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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes</title>
   <pubDate>Mon, 11 Jul 2022 05:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2022]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Qui sait la propension quasi addictive de Tiago Rodrigues à "réinventer" les mythes (cf. son fabuleux "Antoine et Cléopâtre" ou "By Heart" à partir d'un sonnet de Shakespeare décliné à l'envi, ou encore "Bovary" ressuscitée) ne peut être vraiment étonné que ce passionné de récits revienne en Avignon avec une "Iphigénie" revisitée, transcendée. Dans une subtile mise en scène d'Anne Théron allant comme un gant au texte du dramaturge, Iphigénie (la jeune fille derrière le rôle) reprend des couleurs… L'écriture théâtrale et sa traduction au plateau ne faisant qu'une, la création n'a de cesse de questionner nos libertés d'action et les places attribuées au féminin.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65965284-46966169.jpg?v=1657480084" alt="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" title="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" />
     </div>
     <div>
      Rester fidèle au mythe antique &quot;encré&quot; dans les mémoires (ainsi en va-t-il de la Tragédie, Iphigénie sait avec nous qu'elle va devoir mourir ce soir, elle n'échappera pas au fatum quelles que soient les énergies déployées), tout en &quot;travaillant&quot; le mythe de l'intérieur afin de le faire accoucher de nouveaux horizons d'attente dissimulés jusque-là dans les plis des tuniques antiques… Telle apparaît la gageure. Et si, au terme de cette heure et demie ou un peu plus, Iphigénie finira comme il est écrit, c'est en femme libre, débarrassée des injonctions patriarcales et de gardienne de la mémoire. Morte certes, mais en ayant recouvré sa liberté.       <br />
              <br />
       En fond de plateau, une vidéo défile en continu, on imagine la baie d'Aulis. On ne voit que la mer qui s'embrase des rougeurs du couchant et le ciel traversé parfois par des nuages sombres. On devine au loin les trières attendant impatiemment que le vent souffle pour prendre la mer… C'est qu'ils ont une mission d'importance les guerriers, partir faire la guerre à l'ennemi troyen coupable d'avoir enlevé la femme de l'un de leurs rois, Ménélas, frère d'Agamemnon, le roi des rois… et père d'Iphigénie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65965284-46966170.jpg?v=1657480131" alt="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" title="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" />
     </div>
     <div>
      Mais on ne va pas vous raconter l'histoire, vous la connaissez cette fable de la belle Hélène &quot;ravie&quot; (… oui, c'est peut-être elle qui a séduit le beau guerrier grec, elle en avait le pouvoir) par Pâris, fils de Priam, roi de Troie. L'histoire insensée d'un carnage annoncé à cause d'une femme, elle toujours bien vivante… Non, même si vous savez que tout cela n'est que récit inventé pour trouver une raison à ce qui est fondamentalement irraisonnable - comment la guerre le serait-elle ? -, vous vous fiez au souvenir ancré en vous, aux attendus de cette tragédie ayant traversé le temps. Ce soir, c'est à une mise en abyme de cette histoire mythique que nous allons assister. Une tentative de déconstruction systémique afin de mieux faire entendre les problématiques en jeu.       <br />
              <br />
       Sur le plateau nu au sol constitué de praticables disjoints pouvant glisser les uns sur les autres afin de ménager des niveaux différents, les neuf comédiennes et comédiens bien vivants, tout de noir vêtus, vont enclencher un récit dans le récit, commentant tour à tour les postures des personnages, les contredisant tant leurs décisions apparaissent inacceptables aux humains qu'ils incarnent. Ainsi d'Agamemnon en prise avec une folle promesse impossible à tenir mais qui, la mort dans l'âme et s'apprêtant à la donner de ses mains, fera périr ce qu'il a de plus cher, sa fille. Ainsi de Ménélas qui sera amené progressivement à admettre que la raison alléguée pour justifier le sacrifice de sa nièce se résume… à du vent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65965284-46966197.jpg?v=1657480166" alt="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" title="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" />
     </div>
     <div>
      Quant au chœur des femmes, allié au hiératique Vieillard dépositaire de la Mémoire, clamant leur colère contre l'histoire dont elles ont la charge et dont elles se font l'écho vibrant d'indignation, il joue son rôle infatigable de questionneur d'un passé impossible à passer en elles. Ces femmes qui se souviennent sont des guerrières déterminées de la paix.       <br />
              <br />
       Et puis il y a cette figure tutélaire, icône laïque d'une humanité à vif, incarnée superbement par la comédienne jouant le personnage de la reine Clytemnestre, mère d'Iphigénie. Avec infiniment de tendresse, mais aussi de détermination incorruptible, elle est là pour tenter de libérer Agamemnon de la promesse batailleuse qu'il a pu faire naguère aux Grecs, promesse qui le conduit désormais &quot;par pure honnêteté&quot; vers un destin impur d'infanticide. Elle lui indique la porte de sortie qui les sauverait, lui, elle, leur fille, les Grecs qui vont, si la guerre éclate à cause de ce serment aventureux, verser inexorablement leur sang. S'il consentait seulement à abdiquer, ils pourraient vivre ensemble un destin… humain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65965284-46966200.jpg?v=1657480192" alt="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" title="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" />
     </div>
     <div>
      Quant à la figure fragile de la jeune femme endossant celui de la victime sacrificielle, elle sortira du silence imposé par des siècles de loi patriarcale. Avec une force éclatante, elle naîtra à elle-même avant de subir le sort inique dicté par des dieux absents dont des hommes, castrés de leur humanité, se font les marionnettes serviles. Se souvenir non de la tragédie enseignée véhiculant de manière subliminale l'idée d'un sacrifice féminin à consentir, tribut ordinaire à payer, mais le &quot;non&quot; catégorique qu'elle lui oppose. Elle réclame l'oubli de cette mémoire pernicieuse chargée d'inscrire dans l'inconscient collectif le sacrifice des femmes comme allant de soi. Ce qu'elle lance au visage de ces hommes, bouffons de dieux qui n'existent pas, c'est un &quot;non&quot; fondateur, une promesse de vie humaine.       <br />
              <br />
       Immergée dans la scénographie envoûtante de ce plateau habité par des personnes artistes remettant en débat les motivations de leur personnage, sur fond d'une mer étale attendant que le vent ne se lève, la mémoire du spectateur se déconstruit. Happée par le mouvement impulsé, elle se lave des scories héritées pour advenir à un autre stade de conscience…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65965284-46966209.jpg?v=1657480364" alt="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" title="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" />
     </div>
     <div>
      Si les dieux sont des fables pour éviter de se souvenir des crimes commis en leurs noms, la très humaine réécriture de Tiago Rodrigues de ce mythe antique, sublimée par la mise en jeu d'Anne Théron, aura la vertu de faire résonner longtemps en nous ce &quot;non&quot; de résistance féminine… Iphigénie.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 8 juillet à l'Opéra du Grand Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Iphigénie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65965284-46966212.jpg?v=1657480397" alt="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" title="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" />
     </div>
     <div>
      Strasbourg - Paris – Porto/Création 2022.       <br />
       Spectacle en français surtitré en anglais sauf les 11 et 12 juillet.       <br />
       Texte : Tiago Rodrigues.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.       <br />
       Mise en scène : Anne Théron.       <br />
       Dramaturgie et assistant à la mise en scène : Thomas Resendes.       <br />
       Avec : Carolina Amaral, Fanny Avram, João Cravo Cardoso, Alex Descas, Vincent Dissez, Mireille Herbstmeyer, Julie Moreau, Philippe Morier-Genoud, Richard Sammut.       <br />
       Collaboration chorégraphique : Thierry Thieû Niang.       <br />
       Scénographie et costumes : Barbara Kraft.       <br />
       Lumière, Benoît Théron.       <br />
       Vidéo : Nicolas Comte avec à l'image Jules Dupont, Achille Genet, Baptiste Perais, Julien Toinard, Louis Valencia.       <br />
       Son : Sophie Berger.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       &quot;Iphigénie&quot; de Tiago Rodrigues, traduction de Thomas Resendes, est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs dans le recueil &quot;Iphigénie, Agamemnon, Electre&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle diffusé le 15 juillet sur France 5, le 24 juillet sur Culturebox, puis disponible en replay pendant 9 mois.</b>       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 13 juillet 2022.</span>       <br />
       À 18 h, relâche le 10 juillet.       <br />
       Opéra Grand Avignon, place de l'Horloge, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 13 au 22 octobre 2022 : TNS - Théâtre National de Strasbourg, Strasbourg (67).       <br />
       Du 18 au 22 janvier 2023 : Théâtre des Célestins, Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65965284-46966213.jpg?v=1657480339" alt="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" title="•In 2022• "Iphigénie" Et tout ça pour une histoire de vent, de dieux, de fables… Le "non" d'Iphigénie portée par la colère des femmes" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65965284-46966169.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2022-Iphigenie-Et-tout-ca-pour-une-histoire-de-vent-de-dieux-de-fables-Le-non-d-Iphigenie-portee-par-la-colere-des_a3338.html</link>
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   <title>"Électre des bas-fonds"… Mythe indémodable</title>
   <pubDate>Wed, 23 Oct 2019 08:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Simon Abkarian, dans sa dernière création avec sa Compagnie des 5 roues, revisite le personnage d'Électre. Autour d'une écriture poétique et acérée, il marie musiciens et danseurs pour donner à ce mythe une tonalité qui reste toujours intemporelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38629738-33622358.jpg?v=1571814953" alt=""Électre des bas-fonds"… Mythe indémodable" title=""Électre des bas-fonds"… Mythe indémodable" />
     </div>
     <div>
      D'Électre, Jung (1875-1961), ancien disciple de Freud, a bâti un complexe, non reconnu par le père de la psychanalyse, pour en faire le pendant féminin de celui d'Œdipe. C'est aussi et surtout un personnage qui a aidé son frère Oreste à tuer leur mère Clytemnestre pour se venger du meurtre de leur père Agamemnon, assassiné par sa femme selon Homère (VIIe siècle av. J.-C.) ou par son amant Égisthe selon Eschyle (525 av. J.-C., 456 av. J.-C.). Autour de cette figure, des pièces ont été écrites par d'aussi grands dramaturges que Sophocle, Eschyle, Euripide, Racine et Giraudoux.       <br />
              <br />
       Simon Abkarian, à l'instar de ces illustres prédécesseurs, s'y essaie avec beaucoup de réussite. Il a déjà montré par le passé son talent dramaturgique dans six créations. Le texte est beau et poétique et la pièce est habillée de répliques très construites et charpentées.       <br />
              <br />
       Le spectacle mêle danse, théâtre et musique. Dans ce rapport à la violence, Simon Abkarian exploite différents axes autour de l'intime et de l'extime avec un aspect intérieur du conte, nourri par la situation des personnages, et extérieur par son mode récitatif où s'entrecroisent le destin et l'Até, cheville ouvrière du théâtre grecque antique, dans un entre-deux où ceux-ci sont autant habités, subis que tenus à distance selon les protagonistes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38629738-33622428.jpg?v=1571815410" alt=""Électre des bas-fonds"… Mythe indémodable" title=""Électre des bas-fonds"… Mythe indémodable" />
     </div>
     <div>
      C'est dans cet espace que viennent se greffer trois musiciens, les Howlin' Jaws, armés de leur basse, contrebasse, guitare électrique et acoustique, batterie, clavier, oud, timbales d'opéra, percussions indiennes (tchenda), mandoline, youkoulélé, saz et banjo.       <br />
              <br />
       Les chorégraphies s'appuient essentiellement sur le plat des pieds des interprètes, avec une cambrure des corps qui donne aux danseuses, prostituées dans leur incarnation, une liberté certaine dans leur revendication sociale. Un effet de groupe les lie les unes aux autres pour porter un message contre une soumission d'un corps ravagé par la déliquescence de leur condition.       <br />
              <br />
       Les danses ne sont pas toujours très synchronisées. Pour autant, l'allure de celles-ci colle parfaitement avec un élan de vie, de révolte pour secouer la soumission qui les étreint. C'est le corps qui exprime l'âme, lui qui porte toute la quintessence d'une parole politique faite aussi de chants.       <br />
              <br />
       La mort et la vie sont enlacées entre elles. Les prostitués, victimes de l'Até, décrivent leur situation pour la rejeter. Elles sont habillées de couleurs vives, incarnent une liberté face à un destin dont les dieux, jusqu'à Sophocle, étaient les seuls maîtres. Les voix sont multiples, homogènes et de la même tonalité. Elles sont lancées, jetées, hurlées, comme prises par l'étau de la fatalité, faisant presque une seule et même voix, à l'opposé de celle de la narratrice de la fable, aveugle, assise côté jardin dans un coin, qui débute le spectacle de façon douce, lente, presque éteinte et avare de ses mots. Il y a aussi celle du compagnon d'Oreste, policée, urbaine, non marquée par le destin, donnant l'illusion qu'il est hors de la tragédie et décalé des événements.       <br />
              <br />
       De très beaux moments ponctuent la représentation comme celui où Chrysothémis est dans un monologue poignant, larmes à l'œil, marquée d'une tristesse tragique. Ou lorsque les prostituées, habillées de noir, disposent des tables et des chaises, rejointes par les musiciens pour pleurer la mort d'Oreste devant Égisthe et Clytemnestre. Bref, du théâtre dans le théâtre.       <br />
              <br />
       Le chœur, dont les hellénistes n'ont pas encore réussi à savoir comment il était articulé sur scène dans le théâtre antique, est composé d'une première voix, puis d'une deuxième suivie d'une troisième. Elles se succèdent, se relaient. Le chœur est d'un seul bloc corporel mais échelonné vocalement comme s'il était le fruit d'une rumeur.       <br />
              <br />
       Nous sommes entre différents axes temporels. La musique est &quot;moderne&quot; et n'appartient pas à la tragédie grecque, ainsi que les costumes de la narratrice et des musiciens, donnant un décalage intemporel à la représentation. C'est superbe de créativité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Électre des bas-fonds"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38629738-33685095.jpg?v=1572197655" alt=""Électre des bas-fonds"… Mythe indémodable" title=""Électre des bas-fonds"… Mythe indémodable" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Simon Abkarian.       <br />
       Le texte est publié chez Actes Sud-Papiers.       <br />
       Pour 14 comédiennes-danseuses et 6 comédiens-danseurs.       <br />
       Musique écrite et jouée par le trio des Howlin' Jaws.       <br />
       Avec : Maral Abkarian, Chouchane Agoudjian, Anaïs Ancel, Maud Brethenoux, Aurore Frémont, Christina Galstian Agoudjian, Georgia Ives (en alternance), Rafaela Jirkovsky, Nathalie Le Boucher, Nedjma Merahi, Manon Pélissier, Annie Rumani, Catherine Schaub Abkarian, Suzana Thomaz, Frédérique Voruz.       <br />
       Et avec : Simon Abkarian, Assaad Bouab, Laurent Clauwaert, Victor Fradet, Eliot Maurel, Olivier Mansard.       <br />
       Dramaturgie : Pierre Ziadé.       <br />
       Collaboration artistique : Arman Saribekyan.       <br />
       Création lumière : Jean Michel Bauer et Geoffroy Adragna.       <br />
       Création musicale : Howlin'Jaws avec Djivan Abkarian, Baptiste Léon, Lucas Humbert.       <br />
       Création collective des costumes sous le regard de Catherine Schaub Abkarian.       <br />
       Création décor : Simon Abkarian et Philippe Jasko.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38629738-33685113.jpg?v=1572197753" alt=""Électre des bas-fonds"… Mythe indémodable" title=""Électre des bas-fonds"… Mythe indémodable" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphies : La troupe.       <br />
       Répétitrices : Nedjma Merahi, Christina Galstian Agoudjian, Catherine Schaub Abkarian, Nathalie Le Boucher, Annie Rumani.       <br />
       Préparation physique : Nedjma Merahi, Annie Rumani, Maud Brethenoux, Nathalie Le Boucher.       <br />
       Préparation vocale : Rafaela Jirkovsky.       <br />
       Régie plateau : Philippe Jasko.       <br />
       Régie son : Ronan Mansard.       <br />
       Chef constructeur : Philippe Jasko, avec l'aide de la troupe.       <br />
       Par la Compagnie des 5 Roues.       <br />
       Durée du spectacle : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 septembre au 3 novembre 2019.</span>       <br />
       Mercredi, jeudi, vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h, dimanche à 13 h 30.       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e, 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Electre-des-bas-fonds-Mythe-indemodable_a2580.html</link>
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   <title>La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil</title>
   <pubDate>Tue, 08 Oct 2019 06:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il faut venir voir cette pièce sans idée préalable. S'asseoir là avec les autres dans cette grande salle du Théâtre du Soleil sans rien savoir de ce qui va se passer. Ne pas craindre surtout ce grand nom, cette énigmatique référence, Électre, qu'il ne faut pas craindre de ne pas connaître.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37998247-33360929.jpg?v=1570368085" alt="La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil" title="La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil" />
     </div>
     <div>
      Un mythe ! Allons donc ! Non… rien à préméditer. Il faut se poser là au milieu de ce bois de Vincennes comme un oiseau de passage qui fait une halte et regarde ce qui se passe devant lui en toute innocence… car le temps, soudain, a une autre couleur, un autre rythme, un autre pas.       <br />
              <br />
       Simon Abkarian et ses comédiens, comédiennes, danseuses, danseurs et musiciens, mènent une sarabande multicolore pour raconter cette histoire de vengeance et d'honneur noués au corps et à l'esprit. Nous sommes dans les années qui suivent la guerre de Troie. Agamemnon, le vainqueur grec, s'est fait trucider par sa femme Clitemnestre et son amant Égisthe. Sa fille Électre aiguise sa haine contre cette mère tueuse tandis qu'Oreste, son jeune frère, a été mis à l'abri, en exil, par leur nourrice. La pièce commence lorsque Oreste, devenu homme, revient dans son pays.       <br />
              <br />
       Dans ce royaume, l'ordre et la morale semblent à jamais bafoués, et la reine et sa cour à jamais salies par la débauche et l'injustice. Pour en parler, Simon Abkarian prend le parti des Humbles, du peuple et, parmi les plus humiliés, la faune des prostituées que la guerre a rapportée de Troie comme trophées pour servir d'esclaves aux Grecs. C'est dans ce bordel à ciel ouvert que le destin a jeté Électre, mariée de force à un pauvre hère et obligée de servir ces femmes que la société considère au plus bas prix. Elle est privée des dorures du palais et condamnée à moisir dans les bas-fonds pour la punir de ses désirs de meurtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37998247-33360978.jpg?v=1570368129" alt="La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil" title="La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil" />
     </div>
     <div>
      C'est la spirale sans fin des dettes et des fautes qui sert ici de machine infernale. À ce jeu funeste des rancunes, toutes et tous sont des victimes, marquées à vie par la douleur, la violence, la colère, la haine. La pièce déroule ainsi le tapis sanglant que foule presque tous les personnages de la pièce, sans pouvoir détacher une seconde les yeux de la vision de leurs vies brisées. L'écriture de Simon Abkarian réussit à donner la parole à chacune de ces victimes avec une élégance et une richesse de verbe bouleversantes.       <br />
               <br />
       Mais la pièce ne se contente pas de mots, la danse et la musique expriment encore plus fort ce que les corps blessés, les corps en colère ressentent. Danses et costumes magnifient les émotions, des chorégraphies qui sont des créations collectives de la compagnie. Ce sont des danses terriennes, comme si les coups portés à ce sol pouvaient faire résonner la colère jusqu'aux oreilles des dieux. Les costumes quand à eux reflètent la position de Porte sur l'Orient de la Grèce. Costumes qui renvoient l'imaginaire jusqu'au Japon, et au théâtre balinais, les chevilles des danseuses devenues instruments sonores grâce aux bracelets de clochettes qui amplifient les rythmes et les tempos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37998247-33361039.jpg?v=1570368610" alt="La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil" title="La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil" />
     </div>
     <div>
      Et puis il y a l'orchestre live, à l'ouest du plateau, ils sont trois, multi-instrumentistes, qui envoient ces accents rock qui portent avec puissance les danseuses et les danseurs. Il faut aussi saluer la force, la précision et l'incroyable virtuosité des comédiennes et comédiens (qui sont également danseuses et danseurs) pour incarner ces personnages intenses, jouer ces scènes de groupe qui parviennent à donner l'illusion de la vie fourmillante ou donner tout leur souffle à ces tirades pleines de sens et dévoilement et parvenir ainsi à déclencher des brassées d'émotion dans le public. Une magnifique générosité.       <br />
               <br />
       Et encore, la pièce ne se contente pas de donner à voir et à entendre ces rouages pervers de la rancune et des affres que les destins donnent à vivre aux femmes et aux hommes, car il y a, comme en suspension invisible dans l'air, le désir de réconciliation qui éclaire toute l'histoire et touche au cœur. Merci pour cette touche invisible.       <br />
               <br />
       C'est un puits d'oubli que le temps de cette représentation, on s'oublie soi-même, on oublie hier et demain, et l'on se retrouve dans une continuité beaucoup plus vaste qu'une vie humaine, une filiation de questionnements qui traverse les siècles et les générations, qui traverse aussi l'espace, de notre récif occidental jusqu'au socle de l'Orient, ou plutôt l'inverse. Les héros sont sur le plateau, certes. Mais ils ont le cœur et l'esprit si béants qu'on devient soi-même porteur de ces destins, de ces choix. Héros nous-mêmes, comme ces acteurs et actrices qui les portent jusqu'à nous, sur un plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Électre des bas-fonds"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37998247-33361048.jpg?v=1570368662" alt="La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil" title="La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Simon Abkarian.       <br />
       Le texte est publié chez Actes Sud-Papiers.       <br />
       Pour 14 comédiennes-danseuses et 6 comédiens-danseurs.       <br />
       Musique écrite et jouée par le trio des Howlin' Jaws.       <br />
       Avec : Maral Abkarian, Chouchane Agoudjian, Anaïs Ancel, Maud Brethenoux, Aurore Frémont, Christina Galstian Agoudjian, Georgia Ives (en alternance), Rafaela Jirkovsky, Nathalie Le Boucher, Nedjma Merahi, Manon Pélissier, Annie Rumani, Catherine Schaub Abkarian, Suzana Thomaz, Frédérique Voruz.       <br />
       Et avec : Simon Abkarian, Assaad Bouab, Laurent Clauwaert, Victor Fradet, Eliot Maurel, Olivier Mansard.       <br />
       Dramaturgie : Pierre Ziadé.       <br />
       Collaboration artistique : Arman Saribekyan.       <br />
       Création lumière : Jean Michel Bauer et Geoffroy Adragna.       <br />
       Création musicale : Howlin'Jaws avec Djivan Abkarian, Baptiste Léon, Lucas Humbert.       <br />
       Création collective des costumes sous le regard de Catherine Schaub Abkarian.       <br />
       Création décor : Simon Abkarian et Philippe Jasko.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37998247-33361053.jpg?v=1570368715" alt="La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil" title="La lumineuse "Électre" de Simon Abkarian au Théâtre du Soleil" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphies : La troupe.       <br />
       Répétitrices : Nedjma Merahi, Christina Galstian Agoudjian, Catherine Schaub Abkarian, Nathalie Le Boucher, Annie Rumani.       <br />
       Préparation physique : Nedjma Merahi, Annie Rumani, Maud Brethenoux, Nathalie Le Boucher.       <br />
       Préparation vocale : Rafaela Jirkovsky.       <br />
       Régie plateau : Philippe Jasko.       <br />
       Régie son : Ronan Mansard.       <br />
       Chef constructeur : Philippe Jasko, avec l'aide de la troupe.       <br />
       Par la Compagnie des 5 Roues.       <br />
       Durée du spectacle : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 septembre au 3 novembre 2019.</span>       <br />
       Mercredi, jeudi, vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h, dimanche à 13 h 30.       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e, 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/37998247-33360929.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-lumineuse-Electre-de-Simon-Abkarian-au-Theatre-du-Soleil_a2561.html</link>
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