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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-19T12:03:28+02:00</dc:date>
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   <title>"Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…</title>
   <pubDate>Tue, 17 Jun 2025 17:29:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Trente-quatrième édition irriguant les "quartiers populaires" de Bordeaux, celui de Saint-Michel sur la rive gauche de la Garonne et de La Benauge sur la rive droite, et toujours le même désir chevillé au corps des deux nouvelles codirectrices… Celui d'initier, pour et avec les habitant(e)s, un tourbillon de cultures joyeuses et débridées, chamboulant à l'envi l'ordre normé pour libérer en chacun le goût de soi… et des autres.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199269.jpg?v=1750174556" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      Artistes et habitant(e)s, confondus dans la même communauté humaine, ont vécu du 6 au 14 juin (sans évoquer le travail en amont durant les mois qui ont précédé) des propositions à haute valeur vivifiante. Une cinquantaine de rendez-vous artistiques (dont une quarantaine gratuits) reliés entre eux par un puissant fil rouge : se déprendre du regard sociétal en s'affranchissant des vœux secrets déposés en nous par nos géniteurs, eux-mêmes modelés par l'héritage du patriarcat, du machisme diffus, de la colonisation des territoires et des esprits. Parmi ce foisonnement, quelques propositions à prendre comme des éclats épars de la programmation…       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Chien, la Traductrice et l'Enfant" de Lancelot Hamelin.</strong></span> Cette fiction donnant lieu à une lecture théâtralisée portée par l'auteur-acteur accompagné d'une comédienne, résulte d'un travail de terrain au long cours : deux années de collecte de données dans les quartiers de Saint-Michel et des Capucins au contact des populations dites en situation de fragilité. De ces paroles à vif, il a imaginé un récit transcendant les situations individuelles pour en exhaler l'essence. Ainsi, au travers des tribulations hautes en couleur de trois personnages de papier, se dévoile en creux "la vraie vie" des gens à la rue.       <br />
              <br />
       Il y a d'abord le Chien, commentant à sa hauteur (de chien), le comportement de son maître relogé de façon précaire par les services sociaux ; ensuite la Traductrice, prise, elle aussi, comme celles et ceux dont elle se fait le porte-parole, dans les rets infernaux du droit d'asile à faire valoir pour sa famille ; et enfin l'Enfant au "grain de santé" entre les deux yeux, ne se résignant pas aux règlements excluant ses parents d'un abri pérenne et se livrant à des actes réparateurs. La polyphonie de ces voix se faisant écho a pour effet de nous aspirer au cœur de l'existence de ces invisibles "éblouissants" en faisant entendre, avec humour et force dramatique, leurs propos fulgurants. Une performance… "fabuleuse".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199278.jpg?v=1750174653" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Parmi d'autres" de Nathalie Man et ses complices.</strong></span> La street-artiste (re)connue, donnant vie depuis de longues années aux murs de la cité bordelaise en y placardant ses propres poèmes "lumineux", a animé des ateliers d'écriture durant l'année écoulée. Véritables "ouvroirs de littérature humaine", les é-crits de ces femmes et hommes affichés sur les palissades de la Flèche Saint-Michel en rénovation résonnent comme d'authentiques appels adressés au flâneur. Curieux de ces vies inconnues déchirant la chape des non-dits pesant comme un couvercle sur nos existences caparaçonnées, le passant est saisi par leur humanité partagée. La poésie de rue érigée en mantra salvateur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199317.jpg?v=1750174815" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Un jour ça servira" de la Compagnie Les Lubies.</strong></span> Immersion grandeur nature dans la maison de la mère de l'auteur-interprète, maison devenue sienne depuis son décès. Située non loin de la basilique du quartier Saint-Michel, la modeste bâtisse ayant abrité la jeunesse de Vincent Nadal exhale le parfum délicieux du temps suspendu, un passé rendu vivant par la grâce de son écriture sensible et de la mise en jeu subtile de Sonia Millot, sa complice.       <br />
              <br />
       Métamorphosant en expérience commune un épisode intime – avoir eu à trier avec sa sœur les objets de toute une vie accumulés là par une mère aimée atteinte de "la gardite" aiguë propre à celles qui ont connu les guerres – il nous entraîne avec gourmandise dans "la vie sortie des cartons"…        <br />
              <br />
       Des centaines de paires de chaussures rangées dans des boîtes, un papier portant trace de sa naissance à Saïgon devenu Ho Chi Minh, une vieille photo d'elle bébé dans les bras de sa mère sur les rives du Mékong, un t-shirt barré du logo floqué du PS "Le changement, c'est maintenant" arboré fièrement lors des élections municipales de 2012, une très ancienne lettre de la grand-mère de Tahiti, un vinyle de Colette Magny… autant de fragments d'une existence "ordinaire", tremplins pour l'imaginaire fertile du poète rêveur qui s'en saisit avec un bonheur non dissimulé. Un bonheur dont il nous fait don avec humour et sincérité, dans cette performance ayant des échos secrets avec nos propres destinées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199340.jpg?v=1750175019" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"La Bible du déboulonnement" de Guy Régis.</strong></span> Adepte du théâtre du réel, l'auteur-metteur en scène haïtien convoque la fiction pour mieux rendre compte d'une réalité que d'aucuns voudraient occulter. Que l'on mesure l'effet produit par la brèche temporelle libérant soudain, dans la cité de Bordeaux au passé ruisselant de l'enrichissement colonial, une horde d'esclaves noirs encapuchonnés… "Ils et Elles" sont là, ressuscité(e)s devant nos yeux, pour venir troubler le présent de La Belle Endormie…       <br />
              <br />
       Dans le cadre éminemment religieux de la Chapelle du Crous, dans son chevet à chapelles rayonnantes, vont se succéder les harangues suscitées par l'effraction dans notre monde du début du troisième millénaire de ces intrus(es) venant perturber nos consciences assoupies. Chacun, de là où il est, selon la place qu'il occupe, va se défendre d'être pour quelque chose dans le crime hérité dont il tentera de minimiser plus ou moins cyniquement la portée, ou au contraire, criera à tue-tête sa colère incoercible que des hommes et femmes aient pu être "traités" de la sorte pour l'enrichissement de ceux dont les descendants ont encore et toujours pignon sur rue. "Vigilance… Attention…", cette performance immersive invite à secouer nos tranquilles indifférences pour nous préserver du danger mortifère d'une pensée oublieuse, niant ou relativisant à bon compte le passé négrier de notre bonne ville.       <br />
       À suivre…       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199372.jpg?v=1750175580" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival Chahuts       <br />
       S'est déroulé du 6 au 14 juin 2025.</b>       <br />
       Quartiers Saint-Michel, La Benauge et au-delà, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/" target="_blank">>> chahuts.net</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Chien, la Traductrice et l'Enfant"</strong></span>       <br />
       Conte urbain.       <br />
       Vu au marché des Douves le samedi 7 juin à 17 h (gratuit sur réservation).       <br />
       Texte : Lancelot Hamelin.       <br />
       Interprétation : Lancelot Hamelin &amp; Lucie Monzies        <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Parmi d'autres", de Nathalie Man et ses complices</strong></span>       <br />
       Exposition à ciel ouvert.       <br />
       Vu sur la place Saint-Michel (Meynard) lors du vernissage le samedi 7 juin à16 h, a été visible jusqu'au samedi 14 juin (gratuit).       <br />
       Poèmes : Nathalie Man et ses complices.       <br />
       Avec la participation de Promofemmes, du Gem Jeunes, du centre d'animation Saint-Michel (cours de FLE) et de personnes qui ont participé aux ateliers d'écriture.       <br />
       Avec la mise à disposition de murs par InCité et la ville de Bordeaux.       <br />
       Durée : environ 30 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199414.jpg?v=1750175664" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Un jour ça servira"</strong></span>       <br />
       Récit.       <br />
       Vu dans une maison de Saint-Michel le dimanche 8 juin à 11 h (gratuit sur réservation).       <br />
       Compagnie Les Lubies.       <br />
       Écriture et interprétation : Vincent Nadal.       <br />
       Mise en scène, direction d'acteur : Sonia Millot.       <br />
       Dramaturgie des objets, construction marionnette : Pascal Laurent.       <br />
       Scénographie : Éric Charbeau et Philippe Casaban.       <br />
       Création lumières : Cédric Quéau.       <br />
       Traitement images vidéo (archives publiques) : Erwin Chamard.       <br />
       Traitement musiques et sons : Hervé Rigaud.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"La Bible du déboulonnement"</strong></span>       <br />
       Théâtre du réel.       <br />
       Vu à la chapelle du Crous le dimanche 8 juin à 17 h (seconde représentation à 17 h 30) (gratuit sur réservation).       <br />
       Auteur et metteur en scène : Guy Régis Jr.       <br />
       Assistant à la mise-en-scène : Vladimir Deva.       <br />
       Création et régie vidéo : Dimitri Petrovic.       <br />
       Avec : Nanténé Traoré , Frédéric Fachena , Ornella Mamba , Marcel Mankita, Roxanne Roux.       <br />
       Avec les élèves en théâtre du Conservatoire de Bordeaux Jacques Thibaud : Aline Bonhomme, Lola Cheurfa, Natalia Gonzalez Arroyo, Yanis Lakhadir, Martin Le Clainche, Nathan Chapuis-Guntzburger, Elsa Rayan, Adam Sullivan, Sihem Kellala et Saziley Vernaton.       <br />
       Durée : 30 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Chahuts-Un-festival-au-coeur-des-quartiers-theatres-de-nos-vies-minuscules_a4258.html</link>
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   <title>FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique</title>
   <pubDate>Thu, 27 Oct 2022 09:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Avoir fait le choix de réunir dans le même article ces deux formes du Festival peut paraître hasardeux… En effet, le théâtre du Thaïlandais Wichaya Artamat nous invite dans un appartement feutré de Banghok où, dans une atmosphère éclairée par des lumières douces, au rythme lent des ans qui s'écoulent, un frère et une sœur dévident les souvenirs d'un père disparu. Tandis que l'installation performance du Haïtien Guy Régis Jr nous précipite dans la pile du Pont de Pierre de Bordeaux où, sans ménagement, nous sommes projetés en tout inconfort au cœur du commerce triangulaire dont la ville fut l'un des trois ports…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68318657-48090193.jpg?v=1666809099" alt="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" title="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"This Song Father Used To Sing"</strong></span>, cette chanson de Teresa Teng - star populaire taïwanaise - que leur père d'origine chinoise aimait chanter, devient le leitmotiv lancinant d'une recherche du temps qui passe. Celle qu'un cadet et son aînée, se retrouvant au fil des années trois jours en mai dans la maison de leur enfance, élaborent par touches impressionnistes. Là, tout en rendant hommage à la figure tutélaire du disparu dont le portrait encadré de deux bougies trône dans le petit autel dressé à l'entrée, ils vont s'adonner à l'art d'un échange impromptu sans aspérités visibles.       <br />
              <br />
       En creux de ce qui se dit, de ces presque rien du quotidien troublant à peine le silence d'une mélodie sans fin, se devinent bruire au loin - si loin de nous qu'ils en sont inaudibles - les échos d'événements extérieurs affectant leur existence… sinon pourquoi les dates de 1992, 2010 et 2014 s'afficheraient-elles en haut de l'écran de scène ? L'énigme posée par ces années mises en exergue se résumera hélas à leurs fugitives inscriptions… Le frère, étudiant en théâtre d'avant-garde, les yeux fixés obstinément sur son portable, la sœur, en passe de délaisser son studio de yoga pour un restaurant de cuisine végétarienne, lui jetant des regards furtifs, semblent l'un et l'autre enfermés dans leur monde, recouvert d'une chape de non-dits.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68318657-48090202.jpg?v=1666809139" alt="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" title="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" />
     </div>
     <div>
      Ils ne s'en évadent que pour communiquer autour de la cuisson du riz, des frais du croque-mort non encore réglés, ou encore de l'opportunité de déterrer le patriarche pour l'incinérer et lui donner place dans l'autel. Parfois ils se chamaillent autour de ce qu'aurait aimé faire ou manger le père, de la manière qu'il aurait de tenir très haut la bouilloire de thé, jamais gravement, se réunissant aussitôt dans le pliage des papiers dorés roulés et brûlés en offrande au mort.       <br />
              <br />
       Parfois des petits secrets personnels filtrent, comme celui du plaisir de la cigarette que s'accordait le père, ou bien des confidences moins personnelles comme l'évocation brumeuse <span style="font-style:italic">&quot;d'un jour d'élection déterminant l'avenir&quot;.</span> Tout est mis sur le même plan, celui d'une discrétion parfaite, prudente à l'excès… Mais ce qui n'est pas dit, finit par tonitruer.       <br />
              <br />
       En effet, dans cette atmosphère lissée où le temps semble suspendu jusqu'à l'ennui, Wichaya Artamat nous suggère, sans rien en laisser filtrer, que la réalité qui se joue derrière la placide façade de cette histoire familiale est d'une tout autre gravité. Nous devinons alors que ce qui motive l'extrême réserve du metteur en scène thaïlandais pour évoquer les événements de la grande Histoire lui faisant écho résulte d'une violence d'État.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68318657-48090203.jpg?v=1666809173" alt="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" title="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" />
     </div>
     <div>
      Cette frilosité apparente est l'expression en creux du joug des lois thaïlandaises. Celles des régimes militaires autoritaires se succédant depuis l'instauration de la monarchie constitutionnelle qui, sous le regard de rois trônant sourires aux lèvres, ont vu des milliers d'intellectuels, journalistes, artistes, militants, détenus dans des camps, sans parler de ceux que l'on a fait taire pour toujours, massacrés dans des répressions sanglantes.       <br />
              <br />
       Si ce trou dans la représentation est ressenti par nous occidentaux comme une frustration &quot;dramatique&quot; (au sens théâtral), en en saisissant la raison nous pouvons, dès lors à sa juste valeur, apprécier pleinement <span style="font-style:italic">&quot;le charme discret de l'univers dépeint&quot;</span>.       <br />
              <br />
       <b>Vu le lundi 10 octobre 2022, aux Colonnes de Blanquefort, dans le cadre du FAB - Festival International des Arts de Bordeaux Métropole. Autre représentation le mardi 11 octobre.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68318657-48090373.jpg?v=1666810198" alt="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" title="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"NEV"</strong></span>, du Haïtien Guy Régis Jr, n'a plus à s'embarrasser de telles précautions pour aborder de manière frontale l'impensable du commerce esclavagiste ayant constitué naguère la fortune des négociants de Nantes, La Rochelle et Bordeaux. Même si l'acronyme étrangement énigmatique, ayant été retenu pour titre de l'installation, peut questionner…       <br />
              <br />
       Quel lieu pouvait être plus propice que la pile du "pont de pierre" de Bordeaux, enjambant le fleuve Garonne, pour abriter une telle performance mettant en jeu une autre traversée… celle des esclaves noirs transportés par mer pour être vendus avec d'autres marchandises ? Par petits groupes de cinq à six personnes, casquées pour éviter les chocs avec les parois de pierre, dans une totale obscurité, les participant(e)s traversent un univers sonore empli de craquements de coque, de bruits de rames s'entrechoquant, de vagues se brisant, mêlés aux clameurs des chants vaudou interrompus par des ahanements de suffocation.       <br />
              <br />
       L'effet de réalité produite en direct est glaçant, comme si, désorienté par le noir régnant, on faisait partie de la cargaison de l'un de ces sinistres bateaux. Et lorsqu'au terme de cette immersion, d'une dizaine de minutes vécues comme un interminable voyage à fond de cale, au bout de la nuit vécue on entrevoit un rai de lumière, c'est pour s'entendre délivrer un extrait des registres d'esclaves détaillant par le menu l'opération dite de l'étampage :
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68318657-48090394.jpg?v=1666810228" alt="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" title="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Quand on veut étamper un nègre, on fait chauffer l'étampe sans la faire rougir, on frotte l'endroit où on les veut appliquer avec un peu de suif ou de graisse et on met dessus un papier huilé ou ciré et l'on applique l'étampe dessus, le plus légèrement qu'il est possible. La chair s'enfle aussitôt et quand l'effet de la brûlure est passé, la marque reste imprimée sur la peau sans qu'il soit possible de la jamais effacer&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Mise en jeu des atrocités infligées au nom d'un libéralisme triomphant - celui du commerce triangulaire -, cette installation sonore et sensible, imaginée par un dramaturge haïtien porteur de cette mémoire, est de nature à bouleverser artistiquement et humainement. En parlant aux sens, elle donne à entendre le sort de tous les massacrés au nom du profit de quelques-uns.       <br />
              <br />
       Une seule ombre au tableau : pourquoi le titre original, &quot;Nègres En Vente&quot;, a-t-il été réduit là à sa portion congrue d'acronyme obscur, &quot;NEV&quot; ? Y aurait-il dans cette &quot;réduction&quot; une trace du politiquement correct écartant délibérément le mot &quot;Nègres&quot; du vocabulaire admis pour dénoncer la traite dont ils ont fait l'objet, comme pour en édulcorer artificiellement la violence ? En revanche, les noms de rue des esclavagistes ayant fait fortune ont toujours droit de cité dans le quartier des Chartrons, et ailleurs à Bordeaux, sans que cela ne semble aucunement choquer les bonnes âmes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 8 octobre 2022, Pile du pont de pierre de Bordeaux, dans le cadre du FAB - Festival International des Arts de Bordeaux Métropole, en partenariat avec le Musée d'Aquitaine et la Maison Éco-Citoyenne. Les représentations ont eu lieu les 8 et 9 octobre.</b>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68318657-48090403.jpg?v=1666810910" alt="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" title="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"This Song Father Used To Sing"</strong></span>       <br />
       "This Song Father Used To Sing"       <br />
       Spectacle en Thaïlandais surtitré en français.       <br />
       Mise en scène : Wichaya Artamat.       <br />
       Texte : Wichaya Artamat, Jaturachai Srichanwanpen, Parnrut Kritchanchai.       <br />
       Avec : Jaturachai Srichanwanpen, Parnrut Kritchanchai, Saifah Tanthana.       <br />
       Scénographie : Rueangrith Suntisuk.       <br />
       Lumière : Pornpan Arayaveerasid.       <br />
       Musique et vidéo : Atikhun Adulpocatorn.       <br />
       Régie plateau : Pathipon Adsavamahapong.       <br />
       Durée : 1 h 40.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68318657-48090552.jpg?v=1666811101" alt="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" title="FAB 2022 "This Song Father Used To Sing" et "NEV", immersion dans deux univers opposés… unis par un joug tyrannique" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"NEV"</strong></span>       <br />
       Mise en scène : Guy Régis Jr.       <br />
       Performeur : Guy Régis Jr.       <br />
       Assistante à la mise en scène et créatrice sonore : Hélène Lacroix.       <br />
       Durée : 10 minutes.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <b>FAB - 7e Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.</b>       <br />
       <b>A eu lieu du 1er au 16 octobre 2022.</b>       <br />
       9 rue des Capérans, Bordeaux (33).       <br />
       Billetterie : 06 63 80 01 48.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@festivalbordeaux.com')" >contact@festivalbordeaux.com</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://fab.festivalbordeaux.com/" target="_blank">>> fab.festivalbordeaux.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/68318657-48090193.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/FAB-2022-This-Song-Father-Used-To-Sing-et-NEV--immersion-dans-deux-univers-opposes-unis-par-un-joug-tyrannique_a3429.html</link>
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