé les autres soirs…       <br />
              <br />
       Traversé par les questions récurrentes (primauté des préoccupations écologiques et de survie de la planète, dans le but d'assurer le bien-être de chacun ? Ou course à l'investissement et à la surproduction pour maintenir à flot les sociétés néo-libérales promettant le profit à des minorités privilégiées ?), interrogations qui percutent de plein fouet le monde tel qu'il va, ce nouveau procès rencontre l'adhésion pleine et entière du public… En effet, à l'initiative d'un personnage emblématique du théâtre d'Henrik Ibsen – le docteur Thomas Stockmann, interprété magistralement par Wagner Moura – cette forme juridique, en convoquant des points de vue qui s'affrontent radicalement, renoue avec l'esprit de l'Agora : un espace artistique délibératif propre à (r)éveiller nos consciences… au travers de l'en-jeu dramatique.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 14 juillet au Gymnase du Lycée Aubanel, pour la 80ᵉ édition du Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Un procès, après l'ennemi du peuple"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832595.jpg?v=1784449112" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      Brésil - Création 2025 - Première en France.       <br />
       En portugais surtitré en français et anglais.       <br />
       Un projet de : Christiane Jatahy et Wagner Moura.       <br />
       Texte : Christiane Jatahy, Wagner Moura, Lucas Paraizo.       <br />
       Conception et mise en scène : Christiane Jatahy.       <br />
       Avec : Julia Bernat, Danilo Grangheia, Wagner Moura.       <br />
       Avec, dans le film : Jonas Bloch, Marjorie Estiano, Salvador Moura.       <br />
       Participation en ligne : Tatiana Henrique.       <br />
       Enfants dans le film : Antônio Falcão, José Moura, Henry Soares Paes Leme.       <br />
       Acteurs invités lors de différentes représentations : Viviane Pavillon, Matthieu Sampeur.       <br />
       Scénographie, éclairage et collaboration artistique : Thomas Walgrave.       <br />
       Vidéo : Julio Parente.       <br />
       Costumes : Marina Franco.       <br />
       Direction de la photographie et caméra : Paulo Camacho.       <br />
       Conception sonore et mixage : Pedro Vituri.       <br />
       Traduction française pour le surtitrage : Claudia Petagna, Thomas Walgrave.       <br />
       Traduction anglaise pour le surtitrage : Thomas Walgrave.       <br />
       Durée : 2 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832604.jpg?v=1784449137" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 11 et 12, du 14 au 17, du 19 au 22 juillet 2026.</span>       <br />
       Représenté à 18 h.       <br />
       Gymnase du lycée Aubanel, 14, rue Palapharnerie, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/?cat=1001" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       26 et 27 juillet 2026 : Epidaurus Athens Festival, Athènes (Grèce).       <br />
       30 et 31 juillet 2026 : Grec Festival, Barcelone (Espagne).       <br />
       7, 8, 9 et 10 août 2026 : Edinburgh International Festival, Édimbourg (Écosse).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97395842-67832566.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2026-Un-proces-apres-l-ennemi-du-peuple--Le-docteur-Thomas-Stockmann-est-il-vraiment-coupable-Ce-soir-a-Avignon_a4627.html</link>
  </item>

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   <title>"Un ennemi du peuple"… Art et politique, frères ennemis !</title>
   <pubDate>Mon, 20 May 2019 05:20:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est une pièce dans laquelle Jean-François Sivadier joue avec l'ici et le maintenant, mêlant une forme d'improvisation dans les répliques. Henrik Ibsen semble d'une actualité brûlante, autant dans les thèmes théâtraux développés que dans les propos tenus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/33870613-31103732.jpg?v=1558283996" alt=""Un ennemi du peuple"… Art et politique, frères ennemis !" title=""Un ennemi du peuple"… Art et politique, frères ennemis !" />
     </div>
     <div>
      C'est une œuvre politique dans laquelle est traitée, entre autres, la radicalité artistique. Au-delà de celle-ci est aussi mis en avant les choix que nous faisons ou pas. Même s'il l'avait voulu, Ibsen n'aurait pas pu anticiper de façon aussi adéquate la situation catastrophique que posent les réfugiés, appelés &quot;migrants&quot; pour se voiler la face, et le défi écologique que nos générations, la nôtre, celle de nos pères et de nos enfants ont à relever. Dans les répliques, ces événements semblent y figurer.       <br />
              <br />
       Un large plateau, séparé par des voiles plastiques transparents, délimite la scène où se situent derrière trois étages vides. C'est l'endroit où défilent les interpellations, les entrées brusques, tonitruantes, dérangeantes. Toujours en hauteur. Au sol, toujours en arrière-scène, est la matière policée, feutrée dans ses manières. Sur les côtés, d'autres entrées ont lieu, celles de personnages qui s'immiscent de façon plus anodine sur le plateau, même si la suite peut le faire mentir.       <br />
              <br />
       &quot;Un ennemi du peuple&quot; (1883) est une véritable tribune où Ibsen (1828-1906) traite de l'influence de l'art et de l'implication pour mener un combat. Derrière le préfet Peter Stockmann (Vincent Guédon) peut-être identifié aujourd'hui toutes les figures rongées par des intérêts financiers. Au travers d'une cure thermale, créée par les frères Peter et Tomas Stockmann, dont le premier souhaite sauvegarder la réputation de celle-ci pour l'image économique de sa ville et le second veut dénoncer publiquement une bactérie qui empoisonne ses eaux, c'est un combat entre vérité et mensonge, solitude et propagande qui est livré. La communication, autant politique que médiatique, est passée au crible de la critique. De même, celle de la radicalité de Tomas Stockmann face à un préfet qui est son frère.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/33870613-31103762.jpg?v=1558284044" alt=""Un ennemi du peuple"… Art et politique, frères ennemis !" title=""Un ennemi du peuple"… Art et politique, frères ennemis !" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Jean-François Sivadier fait intervenir le public pour en faire des spectateurs-acteurs. Le jeu a différentes tonalités. Petra Stockmann (Jeanne Lepers), la fille du docteur, est renfermée mais réussit à échapper à sa nature dans sa rébellion avec son père. Stephen Butel (Aslaksen) campe un personnage &quot;modéré&quot;, comme il aime à le répéter. Cyril Bothorel (capitaine Hoerster, Morten Kill) et Sharif Andoura (Hovstad) nous plongent dans des caractères forts et imposants.       <br />
              <br />
       Le jeu est chaleureux, côté rébellion, calme et froid, côté politique. La mise à distance est toujours de règle chez le préfet alors que tous les autres personnages peuvent être enjoués voire colériques. Ils oscillent entre truculence et attitude presque figée, s'ils incarnent une contestation ou une soumission. La voix et le corps laissent place à une spontanéité qui se déverse dans une forme d'improvisation.       <br />
              <br />
       La parole prend le pas sur l'action. Une parole revendiquée, détournée, en colère. Elle provoque, interpelle, incarne une idée. Elle est portée, déportée, retournée, calculée ou fatiguée. C'est aussi un théâtre au contact avec des réalités géographique et humaine qui sont celles d'un auditoire et d'une salle de spectacle. C'est ici et là que ça se passe, et avec eux. C'est aussi celui du rapport avec le temps quand Tomas Stockmann demande à un spectateur l'heure pour savoir s'il y a du retard dans la pièce.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/33870613-31103771.jpg?v=1558284094" alt=""Un ennemi du peuple"… Art et politique, frères ennemis !" title=""Un ennemi du peuple"… Art et politique, frères ennemis !" />
     </div>
     <div>
      Le public est interpellé dans une scène où pouvoir et contestation se livrent bataille. Un spectateur est aussi convié sur les planches avant celle-ci. Le théâtre dans le théâtre ouvre grand ses portes avec un auditoire qui doit décider de la suite du combat qui se joue. Que faire ? Ibsen ne laisse indemne au final personne. Ni le pouvoir, ni la protestation, ni la presse, ni l'art. Encore moins le public qui réagit, le soir où j'assistais à la représentation, par le rire comme s'il en était passif sans jamais être réellement acteur.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'homme le plus fort au monde, c'est l'homme le plus seul&quot;</span>, selon Tomas Stockmann qui manque sans doute de conscience politique. Cela met en exergue une faillite des engagements dont nos combats autant humains et écologiques aujourd'hui peuvent se nourrir pour l'éviter.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Un ennemi du peuple"</b></div>
     <div>
      Texte : Henrik Ibsen.       <br />
       Traduction : Éloi Recoing.       <br />
       Mise en scène : Jean-François Sivadier.       <br />
       Avec : Sharif Andoura, Cyril Bothorel, Nicolas Bouchaud, Stephen Butel, Cyprien Billing, Vincent Guédon, Jeanne Lepers, Agnès Sourdillon.       <br />
       Collaboration artistique : Nicolas Bouchaud, Véronique Timsit.       <br />
       Scénographie : Christian Tirole, Jean-François Sivadier.       <br />
       Lumière : Philippe Berthomé.       <br />
       Costumes : Virginie Gervaise.       <br />
       Son : Eve-Anne Joalland.       <br />
       Durée estimée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 mai au 15 juin 2019.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : dimanches 12 mai et 2 juin.       <br />
       Odéon Théâtre de l'Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-odeon.eu/#3" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée 2019-2020</b>       <br />
       8 au 12 octobre 2019 : Théâtre du Nord, Lille (59).       <br />
       16 au 20 octobre 2019 : Théâtre Firmin Gémier/La Piscine, Châtenay-Malabry (92).       <br />
       5 au 10 novembre 2019 : Les Célestins, Lyon (69).       <br />
       14, 15 novembre 2019 : Le Bateau Feu, Dunkerque (59).       <br />
       19 au 21 novembre 2019 : Théâtre, Caen (14).       <br />
       26 au 28 novembre 2019 : Clermont-Ferrand - La Comédie       <br />
       4, 5 décembre 2019 : L'Archipel, Perpignan (66).       <br />
       10 au 20 décembre 2019 : TNS, Strasbourg (67).       <br />
       7 au 9 janvier 2020 : Le Quai, Angers (49).       <br />
       15, 16 janvier 2020 : Grand Théâtre de la ville du Luxembourg.       <br />
       22 au 25 janvier 2020 : La Criée, Marseille (13).       <br />
       30, 31 janvier, 1er février 2020 : Théâtre - scène nationale, Saint-Quentin-en-Yvelines (78).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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