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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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   <title>•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va</title>
   <pubDate>Wed, 13 May 2026 17:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À Troie, quelques heures avant l'arrivée d'Ulysse, le négociateur grec, le débat fait rage. Hélène a été enlevée par Pâris, prince troyen. Hélène, reine de Sparte, c'est la beauté à l'état pur. Si elle n'est pas rendue aux Grecs, ces derniers attaqueront Troie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297085.jpg?v=1774975955" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      À Troie, il y a deux camps : ceux qui veulent la guerre comme Cassandre et ceux qui cherchent à l'éviter comme Andromaque, la femme d'Hector. Faut-il alors se défendre face à l'agression grecque et déclarer la guerre ? Faut-il l'éviter et, surtout, de quelle manière ? Mais à cause du bellicisme d'un petit nombre et de la passivité d'une majorité silencieuse, <span style="font-style:italic">&quot;la guerre s'enfante d'elle-même&quot;</span>, et ce, malgré celles et ceux qui se battent pour l'empêcher.       <br />
              <br />
       Il est fort probable qu'à l'heure où nous écrivons cet article, des scènes semblables au contexte de notre pièce se déroulent à travers le monde, dans de nombreuses salles de négociations diplomatiques ou autre bureau ovale. Certes, les héros antiques ne s'y trouvent pas. Ulysse, Pâris, Hélène, Hector, Hécube ou encore Troïlus sont de &quot;l'histoire ancienne&quot;.       <br />
              <br />
       Et si, à bien y regarder, seuls les noms avaient changé et que la responsabilité politique, l'illusion de la paix, le pouvoir des mots et de la diplomatie, la critique des nationalismes étaient pourtant toujours à l'ordre du jour ?       <br />
              <br />
       Écrite en 1935, &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot; de Jean Giraudoux est une pièce qui parle des tensions politiques des années trente en Europe, mais qui se présente avant tout comme un avertissement. Avertissement autour du cynisme des politiciens, de la notion de droit et de la montée des dictatures en analysant les mécanismes diplomatiques qui la rendent inévitable. Ainsi, adapter cette pièce incontournable du théâtre français est de bon augure par <span style="font-style:italic">&quot;nos temps qui courent bien dangereusement&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297086.jpg?v=1774975980" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      C'est le pari qu'a fait Édouard Dossetto, jeune comédien et metteur en scène du collectif &quot;Nuit Orange&quot; au parcours particulier et pour le moins original. Formé au cours Simon, puis au CRR de Paris pour ce qui est de sa sphère artistique, il développe un travail sur le corps à travers la danse contemporaine, et sur les liens entre physique quantique et théâtre… Auparavant, notre artiste a été ingénieur des Ponts, Eaux et Forêts, a obtenu son agrégation de mécanique et a poursuivi un master à l'École Polytechnique avant d'être reçu à Sciences Po en 2015.       <br />
              <br />
       Cursus et parcours pour le moins époustouflants qui ont éveillé en lui un réel désir de recherche, et un goût prononcé pour la pluridisciplinarité. Sans oublier de belles amitiés (sic). Il est probable que des amitiés, il en ait également trouvé au sein du Collectif &quot;Nuit Orange&quot;, une troupe dans laquelle la pluridisciplinarité est le maître-mot, tout comme les notions d'Union et de Force, de Diversité et de Richesse, de Curiosité et de Générosité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'originalité de ce texte de Giraudoux, c'est qu'il se situe juste avant la guerre autour de laquelle il y a les belliqueux qui veulent les honneurs, les intérêts financiers ou symboliques qu'elle engendre, et les pacifistes qui sont prêts à tout, même au pire. Et puis il y a les autres, aussi, ceux qui ne s'y opposent pas, mais qui, par leur silence, se font complices de l'inéluctable&quot;,</span> précise le metteur en scène.       <br />
              <br />
       Certes, il y a tout cela chez Giraudoux, et bien plus encore ! Mais &quot;Les Orangers&quot; aussi ont du talent et de l'originalité ! Et ce ne sont pas les adaptations de cette célèbre pièce de Giraudoux qui manquent au programme des tentatives théâtrales depuis des années. Ici, c'est un pari largement gagné et nous regrettons beaucoup de n'avoir pas pu amener nos élèves assister à cette remarquable adaptation, moderne, intelligente, et dans un profond respect du texte et de la force de ses arguments.       <br />
              <br />
       La scénographie minimaliste, tout comme la mise en scène sobre, mais efficace, apportent à ce très grand texte de la littérature française un élan vertigineux auquel les jeux des comédiennes et comédiens, intenses et investis participent largement.       <br />
              <br />
       Notons tout de même, au regard de l'intensité du texte d'origine, quelques moments au cours desquels les spectateurs doivent revêtir une grande armure d'écoute, guerrière et soutenue, si tant est qu'ils souhaitent ne pas perdre une miette des enjeux du propos. Mais il en est parfois ainsi du rôle de spectateur, n'est-ce pas !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297087.jpg?v=1774976008" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas tant l'adaptation de la pièce qui en est la cause unique, ni la mise en scène, ni le jeu des comédiens et comédiennes… Disons que c'est un tout. Car &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot;, c'est un texte investi d'une argumentation dramatique plutôt que sur une action mettant en avant une tension réelle entre raison individuelle et fatalité collective.       <br />
              <br />
       Rien de simple que d'adapter sur les planches cette pièce monumentale à la large dimension philosophique dont on ne garde malheureusement qu'un souvenir trop imprécis lors de nos années au lycée. Oser adapter du Théâtre d'idées est déjà grandement méritoire. Celle-ci en est la preuve !       <br />
              <br />
       Le Collectif &quot;Nuit Orange&quot; et Édouard Dessanto l'ont fait avec une grande énergie de laquelle, à certains moments, se dégage une ironie subtile salvatrice, comme la scène du casque bleu de l'ONU, savoureuse et intemporelle. L'énergie des six artistes est palpable et leur complicité évidente. Du moins celle du soir de notre venue. Gageons qu'à chaque représentation, il doit en être ainsi.       <br />
              <br />
       Un bien joli moment de la pièce que celui interprété par Édouard Dossetto dans le rôle d'Hector, lors de l'évocation des morts dans une tirade flamboyante ô combien émouvante. Nous vous invitons à aller découvrir la pièce pour en mesurer sa portée au regard des tumultes actuels. Osons un hommage, ici, à notre soldat français, Arnaud Frion, tué en Irak par un drone.       <br />
              <br />
       Et remémorons-nous ces mots de Giraudoux : <span style="font-style:italic">&quot;Ô vous qui ne nous entendez pas (…), nous sommes les vainqueurs. Cela vous est bien égal, n'est-ce pas ? Vous aussi, vous l'êtes. Mais nous, nous sommes les vainqueurs vivants. C'est ici que commence la différence. C'est ici que j'ai honte.(…). Nous, nous voyons le soleil (…), et ce que j'ai à vous dire aujourd'hui, c'est que la guerre me semble la recette la plus sordide et la plus hypocrite pour égaliser les humains, et je n'admets pas plus la mort comme châtiment ou comme expiation au lâche que comme récompense aux vivants&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Depuis vingt-huit siècles, on lit &quot;L'Iliade et l'Odyssée&quot;, prologue de &quot;Troie&quot;. En 1935, Louis Jouvet jouait la pièce au Théâtre de l'Athénée. En 2026, on connaît la guerre, encore. La volonté pacificatrice d'Hector ne suffit pas contre tous les autres acteurs de la guerre et nous sommes nombreux à nous interroger sur le réel pouvoir du chef d'État ukrainien, Volodymyr Zelensky, à œuvrer comme il le fait avec autant de pugnacité depuis des mois et des mois, tel Hector…       <br />
              <br />
       Malgré tout cela, nous vous invitons à aller assister à cette nouvelle adaptation par Edouard Dossetto et &quot;Nuit Orange&quot; afin d'essayer peut-être de comprendre ce qu'est la guerre et à quel point cette dernière n'est jamais que le résultat de facteurs humains amplifiés par l'orgueil, la politique et le discours.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Guerre de Troie n'aura pas lieu"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297088.jpg?v=1774976034" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Giraudoux.       <br />
       Mise en scène : Édouard Dossetto.       <br />
       Avec : Marie Benati, Rémi Couturier, Édouard Dossetto en alternance avec Gaspard Baumhauer, Leslie Gruel, Guillaune Villiers Moriamé.       <br />
       Lumières : Raphaël Bertomeu.       <br />
       Son : Martin Benati.       <br />
       Régie : Anaïs Ansart-Grosjean.       <br />
       Par le Collectif Nuit Orange.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 50. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Brunes, 32, rue Thiers, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 84 36 00 37.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesbrunes.fr/momo-petit-prince-des-bleuets" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesbrunes.fr/" target="_blank">>> theatredesbrunes.fr</a>       <br />
              <br />
       <b> Tournée</b>       <br />
       31 juillet, 1ᵉʳ et 2 août 2026 : Festival Théâtres de Bourbon, Bourbon-l'Archambault (Allier).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96525602-67297085.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-La-Guerre-de-Troie-n-aura-pas-lieu-Quand-les-forces-vives-du-theatre-agissent-bien-brillamment-en-echo-avec_a4554.html</link>
  </item>

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   <title>"La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va</title>
   <pubDate>Thu, 02 Apr 2026 07:49:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À Troie, quelques heures avant l'arrivée d'Ulysse, le négociateur grec, le débat fait rage. Hélène a été enlevée par Pâris, prince troyen. Hélène, reine de Sparte, c'est la beauté à l'état pur. Si elle n'est pas rendue aux Grecs, ces derniers attaqueront Troie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875469.jpg?v=1774975955" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
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      À Troie, il y a deux camps : ceux qui veulent la guerre comme Cassandre et ceux qui cherchent à l'éviter comme Andromaque, la femme d'Hector. Faut-il alors se défendre face à l'agression grecque et déclarer la guerre ? Faut-il l'éviter et, surtout, de quelle manière ? Mais à cause du bellicisme d'un petit nombre et de la passivité d'une majorité silencieuse, <span style="font-style:italic">&quot;la guerre s'enfante d'elle-même&quot;</span>, et ce, malgré celles et ceux qui se battent pour l'empêcher.       <br />
              <br />
       Il est fort probable qu'à l'heure où nous écrivons cet article, des scènes semblables au contexte de notre pièce se déroulent à travers le monde, dans de nombreuses salles de négociations diplomatiques ou autre bureau ovale. Certes, les héros antiques ne s'y trouvent pas. Ulysse, Pâris, Hélène, Hector, Hécube ou encore Troïlus sont de &quot;l'histoire ancienne&quot;.       <br />
              <br />
       Et si, à bien y regarder, seuls les noms avaient changé et que la responsabilité politique, l'illusion de la paix, le pouvoir des mots et de la diplomatie, la critique des nationalismes étaient pourtant toujours à l'ordre du jour ?       <br />
              <br />
       Écrite en 1935, &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot; de Jean Giraudoux est une pièce qui parle des tensions politiques des années trente en Europe, mais qui se présente avant tout comme un avertissement. Avertissement autour du cynisme des politiciens, de la notion de droit et de la montée des dictatures en analysant les mécanismes diplomatiques qui la rendent inévitable. Ainsi, adapter cette pièce incontournable du théâtre français est de bon augure par <span style="font-style:italic">&quot;nos temps qui courent bien dangereusement&quot;</span>.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875479.jpg?v=1774975980" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
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      C'est le pari qu'a fait Édouard Dossetto, jeune comédien et metteur en scène du collectif &quot;Nuit Orange&quot; au parcours particulier et pour le moins original. Formé au cours Simon, puis au CRR de Paris pour ce qui est de sa sphère artistique, il développe un travail sur le corps à travers la danse contemporaine, et sur les liens entre physique quantique et théâtre… Auparavant, notre artiste a été ingénieur des Ponts, Eaux et Forêts, a obtenu son agrégation de mécanique et a poursuivi un master à l'École Polytechnique avant d'être reçu à Sciences Po en 2015.       <br />
              <br />
       Cursus et parcours pour le moins époustouflants qui ont éveillé en lui un réel désir de recherche, et un goût prononcé pour la pluridisciplinarité. Sans oublier de belles amitiés (sic). Il est probable que des amitiés, il en ait également trouvé au sein du Collectif &quot;Nuit Orange&quot;, une troupe dans laquelle la pluridisciplinarité est le maître-mot, tout comme les notions d'Union et de Force, de Diversité et de Richesse, de Curiosité et de Générosité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'originalité de ce texte de Giraudoux, c'est qu'il se situe juste avant la guerre autour de laquelle il y a les belliqueux qui veulent les honneurs, les intérêts financiers ou symboliques qu'elle engendre, et les pacifistes qui sont prêts à tout, même au pire. Et puis il y a les autres, aussi, ceux qui ne s'y opposent pas, mais qui, par leur silence, se font complices de l'inéluctable&quot;,</span> précise le metteur en scène.       <br />
              <br />
       Certes, il y a tout cela chez Giraudoux, et bien plus encore ! Mais &quot;Les Orangers&quot; aussi ont du talent et de l'originalité ! Et ce ne sont pas les adaptations de cette célèbre pièce de Giraudoux qui manquent au programme des tentatives théâtrales depuis des années. Ici, c'est un pari largement gagné et nous regrettons beaucoup de n'avoir pas pu amener nos élèves assister à cette remarquable adaptation, moderne, intelligente, et dans un profond respect du texte et de la force de ses arguments.       <br />
              <br />
       La scénographie minimaliste, tout comme la mise en scène sobre, mais efficace, apportent à ce très grand texte de la littérature française un élan vertigineux auquel les jeux des comédiennes et comédiens, intenses et investis participent largement.       <br />
              <br />
       Notons tout de même, au regard de l'intensité du texte d'origine, quelques moments au cours desquels les spectateurs doivent revêtir une grande armure d'écoute, guerrière et soutenue, si tant est qu'ils souhaitent ne pas perdre une miette des enjeux du propos. Mais il en est parfois ainsi du rôle de spectateur, n'est-ce pas !
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      Ce n'est pas tant l'adaptation de la pièce qui en est la cause unique, ni la mise en scène, ni le jeu des comédiens et comédiennes… Disons que c'est un tout. Car &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot;, c'est un texte investi d'une argumentation dramatique plutôt que sur une action mettant en avant une tension réelle entre raison individuelle et fatalité collective.       <br />
              <br />
       Rien de simple que d'adapter sur les planches cette pièce monumentale à la large dimension philosophique dont on ne garde malheureusement qu'un souvenir trop imprécis lors de nos années au lycée. Oser adapter du Théâtre d'idées est déjà grandement méritoire. Celle-ci en est la preuve !       <br />
              <br />
       Le Collectif &quot;Nuit Orange&quot; et Édouard Dessanto l'ont fait avec une grande énergie de laquelle, à certains moments, se dégage une ironie subtile salvatrice, comme la scène du casque bleu de l'ONU, savoureuse et intemporelle. L'énergie des six artistes est palpable et leur complicité évidente. Du moins celle du soir de notre venue. Gageons qu'à chaque représentation, il doit en être ainsi.       <br />
              <br />
       Un bien joli moment de la pièce que celui interprété par Édouard Dossetto dans le rôle d'Hector, lors de l'évocation des morts dans une tirade flamboyante ô combien émouvante. Nous vous invitons à aller découvrir la pièce pour en mesurer sa portée au regard des tumultes actuels. Osons un hommage, ici, à notre soldat français, Arnaud Frion, tué en Irak par un drone.       <br />
              <br />
       Et remémorons-nous ces mots de Giraudoux : <span style="font-style:italic">&quot;Ô vous qui ne nous entendez pas (…), nous sommes les vainqueurs. Cela vous est bien égal, n'est-ce pas ? Vous aussi, vous l'êtes. Mais nous, nous sommes les vainqueurs vivants. C'est ici que commence la différence. C'est ici que j'ai honte.(…). Nous, nous voyons le soleil (…), et ce que j'ai à vous dire aujourd'hui, c'est que la guerre me semble la recette la plus sordide et la plus hypocrite pour égaliser les humains, et je n'admets pas plus la mort comme châtiment ou comme expiation au lâche que comme récompense aux vivants&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Depuis vingt-huit siècles, on lit &quot;L'Iliade et l'Odyssée&quot;, prologue de &quot;Troie&quot;. En 1935, Louis Jouvet jouait la pièce au Théâtre de l'Athénée. En 2026, on connaît la guerre, encore. La volonté pacificatrice d'Hector ne suffit pas contre tous les autres acteurs de la guerre et nous sommes nombreux à nous interroger sur le réel pouvoir du chef d'État ukrainien, Volodymyr Zelensky, à œuvrer comme il le fait avec autant de pugnacité depuis des mois et des mois, tel Hector…       <br />
              <br />
       Malgré tout cela, nous vous invitons à aller assister à cette nouvelle adaptation par Edouard Dossetto et &quot;Nuit Orange&quot; afin d'essayer peut-être de comprendre ce qu'est la guerre et à quel point cette dernière n'est jamais que le résultat de facteurs humains amplifiés par l'orgueil, la politique et le discours.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
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     <div><b>"La Guerre de Troie n'aura pas lieu"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875488.jpg?v=1774976034" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Giraudoux.       <br />
       Mise en scène: Édouard Dossetto.       <br />
       Avec, en alternance : Tatiana André ou Ghina Daou, Édouard Dossetto ou Gaspard Baumhauer, Leslie Gruel ou Marie Benati, Adam Karotchi ou Guillaune Villiers Moriamé, Madj Mastoura ou Rémi Couturier.       <br />
       Lumières : Raphaël Bertomeu.       <br />
       Son : Martin Benati.       <br />
       Par le Collectif Nuit Orange.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 février au 5 avril 2026.</span>       <br />
       Jeudi au samedi à 19 h et dimanche à 17 h.       <br />
       Studio Hébertot, 78, bis boulevard des Batignolles, Paris 17e.       <br />
       Téléphone : 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0515/fChoixSeance.aspx?idstructure=0515&amp;EventId=323&amp;request=QcE+w0WHSuALJm1hwt92oTJYdn+tcPhz4FOZQta0hTP5GiSw5WZsgg36FUsIh0a8x38SieWabZ2cp2BVsfugU7lvSgnDDW6dkT2qGfKnk+M=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>       <br />
              <br />
       Le spectacle se jouera au Théâtre des Brunes lors du Festival Off d'Avignon 2026.       <br />
              <br />
       <b> Tournée</b>       <br />
       31 juillet, 1er et 2 août 2026 : Festival Théâtres de Bourbon, Bourbon-l'Archambault (Allier).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95748159-66875469.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Guerre-de-Troie-n-aura-pas-lieu-Quand-les-forces-vives-du-theatre-agissent-bien-brillamment-en-echo-avec-notre-monde_a4519.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>•Off 2025• "Anatomie d'une actrice" Quand la mémoire s'efface, le théâtre devient la dernière chance de vérité</title>
   <pubDate>Fri, 18 Jul 2025 09:42:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une pièce intense, bouleversante et pleine d'espoir de vie "en diamant" : la nature humaine mériterait qu'on s'y attarde bien davantage avant qu'elle ne s'étiole définitivement. Dans sa loge, Suzanne se prépare pour une nouvelle représentation. Actrice de renom, elle connaît la scène par cœur, mais, ce soir, quelque chose cloche. Les mots lui échappent, les visages se brouillent. Sa partenaire, Juliette, la pousse à se concentrer. Mais, au fil des répliques, une autre vérité surgit : Suzanne perd la mémoire ! Et… Juliette est sa fille, en plus d'être sa partenaire de jeu !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89978160-63537747.jpg?v=1752824806" alt="•Off 2025• "Anatomie d'une actrice" Quand la mémoire s'efface, le théâtre devient la dernière chance de vérité" title="•Off 2025• "Anatomie d'une actrice" Quand la mémoire s'efface, le théâtre devient la dernière chance de vérité" />
     </div>
     <div>
      Bien souvent, au Théâtre, la mise en abyme est efficace et féconde, et cet effet en miroir interpelle toujours inévitablement le spectateur : mise en relief de la réalité et effet de distanciation tel que Brecht le soulignait, effets tragiques et/ou vertigineux également. Dans &quot;Anatomie d'une actrice&quot;, Hélène Zidi et Lola, sa fille, pour la première fois en co-écriture, interprètent ce thriller psychologique de façon juste et émouvante, augmentée forcément par leur complicité à la ville.       <br />
              <br />
       Être comédien ! Qu'est-ce que cela signifie au juste, et quel est le degré de porosité entre le réel et la fiction ? Jusqu'à quelle limite l'interprétation façonne-t-elle l'intime ou le dévoile-t-il ? <span style="font-style:italic">&quot;Nous avons toujours été fascinées par la manière dont la mémoire façonne nos identités. Dans cette pièce, elle est un personnage à part entière, une force insaisissable qui joue avec les protagonistes, les manipule, les abandonne. Le théâtre devient alors un double espace : celui du jeu et celui de la réminiscence où les souvenirs se figent en se rejouant indéfiniment &quot;,</span> précisent tour à tour les deux comédiennes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89978160-63537749.jpg?v=1752824833" alt="•Off 2025• "Anatomie d'une actrice" Quand la mémoire s'efface, le théâtre devient la dernière chance de vérité" title="•Off 2025• "Anatomie d'une actrice" Quand la mémoire s'efface, le théâtre devient la dernière chance de vérité" />
     </div>
     <div>
      Mais la pièce n'est pas que cela ! Elle ne traite pas que de la force du théâtre, ni de ce qui permet de s'y construire ou d'appréhender ce qui nous y échappe ! Ni exclusivement de la place de l'actrice ou de l'acteur face au temps qui passe ! Elle convoque aussi, et surtout, celui de la mémoire tout court et de la question éminemment existentielle : comment continuer à exister quand l'autre nous échappe bien malgré lui ?       <br />
              <br />
       Après le succès retentissant de &quot;Camille contre Claudel&quot;, l'an dernier à Avignon, ou encore &quot;Libres sont les papillons&quot;, les deux comédiennes optent cette fois-ci pour un univers plus intimiste et introspectif dans lequel le choix d'un huis clos à la scénographie épurée est audacieux, en n'octroyant aucune place à la faille.       <br />
              <br />
       La complicité de la mère et de la fille ne laissera aucun spectateur indifférent et leur jeu virtuose en dit long sur la complexité des relations mère-fille, ainsi que sur les vérités cachées, les non-dits et autres secrets non partagés.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;- Pourquoi as-tu voulu devenir actrice ?        <br />
       - J'avais besoin d'amour, alors je me suis glissée dans la vie des autres…&quot;       <br />
       - Tu peux dire les plus beaux textes du monde, c'est la partie silencieuse que j'entends.&quot;</span>       <br />
              <br />
       &quot;Anatomie d'une actrice&quot; est une pièce intense où l'anatomie du cœur au sens large est largement évoquée, et ce, de manière très sensible, mais non dénuée d'humour et d'auto-dérision. Lola Zidi et Hélène Zidi sont bouleversantes – mais employer ce qualificatif ne veut peut-être pas dire grand-chose, ici –, tant leur complicité et leur envergure professionnelles sont vertigineuses.       <br />
              <br />
       La scénographie, dans laquelle le miroir occupe une place prépondérante, renforce brillamment et très symboliquement le propos du spectacle, notamment à la fin, quand les éléments du décor vacillent et ne tiennent plus leur place, eux non plus… ! Dans la vie, quand la mémoire dérape, les mots le font souvent avec elle.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Qui sommes-nous quand on se présente et que ce n'est pas nous en tant que personne que l'on retient&quot;,</span> précise Lola Zidi, petite-fille de Claude Zidi et fille d'Yves Rénier. Réflexion éminemment existentielle qui, à bien y regarder, constitue peut-être la trame essentielle de l'écriture. Question vertigineuse qui connote parallèlement la notion de transmission présente dans cette pièce intense où le pathos, pourtant, ne submerge pas l'ensemble. Loin de là ! Car c'est du &quot;diamant&quot; qu'il faut garder la mémoire en quittant le Théâtre du Roi René ! Le &quot;diamant&quot;. Rien d'autre, sans doute… Merci, Mesdames !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Anatomie d'une actrice"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89978160-63537750.jpg?v=1752824896" alt="•Off 2025• "Anatomie d'une actrice" Quand la mémoire s'efface, le théâtre devient la dernière chance de vérité" title="•Off 2025• "Anatomie d'une actrice" Quand la mémoire s'efface, le théâtre devient la dernière chance de vérité" />
     </div>
     <div>
      Texte : Hélène et Lola Zidi.       <br />
       Mise en scène : Lola Zidi.       <br />
       Assistant mise en scène : Achille Moleka.       <br />
       Avec : Hélène et Lola Zidi.       <br />
       Scénographie : Jean-Michel Adam.       <br />
       Lumières : Denis Koransky.       <br />
       Création sonore : Alain Governatori.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans        <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 55. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre du Roi René, 4, rue Grivolas, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 13 68 06 59.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/representations/5659-anatomie-d-une-actrice" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatreduroirene.com/" target="_blank">>> theatreduroirene.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89978160-63537747.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Anatomie-d-une-actrice-Quand-la-memoire-s-efface-le-theatre-devient-la-derniere-chance-de-verite_a4317.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée</title>
   <pubDate>Wed, 20 Dec 2023 07:53:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Il faut des formes nouvelles. Des formes nouvelles, voilà ce qu'il faut", ainsi parlait le jeune dramaturge au destin tragique imaginé par Anton Tchekhov. Avant lui, Molière, pour divertir le Roi-Soleil (son sponsor), avait inventé un nouveau genre, celui de la comédie-ballet mixant joyeusement danses, chansons, musiques et textes. Dans leur sillage, Simon Abkarian s'empare du genre très codifié de la tragédie pour mettre en scène une "Électre" revisitée de fond en… bas-fonds. Trouvant ses sources chez les tragiques grecs – Euripide, Sophocle et Eschyle –, l'auteur, metteur en scène et acteur, fait exploser superbement le tragique dans un nouveau texte enchâssé dans des concerts de musiques rock débridées et de ballets fougueux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77427051-56282982.jpg?v=1703056709" alt=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" title=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" />
     </div>
     <div>
      D'emblée le ton est donné… Au rythme de la musique composée et interprétée en live par le Trio des Howlin'Jaws armés de leur contrebasse, guitare et batterie, un Monsieur Loyal grimé (c'est le printemps de la fête des morts) fait une entrée remarquée. En avant-scène, une femme aux lunettes noires d'aveugle – Kilissa, la nourrice des enfants d'Agamemnon – s'apprête à commenter le destin tragique d'Électre et d'Oreste. Dans un nuage de fumées envahissant le plateau, Monsieur Loyal (incarnation du destin) ouvre alors les portes de la grande armoire, libérant un chœur de danseuses sacrées au sein duquel se dissimule Oreste, prince déchu fait femme pour échapper aux assassins de son père…       <br />
              <br />
       Oreste déguisé en femme, Oreste qui, malgré les injonctions intransigeantes d'Apollon, se mure dans l'impuissance en refusant de venger un père qu'il n'a pas connu, apparaît dans toute l'étendue de sa fragilité humaine. Malgré les exhortations de Pylade, son ami, qui réitère qu'Egisthe, le régicide, doit mourir de ses mains, Oreste se berce d'illusions en imaginant qu'il pourrait réclamer au tyran meurtrier le trône qui, de droit, lui revient. Comme s'il voulait ignorer que &quot;Le droit ne donne jamais raison au faible / Même s'il est coupable le riche l'emporte toujours sur le pauvre / Quand parle l'argent, la vérité écoute&quot;… Réplique confiée à Pylade, héros d'une tragédie antique dont les échos tonitruent jusqu'à nous pour parler du monde, ici et maintenant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77427051-56282988.jpg?v=1703056766" alt=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" title=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" />
     </div>
     <div>
      Quant à Électre, princesse déchue, ayant pour trône ses fesses et fumant sa clope dans ce bordel d'Argos où la retient prisonnière Egisthe, elle ressasse son désir inflexible de châtier les coupables. Mariée à Sparos, le tenancier du lupanar qui veille sur elle &quot;sans la toucher&quot;, elle n'a en tête que représailles. En écho, Agamemnon en ce jour de la fête des morts apparaît à Sparos qui, halluciné, l'entend réclamer lui aussi justice de la main d'Oreste. Ainsi le drame est-il installé dans le bruit et la fureur d'un plateau polyphonique qui crie de toutes parts vengeance. Désormais, les personnages vont pouvoir jouer le rôle qui leur est assigné par le fatum implacable… mais dans une réécriture textuelle et scénique fondamentalement &quot;nouvelle&quot; (rejoignant ainsi le vœu formulé par Treplev dans &quot;La Mouette&quot;).       <br />
              <br />
       Dans un langage cru, défiant insolemment la tradition du genre, Électre profère sa haine entière de Clytemnestre, cette mère qui se laisse culbuter dans le lit où son frère Oreste et elle sont nés. Plus fort encore, le tableau où l'on découvre Egisthe badinant à propos de la mort d'Agamemnon, mort stupidement dans son bain dès son retour glorieux de la guerre de Troie. Et joignant le geste à la parole, le régicide, dans le dessein de distraire Clytemnestre, rejoue effrontément la scène du coup de poignard fatal. Défiant alors le fantôme d'Agamemnon, comme pour le tuer une seconde fois, il lui lance à la figure : &quot;Pendant que tu guerroyais crânement, moi je dansais sur le ventre de ta femme…&quot;. Puis c'est au tour de Clytemnestre de prendre le relais de la perversion en racontant à sa fille rebelle son meurtre. Et lorsqu'il vient à Électre de cracher sa colère à la face de sa mère criminelle, le monstrueux Egisthe lui lance cyniquement : <span style="font-style:italic">&quot;A-t-on déjà vu une chèvre terrasser une lionne ?&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Alors que l'une, Électre, se perd dans une révolte funeste, l'autre sœur, Chrysothémis, s'abîme dans la douleur. Électre apparaît alors comme le prototype des héroïnes contemporaines n'acceptant aucun compromis avec l'ignominie, voulant que tout brûle quand bien même devrait-elle en mourir. Pour ce qui est de Chrysothémis, personnage plus complexe, Eghiste – incarnation du prédateur mâle triomphant – abusera scandaleusement de son corps qu'il souille en proférant ces paroles abjectes : &quot;Je vais te faire pousser des cris, tu vas comprendre pourquoi ta mère m'a suivi.&quot;. De victime, elle sera celle par qui la &quot;vérité&quot; de Clytemnestre pourra par la suite se dire.       <br />
              <br />
       Le chœur des prostituées – ces prisonnières troyennes ramenées dans la cité des vainqueurs, comme le sont de toute éternité les femmes violées des peuples vaincus – entonnent alors un chant tonique mêlant, au récit de leur cité en flammes, des couplets à la gloire de l'émancipation des femmes. Un discours sans concession, porté par des musiques électrisantes, et dans les plis duquel le coup de foudre d'Hélène pour le séduisant Pâris trouve toute sa légitimité. En effet, stigmatisées, les prétentions au droit patriarcal exercé sur la belle Hélène par Ménélas, frère d'Agamemnon, volent en éclats. Et si, de ces paroles de Troyennes antiques, ressort la tragédie vécue de tout temps par les femmes, premières victimes des conflits armés &quot;autorisant&quot; le déchainement des pulsions, c'est pour crier à la face des mondes à venir l'urgence à mettre fin aux appétits guerriers dévastateurs… Toute ressemblance avec des événements existants – comme la volonté d'anéantir les Gazaouis sous prétexte, là encore, d'une vengeance dite légitime – pourrait ne pas être fortuite.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77427051-56282989.jpg?v=1703056741" alt=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" title=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" />
     </div>
     <div>
      Cette pause dans la dramaturgie, porteuse d'une réflexion atemporelle sur le prétendu droit des hommes à disposer selon leur envie du corps des femmes, prend la forme d'un ballet chorégraphié dont la beauté plastique surligne, au lieu de la gommer, la force du propos. Quant à l'humour – cette autre force insubmersible – il est aussi présent sous forme de saillies verbales accompagnant des inventions scénographiques traversées par une fantaisie libératrice. Ainsi de la scène où Électre tente de se noyer, la tête dans un seau d'eau.       <br />
              <br />
       Viendra le temps de la ruse. Là où la force n'est plus de mise tant le combat est disproportionné, l'intelligence sera sollicitée pour venir à bout du couple maudit sous la forme du travestissement des corps et des intentions (procédé typique de la comédie). Quand adviendra le temps des révélations, les confidences &quot;tragiques&quot; de Chrysothémis (contant son sacrifice pour sauver sa sœur) et de Clytemnestre, renverseront les points de vue hérités de la tradition… De marricide qu'elle était, par la grâce de Simon Abkarian, Clytemnestre deviendra une égérie féministe dévoilant la vraie nature d'Agamemnon, ce père pleuré par Électre et Oreste et bénéficiant jusqu'à nous du statut de victime.       <br />
              <br />
       Qu'en était-il du vrai visage de ce superbe héros ? En immolant la douce Iphigénie, fallait-il que le roi l'emporte sur le père ? Rongé par l'ambition, ne comptant que sur la gloire, n'était-il pas un lâche détournant le regard lors du sacrifice qu'il avait lui-même ordonné ? Les filles sont-elles par leur sexe destinées à être des offrandes ? Qu'en est-il de la douleur des mères ?... Autant de questions qui résonneront longtemps en nous. Quant à la chute, elle rejoindra celle annoncée de toute éternité. Mais là encore, c'est une chorégraphie galvanisante qui envahira le plateau pour faire de cette tragi-comédie ballet une stupéfiante &quot;fête des sens&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 5 décembre dans la grande salle Vitez du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Électre des bas-fonds"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77427051-56282995.jpg?v=1703056803" alt=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" title=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" />
     </div>
     <div>
      Pièce pour 14 comédiennes-danseuses et 5 comédiens-danseurs       <br />
       Écriture et mise en scène : Simon Abkarian.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Arman Saribekyan.       <br />
       Avec : Maral Abkarian, Simon Abkarian, Anaïs Ancel, Manon Pélissier, Chouchane Agoudjian, Maud Brethenoux, Laurent Clauwaert, Victor Fradet, Aurore Frémont, Christina Galstian Agoudjian, Rafaela Jirkovsky, Nathalie Le Boucher, Olivier Mansard, Eliot Maurel, Nedjma Merahi, Annie Rumani, Catherine Schaub Abkarian, Suzana Thomaz, Frédérique Voruz.       <br />
       Musique composée et interprétée par le Trio des Howlin' Jaws : Djivan Abkarian (contrebasse, chant), Lucas Humbert (guitare, choeurs), Baptiste Léon (batterie, chœurs).       <br />
       Dramaturgie et collaboration artistique : Pierre Ziadé.       <br />
       Création lumière : Jean-Michel Bauer et Geoffroy Adragna.       <br />
       Création collective des costumes sous le regard de Catherine Schaub Abkarian.       <br />
       Création décor : Simon Abkarian et Philippe Jasko.       <br />
       Création et régie son : Ronan Mansard.       <br />
       Chorégraphies : la troupe.       <br />
       Préparation physique : Nedjma Merahi, Annie Rumani, Maud Brethenoux, Nathalie Le Boucher.       <br />
       Préparation vocale : Rafaela Jirkovsky.       <br />
       Régie plateau : Philippe Jasko.       <br />
       Chef constructeur : Philippe Jasko avec l'aide de la troupe.       <br />
       Habilleuse : Micha Liebgott.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       &quot;Électre des bas-fonds&quot; est édité chez Actes Sud-Papiers.       <br />
       Création au Théâtre du Soleil le 25 septembre 2019.       <br />
       Représenté du mardi 5 au vendredi 8 décembre 2023 au TnBA Bordeaux Aquitaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77427051-56282982.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>Dans "La véritable histoire du cheval de Troie" est proposé un véritable avatar du conte !</title>
   <pubDate>Mon, 09 Sep 2019 09:59:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Guillaume Edé et Claude Gomez (à l'accordéon chromatique) disent la véritable histoire du cheval de Troie. Et pour ce faire, le jugement de Pâris et l'enlèvement d'Hélène, et la guerre qui s'ensuit, et la destruction de la ville, et le massacre de ses habitants, et l'exil des survivants dont le célèbre Énée qui (selon Virgile) à l'issue de son long exil fonda Rome.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37141013-32902774.jpg?v=1568020837" alt="Dans "La véritable histoire du cheval de Troie" est proposé un véritable avatar du conte !" title="Dans "La véritable histoire du cheval de Troie" est proposé un véritable avatar du conte !" />
     </div>
     <div>
      Le récit tenu par le spectacle est des plus simples et des plus clairs. Dans cette adaptation des textes croisés de &quot;L'Iliade&quot;, de &quot;L'Odyssée&quot; d'Homère et de &quot;L'Énéide&quot; de Virgile, tous trois devenus mythiques, le spectateur est tout heureux de comprendre et de connaître des détails oubliés. Car ces récits, gloire pour les uns et désespoir pour les autres restent bien vivants plus de deux mille ans plus tard.       <br />
              <br />
       Et le spectateur plonge avec délice dans un monde de légende. Le spectacle grâce à son multilinguisme efficace captive.       <br />
              <br />
       À la langue française est dévolue la partie dramatique du récit. Aux langues étranges et étrangères archaïques, si proches du sanskrit, que sont le macédonien et le romani, l'épopée lyrique. Scandée, chantée. Et dans cette alternance naît une forme de noblesse soutenue par la beauté. Est noué un fil du souvenir de l'exil et de l'errance.       <br />
              <br />
       Le souffle de l'accordéon accompagne, guide, amplifie, pousse vers la gestuelle comique ou la déploration tragique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37141013-32903174.jpg?v=1568021942" alt="Dans "La véritable histoire du cheval de Troie" est proposé un véritable avatar du conte !" title="Dans "La véritable histoire du cheval de Troie" est proposé un véritable avatar du conte !" />
     </div>
     <div>
      Portée par un personnage en veste et gilet et chapeau à petits bords, debout sur une mosaïque de kilims, la vieille histoire atteint sa nouvelle vie, rejoint nos jours travaillés par l'actualité. Celui du long périple de l'exil qui fonde un présent. Comme Virgile le fit pour Énée.       <br />
              <br />
       Dans &quot;La véritable histoire du cheval de Troie&quot;, se révèle tout l'art du conteur primitif qui, pris par le rythme, la vitalité, l'énergie, dit, chante et danse. Tout l'art du stentor. Tout l'art de l'aède. Est proposé un véritable avatar du conte.       <br />
              <br />
       Le public ovationne. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La véritable histoire du cheval de Troie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37141013-32903176.jpg?v=1568022045" alt="Dans "La véritable histoire du cheval de Troie" est proposé un véritable avatar du conte !" title="Dans "La véritable histoire du cheval de Troie" est proposé un véritable avatar du conte !" />
     </div>
     <div>
      Textes : Virgile et Homère.       <br />
       Mise en scène et adaptation : Claude Brozzoni.       <br />
       Avec : Guillaume Edé (comédien et chanteur) et Claude Gomez (musicien).       <br />
       Composition musicale : Claude Gomez.       <br />
       Costumes : Pascale Robin.       <br />
       Scénographie : Élodie Monet.       <br />
       Lumière : Nicolas Faucheux.       <br />
       Cie Brozzoni.       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
       Tout public à partir de 9 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 septembre au 16 décembre 2019.</span>       <br />
       Lundi à 21 h.       <br />
       Théâtre Les Déchargeurs, Salle Vicky Messica, Paris 1er, 01 42 36 00 50.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lesdechargeurs.fr/spectacle/la-veritable-histoire-du-cheval-de-troie" target="_blank">&gt;&gt; lesdechargeurs.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37141013-32903702.jpg?v=1568022069" alt="Dans "La véritable histoire du cheval de Troie" est proposé un véritable avatar du conte !" title="Dans "La véritable histoire du cheval de Troie" est proposé un véritable avatar du conte !" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée 2019/2020</b>       <br />
       1er octobre 2019 : Médiathèque, St Jean d'Arvey (73).       <br />
        5 au 7 novembre 2019 : La Nef - Manufacture d'utopies, Pantin (93).       <br />
       21 et 22 novembre 2019 : Théâtre du Briançonnais, Briançon (05).       <br />
       10 au 14 décembre 2019 : Bonlieu Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       31 janvier et 2 février 2020 : La Station Théâtre, La Mézière (35).       <br />
       4 au 8 février 2020 : Théâtre Toursky, Marseille (13).       <br />
       4 et 5 mai 2020 : La ferme de Bel Ébat, Guyancourt (78).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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