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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>"Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité</title>
   <pubDate>Thu, 17 Oct 2024 19:36:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Perrault, Grimm et bien d'autres, jusqu'à Jacques Demy et Catherine Deneuve, se sont emparés de l'histoire de ce roi qui, après que sa femme ait été emportée par la mort, décide de se marier avec sa propre fille. La princesse est alors obligée de se cacher sous une peau d'âne, devenir souillon, pour échapper à cet inceste, fuir dans la forêt des années durant, et finir par épouser un prince dans un mariage à tout casser avec son père, le roi, à qui elle a gentiment demandé le consentement comme une bonne fille respectueuse…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804480.jpg?v=1729188099" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      La version écrite à quatre mains par Marie Dilasser et Hélène Soulié, qui signe également la mise en scène, reprend le schéma de l'histoire originale tout en recadrant totalement les circonstances en les plaçant dans des repères contemporains. Le roi, la reine et la princesse sont devenus une famille bourgeoise actuelle, tout ce qu'il y a d'ordinaire et de patriarcale puisque le père travaille tandis que la mère aime chanter et s'occuper de leur fille unique.       <br />
              <br />
       Toute la suite de l'histoire est aussi replacée habilement dans notre époque. Mais si l'imagerie romanesque des rois, reines et fées a laissé place à un réalisme plus à même de provoquer une identification des spectateurs, toute une partie féérique a été développée dans la deuxième moitié du spectacle. Réalisme et fictions ne cessent de se chahuter, de rentrer parfois en collision à en faire des étincelles, et ce faisant de devenir révélateur des vérités tues et des silences pleins de cris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804482.jpg?v=1729188129" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      Car c'est là que se niche tout l'objet de &quot;Peau d'âne - La fête est finie&quot;, dans ce que l'on cache, ce que l'on tait. Ce qui se déroule dans le cercle familial, qui brise des vies par milliers et qui reste le plus souvent impuni, l'inceste. Pour parler de l'inceste à des enfants de 10, 11 ans, il faut posséder une belle délicatesse, c'est ce que fait ce spectacle. Le mot lui-même n'est prononcé qu'à la toute fin. Mais le public avec lequel j'ai assisté à la représentation, des scolaires de 6ᵉ et 5ᵉ, a compris de quoi il s'agissait depuis bien longtemps.       <br />
              <br />
       Ils étaient plus de 300 enfants de Montreuil et alentour à cette représentation. Et pourtant, il régnait dans la salle une écoute attentive, intense. Et soudain, comme un frisson qui parcourait cette foule dans une réaction instantanée à un mot, un geste au plateau. Puis à nouveau une profonde concentration, pour cette fois une rumeur forte, lorsque le père dit à sa fille à propos d'une robe : <span style="font-style:italic">&quot;Je veux que tu la portes pour notre nuit de noce&quot;</span>. Et plus tard, une ébullition encore plus forte lorsque la fille dit : <span style="font-style:italic">&quot;Il met partout ses mains sur mon corps&quot;.</span> On ressentait dans ce public si jeune une belle fascination pour le spectacle qui se déroulait, mais également une compréhension très vive du drame qu'il racontait.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804508.jpg?v=1729188182" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      Aussi, je n'ai parlé pour l'instant que du fond de la pièce, mais les créatrices de ce spectacle ont imaginé un style de jeu, une mise en image, pleine de fantaisie, de lumières et même d'illusions. Perruques, maquillages, habits et accessoires, ainsi que jeux de lumières, sont complètement délirants pour certains personnages, certaines scènes. Dès le début, dans cette famille tout ce qu'il y a d'ordinaire, le jeu des interprètes tire par moment vers la gestuelle des automates pour rendre compte de toute l'artificialité de cette vie. Ensuite, lorsque la jeune fille s'enfuit, décors, costumes et personnages semblent tous sortis d'un entre-monde Tim Burtonien et Lewis Carrollesque. Hauts en couleur, hauts en parole, vivants et extrêmes, des personnages pleins de fantaisie, de grandeur et de traits marqués.       <br />
              <br />
       Et encore faut-il parler de la scénographie d'Emmanuelle Debeusscher et Hélène Soulié qui ne cesse pas d'évoluer, de se transformer, alternant les ambiances par des jeux d'éclairages et des projections qui font découvrir les parts cachées de certains personnages. Ce sont également des tombées de rideaux qui agissent comme des deus ex machina, des meubles qui se déplacent seuls et des perspectives qui s'ouvrent ou se resserrent suivant les sensations de liberté ou d'oppression générées par l'histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804509.jpg?v=1729188156" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      Un mot également sur les interprètes dont beaucoup jouent plusieurs rôles, habilement méconnaissables à chaque fois, qui, toutes et le père, sont extrêmement précises dans leurs jeux sans jamais, à aucun moment, infantiliser les spectateurs.       <br />
              <br />
       Cette version du conte, modernisée, plus rugueuse et plus âpre, permet de donner à entendre plus concrètement ce dont il est question. Sans perdre pourtant la fantaisie initiale, elle débouche sur une autre fin, une fin dans laquelle le roi, ce père, finit questionné, finit jugé pour le mal qu'il a fait subir à son enfant. Tandis que l'enfant, Peau d'âne, qui n'a pas plus de nom ici que dans les autres versions, sinon qu'on l'appelle &quot;mon cœur&quot;, &quot;mon canard&quot; ou &quot;mon bouchon&quot;, retrouve grâce à ses rencontres, grâce à ce jugement, la parole, l'appétit de vivre, la liberté.       <br />
              <br />
       Le but d'Hélène Soulier et de Marie Dilasser, dans ce projet, est bien de donner aux enfants qui verront ce spectacle des clés pour leur permettre de déceler ces violences chez leurs camarades, pour leur permettre aussi de briser le silence qui enferme celles et ceux qui les subissent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804529.jpg?v=1729188271" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      Il y a aussi cette juste envie de revenir questionner les sources de l'éducation romanesque enfantine pour en arracher, comme de la mauvaise herbe, toutes les racines de ce patriarcat qui exempte les rois de toutes punitions alors que les victimes de leurs mauvais désirs sont punies par elles-mêmes ou par la société. Le père n'est-il pas qualifié par la juge du triste syndrome de &quot;patriarcatite&quot; ?        <br />
              <br />
       Le joli but de ces deux créatrices est de tenter l'émergence de nouveaux récits à destination des futures générations, <span style="font-style:italic">&quot;pour tenter d'inventer un avenir désirable&quot;.</span>       <br />
       Un beau spectacle pour une belle quête. Et vice versa.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Peau d'âne - la fête est finie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804957.jpg?v=1729190628" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène : Hélène Soulié.       <br />
       Texte : Marie Dilasser en collaboration avec Hélène Soulié (texte publié aux Éditions Les solitaires intempestifs).       <br />
       Assistante mise en scène : Chloé Bégou.       <br />
       Avec : Lorry Hardel, Claire Engel, Lenka Luptakova, Nathan Jousni, Fanny Kervarec, Julien Testard.       <br />
       Scénographie : Emmanuelle Debeusscher et Hélène Soulié.       <br />
       Création vidéo : Maïa Fastinger.       <br />
       Création lumière : Juliette Besançon.       <br />
       Composition musicale : Jean Christophe Sirven.       <br />
       Création costumes : Marie-Frédérique Fillion.       <br />
       Perruque et maquillage : Marie-Frédérique Fillion et Jean Ritz.       <br />
       Régie lumière - vidéo : Fanny Lacour et Émilie Fau.       <br />
       Régie son - vidéo : Guillaume Blanc.       <br />
       Régie plateau : Emmanuelle Debeusscher, Marion Koechlin.       <br />
       Régie générale : Marion Koechlin.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 au 22 octobre 2024.</span>       <br />
       Lundi 14 à 20 h, mardi 15 et vendredi 18 à 10 h et 14 h 30, jeudi 17 à 14 h 30, samedi 19 à 18 h, dimanche 20 à 17 h, lundi 21 et mardi 22 à 15 h.       <br />
       TPM - CDN, Salle Jean-Pierre Vernant, Montreuil, 01 48 70 48 90.       <br />
       <a class="link" href="https://theatrepublicmontreuil.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatrepublicmontreuil.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       27 au 29 novembre 2024 : Théâtre de Lorient - CDN, Lorient (56).       <br />
       22 au 25 janvier 2025 : MC93 - Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny (93).       <br />
       22 au 25 mai 2025 : Théâtre Nouvelle Génération - CDN, Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83565637-59804480.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Peau-d-ane-la-fete-est-finie--un-titre-fort-et-determine-pour-un-spectacle-epoustouflant-de-grace-et-d-intensite_a4063.html</link>
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   <title>"MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste</title>
   <pubDate>Fri, 21 Apr 2023 17:27:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "MADAM (Manuel d'Auto-Défense À Méditer)" est un vaste projet qu'Hélène Soulié réalise depuis plus de cinq ans. Un projet qui lui a demandé de parcourir la France et au-delà pour rechercher des témoignages, interroger les mal-êtres et les revendications, découvrir des portraits étonnants. Aujourd'hui, ce sont six spectacles pour lesquels elle a convoqué des castings prestigieux. À commencer par les autrices, toutes chevronnées et investies dans le théâtre vivant, Marine Bachelot Nguyen, Marie Dilasser, Mariette Navarro, Solenn Denis, Claudine Galea, Magali Mougel et Hélène Soulié en coécriture dans la plupart des textes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72318489-50338499.jpg?v=1682092300" alt=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" title=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" />
     </div>
     <div>
      Mais aussi des universitaires, scientifiques, intellectuelles de diverses disciplines : Maboula Soumahoro, chercheuse et maîtresse de conférences ; Éliane Viennot, historienne, grammairienne ; Delphine Gardey, historienne, sociologue ; Rachele Borghi, géographe. Bref, un panel de talents et de compétences pour travailler à la construction des spectacles.       <br />
               <br />
       La réalisation n'a rien à envier à ce casting. Ce sont cinq comédiennes, elles aussi, investies et talentueuses qui seront le verbe et les corps de ces spectacles : Lenka Luptakova, Christine Braconnier, Lymia Vitte, Claire Engel, Marion Coutarel et Hélène Soulié herself dans son propre rôle d'enquêtrice, de chercheuse, de naïve et d'empêcheuse de tourner en rond ou d'en rester là ou de dire c'est comme ça, c'est ainsi, c'est la vie, ça a toujours été ainsi, c'est dans l'ordre des choses…       <br />
               <br />
       Pourquoi cette nécessité de nommer toutes ces personnes ? Primo, parce que cette poignée de spectacles s'inscrit entre réalité et fiction. Qu'ils sont spectacles engagés. Qu'ils ont tous en commun un questionnement sur la place des femmes dans la société, dans le sort qui leur est réservé, dans leurs libertés, l'histoire de ces libertés, dans les contraintes et les empêchements qui leur sont faits, et le pourquoi de toutes les discriminations que l'ordre social instaure. Secondo, parce que toutes les participantes à ces six spectacles sont, comme vous l'aurez remarqué, des femmes : autant dire celles qui savent de quoi il est question.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72318489-50338500.jpg?v=1682093051" alt=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" title=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" />
     </div>
     <div>
      Pour construire ces histoires, Hélène Soulié emploie la même démarche. Partant de faits réels, de personnages de la vie civile qu'elle rencontre personnellement, elle demande, d'une part, à une autrice de produire un texte qui sera dit par une seule interprète, d'autre part, à une scientifique d'intervenir sur le plateau dans une sorte d'entretien pour répondre, argumenter et enrichir la thématique abordée dans la partie jouée par la comédienne. Situations particulières, personnelles, intimes parfois se mêlent ainsi à des questionnements plus vastes, plus sociales, plus définies dans l'Histoire.       <br />
               <br />
       Mais avant tout, l'actualité palpite. Dans &quot;Madam#1&quot;, ce sera le port du voile dans l'espace public, dont le débat en France dure depuis plus de vingt ans, mais aussi le racisme indicible de notre société, deux sujets réunis par la même omerta, le même déni. Que se cache-t-il en réalité sous le discours officiel sur les libertés individuelles et l'égalité des chances ?       <br />
              <br />
       Ce sera encore un espace de liberté dans le deuxième spectacle : celui de l'espace public, la nuit, le monde des tagueurs, pas forcément celui des tagueuses, mais aussi de tout ce qui peut être déviant, provocateur, interpellant, et hors des passages piétons, des clous, hors normes. L'espace virtuel n'est pas négligé non plus avec le &quot;Madam#4&quot;. Là aussi, il faut jouer des coudes, des neurones et des codes pour agir et faire sa place. Car, là aussi, l'homme a posé ses griffes et délimité le plus vaste territoire pour lui-même.       <br />
              <br />
       La somme de ces six spectacles, sans avoir la volonté de faire le tour des questionnements de genre, de sexe, d'identité, d'injonctions et des discours dominants, tente de montrer au contraire celles qui, par leurs démarches politiques, par leur vie, par leur travail, poussent les barrières, s'imposent et ouvrent des horizons nouveaux à toutes les petites filles qui suivront. Ainsi sont mis également en scène les témoignages de sportives de haut niveau, ceux de sauveteuses en mer, de celles qui cueillent hors de l'eau les rescapés des traversées funèbres de méditerranée, ou celles qui prennent un travail d'homme, comme celui de berger de transhumance… et donc une bergère… qui résiste seule face à tous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72318489-50338797.jpg?v=1682093084" alt=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" title=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" />
     </div>
     <div>
      Les six &quot;Madam#&quot; ont en commun cet espace donné, pris, réduit, conquis, à conquérir, à défendre, intellectuellement, physiquement, politiquement, cet espace toujours emmuré dans lequel la société patriarcale tient les destins des filles, des femmes et des minorités, enfermées.       <br />
               <br />
       Coup de cœur personnel pour l'extrêmement émouvant &quot;Madam#5&quot;, sous-titré : &quot;Ça ne passe pas&quot;. Le texte au scalpel de Claudine Galea, le jeu farouche de Lenka Luptákova, les témoignages des deux femmes marins, sauveteuses de ces humains qu'on laisse couler sans un regard.       <br />
              <br />
       Coup de cœur encore pour &quot;Madam#2, Faire le Mur&quot;, où Christine Braconnier s'empare du texte de Marie Dilasser pour le transformer en ballet mythologique sous la direction et la mise en scène d'Hélène Soulié.       <br />
              <br />
       Coup de cœur final pour &quot;Madam#6 – Et j'ai suivi le vent…&quot; (vu au Théâtre de la Reine Blanche en février dernier) et l'extraordinaire vision poétique, fantastique et néanmoins ancrée dans la réalité du texte de Magali Mougel que Marion Coutarel donne de tout son corps avec une fantaisie brillante. Chapitre final de ce Manuel d'Auto- Défense qui clôt l'œuvre en allant puiser aux sources de la condamnation faite aux femmes par l'évocation des chasses aux sorcières du Moyen Âge. Ce qui ne date pas d'hier…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"MADAM, l'Intégrale"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72318489-50338798.jpg?v=1682093123" alt=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" title=""MADAM, l'Intégrale" Carnet de voyage en six épisodes d'une artiste" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène : Hélène Soulié, assistée de Lenka Luptakova et Claire Engel.       <br />
       Texte et performance : Marine Bachelot NGuyen, Marie Dilasser, Mariette Navarro, Solenn Denis et Hélène Soulié, Claudine Galea, Magali Mougel.       <br />
       Texte vidéo et interviews : Hélène Soulié.       <br />
       Avec les actrices : Lenka Luptakova, Christine Braconnier, Lymia Vitte, en alternance avec Morgane Peters, Claire Engel et Marion Coutarel.       <br />
       Les chercheuses et chercheurs : Maboula Soumahoro, Rachele Borghi, Éliane Viennot, Delphine Gardey.       <br />
       Et les femmes marins : Claire et Marie Faggianelli.       <br />
       Scénographie : Emmanuelle Debeusscher et Hélène Soulié.       <br />
       Vidéo : Maïa Fastinger.       <br />
       Lumières Maurice Fouilhé.       <br />
       Costumes : Hélène Soulié, Catherine Sardi.       <br />
       Création et régie son : Jérôme Moisson.       <br />
       Régie Vidéo : Amaya Irigoyen.       <br />
       Régie lumière et régie générale : Eva Espinosa.       <br />
       Regard anthropologique : Loréna Favier.       <br />
       Production : Compagnie EXIT.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/72318489-50338499.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/MADAM-l-Integrale-Carnet-de-voyage-en-six-episodes-d-une-artiste_a3570.html</link>
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   <title>"Madam #4" Le cyber espace, nouveau Far West des luttes contre le sexisme</title>
   <pubDate>Fri, 19 Mar 2021 17:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
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   Quatrième volet d'une série de six spectacles, "Madam#4" (acronyme de Manuel d'Auto-Défense à Méditer), sous-titré : "Je préfère être une cyborg qu'une déesse", explore le cyber féminisme, terme qui exprime l'activisme des femmes sur le net dans le but d'une émancipation totale sur l'hégémonie masculine dominante. Mais "Madam#4" dérive un peu plus largement de ce contexte pour nous transporter de nos jours dans une vision à la fois dépouillée et acérée de la nécessité de reconnaissance et dans la célébration du pouvoir des femmes, ce deuxième sexe dont parlait Simone de Beauvoir, qui se veut sexe à part entière.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54839113-41209475.jpg?v=1616172317" alt=""Madam #4" Le cyber espace, nouveau Far West des luttes contre le sexisme" title=""Madam #4" Le cyber espace, nouveau Far West des luttes contre le sexisme" />
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      Le spectacle commence d'ailleurs par la revendication haute du désir, du plaisir, de la sexualité féminine, par un éloge sans fards du clitoris et de ses capacités orgasmiques tour à tour méprisées, dévaluées ou craintes, suivant les époques et les sociétés. Bref, suivant les trouilles des tenants du pouvoir en place : les hommes. La comédienne Claire Engel est seule dans un décor fait d'une immense toile blanche qui pend derrière elle et recouvre le sol, comme page immaculée qui coule, en fait, un écran. Voix, textes projetés et performance d'actrice seront les moteurs de ce spectacle hors norme.       <br />
              <br />
       L'espace du net, qui fait maintenant partie de toutes les vies, est le nouveau terrain de conquête, de pouvoir ou d'injustices. Il est aussi le prolongement artificiel, l'arme ou la prothèse de nos nouveaux pouvoirs. Dans cette exploration, &quot;Madam#4&quot;, par l'incarnation de Claire Engel, raconte les possibles luttes et actions (comme ce piratage d'un écran publicitaire d'un des plus grands laboratoires au monde, Johnson et Johnson, vécu comme un commando) mais il est aussi question des harcèlements, des menaces, de violences obscures du net (ces &quot;nudes&quot; que les hommes se plaisent à faire tourner sur les réseaux dans le but d'humilier les femmes).
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54839113-41209486.jpg?v=1616172372" alt=""Madam #4" Le cyber espace, nouveau Far West des luttes contre le sexisme" title=""Madam #4" Le cyber espace, nouveau Far West des luttes contre le sexisme" />
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      Il y a de la poésie et une belle ciselure dans le texte de Solenn Denis. Un texte qui raconte un monde &quot;autre&quot;, un monde qui est à la fois une part de notre monde à tous et une extension. C'est Alice qui nous entraîne dans le terrier à la suite du lapin blanc, comme il est fait allusion dans le texte, mais c'est surtout Alice de l'autre côté du miroir qui nous est montré. Ou plutôt la vision de notre monde vue, non plus par l'œilleton pénien du masculin, mais par une rétine féminine éclairée, ouverte et qui s'annonce moins binaire. L'envie de multiplier les possibles et faire se compénétrer fictions et réalités, avaler la chair comme la mécanique, le virtuel comme le frissonnant.       <br />
              <br />
       Dans cet exercice d'équilibriste où elle incarne de multiples axes tout en étant un seul et même personnage, Claire Engel est totalement crédible. Elle excelle dans cet exercice difficile où le spectacle entier tient sur ses épaules. Une belle création de rôle, d'une totale vérité, elle est énergique, impliquée et détachée tout à la fois.       <br />
              <br />
       Hélène Soulié propose là le quatrième pan d'une série de six spectacles portés par la parole de femmes diverses, de philosophes, de scientifiques, de psychanalystes. Chacun peut être vu indépendamment des autres car chacun traite d'un thème différent, puisé au travers de témoignages et d'interviews de femmes aux prises avec le monde, en action, en réaction, des femmes volontaires qui disent et agissent dans des territoires aussi différents que la cité, la Méditerranée, le web, le sport… Partant de ces témoignages et d'interviews d'un œil scientifique susceptible d'analyser le pourquoi et le comment, Hélène Soulié a demandé à six autrices d'écrire pour mettre en mots ces expériences, ces combats, et elle met en scène ces textes avec la toujours même exigence de surprendre et de provoquer. Dans le bon sens.
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     <div><b>"Madam #4"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54839113-41209499.jpg?v=1616172428" alt=""Madam #4" Le cyber espace, nouveau Far West des luttes contre le sexisme" title=""Madam #4" Le cyber espace, nouveau Far West des luttes contre le sexisme" />
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      <b>&quot;Je préfère être une cyborg qu'une déesse&quot;</b>       <br />
       Texte : Solenn Denis.       <br />
       Conception : Hélène Soulié.       <br />
       Mise en scène : Hélène Soulié.       <br />
       Avec : Claire Engel.       <br />
       Regard sociologique : Loréna Favier.       <br />
       Vidéo : Maïa Fastinger.       <br />
       Cie EXIT.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Vu dans le cadre d'une sortie de résidence fin février au POC d'Alfortville (94).
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54839113-41209612.jpg?v=1616172870" alt=""Madam #4" Le cyber espace, nouveau Far West des luttes contre le sexisme" title=""Madam #4" Le cyber espace, nouveau Far West des luttes contre le sexisme" />
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      <b>Les autres épisodes :</b>       <br />
       &quot;Madam #1 - Est-ce que tu crois que je doive m'exuser quand il y a des attentats ?&quot;       <br />
       &quot;Madam #2 - Faire le mur&quot;       <br />
       &quot;Madam #3 - Scoreuse&quot;       <br />
       &quot;Madam #5 - Quelque chose qui vaut mieux que soi&quot;       <br />
       &quot;Madam #6 - Et j'ai suivi le vent…&quot;       <br />
              <br />
       Les six épisodes du Manuel d'Auto-Défense À Méditer (&quot;MADAM&quot;) est constitué de 6 chapitres d'une heure. L'intégrale est découpé en deux parties de 3 épisodes. L'ensemble avec entractes dure 8 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       6 avril 2021 : &quot;Madam #4&quot;, Salle L'Agora, Le Crès (34).       <br />
       15 mai 2021 : l'intégrale &quot;Madam&quot;, Théâtre Jacques Cœur, Lattes (34).
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